Marie-Antoinette D'Autriche

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Marie-Antoinette D'Autriche

Marie-Antoinette d'Autriche

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Marie-Antoinette, par Mme Vigée-Lebrun en 1783.
Signature de Marie-Antoinette

Maria Antonia Josepha Johanna de Habsbourg-Lorraine, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d'Autriche ou Marie-Antoinette de France (Vienne, 2 novembre 1755 – morte guillotinĂ©e Ă  Paris, le 16 octobre 1793), Ă©tait archiduchesse d’Autriche, princesse impĂ©riale, princesse royale de Hongrie et de BohĂȘme, dauphine de France, reine de France et de Navarre (1774–1793), Ă©pouse de Louis XVI de Bourbon, roi de France. Elle Ă©tait la sƓur de Joseph II d’Autriche et de LĂ©opold II d’Autriche. Elle fut surnommĂ©e l'Autrichienne dĂšs son arrivĂ©e en France et, plus tard, Madame DĂ©ficit.

Sommaire

Biographie

La jeunesse

À Vienne

Marie Antoinette en 1762

Marie-Antoinette est le quinziĂšme et avant-dernier enfant de l’empereur François Ier de Lorraine et de l’impĂ©ratrice d’Autriche Marie-ThĂ©rĂšse, au milieu de leurs cinq fils (Joseph l’hĂ©ritier du trĂŽne, LĂ©opold, Charles, Ferdinand et Maximilien) et de leurs huit filles (Marie-Anne, Marie-Christine, Marie-Elisabeth, Marie-AmĂ©lie, Marie-Jeanne, Jeanne-Gabrielle, Marie-JosĂšphe, Marie-Caroline).

Elle naĂźt le 2 novembre 1755, au palais de la Hofburg, Ă  Vienne, au lendemain du tremblement de terre de Lisbonne dont le pays est gouvernĂ© par son parrain et sa marraine. Elle est baptisĂ©e sous les prĂ©noms Maria Antonia Josepha Johanna. Elle est aussitĂŽt confiĂ©e aux « ayas Â», les gouvernantes de la famille royale (Mme de Brandeiss, puis la sĂ©vĂšre Mme de Lerchenfeld) et partage son enfance entre le palais de la Hofburg Ă  Vienne et le chĂąteau de Schönbrunn. Marie-Antoinette reçoit une Ă©ducation oĂč le maintien, la danse, la musique et le paraĂźtre occupent l’essentiel de son temps et ne bĂ©nĂ©ficie d’aucune instruction politique. À 10 ans, elle a du mal Ă  lire ainsi qu’à Ă©crire en allemand, parle peu et difficilement le français auquel elle prĂ©fĂšre l’allemand, et trĂšs peu l’italien – trois langues qui Ă©taient alors parlĂ©es couramment dans la famille impĂ©riale. Elle apprend aussi quelques rudiments de latin. À cette Ă©poque, la cour d’Autriche possĂšde une Ă©tiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, les danses y sont moins complexes, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse. La jeune Maria Antonia Josepha est trĂšs proche de sa plus jeune sƓur aĂźnĂ©e, Marie-Caroline, qui deviendra reine de Naples en Ă©pousant Ferdinand Ier des Deux-Siciles. La lĂ©gende veut aussi que la jeune Marie-Antoinette ait rencontrĂ© l’enfant prodige Mozart Ă  cette cour, et qu’il l’aurait demandĂ©e en mariage.

Sa mĂšre Marie-ThĂ©rĂšse, comme tous les souverains de l’époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique qui est de rĂ©concilier les Habsbourg et les Bourbons pour faire face aux ambitions de la Prusse et de l' Angleterre. Ainsi, parmi les sƓurs aĂźnĂ©es de Marie-Antoinette, si Marie-Christine, l’enfant prĂ©fĂ©rĂ©e de l’impĂ©ratrice (1742-1798), Ă©pouse par amour en 1766 Albert de Saxe, crĂ©Ă© duc de Teschen (1738-1822), et sera nommĂ©e avec lui rĂ©gente des Pays Bas, Marie-AmĂ©lie (1746-1804) Ă©pouse Ferdinand Ier, duc de Parme (1751-1802) et Marie-Caroline (1752-1814) Ă©pouse en 1768 Ferdinand Ier, le roi de Naples et des Deux-Siciles (1751-1825).

Le mariage entre le dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette doit ĂȘtre l’apothĂ©ose de cette politique.

Marie-Antoinette quitte Vienne en avril 1770, Ă  l’ñge de quatorze ans. Selon l’usage, au moment de quitter le Saint Empire tous ses biens venant de son pays d’origine, mĂȘme ses vĂȘtements, lui seront retirĂ©s dans un bĂątiment construit tout exprĂšs sur l'Île aux Épis, au milieu du Rhin, en face de la ville de Kehl. Les deux entrĂ©es de ce bĂątiment Ă©taient disposĂ©es de telle maniĂšre qu’elle y entre du cĂŽtĂ© autrichien et en ressorte en France.

Marie-Antoinette ira ensuite attendre la cérémonie de son mariage au Chùteau de la Muette, dont le dauphin, avait pris possession en 1764.[1]

Dauphine

Marie Antoinette en 1769-70

Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement Ă  ses droits sur les couronnes dĂ©pendant de la maison d’Autriche et, le 16 mai 1770, Ă©pouse le dauphin Ă  Versailles. Le jour mĂȘme des noces, un scandale d’étiquette a lieu : les princesses de Lorraine, arguant de leur parentĂ© avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse, qui murmure dĂ©jĂ  contre « l’Autrichienne Â». Le soir du 30 mai 1770, oĂč l'on fĂȘte place Louis XV, Ă  Paris, le mariage princier, une bousculade mortelle a lieu, conduisant Ă  plusieurs centaines de morts (131 selon les chiffres officiels, mais en rĂ©alitĂ© davantage).

La jeune fille, au physique agrĂ©able quoique pas complĂštement dĂ©veloppĂ©, est assez petite et ne possĂšde pas encore la « gorge Â» si apprĂ©ciĂ©e en France. La jeune dauphine a nĂ©anmoins beaucoup de grĂące et une lĂ©gĂšretĂ© presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Archiduchesse d’Autriche, arriĂšre-petite niĂšce de Louis XIV, par sa grand-mĂšre paternelle Élisabeth Charlotte d'OrlĂ©ans duchesse de Lorraine et de Bar, objet vivant du "renversement des alliances" du roi Louis XV, elle attire dĂšs son arrivĂ©e l’inimitiĂ© d’une partie de la cour. De plus, la jeune dauphine a du mal Ă  s’habituer Ă  sa nouvelle vie, son esprit se plie mal Ă  la complexitĂ© et Ă  la rouerie de la « vieille cour Â», au libertinage du roi Louis XV et de sa maĂźtresse la comtesse du Barry. Son mari l’aime mais l’évite, partant trĂšs tĂŽt chasser, elle peine Ă  s’habituer au cĂ©rĂ©monial français, au manque d’intimitĂ© et subit pĂ©niblement « l’étiquette Â», rigide mode d’emploi de la cour.

Elle est manipulĂ©e par Mesdames Tantes, les filles du roi Louis XV, qui lui enseignent l’aversion pour la comtesse du Barry, ce qui agace Louis XV. Par ailleurs, Marie-Antoinette s’en fera bientĂŽt une ennemie : pendant les premiers temps, elle refuse de lui parler mais, forcĂ©e par Louis XV, finit par adresser la parole Ă  la comtesse. Marie-Antoinette ressortira humiliĂ©e de cet incident. En outre, Vienne tente de la manipuler par le biais de la volumineuse correspondance qu’entretient sa mĂšre avec le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d’Autriche Ă  Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le duc de Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l’Autriche, est tombĂ© en disgrĂące moins d’un an aprĂšs le mariage, victime d’une cabale montĂ©e par Mme du Barry. Cette fameuse correspondance secrĂšte de Mercy-Argenteau est une source d’information formidable sur tous les dĂ©tails de la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage en 1770 jusqu’au dĂ©cĂšs de Marie ThĂ©rĂšse Ire en 1780. Selon l’auteur du livre regroupant cette correspondance : « Ces documents originaux ne se contentent pas de nous introduire dans son intimitĂ©, ils nous rĂ©vĂšlent aussi comment Marie-Antoinette, dĂ©pourvue d’expĂ©rience et dĂ©nuĂ©e de culture politique, fut manipulĂ©e par sa famille autrichienne Ă  laquelle elle demeura toujours attachĂ©e Â».

Reine de France

Marie-Antoinette dans la gazette Galerie des Modes

Louis XV meurt le 10 mai 1774 et Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre Ă  18 ans. Toujours sans hĂ©ritier Ă  offrir Ă  la France et toujours considĂ©rĂ©e comme une Ă©trangĂšre, la reine devient, dĂšs l’étĂ© 1777, la cible de premiĂšres chansons hostiles qui circulent de Paris jusqu’à Versailles. S’entourant d’une petite cour d’amis vite qualifiĂ©s de favoris (la princesse de Lamballe, le duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac), elle suscite les jalousies des autres courtisans. Ses toilettes et les fĂȘtes coĂ»teuses qu’elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment en matiĂšre de mode et du commerce du textile, mais sont, malgrĂ© tout, critiquĂ©es, bien qu’elles soient une « goutte d’eau Â» dans les dĂ©penses gĂ©nĂ©rales du fonctionnement de la cour, des administrations, ou comparĂ©es au niveau de vie de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train.

Pour retrouver Ă  Versailles ce qu’elle a connu Ă  Vienne — une vie plus dĂ©tendue en famille avec ses amis, elle part souvent avec quelques priviliĂ©giĂ©s pour le Petit Trianon (construit par Louis XV sous l'impulsion de sa maĂźtresse, Madame de Pompadour, qui dĂ©cĂšdera avant que celui-ci ne soit terminĂ©, puis que Louis XVI offrit Ă  Marie-Antoinette). Elle fait construire un village modĂšle, le Hameau de la Reine, et y installe des fermiers. Dans son petit thĂ©Ăątre, elle joue notamment Le Barbier de SĂ©ville de Beaumarchais et tient souvent des rĂŽles de servante devant un Louis XVI amusĂ©. Par son dĂ©sir de plaisirs simples et d’amitiĂ©s exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d’ennemis, mĂȘme Ă  la cour de Versailles.

Vie Ă  la cour

Marie-Antoinette en 1787, par Élisabeth VigĂ©e-Le Brun. A l'origine, dans le berceau se trouvait peint Madame Sophie, dernier enfant du couple royal, dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  l'Ăąge de 11 mois. La Reine ne souffrant pas le deuil de sa petite fille, demanda Ă  la peintre de reprendre le tableau et de laisser le berceau vide.

Elle tente d’influencer la politique du roi, de faire et dĂ©faire les ministres, toujours sur les conseils intĂ©ressĂ©s de ses amis. Mais, contrairement Ă  la rumeur, son rĂŽle politique s’avĂšrera extrĂȘmement limitĂ©. Le baron Pichler, secrĂ©taire de Marie-ThĂ©rĂšse Ire, rĂ©sume poliment l’opinion gĂ©nĂ©rale en Ă©crivant : « Elle ne veut ĂȘtre ni gouvernĂ©e ni dirigĂ©e, ni mĂȘme guidĂ©e par qui que ce soit. C’est le point sur lequel toutes ses rĂ©flexions paraissent jusqu’à prĂ©sent s’ĂȘtre concentrĂ©es. Hors de lĂ , elle ne rĂ©flĂ©chit encore guĂšre, et l’usage qu’elle a fait jusqu’ici de son indĂ©pendance le prouve assez, puisqu’il n’a portĂ© que sur des objets d’amusement et de frivolitĂ©. Â» Une vĂ©ritable coterie se monte contre elle dĂšs son accession au trĂŽne, des pamphlets circulent, on l’accuse d’avoir des amants (le comte d’Artois son beau-frĂšre, le comte suĂ©dois Hans Axel de Fersen) ou mĂȘme des maĂźtresses (la duchesse de Polignac), de dilapider l’argent public en frivolitĂ©s ou pour ses favoris, de faire le jeu de l’Autriche, dĂ©sormais dirigĂ©e par son frĂšre Joseph II. Le chĂąteau de Versailles se dĂ©peuple, fui par des courtisans aigris ou prĂ©fĂ©rant les plaisirs de Paris.

Les enfants royaux, par Élisabeth VigĂ©e-Le Brun. Marie-ThĂ©rĂšse Charlotte, dite Madame Royale et Louis Joseph Xavier François, dauphin de France.

Le 19 dĂ©cembre 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant, Marie-ThĂ©rĂšse, dite « Madame Royale Â». Le 22 octobre 1781, c’est le tour d’un dauphin, Louis Joseph Xavier François. Mais cela ne sert pas forcĂ©ment Marie-Antoinette, car les libelles ont vite fait d’accuser l’enfant de n’ĂȘtre pas de Louis XVI. Le 27 mars 1785, elle accouche d’un second garçon, Louis-Charles, titrĂ© duc de Normandie. En 1786 naĂźtra la petite Sophie-BĂ©atrice, qui mourra en 1787 Ă  11 mois.

L’affaire du Collier

Article dĂ©taillĂ© : Affaire du collier de la reine.

En juillet 1785, Ă©clate l’« affaire du Collier Â» : les joailliers Bohmer et Bassange rĂ©clament Ă  la reine 1,5 million de livres pour l’achat d’un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a menĂ© les tractations, au nom de la reine. La reine ignore tout de cette histoire et, quand le scandale Ă©clate, le roi exige que le nom de sa femme soit lavĂ© de l’affront. Le cardinal est arrĂȘtĂ© en pleine journĂ©e dans la Galerie des Glaces, sous les yeux des nombreux courtisans. Le roi confie l’affaire au Parlement, l’affaire est jugĂ©e par Étienne François d'Aligre, qui conclut Ă  la culpabilitĂ© du couple d’aventuriers Ă  l’origine de l’affaire, les prĂ©tendus « comte et comtesse de la Motte Â» et disculpe le cardinal de Rohan et le comte de Cagliostro, abusĂ©s mais innocents.

Le cardinal de Rohan, aussi innocent que la Reine dans cette affaire, s’est laissĂ© manipuler par « Madame de La Motte Â», mais ceci ne serait pas arrivĂ© si Marie-Antoinette avait accordĂ© au Cardinal les faveurs qu’il recherchait depuis son entrĂ©e en Cour. En effet, le Cardinal, frivole et volubile, est ignorĂ© par la Reine depuis qu'il a occupĂ© le poste d'ambassadeur de France Ă  la Cour d'Autriche, des annĂ©es plus tĂŽt. Lorsque « Madame de la Motte Â», qui se dit amie et cousine de Marie-Antoinette, lui confie les tractations avec le bijoutier, le Cardinal demande des preuves et on va jusqu’à lui prĂ©senter une fausse Marie-Antoinette (en rĂ©alitĂ© une comĂ©dienne nommĂ©e Rosalie qui ressemblait Ă  s’y mĂ©prendre Ă  la reine) un soir dans le parc de Versailles et inventer une fausse correspondance ; le naĂŻf mais nĂ©anmoins ambitieux Cardinal accepte donc sa mission avec zĂšle, clamant Ă  qui voulait l'entendre qu'il Ă©tait enfin devenu "intime" de Sa MajestĂ©.

La reine, bien qu’innocente, sort de l’affaire du collier grandement dĂ©considĂ©rĂ©e auprĂšs du peuple. Non seulement l'affront ne fut pas lavĂ©, mais il gĂ©nĂ©ra une rĂ©elle campagne de dĂ©sinformation Ă©tendue Ă  tout le royaume. C'est Ă  la mĂȘme Ă©poque qu'est largement diffusĂ©e une littĂ©rature notoirement diffamante Ă  propos des amours de la reine et du roi. Parmi ces reprĂ©sentations, une fut trĂšs populaire : Les Amours de Charlot et Toinette, caricatures du couple royal,1789, un succĂšs de librairie.

Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularitĂ© et tente de rĂ©duire ses dĂ©penses, notamment en rĂ©formant sa maison, ce qui dĂ©clenche plutĂŽt de nouveaux Ă©clats quand ses favoris se voient privĂ©s de leurs charges. Rien n’y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de « Madame DĂ©ficit Â» et on l’accuse de tous les maux, notamment d’ĂȘtre Ă  l’origine de la politique anti-parlementaire de Louis XVI.

La RĂ©volution

1789

Portrait de Marie-Antoinette par Élisabeth VigĂ©e Le Brun (1788).

Le 5 mai 1789 s’ouvrent les États gĂ©nĂ©raux. Lors de la messe d’ouverture, Mgr de La Fare, qui est Ă  la chaire, attaque Marie-Antoinette Ă  mots Ă  peine couverts, dĂ©nonçant le luxe effrĂ©nĂ© de la cour et ceux qui, blasĂ©s par ce luxe, cherchent le plaisir dans « une imitation puĂ©rile de la nature Â» (rapportĂ© par Adrien Duquesnoy, Journal sur l’AssemblĂ©e constituante), allusion Ă©vidente au Petit Trianon.

Le 9 juin, le petit dauphin meurt. Pour Ă©viter la dĂ©pense, on sacrifie le cĂ©rĂ©monial de Saint-Denis. L’actualitĂ© politique ne permet pas Ă  la famille royale de faire son deuil convenablement. BouleversĂ©e par cet Ă©vĂ©nement, et dĂ©sorientĂ©e par le tour que prennent les États gĂ©nĂ©raux, Marie-Antoinette se laisse convaincre par l’idĂ©e d’une contre-rĂ©volution. En juillet, Necker dĂ©missionne. Le peuple interprĂšte cette dĂ©mission comme un renvoi de la part du roi. La reine brĂ»le ses papiers et rassemble ses diamants, elle veut convaincre le roi de quitter Versailles pour une place-forte sĂ»re, loin de Paris. Il faut dire que, depuis le 14 juillet, un livre de proscription circule dans Paris. Les favoris de la reine y sont en bonne place, et la tĂȘte de la reine elle-mĂȘme est mise Ă  prix. On l’accuse de vouloir faire sauter l’AssemblĂ©e avec une mine, et de vouloir faire donner la troupe sur Paris, ce qui est Ă©videmment faux. Il est nĂ©anmoins vrai que la Reine prĂŽnera l’autoritĂ© et restera toujours ancrĂ©e dans la conviction de la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir royal, dont la diminution la rĂ©volte.

Le 1er octobre, un nouveau scandale Ă©clate : lors d’un banquet donnĂ© par les gardes du corps de la Maison militaire, au rĂ©giment de Flandre qui vient d’arriver Ă  Paris, la reine est acclamĂ©e, des cocardes blanches sont arborĂ©es, et selon la presse rĂ©volutionnaire des cocardes tricolores auraient Ă©tĂ© foulĂ©es. Paris est outrĂ© par ces manifestations contre-rĂ©volutionnaires, et par la tenue d’un banquet alors que le pain manque. Le 5 octobre, une manifestation de femmes marche sur Versailles, rĂ©clamant du pain, disant aller chercher « le boulanger Â» (le roi), « la boulangĂšre Â» (la reine) et le « petit mitron Â» (le dauphin). De nombreux hommes armĂ©s se sont glissĂ©s dans le cortĂšge. C’est alors qu’on[rĂ©f. nĂ©cessaire] attribue Ă  Marie-Antoinette une boutade cynique : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! Â». On lui a attribuĂ© cette phrase en 1789 alors qu’elle figure dans le Livre VI des Confessions de Jean-Jacques Rousseau publiĂ©es en 1782 [2] .

Le roi, revenu de la chasse, oscille entre plusieurs options, notamment le dĂ©part de Versailles vers le chĂąteau de Rambouillet, le blocage des insurgĂ©s avant leur arrivĂ©e Ă  Versailles qu’il refuse pour ne pas risquer de faire couler du sang ou encore la simple attente. AprĂšs une certaine confusion, la famille royale reste Ă  Versailles et le roi reçoit une dĂ©lĂ©gation de femmes. En soirĂ©e La Fayette arrive avec la garde nationale et rĂ©pond de la sĂ©curitĂ© du roi. La famille royale part se coucher. Au petit matin, des Ă©meutiers armĂ©s de piques et de couteaux pĂ©nĂštrent dans le chĂąteau, tuent deux gardes du corps et menacent la famille royale. La reine notamment Ă©chappe de peu aux assaillants qui envahissent sa chambre et doit plus tard se montrer seule au balcon de la cour de marbre devant une foule armĂ©e. Personne finalement ne lui tire dessus mais la famille royale est alors contrainte de se rendre Ă  Paris, escortĂ©e par les troupes du marquis de La Fayette et les Ă©meutiers. Sur le trajet, on menace la reine, lui montrant une corde et lui promettant un rĂ©verbĂšre de la capitale pour la pendre.

La monarchie constitutionnelle

Marie-Antoinette vers 1791 ; pastel de Kucharski.

Le 10 octobre, Louis XVI prend le titre de « Roi des Français Â». Avec Marie-Antoinette, ils se seraient rĂ©solus Ă  demander de l’aide aux souverains Ă©trangers, le roi d’Espagne Charles IV et Joseph II, frĂšre de la reine. Mais le roi d’Espagne rĂ©pond Ă©vasivement et le 20 fĂ©vrier 1790, Joseph II meurt. Des doutes et des controverses entre historiens subsistent sur ce possible appel Ă  l’étranger. La Fayette suggĂšre froidement Ă  la reine le divorce. D’autres parlent Ă  mots Ă  peine couverts d’un procĂšs en adultĂšre, et de prendre la reine en flagrant dĂ©lit avec le comte de Fersen.

Breteuil propose alors, fin 1790, un plan d’évasion. L’idĂ©e est de quitter les Tuileries et de gagner la place-forte de MontmĂ©dy, proche de la frontiĂšre. La reine est de plus en plus seule, surtout depuis qu’en octobre 1790 Mercy-Argenteau a quittĂ© la France pour sa nouvelle ambassade aux Pays-Bas et que LĂ©opold II, le nouvel empereur, un autre de ses frĂšres, Ă©lude ses demandes d’aide, car, monarque philosophe, il pousse au contraire sa sƓur Ă  jouer le jeu de la nouvelle Constitution. Le 7 mars, une lettre de Mercy-Argenteau Ă  la reine est interceptĂ©e et portĂ©e devant la Commune. C’est le scandale, une preuve, pense-t-on, du « comitĂ© autrichien Â», des tractations de la reine pour vendre la patrie Ă  l’Autriche.

Le 20 juin 1791 dĂ©bute la maladroite tentative d’évasion, stoppĂ©e le lendemain par l’arrestation Ă  Varennes-en-Argonne. TrĂšs vite, Paris s’aperçoit de la fuite, laquelle avait Ă©tĂ© organisĂ©e par Axel de Fersen. Toutefois, La Fayette rĂ©ussit Ă  faire croire que le roi a Ă©tĂ© enlevĂ© par des contre-rĂ©volutionnaires. L’explication varie selon les historiens : pour certains il cherchait Ă  protĂ©ger les fugitifs, pour d’autres il cherchait simplement un motif juridique valable pour les arrĂȘter. La famille royale, hors de Paris, ne se cache plus guĂšre. Leur berline a plus de trois heures de retard et quand elle arrive au premier rendez-vous, au relais de Pont-de-Somme-Vesle, les troupes promises sont reparties, pensant que le roi a changĂ© d’avis. Peu avant midi, la berline est arrĂȘtĂ©e Ă  Varennes-en-Argonne. Le maĂźtre de poste du relais prĂ©cĂ©dent Jean-Baptiste Drouet, Ă  Sainte-Menehould, a reconnu le roi. Il y a un moment d’hĂ©sitation, personne ne sachant que faire et, pendant ce temps, la foule accourt Ă  Varennes. Finalement, la famille royale, sous les menaces et dans un climat de violence sourde, est ramenĂ©e Ă  Paris.

AprĂšs Varennes

Marie-Antoinette en 1793 ; pastel de Kucharski.

InterrogĂ© Ă  Paris par une dĂ©lĂ©gation de l’AssemblĂ©e constituante, Louis XVI rĂ©pond Ă©vasivement. Ces rĂ©ponses, rendues publiques, suscitent le scandale, et certains rĂ©volutionnaires rĂ©clament la dĂ©chĂ©ance du roi. Marie-Antoinette, elle, correspond secrĂštement avec Barnave, Duport et Lameth qui veulent convaincre le roi d’accepter son rĂŽle de monarque constitutionnel. Mais elle joue lĂ  un double jeu car elle espĂšre seulement « les endormir et [...] leur donner confiance [...] pour les mieux dĂ©jouer aprĂšs Â» (lettre de la Reine Ă  Mercy).Elle Ă©crit mĂȘme Ă  Fersen ces mots : « Quel bonheur si je puis un jour redevenir assez puissante pour prouver Ă  tous ces gueux que je n’étais pas leur dupe Â». Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l’AssemblĂ©e constituante se dissout et est remplacĂ©e par l’AssemblĂ©e lĂ©gislative, cependant que des bruits de guerre avec les monarchies alentour, au premier rang desquelles l’Autriche, se font plus pressants. Le peuple est alors montĂ© contre Marie-Antoinette, toujours appelĂ©e « l’Autrichienne Â». Les pamphlets et journaux rĂ©volutionnaires la traitent de « monstre femelle Â» ou encore de « Madame VĂ©to Â», et on l’accuse de vouloir faire baigner la capitale dans le sang. En avril 1792, la France dĂ©clare la guerre Ă  la Prusse et elle subit dans un premier temps de sĂ©rieux revers. Le 3 aoĂ»t 1792, le manifeste de Brunswick, largement inspirĂ© par Fersen, achĂšve d’enflammer une partie de la population.

Le 10 aoĂ»t, c’est l’insurrection. Les Tuileries sont prises d’assaut, les gardes massacrĂ©s, le roi et sa famille doivent se rĂ©fugier Ă  l’AssemblĂ©e, qui vote sa suspension provisoire et leur internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transfĂ©rĂ©e Ă  la prison du Temple. Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinĂ©e, dĂ©membrĂ©e, et sa tĂȘte est brandie au bout d’une pique devant les fenĂȘtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en trophĂ©e dans Paris. Peu aprĂšs, la Convention dĂ©clare la famille royale otage. DĂ©but dĂ©cembre, a lieu la dĂ©couverte officielle de l’« armoire de fer Â» dans laquelle Louis XVI cachait ses papiers secrets et dont l’existence est aujourd’hui sujette Ă  dĂ©bats. Le procĂšs est dĂ©sormais inĂ©vitable.

Le 26 dĂ©cembre, la Convention vote la mort avec une majoritĂ© Ă©troite. Louis XVI est exĂ©cutĂ© le 21 janvier 1793. Le 27 mars, Robespierre Ă©voque le sort de la reine pour la premiĂšre fois devant la Convention. Le 13 juillet, le dauphin est enlevĂ© Ă  sa mĂšre et confiĂ© au savetier Simon. Le 2 aoĂ»t, c’est Marie-Antoinette qui est sĂ©parĂ©e des princesses (sa fille Madame Royale et sa belle-sƓur madame Elisabeth) et est conduite Ă  la Conciergerie. Lors du transfert, alors qu’elle s’est violemment cognĂ©e la tĂȘte, elle rĂ©pond Ă  ses geĂŽliers qui s’en inquiĂštent son fameux « Rien Ă  prĂ©sent ne peut plus me faire de mal Â». Son interrogatoire commence le lendemain.

Le procĂšs

Marie-Antoinette au Tribunal révolutionnaire "J'en appelle à toutes les mÚres".
Gravure d’Alphonse François d’aprùs Paul Delaroche.

Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparaĂźt devant le Tribunal rĂ©volutionnaire, menĂ© par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procĂšs de Louis XVI avait conservĂ© quelques formes de procĂšs Ă©quitable, ce n’est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est montĂ© trĂšs rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n’ayant pas rĂ©ussi Ă  retrouver toutes les piĂšces de celui de Louis XVI. Pour charger l’accusation, il parle de faire tĂ©moigner le dauphin contre sa mĂšre qui est alors accusĂ©e d’inceste par Jacques-RenĂ© HĂ©bert. Il dĂ©clare que la reine et Mme Elisabeth ont eu des attouchements sur le jeune Louis XVII. Marie-Antoinette ne rĂ©pond rien et un jurĂ© en fait la remarque. Marie-Antoinette se lĂšve et rĂ©pond « Si je n’ai pas rĂ©pondu c’est que la nature elle-mĂȘme refuse de rĂ©pondre Ă  une telle accusation faite Ă  une mĂšre. J’en appelle Ă  toutes celles qui peuvent se trouver ici ! Â». Pour la derniĂšre fois, la foule (et surtout les femmes) applaudit la reine. Une fois la sĂ©ance terminĂ©e, celle-ci demande Ă  son avocat « N’ai je pas mis trop de dignitĂ© dans ma rĂ©ponse ? Â», une personne dans la foule dit « elle a rĂ©pondu comme un ange, on ne fera que la dĂ©porter Â».

On l’accuse Ă©galement d’entente avec les puissances Ă©trangĂšres. Comme la reine nie, Herman, prĂ©sident du Tribunal, l’accuse d’ĂȘtre « l’instigatrice principale de la trahison de Louis Capet Â» : c’est donc bien un procĂšs pour haute trahison. Le prĂ©ambule de l’acte d’accusation dĂ©clare Ă©galement : « Examen fait de toutes les piĂšces transmises par l’accusateur public, il en rĂ©sulte qu’à l’instar des Messalines FrĂ©dĂ©gonde et MĂ©dicis, que l’on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms Ă  jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a Ă©tĂ©, depuis son sĂ©jour en France, le flĂ©au et la sangsue des Français. Â» Il ajoute "la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes."

Les dĂ©positions des tĂ©moins Ă  charge s’avĂšrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette rĂ©pond qu’elle n’était « que la femme de Louis XVI, et qu’il fallait bien qu’elle se conform[Ăąt] Ă  ses volontĂ©s Â». Fouquier-Tinville rĂ©clame la mort et fait de l’accusĂ©e « l’ennemie dĂ©clarĂ©e de la nation française Â». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpĂ©rimentĂ©s et n’ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire Ă  haute voix les quelques notes qu’ils ont eu le temps de prendre.

Quatre questions sont posĂ©es au jury :

Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire.
« 1. Est-il constant qu’il ait existĂ© des manƓuvres et des intelligences avec les puissances Ă©trangĂšres et autres ennemis extĂ©rieurs de la RĂ©publique, lesdites manƓuvres et des intelligences tendant Ă  leur fournir des secours en argent, Ă  leur donner l’entrĂ©e du territoire français et Ă  leur faciliter le progrĂšs de leurs armes ?
2. Marie-Antoinette d’Autriche (
) est-elle convaincue d’avoir coopĂ©rĂ© Ă  ces manƓuvres et d’avoir entretenu ces intelligences ?
3. Est-il constant qu’il ait existĂ© un complot et une conspiration tendant Ă  allumer la guerre civile Ă  l’intĂ©rieur de la RĂ©publique ?
4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d’avoir participĂ© Ă  ce complot et Ă  cette conspiration ? Â»

Aux quatre questions, le jury rĂ©pond « oui Â».

Lorsque le jury rend son verdict, il n’existe aucune preuve de l’accusation de haute trahison que l’on impute à la reine. Le dossier est vide de toute piùce.

Techniquement, au vu des piĂšces du procĂšs, il est vrai que la condamnation n’est pas basĂ©e sur des faits avĂ©rĂ©s. On l’apprit plus tard, Marie-Antoinette communiqua des directives militaires confidentielles Ă  l’Autriche dans le but de sauver sa famille, mais aussi "pour qu’enfin on se venge de tous les outrages qu’on reçoit dans ce pays-ci" (lettre de la Reine Ă  Mercy). Mais la preuve de ceci ne sera dĂ©couverte que bien plus tard.

En rĂ©alitĂ©, il fallait condamner la « veuve Capet Â». Robespierre a donc intĂ©grĂ© au jury le mĂ©decin qui soignait la reine Ă  la Conciergerie, lequel a indiquĂ© aux autres jurĂ©s que de toutes façons Marie-Antoinette Ă©tait mĂ©dicalement condamnĂ©e (elle avait de forts Ă©panchements sanguins) Ă  brĂšve Ă©chĂ©ance.

La mort

Exécution

Marie-Antoinette sur le chemin de la guillotine, croquis de Jacques-Louis David.

La condamnation Ă  mort, pour haute trahison, est prononcĂ©e le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin et Marie-Antoinette est exĂ©cutĂ©e le mĂȘme jour vers midi. À l'annonce de la sentence, Marie-Antoinette rĂ©dige son testament, Ă  l'attention de Madame Élisabeth, sƓur de feu roi Louis XVI : « Je viens d’ĂȘtre condamnĂ©e, non pas Ă  une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais Ă  aller rejoindre votre frĂšre  Â».

Elle termine son testament par ces mots:
"Mon dieu ayez pitié de moi! Mes yeux n'ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, Adieu!"
Marie Antoinette[3] Madame Élisabeth ne lira jamais ce testament.

Le matin du 16 octobre, elle est menĂ©e mains liĂ©es sur une charrette — Louis XVI avait eu droit Ă  un carrosse, de la Conciergerie jusqu'Ă  la place de la RĂ©volution (ancienne place Louis XV, actuelle place de la Concorde). D'aprĂšs ses historiens, elle subit avec dignitĂ© les sarcasmes et les insultes lancĂ©s par la foule massĂ©e sur son passage (elle mettra une heure pour traverser la place et monter Ă  l'Ă©chafaud) [4]. Le peintre et rĂ©volutionnaire Jacques-Louis David, assistant au spectacle[5], en dessine un croquis restĂ© lĂ©gendaire. Selon ces mĂȘmes historiens, c'est avec courage qu'elle monte Ă  l'Ă©chafaud. En marchant sur le pied du bourreau Sanson, elle lui aurait demandĂ© pardon. Ce seront ses derniĂšres paroles.

Inhumation

Monument de Louis XVI et de Marie-Antoinette d’Autriche à la Basilique de Saint-Denis, France

Tout comme pour Louis XVI, il a Ă©tĂ© ordonnĂ© que les biĂšres des membres de la monarchie soient recouverts de chaux. Marie-Antoinette est inhumĂ©e avec la tĂȘte entre les jambes dans la fosse commune de la Madeleine, rue d’Anjou-Saint-HonorĂ© (Louis XVIII fera Ă©lever Ă  cet endroit la chapelle expiatoire situĂ©e de nos jours Square Louis XVI, seul endroit de Paris portant le nom du roi). Ses restes et ceux de Louis XVI furent exhumĂ©s le 18 janvier 1815 et transportĂ©s le 21 Ă  Saint-Denis.

« Le premier crime de la RĂ©volution fut la mort du Roi, mais le plus affreux fut la mort de la Reine Â» dit Chateaubriand.

Et NapolĂ©on a dit de son cĂŽtĂ© : « La mort de la Reine fut un crime pire que le rĂ©gicide Â»

Notes

  1. ↑ Les voix du sang, Le Chñteau de la Muette
  2. ↑ " (...) je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse Ă  qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui rĂ©pondit : Qu’ils mangent de la brioche." Jean-Jacques Rousseau, Confessions, livre VI
  3. ↑ ConservĂ© Ă  la BibliothĂšque municipale Ă  vocation rĂ©gionale de ChĂąlons-en-Champagne
  4. ↑ CĂ©cile Berly, Marie-Antoinette et ses biographes, p 166
  5. ↑ David observe la scĂšne de chez le conventionnel Julien, rue Saint-HonorĂ©

Voir aussi

Iconographie

De 1779 Ă  1800, l’artiste française Élisabeth VigĂ©e-Le Brun a fait une trentaine de portraits de Marie-Antoinette. Elle fut la premiĂšre femme nommĂ©e peintre de la Cour.

  • Olivier Blanc, Portraits de femmes, artistes et modĂšles Ă  l’époque de Marie-Antoinette, Didier Carpentier Ă©ditions, Paris, 2006, 356 pages in 4°, couverture cartonnĂ©e (liste de tous les portraits de Marie-Antoinette dont 70 reproduits en noir ou en couleur).

Anecdotes

  • Marie-Antoinette est reprĂ©sentĂ©e en tant que poupĂ©e dĂ©capitĂ©e de Mercredi Addams, dans la cĂ©lĂšbre sĂ©rie La Famille Addams. De nombreuses rĂ©fĂ©rences y sont faites quant Ă  la RĂ©volution Française et la guillotine.

Mariage et descendance

En mai 1770 elle Ă©pouse Louis-Auguste de France Dauphin de France dont elle aura quatre enfants :

Articles connexes

Sources

  • En 1874, Auguste Geffroy et Alfred von Arneth publiĂšrent pour la premiĂšre fois la correspondance secrĂšte entre l’impĂ©ratrice Marie-ThĂ©rĂšse et le comte de Mercy-Argenteau.
  • En 1877, furent publiĂ©s pour la premiĂšre fois, les papiers du comte de Fersen. Ils furent redĂ©couverts en 1982 lorsque ses lointains hĂ©ritiers les mirent en vente Ă  Londres.
  • Correspondance de Marie-Antoinette, 1770-1793, Ă©ditĂ©e par Évelyne Lever, Tallandier, Paris, 2005 (ISBN 2847341978). L’éditrice a Ă©tabli les textes Ă  partir d’originaux conservĂ©s aux Archives d’État de Vienne ;
  • Marie-Antoinette : Correspondance. Clermont-Ferrand : PalĂ©o, coll. « Sources de l’histoire de France : la RĂ©volution française Â», 2004. [Pas d’information sur la maĂźtrise d’ouvrage]. 2 volumes :
    • Tome I : 1767-1787. 260 p., 21 cm. ISBN 2-84909-104-9.
    • Tome 2 : 1788-1793. 264 p., 21 cm. ISBN 2-84909-105-7.
  • MĂ©moires du baron de Besenval, Ă©ditĂ©s par Ghislain de Diesbach de Belleroche, Mercure de France, coll. « Le temps retrouvĂ© Â», 1987 (ISBN 2715214596).

Jeanne Louise Henriette Genest Campan, plus connue sous le nom de Madame Campan, a Ă©tĂ© le femme de chambre de Marie-Antoinette Ă  partir de 1770. Ses MĂ©moires semblent avoir Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s au dĂ©but des annĂ©es 1800 et dĂ©crivent la vie de la cour de l’intĂ©rieur, dĂ©fendant la probitĂ© et l’inexpĂ©rience de sa maitresse. Ils ont Ă©tĂ© publiĂ©s en 1822 et rĂ©Ă©ditĂ©s en 1999 (Éditions Mercure de France).

En 2006 le livre " Marie-Antoinette Biographie" de Antonia Fraser.

Bibliographie

  • Vincent Cronin, Louis and Antoinette, Collins, London, 1974 (ISBN 0809592169)
  • Antonia Fraser, Marie-Antoinette, (trad. Anne-Marie Hussein), Flammarion, Paris, 2006 (ISBN 2-08-068915-0)
  • Claude Dufresne, Marie-Antoinette, Le scandale du plaisir, Bartillat, Paris, 2006 (ISBN 2841003817)
  • Simone BertiĂšre, Marie-Antoinette l’insoumise, Les reines de France au temps des Bourbons, Éditions de Fallois, 2002
  • Annie Duprat, Marie-Antoinette. Une reine brisĂ©e, Perrin, Paris, 2006 (ISBN 2-262-02409-X)
  • Bernadette de Boysson et Xavier Salmon, Marie-Antoinette Ă  Versailles : Le goĂ»t d’une reine, catalogue de l’exposition au MusĂ©e des Arts dĂ©coratifs de Bordeaux, Ă©d. Somogy, 2005 (ISBN 2850569097)
  • Michel de Decker et Michel Lafon, Marie-Antoinette : les dangereuses liaisons de la reine, Belfond, coll. « La vie amoureuse Â», 2005 (ISBN 2714441416)
  • Philippe Delorme, Marie-Antoinette, Pygmalion, coll. « Histoire des reines de France Â», 2001 (ISBN 285704609X)
  • Évelyne Lever, Marie-Antoinette, Fayard, Paris, 1991 (ISBN 2213026599)
  • Évelyne Lever, Marie-Antoinette : la derniĂšre reine, Gallimard, coll. « DĂ©couvertes Â», Paris, 2000 (ISBN 2070535223)
  • LĂ©onard AutiĂ©, Journal de LĂ©onard, coiffeur de Marie-Antoinette, Les Ă©diteurs libres, Paris, 2007
  • Stefan Zweig, Marie-Antoinette, Livre de Poche, 1999 (1re Ă©dition 1937).
  • « Marie-Antoinette : le remords français Â», dossier du Point n°1757, 18/05/06.
  • Jean Chalon, ChĂšre Marie Antoinette, 1988
  • Alain Sanders, La DĂ©sinformation autour de Marie-Antoinette, Atelier Fol’fer, 2006 (ISBN 2952421463)
  • Jean-Claude Fauveau, Le Prince Louis cardinal de Rohan-GuĂ©mĂ©nĂ© ou les diamants du roi, L'Harmattan, Paris, 2007.
  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, Marie-Antoinette et le scandale de Guines, Gallimard, 1962.
  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, Louis XVI et Marie-Antoinette : vie conjugale - vie politique, O.E.I.L., 1990.
  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, La DerniĂšre AnnĂ©e de Marie-Antoinette, F.X. de Guibert, 1993.
  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, Le Secret de la Reine : la politique personnelle de Marie-Antoinette pendant la RĂ©volution, F.X. de Guibert, 1996.
  • Marie-Antoinette - Correspondance (1770-1793), Ă©tablie et prĂ©sentĂ©e par Evelyne Lever, Tallandier, 2005. (ISBN 2-84734-197-8)
  • Mgr F. Genet, L’abbĂ© de Vermond (1735-1806), lecteur de Marie-Antoinette (1770-1789), Niort, 1940.

Filmographie

Liens externes

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Homonymies

Marie-Antoinette a laissĂ© son nom Ă  :

  • une piĂšce montĂ©e de trois Ă©tages, blanche, poudrĂ©e, lĂ©gĂšre et sucrĂ©e ;
  • une confiserie « DĂ©lices de Marie-Antoinette Â» ;
  • une perruque synthĂ©tique de couleur blanche ;
  • une suite de l’hĂŽtel Ritz de Londres et de Paris ;
  • une huile de massage aromatique ;
  • un caveau d’une maison de champagne ;
  • un syndrome.

Voir aussi

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Marie
Leszczynska
Blason France moderne.svg
Marie Antoinette d’Autriche
reine de France
1774-1792
Joséphine de Beauharnais
(impératrice des français)

Marie ThérÚse de France
(succession légitimiste)
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