Maximien Hercule

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Maximien Hercule
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Maximien Hercule
Empereur romain d'Occident
Image illustrative de l'article Maximien Hercule
RĂšgne
21 juillet[1] ou 25 juillet[2] 285 - 286 (comme César de Dioclétien)
1er avril 286[Note 1] – 1er mai 305 (comme empereur d'Occident)[3]
Fin 306 - 11 novembre 308[4]/310[5] (comme usurpateur)
PĂ©riode PremiĂšre TĂ©trachie
Prédécesseur(s) Dioclétien seul
Co-empereur(s) Dioclétien (Orient)
Usurpateur(s) Carausius (286 - 293)
Allectus (293 - 296)
Successeur(s) Constance Chlore (Occident)
GalĂšre (Orient)
Biographie
Naissance vers 250[6] Ă  Sirmium (Pannonie)
Nom originel Marcus Aurelius Valerius Maximianus Herculius
DĂ©cĂšs juillet 310[6],[Note 2] (~60 ans) Ă  Massilia (Narbonnaise)
Épouse(s) Eutropia
Descendance (1) Théodora
(2) Maxence
(3) Fausta
Liste des empereurs romains d'Occident

Marcus Aurelius Valerius Maximianus Herculius (vers 250 - juillet 310), communĂ©ment appelĂ© Maximien Hercule (ou simplement Maximien), est CĂ©sar (empereur romain adjoint) Ă  partir de juillet 285 et Auguste Ă  partir du 1er avril 286 jusqu'au 1er mai 305. Il partage ce dernier titre avec son coempereur et supĂ©rieur, DioclĂ©tien, dont l'esprit politique complĂšte la force au combat de Maximien. Maximien Ă©tablit sa rĂ©sidence Ă  TrĂšves mais passe la plupart de son temps en campagne. À la fin de l'Ă©tĂ© 285, il supprime la menace des rebelles bagaudes en Gaule. De 285 jusqu'en 288, il combat les tribus germaniques le long de la frontiĂšre rhĂ©nane. De concert avec DioclĂ©tien, il conduit une importante politique de la terre brĂ»lĂ©e Ă  l'intĂ©rieur du territoire des tribus alĂ©maniques en 288, soulageant temporairement les provinces rhĂ©nanes de la menace d'une invasion germanique.

L'homme qu'il nomme pour contrĂŽler les rivages de la Manche, Carausius, se rebelle en 286, causant la sĂ©cession de la Bretagne et du Nord-Ouest de la Gaule. Maximien Ă©choue Ă  chasser Carausius, et sa flotte d'invasion est dĂ©truite par des tempĂȘtes en 289 ou 290. Le subordonnĂ© de Maximien, Constance, dirige une campagne contre le successeur de Carausius, Allectus, pendant que Maximien se bat sur la frontiĂšre du Rhin. Le chef rebelle est Ă©vincĂ© en 296, et Maximien descend vers le sud pour lutter contre les pirates maures en Hispanie et les incursions berbĂšres en MaurĂ©tanie. Lorsque ces campagnes se terminent en 298, il part pour l'Italie, oĂč il vit dans l'aisance jusqu'en 305. À la demande de DioclĂ©tien, Maximien abdique le 1er mai 305, confĂšre le titre d'Auguste Ă  Constance, et se retire dans le sud de l'Italie.

À la fin de l'annĂ©e 306, Maximien usurpe le titre d'Auguste et facilite la rĂ©bellion de son fils Maxence en Italie. En avril 307, il tente de dĂ©poser son fils, mais Ă©choue et s'enfuit Ă  la cour du successeur de Constance, Constantin, Ă  TrĂšves. Lors de la confĂ©rence impĂ©riale de Carnuntum, DioclĂ©tien et son successeur, GalĂšre, obligent Maximien Ă  renoncer de nouveau Ă  sa prĂ©tention impĂ©riale. Au dĂ©but de l'annĂ©e 310, Maximien tente de s'emparer du titre de Constantin pendant que l'empereur mĂšne une campagne sur le Rhin. Il reçoit peu de soutien, et il est capturĂ© par Constantin Ă  Marseille. Il se suicide Ă  l'Ă©tĂ© 310 sur ordre de Constantin. Au cours de la guerre du nouvel empereur contre Maxence, tous les lieux publics sont purgĂ©s de l'image de Maximien. Cependant, aprĂšs la victoire de Constantin, il est rĂ©habilitĂ© et dĂ©ifiĂ©.

Sommaire

Ses débuts

Maximien naĂźt prĂšs de Sirmium (actuelle Sremska Mitrovica, en Serbie) dans la province de Pannonie[7], vers l'an 250 dans une famille de marchands[8]. Outre ces informations, les sources antiques font de vagues allusions Ă  une patrie illyrienne[9], Ă  la vaillance de la Pannonie[10], et Ă  la duretĂ© de son Ă©ducation dans la rĂ©gion du Danube tourmentĂ©e par la guerre[10]. Maximien s'engage dans l'armĂ©e, servant avec DioclĂ©tien sous les empereurs AurĂ©lien (270-275) et Probus (276-282). Il prend probablement part Ă  la campagne de Carus en MĂ©sopotamie en 283 et est prĂ©sent lorsque DioclĂ©tien est proclamĂ© empereur par son armĂ©e le 20 novembre 284 Ă  NicomĂ©die[11],[Note 3]. La rapide nomination de Maximien par DioclĂ©tien au titre de CĂ©sar est perçue par l'Ă©crivain Stephen Williams et l'historien Timothy Barnes comme la consĂ©quence d'une alliance Ă  long terme entre les deux hommes : de ce fait leurs rĂŽles respectifs semblent avoir Ă©tĂ© prĂ©-arrangĂ©s, Maximien ayant probablement soutenu DioclĂ©tien au cours de sa campagne contre Carin (283-285) mais il n'y a pas de preuves directes de ceux-ci[12].

Avec son attitude Ă©nergique, son caractĂšre rĂ©solu et agressif, sa rĂ©pugnance Ă  se rebeller, Maximien reprĂ©sente le candidat idĂ©al pour le poste impĂ©rial. L'historien du quatriĂšme siĂšcle Aurelius Victor dĂ©crit Maximien comme « un ami fidĂšle, demi-barbare, il est vrai, mais douĂ© d'une grande habiletĂ© pour la guerre et de beaucoup de jugement Â»[9]. MalgrĂ© ses nombreuses qualitĂ©s prĂ©citĂ©es, Maximien n'est pas quelqu'un d'instruit et prĂ©fĂšre l'action Ă  la rĂ©flexion[13]. Le panĂ©gyriste de 289, aprĂšs avoir comparĂ© ses actions aux victoires de Scipion l'Africain sur Hannibal durant la deuxiĂšme guerre punique, suggĂšre que Maximien n'a jamais entendu parlĂ© de celles-ci[14]. Ses ambitions sont purement militaires ; il laisse les affaires politiques Ă  DioclĂ©tien[13]. Le rhĂ©teur chrĂ©tien Lactance insinue que Maximien partage les principaux traits de DioclĂ©tien mais qu'il est moins puritain dans ses goĂ»ts, et profite des opportunitĂ©s sensuelles que sa position d'empereur lui offre[15]. Lactance accuse Maximien de « souiller Â» des filles de sĂ©nateurs et de voyager avec de jeunes filles vierges pour satisfaire son insatiable envie, mĂȘme si sa crĂ©dibilitĂ© peut ĂȘtre remise en cause du fait de son hostilitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e envers les paĂŻens[16].

Maximien a deux enfants avec sa femme syrienne, Eutropia, Maxence et Fausta. Il n'y a pas d'informations prĂ©cises sur leurs dates de naissance dans les sources antiques. Les estimations modernes sur la date de naissance de Maxence varient de l'annĂ©e 277 Ă  287, et la plupart date celle de Fausta vers l'annĂ©e 298[Note 4]. ThĂ©odora, la femme de Constance Chlore, est souvent considĂ©rĂ© dans les Ă©crits de l'AntiquitĂ© comme la belle-fille de Maximien ; des recherches menĂ©es par Otto Seeck et Ernest Stein ont conclu qu'elle est nĂ©e d'un premier mariage entre Eutropia et Afranius Hannibalianus[17]. Barnes conteste ce point de vue, arguant que toutes les sources mentionnant une « belle-fille Â» sont issues d'informations du travail en partie peu fiable de l'auteur de l'Enmanns Kaisergeschichte, alors que d'autres sources, moins contestables, la considĂšre comme la fille naturelle de Maximien[18]. Il conclut que ThĂ©odora est nĂ©e au plus tard vers l'annĂ©e 275 d'une premiĂšre femme inconnue de Maximien, peut-ĂȘtre une des filles d'Hannibalianus[19].

Nomination comme CĂ©sar

Dioclétien, supérieur de Maximien et empereur en Orient.

À Mediolanum (actuelle Milan, Italie) en juillet 285[Note 5], DioclĂ©tien proclame Maximien comme son co-dirigeant, ou CĂ©sar[20]. Les raisons de cette dĂ©cision sont complexes. Avec des conflits dans chaque province de l'empire, de la Gaule jusqu'en Syrie, de l'Égypte jusqu'au Danube infĂ©rieur, DioclĂ©tien a besoin d'un lieutenant pour gĂ©rer cette lourde charge de travail[21]. L'historien Stephen Williams suggĂšre que l'empereur se considĂšre lui-mĂȘme comme un gĂ©nĂ©ral mĂ©diocre et qu'il a recours Ă  un homme comme Maximien pour faire la plupart de ses combats[22].

Ensuite, DioclĂ©tien est vulnĂ©rable du fait qu'il n'a aucun fils – juste une fille, Valeria – qui pourrait lui succĂ©der. Par consĂ©quent, il est obligĂ© de rechercher un codirigeant Ă  l'extĂ©rieur de sa famille en qui il pourrait avoir confiance[23]. L'historien William Seston soutient que DioclĂ©tien, comme les empereurs en dĂ©shĂ©rence avant lui, adopte Maximien comme son filius Augusti (« fils d'Auguste Â»)[24] lors de sa nomination Ă  ce poste. Si certains historiens lui donnent raison, d'autres comme Frank Kolb dĂ©clarent que les arguments en faveur de l'adoption sont basĂ©s sur des erreurs d'interprĂ©tation des preuves papyrologiques[25]. Cependant Maximien ne prend pas le nomen (nom patronymique), Valerius[26],[24].

Enfin, DioclĂ©tien a conscience qu'un dirigeant unique est dangereux et que des prĂ©cĂ©dents existent en matiĂšre de gouvernement bicĂ©phale. MalgrĂ© leurs prouesses militaires, les dirigeants d'un empire unifiĂ© AurĂ©lien puis Probus ont Ă©tĂ© facilement Ă©cartĂ©s du pouvoir[27]. En comparaison, quelques annĂ©es auparavant, l'empereur Carus et ses fils ont rĂ©gnĂ© conjointement sur l'empire, bien que cela ait Ă©tĂ© d'une durĂ©e limitĂ©e. MĂȘme le premier empereur, Auguste (27 av. J.-C. - 19) a partagĂ© son pouvoir avec ses collĂšgues et plusieurs postes officiels de coempereurs ont existĂ© depuis Marc AurĂšle (161-180)[28].

Le systĂšme bicĂ©phale a donc fait ses preuves par le passĂ©. Vers 287, les relations entre les deux dirigeants sont redĂ©finies avec des expressions religieuses, DioclĂ©tien endossant le titre de Iovius et Maximien celui d'Herculius[29],[30],[31]. Ces titres sont empreints de symboles : DioclĂ©tien-Jovis reçoit le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant de direction et de commandement ; Maximien-Hercule, le rĂŽle hĂ©roĂŻque de remplir les tĂąches qui lui sont assignĂ©es[32]. Pourtant, malgrĂ© ces symboles, les empereurs ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des « dieux Â» dans le culte impĂ©rial (bien qu'ils soient identifiĂ©s comme tels dans les panĂ©gyriques impĂ©riaux). Au lieu de cela, ils ne sont que les instruments des dieux, chargĂ©s d'imposer leur volontĂ© sur Terre[33]. Une fois ces rites accomplis, Maximien s'approprie le contrĂŽle du gouvernement de l'Occident et part en Gaule pour combattre les rebelles bagaudes pendant que DioclĂ©tien retourne en Orient[34].

PremiĂšres campagnes en Gaule et en Germanie

Les Bagaudes de Gaule sont d'obscurs personnages, apparaissant fugitivement dans les sources antiques Ă  partir de 285 avec leur soulĂšvement[35]. L'historien du quatriĂšme siĂšcle Eutrope les dĂ©crit comme Ă©tant des populations rurales dirigĂ©es par Pomponius Élien et Amandus, alors qu'Aurelius Victor les considĂšre comme des brigands[36],[Note 6]. L'historien David S. Potter suggĂšre qu'ils sont plus que de simples paysans, cherchant soit Ă  obtenir une autonomie politique en Gaule soit Ă  rĂ©tablir l'empereur rĂ©cemment dĂ©posĂ© Carus (originaire de la Gaule narbonnaise, dans ce qui deviendra le sud de la France) : dans cette hypothĂšse, ils ne seraient pas des brigands, mais des troupes impĂ©riales qui ont fait dĂ©fection[37]. Bien que mal Ă©quipĂ©s, dirigĂ©s et entraĂźnĂ©s – le rapport de force Ă©tant largement en faveur des lĂ©gions romaines – DioclĂ©tien les considĂšre sĂ»rement comme une menace suffisante pour qu'il envoie un empereur Ă  leur rencontre[38].

Maximien se dĂ©place en Gaule, engageant le combat contre les bagaudes Ă  la fin de l'Ă©tĂ© 285[39]. Les dĂ©tails sur cette campagne sont rares et ne fournissent aucune information sur les tactiques employĂ©es : les sources historiques insistent seulement sur les victoires et les vertus de Maximien. Le panĂ©gyrique de 289 dĂ©diĂ© Ă  Maximien rapporte qu'il a Ă©tĂ© Ă  la fois dur et clĂ©ment envers les rebelles[40],[41]. Parce que la campagne est menĂ©e contre les propres citoyens de l'empire, il serait de mauvais goĂ»t qu'elle soit comptabilisĂ©e dans les titres et les triomphes officiels. En effet, le panĂ©gyrique de Maximien dĂ©clare « Je passe en hĂąte sur cet Ă©pisode : je vois en effet que ta bontĂ© aime mieux oublier cette victoire que s'en glorifier. Â»[41]. À la fin de l'annĂ©e, la rĂ©volte a sensiblement diminuĂ© et Maximien dĂ©place la majoritĂ© de ses forces sur la frontiĂšre rhĂ©nane, annonçant une pĂ©riode de stabilitĂ© dans la rĂ©gion[42].

Cependant, Maximien ne rĂ©primande pas assez vite la rĂ©bellion bagaude pour Ă©viter la rĂ©action des Germains. À l'automne 285, deux armĂ©es barbares – une composĂ©e de Burgondes et d'Alamans, l'autre de Chaibones et d'HĂ©rules – traversent Ă  guĂ© le Rhin et entrent en Gaule[43]. La premiĂšre armĂ©e est dĂ©cimĂ©e par la maladie et la faim, pendant que la seconde est interceptĂ©e et dĂ©faite par Maximien[44]. Il Ă©tablit ensuite son quartier gĂ©nĂ©ral sur le Rhin en vue de campagnes futures[45], soit Ă  Moguntiacum (actuelle Mayence, Allemagne), Ă  Augusta Treverorum (actuelle TrĂšves), ou Ă  Colonia Agrippina (actuelle Cologne)[Note 7].

Carausius

Article dĂ©taillĂ© : Carausius.
AntĂ©fixe romain issue d’un toit en tuile montrant l'insigne et la banniĂšre de la Legio XX Valeria Victrix., une des lĂ©gions qui se joint Ă  la rĂ©volte de Carausius

Bien que la majeure partie de la Gaule soit pacifiĂ©e, les rĂ©gions frontaliĂšres de la Manche subissent toujours les assauts des pirates francs et saxons. Les empereurs Probus et Carin ont commencĂ© Ă  fortifier la CĂŽte saxonne, mais beaucoup reste encore Ă  faire[46]. Par exemple, il n'y a aucune trace archĂ©ologique de bases navales Ă  Douvres et Ă  Boulogne entre l'annĂ©e 270 et 285[47]. En rĂ©ponse au problĂšme de piraterie, Maximien nomme Carausius, un MĂ©napien originaire de Germanie infĂ©rieure (au sud et Ă  l'ouest des Pays-Bas), pour surveiller la Manche et la libĂ©rer des pirates[40], ce qu’il effectue avec succĂšs[40]. À la fin de l'annĂ©e 285, il s'est dĂ©jĂ  emparĂ© d'un trĂšs grand nombre de navires pirates[48].

Maximien apprend bientĂŽt que Carausius laisse les pirates piller leurs cibles avant de les attaquer et que leur butin va dans ses poches et non Ă  la population en gĂ©nĂ©ral ou dans le trĂ©sor impĂ©rial[49]. L'empereur ordonne l'arrestation et l'exĂ©cution de Carausius, le poussant Ă  fuir le continent pour la Bretagne. Le soutien Ă  Carausius parmi la population bretonne est important, et au moins deux lĂ©gions de la Bretagne (la II Augusta et la XX Valeria Victrix) se rallient Ă  lui, de mĂȘme que certains voire la totalitĂ© des membres de la lĂ©gion stationnĂ©e prĂšs de Boulogne (probablement la XXX Ulpia Victrix)[Note 8]. Carausius Ă©limine rapidement les rares loyalistes de son armĂ©e et se proclame lui-mĂȘme Auguste[50].

Maximien n'est guĂšre en mesure d'intervenir. Il ne possĂšde pas de flotte – il l'a confiĂ© Ă  Carausius – et il est occupĂ© Ă  rĂ©primer les incursions des HĂ©rules et des Francs. Pendant ce temps, Carausius renforce sa position en agrandissant sa flotte, engageant des mercenaires francs, et en offrant une bonne solde Ă  ses troupes[51]. À l'automne 286, la Bretagne, la plupart du Nord-Ouest de la Gaule, et l'ensemble des cĂŽtes de la Manche sont sous son contrĂŽle[51]. Carausius se dĂ©clare lui-mĂȘme chef d'un État indĂ©pendant breton, un Imperium Britanniarum[51] et Ă©met des piĂšces d'une puretĂ© nettement supĂ©rieure que celle de Maximien et DioclĂ©tien, gagnant ainsi le soutien des marchands bretons et gaulois[52]. MĂȘme les troupes de Maximien deviennent vulnĂ©rables Ă  l'influence et Ă  la richesse de Carausius[53].

Nomination comme Auguste

Sous l'impulsion de la crise en Bretagne, Maximien prend le titre d'Auguste[54] le 1er avril 286[Note 1]. Ce titre lui confĂšre le mĂȘme statut que Carausius[29],[31] – crĂ©ant ainsi une incompatibilitĂ© plus grande entre deux Auguste qu'entre un Auguste et un CĂ©sar – et, dans la propagande impĂ©riale, Maximien est proclamĂ© frĂšre de DioclĂ©tien, son Ă©gal en matiĂšre d'autoritĂ© et de prestige[55]. DioclĂ©tien ne peut ĂȘtre prĂ©sent lors de la nomination de Maximien[Note 9], poussant Otto Seeck Ă  suggĂ©rer que le nouvel empereur a usurpĂ© le titre et qu'il n'a seulement Ă©tĂ© reconnu plus tard par DioclĂ©tien afin d'Ă©viter une guerre civile. Cette hypothĂšse ne reçoit pas beaucoup de soutien, et l'historien William Leadbetter l'a rĂ©cemment rĂ©futĂ©[56]. MalgrĂ© la distance physique entre les empereurs, DioclĂ©tien lui fait assez confiance pour l'investir du pouvoir impĂ©rial, et Maximien lui tĂ©moigne toujours de suffisamment de respect pour agir en accord avec sa volontĂ©[57].

En thĂ©orie, l'Empire romain n'est pas divisĂ© par un double imperium. Bien que ces divisions se soient effectivement produites – chaque empereur ayant sa propre cour, armĂ©e et rĂ©sidences officielles – il ne s'agit que d'une division d'ordre pratique, sur le fond l'empire reste unifiĂ© ; ainsi la propagande impĂ©riale de 287 insiste sur une Rome unique et indivisible, un patrimonium indivisum[58],[59]. Comme le panĂ©gyrique de 289 dĂ©diĂ© Ă  Maximien le dĂ©clare : « Ainsi exercez-vous en commun une telle autoritĂ© sans l'ombre d'une rivalitĂ© et ne laissez-vous s'Ă©lever entre vous aucun diffĂ©rend : semblables Ă  ces jumeaux, Ă  ces HĂ©raclides, qui rĂ©gnaient Ă  LacĂ©dĂ©mone, vous avez dans le gouvernement de l'État une part Ă©gale. Â»[60]. Les dĂ©cisions juridiques et les cĂ©lĂ©brations impĂ©riales sont rendues au nom des deux empereurs ; les mĂȘmes piĂšces sont Ă©mises dans les deux parties de l'empire[61]. DioclĂ©tien envoie parfois des ordres sur la province de l'Afrique de Maximien ; celui-ci pourrait avoir fait de mĂȘme sur le territoire de DioclĂ©tien[31].

Campagnes contre les tribus rhénanes

Campagnes de 286 et de 287

Maximien prend conscience qu'il ne peut pas immĂ©diatement supprimer la menace de Carausius et mĂšne Ă  la place une campagne contre les tribus rhĂ©nanes[62]. En tout cas ces tribus forment probablement des menaces plus grandes pour la paix en Gaule que Carausius, et sont une source de soutien au renĂ©gat romain[63]. Bien que Maximien ait de nombreux ennemis le long du fleuve, ils se battent le plus souvent entre eux qu'avec les troupes impĂ©riales[64]. Peu d'informations sont connues au sujet de la date des campagnes de Maximien sur le Rhin mais on l'estime gĂ©nĂ©ralement entre 285 et 288[Note 10]. Alors qu'il reçoit les insignes consulaires (les fasces symboles de l'autoritĂ©) le 1er janvier 287, il est interrompu par la nouvelle d'un raid barbare. Ôtant sa toge et enfilant son armure, il marche Ă  la rencontre des barbares et, bien que leurs forces ne se soient pas entiĂšrement dispersĂ©es, il cĂ©lĂšbre sa victoire en Gaule plus tard dans l'annĂ©e[65].

Maximien estime que les tribus burgondes et alamanes de la rĂ©gion Moselle-Vosges sont de loin la plus grande menace, aussi il les cible en premier. Il mĂšne une campagne contre eux utilisant une politique de la terre brĂ»lĂ©e, ravageant leur territoire et rĂ©duisant leur population par la famine et la maladie. AprĂšs les Burgondes et les Alamans, Maximien dĂ©place ses troupes contre les tribus plus faibles des Chaibones et des HĂ©rules. Il les accule et les dĂ©fait en une seule bataille. Il prend lui-mĂȘme part au combat, chevauchant le long de la ligne de bataille jusqu'Ă  ce que les forces germaniques battent en retraite. Avec ses ennemis affaiblis par la famine[64], Maximien dĂ©clenche une importante invasion sur le Rhin[66]. Il s'enfonce profondĂ©ment Ă  l'intĂ©rieur du territoire germanique, amenant la destruction sur la patrie de ses ennemis[64], et dĂ©montrant la supĂ©rioritĂ© des armes romaines[67]. À l'hiver 287, il a l'avantage et les rĂ©gions rhĂ©nanes sont libĂ©rĂ©es de la menace des tribus germaniques[64]. Le panĂ©gyriste de Maximien dĂ©clare : « Tout ce que j'aperçois au-delĂ  du Rhin est romain ! Â»[68],[69].

Campagne conjointe contre les Alamans

Flavius Constantius, préfet du prétoire de Maximien et époux de sa fille Théodora.

L'Ă©tĂ© suivant, alors que Maximien est en plein prĂ©paratifs pour affronter Carausius, DioclĂ©tien rentre d'Orient[70]. Les empereurs se rencontrent la mĂȘme annĂ©e, mais ni la date ni le lieu de cette rencontre ne sont connus avec certitude[70]. Ils se mettent probablement d'accord sur une campagne conjointe contre les Alamans et pour une expĂ©dition navale contre Carausius[71],[70],[Note 11].

Plus tard dans l'annĂ©e, Maximien dirige une invasion surprise sur les Champs DĂ©cumates – une rĂ©gion situĂ©e au plus profond du territoire des Alamans entre le Rhin supĂ©rieur et le Danube supĂ©rieur – pendant que DioclĂ©tien envahit la Germanie via la RhĂ©tie. Les deux empereurs brĂ»lent les rĂ©coltes et l'approvisionnement alimentaire partout oĂč ils vont, dĂ©truisant les moyens de subsistances des Germains[69]. Ces victoires ajoutent de vastes portions de territoire Ă  l'empire et permettent aux projets de renforcement de la frontiĂšre de Maximien de se poursuivre sans perturbation supplĂ©mentaire[72]. Au lendemain de la guerre, les villes situĂ©es le long du Rhin sont reconstruites, des tĂȘtes de ponts sont crĂ©Ă©es sur la rive orientale Ă  des endroits comme Mayence et Cologne, et une frontiĂšre militarisĂ©e est Ă©tablie, comprenant des forts, des routes et des places fortifiĂ©es. Une route militaire passant par Tornacum (actuelle Tournai, Belgique), Bagacum (actuelle Bavay, France), Atuatuca Tungrorum (actuelle Tongres, Belgique), Mosae Trajectum (actuelle Maastricht, Pays-Bas) et Cologne, relie les diffĂ©rentes places le long de la frontiĂšre[70].

Constance, Gennobaud, et réinstallation

Au dĂ©but de l'annĂ©e 288, Maximien nomme son prĂ©fet du prĂ©toire Flavius Constantius (futur empereur sous le nom de Constance Chlore), Ă©poux de sa fille ThĂ©odora, Ă  la tĂȘte d'une campagne contre les alliĂ©s francs de Carausius. Ces tribus franques contrĂŽlent les estuaires du Rhin, contrecarrant les attaques maritimes dirigĂ©es contre Carausius. Constance se dirige vers le nord Ă  travers leur territoire, semant le chaos, avant d'atteindre la mer du Nord. Les Francs demandent la paix et par l'accord qui est conclu Maximien rĂ©tablit le roi franc dĂ©posĂ© Gennobaud. Gennobaud devient le vassal de Maximien et, avec la plupart des chefs francs qui Ă  leur tour prĂȘtent serment de loyautĂ© Ă  Gennobaud, la domination romaine sur la rĂ©gion est assurĂ©e[73].

Maximien autorise l'installation des Frisons, des Francs saliens, des Chamaves et d'autres tribus le long d'une bande de territoire romain, soit entre le Rhin et le Waal de Noviomagus (actuelle NimĂšgue, Pays-Bas) Ă  Traiectum (actuelle Utrecht, Pays-Bas)[74], soit prĂšs de TrĂšves[67]. Ces tribus reçoivent le droit de s'installer uniquement s'ils reconnaissent la domination romaine. Leur prĂ©sence, qui fournit un rĂ©servoir de main d'Ɠuvre et empĂȘche l'implantation d'autres tribus franques, offre Ă  Maximien une zone tampon sur le nord du Rhin et rĂ©duit son besoin en garnisons dans la rĂ©gion[74].

DerniĂšres campagnes en Gaule et en Bretagne

Échec de l'expĂ©dition contre Carausius

Carausius, empereur rebelle de la Bretagne romaine.

En 289, Maximien prĂ©pare l'invasion de la Bretagne dominĂ©e par Carausius, mais pour plusieurs raisons le plan Ă©choue. Le panĂ©gyrique de 289 est optimiste quant aux perspectives de la campagne[75] : mais le panĂ©gyrique de 291 n'y fait aucune mention[76]. Le panĂ©gyrique de Constance suggĂšre que sa flotte est dĂ©truite par une tempĂȘte[77], mais cela aurait simplement Ă©tĂ© une façon de diminuer l'embarras de la dĂ©faite[78]. DioclĂ©tien Ă©courte sa tournĂ©e orientale en province peu aprĂšs, peut-ĂȘtre en apprenant l'Ă©chec de Maximien[79]. Il rentre en hĂąte en Occident, arrivant Ă  ÉmĂšse le 10 mai 290[80], et Ă  Sirmium sur le Danube le 1er juillet 290[81].

Dioclétien rencontre Maximien à Milan soit à la fin décembre 290 soit en janvier 291[82],[51]. La foule s'est réunie pour assister à la traversée de la ville par les empereurs et ceux-ci consacrent beaucoup de temps à leur apparat public[83]. Potter, entre autres, suppose que ces cérémonies ont été arrangées pour démontrer le soutien infaillible de Dioclétien envers son collÚgue chancelant. Les gouvernants discutent en secret des affaires politiques et militaires[84], et ils envisagent probablement l'idée d'étendre le collÚge impérial pour y inclure quatre empereurs (la Tétrarchie)[85]. Pendant ce temps, une délégation du Sénat romain rencontre les dirigeants et renouvelle leurs rares contacts avec le poste impérial[86]. Les empereurs ne se réunissent à nouveau qu'en 303[87].

Article connexe : TĂ©trarchie.

AprĂšs l'Ă©chec de l'invasion de Maximien en 289, une trĂȘve fragile avec Carausius dĂ©bute. Maximien tolĂšre l'emprise de Carausius sur la Bretagne et sur le continent mais refuse d'accorder une lĂ©gitimitĂ© formelle Ă  l'État sĂ©cessionniste. Pour sa part, Carausius se satisfait de ses territoires au-delĂ  des cĂŽtes continentales de la Gaule[51]. Cependant, DioclĂ©tien ne tolĂšrerait pas plus longtemps un tel affront Ă  sa dignitĂ©. Face Ă  la sĂ©cession de Carausius et aux dĂ©fis supplĂ©mentaires sur les frontiĂšres Ă©gyptienne, syrienne et danubienne, il rĂ©alise que deux empereurs sont insuffisants pour gĂ©rer l'empire[88]. Le 1er mars 293 Ă  Milan, Maximien nomme Constance au poste de CĂ©sar[89]. Soit le jour mĂȘme soit un mois plus tard, DioclĂ©tien fait de mĂȘme avec GalĂšre, Ă©tablissant ainsi la « TĂ©trarchie Â» ou « quatre gouvernants Â»[90]. On fait comprendre Ă  Constance qu'il doit rĂ©ussir lĂ  oĂč Maximien Ă  Ă©chouer Ă  savoir vaincre Carausius[91].

Campagne contre Allectus

Allectus, assassin et successeur de Carausius.

Constance rĂ©pond rapidement et efficacement aux attentes et, en 293, il expulse les forces de Carausius du Nord de la Gaule. La mĂȘme annĂ©e, Carausius est assassinĂ© et remplacĂ© par son fonctionnaire des finances, Allectus[92]. Constance remonte la cĂŽte en direction des estuaires du Rhin et de l'Escaut oĂč il remporte une victoire sur les alliĂ©s francs de Carausius, prenant ainsi le titre de Germanicus maximus[93]. Constance reporte dĂ©sormais son attention sur la Bretagne, et passe les annĂ©es qui suivent Ă  bĂątir une flotte d'invasion[94]. Maximien, demeurĂ© en Italie aprĂšs la nomination de Constance, est informĂ© de ces plans et, Ă  l'Ă©tĂ© 296, il repart en Gaule. LĂ -bas, il contient les alliĂ©s francs de Carausius sur la frontiĂšre rhĂ©nane pendant que Constance dĂ©clenche son invasion de la Bretagne[95]. Allectus est tuĂ© au cours d'une bataille sur les collines du Hampshire face au prĂ©fet du prĂ©toire, Asclepiodotus[Note 12]. Constance dĂ©barque lui-mĂȘme prĂšs de Dubris (Douvres) et marche sur Londinium (Londres), dont les citoyens l'accueillent comme un libĂ©rateur[96],[97].

Campagnes en Afrique du Nord

Avec le retour victorieux de Constance, Maximien peut se concentrer sur le conflit en MaurĂ©tanie (Afrique du Nord-Ouest)[98]. Du fait de l'affaiblissement de l'autoritĂ© romaine au cours du troisiĂšme siĂšcle, les tribus nomades berbĂšres harcĂšlent les colonies romaines de la rĂ©gion avec des consĂ©quences de plus en plus graves. En 289, le gouverneur de la MaurĂ©tanie CĂ©sarienne (correspondant Ă  l'actuelle AlgĂ©rie centrale et occidentale) obtient un court rĂ©pit en opposant une petite armĂ©e aux Quinquegentanei et aux Bavares, mais les raids reprennent peu aprĂšs. En 296, Maximien lĂšve une armĂ©e, composĂ©e de cohortes prĂ©toriennes, de lĂ©gionnaires Ă©gyptiens, danubiens et d'AquilĂ©e, d'auxiliaires gaulois et germaniques et de recrues thraces et progresse Ă  travers l'Espagne Ă  l'automne[99]. Il dĂ©fend peut-ĂȘtre la rĂ©gion contre les raids maures[100] avant de traverser le dĂ©troit de Gibraltar et d'arriver en MaurĂ©tanie Tingitane (au Maroc actuel) pour protĂ©ger la rĂ©gion des pirates francs[101].

En mars 297, Maximien dĂ©bute une sanglante offensive contre les BerbĂšres. La campagne s'Ă©tend en longueur, et Maximien passe l'hiver 297-298 au repos Ă  Carthage avant de repartir au combat[102]. Non content de les repousser dans leur rĂ©gion d'origine dans les montagnes de l'Atlas – d'oĂč ils pourraient poursuivre la guerre – Maximien s'aventure profondĂ©ment Ă  l'intĂ©rieur du territoire berbĂšre. Le terrain lui est dĂ©favorable, et les BerbĂšres mĂšnent une habile guĂ©rilla, mais Maximien continue malgrĂ© tout. Apparemment dĂ©sireux d'infliger le plus de dĂ©gĂąts possibles Ă  ces tribus, il ravage les territoires prĂ©cĂ©demment sĂ©curisĂ©s, tue autant qu'il peut, et chasse les rescapĂ©s dans le Sahara[103]. Sa campagne se conclue au printemps 298 et, le 10 mars, il fait une entrĂ©e triomphale dans Carthage[99]. Des inscriptions carthaginoises rapportent la gratitude du peuple envers Maximien, le saluant – comme lors de l'entrĂ©e de Constance dans Londres – comme le redditor lucis aeternae (« restaurateur de la lumiĂšre Ă©ternelle Â»[95],[104]). Maximien rentre en Italie en 299 pour cĂ©lĂ©brer un autre triomphe Ă  Rome au printemps[105].

En retrait

AprĂšs sa campagne en MaurĂ©tanie, Maximien retourne dans le Nord de l'Italie, menant une vie de loisirs dans les palais de Milan et d'AquilĂ©e, et dĂ©lĂ©guant les tĂąches militaires Ă  son subordonnĂ© Constance[106]. Maximien se montre plus agressif dans ses relations avec le SĂ©nat que Constance, et Lactance prĂ©tend qu'il sĂšme la terreur parmi les sĂ©nateurs, au point d'inculper et d'exĂ©cuter Ă  tort par la suite plusieurs d'entre eux, dont le prĂ©fet de Rome en 301 ou 302[107]. En revanche, Constance maintient quant Ă  lui de bonnes relations avec l'aristocratie sĂ©natoriale et se consacre activement Ă  la dĂ©fense de l'empire. Il prend les armes contre les Francs en 300 ou 301 et en 302 – pendant que Maximien demeure en Italie – il poursuit sa campagne contre les tribus germaniques sur le Rhin supĂ©rieur[100].

Maximien sort uniquement de son repos en 303, Ă  cause du vicennalia de DioclĂ©tien, le 20e anniversaire de son rĂšgne, Ă  Rome[108]. Certains tĂ©moignages suggĂšrent que c'est Ă  ce moment que DioclĂ©tien exige la promesse de Maximien qu'il se retire en mĂȘme temps que lui, transmettant leurs titres d'Auguste aux CĂ©sars Constance et GalĂšre[109]. Vraisemblablement, le fils de Maximien, Maxence et celui de Constance, Constantin – qui ont tous deux grandi Ă  NicomĂ©die, devraient devenir Ă  leur tour les nouveaux CĂ©sars. Alors que Maximien pourrait ne pas vouloir se retirer, DioclĂ©tien conserve la maĂźtrise de la situation et il y a peu d'opposition de la part de son coempereur. Avant de renoncer Ă  ses fonctions, Maximien recevrait ainsi un dernier moment de gloire en officiant les Jeux sĂ©culaires en 304[110].

Le 1er mai 305, dans des cĂ©rĂ©monies sĂ©parĂ©es Ă  Milan et Ă  NicomĂ©die, DioclĂ©tien et Maximien renoncent simultanĂ©ment Ă  leurs fonctions. Leurs successions ne correspondent pas entiĂšrement au souhait de Maximien : peut-ĂȘtre du fait de l'influence de GalĂšre, SĂ©vĂšre et Maximin sont nommĂ©s CĂ©sars, excluant ainsi Maxence. Ces deux nouveaux CĂ©sars ont de longues carriĂšres militaires derriĂšre eux et sont en effet des proches de GalĂšre : Maximin est son neveu et SĂ©vĂšre un ancien compagnon d'arme[111]. Maximien s'aigrit rapidement de cette nouvelle tĂ©trarchie, qui voit GalĂšre prendre la position dominante que DioclĂ©tien a jadis tenue. Bien que Maximien conduise la cĂ©rĂ©monie qui proclame SĂ©vĂšre CĂ©sar, il soutient deux annĂ©es plus tard la rĂ©bellion de son fils contre le nouveau pouvoir[112]. DioclĂ©tien se retire dans son palais opulent qu'il a fait bĂątir dans sa rĂ©gion d'origine, en Dalmatie prĂšs de Salone sur la mer Adriatique. Maximien s'Ă©tablit dans des villas en Campanie ou en Lucanie[111], oĂč il mĂšne une vie faite de tranquillitĂ© et de luxe[113]. Bien qu'Ă©loignĂ©s des centres politiques de l'empire, DioclĂ©tien et Maximien restent suffisamment proches pour conserver un contact rĂ©gulier[114].

RĂ©bellion de Maxence

AprĂšs la mort de Constance, le 25 juillet 306, Constantin s'approprie le titre d’Auguste. Cela contrarie GalĂšre, qui choisit Ă  la place de lui offrir le titre de CĂ©sar, ce que Constantin accepte[115]. Le titre d’Auguste revient alors Ă  SĂ©vĂšre[116]. Maxence jalouse le pouvoir de Constantin, et le 28 octobre 306, il convainc une cohorte de gardes impĂ©riaux de le proclamer empereur. Mal Ă  l'aise avec un pouvoir unique, Maxence envoie un ensemble de robes impĂ©riales Ă  Maximien et le salue comme « Auguste pour la deuxiĂšme fois Â», lui offrant une autoritĂ© en thĂ©orie Ă©gale mais en rĂ©alitĂ© moins puissante et d'un rang infĂ©rieur[117].

Maxence, fils de Maximien.

GalĂšre refuse de reconnaĂźtre Maxence et envoie SĂ©vĂšre avec l'armĂ©e Ă  Rome pour le dĂ©poser. Comme de nombreux soldats ont servi sous les ordres de Maximien et ont acceptĂ© les pots-de-vin de Maxence, la plupart de l'armĂ©e se rallie Ă  lui. SĂ©vĂšre s'enfuit Ă  Ravenne, que Maximien assiĂšge. La citĂ© est trĂšs bien fortifiĂ©e, aussi Maximien pose des conditions de reddition, que SĂ©vĂšre accepte. Maximien le fait prisonnier et le conduit sous bonne garde dans une villa publique au sud de Rome, oĂč il est retenu en otage. À l'automne 307, GalĂšre dirige une seconde force contre l'usurpateur mais il Ă©choue de nouveau Ă  s'emparer de Rome, et bat en retraite au nord avec son armĂ©e presque intacte[118].

Pendant que Maxence renforce les dĂ©fenses de la ville de Rome, son pĂšre, agissant seul, part en Gaule pour nĂ©gocier avec Constantin. Un accord est conclu dans lequel Constantin accepterait de se marier avec la plus jeune fille de Maximien, Fausta et d'ĂȘtre Ă©levĂ© au rang d’Auguste dans le rĂ©gime sĂ©cessionniste de son fils. En Ă©change, Constantin rĂ©affirmerait la vielle alliance familiale entre Maxence et Constance, et soutiendrait la cause de Maxence en Italie mais demeurerait neutre dans la guerre contre GalĂšre. Cet accord est scellĂ© par une double cĂ©rĂ©monie Ă  TrĂšves Ă  la fin de l'Ă©tĂ© 307, Ă  laquelle Constantin Ă©pouse Fausta et est proclamĂ© Auguste par Maximien[118].

Maximien rentre Ă  Rome Ă  l'hiver 307-308 mais se brouille peu aprĂšs avec son fils et au printemps il conteste son droit Ă  parler au cours d'une assemblĂ©e de soldats romains. Il prend la parole pour dĂ©crier un gouvernement romain malade, accuse Maxence de l'avoir affaibli, et arrache la toge impĂ©riale des Ă©paules de celui-ci. Il s'attend Ă  ce que les soldats le reconnaissent mais ceux-ci prennent le parti de son fils, et Maximien est obligĂ© de quitter l'Italie en disgrĂące[119]. Le 11 novembre 308, pour rĂ©soudre l'instabilitĂ© politique, GalĂšre convoque DioclĂ©tien (qui sort de sa retraite)[120] et Maximien Ă  un concile gĂ©nĂ©ral dans la citĂ© militaire de Carnuntum sur les rives du Danube. Au cours de cette rĂ©union, ils obligent Maximien Ă  abdiquer de nouveau et Constantin retrouve son titre de CĂ©sar. Licinius, un fidĂšle compagnon d'arme de GalĂšre, est nommĂ© Auguste en Occident[120]. Au dĂ©but de l'annĂ©e 309, Maximien retourne Ă  la cour de Constantin en Gaule, la seule qui serait encore prĂȘte Ă  l'accueillir[121].

RĂ©bellion contre Constantin et suicide

En 310, Maximien se rĂ©volte contre Constantin pendant que l'empereur est en campagne contre les Francs. Il a Ă©tĂ© dĂ©pĂȘchĂ© au sud d'Arles avec une partie de l'armĂ©e de Constantin pour contrer les attaques de Maxence dans le sud de la Gaule. À Arles, il annonce la mort de Constantin et prend la pourpre impĂ©rial. En dĂ©pit des pots-de-vin qu'il offre Ă  tous ceux qui voudraient le soutenir en tant qu'empereur, la majeure partie de l'armĂ©e de Constantin lui demeure fidĂšle, et Maximien est contraint de partir. Constantin reçoit bientĂŽt la nouvelle de cette rĂ©volte, abandonne ses actions militaires contre les tribus franques, et progresse rapidement vers le sud de la Gaule, oĂč il affronte un Maximien fuyant Ă  Massilia (actuelle Marseille). La ville est plus adaptĂ©e pour rĂ©sister Ă  un long siĂšge qu'Arles, mais cela joue peu en sa faveur car des citoyens demeurĂ©s loyaux Ă  Constantin lui ouvrent les portes arriĂšres. Maximien est fait prisonnier, puni pour ses crimes, et dĂ©pouillĂ© de son titre pour la troisiĂšme et derniĂšre fois. Constantin se montre clĂ©ment envers l'empereur dĂ©chu, mais le pousse fortement au suicide. En juillet 310, Maximien se pend sur son ordre[122].

MalgrĂ© la rupture passĂ©e dans leurs relations, Maxence se prĂ©sente lui-mĂȘme aprĂšs son suicide comme un fils dĂ©vouĂ© envers son pĂšre[123]. Ainsi il frappe des piĂšces de monnaie portant l'image divinisĂ©e de son pĂšre et exprime son dĂ©sir de venger sa mort[124].

Constantin Ier.

Constantin prĂ©sente d'abord son suicide comme une malheureuse tragĂ©die familiale. Cependant, en 311, il diffuse une autre version. D'aprĂšs celle-ci, aprĂšs que Constantin lui a pardonnĂ©, Maximien aurait planifiĂ© l'assassinat de celui-ci dans son lit. Fausta, informĂ©e de ce complot, prĂ©vient son Ă©poux, qui place un eunuque pour le remplacer dans son lit. Maximien est arrĂȘtĂ© lorsqu'il tue l'eunuque, et pour Ă©viter l'humiliation, on lui offre de se suicider, ce qu'il accepte[125]. En plus de cette propagande, Constantin instaure une damnatio memoriĂŠ sur Maximien, dĂ©truisant toutes les inscriptions faisant mention de son nom et Ă©liminant toute Ɠuvre publique reprĂ©sentant son image[126].

Constantin dĂ©fait Maxence Ă  la bataille du pont Milvius le 28 octobre 312. Maxence y trouve la mort, et l'Italie tombe sous la domination de Constantin[127]. Eutropia jure sous serment que Maxence n'est pas le fils de Maximien, et sa mĂ©moire est rĂ©habilitĂ©e. Son apothĂ©ose dĂ©clarĂ©e par Maxence est proclamĂ©e nulle et non avenue, et il est re-consacrĂ© comme un dieu, probablement en 317. Il commence Ă  apparaĂźtre sur la monnaie de Constantin comme divus (divin) en 318, ensemble avec Constance et Claude le Gothique dĂ©ifiĂ©s[128]. Tous trois sont saluĂ©s comme les ancĂȘtres de Constantin. Ils sont surnommĂ©s « les meilleurs des empereurs Â»[129]. De par ses filles Fausta et ThĂ©odora, Maximien est le grand-pĂšre ou l'arriĂšre-grand-pĂšre de chaque empereur rĂ©gnant entre 337 et 363[130]. Maximien ou l'un de ses proches aurait fait construire la villa romaine du Casale en Sicile. Il figure dans les lĂ©gendes de sainte Catherine d'Alexandrie et de saint SĂ©bastien, en gĂ©nĂ©ral sous le nom de Maximin.

Noms successifs

  • NaĂźt Maximianus
  • 285, fait CĂ©sar par DioclĂ©tien : Aurelius Valerius Maximianus Caesar
  • 286, fait Auguste par DioclĂ©tien : Imperator Caesar Marcus Aurelius Valerius Maximianus Pius Felix Invictus Augustus Herculius
  • 287, reçoit le surnom de Germanicus Maximus
  • 289, reçoit le surnom de Sarmaticus Maximus
  • 295, reçoit le surnom de Persicus Maximus
  • 297, reçoit les surnoms de Britannicus Maximus Carpicus Maximus
  • 298, reçoit les surnoms de Armenicus Maximus Medicus Maximus Adiabenicus Maximus
  • 310, titulature Ă  sa mort : Imperator Caesar Marcus Aurelius Valerius Maximianus Pius Felix Invictus Augustus Germanicus Maximus V Sarmaticus Maximus III Persicus Maximus II Britannicus Maximus Carpicus Maximus Armenicus Maximus Medicus Maximus Adiabenicus Maximus, Pontifex Maximus, Herculius, Tribuniciae Potestatis XXI, Consul IX, Imperator XXI, Pater Patriae

Notes

(en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu de l’article en anglais intitulĂ© « Maximian Â» (voir la liste des auteurs)

  1. ↑ a et b Barnes, Constantine and Eusebius, pp.6–7 ; Potter op. cit., p.282 ; Southern, The Roman Empire from Severus to Constantine, p.141–42. La date de son accession au titre d'Auguste est incertaine (Corcoran, The Cambridge Companion to the Age of Constantine : Before Constantine, p.40 ; Southern, op. cit., p.142). Certains historiens avancent qu'il devient Auguste en juillet 285 et qu'il n'a jamais Ă©tĂ© CĂ©sar. Cette thĂ©orie reste nĂ©anmoins minoritaire (Potter, op. cit., p.281 ; Southern, op. cit., p.142 ; ÉpitomĂ© de Caesaribus 39.17, Seston, op. cit., pp.60-64).
  2. ↑ ModĂ©ran (op. cit., p.94) place cependant sa mort Ă  la fin de l'annĂ©e 309.
  3. ↑ Seston (op. cit., p.49.) mentionne Ă©galement la date du 17 septembre 284.
  4. ↑ Barnes, New Empire, p. 34. Barnes place la date de naissance de Maxence vers l'annĂ©e 283 lorsque Maximien est en Syrie et celle de Fausta en 289 ou 290. Chastagnol (op. cit., p.109) rapporte que Fausta est ĂągĂ©e de 5 ans en 305.
  5. ↑ Cette Ă©vĂšnement est Ă  la fois datĂ© du 21 juillet (Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Barnes, New Empire, op. cit., p.4 ; Bowman, op. cit., p.69) et du 25 juillet (Potter, op. cit., pp.280–81).
  6. ↑ Seston (op. cit., p.59) les considĂšrent comme des rebelles qui viennent grossir les rangs de brigands prĂ©existants.
  7. ↑ CarriĂ© (op. cit., p.734) et Chastagnol (op. cit., p.187) sont en faveur de TrĂšves ; Williams (op. cit., p.46) est en faveur de Mayence.
  8. ↑ Potter, op. cit., p.284 ; Southern, op. cit., pp.139–140 ; Williams, op. cit., p.47. La plupart des informations sur les lĂ©gions contrĂŽlĂ©es par Carausius provient de sa monnaie. Étrangement, la Legio VI Victrix d'Eboracum (actuelle York, Royaume-Uni), qui, de par sa positon gĂ©ographique, aurait dĂ» ĂȘtre incluse avec les lĂ©gions ralliĂ©es Ă  Carausius, ne l'est gĂ©nĂ©ralement pas (Southern, op. cit., p.332). Le Panegyrici Latini 8(4)12.1 reconnaĂźt qu'une lĂ©gion continentale s'est jointe Ă  lui, probablement la XXX Ulpia Victrix (Potter, op. cit., p.650).
  9. ↑ DioclĂ©tien aurait Ă©tĂ© quelque part entre Byzance (actuelle Istanbul, Turquie), oĂč sa prĂ©sence est prouvĂ©e le 22 mars 286, et TibĂ©riade, oĂč il se trouve entre le 31 mai et 31 aoĂ»t 286 (Barnes, New Empire, pp.50–51 ; Potter, op. cit., p.282, p.649).
  10. ↑ Southern, p.142. Barnes rapporte plusieurs dates pour cette pĂ©riode : la premiĂšre le 20 fĂ©vrier 286 Ă  Milan (Codex Justinianus 8.53(54).6 ; Fragmenta Vaticana 282) ; le 21 juin 286 Ă  Mayence (Fragmenta Vaticana 271) ; le 1er janvier 287 Ă  TrĂšves, Ă  Cologne ou Ă  Mayence (date de la prise de son poste consulaire ; PanĂ©gyriques latins, II, 6, 1-2) ; et en 287, son « expĂ©dition sur le Rhin Â» (Barnes, New Empire, p.57). Seston (op. cit., p.30) soutient qu'il ne met qu'une annĂ©e (288) pour soumettre les Germains.
  11. ↑ Barnes (Constantine and Eusebius, p.7) place la rencontre aprùs la campagne contre les Alamans.
  12. ↑ Seston (op. cit., p.108) situe celle-ci prùs de la North Downs, soit à Alton, soit à Farnham.

Références

  1. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Barnes, New Empire, p.4.
  2. ↑ Potter, op. cit., 280–81.
  3. ↑ Barnes, New Empire, p.4.
  4. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, pp.32–34 ; Barnes, New Empire, p.13 ; Elliott, op. cit., pp.42–43 ; Lenski, op. cit., p.65 ; Odahl, op. cit., pp.90–91 ; Pohlsander, Emperor Constantine, p.17 ; Potter, op. cit., pp.349–350 ; Treadgold, op. cit., p.29.
  5. ↑ Barnes, New Empire, p.13.
  6. ↑ a et b Barnes, New Empire, p.32.
  7. ↑ Seston, op. cit., p.46, p.59.
  8. ↑ ÉpitomĂ© de Caesaribus 40.10, citĂ© dans Barnes, New Empire, p.32 ; Rees, Layers of Loyalty, p.30 ; Williams, op. cit., pp.43–44.
  9. ↑ a et b Victor, Liber de Caesaribus 39.
  10. ↑ a et b PanĂ©gyriques latins, II, 2, 3-4.
  11. ↑ Barnes, New Empire, pp.32–33 ; Rees, Layers of Loyalty, p.30.
  12. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Williams, op. cit., pp.43–44.
  13. ↑ a et b Seston, op. cit., p.60.
  14. ↑ PanĂ©gyriques latins, II, 8, 1-6.
  15. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.13.
  16. ↑ Lactance, De mortibus persecutorum 8, citĂ© dans Williams, op. cit., p. 44.
  17. ↑ Aurelius Victor, De Caesaribus 39.25 ; Eutrope, Breviaria 9.22 ; JĂ©rĂŽme, Chronique 225g ; ÉpitomĂ© de Caesaribus 39.2, 40.12, citĂ© dans Barnes, New Empire, p. 33.
  18. ↑ Origo Constantini 2 ; Philostorge, Historia Ecclesiastica 2.16a, citĂ© dans Barnes, New Empire, p.33. Voir aussi Panegyrici Latini 10(2)11.4.
  19. ↑ Barnes, New Empire, pp. 33–34.
  20. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Barnes, New Empire, p.4 ; Bowman, op. cit., p.69 ; Corcoran, The Cambridge Companion to the Age of Constantine : Before Constantine, p.40 ; Potter, op. cit., pp.280–81.
  21. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Rees, Layers of Loyalty, p.30 ; Southern, op. cit., p.136.
  22. ↑ Williams, op. cit., p.45.
  23. ↑ Potter, op. cit., p.280 ; Southern, op. cit., p.136 ; Williams, op. cit., p.43.
  24. ↑ a et b Seston, op. cit., p.64
  25. ↑ Bowman, op. cit., p.69 ; Odahl, op. cit., pp.42–43 ; op. cit., Southern, p.136, p.331 ; Williams, op. cit., p.45.
  26. ↑ Chastagnol, op. cit., p.94.
  27. ↑ Potter, op. cit., p.280.
  28. ↑ Corcoran, op. cit., p.40.
  29. ↑ a et b Chastagnol, op. cit., p.96.
  30. ↑ ModĂ©ran, op. cit., p.71.
  31. ↑ a, b et c Seston, op. cit., pp.76-77.
  32. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, pp.11–12 ; Corcoran, op. cit., p.40 ; Odahl, p.43 ; Rees, Layers of Loyalty, pp.32–33, p.39, pp.42–52 ; Southern, op. cit., pp.136–137 ; Williams, op. cit., pp.58–59.
  33. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.11.
  34. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Southern, op. cit., p.137 ; Williams, op. cit., pp.45–46.
  35. ↑ Rees, Layers of Loyalty, p.29.
  36. ↑ Eutrope IX,21 ; Aurelius Victor, de Caesaribus, 39.17, citĂ© dans Chastagnol, op. cit., p.95.
  37. ↑ Potter, op. cit., pp.281–82.
  38. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Barnes, New Empire, p.10 ; Rees, Layers of Loyalty, p.30 ; Southern, op. cit., p.137 ; Williams, op. cit., pp.45–46.
  39. ↑ Barnes, New Empire, p.57 ; Bowman, op. cit., pp.70–71.
  40. ↑ a, b et c Chastagnol, op. cit., p.95.
  41. ↑ a et b PanĂ©gyriques latins, II, 4, 3-4.
  42. ↑ Southern, op. cit., pp.139–138 ; Williams, op. cit., p.46.
  43. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.6 ; Barnes, New Empire, p.57 ; Bowman, op. cit., p.71 ; Rees, Layers of Loyalty, p.31.
  44. ↑ Seston, op. cit., p.70
  45. ↑ Williams, op. cit., p.46.
  46. ↑ Southern, op. cit., p.138 ; Williams, op. cit., p.46.
  47. ↑ Potter, op. cit., p.284.
  48. ↑ Southern, op. cit., p.138 ; Williams, op. cit., pp.46–47.
  49. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, pp.6–7 ; Bowman, op. cit., p.71 ; Potter, op. cit., pp.283–284 ; Southern, op. cit., pp.137–141 ; Williams, op. cit., p.47.
  50. ↑ Williams, op. cit., p.47.
  51. ↑ a, b, c, d et e Seston, op. cit., pp.82-88.
  52. ↑ Williams, op. cit., pp.47–48.
  53. ↑ Potter, op. cit., p.284 ; Williams, op. cit., pp.61–62.
  54. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.7 ; Corcoran, op. cit., p.40 ; Potter, op. cit., p.282 ; Southern, op. cit., pp.141–142 ; Williams, op. cit., p.48.
  55. ↑ Williams, op. cit., p.48.
  56. ↑ Potter, op. cit., p.282, p.649.
  57. ↑ Potter, op. cit., p.282 ; Williams, op. cit., p.49.
  58. ↑ Chastagnol, op. cit., p.100.
  59. ↑ Seston, op. cit., p.241.
  60. ↑ PanĂ©gyriques latins, II, 4, 9.
  61. ↑ Potter, op. cit., p.283 ; Williams, op. cit., p.49, p.65.
  62. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.7 ; Bowman, op. cit., p.71 ; Corcoran, op. cit., p.40.
  63. ↑ Southern, op. cit., p.141 ; Williams, op. cit., p.50.
  64. ↑ a, b, c et d Williams, op. cit., p.50.
  65. ↑ PanĂ©gyriques latins, II, 6, 4-5.
  66. ↑ Barnes, New Empire, p.57 ; Williams, op. cit., p.50.
  67. ↑ a et b Barnes, Constantine and Eusebius, p.7.
  68. ↑ PanĂ©gyriques latins, II, 7, 7.
  69. ↑ a et b Seston, op. cit., p.71
  70. ↑ a, b, c et d Seston, op. cit., pp.73-74
  71. ↑ Rees, Layers of Loyalty, op. cit., p.31 ; Southern, op. cit., pp.142–143 ; Williams, op. cit., p.50.
  72. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.7 ; Corcoran, op. cit., p.40 ; Southern, op. cit., p.143 ; Williams, op. cit., p.50.
  73. ↑ Seston, op. cit., p.72.
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  75. ↑ PanĂ©gyriques latins, II, 12, 1-8.
  76. ↑ Seston, op. cit., p.101.
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  122. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, pp.34–35 ; Elliott, op. cit., p.43 ; Lenski, op. cit., pp.65–66 ; Odahl, op. cit., p.93 ; Pohlsander, Emperor Constantine,p. 17 ; Potter, op. cit., p.352.
  123. ↑ Elliott, op. cit., p.43 ; Lenski, op. cit., p.68 ; Pohlsander, Emperor Constantine, p.20.
  124. ↑ Barnes, New Empire, p.34 ; Elliott, op. cit., p.45 ; Lenski, op. cit., p.68.
  125. ↑ Lactance, De mortibus persecutorum 30.1 ; Barnes, Constantine and Eusebius, pp.40–41, p.305.
  126. ↑ CarriĂ© et Rousselle, op. cit., p.253.
  127. ↑ ModĂ©ran, op. cit., p.94.
  128. ↑ Chastagnol, op. cit., p.177.
  129. ↑ Barnes, Constantine and Eusebius, p.47.
  130. ↑ Barnes, New Empire, pp.265–66.

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