Manifestations De La Place Tian'anmen

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Manifestations De La Place Tian'anmen

Manifestations de la place Tian'anmen

Une bicyclette d√©truite et les traces de chenille d'un char, monument √† la m√©moire des victimes de la r√©pression de Tian'anmen √† WrocŇāaw, en Pologne

Les manifestations de Tian'anmen ont eu lieu entre le 15 avril et le 4 juin 1989 sur la place Tian'anmen √† P√©kin, la capitale de la R√©publique populaire de Chine. Elles prirent la forme d‚Äôun mouvement d'√©tudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois, qui d√©non√ßait la corruption et demandait des r√©formes politiques et d√©mocratiques. La contestation s'√©tendit √† la plupart des grandes villes de Chine comme Shanghai, et aboutit √† P√©kin √† une s√©rie de grandes manifestations et de gr√®ves de la faim organis√©es sur la place Tian'anmen. Apr√®s plusieurs tentatives de n√©gociation, le gouvernement chinois proclama l'√©tat de si√®ge le 20 mai 1989, et fit intervenir l'arm√©e le 4 juin 1989.

La répression du mouvement provoqua un grand nombre de victimes civiles (de quelques centaines à quelques milliers selon les sources), et de nombreuses arrestations dans les mois qui suivirent. Plusieurs dirigeants politiques favorables au mouvement furent limogés et placés en résidence surveillée, notamment le Secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang.

La r√©pression du mouvement de contestation porta un coup d'arr√™t durable aux r√©formes politiques en R√©publique populaire de Chine. Le gouvernement renvoya les journalistes √©trangers et contr√īla strictement la couverture de l‚Äô√©v√©nement par la presse chinoise. √Ä l'√©tranger, la r√©pression provoqua une condamnation g√©n√©rale du r√©gime de P√©kin[1].

Sommaire

Désignation de l’événement

En Chine, ce mouvement est connu sous le nom de ¬ę mouvement du 4 juin ¬Ľ (Simplifi√© : ŚÖ≠ŚõõŤŅźŚä®, Traditionnel : ŚÖ≠ŚõõťĀčŚčē) ou simplement ¬ę 6 ‚Äď 4 ¬Ľ (ŚÖ≠Śõõ). Cette d√©signation est calqu√©e sur celle de deux autres manifestations : celle du 4 mai 1919 (Mouvement du 4 mai) et celle du 5 avril 1976 (Mouvement du 5 avril). Cependant, le terme officiel utilis√© par le gouvernement de la R√©publique populaire de Chine est ¬ę Troubles politiques du printemps et de l'√©t√© 1989 ¬Ľ (śė•Ś§ŹšĻčšļ§ÁöĄśĒŅś≤ĽťĘ®ś≥Ę).

Dans le reste du monde, il est appel√© ¬ę Massacre de la place Tian'anmen ¬Ľ (Ś§©ŚģČťĖÄŚ§ßŚĪ†śģļ), ¬ę massacre du 4 juin ¬Ľ (ŚÖ≠ŚõõŚ§ßŚĪ†śģļ) ou encore ¬ę massacre de P√©kin (ŚĆóšļ¨Ś§ßŚĪ†śģļ). En France, on parle √©galement du ¬ę Printemps de P√©kin ¬Ľ, par analogie avec le Printemps de Prague, bien que ce terme soit davantage utilis√© pour d√©signer les mouvements d√©mocratiques de la p√©riode 1977-1978.

Origines du mouvement

A la fin des ann√©es 1980, la R√©publique populaire de Chine est dirig√©e par le secr√©taire g√©n√©ral du parti communiste chinois (PCC) Deng Xiaoping (22 ao√Ľt 1904 - 19 f√©vrier 1997). Celui-ci d√©cide de lib√©raliser le syst√®me politique et √©conomique. Il souhaite en particulier lancer les ¬ę Quatre Modernisations ¬Ľ (industrie et commerce, √©ducation, organisation militaire, agriculture) et ouvrir le pays aux investissements √©trangers.

En 1989, la politique de Deng Xiaoping est critiqu√©e par les √©tudiants, les professeurs de l‚Äôenseignement sup√©rieurs et d'intellectuels qui r√©clament la ¬ę cinqui√®me modernisation ¬Ľ, celle de la d√©mocratie et du multipartisme. Ceux-ci sont influenc√©s par la Glasnost, mise en Ňďuvre en URSS par Mikhail Gorbatchev. Les √©tudiants d√©noncent l‚Äôins√©curit√© qui r√®gne sur les campus et le manque de d√©bouch√©s dans les villes du littoral.[2]. Les enseignants regrettent de ne pas √™tre mieux pay√©s. Les intellectuels font circuler des p√©titions afin de r√©clamer la lib√©ration des prisonniers politiques.[2] Vivement r√©prim√©es √† l'origine, ces id√©es de r√©forme politique re√ßoivent, vers le milieu des ann√©es 80, un accueil plus favorable de la part des r√©formistes proches de Deng Xiaoping, notamment Hu Yaobang et Zhao Ziyang, Secr√©taire G√©n√©ral et Premier Ministre chinois jusqu'en 1987.

Les manifestations estudiantines de 1989 font suite à plusieurs mouvements semblables, en 1983, 1985, puis au cours de l'hiver 1986-1987. Au-delà des demandes de réforme politique, les principales revendications portent alors sur la liberté d'association (création de syndicats étudiants indépendants) et la transparence (notamment sur les revenus des cadres et de leur famille).

A l'int√©rieur du Parti communiste chinois, deux lignes s'affrontent √† la fin des ann√©es 1980. Derri√®re Deng Xiaoping, certains demandent une acc√©l√©ration des r√©formes, tant √©conomiques que politiques. A l'oppos√©, et face √† la mont√©e de l'inflation provoqu√©e par la lib√©ralisation des prix[2], les adversaires traditionnels de Deng Xiaoping, notamment l'√©conomiste Chen Yun, pr√īnent un arr√™t des r√©formes, voire un retour au contr√īle de l'Etat. Jusqu'en 1986, Deng Xiaoping s'entoure principalement de r√©formistes, notamment Hu Yaobang et Zhao Ziyang.

Cependant, les manifestations √©tudiantes de 1986-1987 renforcent les partisans d'un arr√™t des r√©formes et poussent Deng Xiaoping √† limoger Hu Yaobang, alors Secr√©taire g√©n√©ral du Parti, et √† prendre comme premier ministre Li Peng, un prot√©g√© de Chen Yun. L'ancien premier ministre, Zhao Ziyang, un proche de Hu, prend la t√™te du Parti. La direction chinoise se trouve alors divis√©e entre deux factions, r√©formistes (avec Zhao) et conservateurs (avec Li). Les dissensions entre ces deux groupes jouent un r√īle d√©terminant dans le mouvement de 1989.

Ces divergences au sommet se retrouvent √©galement √† l'int√©rieur de la soci√©t√© chinoise. La seconde moiti√© des ann√©es 1980 voit une acc√©l√©ration de l'inflation et une augmentation du ch√īmage, qui opposent les ouvriers, qui souhaitent un retour √† l'ancien syst√®me, aux intellectuels qui d√©sirent une acc√©l√©ration des r√©formes.

La mort de Hu Yaobang et les débuts du mouvement (15 avril - 25 avril)

La place Tian'anmen

L'ancien Secr√©taire g√©n√©ral du Parti communiste chinois, Hu Yaobang, limog√© en 1987, meurt le 15 avril 1989, des suites d'une crise cardiaque d'apr√®s les sources officielles. On peut se poser des questions quant √† sa mort puisqu'elle survient tr√®s peu de temps apr√®s ces incidents. Il est admir√© pour son courage √† la fin de la r√©volution culturelle et son r√īle dans les r√©formes. Des manifestations spontan√©es ont lieu dans tout le pays, qui contraignent le gouvernement √† organiser des fun√©railles nationales le 22 avril.

Les 16 et 17 avril, des rassemblements spontan√©s ont lieu place Tian'anmen et demandent la r√©habilitation politique de Hu Yaobang. Le 18, quelques milliers d'√©tudiants se rassemblent sur la place et organisent un sit-in, devant le Grand Palais du Peuple (l'assembl√©e nationale). C'est la premi√®re grande manifestation. Un seul journal national, le Quotidien des Sciences et Technologies (ÁßĎśäÄśó•śä•) en rend compte le lendemain ; le reste de la presse est musel√© par le d√©partement de la Propagande. Le 18 avril, dans la soir√©e, quelques milliers d'√©tudiants tentent de p√©n√©trer au Zhongnanhai, lieu de r√©sidence du gouvernement. Ils sont repouss√©s par la police. Les campus se couvrent d‚Äôaffiches r√©clamant la poursuite des r√©formes et critiquant Deng Xiaoping.[2] Dans la nuit du 21 avril, veille des fun√©railles officielles de Hu Yaobang, quelque 100 000 √©tudiants se dirigent vers la place Tian'anmen, o√Ļ ils s'installent avant qu'elle soit ferm√©e par la police. Un important rassemblement, interdit par les autorit√©s, a lieu sur la place Tian'anmen, devant le monument aux h√©ros du peuple. Une d√©l√©gation demande √† assister aux obs√®ques. A P√©kin, ces rassemblements sont pacifiques, mais des slogans demandant une r√©forme politique, continuant ceux des manifestations de 1986-1987, qui avaient provoqu√© la chute de Hu Yaobang, apparaissent. Le 22 avril, les √©tudiants demandent √† voir Li Peng, consid√©r√© comme le rival de Hu Yaobang. Le m√™me jour, des manifestations d√©g√©n√®rent en province (√† Xi'an et Changsha).

A Shanghai, le 19 avril, le World Economic Herald (šłĖÁēĆÁĽŹśĶéŚĮľśä•), magazine proche des r√©formistes, pr√©pare pour son num√©ro √† para√ģtre le 24 avril un dossier consacr√© √† Hu Yaobang, dans lequel doit para√ģtre un article de Yan Jiaqi qui rend compte de la manifestation du 18 avril √† P√©kin, et demande une r√©√©valuation du limogeage de Hu. Le 21 avril, un responsable du Parti de Shanghai demande √† son r√©dacteur en chef Qin Benli de modifier, ou supprimer cet article. Comme celui-ci refuse, il se tourne vers le secr√©taire du Parti, Jiang Zemin, qui intervient pour faire interdire l'article. Entre temps, quelques exemplaires ont √©t√© diffus√©s, les autres paraissent avec une page blanche. En repr√©sailles, l'√©diteur en chef est limog√©[2], et le magazine mis sous tutelle du Parti de Shanghai.

Les manifestations et la grève de la faim (26 avril - 16 mai)

Le 26 avril, un √©ditorial du Quotidien du Peuple[3] qualifie les manifestations √©tudiantes de ¬ę troubles √† l'ordre public ¬Ľ, fait d'un ¬ę tr√®s petit nombre ¬Ľ. Il interdit toute nouvelle manifestation.[2] D√®s le soir du 26, l'agitation est forte dans les universit√©s de la capitale, notamment √† l'Universit√© de P√©kin et l'Universit√© du Peuple. Les √©tudiants rejettent le contr√īle des associations universitaires qui sont entre les mains du Parti communiste chinois. Ils fondent leur propre association autonome et se choisissent des repr√©sentants. Les jours suivants de grandes manifestations ont lieu √† P√©kin : le 27 avril, elles rassemblent quelque 50 000 personnes.[2] Le mouvement s'√©tend √©galement en province et il se d√©veloppe lorsque les ouvriers rejoignent le mouvement afin de remettre en cause la corruption du r√©gime et de protester contre l‚Äôinflation, le ch√īmage et le luxe dans lequel vivent les cadres du PCC.[2]

Le 4 mai, la manifestation comm√©morative du Mouvement du Quatre Mai se m√©lange √† celle des √©tudiants. Elle se d√©roule dans le calme et la bonne humeur.[2] D‚Äôautres grandes manifestations naissent dans les grandes villes du pays comme Urumqi, Shanghai et Chongqing ; plus tard, le mouvement touche Hong Kong, Taiwan et les communaut√©s de la diaspora chinoise en Am√©rique du Nord et en Europe.

Peu apr√®s, le dirigeant sovi√©tique, Mikhail Gorbatchev, doit effectuer √† P√©kin une visite historique. Elle entra√ģne la pr√©sence de nombreux journalistes √©trangers en Chine. Le 12 mai, les √©tudiants entament une gr√®ve de la faim illimit√©e sur la place Tian'anmen. Elle finira par concerner plus de 1000 personnes[4]. Ils sont rejoints par des d√©l√©gations d'√©tudiants de province, qui campent √©galement sur la place.

A partir de l'annonce de la grève de la faim, le mouvement étudiant reçoit l'appui d'une large partie de la population. A Pékin, des manifestations de soutien, qui regroupent des étudiants, des ouvriers, des cadres, et même parfois des policiers, ont lieu presque tous les jours, réunissant, à partir du 15 mai plusieurs centaines de milliers de personnes.[2]

Dernières négociations (16 mai - 19 mai)

Les dirigeants chinois sont partag√©s quant au mouvement √©tudiant. La faction conservatrice, men√©e par Li Peng, mais qui regroupe des responsables militaires, tels que Yang Shangkun, d√©sire une mise au pas autoritaire des manifestants. Les r√©formistes, autour de Zhao Ziyang, souhaitent une solution n√©goci√©e et pacifique. Tout au long du mois de mai, les contacts se succ√®dent et l'opinion g√©n√©rale dans les milieux estudiantins est qu'une solution sera trouv√©e. Ceci semble confirm√© le 19 mai par la derni√®re visite (et derni√®re apparition publique) de Zhao Ziyang aux √©tudiants de la place, pendant laquelle il prononce le discours suivant :

¬ę √Čtudiants, nous arrivons trop tard. Nous en sommes d√©sol√©s. Vous parlez de nous, vous nous critiquez, c'est l√©gitime. Je ne viens pas ici pour vous demander de nous pardonner. Ce que je veux vous dire, c'est que certains de vos camarades sont d√©j√† tr√®s faibles, apr√®s sept jours de gr√®ve de la faim, et qu'ils ne peuvent continuer ainsi. Plus la gr√®ve de la faim dure, plus elle risque de provoquer des d√©g√Ęts permanents √† leur sant√©. Ils sont en danger, et le plus important, aujourd'hui, c'est que vous consentiez √† mettre fin rapidement √† la gr√®ve de la faim. Je sais que vous observez cette gr√®ve pour que le Parti et le gouvernement donnent une r√©ponse satisfaisante aux questions que vous leur avez adress√©, mais il me semble que le dialogue entre nous est d√©j√† amorc√©, et que certaines de vos questions ne pourront √™tre r√©solues que par un long processus. Par exemple, vos questions sur la nature de ce mouvement, et sur les responsabilit√©s, sont, √† mon avis, des choses que nous pourrons finalement r√©soudre, et sur lesquelles nous parviendrons finalement √† une vision commune. Cependant, vous devez comprendre que la situation est complexe, et qu'il nous faudra du temps. Vous ne pouvez, alors que la gr√®ve de la faim entre d√©j√† dans son septi√®me jour, vous obstiner √† demander des r√©ponses satisfaisantes √† vos questions pour y mettre fin.

Vous √™tes encore jeunes, avez de nombreux jours devant vous, vous devez vivre en bonne sant√©, pour pouvoir voir le jour o√Ļ la Chine aura r√©alis√© ses quatre modernisations. Vous n'√™tes pas comme nous, qui sommes d√©j√† vieux, et pour qui cela n'a plus d'importance. Votre pays, vos parents, se sont donn√© du mal pour vous envoyer √† l'Universit√© ! Vous avez dix neuf, vingt ans, et vous voulez, comme √ßa, sacrifier vos vies ? √Čtudiants, soyez un peu raisonnables. La situation actuelle est d√©j√† tr√®s grave, vous le savez, le Parti et l'√©tat sont tr√®s inquiets, toute la soci√©t√© est en d√©sarroi. Par ailleurs, P√©kin est la capitale, mais partout, la situation s'aggrave jour apr√®s jour. Cette situation ne peut durer. √Čtudiants, vous √™tes plein de bonnes intentions, vous voulez le bien de votre pays, mais si cette situation s'√©tend, si on en perd le contr√īle, cela aura toutes sortes de cons√©quences n√©fastes.

Enfin, je vous dirai cette seule chose. Si vous cessez la gr√®ve de la faim, le gouvernement n'en profitera pas pour mettre fin au dialogue, certainement pas ! Les questions que vous avez pos√©es, nous continuerons √† les discuter. Les choses avancent lentement, mais reconnaissez que nous sommes en train de progresser sur certaines questions. Mais aujourd'hui, je voulais seulement vous voir, et vous dire ma pens√©e. J'esp√®re que vous pourrez r√©fl√©chir calmement √† ces questions. Dans des situations confuses, on ne peut r√©fl√©chir calmement √† ces choses. Vous √™tes pleins d'√©nergie, car vous √™tes jeunes. Mais nous, aussi, avons √©t√© jeunes, nous avons manifest√©, nous nous sommes couch√©s au travers des routes, sans r√©fl√©chir du tout aux cons√©quences. Finalement, je vous supplie sinc√®rement, √©tudiants, de r√©fl√©chir calmement √† la suite. Beaucoup de choses peuvent √™tre r√©solues. Et j'esp√®re que vous mettrez rapidement un terme √† la gr√®ve de la faim. ¬Ľ

Après ce discours, chacun est persuadé de l'imminence d'une solution négociée. Les appels à la fin de la grève de la faim, voire à l'évacuation de Tian'anmen, se multiplient chez les étudiants. Une annonce du gouvernement est prévue pour le soir, qui doit, pense-t-on, mettre un terme pacifique au mouvement.

La loi martiale (20 mai - 3 juin)

Au cours de la journée du 19 mai, Zhao Ziyang, favorable à un règlement négocié du conflit, est mis en minorité par les partisans d'une ligne dure, menés par Li Peng. Le soir, via les haut parleurs de la place Tian'anmen, Yuan Mu, le porte parole du gouvernement, annonce aux étudiants la proclamation de la loi martiale.

Zhao Ziyang est imm√©diatement limog√©, et plac√© en r√©sidence surveill√©e. Il y restera jusqu'√† sa mort. Ses proches collaborateurs tombent en disgr√Ęce. Autour de Li Peng se retrouvent le Pr√©sident de la R√©publique, Yang Shangkun, et son fr√®re Yang Baibing, tr√®s proches de l'Arm√©e Populaire de Lib√©ration. Sit√īt apr√®s l'annonce, des soldats de la 38√®me arm√©e (charg√©e de la d√©fense de P√©kin) prennent position autour de la capitale.

A Pékin, les étudiants demeurent sur la place, et dressent des barrages aux portes de la ville. Le 20 mai, l’armée recule devant les manifestants pacifistes.[2] Chai Ling prend la direction de la coordination étudiante autonome. Le 30 mai, une statue de la déesse de la démocratie qui rappelle la Statue de la Liberté de New York[2], est érigée sur la place par les étudiants de l'académie des Beaux Arts.

La répression du mouvement (3 juin - 9 juin), bilan des morts

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, des soldats de la 27e et de la 28e arm√©e entrent dans P√©kin. Ils tirent √† la mitraillette contre les personnes qui s‚Äôinterposent sans arme[2]. Des heurts violents avec les manifestants ont lieu sur les axes qui m√®nent √† la Place Tian'anmen, en particulier √† Muxidi, o√Ļ une colonne de v√©hicules est incendi√©e. Les combats se poursuivent jusqu'√† ce que l'arm√©e atteigne la place, √©crasant avec ses chars les manifestants rest√©s sous les tentes[2] ; la place est √©vacu√©e √† l'aube. Dans les jours qui suivent, l'arm√©e occupe P√©kin, des affrontements sporadiques ont encore lieu la nuit. Le mouvement √©tudiant est √©galement r√©prim√© en province et une purge s√©v√®re est men√©e dans tout le pays[2].

S'il est clair que l'intervention fit un assez grand nombre de victimes, leur nombre varie nettement suivant les sources :

  • le gouvernement Chinois donne 300 morts dont 23 √©tudiants[r√©f. n√©cessaire];
  • Zhang Wanshu, ancien dirigeant de l'agence Xinhua, d√©nombre 727 morts dont 14 soldats[5] ;
  • plus de 3700 tu√©s, excluant la disparition ou les morts secr√®tes et les refus de traitement m√©dical, selon un transfuge de l'APL citant un document circulant parmi les officiels chinois.[6]
  • la Croix-Rouge chinoise avait avanc√© le chiffre de 2600 morts, avant de se r√©tracter. [7] ;
  • Les m√®res de Tiananmen ont identifi√© 194 victimes, nombre minimum.[7],[8]
  • Amnesty International fait √©tat d'environ un millier de morts[9],[10],[11] (pour la seule ville de P√©kin, aucune donn√©e n'est disponible pour les affrontements en province).

Le Premier Ministre Li Peng, √©tiquet√© stalinien, est jug√© responsable de la proclamation de la loi martiale, et de la violence de la r√©pression. Cette r√©putation est quelque peu injuste. Li Peng, fils adoptif de Zhou Enlai, le p√®re des "Quatre modernisations", √©tait tr√®s proche de Deng Xiaoping, qui l'avait fait nommer Premier Ministre. Grand sp√©cialiste de l'√©nergie, il souhaitait le d√©veloppement et l'ouverture de la Chine. Comme Hu Yaobang et Zhao Ziyang, il faisait partie de la mouvance r√©formatrice, anti-mao√Įste. L'ironie de l'Histoire a voulu que ce soit leurs meilleures troupes, celles qui manifestaient √† Tian'Anmen, qui aient √©t√© sacrifi√©es sur l'autel du d√©veloppement.[r√©f. n√©cessaire]

L'explication officielle donnée par le gouvernement chinois affirme que la majorité des manifestants étaient des criminels et des voyous, sans lien avec les étudiants et que l’armée est intervenue pour sauver le socialisme en Chine[2]. D'autres sources y voient une majorité de jeunes étudiants. Le fait qu'un nombre important d'étudiants ait été arrêté dans les jours suivants en lien avec les évènements du 4 juin semble corroborer cette thèse.

Les conséquences

L'intervention écarte définitivement du pouvoir Zhao Ziyang, alors secrétaire général du Parti communiste chinois. Il demeurera en résidence surveillée jusqu'à sa mort. Bao Tong, son secrétaire politique, est arrêté. Condamné en 1992, il est en résidence surveillée depuis 1996. Deng Xiaoping remplace Zhao par Jiang Zemin, le secrétaire général du Parti de Shanghai, jusque là peu connu.

Dans la population, la reprise en main est rapide. Deng Xiaoping, silencieux pendant toute la dur√©e des √©v√®nements, prononce le 9 juin un discours, o√Ļ il r√©sume la position officielle sur les √©v√®nements. Pendant les douze mois qui suivent des commissions d'enqu√™te sont cr√©√©es, qui interrogent tous ceux qui ont pris part aux √©v√®nements. Ceci met fin d√©finitivement aux mouvements √©tudiants des ann√©es 1980.

Dès la fin de l'été, une série de campagnes d'opinion sont lancées, autour de thèmes patriotiques (notamment le personnage de Lei Feng), et des Quatre Principes Cardinaux (Voie Socialiste, Dictature du Prolétariat, Marxisme Léninisme Pensée Mao Tsé Toung, Prééminence du Parti Communiste). Les médias qui s'étaient montrés favorables aux étudiants (ou à Zhao Ziyang) sont remis au pas. L'idée de réforme politique ou de démocratisation, envisagée jusque là par certains éléments du Parti, est abandonnée.

À l'étranger

Les badges de soutien édités en France en 1989 pendant les évènements de Tian’anmen.

A l'√©tranger, l'intervention provoque une critique g√©n√©rale du gouvernement chinois. Quelques mesures de r√©torsion sont prises, la principale √©tant un embargo sur les ventes d'armes √† la Chine ‚ÄĒ toujours en vigueur ‚ÄĒ de l'ONU. L'Union europ√©enne[12] ainsi que l'arr√™t de la coop√©ration am√©ricaine en mati√®re militaire et de renseignement (fermeture des deux stations d'√©coute le long de la fronti√®re russe).

Le gouvernement des √Čtats-Unis offrit de prolonger leur visa aux √©tudiants chinois du pays. La France d√©cide de geler ses relations avec P√©kin. Les march√©s boursiers en Asie r√©agissent √† la baisse.

Au niveau officieux, devant la violence de la r√©pression des services de s√©curit√© chinois, la CIA r√©agit avec l'op√©ration Yellow Bird, sur ordre de George H. W. Bush : En coordination avec la DGSE et le SIS, elle r√©ussit √† faire exfiltrer nombre de dissidents politiques chinois. Pendant six mois, apr√®s le d√©but de la r√©pression, se basant sur ses meilleurs agents en Chine, √† Hong Kong et Macao, la CIA fait procurer des refuges s√Ľrs et des moyens d'√©vasion. Ainsi ¬ę disparaissent ¬Ľ les dissidents Li Lu (un des principaux organisateurs et leaders du mouvement estudiantin dissident) et Wuer Kaizi (leader √©tudiant d'origine ou√Įgour), puis Wan Runnan et Yan Jiaqi. On estime que des centaines de dissidents seront ainsi exfiltr√©s vers Hong Kong, et environ 200 voire 250 personnes au total seront sauv√©es lors de cette op√©ration [13].

Tian'anmen en Chine

L'explication officielle, fournie par Deng Xiaoping quelques jours apr√®s le 4 juin et inlassablement reprise depuis, est qu'un petit nombre d'√©meutiers, pour l'essentiel des repris de justice et des ch√īmeurs m√©contents, avaient attaqu√© les soldats qui venaient mettre de l'ordre sur la place Tian'anmen, et l'arm√©e avait d√Ľ se d√©fendre. En particulier, la th√®se officielle insiste sur le fait qu'il n'y a pas eu de mort sur la place, et affirme que les victimes n'√©taient pas des √©tudiants. Le mouvement √©tudiant d'avril et mai est, pour sa part, qualifi√© de troubles politiques.

Vingt ans apr√®s, les √©v√®nements de 1989 sont toujours un sujet tabou en Chine. Ils ne sont pas √©voqu√©s dans les livres d'histoire, ni enseign√©s. Chaque ann√©e, le 4 juin, la place Tian'anmen est tr√®s surveill√©e, pour √©viter toute comm√©moration. Les sites internet √©trangers sur le sujet sont censur√©s ou bloqu√©s (la pr√©sence d'articles sur 1989 a √©t√© cit√©e[r√©f. n√©cessaire] comme une des raisons du blocage de Wikip√©dia en Chine), et des moteurs de recherche tels que Google et Yahoo ont d√Ľ, pour s'installer en Chine, adapter leurs programmes pour qu'ils interdisent toute recherche efficace sur ces √©v√®nements. Enfin, la simple mention de ces sujets sur des sites webs ou des blogs chinois peut en causer la fermeture.

Aussi, de nombreux Chinois, en particulier ceux nés peu avant ou après 1989, n'ont qu'une très vague idée de ce qui s'est passé. Les rares ouvrages d'historiens chinois sur le sujet ont été publiés dans la région spéciale de Hong Kong (autonome jusqu'en 1997), et sont difficilement accessibles, et les sources occidentales sur le sujet ne sont pas diffusées en Chine.

En mai 2009, les mémoires posthumes de Zhao Ziyang sont publiées. Ce dernier y désigne Deng Xiaoping comme le principal responsable de la répression des manifestations de la place Tian'anmen [14].

Chronologie des événements

  • 15 avril : Mort de Hu Yaobang, ex-secr√©taire g√©n√©ral r√©formiste du PC chinois. Quelques centaines d'√©tudiants viennent d√©poser des fleurs place Tian'anmen.
  • 17 avril : 2 000 √©tudiants manifestent leur deuil place Tian'anmen et demandent la d√©mission du gouvernement.
  • 18 avril : 10 000 manifestants autour d'un noyau √©tudiant pr√©sentent sept revendications √† l'Assembl√©e nationale.
  • 19 avril : Attaque de Zhongnanhai, si√®ge du PC et r√©sidence des dirigeants, deux nuits de suite, par 8 000 personnes ¬ę dont cinq mille venues de la plupart des universit√©s de la capitale chinoise ¬Ľ. Interventions de la police.
  • 21 avril : 200 000 manifestants sur la place Tian'anmen, dont 50 000 braveront l'interdit jusqu'au lendemain.
  • 22 avril : Obs√®ques de Hu Yaobang, place Tian'anmen, malgr√© les manifestations. Emeutes √† Xi'an (attaque du b√Ętiment du gouvernement, destruction de cars de touristes, pillages, incendies) et Changsha (pillages, affrontements, arrestations).
  • 25 avril : Analyse de Deng Xiaoping √† l'attention des cadres dirigeants du parti, qui ne sera publique que le 3 juin : ¬ę Il ne s'agit pas d'un mouvement √©tudiant ordinaire, mais d'une √©meute (...). Nous devons r√©agir vite (...) sans craindre les critiques ni les r√©actions de l'√©tranger. (...) Si ce sont les seuls √©tudiants qui s'agitent, ce n'est pas grave. Le principal c'est d'√©viter qu'ils n'agitent la soci√©t√© dans son ensemble. (...) ¬Ľ
  • 27 avril : Entre 100 000 et 500 000 personnes manifestent dans P√©kin contre l'√©ditorial du Quotidien du peuple de la veille, qui taxe le mouvement de ¬ę complot antiparti ¬Ľ.
  • 28 avril : D√©but pr√©sum√© des n√©gociations secr√®tes entre gouvernement et √©tudiants.
  • 4 mai : 300 000 manifestants √† P√©kin pour comm√©morer les manifestations antijaponaises de 1919.
  • 13 mai : 2 000 √©tudiants commencent une gr√®ve de la faim, place Tian'anmen, ainsi √† nouveau occup√©e d√®s le lendemain.
  • 15 mai : Arriv√©e de Gorbatchev √† P√©kin pour r√©concilier l'URSS et la Chine. Son trajet doit √™tre d√©tourn√© √† cause de l'occupation du centre de la ville par des centaines de milliers de manifestants.
  • 18 mai : D√©part de Gorbatchev, auquel l'occupation continue du centre de P√©kin a vol√© la vedette. ¬ę Deuxi√®me manifestation de plus d'un million de personnes. ¬Ľ
  • 19 mai : Cr√©ation d'une Union autonome des ouvriers de P√©kin, qui se met aussit√īt en gr√®ve. Parce que la base du mouvement n'est plus essentiellement √©tudiante, Li Peng, premier ministre, et Zhao Ziyang, premier secr√©taire du PCC, commencent √† n√©gocier avec les chefs √©tudiants.
  • 20 mai : Loi martiale. L'arm√©e intervient, mais sans armes. La population de P√©kin bloque son avance √† travers les rues de la capitale. Les √©tudiants reprennent leur gr√®ve de la faim interrompue la veille, et s'organisent contre les non-√©tudiants, place Tian'anmen. Plus de 100 000 manifestants √† Shanghai, Nanjing, Shenzhen. Echauffour√©es entre ouvriers et soldats √† Changsha.
  • 30 mai : Premi√®res arrestations d'ouvriers et de ¬ę Tigres volants ¬Ľ (motocyclistes au service des manifestations).
  • 31 mai : Le gouvernement organise une contre-manifestation : 20 000 personnes, dont de nombreux policiers.
  • 3 juin : Nouvelle intervention sans armes de l'arm√©e. Nouvelle mobilisation. L'arm√©e √† nouveau bloqu√©e par la foule ne parvient pas √† approcher Tian'anmen. Echauffour√©es. La ¬ę population de P√©kin ¬Ľ prend les armes. Barricades.
  • 4 juin : L'arm√©e tire. Les √©tudiants n√©gocient leur d√©part de la place Tian'anmen, qu'ils avaient interdite au reste de la population. Celle-ci l'investit pour la d√©fendre : cette bataille fera de 300 √† 3 000 morts. Manifestations de plus de 100 000 personnes √† Shanghai, Nanjing, Hongkong. Appels √† la gr√®ve g√©n√©rale.
  • 5 juin : Combats dans P√©kin. Emeute √† Chengdu : 300 morts. A Lanzhou, la r√©pression de la manifestation aurait fait 200 morts.
  • 6 juin : Combats dans P√©kin. Armes lourdes dans les banlieues sud et ouest. Barricades et violents affrontements √† Shanghai : 50 morts.
  • 7 juin : Les combats continuent √† P√©kin. Affrontements et barricades √† Shanghai, Chengdu, Qingdao, Xi'an.
  • 8 juin : D√®s le matin, l'arm√©e occupe tout P√©kin. Emeute √† Hongkong.
  • 9 juin : Deng Xiaoping, annonc√© mort par la t√©l√©vision ta√Įwanaise, r√©appara√ģt sur les √©crans.
  • 15 juin : Premi√®res condamnations √† mort (il y a eu environ 1 500 arrestations).
  • 20 juin : Premi√®res ex√©cutions officielles : 3 ouvriers de Shanghai.

Références dans la culture populaire

Livres, films et émissions télévisées censurées en Chine

  • En 2006, le film Une jeunesse chinoise fut interdit en Chine parce qu'il mentionnait les manifestations de la place Tian'anmen.
  • En mai 2007, le livre Collection of June Fourth Poems fut interdit en Chine.
  • En juillet 2007, le livre Zhao Ziyang's words during his housearrest fut √©galement interdit en Chine.

Cinéma

Télévision

  • Tian Anmen : 20 ans de tabou, documentaire de Shi Ming (diffus√© en juin 2009 dans l'√©mission th√©ma sur arte, Page web)
  • "Retour Place Tian Anmen" Documentaire de Bernard Debord et Jean-Claude Guidicelli, FR3, La Marche du Si√®cle, 28/05/1990.
  • Dans l'√©pisode des Simpsons B√©b√© nem, un plan reprend l'image de l'√©tudiant devant la colonne de chars, ce dernier √©tant remplac√© par Selma. Un panneau indique : ¬ę Place Tian'anmen, il ne s'est rien pass√© ¬Ľ.

Voir aussi

Annexes

Bibliographie

  • Jean-Luc Domenach, Chine : L'archipel oubli√©, Paris, Fayard, 1992
  • ¬ę 1989 - 2006 : la m√©moire purg√©e de Tiananmen ¬Ľ, Lib√©ration, n¬į7796 du 2 juin 2006.
  • Marie-Claire Berg√®re, La Chine de 1949 √† nos jours, Armand Colin, 3e √©dition, 2000
  • Jos√© Fr√®ches, Il √©tait une fois la Chine. 4300 ans d'histoire, Xo √©ditions.
  • Zhang Liang, Les Archives de Tiananmen, Editions du F√©lin, 2004, (ISBN )
  • Alain Peyrefitte, La Chine s'est r√©veill√©e, Fayard, 1998
  • Alain Peyrefitte, La trag√©die chinoise, Fayard, 1990
  • Bernard Debord et Eric Sarner, Mourir Place Tian Anmen, Olivier Orban, 1990
  • Ma Jian, Beijing coma, Flammarion, 2008
  • Zhang Wanshu, Une explosion historique ‚Äď Minutes des √©v√©nements du 4 juin, 2009

Liens externes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ (en) Andrew J. Nathan, ¬ę The Tiananmen Papers ¬Ľ, 2001, Foreign Affairs. Consult√© le 09-07-2007
  2. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ, e‚ÄČ, f‚ÄČ, g‚ÄČ, h‚ÄČ, i‚ÄČ, j‚ÄČ, k‚ÄČ, l‚ÄČ, m‚ÄČ, n‚ÄČ, o‚ÄČ et p‚ÄČ Marie-Claire Berg√®re, La Chine de 1949 √† nos jours, 2000, p.212 √† 221
  3. ‚ÜĎ Xinhua: Full text of the 4-26 Editorial
  4. ‚ÜĎ Liu Xiaobo, "That Holy Word, "Revolution," dans Popular Protest and Political Culture in Modern China, Jeffrey N. Wasserstrom et Elizabeth J. Perry, 140-7, Boulder, Col.: Westview Press, 1994, p.315
  5. ‚ÜĎ ¬ę 727 morts √† Tian‚Äôanmen selon un ancien de l'agence Xinhua ¬Ľ, dans Courrier international du 20-05-2009, [lire en ligne]
  6. ‚ÜĎ Timperlake, Edward. (1999). Red Dragon Rising. Regnery Publishing. ISBN 0895262584
  7. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tian Anmen d'hier √† aujourd'hui, Arte
  8. ‚ÜĎ [1]
  9. ‚ÜĎ How Many Really Died? Time magazine, June 04, 1990
  10. ‚ÜĎ La trag√©die Chinoise, Alain Peyrefitte, page 271
  11. ‚ÜĎ (fr) Massacre place Tiananmen, Radio-Canada. Consult√© le 09-07-2007
  12. ‚ÜĎ ¬ę L'UE demande √† la Chine d'ouvrir davantage son march√© ¬Ľ, dans Le Monde du 28/05/2007, [lire en ligne]
  13. ‚ÜĎ (fr) Ralph McGehee's Archive on JFK Place, f√©vrier 1996
  14. ‚ÜĎ Source: Le Courrier International
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