Mazarin

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Mazarin

Jules Mazarin

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Cardinal
Berretta cardinalizia.png
Jules Mazarin
de l'Église catholique romaine
Image de Jules Mazarin
Portrait du cardinal Mazarin,
par l’atelier de Pierre Mignard,
1658-1660, Chantilly, musée Condé.
Cardinal-diacre
Blason de Jules Mazarin
Naissance 14 juillet 1602
Ă  Pescina (Italie)
Ordination
sacerdotale
Consécration
Ă©piscopale
ÉvĂȘque
Créé
cardinal
16 dĂ©cembre 1641
par le pape Urbain VIII
DĂ©cĂšs 9 mars 1661
Ă  Vincennes (France)
 
Cardinal
Titre cardinalice
CollÚge cardinalice · Consistoire
Tous les cardinaux
(en) Fiche

Portail du catholicisme · Instructions

Jules Mazarin (Giulio Mazarino ou Mazzarino, nom italien dont il francisa peu Ă  peu lui-mĂȘme l’écriture en Mazarini), nĂ© Ă  Pescina le 14 juillet 1602 et mort Ă  Vincennes le 9 mars 1661, mieux connu sous le nom de Cardinal Mazarin fut un habile diplomate et homme politique, d'abord au service de la PapautĂ©, puis des rois de France. Il succĂ©da Ă  Richelieu en tant que principal ministre de 1643 Ă  1661.

Sommaire

Biographie

Ses origines

La jeunesse de Mazarin est relativement peu documentĂ©e du fait de son origine sociale modeste. Deux sources existent : un tĂ©moignage anonyme d’un soi-disant "ami d’enfance" et les souvenirs publiĂ©s par l’abbĂ© Elpidio Benedetti, un proche du cardinal. L’essentiel n’est d’ailleurs pas lĂ , mais dans la formidable ascension sociale d’un personnage que rien ne prĂ©destinait aux fonctions qu’il a occupĂ©es. À la veille de sa mort, et sans grande conviction, il demanda Ă  des gĂ©nĂ©alogistes de lui inventer une ascendance glorieuse. Les hypothĂšses les plus farfelues furent Ă©tudiĂ©es mais le cardinal mourut avant l’achĂšvement des recherches.

Giulio Mazarino est nĂ© le 14 juillet 1602 Ă  Pescina[1], dans les Abruzzes, au sud-est de l'Italie. Il passa son enfance Ă  Rome oĂč ses parents habitaient. Son pĂšre, Pietro Mazarino, avait coutume d'aller de temps en temps chez son beau-frĂšre, l'abbĂ© Buffalini, lequel convia son Ă©pouse Ortensia, enceinte, Ă  venir passer les derniĂšres semaines de sa grossesse loin des miasmes de l'Ă©tĂ© romain[2]. Elle accoucha ainsi de son premier fils qui naquit coiffĂ© et dotĂ© de deux dents. On pensait alors que de tels signes prĂ©sageaient d'une haute fortune. Plus tard, le cardinal s'en prĂ©valait souvent.

La famille Mazarino était d'origine génoise. L'arriÚre grand-pÚre de Mazarin, Hieronimo, partit s'installer en Sicile et s'établit en tant que simple citoyen palermitain, non noble. Le grand-pÚre, Giulio et le pÚre du cardinal, Pietro Mazarino, eux, naquirent en Sicile. La relative réussite de la famille dans l'artisanat ou le commerce, les sources sont imprécises, permit d'envoyer les fils à l'école.

A 14 ans, Pietro fut envoyé à Rome afin de terminer ses études, muni de lettres de recommandation pour Filippo Colonna, connétable du Royaume de Naples. Mazarin fut d'ailleurs toujours reconnaissant envers la famille Colonna, répétant toujours que sa fortune lui était venue de la faveur de cette maison. Fort de ses recommandations, son pÚre sollicita en effet un emploi. Pietro plut au connétable, mais les fonctions qu'il exerça au départ pour ce dernier sont inconnues. Sans doute lui confia-t-il la gestion de certains de ses domaines. Par sa conduite habile et prudente, Pierre/Pietro se vit proposer par son maßtre de réaliser un beau mariage avec Ortensia Buffalini, filleule du connétable, appartenant à une famille noble mais désargentée de Città di Castello en Ombrie. La jeune fille avait une réputation de beauté et de vertue. Le couple eut deux fils et quatre filles. L'aßné devait devenir le célÚbre Cardinal.

Un enfant doué

Bien qu’elle demeure peu documentĂ©e, l’enfance de Mazarin laisse dĂ©jĂ  deviner un garçon douĂ©, remarquĂ© dĂšs son plus jeune Ăąge pour son habiletĂ© Ă  sĂ©duire et son aisance intellectuelle. C’est lĂ  ce qui fera tout au long de sa jeunesse la force du futur cardinal : une Ă©tonnante capacitĂ© Ă  plaire et Ă  savoir se rendre indispensable.

A sept ans, le petit prodige entra au CollĂšge romain tenu par les JĂ©suites. ÉlĂšve brillant, il eut Ă  soutenir sa thĂšse de fin d’études sur la comĂšte qui provoqua tant de polĂ©miques en 1618 sur l’incorruptibilitĂ© des cieux et conduisit GalilĂ©e Ă  publier le cĂ©lĂšbre Saggiatore, L'Essayeur. Mazarin sut manifestement Ă©viter les nombreux piĂšges que le sujet comportait et obtint l’approbation unanime du jury.

Mazarin grandit avec les enfants de la famille Colonna ce qui lui permit, sans qu’il en fasse partie, de frĂ©quenter le grand monde et ses palais. Il semble que dĂšs son adolescence, Giulio a dĂ©veloppĂ© une passion pour le jeu qui ne l’a jamais quittĂ©e. Sans doute ce vice lui offrit d’abord un moyen de gagner ce que l’on appellerait aujourd’hui de "l’argent de poche".

Il est Ă©tabli que le futur cardinal passa trois ans en Espagne pour accompagner JĂ©rĂŽme Colonna qui allait y terminer ses Ă©tudes. De cette expĂ©rience, Mazarin tira une maĂźtrise parfaite de l’espagnol qui devait s’avĂ©rer trĂšs utile tout au long de sa carriĂšre. Les lĂ©gendes sont nombreuses quant Ă  la vie du jeune homme en Espagne. Une chose est certaine, il dut rentrer en Italie car son pĂšre, accusĂ© de meutre, avait Ă©tĂ© contraint de se tenir Ă  l’écart de Rome pendant quelques temps. Cet Ă©pisode fit basculer Mazarin dans le monde des adultes : il Ă©tait Ă  prĂ©sent tenu de soutenir sa famille. Il s’engagea alors dans des Ă©tudes de droit qu’il termina en 1628, renonçant Ă  une carriĂšre artistique pour laquelle il prĂ©sentait pourtant des dispositions. Comme la plupart des jeunes Romains, il s’engagea ensuite au service du Pape, voie qui lui offrait les meilleures perspectives.

Au service du Pape

Durant la guerre de Trente Ans, un conflit opposa la France Ă  l’Espagne au sujet de la vallĂ©e de la Valteline dans les Grisons. Le pape Urbain VIII envoya des troupes en tant que force d’interposition. Mazarin se vit offrir une commission de capitaine d’infanterie au sein du rĂ©giment Ă©quipĂ© par la famille Colonna. Il fit, avec sa compagnie, quelques sĂ©jours Ă  Lorette et Ă  AncĂŽne. Sans jamais avoir Ă  mener de combat, il montra dans l'exercice de ses fonctions, et notamment dans la gestion des troupes et des vivres, la supĂ©rioritĂ© de son esprit et un grand talent pour discipliner les soldats. Il se fit alors remarquer par le commissaire apostolique Jean-François Sacchetti. Le TraitĂ© de Monzon rĂ©gla temporairement la situation sans que les troupes du Pape ne soient intervenues.

En 1627 éclata en Italie du nord le conflit appelé guerre de succession de Mantoue. Il opposait d'une part, l'empereur Ferdinand II, le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier et Ferdinand II de Guastalla, candidat des Habsbourg au duché et, d'autre part, le roi de France Louis XIII venu secourir Charles Gonzague, duc de Nevers, candidat français à l'héritage de la branche aßnée des Gonzague. Une légation papale fut envoyée à Milan afin d'apaiser le conflit qui menaçait de dégénérer. Elle fut conduite par Jean-François Sacchetti, en tant que nonce extraordinaire. Mazarin l'accompagna en qualité de secrétaire.

La légation arriva trop tard et surtout Sacchetti dut rentrer rapidement à Rome. Une autre légation fut programmée, dirigée cette fois par le neveu du pape Urbain VIII, Antonia Barberini, mais elle tarda à se mettre en place. Ce fut la chance de Mazarin qui resta à Milan et continua le travail entreprit, sachant parallÚlement provoquer en sa faveur une réelle campagne de publicité à Rome, relayée par sa famille, les Sacchetti et les Colonna. Il bombarda le Saint-SiÚge de rapports, espérant attirer la bienveillance papale. En préparation de l'arrivée de la nouvelle légation, Mazarin fut finalement chargé en septembre 1629 de sonder les vues des parties prenantes. Il faisait son entrée officielle dans la diplomatie.

Lorsque le lĂ©gat du pape arriva dans le Montferrat, pour traiter de la paix entre la France et l'Espagne, Giulio resta attachĂ© Ă  la lĂ©gation au titre de secrĂ©taire. Le lĂ©gat apostolique nĂ©gociait la paix avec grand zĂšle. Mazarin, comme secrĂ©taire, allait d'un camp Ă  l'autre, pour hĂąter la conclusion d'un traitĂ©. Le jeune homme avait l'avantage d'avoir pris la mesure des Ă©volutions en Europe : le rĂȘve papal d'un retour Ă  l'unitĂ© de l'Église n'aboutirait pas et la paix en Europe ne pourrait reposer que sur un Ă©quilibre des puissances. À court terme, il ne mit pas longtemps Ă  s'apercevoir que le marquis de Santa-Cruz, qui reprĂ©sentait la couronne d'Espagne, avait une peur violente de perdre son armĂ©e, et un ardent dĂ©sir d'arriver Ă  un accommodement. Comprenant tout le parti qu'il pouvait tirer de cette faiblesse, il pressa le gĂ©nĂ©ral espagnol, lui reprĂ©sentant avec exagĂ©ration la force des Français. Pour Ă©viter les conflits, Mazarin lança son cheval au galop entre les deux armĂ©es, et agitant son chapeau, criait « Pace ! Pace ! Â» Cette intervention empĂȘcha la bataille.

Les nĂ©gociations de Mazarin aboutirent le 6 avril 1631 au traitĂ© de Cherasco par lequel l'empereur et le duc de Savoie reconnaissaient la possession de Mantoue et d'une partie du Montferrat Ă  Charles Gonzague et surtout l'occupation française de la place forte de Pignerol, porte de la vallĂ©e du PĂŽ. Elles apportĂšrent Ă  Louis XIII et au cardinal de Richelieu une telle satisfaction que celui-ci en regarda l'auteur comme un homme inĂ©puisable en ressources, fĂ©cond en ruses et stratagĂšmes militaires et qu'il en conçut le vif dĂ©sir de le connaĂźtre personnellement. Il le manda Ă  Paris, oĂč Mazarin se rendit avec un plaisir inexprimable. Richelieu l'accueillit avec de grandes dĂ©monstrations d'affection, l'engagea par les plus belles promesses, et lui fit donner une chaĂźne d'or avec le portrait de Louis XIII, des bijoux et une Ă©pĂ©e d'une valeur considĂ©rable.

Ses premiers contacts avec la France

Il est d’abord vice-lĂ©gat d'Avignon (1634), puis nonce Ă  Paris (1634-36), oĂč il dĂ©plut par ses sympathies pour l'Espagne, ce qui le fit renvoyer Ă  Avignon (1636) et l'empĂȘcha, malgrĂ© les efforts de Richelieu, de devenir cardinal.

Richelieu, se sentant accablĂ© par l'Ăąge, bien qu'il fĂ»t infatigable au travail, pensa que Mazarin pouvait ĂȘtre l'homme qu'il cherchait pour l'aider au gouvernement. DĂšs son retour en France aprĂšs un bref voyage Ă  Rome, il retint Mazarin prĂšs de lui et lui confia plusieurs missions dont il s'acquitta fort honorablement, puis il le prĂ©senta au roi qui l'aima beaucoup. Mazarin s'Ă©tablit alors dans le palais royal.

Toujours trĂšs habile au jeu, un jour qu'il gagnait beaucoup, on accourut en foule pour voir la masse d'or qu'il avait amassĂ©e devant lui. La reine elle-mĂȘme ne tarda pas Ă  paraĂźtre. Mazarin risqua tout et gagna. Il attribua son succĂšs Ă  la prĂ©sence de la reine et, pour la remercier, lui offrit cinquante mille Ă©cus d'or et donna le reste aux dames de la cour. La reine refusa d'abord, puis finit par accepter, mais quelques jours aprĂšs, Mazarin reçut beaucoup plus qu'il n'avait donnĂ©.

Mazarin envoya Ă  son pĂšre, Ă  Rome, une grosse somme d'argent et une cassette de bijoux pour doter ses trois sƓurs et s'affermit dans l'idĂ©e de servir la Couronne, dont la faveur pensait-il Ă©tait le plus sĂ»r moyen d'obtenir la pourpre, objet constant de son ambition depuis sa jeunesse car seul moyen pour lui (Ă©tant sans naissance) d'accĂ©der aux responsabilitĂ©s auxquelles il aspirait. Mais Richelieu, qui l'estimait beaucoup et le jugeait digne du chapeau de cardinal, n'avait pas hĂąte de le combler. Un jour, il lui offrit un Ă©vĂȘchĂ© avec trente mille Ă©cus de rente. Mazarin, craignant de se voir enterrĂ© loin de Paris et des affaires, ne voulut pas courir le risque d'arrĂȘter lĂ  sa fortune et refusa aimablement. Il attendit encore longtemps puis, las d'attendre, rentra en Italie en 1636, pensant qu'Ă  Rome, au service du cardinal Antonio, neveu du pape, il serait plus en mesure d'avoir la pourpre.

Au service des rois de France

Portrait du Cardinal de Mazarin, par Pierre Louis Bouchart, (copie de 1877 du tableau de l'atelier de Pierre Mignard ci-dessus)

En avril 1639, naturalisĂ© français, il retourne Ă  Paris et se met Ă  la disposition de Richelieu. En dĂ©cembre 1640, il fait un heureux dĂ©but en gagnant Ă  la cause française les princes de Savoie ; un an plus tard, le pape lui accordait le chapeau de cardinal. Lors de la conspiration de Cinq-Mars et du duc de Bouillon, celui-ci n'obtint sa grĂące qu'en livrant la PrincipautĂ© de Sedan ; Mazarin signa la convention et vint occuper Sedan.

Le 5 dĂ©cembre 1642, lendemain de la mort de Richelieu, Mazarin fut nommĂ© Principal Ministre de l'État, comme l'avait recommandĂ© Richelieu qui voyait en lui son digne successeur. Louis XIII le choisit comme parrain du dauphin.

AprĂšs la mort de Louis XIII, Mazarin crĂ©a la surprise en obtenant le soutien de la rĂ©gente. Longtemps opposĂ©e Ă  Richelieu et estimĂ©e comme favorable Ă  un rapprochement avec l'Espagne (Ă©tant elle-mĂȘme espagnole), Anne d'Autriche fait volte face Ă  la surprise de la plupart des observateurs de l'Ă©poque. En rĂ©alitĂ©, le rapprochement entre Mazarin et la rĂ©gente fut antĂ©rieur Ă  la mort de Louis XIII et de son principal ministre. Le souci de prĂ©servation de la souverainetĂ© de son fils et la conscience des dommages qu'aurait causĂ©s pour celle-ci un rapprochement avec Madrid, furent des arguments de poids dans sa dĂ©cision de poursuivre la politique du feu roi et du cardinal de Richelieu -et donc d'appuyer Mazarin. Les inestimables compĂ©tences de ce dernier en politique extĂ©rieure furent un prĂ©texte pour justifier ce soutien. Mazarin sut par la suite trĂšs vite se rendre indispensable Ă  la rĂ©gente, se chargeant habilement de complĂ©ter son Ă©ducation politique et l'incitant Ă  se dĂ©charger entiĂšrement sur lui du poids des affaires.

Ainsi, Ă  partir de 1643, Ă  la mort de Louis XIII, Louis XIV n'est encore qu'un enfant, aussi la rĂ©gente Anne d'Autriche nomme Mazarin Premier Ministre. En mars 1646, il devient Ă©galement « surintendant au gouvernement et Ă  la conduite de la personne du roi et de celle de Monsieur le duc d'Anjou Â».

À peine au pouvoir, il dut affronter l'hostilitĂ© des « Grands Â» dans l'affaire de la Cabale des Importants (1643) oĂč un complot pour l'assassiner fut dĂ©jouĂ©.

MalgrĂ© les succĂšs militaires et diplomatiques mettant enfin un terme Ă  la guerre de Trente Ans (traitĂ© de Westphalie-1648), les difficultĂ©s financiĂšres s'aggravĂšrent, rendant les lourdes mesures fiscales de Mazarin de plus en plus impopulaires. Ce fut l'une d'elles qui dĂ©clencha la premiĂšre Fronde, la Fronde Parlementaire (1648). Paris est assiĂ©gĂ©e par l'armĂ©e royale, qui ravage les villages de la rĂ©gion parisienne : pillages, incendies, viols
 N'obtenant pas la soumission de la capitale, les partis concluent la paix de Saint-Germain (1er avril 1649). Ce ne fut qu'un rĂ©pit.

La Fronde des princes (1650-1652) lui succĂ©da, dĂ©clenchĂ©e par l'arrestation de CondĂ© avide de rĂ©compenses, dĂ©fiant ainsi la primautĂ© naissante et fragile de l'autoritĂ© royale promue par Mazarin. Ce dernier fut obligĂ© de s'exiler Ă  deux reprises (1651 et 1652), tout en continuant de gouverner par l'intermĂ©diaire d'Anne d'Autriche et de fidĂšles collaborateurs comme Hugues de Lionne (1611-1671) et Michel Le Tellier (1603-1685). La rĂ©gion parisienne fut Ă  nouveau ravagĂ©e, par les armĂ©es et par une Ă©pidĂ©mie de typhoĂŻde rĂ©pandue par les soldats, lors d'un Ă©tĂ© torride qui entraĂźna au moins 20 % de pertes dans la population. Son Ă©puisement facilita le retour du roi, acclamĂ© dans un Paris soumis, puis bientĂŽt, celui de Mazarin.

Les critiques contre Mazarin concernaient en partie son origine italienne et roturiĂšre, mais surtout le renforcement de l'autoritĂ© royale, condition nĂ©cessaire Ă  la mise en place d'un Ă©tat moderne, au dĂ©triment des grands du royaume. La guerre contre l'Espagne, mal comprise et mal acceptĂ©e par l'opinion publique, entraĂźna une formidable et impopulaire augmentation des impĂŽts. Ayant brisĂ© toutes les oppositions, dirigeant le pays en vĂ©ritable monarque absolu, il est restĂ© premier ministre jusqu’à sa mort au chĂąteau de Vincennes, le 9 mars 1661 des suites d'une longue maladie.

Deux jours avant sa mort, il fait appeler les trois ministres du Conseil, Michel Le Tellier, Nicolas Fouquet et Hugues de Lionne, et les recommande chaudement au roi. Mais le lendemain, veille de sa mort, sur les conseils de Colbert, il revient sur ses propos concernant Fouquet jugé trop ambitieux et conseille au roi de s'en méfier et de choisir Colbert comme Intendant des finances.

Enrichissement personnel

DĂ©s le dĂ©but de son gouvernement, Mazarin s’enrichit Ă©normĂ©ment en confondant les caisses de l’État avec sa caisse personnelle. Cela lui procura une grande souplesse financiĂšre, qui se rĂ©vĂ©la vite indispensable pour remplir ses objectifs politiques. Il perçoit de nombreux « pots de vin Â» en Ă©change de charges (charges que lui-mĂȘme collectionne) et profite de la faillite d’amis banquiers pour reconstituer Ă  bon compte sa bibliothĂšque dispersĂ©e pendant la Fronde ainsi que, en vĂ©ritable amateur d’arts, pour enrichir sa collection d’Ɠuvres de Titien, Caravage ou RaphaĂ«l, de statues, de mĂ©dailles, de bijoux.

Sa fortune est telle (la plus importante de tout l'ancien régime) que Nicolas Fouquet et Jean-Baptiste Colbert, les véritables artisans de la démesure de sa fortune aprÚs la Fronde, lui seront indispensables pour la gérer au mieux. Grùce à leur habileté financiÚre, il put ainsi aisément disposer immédiatement de toutes les sommes qui lui furent nécessaires.

Les mazarinades, feuilles d'informations de quelques pages et de toutes origines (celles inspirĂ©es par CondĂ© sont parmi les plus audacieuses contre la monarchie), parfois pamphlets grossiers et creux, mais aussi parfois savants et ironiques (le cardinal de Retz en commit quelques-uns), l'attaquĂšrent trĂšs souvent sous cet angle, fustigeant le « voleur de Sicile Â».

Bien que les sommes en question, en raison de la virtuosité du concerné et de ses aides (Fouquet et Colbert), dépassent de loin tout ce qui pouvait se voir à cette époque, il est nécessaire de relativiser le caractÚre exceptionnel de telles pratiques financiÚres. Mazarin, aussi peu populaire chez les nobles dont il sapait l'autorité, que chez le peuple dont il prolongeait les souffrances issues de la guerre, souffrit d'une large hypocrisie sur ce point.

PostĂ©rieurement la Fronde, pĂ©riode oĂč il put mesurer toute la fragilitĂ© de sa position, Mazarin n’eut de cesse de consolider sa position. N'ayant aucun quartier de noblesse, son pouvoir Ă©tait assujetti au bon vouloir d’une rĂ©gente disposant elle-mĂȘme d’un pouvoir contestĂ©. Seule sa dignitĂ© de cardinal (d’ailleurs rĂ©vocable) lui permettait de prĂ©tendre aux fonctions qu'il occupait. Sans une situation financiĂšre solide, une disgrĂące aurait tĂŽt fait de le descendre au bas de l’échelle sociale. Ce point peut en partie expliquer la rapacitĂ© et l’acharnement de Mazarin Ă  s’enrichir de maniĂšre exponentielle et contre toute morale.

Sa fin

Mazarin meurt le 9 mars 1661 en laissant une Europe en paix. Louis XIV ne protĂ©gera pas cet hĂ©ritage de Mazarin, bien au contraire : soucieux d'affirmer sa grandeur par de vastes conquĂȘtes, le roi trouvera dans les traitĂ©s de paix si difficilement obtenus par le Cardinal, les prĂ©textes qui justifieront ses innombrables guerres. La Fronde est alors finie depuis plus de huit ans (1653).

Sa relation avec Anne d’Autriche

Les historiens s’interrogent sur la nature exacte des relations entre Mazarin et Anne d’Autriche. Des lettres, utilisant des codes, sont parfois trĂšs sentimentales, bien que ce soit le style de l’époque d’écrire avec beaucoup d’emphase.

« Au pis aller, vous n'avez qu'Ă  rejeter la faute du retardement sur 15 (qui signife Anne) , qui est
(illisible) (signe pour Anne) (signe pour Mazarin) jusques au dernier soupir. L'enfant vous mandera toutes choses. Adieu, je n'en puis plus. (signe pour Mazarin) lui sait bien de quoi. Â»

Leur relation fut en tous cas trÚs proche, elle a sans doute été renforcée par leur isolement politique lors la Fronde.

De nombreux amants ont été attribués à Anne d'Autriche (voir ici). Le duc de La Rochefoucauld disait, pendant la Fronde, que Mazarin rappelait sûrement à la reine le duc de Buckingham. Il est trÚs peu probable en tous cas qu'il soit le pÚre de Louis XIV, comme des historiens l'ont avancé, notant en particulier l'ùge avancé d'Anne d'Autriche pour sa premiÚre grossesse.

Héritage et postérité

Au terme de sa vie, Mazarin avait rempli les principaux objectifs politiques qu’il s’était fixĂ©s pour la France :

  • Apporter une paix stable Ă  l’Europe dont la France serait l’arbitre ;
  • Mettre un terme dĂ©finitif aux rĂ©voltes nobiliaires, affirmer l’autoritĂ© royale au dĂ©triment des grands du royaume ;
  • Soumettre le clergĂ©.

À ces diffĂ©rentes victoires, il est nĂ©cessaire d’ajouter la rĂ©ussite de l’éducation du jeune Louis XIV, ce dont ce dernier, manifestement admiratif des talents du Cardinal, fut toujours reconnaissant. À la mort de Mazarin, le futur Roi Soleil trouvait entiĂšrement dĂ©gagĂ©e la voie de l’absolutisme monarchique.

Outre l’hĂ©ritage politique, le cardinal Mazarin a laissĂ© une fortune estimĂ©e Ă  35 millions de livres, dont 8 millions en espĂšces (soit l’équivalent de l’encaisse de la banque d’Amsterdam, banque la plus importante du monde Ă  l’époque). Ayant tout perdu pendant la Fronde, il avait donc accumulĂ© ces richesses entre 1652 et sa mort, soit en moins de dix annĂ©es. Il s'Ă©tait fait attribuer par la reine-rĂ©gente des charges civiles et ecclĂ©siastiques (voir la liste impressionnante p. 50-51 du La Fronde de Hubert MĂ©thivier, PUF, 1984), avait spĂ©culĂ© sur les fonds d'État, jouĂ© sur la valeur des monnaies et leur retrait (ce qui causa par exemple en 1659 la rĂ©volte des « Sabotiers Â» de Sologne, paysans misĂ©rables soulevĂ©s contre le retrait des liards, lesquels constituaient leurs maigres rĂ©serves monĂ©taires), s'Ă©tait enrichi par l'entremise d'hommes de paille sur les fournitures aux armĂ©es
[3] Sous l'Ancien RĂ©gime, aucun hĂ©ritage n'atteignit ce niveau, les plus Ă©levĂ©s Ă©tant ceux du cardinal de Richelieu (16 millions nets) et de Charles Gonzague (5,5 millions en 1637). Pour Ă©viter que ne soit fait un inventaire de ses biens, et donc de ses agissements, il lĂ©gua tout au roi, qui hĂ©sita trois jours avant d'accepter, puis, l'ayant fait, laissa ces biens Ă  ses hĂ©ritiers, manƓuvre classique en ces temps pour Ă©viter les recherches de justice[4]. Sa rapacitĂ© Ă©tait telle qu'il songea mĂȘme, lui qui ne fut jamais ordonnĂ© prĂȘtre, Ă  devenir archevĂȘque d'un des riches territoires nouvellement conquis, mais le pape s'opposa Ă  un zĂšle si intĂ©ressĂ©.

Par testament, Mazarin fit réaliser le CollÚge des Quatre-Nations (devenu l'Institut de France).

La réussite de Mazarin constitua un véritable outrage à l'ordre social de son époque. La formidable réussite d'un homme sans naissance et de condition modeste ne pouvait que s'attirer les foudres d'une noblesse censée seule avoir été dotée par Dieu des vertus et qualités propres au commandement. Le souci de Mazarin de renforcer l'autorité royale attisa le ressentiment des nobles[5], et celui de poursuivre une guerre mal comprise celui du peuple. Les mazarinades diffusées pendant son ministÚre, ainsi que la qualité littéraire de nombre d'entre-elles, contribuÚrent à ruiner durablement sa réputation. Ses origines étrangÚres ne plaidÚrent pas non plus en sa faveur. Ainsi, en dépit des indéniables réussites que compta sa politique, Mazarin ne laissa pas un bon souvenir dans la mémoire du peuple français, les mémorialistes préférant mettre en avant ses pratiques financiÚres douteuses plutÎt que ses victoires politiques.

Connexions familiales

La richesse du Cardinal Mazarin et sa volonté de se lier à la haute aristocratie par les mariages avantageux de ses niÚces (moyen pour les Grands de bénéficier des grùces royales) créÚrent une dynastie.

Les sƓurs Olympe, Marie, Hortense et Marie Anne Mancini furent cĂ©lĂšbres pour leur beautĂ©, leur esprit et leurs amours libĂ©rĂ©es.

Leur frĂšre Philippe Ă©pousa Diane de Thianges, niĂšce de Madame de Montespan ; ils furent les grands-parents de l'acadĂ©micien Louis-Jules Mancini-Mazarini et Ă©galement des ancĂȘtres des actuels Grimaldi.

Pour avoir conté les amours des niÚces avec Louis XIV, Abraham de Wicquefort s'est retrouvé embastillé.

La question de savoir si Mazarin et Anne d'Autriche s'aimĂšrent est controversĂ©e. Certains ont analysĂ© leur correspondance de sorte qu'ils ont cru pouvoir y dĂ©celer une liaison (voire un mariage secret), qui reste hypothĂ©tique, entre l'homme d'Église et la reine-mĂšre.

Blasonnement

Armes du cardinal Mazarin :

D’azur au faisceau de licteur d’or liĂ© d’argent, la hache du mĂȘme, Ă  la fasce de gueules brochant sur le tout chargĂ©e de trois Ă©toiles d’or.

Portrait

Le cardinal de Retz, cĂ©lĂšbre ennemi de Mazarin, dresse de lui dans ses mĂ©moires un portrait au vitriol saisissant – bien que fort peu objectif – :

« Sa naissance Ă©tait basse et son enfance honteuse. Au sortir du ColisĂ©e, il apprit Ă  piper, ce qui lui attira des coups de bĂątons d'un orfĂšvre de Rome appelĂ© Moreto. Il fut capitaine d'infanterie en Valteline ; et Bagni, qui Ă©tait son gĂ©nĂ©ral, m'a dit qu'il ne passa dans sa guerre, qui ne fut que de trois mois, que pour un escroc. Il eut la nonciature extraordinaire en France, par la faveur du cardinal Antoine, qui ne s'acquĂ©rait pas, en ce temps-lĂ , par de bons moyens. Il plut Ă  Chavigny par ses contes libertins d'Italie, et par Chavigny Ă  Richelieu, qui le fit cardinal, par le mĂȘme esprit, Ă  ce que l'on a cru, qui obligea Auguste Ă  laisser Ă  TibĂšre la succession de l'Empire. La pourpre ne l'empĂȘcha pas de demeurer valet sous Richelieu. La Reine l'ayant choisi faute d'autre, ce qui est vrai quoi qu'on en dise, il parut d'abord l'original de Trivelino Principe. La fortune l'ayant Ă©bloui et tous les autres, il s'Ă©rigea et l'on l'Ă©rigea en Richelieu; mais il n'en eut que l'impudence de l'imitation. Il se fit de la honte de tout ce que l'autre s'Ă©tait fait de l'honneur. Il se moqua de la religion. Il promit tout, parce qu'il ne voulut rien tenir. Il ne fut ni doux ni cruel, parce qu'il ne se ressouvenait ni des bienfaits ni des injures. Il s'aimait trop, ce qui est le naturel des Ăąmes lĂąches; il se craignait trop peu, ce qui est le caractĂšre de ceux qui n'ont pas de soin de leur rĂ©putation. Il prĂ©voyait assez bien le mal, parce qu'il avait souvent peur ; mais il n'y remĂ©diait pas Ă  proportion, parce qu'il n'avait pas tant de prudence que de peur. Il avait de l'esprit, de l'insinuation, de l'enjouement, des maniĂšres ; mais le vilain cƓur paraissait toujours au travers, et au point que ces qualitĂ©s eurent, dans l'adversitĂ©, tout l'air du ridicule, et ne perdirent pas, dans la plus grande prospĂ©ritĂ©, celui de fourberie. Il porta le filoutage dans le ministĂšre, ce qui n'est jamais arrivĂ© qu'Ă  lui ; et ce filoutage faisait que le ministĂšre, mĂȘme heureux et absolu, ne lui seyait pas bien, et que le mĂ©pris s'y glissa, qui est la maladie la plus dangereuse d'un État, et dont la contagion se rĂ©pand le plus aisĂ©ment et le plus promptement du chef dans les membres. Â»

ƒuvre littĂ©raire

  • BrĂ©viaire des politiciens, ouvrage publiĂ© aux Ă©ditions ArlĂ©a, prĂ©sentĂ© par Umberto Eco qui indique que la premiĂšre parution date de 1684. Umberto Eco indique que Dumas a dĂ» en entendre parler et n’avoir qu’un rĂ©sumĂ© de ce brĂ©viaire, ce qui expliquerait le personnage dont il a tracĂ© le portrait dans Vingt ans aprĂšs.

Le personnage de fiction

Alexandre Dumas le met en scÚne dans Vingt ans aprÚs. D'Artagnan ainsi que Porthos deviennent ses créatures. Athos et Aramis se glissent du cÎté des princes, opposés au cardinal.

Dumas le met aussi en scĂšne dans Le Vicomte de Bragelonne, dans lequel Mazarin sĂ©pare Louis XIV de Marie de Mancini et le marie Ă  l’infante d’Espagne, Marie-ThĂ©rĂšse et enfin meurt en 1661.

Le tĂ©lĂ©film La Reine et le Cardinal, diffusĂ© en fĂ©vrier 2009 sur France 2, traite de ses relations avec la rĂ©gente Anne d'Autriche. Ce dernier met l'accent sur une relation d'amants entre la RĂ©gente et Mazarin, ce qui n'a jamais Ă©tĂ© prouvĂ© historiquement, mĂȘme si la dĂ©couverte d'une correspondance codĂ©e assez intime entre les deux a portĂ© certains historiens Ă  pencher pour cette version.

Note et références

  1. ↑ Alors sous domination espagnole
  2. ↑ L'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, la sƓur aĂźnĂ©e de Mazarin, alors ĂągĂ©e de quelques mois, avait succombĂ© aux chaleurs estivales.
  3. ↑ Note : lire les innombrables tĂ©moignages des mĂ©morialistes du temps, dont Mme de Motteville, amie de la reine Anne. Voir aussi le tome 1 des Lettres, instructions et mĂ©moires de Colbert publiĂ©es par Pierre Clement en 1861, en 10 t.
  4. ↑ Voir le ch. XIX du Mazarin de P. Goubert, et les travaux de D. Dessert, dont Colbert, le serpent venimeux, 2000, pp. 63-65
  5. ↑ Ce qui inclut la plupart des mĂ©morialistes

Bibliographie

  • Pierre Goubert, Mazarin (Paris, Fayard, 1990)
  • Histoire anecdotique de la jeunesse de Mazarin, traduite de l’italien par C. Moreau (Paris, J. Techener, 1863)
  • Claude Dulong, Mazarin (Paris, Perrin, 1999)
  • Paul Guth, Mazarin (Paris, Flammarion, 1972)
  • Arthur Hassal, Mazarin (Londres, Macmillan, 1903)
  • Auguste Bailly, Mazarin, librairie ArthĂšme Fayard, 1935
  • Isabelle de Conihout, Patrick Michel, Mazarin : les Lettres et les Arts, Éditions Monelle Hayot, 2006 (ISBN 2903824533)
  • MĂ©moires de la sociĂ©tĂ© historique de Pontoise, du Val d'Oise et du Vexin, Tome LXXXVII, 2005 (juin 2006) : La Fronde vue du Nord et du Nord-Ouest de la rĂ©gion parisienne.
  • Simone BertiĂšre, Mazarin : le MaĂźtre du jeu, Éditions de Fallois, 2007 (ISBN 978-2877066358)
  • Alain-Gilles Minella, Pour l'amour de l'enfant roi : Anne d'Autriche - Jules Mazarin (Perrin, 2008) (ISBN 9782262023164)
  • Madeleine Laurain-Portemer, Études mazarines, Paris : de Boccard ; [puis] Paris : [M. Laurain-Portemer] ; Nogent-le-Roi : distrib. J. Laget, Librairie des arts et mĂ©tiers, 1981-1997
  • Georges Bordonove, "Mazarin, le pouvoir et l'argent", Éditions Pygmalion/GĂ©rard Watelet, 1996, (ISBN 2-7441-0716-6

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