Anti-américain

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Anti-américain

Antiaméricanisme

L'antiamĂ©ricanisme (ou anti-amĂ©ricanisme ou amĂ©ricanophobie) dĂ©crit en gĂ©nĂ©ral une position systĂ©matiquement nĂ©gative, mĂ©fiante ou hostile vis-Ă -vis des États-Unis. Selon le contexte, il peut s'appliquer simplement envers sa politique, mais aussi envers sa sociĂ©tĂ©, son histoire, sa culture ou son peuple.

Sommaire

Histoire

Au cours de l'histoire s'est dĂ©veloppĂ©e une Haßliebe (amour-haine) envers les États-Unis. Encore aujourd'hui, les europĂ©ens[rĂ©f. nĂ©cessaire] critiquent rĂ©guliĂšrement l'« interventionnisme Â» amĂ©ricain, l'omniprĂ©sence de la langue anglaise (pourtant d’origine europĂ©enne), etc. L'AmĂ©rique latine est une autre terre traditionnelle de l'antiamĂ©ricanisme, Ă  cause de la politique menĂ©e par les États-Unis sur cette partie du continent selon certains[rĂ©f. nĂ©cessaire], comme la crise de la Baie des Cochons ou le coup d'État de Pinochet soutenu par la CIA. A contrario, d'autres[Qui ?] affirment que l'argument de la politique des États-Unis sert Ă  justifier l'Ă©chec relatif des dĂ©mocraties et des Ă©conomies sud-amĂ©ricaines[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Plus rĂ©cemment, le sentiment antiamĂ©ricain s'est rĂ©pandu dans le reste du monde[rĂ©f. nĂ©cessaire], en particulier dans le monde arabe[Comment ?].

L' AmĂ©rique fut trĂšs tĂŽt considĂ©rĂ©e comme un continent que l'Europe pouvait coloniser. L'Ă©vĂȘque et philosophe irlandais George Berkeley exprima en 1726 la thĂ©orie de la translatio imperii, studii et religionis, Ă  savoir que le dĂ©veloppement de l'humanitĂ© suivait d'est en ouest la course du soleil : l'Europe Ă©tait Ă  la pointe de la civilisation aprĂšs que l'Orient et les Arabes eurent jouĂ© ce rĂŽle. Les AmĂ©riques constituaient le prolongement logique de cette translation.

Cependant, de retour d'un voyage aux États-Unis, Charles Dickens exprima en 1842 sa dĂ©ception : il publia un carnet de voyage (American Notes) critique vis-Ă -vis de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine, en particulier du faible attachement au terroir et du manque de savoir-vivre. Les États-Unis reprĂ©sentaient pour les EuropĂ©ens la possibilitĂ© d'amĂ©liorer leur condition Ă©conomique. Les Irlandais victimes de la famine, les Scandinaves, les Russes, les Burgenlandais et les Italiens Ă©migrĂšrent en masse. Pour les opposants politiques, l'exil Ă©tait une possibilitĂ© d'Ă©viter l'emprisonnement : en 1848 les États-Unis connurent une vague d'immigration qui exporta d'Europe vers le Nouveau Monde le mĂ©contentement social.

Au XXe siĂšcle, les États-Unis devinrent un mauvais exemple socioĂ©conomique aux yeux de la majoritĂ© syndicalistes ; le fordisme et le taylorisme naissants furent considĂ©rĂ©s comme inhumains : Bertolt Brecht critiqua le « capitalisme nu Â». Dans les annĂ©es 1920, les films et les compagnies amĂ©ricaines arrivĂšrent en Europe. La chanteuse noire JosĂ©phine Baker obtint un grand succĂšs en Europe et y devint l'un des symboles de l'AmĂ©rique, bien que le jazz fĂ»t considĂ©rĂ© par l'Ă©lite amĂ©ricaine comme un-American (non amĂ©ricain)[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Dans le mĂȘme temps, la participation des États-Unis Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale engendra un sentiment antiamĂ©ricain dans les puissances de la Triple-Alliance. Il se renforça durant le marasme Ă©conomique de la Grande DĂ©pression. En Allemagne, les nationaux-socialistes accrĂ©ditĂšrent l'idĂ©e que les États-Unis Ă©taient dirigĂ©s par une conspiration juive.

Affiche de propagande soviétique dénonçant le capitalisme américain durant les années 1920.

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la dĂ©faite du nazisme, le monde connut une bipolarisation entre l'Union des rĂ©publiques socialistes soviĂ©tiques (URSS) communiste et les États-Unis capitalistes. Un antiamĂ©ricanisme d'idĂ©ologie communiste fut imposĂ© dans les pays d'Europe centrale et de l'Est, et relayĂ© par les partis communistes des pays alliĂ©s des États-Unis. En rĂ©action Ă  la menace soviĂ©tique, les dirigeants amĂ©ricains menĂšrent une politique anticommuniste qui culmina avec le maccarthysme. Le harcĂšlement des sympathisants communistes fut utilisĂ© par les dĂ©tracteurs des États-Unis[rĂ©f. nĂ©cessaire] comme un argument de la faiblesse de la dĂ©mocratie amĂ©ricaine. Jean-François Revel affirme nĂ©anmoins dans son ouvrage l'Obsession anti-amĂ©ricaine que

« quelque odieux qu'ait Ă©tĂ© le maccarthysme et McCarthy, pourquoi omettre de constater que c'Ă©taient les AmĂ©ricains eux-mĂȘmes, rĂ©publicains en tĂȘte, qui avaient dĂ©boulonnĂ© en moins de quatre ans l'encombrant sĂ©nateur ? En outre, c'est un fait que l'espionnage soviĂ©tique permit Ă  Moscou de gagner plusieurs annĂ©es dans la construction de sa bombe atomique. Il a Ă©tĂ© surabondamment confirmĂ© aujourd'hui, et on avait dĂ©jĂ  prouvĂ© en 1970, que les Ă©poux Rosenberg Ă©taient effectivement des agents du Komintern et que leur rĂŽle fut des plus nĂ©fastes ; ou que Alger Hiss, un des collaborateurs les plus proches du prĂ©sident Franklin Roosevelt, notamment Ă  la confĂ©rence de Yalta, travaillait lui aussi pour les services de l'Est et renseignait Staline.  Â»

. En rĂ©plique Ă  l'accusation concernant les dĂ©faillances de sa dĂ©mocratie, les États-Unis rĂ©pondent qu'ils sont l'un des rares pays Ă  n'avoir jamais connu les deux systĂšmes totalitaires qu'ont connus l'Europe et d'autres parties du monde : le communisme et le nazisme.

Les interventions militaires amĂ©ricaines (utilisation de la bombe atomique contre le Japon, destruction totale de villes allemandes comme Dresde, guerre de CorĂ©e, guerre du ViĂȘt Nam) depuis 1945 peuvent Ă©galement jeter le doute[rĂ©f. nĂ©cessaire] sur l'image humaniste et civilisatrice des États-Unis. De plus, les États-Unis dĂ©cidĂšrent durant la guerre froide de dĂ©stabiliser ou renverser des rĂ©gimes dĂ©mocratiques qu'ils craignaient de voir verser dans le communisme (par exemple le coup d'État du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende au Chili[rĂ©f. nĂ©cessaire]) et de soutenir des rĂ©gimes non dĂ©mocratiques (par exemple l'Arabie saoudite[rĂ©f. nĂ©cessaire]). Les pays d'Europe occidentale appliquĂšrent Ă©galement cette Realpolitik. Durant le mĂȘme temps, la contre-culture amĂ©ricaine, pacifiste, conquĂ©rait l'Europe.

Le soutien des États-Unis Ă  IsraĂ«l depuis sa crĂ©ation en 1948, puis le maintien de troupes « infidĂšles Â» dans le pays des lieux saints de l'islam, l'Arabie saoudite aprĂšs la deuxiĂšme guerre du Golfe contribuĂšrent Ă  dĂ©velopper un sentiment antiamĂ©ricain dans le monde arabe. Il fut entretenu par certains gouvernements autoritaires (en Syrie ou en Iran) qui firent des États-Unis un exutoire du mĂ©contentement populaire ; ce sentiment est Ă©galement alimentĂ© par les fondamentalistes musulmans.

Les attentats du 11 septembre 2001 provoquĂšrent un grand Ă©lan de sympathie en Europe vis-Ă -vis des États-Unis. La gestion, qualifiĂ©e d'« unilatĂ©rale Â» et contestĂ©e, de la menace terroriste par le pays (dĂ©tention illimitĂ©e de suspects Ă  Guantanamo sans recours possible, intervention militaire en Irak en 2003, soutien aux mĂ©thodes israĂ©liennes contestĂ©es de lutte contre les groupes palestiniens terroristes[rĂ©f. nĂ©cessaire], blanc-seing dĂ©livrĂ© au gouvernement russe pour sa « lutte contre le terrorisme Â» lors de la seconde guerre de TchĂ©tchĂ©nie[rĂ©f. nĂ©cessaire]) a vraisemblablement fait diminuer cette sympathie et nourri une nouvelle vague d'antiamĂ©ricanisme tant dans le monde arabe qu'en Europe et au Canada, particuliĂšrement au QuĂ©bec.

Facettes de l’antiamĂ©ricanisme

La sélection des preuves

Selon Jean-François Revel, l'antiamĂ©ricanisme se dĂ©finirait tout d'abord par une sĂ©lection partisane des preuves. Les antiamĂ©ricains et les pro-amĂ©ricains, dĂ©clarĂ©s ou non, choisiraient les angles d'attaque sans examiner les arguments qui infirment leurs hypothĂšses. Afin d'Ă©chapper Ă  une vision manichĂ©enne des États-Unis (soit entiĂšrement « bons Â», soit entiĂšrement « mauvais Â»), l'acadĂ©micien français plaide pour une approche Ă©quilibrĂ©e, dialectique, qui prenne en compte le pour et le contre, les dĂ©faillances et les points forts du « systĂšme amĂ©ricain Â».

Critique Ă©conomique

Détournement du drapeau américain lors de la seconde investiture de George W. Bush à Washington.

La critique Ă©conomique est le plus souvent reliĂ©e Ă  une contestation de l'Ă©conomie de marchĂ© par les anticapitalistes et les communistes. Des personnalitĂ©s libĂ©rales comme Maurice Allais, prix Nobel français, vont mĂȘme jusqu'Ă  proposer des rĂ©formes fondamentales du systĂšme Ă©conomique. Le systĂšme amĂ©ricain libĂ©ral, serait responsable de la pauvretĂ© et de la dĂ©sagrĂ©gation des structures sociales. Bien que cette critique ait connu une quasi-disparition avec l'effondrement du bloc communiste en 1989–1991, le mouvement altermondialiste a repris cet angle d'attaque. En effet, presque toute la classe politique (de l'extrĂȘme gauche Ă  la droite libĂ©rale) admet que le capitalisme est source d'inĂ©galitĂ©s ; la politique amĂ©ricaine Ă©tant toujours plus libĂ©rale que celle des pays EuropĂ©ens, beaucoup dĂ©noncent le mĂ©pris de l'Ă©conomie des pays dĂ©favorisĂ©s ou mĂȘme les problĂšmes sociaux liĂ©s au capitalisme. Les crises boursiĂšres comme le krach de 1929 provoquent une certaine mĂ©fiance des EuropĂ©ens principalement vis-Ă -vis de l'Ă©conomie amĂ©ricaine.

Les États-Unis sont Ă©galement accusĂ©s de vivre aux dĂ©pens du reste du monde[rĂ©f. nĂ©cessaire], car ils possĂšdent un dĂ©ficit commercial important et persistant.

Dans son ouvrage Un autre monde contre le fanatisme du marchĂ©, Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'Ă©conomie en 2001, Ă©voque les problĂšmes que pose le dĂ©ficit commercial des États-Unis. Le dĂ©ficit commercial des États-Unis prĂ©cise-t-il n'est pas soutenable et est source d'instabilitĂ© financiĂšre internationale (en cas de forte baisse du dollar, hausse de l'euro
). Les États-Unis financent leur dĂ©ficit commercial par les emprunts Ă  l'Ă©tranger et non par l'Ă©pargne. Il ajoute, alors que les États-Unis Ă©taient les plus grands crĂ©anciers du monde, ils sont devenus les plus grands dĂ©biteurs.

Il est Ă  noter[rĂ©f. nĂ©cessaire] que les États-Unis sont Ă©galement un grand pays importateur de produits du monde dĂ©veloppĂ© et sous-dĂ©veloppĂ©, ce qui stimule le dĂ©veloppement Ă©conomique des autres pays. Les pays europĂ©ens scrutent la croissance amĂ©ricaine, car ils savent que leur propre santĂ© Ă©conomique dĂ©pend de celle des États-Unis. Ce dĂ©veloppement est cependant inĂ©gal car les pays riches importent des pays pauvres surtout des matiĂšres premiĂšres bon marchĂ© pour y exporter soit des biens de consommation Ă  forte valeur ajoutĂ©e soit des produits subventionnĂ©s. Ces produits subventionnĂ©s faussent le marchĂ© des pays vers lesquels ils sont exportĂ©s, ce qui provoque la disparition de secteurs entiers de l'Ă©conomie locale. Les États-Unis comme l'Union europĂ©enne se voient souvent reprocher de fausser la concurrence mondiale par le biais de subventions (agriculture, aĂ©ronautique) et de porter atteinte, en particulier, aux pays agricoles du tiers monde. Les altermondialistes[rĂ©f. nĂ©cessaire], quant Ă  eux, dĂ©noncent systĂ©matiquement le libĂ©ralisme commercial qui dĂ©veloppe la fracture entre pays pauvres et pays riches, ainsi que la fracture entre riches et pauvres Ă  l'intĂ©rieur mĂȘme des pays dĂ©veloppĂ©s.

Critique antireligieuse

Article dĂ©taillĂ© : Religion aux États-Unis .

L’importance de la religion

Dans sa forme antireligieuse, l'antiamĂ©ricanisme[rĂ©f. nĂ©cessaire] critique la place relativement importante que peut occuper parfois la religion dans la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine.

Avant mĂȘme la DĂ©claration d'indĂ©pendance, les treize colonies britanniques en AmĂ©rique Ă©taient rĂ©putĂ©es pour leur tolĂ©rance religieuse. Les huguenots français, les protestants nĂ©erlandais et allemands, les quakers anglais, les juifs, les amish allemands fuyaient l'Europe Ă  cause des persĂ©cutions religieuses pour trouver asile aux États-Unis. William Penn, par exemple, a voulu transformer la ville de Philadelphie en la ville de la fraternitĂ© et de l'amitiĂ© interconfessionnelle (ce qui explique d'ailleurs le nom de la ville, du grec phila delphos). Dans la Philadelphie du XVIIIe siĂšcle se cĂŽtoyaient temples protestants, Ă©glises catholiques, et plus tard allaient s'ajouter des mosquĂ©es, des synagogues, des Ă©glises orthodoxes, etc. Cette politique d'hĂ©bergement des minoritĂ©s religieuses est la cause principale de l'influence de certains groupes religieux dans certaines rĂ©gions des États-Unis. À ces rĂ©gions s'opposent les rĂ©gions fortement urbanisĂ©es des cĂŽtes est et ouest, qui sont rĂ©putĂ©es « libĂ©rales Â».

Le paysage religieux des États-Unis n'a donc pas Ă©tĂ© modifiĂ© par la « dĂ©christianisation Â» [1] qu'a produite la RĂ©volution française. La notion de sĂ©paration de l'État et de l'Église a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e Ă  l'Ă©poque de l'indĂ©pendance amĂ©ricaine, mais elle n'a pas eu beaucoup de succĂšs auprĂšs des reprĂ©sentants des treize colonies, qui voulaient prĂ©cisĂ©ment continuer Ă  abriter et protĂ©ger les minoritĂ©s religieuses.

La prĂ©sence importante de la religion chrĂ©tienne dans le dĂ©bat public sont l'objet de vives critiques en France et ailleurs (y compris aux États-Unis mĂȘme) : la mention de Dieu sur les billets de banque (In God we trust : « Nous avons confiance en Dieu Â»), l'interdiction faite, dans certaines Ă©coles et pour motifs religieux, d'enseigner la thĂ©orie de l'Ă©volution de Charles Darwin[2] ou l'instauration d'un jour de priĂšre par le SĂ©nat pour la protection de l'AmĂ©rique y sont particuliĂšrement mal perçus.

Un pays puritain

Les antiamĂ©ricains considĂšrent[rĂ©f. nĂ©cessaire] que les États-Unis sont un pays « puritain Â», ce qui impliquerait une sociĂ©tĂ© Ă  la morale austĂšre et refusant toute libĂ©ralisation des mƓurs. Cependant, le puritanisme reste mal connu, notamment en France. D’autre part, il faut rappeler que le protestantisme dont il est issu est aujourd’hui en recul face au catholicisme pratiquĂ© par la communautĂ© hispanique grandissante[rĂ©f. nĂ©cessaire]. L’histoire des États-Unis montre en outre que le pays a su libĂ©raliser ses mƓurs, parfois mĂȘme avant la France (pour la lĂ©galisation de l’avortement par exemple). DĂšs les annĂ©es 1960, le mouvement hippie a contestĂ© les valeurs bourgeoises et le conformisme, en utilisant par exemple le nudisme et le naturisme. Aujourd’hui, le secteur des loisirs nus reprĂ©sente environ 400 millions de dollars chaque annĂ©e aux États-Unis[3] ; le chiffre d’affaires des films pornographiques amĂ©ricains est comparable Ă  celui d’Hollywood[4]. Le taux de divorce est l’un des plus Ă©levĂ©s du monde. En 2004, 62 % des AmĂ©ricains Ă©taient favorables Ă  la reconnaissance d'un statut lĂ©gal des unions homosexuelles (mariage ou union civile)[5]. 66 % des AmĂ©ricains considĂšrent l'avortement comme un droit.[6] et 1 290 000 de femmes ont subi une IVG en 2002 aux USA[7], soit un taux proche de 5 pour mille, qui est l'un des plus forts des pays riches.

Le procùs de l’islamophobie

Les États-Unis sont Ă©galement accusĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire] d'une politique hostile vis-Ă -vis de l'Islam, qu'elle soit motivĂ©e par les chrĂ©tiens fondamentalistes amĂ©ricains, par le groupe de pression sioniste ou par le racisme. Les pays africains Ă©prouvent beaucoup de haine envers la politique impĂ©rialiste amĂ©ricaine sur diffĂ©rents niveaux (conflits Israelo-palestinien, Ă©conomie, soutiens de dictatures pro-AmĂ©ricaine....)

Pourtant, au cours du XXe siĂšcle, Washington a pris la dĂ©fense de pays musulmans Ă  plusieurs reprises. Ainsi, en 1956, les États-Unis ont arrĂȘtĂ© une offensive franco-anglo-israĂ©lienne contre l’ Égypte au cours de la crise de Suez. La coalition de 1991 contre Saddam Hussein a Ă©tĂ© formĂ©e sur la demande de l’Arabie saoudite et pour libĂ©rer le KoweĂŻt, un pays musulman.

Washington a dĂ©fendu les musulmans du Kosovo et de MacĂ©doine Ă  la fin du XXe siĂšcle. Le 12 septembre 2001, George W. Bush proclame qu’il est confiant dans le patriotisme des citoyens amĂ©ricains de confession musulmane[8]. Enfin, pendant la guerre civile d’Irak, des terroristes sunnites posent des bombes dans les mosquĂ©es et sur les marchĂ©s chiites.

Enfin, les États-Unis participĂšrent en janvier 2005 Ă  hauteur de 350 millions de dollars en secours aux victimes du tsunami en IndonĂ©sie, premier pays musulman du monde (le premier chiffre annoncĂ© avait Ă©tĂ©, il est vrai, de 15 millions de dollars).

Les ingérences américaines en matiÚre de religion

Durant la prĂ©sidence de Bill Clinton, les États-Unis reprochĂšrent a contrario Ă  leurs alliĂ©s europĂ©ens de ne pas respecter la libertĂ© de culte notamment Ă  cause des refus allemand et français de reconnaĂźtre l'Église de scientologie comme telle – ces pays la considĂšrent comme une secte. Cette ingĂ©rence dans les affaires religieuses en Europe y est globalement mal perçue[rĂ©f. nĂ©cessaire], tout comme les jugements europĂ©ens sur les États-Unis sont rĂ©prouvĂ©s dans ce pays.

Critique antilibĂ©rale en matiĂšre de mƓurs

L'antiamĂ©ricanisme peut Ă©galement ĂȘtre a contrario « antilibĂ©ral Â» : beaucoup de personnes[rĂ©f. nĂ©cessaire] ayant des croyances religieuses critiquent la dĂ©cadence morale des États-Unis (par exemple en raison de l'industrie pornographique et de la tenue vestimentaire des femmes et leur perte des valeurs religieuses). Il est toutefois Ă  noter que ces critiques sont prĂ©sentes autant aux États-Unis qu'ailleurs dans le monde[rĂ©f. nĂ©cessaire] ; elles ne sont donc pas automatiquement associĂ©es Ă  de l'antiamĂ©ricanisme.

Le clergĂ© catholique, sur l'ensemble de la planĂšte, considĂšre la culture populaire amĂ©ricaine comme contraire aux enseignements religieux[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Critique anti-impérialiste

Articles dĂ©taillĂ©s : Empire amĂ©ricain et Hyperpuissance (politique).

Une forme anti-impĂ©rialiste assimile les interventions militaires, Ă©conomiques ou diplomatiques amĂ©ricaines Ă  une nouvelle forme de « colonisation Â». L'unilatĂ©ralisme est une accusation souvent portĂ©e ; ainsi l'historien Tony Judt rĂ©sume-t-il que les AmĂ©ricains « sont peu enclins Ă  participer aux initiatives et aux accords internationaux, que cela soit dans la question du rĂ©chauffement climatique, celle des armes biologiques, celle du droit pĂ©nal international (Cour pĂ©nale internationale) ou celle du droit des femmes Â». A contrario, les États-Unis font partie d'un nombre important d'organisations internationales, d'alliances politiques, militaires et Ă©conomiques.

Aperçu des doctrines

La politique internationale des États-Unis s'est inscrite, au long de l'histoire, entre plusieurs pĂŽles : isolationnisme, Ă©galitarisme, universalisme dĂ©mocratique et impĂ©rialisme postcolonial.

L’isolationnisme est une doctrine qui affirme que les États-Unis devraient se tenir Ă  l'Ă©cart de la scĂšne internationale. Cette politique a Ă©tĂ© appliquĂ©e tout le XIXe siĂšcle jusqu'Ă  la derniĂšre phase de la PremiĂšre Guerre mondiale, puis lors de l'entre-deux-guerres, jusqu'en 1941. Il faut Ă©galement remarquer que le programme sur lequel George Walker Bush a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident en 2000 Ă©tait un programme isolationniste, qui s'est modifiĂ© radicalement aprĂšs les attentats du 11 septembre.

La politique Ă©galitariste affirme que les États-Unis doivent agir sur la scĂšne internationale comme n'importe quel autre État.

L’universalisme dĂ©mocratique peut ĂȘtre mieux compris par comparaison avec l'universalisme Ă  la française. Alors que l'universalisme de la RĂ©volution française voulait Ă©tendre la libertĂ©, l'Ă©galitĂ© et la fraternitĂ© Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne, l'universalisme dĂ©mocratique amĂ©ricain voudrait Ă©tendre la dĂ©mocratie dans le monde entier. Des accents universalistes dĂ©mocratiques peuvent ĂȘtre perçus dans les discours de maints prĂ©sidents amĂ©ricains, de la guerre froide Ă  l'Ă©poque contemporaine.

L'impĂ©rialisme postcolonial serait une doctrine tacite, selon certains[rĂ©f. nĂ©cessaire], des gouvernements amĂ©ricains depuis le XIXe siĂšcle, et surtout depuis la Seconde Guerre mondiale. Il aurait eu ses premiĂšres bases Ă  partir la "doctrine de Monroe" selon laquelle les États-Unis auraient la mission de protĂ©ger la sĂ©curitĂ© du continent amĂ©ricain (des visĂ©es europĂ©ennes), avec toutes les ambiguĂŻtĂ©s que peut comporter cette notion. Bien que l'impĂ©rialisme n'ait jamais Ă©tĂ© revendiquĂ© par les États-Unis (au contraire de pays comme la France, l'Espagne ou le Royaume-Uni) en tant que tel, les États-Unis ont pu occuper des territoires (Cuba, Philippines) Ă  la place des anciennes puissances coloniales. Mais l'accusation d'impĂ©rialisme la plus souvent relayĂ©e dans les critiques contemporaines fait rĂ©fĂ©rence aux interventions ponctuelles des troupes amĂ©ricaines dans des territoires Ă©trangers, et peut-ĂȘtre plus encore aux stratĂ©gies politiques et Ă©conomiques menĂ©es par les États-Unis hors de leurs frontiĂšres, sans qu'ils n'interviennent d'une maniĂšre directe.

Ces diffĂ©rentes orientations de la politique extĂ©rieure des États-Unis, quoique concurrentes, ne sont pas incompatibles.

Du « Grand Â» Ă  l’« hyperpuissance Â»

Si l’on remet souvent en cause l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine dans le monde, on ne s’interroge que rarement sur les causes de cette situation. Certains intellectuels ont dĂ©montrĂ© que la dĂ©sagrĂ©gation du bloc communiste, la crise du continent africain et l’incapacitĂ© de l’Union europĂ©enne Ă  s’organiser ont provoquĂ© la suprĂ©matie amĂ©ricaine aprĂšs 1990. Jean-François Revel pose en outre le problĂšme du concept d’hyperpuissance, forgĂ© en 1999, par le ministre des Affaires Ă©trangĂšres français Hubert VĂ©drine : le terme « superpuissance Â» existant dĂ©jĂ , il est inutile selon lui de parler d’hyperpuissance, d’autant que le prĂ©fixe grec hyper signifie exactement la mĂȘme chose que le prĂ©fixe latin super[9]. Pour Revel et d’autres, le monde n’est pas unipolaire mais de plus en plus multipolaire avec la croissance des pays Ă©mergents. Selon Sylvain Allemand et Jean-Claude Ruano-Borbalan, les États-Unis ne chercheraient pas Ă  dominer intentionnellement le monde, mais simplement Ă  protĂ©ger leurs intĂ©rĂȘts et prĂ©server leur sĂ©curitĂ©[10]. Dans cette logique, l’attaque du 11 septembre a provoquĂ© un renforcement des interventions amĂ©ricaines dans le monde, dans un but uniquement sĂ©curitaire.

La France s’offusque souvent de l’"orgueil" de l’AmĂ©rique, mais s’autoproclame « patrie des droits de l’Homme Â» et parle sans complexe de son « rayonnement culturel Â» comme si le pays Ă©clairait le monde. Le gĂ©nĂ©ral De Gaulle disait « le monde entier a les yeux fixĂ©s sur la France Â»[11]. Le concept d’« exception culturelle Â» est interprĂ©tĂ© comme la manifestation de l’arrogance française Ă  l’étranger. L’arrogance et le nationalisme ne sont donc pas l’apanage des États-Unis.

Critique de la culture américaine

Article dĂ©taillĂ© : Culture des États-Unis.

L'antiaméricanisme culturel dénigre la production culturelle et le mode de vie américains, accusés d'envahir le monde et de l'uniformiser.

Contre une culture de masse envahissante

Au XIXe siĂšcle, les intellectuels français stigmatisaient un prĂ©tendu vide culturel aux États-Unis ; au siĂšcle suivant, ils s’insurgent contre l’envahissement culturel en forgeant des nĂ©ologismes tels que « macdonalisation Â» ou «  cocacolaisation Â».

La culture amĂ©ricaine est pourtant le fruit des influences europĂ©ennes (acadĂ©mie des Beaux-Arts, impressionnisme) puis mondiales. Certains pensent d’ailleurs que ce mĂ©lange des cultures permet d’expliquer le succĂšs planĂ©taire des productions culturelles amĂ©ricaines. La culture amĂ©ricaine s’est diffusĂ©e grĂące Ă  la mondialisation et au libĂ©ralisme. Mais elle ne s’impose pas par la force, comme le rappelle le politologue Joseph Nye avec la stratĂ©gie du « soft power Â». Adrien Lherm reprend cette idĂ©e que les AmĂ©ricains profitent de la mondialisation sans l’imposer par le contrainte :

« [
] L’exportation du modĂšle amĂ©ricain rĂ©pond moins Ă  un programme impĂ©rialiste qu’à la « pure «  et simple logique du profit – gourmand, oui, mais pas conquĂ©rant au sens militaire et politique. Ce qu’ils s’emploient aujourd’hui Ă  faire, Ă  l’échelle de la planĂšte, c’est moins Ă  imposer un exemple [
] qu’à assurer des dĂ©bouchĂ©s Ă  leur puissant secteur culturel [
][12]. Â»

La culture de masse aux États-Unis a un rayonnement trĂšs important, mais le pays possĂšde Ă©galement un nombre important de galeries et de musĂ©es d'art (le Metropolitan Museum de New York, par exemple), de bibliothĂšques (la BibliothĂšque du CongrĂšs, la plus grande du monde), etc. La littĂ©rature amĂ©ricaine existe, quoi qu’en disent de nombreux intellectuels europĂ©ens, grĂące Ă  des Ă©crivains comme Ernest Hemingway, William Faulkner, Arthur Miller, Eugene O'Neill.

Dénigrement du cinéma hollywoodien

Article dĂ©taillĂ© : CinĂ©ma amĂ©ricain.

Il existe un sentiment anti-Hollywood[rĂ©f. nĂ©cessaire], mĂȘme si la plupart des gens[rĂ©f. nĂ©cessaire] continuent Ă  regarder des films amĂ©ricains, qui font souvent plus de recettes que les productions locales. Aux États-Unis, les sympathisants du Parti dĂ©mocrate considĂšrent Hollywood comme une tribune des idĂ©es progressistes (liberal)[rĂ©f. nĂ©cessaire], et Hollywood est considĂ©rĂ© par nombre de sympathisants du Parti rĂ©publicain comme un « repaire de gauchistes Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire], au mĂȘme titre que l'universitĂ© de Berkeley.

Le cinĂ©ma amĂ©ricain est accusĂ© de simplisme et d’angĂ©lisme[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Pourtant, il existe de nombreux films et sĂ©ries qui critiquent l'American way of life et le gouvernement amĂ©ricain[13].

L’omniprĂ©sence de la langue anglaise

Les linguistes ont montrĂ© qu’une langue Ă©volue par apports Ă©trangers. Il faut rappeler aussi que la langue anglaise utilise des mots français, que l’on trouve frĂ©quemment dans les journaux amĂ©ricains en italique ; l’anglais permet aux cultures de communiquer entre elles.

Critique de la démocratie américaine

Article dĂ©taillĂ© : Politique amĂ©ricaine.

Les adversaires des États-Unis[rĂ©f. nĂ©cessaire] soulignent les faiblesses et les carences de la dĂ©mocratie amĂ©ricaine (notamment le bipartisme). Ils agiraient aussi non pour diffuser la dĂ©mocratie dans le monde, mais pour protĂ©ger leurs intĂ©rĂȘts.

Les rĂ©ponses Ă  ces critiques[rĂ©f. nĂ©cessaire] sont de divers ordres : on peut objecter par des faits historiques. Depuis sa crĂ©ation, les États-Unis n’ont jamais connu de dictature. Ils sont intervenus pour libĂ©rer l’Europe du joug nazi en 1944-1945 et ont endiguĂ© les SoviĂ©tiques Ă  l’Est du rideau de fer. Washington a soutenu des rĂ©gimes fascistes en AmĂ©rique latine dans le contexte de la guerre froide. Elle a aussi pris des sanctions contre les dictatures comme Ă  Saint-Domingue. Aux États-Unis, la justice et le droit font avancer la dĂ©mocratie et sont le garant des citoyens contre l’arbitraire du pouvoir. Les libertĂ©s fondamentales sont respectĂ©es, sauf en temps de guerre. La constitution garantit la sĂ©paration des pouvoirs.

Critique humaniste

L'antiamĂ©ricanisme rĂ©sulte parfois d'un humanisme qui s'insurge contre certaines pratiques jugĂ©es barbares, comme l'exĂ©cution sur la chaise Ă©lectrique ou la condamnation Ă  perpĂ©tuitĂ© prononcĂ©e dans certains comtĂ©s de Californie aprĂšs la deuxiĂšme rĂ©cidive d'un menu dĂ©lit. Les États-Unis sont le seul pays Ă  avoir dit non aux rĂ©solutions des droits de l'enfant et un des seuls pays Ă  n'avoir pas ratifiĂ© la Convention relative aux droits de l'enfant.

Human Rights Watch et Amnesty International dans un nouveau rapport publiĂ© conjointement en 2005 affirment qu'au moins 2 225 dĂ©linquants mineurs purgent des peines de prison Ă  vie sans possibilitĂ© de libĂ©ration conditionnelle (“life without parole”, soit “LWOP”) dans des prisons amĂ©ricaines pour des crimes commis avant l’ñge de 18 ans.

Un fort courant abolitionniste europĂ©en[rĂ©f. nĂ©cessaire] conteste le recours mĂȘme Ă  la peine capitale et argue que seuls de rares pays dĂ©veloppĂ©s y ont encore recours (Japon, États-Unis).

La peine de mort n’est pas du ressort du gouvernement fĂ©dĂ©ral mais dĂ©pend des Ă©tats fĂ©dĂ©rĂ©s. Certains de ces Ă©tats l’ont supprimĂ©e ou ne l’appliquent pas. La peine de mort aux États-Unis n’est pas la mĂȘme chose qu’en Chine : appliquĂ©e dans un Ă©tat de droit, les condamnĂ©s ont des garanties de procĂ©dure et sont dĂ©fendus par un avocat. Le sujet n’est pas tabou aux États-Unis et de nombreux films la remettent en question.

Critique Ă©cologiste

D'un point de vue Ă©cologiste, les États-Unis sont accusĂ©s de gaspiller les ressources non renouvelables (notamment le pĂ©trole) et de ne pas chercher Ă  rĂ©duire leurs Ă©missions de substances polluantes (refus de ratifier le Protocole de Kyƍto sur la limitation de l'Ă©mission des gaz Ă  effet de serre) dont ils sont de loin le plus gros producteur. Pourtant, le gouvernement amĂ©ricain est le premier Ă  avoir instituĂ© les parcs nationaux et des efforts sont rĂ©alisĂ©s pour dĂ©velopper les Ă©nergies renouvelables. Le protocole de Kyoto est appliquĂ© dans de nombreuses villes du pays et en Californie[14]. Les nombreuses associations et les lobbies Ă©cologistes font pression sur le gouvernement[15].

Critique du différentialisme

D'un point de vue universaliste[rĂ©f. nĂ©cessaire], les États-Unis sont accusĂ©s de diffĂ©rentialisme, c'est-Ă -dire de considĂ©rer les individus en fonction de leur origine nationale, ethnique et religieuse. Est en cause le systĂšme communautaire.

Le systĂšme de discrimination positive destinĂ© Ă  favoriser les personnes issues de minoritĂ©s ethniques dĂ©favorisĂ©es serait Ă©galement un exemple de diffĂ©rentialisme[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Critique du patriotisme

Dessin humoristique parodiant l'évolution d'un américain et son amour pour les armes dÚs son plus jeune ùge.

Les internationalistes et les pacifistes reprochent Ă©galement le patriotisme des AmĂ©ricains ainsi que leur militarisme[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Font Ă©galement l'objet de critiques la culture des armes et l'important groupe de pression des armes Ă  feu, la National Rifle Association.

Questions de société

Articles dĂ©taillĂ©s : SociĂ©tĂ© amĂ©ricaine et American way of life.

Les critiques

Les dĂ©fauts de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine ne manquent pas : violence par arme Ă  feu, inĂ©galitĂ©s, etc. Les Ă©crivains amĂ©ricains ont depuis longtemps relatĂ© ces problĂšmes sociaux : William Faulkner, Tennessee Williams (dans la FĂȘlure), Sinclair Lewis, Tom Wolfe, John Dos Passos, Ruben Berrios Martinez. À la fin du XIXe siĂšcle les muckrakers (littĂ©ralement « remueurs de boue Â») Ă©taient des journalistes amĂ©ricains qui dĂ©nonçaient les injustices sociales et les scandales. Au XXe siĂšcle, la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine est critiquĂ©e parce qu’elle incarne le modĂšle capitaliste libĂ©ral. Les artistes du Pop Art puis les Ă©cologistes mettent en accusation les gaspillages de la sociĂ©tĂ© de consommation nĂ©e aux États-Unis.

Les réponses

Le fait est que les États-Unis attirent toujours des immigrĂ©s venus de tous horizons, du scientifique français au Mexicain fuyant la misĂšre de son pays. Le solde migratoire est largement positif, et la population amĂ©ricaine grandit grĂące Ă  l’immigration. Cela montre que le pays n’est pas rĂ©pulsif pour tout le monde. Les États-Unis sont le troisiĂšme foyer touristique du monde derriĂšre la France et l’Espagne.

On considĂšre les États-Unis comme une sociĂ©tĂ© violente. Ce jugement est cependant rĂ©Ă©valuĂ© : au vu des derniĂšres statistiques, la violence a tendance Ă  se rĂ©duire depuis les annĂ©es 1980 alors qu’elle augmente en Europe[16]. Contrairement Ă  une idĂ©e reçue, la vente d’armes Ă  feu est strictement encadrĂ©e : Tout acquĂ©reur doit se faire enregistrer, se voir relever ses empreintes digitales et payer pour l'obtention d'une licence[17].

On[rĂ©f. nĂ©cessaire] dĂ©crit Ă©galement la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine comme une sociĂ©tĂ© injuste, sans aucune protection sociale ni solidaritĂ©. Or l’IDH amĂ©ricain est l’un des plus Ă©levĂ©s du monde et l’espĂ©rance de vie est comparable Ă  celle des autres pays industrialisĂ©s. Il existe Ă©galement des programmes sociaux, et le nombre de pauvres n’est que lĂ©gĂšrement supĂ©rieur Ă  celui des autres nations dĂ©veloppĂ©es.

Quant Ă  l’accusation de l’échec du « communautarisme Â» amĂ©ricain, elle est surtout portĂ©e par les Français attachĂ©s au modĂšle rĂ©publicain intĂ©grateur[18]. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, comme en tĂ©moigne les propos du journaliste indien Dinesh D'Sousa :

« Les États-Unis ont rĂ©ussi Ă  intĂ©grer des populations d'origines diverses en favorisant une culture de la rĂ©ussite qui transcende les conflits religieux et ethniques[19] . Â»

Polémique au sujet du concept

Antiaméricanisme et xénophobie

Dans certains cas[rĂ©f. nĂ©cessaire], la cristallisation de l'antiamĂ©ricanisme est vue comme de la xĂ©nophobie. L'« AmĂ©ricain Â» peut alors devenir la somme de toutes les critiques exprimĂ©es au pays, une accumulation de clichĂ©s : un Texan obĂšse ne mangeant que du fast-food, ignorant tout du monde extĂ©rieur et roulant dans un 4×4 polluant. Favorable Ă  la peine de mort, il a pour seules passions les armes Ă  feu et le drapeau Ă©toilĂ©. Il fait des patrouilles dans une milice pour empĂȘcher les Hispaniques d'envahir sa patrie. Il est conservateur, puritain, contre l'avortement et le mariage homosexuel[rĂ©f. nĂ©cessaire].

On[rĂ©f. nĂ©cessaire] accuse entre autres l’émission satirique Les Guignols de l'info de ce type de caricature (par exemple, les militaires amĂ©ricains tous reprĂ©sentĂ©s par la mĂȘme marionnette de Sylvester Stallone, n'ayant que violence et patriotisme en tĂȘte).

Une part de la xĂ©nophobie envers les AmĂ©ricains pourrait ĂȘtre liĂ©e Ă  l'antisĂ©mitisme de l’extrĂȘme-droite[20], la thĂ©orie du complot dĂ©crivant les États-Unis comme un pays gouvernĂ© par les Juifs. Ce mouvement xĂ©nophobe aurait connu un nouvel essor avec le soutien accordĂ© Ă  IsraĂ«l. Pierre-AndrĂ© Taguieff Ă©crit ainsi que « la judĂ©ophobie va dĂ©sormais de pair avec une xĂ©nophobie antiamĂ©ricaine Â»[21].

Denis Jeambar reprend cette idĂ©e que l’antiamĂ©ricanisme est une forme de xĂ©nophobie en Ă©voquant l’affaire du journaliste Daniel Pearl, Ă©gorgĂ© par des islamistes au Pakistan : « Daniel Pearl Ă©tait amĂ©ricain, mais c'Ă©tait d'abord un journaliste et, Ă  ce titre, un dĂ©fenseur de ces valeurs universelles que sont les libertĂ©s de penser et de publier
 L'indignation française et europĂ©enne, si prompte Ă  se manifester pour dĂ©noncer le traitement des prisonniers taliban de Guantanamo, aurait donc dĂ» retentir haut et fort. HĂ©las ! Nous n'avons rien entendu, ou si peu[22]. Â»

Roger Garaudy, auteur d'un pamphlet Qu'est-ce que l'anti-amĂ©ricanisme ? (et nĂ©gationniste condamnĂ© par la justice française) donne cette dĂ©finition de l'antiamĂ©ricanisme: « L'anti-amĂ©ricanisme n'est ni une forme de nationalisme ni de racisme ni d'aucune forme du refus de l'autre, d'un autre homme ou d'un autre peuple. Il est la lutte contre un systĂšme, contre une conception de l'homme et d'un mode de vie. Historiquement il est nĂ© dans un continent qui tente de l'imposer au monde par la puissance des oligarques politiques, financiers et militaires aujourd'hui Ă  la tĂȘte des États-Unis. Ils ne peuvent d'ailleurs le faire qu'avec la complicitĂ© et la servilitĂ© des dirigeants d'un grand nombre de pays.

Pour ĂȘtre plus clair encore – pour ceux surtout qui voudraient confondre antiamĂ©ricanisme et xĂ©nophobie – pour enlever au mot amĂ©ricain, qui dĂ©signe un mode de vie et une conception du monde, toute attache gĂ©ographique ou ethnique avec ceux qui sont nĂ©s ou ont Ă©migrĂ© en AmĂ©rique depuis 1620, avec le " Mayflower ", et qui y ont crĂ©Ă© ce systĂšme Ă  la fois colonial et racial (selon ses origines), dominateur et mercantile (selon son histoire), j'appelle "amĂ©ricain " tous ceux, dans le monde, qui veulent imposer au peuple ce "modĂšle ". Sa caractĂ©ristique principale est que la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre est soumise aux exigences de l'Ă©conomie et du marchĂ© et non l'Ă©conomie et le marchĂ© au service de la sociĂ©tĂ©. Â»

L’antiamĂ©ricanisme : une critique facile

Les critiques des États-Unis refusent gĂ©nĂ©ralement[rĂ©f. nĂ©cessaire] d'ĂȘtre dĂ©crits comme antiamĂ©ricains et arguent que le concept est le plus souvent employĂ© de maniĂšre pĂ©jorative Ă  leur encontre. Il est vrai que les dĂ©tracteurs de l'antiamĂ©ricanisme le qualifient souvent de « primaire Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire], formant ainsi l'expression « antiamĂ©ricanisme primaire Â». Cette formule, assez souvent utilisĂ©e par les journalistes, discrĂ©diterait toutes les analyses critiques de la sociĂ©tĂ© et des valeurs amĂ©ricaines, mĂȘme celles qui sont les plus recevables. Face Ă  ce constat, Noam Chomsky Ă©crit : « Le concept d'antiamĂ©ricanisme est intĂ©ressant. Son Ă©quivalent n'est utilisĂ© que dans les États totalitaires et les dictatures militaires
 Ainsi, dans l'Union soviĂ©tique, les dissidents Ă©taient condamnĂ©s pour anti-soviĂ©tisme. C'est un usage naturel parmi les personnes avec des instincts totalitaristes bien implantĂ©s qui identifient la politique de l'État avec la sociĂ©tĂ©, la population, la culture. A contrario, les personnes ayant tant soit peu d'esprit dĂ©mocratique traitent ces notions ridicules avec dĂ©dain. À supposer qu'une personne en Italie qui critique la politique italienne soit condamnĂ©e comme "anti-italienne", l'Ă©vĂ©nement serait considĂ©rĂ© comme trop ridicule mĂȘme pour que l'on puisse en rire. Â»

Tout le problĂšme de ce concept repose sur le prĂ©fixe anti-, qui n'est pas, d'un point de vue linguistique, compatible avec la modĂ©ration. L'antiamĂ©ricanisme est donc forcĂ©ment total. Comme l'anti-soviĂ©tisme qui avait court au temps de l'Union soviĂ©tique, l'antiamĂ©ricanisme est forcĂ©ment primaire, mĂȘme si cet adjectif concerne en premier lieu celui qui l'utilise afin de ne pas avoir Ă  dĂ©battre avec lui.

Jean-François Revel tente de dĂ©montrer que l’antiamĂ©ricanisme est une rĂ©alitĂ© en prenant plusieurs exemples : quelques jours aprĂšs les attentats du 11 septembre 2001, la presse française sous-entendait que les AmĂ©ricains dans leur ensemble Ă©taient responsables de la tragĂ©die. Outre cette tentative d’amalgamation, l’écrivain rappelle que l’antiamĂ©ricanisme consiste Ă  reprocher aux États-Unis tout et son contraire. Washington est tour Ă  tour taxĂ© d’isolationnisme et d’impĂ©rialisme lorsqu’il s’agit des relations internationales : il donne pour cela l’exemple de l’intervention amĂ©ricaine dans les Balkans au cours des annĂ©es 1990 : « Il faut, pour faire cesser ou diminuer les massacres, que les États-Unis se chargent de l’opĂ©ration, successivement en Bosnie, au Kosovo et en MacĂ©doine. Les EuropĂ©ens les remercient ensuite en les traitant d’impĂ©rialistes, tout en tremblant de frousse et en les qualifiant de lĂąches isolationnistes dĂšs qu’ils parlent de retirer leurs troupes[23]. Â»

D'autres exemples apparaissent rĂ©guliĂšrement dans la presse française et internationale. Ainsi, aprĂšs la victoire des dĂ©mocrates au CongrĂšs en novembre 2006, Courrier international indiquait : « AprĂšs avoir voulu diriger le monde, les États-Unis pourraient ĂȘtre tentĂ©s de se replier sur eux-mĂȘmes. Une bien mauvaise idĂ©e. [
] Il serait imprudent de penser que la planĂšte sera rendue plus sĂ»re par une AmĂ©rique paralysĂ©e qui se dĂ©sengage. Ce serait certes une bonne chose que l’AmĂ©rique soit moins adepte de l’unilatĂ©ralisme, mais sĂ»rement pas qu’elle devienne isolationniste[24]. Â»

Aussi, pour Revel, l’antiamĂ©ricanisme devient « primaire Â»[25], irrationnel, lorsque la contestation est illogique et surtout dĂ©nuĂ© de fondements. La mauvaise connaissance du pays, de sa culture et de son histoire serait la cause de l’hostilitĂ© Ă  l’égard des États-Unis[26]. Si l’antiamĂ©ricanisme est une critique du systĂšme capitaliste libĂ©ral, et non une attaque contre les AmĂ©ricains, alors pourquoi les États-Unis sont toujours citĂ©s en exemple, ou plutĂŽt en repoussoir, comme la rĂ©fĂ©rence obligĂ©e du discours journalistique et politique, alors qu’il existe d’autres pays qui pratiquent ce modĂšle Ă©conomique ? D’aprĂšs Jean-François Revel, Ă  force d’attaquer constamment et en toute mauvaise foi les AmĂ©ricains, ils finissent par ne plus Ă©couter les critiques fondĂ©es qui leur sont adressĂ©es[27].

Le sentiment antiaméricain selon les pays

Amériques

Canada

L'antiaméricanisme canadien se développa initialement pendant la guerre d'indépendance américaine. Les Canadiens francophones craignirent que les treize colonies à majorité protestante ne reconnaissent pas la culture française et la religion catholique, et les groupes indigÚnes s'inquiétÚrent de la perte de la protection accordée par les traités signés avec le Royaume-Uni. Lorsque les colonies rebelles tentÚrent d'envahir le Québec et de libérer leurs voisins de force, nombre de Canadiens commencÚrent à considérer les Américains comme une nation arrogante, violente et dangereuse. Ces sentiments furent amplifiés par la migration subite de milliers de loyalistes hors des treize colonies.

Pendant la guerre de 1812, les craintes canadiennes se sont soudain avĂ©rĂ©es lorsqu'une force amĂ©ricaine envahit le Canada. Il y eut de nombreux morts et aujourd'hui encore, les Canadiens ont le sentiment que les AmĂ©ricains ont perdu la guerre, bien qu'ils soient trop fiers pour admettre avoir perdu contre le Canada – MĂȘme si le Canada n'existait pas en tant que tel et que les AmĂ©ricains ont en rĂ©alitĂ© combattu les Britanniques.

La menace amĂ©ricaine fut l'une des raisons de la confĂ©dĂ©ration canadienne en 1867. AprĂšs de nombreuses attaques contre le Canada dirigĂ©es par la Fenian Brotherhood stationnĂ©e aux États-Unis et l'expansion de ces derniers vers l'ouest, les Canadiens et les Britanniques sentirent une menace planer sur leurs terres. Elle n'Ă©tait pas infondĂ©e, puisque le gouvernement amĂ©ricain poursuivait le programme Manifest Destiny et cherchait Ă  rĂ©pandre leurs valeurs dĂ©mocratiques chez leurs voisins septentrionaux.

Un sentiment de compagnonnage avec les États-Unis se dĂ©veloppa durant les deux guerres mondiales et rapprocha les deux pays sur les plans politique et Ă©conomique. Ils font aujourd'hui partie d'institutions communes comme l'OTAN et l'ALENA.

Les Canadiens plaisantent Ă  l'envi au sujet de l'ignorance supposĂ©e des AmĂ©ricains aux cultures Ă©trangĂšres, notamment canadienne. Un thĂšme revenant souvent est l'idĂ©e des AmĂ©ricains rĂ©actionnaires au sujet de l'État-providence, du fĂ©minisme, de l'avortement, de la peine capitale, des relations avec Cuba, de l'Ă©cologie, de l'homosexualitĂ©, de la lutte contre les drogues, de l'immigration, de la dĂ©fense, etc.

L'antiamĂ©ricanisme canadien est dĂ©sormais calquĂ© sur la gĂ©opolitique du pays. En effet, les sondeurs tendent Ă  distinguer l'antiamĂ©ricanisme quĂ©bĂ©cois de l'antiamĂ©ricanisme anglophone. Non que leur portĂ©e soit diffĂ©rente, mais leurs expressions et manifestations divergent bien souvent, imposant aux politiciens du pays de jongler avec ces deux perspectives. Ainsi, durant la campagne Ă©lectorale de dĂ©cembre 2005, le premier ministre, Paul Martin, a cherchĂ© Ă  s'appuyer sur l'antiamĂ©ricanisme canadien — et notamment quĂ©bĂ©cois — en tenant des propos antiamĂ©ricains. Ce qui a conduit l'ambassadeur amĂ©ricain Ă  Ottawa — fait rare mais pas inusitĂ© —à intervenir en pleine campagne Ă©lectorale pour adresser des remontrances au gouvernement canadien.

États-Unis

Une partie de la population amĂ©ricaine partage certaines des vues des antiamĂ©ricains. Les conservateurs accusent rĂ©guliĂšrement les liberals (partisans de la gauche) d'avoir des points de vue antiamĂ©ricains. Les libĂ©raux, quant Ă  eux, sont convaincus que les conservateurs mĂšnent Ă  la destruction du pays. Ces accusations exagĂ©rĂ©es s'inscrivent dans les culture wars amĂ©ricaines qui divisent la population entre deux visions extrĂȘmes et diamĂ©tralement opposĂ©es de la nation qui sont toutes deux convaincues d'ĂȘtres les "vrais amĂ©ricains", chacun accusant l'autre de trahir l'idĂ©al amĂ©ricain.

Amérique latine

BanniÚre anti-USA lors d'une manifestation au Brésil.
« C'est pour les Latino-AmĂ©ricains un scandale insupportable qu'une poignĂ©e d'Anglo-Saxons, arrivĂ©s dans l'hĂ©misphĂšre beaucoup plus tard que les Espagnols [...] soient devenus la premiĂšre puissance du monde. Il faudrait une impensable auto-analyse collective pour que les Latino-AmĂ©ricains puissent regarder en face les causes de ce contraste. C'est pourquoi, tout en sachant que c'est faux, chaque dirigeant politique, chaque intellectuel latino-amĂ©ricain est obligĂ© de dire que tous nos maux trouvent leur explication dans l'impĂ©rialisme nord-amĂ©ricain[28] Â»

Le prĂ©sident du VĂ©nĂ©zuela Hugo ChĂĄvez affiche rĂ©guliĂšrement son antiamĂ©ricanisme dans ses discours publics. le 11 aoĂ»t 2008, il dĂ©clara au cours d'un meeting politique : "Allez en enfer, yankees de merde. Nous sommes un peuple digne, allez en enfer cent fois"[29].

Europe

Allemagne

L'ancienne Allemagne de l'Ouest se caractĂ©risait par son amĂ©ricanophilie en raison du soutien amĂ©ricain aprĂšs la Seconde Guerre mondiale : le plan Marshall et la rĂ©action amĂ©ricaine au blocus de Berlin sont l'une des raisons du miracle Ă©conomique des annĂ©es 1950. En revanche, l'antiamĂ©ricanisme fut cultivĂ© en RĂ©publique dĂ©mocratique allemande par le rĂ©gime communiste. Aujourd'hui, il continue d'y ĂȘtre exploitĂ© avec succĂšs dans les LĂ€nder de l'Est par les partis d'extrĂȘme droite NPD et DVU (par exemple en assimilant le bombardement de Dresde Ă  un holocauste), par la mouvance nĂ©o-nazie et par les communistes du PDS. La politique, qualifiĂ©e d'« unilatĂ©rale Â», du prĂ©sident George Walker Bush, notamment en termes d'interventions militaires et d'Ă©cologie, a contribuĂ© Ă  l'Ă©mergence d'un sentiment antiamĂ©ricain y compris dans les partis politiques de gouvernement.

Belgique

Du fait que la Belgique abrite les plus hautes instances de l'OTAN, dont les États-Unis occupent un siĂšge prĂ©dominant pour des raisons historiques, sa politique Ă©trangĂšre a toujours Ă©tĂ© mesurĂ©e, Ă  l'image de ses conflits fĂ©dĂ©raux intĂ©rieurs, cherchant les compromis plutĂŽt que la guerre ouverte.

Il existe cependant quelques mouvements rĂ©clamant notamment le retrait des troupes amĂ©ricaines de son territoire (le SHAPE, installĂ© Ă  Casteau) ainsi que le retrait des tĂȘtes nuclĂ©aires installĂ©es dans plusieurs bases aĂ©riennes. Le gouvernement a parfois relayĂ© la question des missiles nuclĂ©aires, mais l'Ă©cho fit long feu ; certains ministres s'expriment contre la politique Ă©trangĂšre du prĂ©sident George W. Bush, suite Ă  la guerre du Golfe notamment.

Espagne

L'antiamĂ©ricanisme espagnol dĂ©buta avec la guerre perdue en 1898 contre les États-Unis, qui signifia la fin des colonies espagnoles du Nouveau Monde.

Du cĂŽtĂ© de l'Axe au dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale et adversaire des Juifs et des francs-maçons, le GĂ©nĂ©ral Franco adopta une attitude plus neutre puis favorable aux États-Unis en raison de la dĂ©faite de l'Axe et de son opposition au communisme. Le pays, ruinĂ© par la guerre civile, ne reçut cependant pas l'aide du plan Marshall, dĂ©ception portĂ©e Ă  l'Ă©cran dans la comĂ©die Bienvenido MĂ­ster Marshall, qui reste un des classiques de l'antiamĂ©ricanisme espagnol.

L'opposition rĂ©publicaine des annĂ©es 1960 et 1970, de gauche, voyait dans les États-Unis le soutien de Franco. Le soutien aux guĂ©rillas sud-amĂ©ricaines d'inspiration marxiste (donc combattues par les États-Unis) renforça le sentiment antiamĂ©ricain.

MalgrĂ© un sentiment antiamĂ©ricain dans la population, l'Espagne a rejoint l'OTAN et participa, sous le gouvernement de JosĂ© MarĂ­a Aznar et contre l'avis d'une majoritĂ© Ă©crasante de la population, Ă  la guerre en Irak aux cĂŽtĂ©s des États-Unis. En 2004, la population Ă©lisait le candidat socialiste JosĂ© Luis RodrĂ­guez Zapatero, qui promettait un dĂ©sengagement immĂ©diat des troupes espagnoles d'Irak, ce qu'il fit.

France

L'antiamĂ©ricanisme est un phĂ©nomĂšne minoritaire en France : en effet seuls 15 % des Français Ă©prouvent de l'antipathie Ă  l'Ă©gard des États-Unis en mai 2007[30]. Les autres se partagent entre sympathie (30 %) et indiffĂ©rence (55 %).

L'antiamĂ©ricanisme est trĂšs prĂ©sent parmi les altermondialistes et frontistes français : le 9 mai 1994 des militants du Groupe union dĂ©fense, une organisation d'extrĂȘme droite, avaient organisĂ© une manifestation contre l'impĂ©rialisme amĂ©ricain, rassemblement qui avait pourtant Ă©tĂ© interdit par le prĂ©fet de police[31].

« [...] l'AmĂ©rique essaie d'imposer son ordre moral, Ă©conomique et militaire. Elle rĂšgne sur le FMI, tient en dĂ©pendance les pays les plus pauvres, favorise la corruption en Russie. Elle dicte sa loi Ă  l'ONU, soutient les Talibans d'Afghanistan et veut faire de l'Otan le maĂźtre militaire du monde [
] elle tente de coloniser nos assiettes avec son bƓuf aux hormones et les OGM de Monsanto. Elle rachĂšte nos entreprises avec ses fonds de pension, exigeant de faire fondre la « mauvaise graisse Â» des salariĂ©s. Elle se dote d'une milice planĂ©taire, l'OMC, Ă  laquelle elle donne mission de rĂ©genter le commerce mondial, culture et santĂ© comprises [
]. L'AmĂ©rique, c'est le record d'obĂšses, le record absolu d'armes dĂ©tenues par des personnes privĂ©es [
], la peine de mort appliquĂ©e aux mineurs[32], le poids du puritanisme et des sectes, la dĂ©pendance des politiques vis-Ă -vis des lobbies et de la mafia, de plus en plus de pauvres
 Â» NoĂ«l MamĂšre et Olivier Warin, QuatriĂšme de couverture de Non merci, Oncle Sam !, Ramsay, 1999.

GrĂšce

Le courant antiaméricain considÚre en GrÚce que c'est à l'Amérique qu'elle doit la dictature des Colonels et que c'est sous son ordre qu'ils n'ont pas assumé le traité de défense conclu avec Chypre.

AndrĂ©as PapandrĂ©ou ancien premier ministre Grec mais aussi ancien citoyen amĂ©ricain et ancien membre d'un de ses gouvernements[rĂ©f. nĂ©cessaire] (voir John Fitzgerald Kennedy) Ă©crit dans l'entĂȘte de son testament politique DĂ©mocratie au peloton d'exĂ©cution : "Mon pays est sous occupation et cette occupation est amĂ©ricaine".

L’opinion grecque est celle de tous les pays oĂč les États-Unis ont manisfestĂ© leur pouvoir sans voile et il s'agit d'un pouvoir total et absolu. AprĂšs la chute des Colonels, Constantin Caramanlis doit en grande partie sa victoire, non Ă  l'opinion des gens mais Ă  la crainte d'une nouvelle dictature provoquĂ©e par les États-Unis. MĂ­kis TheodorĂĄkis membre du parti communiste l'exprima ainsi: "OĂč on vote Ă  droite oĂč c'est les tanks".

Suisse

L'affaire des comptes en dĂ©shĂ©rence – comptes bancaires appartenant pour bon nombre Ă  des Juifs disparus pendant la Seconde Guerre mondiale – a gĂ©nĂ©rĂ© un certain sentiment antiamĂ©ricain dans ce pays[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Bien que l'attitude des banques pendant la guerre ait Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e de maniĂšre argumentĂ©e, le peuple suisse a Ă©tĂ© heurtĂ© par les accusations de collaboration avec le rĂ©gime nazi, jugeant l'État amĂ©ricain et ses tribunaux comme interventionniste dans les affaires d'un pays Ă©tranger. Actuellement, la Suisse est l'un des pays europĂ©ens qui expriment la plus forte opposition Ă  George W. Bush dans les enquĂȘtes d'opinion publique, ceci avant tout en raison du soutien amĂ©ricain inconditionel Ă  IsraĂ«l et des guerres en Irak et en Afghanistan.

Asie

Japon

Suite aux explosions nuclĂ©aires des bombes de Hiroshima et de Nagasaki, certains Japonais[Qui ?] gardent un ressentiment envers les États-Unis[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Cependant le Japon a connu aprĂšs la Seconde Guerre mondiale un redressement fortement aidĂ© par les États-Unis. Il est aujourd'hui le principal alliĂ© des États-Unis dans le Pacifique avec l'Australie et, comme elle, se trouve fortement dĂ©pendant de la protection amĂ©ricaine.

Ces facteurs contradictoires (non-violence et opposition aux armes nuclĂ©aires, opposĂ©es Ă  l'intĂ©rĂȘt stratĂ©gique national) expliquent Ă  la fois l'appui apportĂ© par le gouvernement japonais aux États-Unis lors de l'invasion de l'Irak en 2003 et la rĂ©ticence populaire Ă  cet appui.

Moyen-Orient

Peinture murale sur l'ancienne ambassade américaine à Téhéran.

En gĂ©nĂ©ral, le Moyen-Orient est sujet Ă  de forts sentiments d'antiamĂ©ricanisme[rĂ©f. nĂ©cessaire]. À trĂšs forte majoritĂ© musulman, l'une des raisons principales est due au soutien des États-Unis envers IsraĂ«l, État juif. Les interventions militaires amĂ©ricaines ont augmentĂ© l'apprĂ©hension des autochtones[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Voir aussi

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Bibliographie

  • Gian Paolo Ceserani, Umberto Eco, Beniamino Placido : Le modĂšle AmĂ©rique (1985), ISBN 88-420-2462-7
  • Mario Roy, Pour en finir avec l'antiamĂ©ricanisme, Éditions du BorĂ©al, QuĂ©bec, 1993
  • HĂ©lĂšne Harter, L'AmĂ©rique, Paris, Le Cavalier Bleu, collection idĂ©es reçues, 2001, ISBN 2-84670-025-7
  • AndrĂ© Glucksmann, Le Discours de la haine, Plon
  • Dan Diner : Images hostiles de l'AmĂ©rique : la persistance d'un ressentiment (2002), ISBN 3-549-07174-4
  • Philippe Roger, L'Ennemi amĂ©ricain : GĂ©nĂ©alogie de l'antiamĂ©ricanisme français (2002), ISBN 2-02-040643-8
  • Charles-Philippe David, (dir.), Nous antiamĂ©ricains? Les États-Unis et le monde, Cahiers Raoul-Dandurand, 2002, (sur l'antiamĂ©ricanisme au Canada) http://www.dandurand.uqam.ca/download/pdf/articles/Antiamericains_2003.pdf
  • Jean-François Revel, L'obsession anti-amĂ©ricaine : son fonctionnement, ses causes, ses inconsĂ©quences (2003), ISBN 2-266-13340-3
  • Jean-François Revel, Ni Marx, ni JĂ©sus, 1970
  • Pierre Rigoulot, L'antiamĂ©ricanisme (2004), ISBN 2-221-09736-X
  • Justin VaĂŻsse, Le sens de l'empire (http://www.vaisse.net/BiblioJustin/Livres/BiblioJustin-Les_sens_de_l_empire-2004.htm)
  • Ian Buruma, Avishai Margalit Occidentalisme: l'ouest dans les yeux de ses ennemis (2004), ISBN 1-84354-287-0
  • Paul Hollander, Comprendre l'anti-amĂ©ricanisme : son origine et ses consĂ©quences aux USA et Ă  l'Ă©tranger (2004), ISBN 1-56663-564-0
  • Jean-Marie Colombani, Walter Wells, France-États-Unis, dĂ©liaisons dangereuses, Paris, Jacob-Duvernet (2004), ISBN 2-84724-066-7
  • Pierre Guerlain, « America, America: la haine, vraiment ? L'antiamĂ©ricanisme et les impasses de l'anti-antiamĂ©ricanisme Â», dans Revue française d'Ă©tudes amĂ©ricaines, no 99, fĂ©vrier 2004, page 103
  • Erik Svane, La BanniĂšre ÉtalĂ©e (2005), ISBN 0-9774224-1-0
  • Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l'AmĂ©rique ? (2005), ISBN 2-02-079950-2
  • Barbara Lefebvre et Ève Bonnivard, ÉlĂšves sous influence (2005), ISBN 2-84749-064-7
  • Jean-Philippe Immarigeon, American Parano, (2006), ISBN 2-84941-049-7
  • Pierre-Antoine Cousteau, L'AmĂ©rique juive, Les Éditions de France, 1942

Articles connexes

Articles sur l’expansionnisme
des États-Unis d’AmĂ©rique
1997 AEPlat Rev.png
Impérialisme américain
ConquĂȘte de l’Ouest
Expansion outremer
Plans de guerre (avant 1941)
Interventions militaires
Oppositions Ă  la politique Ă©trangĂšre
Politique Ă©trangĂšre | Soft power
Isolationnisme
« DestinĂ©e manifeste Â»
Pax Americana | Hyperpuissance

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ François Furet, La RĂ©volution française, Paris, Hachette, 1963, ISBN.2.01.278950.1
  2. ↑ ActualitĂ©s sur les sectes en avril 2006
  3. ↑ Dara Colwell, AlterNet, dans « Cachez ce nu que je ne saurais voir Â», dans Courrier international du 31-08-2007, [lire en ligne]
  4. ↑ Adrien Lerm, La culture amĂ©ricaine, Paris, Le Cavalier Bleu, 2002, ISBN 2-84670-047-8, page 87
  5. ↑ Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’AmĂ©rique ? , Paris, Ă©ditions du Seuil, 2005, ISBN 2-02-079950-2, p.168
  6. ↑ Chiffre 2002 citĂ© dans Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’AmĂ©rique ? , Paris, Ă©ditions du Seuil, 2005, ISBN 2-02-079950-2, p.169
  7. ↑ Selon l'institut Guttmacher, un organisme amĂ©ricain spĂ©cialisĂ©, citĂ© par Le Monde du 1er novembre 2005
  8. ↑ J.-F. Revel, l’Obsession anti-amĂ©ricaine, 2002, p. 128
  9. ↑ J.-F. Revel, l’Obsession anti-amĂ©ricaine, 2002, p. 40
  10. ↑ Sylvain Allemand, Jean-Claude Ruano-Borbalan, La Mondialisation, Paris, Le Cavalier Bleu, Collection « IdĂ©es reçues Â», 2005, ISBN 2-84670-107-5, page 73
  11. ↑ François Revel, Le Style du GĂ©nĂ©ral, Paris, Complexe, 1988
  12. ↑ Adrien Lherm, La culture amĂ©ricaine, Paris, Le Cavalier Bleu, 2002, ISBN 2-84670-047-8, page 20
  13. ↑ Exemples : Prison Break dĂ©nonce les erreurs judiciaires, Platoon la guerre du Viet Nam, le Nixon pour le scandale du Watergate, Super Size Mepour une critique des fast-food, Bowling for Columbine sur les armes Ă  feu, etc.
  14. ↑ Voir l'article Politique environnementale des États-Unis d'AmĂ©rique ; lire aussi : Claudine Mulard, « La Californie, chantre entĂȘtĂ© de l'air pur Â» dans Le Monde du 23/09/2006, [lire en ligne] ; Marion FestraĂ«ts, Christophe CarriĂšre, « L'AmĂ©rique vire au vert Â», dans L'Express, 10/10/2006 ; « La Californie s'engage Ă  rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre Â», dĂ©pĂȘche AFP dans Le Monde, 31/08/2006, [lire en ligne] ; Guillaume Serina, « La rĂ©volte des maires amĂ©ricains Â», dans Le Monde du 12/10/2006, [lire en ligne]
  15. ↑ Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’AmĂ©rique ? , Paris, Ă©ditions du Seuil, 2005, ISBN 2-02-079950-2, p.63
  16. ↑ Alain Bauer, Emile PĂ©rez, L’AmĂ©rique, la violence, le crime, les rĂ©alitĂ©s et les mythes, Paris, PUF, 2000
  17. ↑ J.-F. Revel, l’Obsession anti-amĂ©ricaine, 2002, p. 158
  18. ↑ Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’AmĂ©rique ? , Paris, Ă©ditions du Seuil, 2005, ISBN 2-02-079950-2, p.113
  19. ↑ (fr) Dinesh D'Sousa, « IntĂ©gration : la grande leçon amĂ©ricaine pour l'Europe Â», dans Financial Times, repris par Courrier international, n°606, 13 juin 2002, [lire en ligne]
  20. ↑ Pierre-Antoine Cousteau, L'AmĂ©rique juive, Les Éditions de France, 1942.
  21. ↑ http://www.uejf.org/tohubohu/dossier/anti.html. Les États-Unis comptent environ 4 millions de juifs sur une population de 300 millions
  22. ↑ Denis Jeambar, L'Express, 28 fĂ©vrier 2002
  23. ↑ J.-F. Revel, l’Obsession anti-amĂ©ricaine, 2002, p. 43 ; l'argument est repris par Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’AmĂ©rique ? , Paris, Ă©ditions du Seuil, 2005, ISBN 2-02-079950-2, p.216
  24. ↑ Andrew Rawnsley, « Les dangers de la tentation isolationniste Â», dans Courrier international n°837 du 16/11/2006, [lire en ligne]
  25. ↑ Le mot « primaire Â» signifie « simpliste et bornĂ© Â»
  26. ↑ On retrouve cette idĂ©e dans AndrĂ© Kaspi, Les États-Unis d’aujourd’hui – mal connus, mal aimĂ©s, mal compris (2004)
  27. ↑ J.-F. Revel, l’Obsession anti-amĂ©ricaine, 2002, p. 291
  28. ↑ Carlos Rangel, traduction de Françoise Rosset, Du bon sauvage au bon rĂ©volutionnaire, Paris, Robert Laffont, 1976
  29. ↑ "Hugo Chávez expulse l'ambassadeur des Etats-Unis", dans Le Monde du 12-08-2008, [lire en ligne]
  30. ↑ « France - États-Unis : regards croisĂ©s Â», sondage de l'institut CSA pour la French-American Foundation France et le SĂ©nat, mais 2007, [lire en ligne]
  31. ↑ BĂ©atrice JĂ©rĂŽme, « Le prĂ©fet de police de Paris interdit un dĂ©filĂ© annuel de l'extrĂȘme droite radicale Â», dans Le Monde, du 09-05-2008, [lire en ligne], mis en ligne le 08-05-2008
  32. ↑ Depuis 2005, la peine de mort pour les mineurs a Ă©tĂ© supprimĂ©e aux États-Unis : dans son arrĂȘt sur l'affaire Roper contre Simmons, rendu le 1er mars 2005, la Cour suprĂȘme a aboli la peine de mort pour les criminels de moins de 18 ans au moment des faits avec 5 voix contre 4. La cour a jugĂ© que la peine de mort pour les mineurs Ă©tait inconstitutionnelle en violant le 8e amendement de la Constitution des États-Unis qui interdit les chĂątiments cruels ou disproportionnĂ©s.
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