Maori (Nouvelle-Zelande)

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Maori (Nouvelle-Zelande)

Maori (Nouvelle-ZĂ©lande)

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Drapeau Maori
Un chef Maori du XIXe siĂšcle : "Honiana Te Puni-kokopu"
Femme maori de la tribu "Ngāti Mahuta"

Les Maori (mi : māori ; API : /maːori/ ) sont des populations polynĂ©siennes autochtones de Nouvelle-ZĂ©lande. Ils s'y seraient installĂ©s par vagues successives Ă  partir du VIIIe siĂšcle. Ils sont, Ă  l'aube de l'an 2000, plus de 600 000 auxquels il faut ajouter une diaspora d'environ 90 000 personnes dont une grande majoritĂ© vit en Australie.

Sommaire

Étymologie

Dans les lĂ©gendes et les traditions orales, le mot distingue les ĂȘtres humains mortels des dieux et des esprits [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le mot « maori Â» se retrouve dans les autres langues polynĂ©siennes comme l’hawaĂŻen ou le marquisien, (Maoli), le tahitien (Maohi) et le māori des Ăźles Cook, avec un sens identique. Les premiers visiteurs europĂ©ens des Ăźles de Nouvelle-ZĂ©lande (les « Pakeha Â» ou « Papa'a Â» arrivĂ©s au XVIIIe siĂšcle), ont mentionnĂ© le peuple qu’ils ont trouvĂ© par des termes variĂ©s comme « indiens Â», « aborigĂšnes Â», « natifs Â» ou encore « NĂ©o-ZĂ©landais Â». C'est au contact de ces Ă©trangers que ces populations ont commencĂ© Ă  se dĂ©signer d'abord sous le terme de « tangata maori Â» (homme ordinaire, autochtone), pour finalement ne garder que « maori Â». En 1947, le « DĂ©partement des Affaires indigĂšnes Â» a Ă©tĂ© renommĂ© « DĂ©partement des Affaires maori Â», consacrant ainsi la reconnaissance de ce terme. En tant que mot ocĂ©anien, « maori Â» est invariable et (dans l'absolu) ne s'accorde ni en genre, ni en nombre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Les origines

La Nouvelle-Zélande est une des derniÚres terres de la planÚte sur laquelle les humains se sont installés.

Des preuves archĂ©ologiques et linguistiques (Sutton 1994) suggĂšrent qu’il y a eu probablement plusieurs vagues d’immigration de l’Est de la PolynĂ©sie jusqu’à la Nouvelle-ZĂ©lande entre 800 et 1300. Les origines des Maori sont Ă©troitement liĂ©es Ă  celles de leurs ancĂȘtres PolynĂ©siens. La tradition orale des Maori dĂ©crit l’arrivĂ©e des ancĂȘtres comme venant de Hawaiki (une terre natale mythique au cƓur de la PolynĂ©sie tropicale) par le grand ocĂ©an, Ă  l’aide de pirogues (waka). Les comptes rendus des migrations varient beaucoup parmi les tribus Maori (iwi) dont les membres peuvent s’identifier avec de nombreux waka diffĂ©rents dans leur gĂ©nĂ©alogies ou whakapapa.

Il n’existe aucune preuve crĂ©dible attestant une prĂ©sence autre que polynĂ©sienne avant le VIIIe siĂšcle. En effet, des preuves irrĂ©futables provenant de l’archĂ©ologie, de la linguistique comparative indiquent que les premiers habitants permanents de l’üle venaient de l’Est de la PolynĂ©sie et sont devenus ceux que nous appelons aujourd’hui les Maori.

Interactions avec les Européens avant 1840

PremiÚre impression que les Européens ont eu des Maori lors de leur débarquement à "Golden Bay"

L’installation des EuropĂ©ens en Nouvelle-ZĂ©lande est relativement rĂ©cente. L’historien NĂ©o-ZĂ©landais Michael King dĂ©crit dans son ouvrage (« The History Of New Zealand Â» 'collection Penguin History', « L’histoire de Nouvelle-ZĂ©lande Â») les Maori comme Ă©tant « la derniĂšre communautĂ© humaine majeure de la terre qui n’ait pas Ă©tĂ© touchĂ©e ni affectĂ©e par le vaste monde Â».

En 1642, la Compagnie hollandaise des Indes orientales envoie Abel Tasman qui aborde l'ßle du sud de la Nouvelle-Zélande. Il repart aussitÎt face à l'hostilité des autochtones.
Les premiers explorateurs Européens y compris Abel Tasman et le capitaine James Cook (qui a visité la Nouvelle-Zélande pour la premiÚre fois en 1769) ont rapporté leur rencontre avec les Maori. Les premiers de ces rapports décrivent les Maori comme une race de guerriers féroces et fiers. Des conflits inter-tribaux se produisaient fréquemment à cette période, et les vainqueurs rendaient esclaves les vaincus voire parfois les dévoraient.

DĂšs le dĂ©but de l’annĂ©e 1780, les Maori ont eu des contacts avec les chasseurs de baleines et de phoques. Certains se sont mĂȘme fait embaucher sur des navires Ă©trangers. Un flot continu de prisonniers Australiens en fuite et de dĂ©serteurs provenant des navires de passage a Ă©galement exposĂ© la population des autochtones NĂ©o-ZĂ©landais aux influences extĂ©rieures.

Pour l’annĂ©e 1830, les estimations Ă©valuent le nombre de Pakeha (EuropĂ©ens), vivant parmi les Maori, Ă  prĂšs de 2000. Le statut des nouveaux venus variait de celui d’esclave Ă  celui de conseiller haut placĂ©, et de celui de prisonnier Ă  celui d’EuropĂ©en « maorisĂ© Â» qui a abandonnĂ© la culture europĂ©enne jusqu’à s’identifier Ă  un Maori. De nombreux Maori apprĂ©ciaient les Pakeha pour leur capacitĂ© Ă  dĂ©crire la culture et les techniques europĂ©ennes et pour leur habiletĂ© Ă  obtenir des articles en commerçant, en particulier des armes. Ces EuropĂ©ens, devenus des natifs, en sont venus Ă  ĂȘtre connus sous le nom de « Pakeha Maori Â». Lorsque Pomare a pris la tĂȘte d’un soulĂšvement contre Titore en 1838, il comptait 132 mercenaires Pakeha parmi ses guerriers. Frederick Edward Maning, un des premiers colons, Ă©crivit deux compte-rendus pittoresques sur la vie Ă  cette Ă©poque qui sont devenus des classiques de la littĂ©rature NĂ©o-ZĂ©landaise, il s’agit des : « Old New Zealand Â» (La vieille Nouvelle-ZĂ©lande) et de « History of the War in the North of New Zealand against the Chief Heke Â» (L’histoire de la guerre dans le Nord de la Nouvelle-ZĂ©lande contre le chef Heke).

Durant cette pĂ©riode, l’acquisition de mousquets par les tribus qui Ă©taient en contact Ă©troit avec les visiteurs EuropĂ©ens dĂ©stabilisa l’équilibre qui existait entre les tribus Maori. Il en rĂ©sulta une pĂ©riode de guerres inter-tribales sanglantes, connue sous le nom de « guerres des Mousquets Â» (The Musket Wars), dont les consĂ©quences furent une vĂ©ritable extermination de nombreuses tribus et la dĂ©portation d’autres hors de leur territoire traditionnel. Des Ă©pidĂ©mies apportĂ©es par les EuropĂ©ens ont Ă©galement tuĂ© un nombre important quoique indĂ©terminĂ© de Maori durant cette pĂ©riode. Les estimations varient entre dix et cinquante pour cent de morts.

Avec l’augmentation de l’activitĂ© des missionnaires EuropĂ©ens, l’intensification de la colonisation dans les annĂ©es 1830 ainsi que l’absence de lois pour rĂšglementer la vie des nouveaux colons, la couronne britannique, en tant que premiĂšre puissance mondiale, commença Ă  subir des pressions pour intervenir et mettre de l’ordre.

De 1840 Ă  1890

Finalement cette situation conduisit la Grande Bretagne Ă  envoyer William Hobson avec l’ordre de prendre possession de la Nouvelle-ZĂ©lande. Avant qu’il n’arrive, la reine Victoria annexa la Nouvelle-ZĂ©lande par le biais d’une proclamation royale en janvier 1840. Lors de son arrivĂ©e en fĂ©vrier, Hobson nĂ©gocia le traitĂ© de Waitangi avec les chefs du Nord. De nombreux autres chefs Maori (bien qu’ils n’en comprissent pas toujours toute la signification) ont par la suite signĂ© ce traitĂ©. Ce traitĂ© fit des Maori des sujets de la couronne britannique en Ă©change de la garantie de l’intĂ©gritĂ© de leur droit de propriĂ©tĂ© de leur terre et de la conservation de l’autonomie des tribus.

En dĂ©pit de quelques regrettables mais rares incidents, les deux parties ratifiĂšrent ce traitĂ© basĂ© sur la collaboration avec enthousiasme. Les Maori constituaient une bonne affaire, car ils fournissaient de la nourriture et d’autres produits aux marchĂ©s locaux et Ă©trangers. En rĂ©alitĂ©, il est probable que le gouvernement britannique, signa ce traitĂ© pour contrecarrer l'influence des Français et des AmĂ©ricains dans la rĂ©gion. Il fait, encore de nos jours, l'objet de controverses et d'interprĂ©tations diverses.

Le gouverneur George Grey (1845 – 1855 et 1861 – 1868) fut un des premiers colons à apprendre le Maori et il consigna une grande partie de la mythologie.

Dans les annĂ©es 1860, des polĂ©miques sur l’achat de terres controversĂ©es et la tentative des Maori de la rĂ©gion de Waikato d’établir une monarchie concurrente (KÄ«ngitanga) sur le modĂšle britannique conduisit aux guerres nĂ©o-zĂ©landaises. Bien que celle-ci ne firent que relativement peu de morts, le gouvernement colonial confisqua de vastes parcelles de terre Maori en reprĂ©sailles de ce qu’ils ont considĂ©rĂ©s comme une rĂ©bellion, et ce alors mĂȘme que l’action militaire Ă©tait une initiative de la couronne Britannique contre ses propres sujets. Dans certains cas ces confiscations arbitraires se sont faites sans chercher Ă  savoir si la tribu en question Ă©tait rĂ©ellement impliquĂ©e ou non dans la participation Ă  la guerre. En effet, certaines tribus ont luttĂ© activement contre la couronne, mais d’autres (connues sous le nom de kupapa) ont luttĂ© pour soutenir le gouvernement britannique.

Un mouvement de rĂ©sistance passive s’est dĂ©veloppĂ© dans la colonie de Parihaka dans la rĂ©gion du Taranaki, mais les troupes Britanniques ont dispersĂ© les dissidents en 1881.

Avec la perte de la plupart de leurs terres, les Maori sont entrĂ©s dans une pĂ©riode de dĂ©clin. Et vers la fin du XIXe siĂšcle, la plupart des gens pensaient que les populations Maori cesseraient bientĂŽt d’exister en tant que race Ă  part entiĂšre et qu’ils seraient rapidement assimilĂ©s par les populations EuropĂ©ennes.

Renaissance

Danse maori

Le dĂ©clin annoncĂ© des populations Maori n’a pas eu lieu et elles ont mĂȘme retrouvĂ© leur vitalitĂ©. En dĂ©pit d’un grand nombre de mariages mixtes entre les populations Maori et EuropĂ©ennes, beaucoup de Maori ont conservĂ© leur identitĂ© culturelle.

Le gouvernement nĂ©o-zĂ©landais dĂ©cida d’exempter les Maori de la conscription militaire qui s’appliquait aux autres citoyens durant la seconde guerre mondiale. NĂ©anmoins des volontaires Maori en grand nombre dĂ©cidĂšrent de s’engager pour former le 28e bataillon ou bataillon Maori, qui s’acquitta fidĂšlement de sa tĂąche notamment en CrĂȘte, en Afrique du Nord et en Italie. En tout, 17 000 Maori prirent part Ă  la guerre.

Depuis les annĂ©es soixante, les Maori vivent une renaissance culturelle. La reconnaissance gouvernementale de la croissance du pouvoir politique Maori ainsi que l’activisme politique des Maori a conduit Ă  des restitutions et Ă  des indemnisations, quoique encore limitĂ©es, en ce qui concerne la confiscation injuste de territoires et la violation des autres droits de propriĂ©tĂ©s.

Un film plusieurs fois primĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Niki Caro en 2002, d'aprĂšs un roman de Witi Ihimaera s'intitulant PaĂŻ (titre original : Whale rider), distribuĂ© par UFD.

Langue

Les Maori parlent le maori, langue appartenant au groupe des langues malayo-polynésienne (ce groupe forme, avec le groupe des langues formosanes, la grande famille des langues austronésiennes). Il est maintenant enseigné dans de nombreuses écoles primaires de Nouvelle-Zélande et de plus en plus dans le secondaire. D'autre part la plupart des Maori parlent également l'anglais qui est la deuxiÚme langue nationale de Nouvelle-Zélande. Ils leur arrive d'avoir appris d'autres langues encore comme le chinois, l'allemand ainsi que l'espagnol.

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