Maison de La Forest Divonne

Maison de La Forest Divonne
Blason de la famille de Maison de La Forest Divonne
Blasonnement : Armes de La Forest Divonne. Tournoi de 1348
Devise(s) : « Tout à travers »
Période : Xe siècle
Pays ou province d'origine : Royaume de France Royaume de France
Duché de France Duché de Savoie

Sommaire

Histoire

La Maison de La Forest Divonne est originaire de Savoie. Les lettres patentes de Louis XV (1749), érigeant la baronnie de Divonne en comté, témoignent de l'ancienneté de la maison qui " dès le Xe siècle était considérable en Savoie", où elle a possédé les plus importantes charges à la cour des princes de Savoie.

Dominé par les hautes parois boisées de la Dent du Chat, l'immense fief de La Forest s’étageait sur les premières pentes de la montagne, au Nord de Saint-Jean-de-Chevelu, et à une lieue d’Yenne, dans un site riant de vallons, de prairies et de bois, de vergers et de vignes, arrosé par les eaux de la Méline. Sur une hauteur, la demeure seigneuriale (château de La Forest), gravement mutilée à la Révolution Française, garde depuis près d'un millénaire la route d’accès au col du Chat.

Le premier membre connu de cette famille est Amédée, seigneur de La Forest, qui accompagna en 1110 le comte Amédée III de Savoie à Rome pour le couronnement de l'empereur d'Allemagne Henri V. Quatre La Forest (Thorens, Berlion, Sigomon et Martin) sont témoins à l'acte de vente de Chambéry en 1232, par Berlion de Chambéry à Thomas, comte de Savoie. Leurs descendants occupèrent un rôle de premier plan à la cour de Savoie et s'illustrèrent dans l'armée ainsi que dans les ordres. Par la suite la Maison de La Forest Divonne acquiert une forte renommée à travers des personnalités marquantes, elle est ainsi érigée à la Pairie Héréditaire en 1827 en la personne du Comte Louis de La Forest Divonne (1765-1838).

La maison de La Forest Divonne devint française en 1650 par le mariage de Gilbert de La Forest avec Jeanne-Françoise de Symond, qui fit entrer Divonne, première baronnie du Pays de Gex, dans la famille.

La branche Aînée de la Maison de La Forest Divonne se rattache au "Sang Royal de France" (archives de d'Hozier, 5ème volume du Nobiliaire). Elle est membre de l'ANF depuis le 26 mai 1935.

Illustrations

  • Cinq comtés ont été créés et érigés en faveur des La Forest en Savoie, Piémont et France: comté de La Forest (1594), comté de Roccavione (1627), comté de La Croix (1640), comté de Rumilly (1681) et comté de Divonne (1749).
  • La Maison de La Forest Divonne fut reçue deux fois aux honneurs de la cour de France (1773 et 1787), "distinction nobiliaire très prestigieuse du XVIIIe siècle dont le but était d'honorer de très vieilles familles nobles encore suffisamment représentatives. » (cf. Catalogue de la noblesse française de Regis Valette).

Citations

"Les comtes de La Forest ne sont plus représentés en Savoie maintenant, mais ils y ont figuré avec haute distinction depuis le XIIe siècle jusqu'à 1650 (date de leur rattachement a La Cour du Royaume de France); ils y ont contracté les plus hautes alliances et possédé de nombreuses seigneuries titrée; chez eux, les avantages de l'antiquité et de la richesse sont rehaussés par l'illustration des services et des charges dans l'Armée et dans l'Église. Je ne peux les énumérer tous ici. Il suffira, pour justifier mon appréciation et fournir quelques preuves irréfutables, de faire une restitution historique à un illustre personnage de cette famille, - fort peu connu pourtant - aïeul direct des comtes actuels de la Forest Divonne- Antoine de La Forest, seigneur de Rian, chevalier, conseiller et chambellan ducal, ambassadeur extraordinaire du duc de Savoie pour épouser en son nom Blanche de Montferrat, en 1485, fut un des personnages les plus distingués de la cour du duc Charles.(...)

Par autres patentes, du 19 juillet suivant, où les mêmes glorieux faits sont rappelés, presque mot à mot, le duc de Savoie voulant témoigner à Antoine de La Forest la reconnaissance qu'il lui doit et lui devra perpétuellement égale à la grandeur de ses services, le constitue son lieutenant et gouverneur de la ville et comté de Nice, des comtés de Vintimille, Barcelone, de toute la patrie de Provence et terres adjacentes. Antoine étant retenu par ses hautes fonctions auprès de la personne ducale, fut autorisé, par patentes du 4 août suivant, à substituer dans cette charge Hugues de La Forest, son frère, lequel fut accepté, le 10 août suivant, par le grand conseil de la ville de Nice, pour obéir au duc, mais n'entendant pas pourtant déroger aux franchises de la ville." (extrait de Armorial et nobiliaire de Savoie, 28 ème livraison)

Héraldique

Armes de la Forest

Les armes de la Maison de La Forest Divonne se blasonnent ainsi: De sinople à la bande d'or fréttée de gueule

[traduction comtemporaine: Pointe : écu en pointe. Sinople: vert. Gueules : rouge. Or : jaune. Fretté : meuble d'armoiries fait de croisillons entrelacés moitié dans le sens de la bande, moitié dans le sens de la barre.]

Cimier: une aigle de sable éployée, becquée et armée de gueules, surmontée d'une couronne ducale. Selon la tradition, cette couronne aurait été concédée à Antoine de La Forest qui avait sauvé le jeune Duc Charles Ier de Savoie des mains de Charles le Téméraire en 1476. Par patentes datées de 1889, le Roi Humbert Ier d’Italie en a confirmé l'usage à tous les membres de la famille.

Supports : deux lions au naturel, debout armés et lampassés de gueules.

Devise : "Tout à travers".

Une légende laisse prétendre, qu'il y a neuf siècles un des Comtes de Savoie, fondateurs de la dynastie qui régna sur toute l’Italie, était en guerre avec son voisin le Dauphin de Viennois. Les deux armées se livrèrent dans le petit Bugey un sanglant combat. La victoire était indécise, lorsque le Sire de La Forest qui combattait avec le Comte de Savoie, s'élança à travers une forêt qui couvrait une des ailes de l'armée dauphinoise en poussant le cri '"Tout à travers"'. Les Dauphinois, pris de flanc par cette manœuvre hardie, furent vaincus. Le Comte de Savoie aurait donné, en mémoire de ce fait d'armes, au Sire de La Forest et à toute sa Maison, les armoiries qu’elle possède encore aujourd'hui." Le fond sinople représenterait la forêt,la bande d'or, le chemin tracé par le Sire de La Forest, et les frettes de gueules, figureraient les coups d'épée distribués pendant la percée.

  • Comtes de La Forest (1594).
  • Comtes de Verel, de Dulin et de Pont-de-Beauvoisin (1594).
  • Comtes de La Croix (1640).
  • Comtes de Rumilly (1681).
  • Comtes de Divonne (1749).
  • Baron d'Aspremont, de la Val-d'Isère, de la Bastie d'Albanais, de Bonvillard...
  • Seigneurs du Chastelard, de Gramont, de Saint-Sorlin de Cuchet, de Rougemont, de la Barre, de Somont, de Sainte-Croix, de Brison, de Cevins, de Grignon, de Loëx, de Lucey, de Manigod, de Nernier, de Pontchy, de Rumilly, de Saint Alban, de Saint Laurent, de Rian, Somont, de Toisinge.
  • Coseigneurs de Colliette, de Reano, de Villarbasse, etc...
  • Baron-Pair de France (1829).
Louis de La Forest Divonne (1765-1838), pair de France.

Château de La Forest

Le château de La Forest s'élève sur un contrefort du Mont du Chat, au pied de forêts de hêtres et d'épicéas qui ont dû lui valoir son nom. Sis à quatre kilomètres de la petite ville d'Yenne, le château est très représentatif de l'architecture militaire à la fin du XIIIème et au début du XIVème siècle. Fortement assis sur une terrasse de gros appareil, il est construit sur un plan carré et comporte quatre tours d'angle et une cinquième, au centre de la façade ouest qui défend l'entrée. L'étroite porte d'accès en arc brisé, et les restes d'une herse sont encore visibles. D'une tour à l'autre sur ce côté un balcon a été édifié au siècle dernier qui remplace l'ancien hourd, ou hourdis, galerie de bois jadis fixée au niveau des créneaux pour battre les murailles en cas de siège. Le château comprend un rez-de-chaussée, ou partie basse, et un étage. Une chapelle construite à l'extérieur et adossée au mur sud. Les cinq tours, découronnées à la Révolution sur l'ordre du représentant de la Convention en Savoie, étaient autrefois en poivrière à mâchicoulis, protégées en avant-corps par des barbacanes, ou casemates, constituant une enceinte. Plusieurs fenêtres sont à meneau. Au-dessus de l'une d'elles sont sculptées les armes de la famille. À courte distance, par un chemin, on accède à la " Petite Forest ", constituée d'un donjon carré, posé sur une butte, et dont il ne reste que les fondations. à côté du donjon quelques pans de mur ruinés et deux granges dont les bases comportent des éléments gothiques, notamment celles des portes, elles proviennent très probablement du château primitif, presque entièrement disparu. Le donjon possède encore une fenêtre à meneau.

Château de Divonne

Divonne devint au XIIème siècle le chef lieu-d'une importante seigneurie, à quatre kilomètres de la ville de Gex. Elle s'étendait au sud, de la pierre de Mourex, bloc erratique visible encore aujourd'hui entre le village de ce nom et celui de Grilly, au nord jusqu'à Asyin. A l'ouest ses limites dépassaient les crêtes boisées du Jura.

Elle appartint d'abord à Walcher de Divonne et à son frère, Étienne de Gingins qui, en 1123, firent don de leur terre de Bonmont à des moines qui vivaient dans la région. Cette donation constitue l'acte de fondation de l'abbaye édifiée à cette époque et dont les restes sont encore imposants. Divonne passa au XIIIème siècle chez les sires de Gex, puis chez les Joinville, famille du célèbre chroniqueur. Le seigneur, en était, en 1356, Amé Il de Joinville, dont la fille Aymonette épousa Jacques de Gingins.

C'est ainsi que le château revint à la famille de ses premiers propriétaires. Les Gingins, originaires de la Suisse Romande, étaient de puissants dynastes qui figurèrent avec éclat à la cour de Savoie. Leur descendant, Laurent de Gingins, fut le dernier baron de Divonne de sa lignée. Il épousa Jeanne de Symond qui, veuve en 1653, se remaria avec Gilbert de La Forest, seigneur de Rumilly, et lui légua Divonne en 1660. La seigneurie relevait du roi de France.

C'est ainsi que le fils de Gilbert de La Forest, Albert Eugène, héritier de son père, quittant les États de la maison de Savoie, pour s'installer à Divonne, devint sujet français et ses descendants, après lui. L'ancien château du Moyen Âge, puissamment fortifié, était entouré d'un mur d'enceinte appuyé de plusieurs tours rondes. Au XVIIIème siècle un nouveau château, bâti par Claude Antoine de La Forest, comte de Divonne, remplaça les anciennes constructions qui disparurent presque complètement au XIXème siècle. Il n'en reste aujourd'hui dans le parc qu'une ancienne poterne datant du XIIème.

Première baronnie du Pays de Gex, Divonne était le chef-lieu d'un important territoire. La Révolution française enleva à ses seigneurs presque tous leurs biens. Louis de La Forest Divonne, à la Restauration, retrouva cependant une partie de ses biens et les bois du Jura qui constituèrent le majorat institué en sa faveur lorsqu'il fut nommé Pair de France héréditaire par le Roi Charles X en 1827.

Château d'Arcine

Au-dessus de la commune de Saint-Pierre de Rumilly se dresse, à 550 mètres d'altitude, un château d'allure débonnaire ayant plutôt le caractère d'une habitation de plaisance que d'une forteresse. C'est le château d'Arcine dont l'histoire est d'ailleurs exempte de faits glorieux et ne tire son lustre que de la personnalité de ses occupants. Ce vaste manoir était autrefois connu sous le nom de Rumilly-sous Cornillon, appellation qu'il devait d'une part à sa proximité de Saint-Pierre de Rumilly et d'autre part à sa position au-dessous du château de Cornillon dont seuls subsistent de nos jours quelques murs en ruine.

Il gardait autrefois le débouché de la vallée de la Borne et était le siège d'une seigneurie qui s'étendait sur un territoire de vingt kilomètres carrés. Le château de Rumilly-sous-Cornillon, pour lui donner le nom qui fut le sien jusqu'à une époque récente, aurait été construit au XIIème siècle par les comtes de Genève. Il était en 1395 la propriété de Pierre de Genève qui le constitua en douaire à sa femme Marguerite de Joinville, laquelle devait le céder plus tard au duc de Savoie, Amédée VIII.

Plus tard le château passa en différentes mains. C'est en 1530 que Pierre de La Forest l'acheta de Philippe de Savoie, duc de Nemours, auprès duquel il avait été élevé en qualité de page. Pierre était très estimé du duc Charles Il qui le délégua auprès du roi François Ier avec le titre d'ambassadeur. Nous voyons dès lors le château se transmettre de père en fils dans la famille de La Forest. C'est ainsi que la demeure, toujours solide, fut successivement la propriété de Charles Ier de La Forest, lieutenant général de Savoie, qui combattit le célèbre baron des Adrets, et périt à Vienne, en 1565, de Jean de La Forest, colonel du fameux régiment de Savoie, qui lutta victorieusement contre les Bernois, en 1589, et fut tué l'année suivante à la bataille de Bonne, de Georges de La Forest, baron de Rumilly, de Gilbert I de La Forest, lui aussi lieutenant général et qui porta le titre de comte de Rumilly.

En 1733, le château passa Victor Amédée de La Forest qui le vendit au général Muffat de Saint-Amour, un des meilleurs lieutenants du prince Eugène.

Château de Somont

Ulrich de Somont (de Submonte) accompagnait le comte de Savoie, Amédée III, à la deuxième croisade en 1147. Antoine de Somont, dernier de cette famille, capitaine des archers de la garde du duc de Savoie, reçoit, en 1490, de la duchesse Blanche, régente de Savoie, investiture du château et des lieux de Somont et Aimavigne, avec juridiction omnimode de haute, moyenne et basse justice et dernier supplice. Il meurt sans enfant mâle et sa fille unique Huguette de Somont, hérite de ses biens et épouse Pierre de La Forest, seigneur de La Barre (d'une branche originaire du château de La Forest) ; il devient ainsi seigneur de Somont et l'on voit ce Pierre de La Forest, seigneur de Somont et de La Barre, faire, en 1536, hommage pour ces deux fiefs au roi de France, François Ier, occupant alors la Savoie. Il fut ambassadeur du duc de Savoie en France. L'un de ses fils, Charles de La Forest, forma le rameau des barons puis comtes de Divonne, et l'autre, Antoine de La Forest, épousa Philiberte des Terreaux, fille du seigneur de Murs, et continua la branche des La Forest de Somont, seigneurs de Murs. Son fils Jean Antoine de La Forest de Somont, né au château de Somont, en 1645, devint abbé de Tamié.

En 1675, Joseph de Grenaud, seigneur de Contamine et de La Forest, représente son parent Jean-François de La Forest, seigneur de Somont, Murs et Bonvillard, à la réunion de la noblesse, à Yenne.

En 1669, Jean-François de La Forest, seigneur de Somont, s'oppose à ce que le marquis d'Yenne, qui vient d'être investi, dresse ses fourches patibulaires sur le coteau d'Arcollières, en un lieu qui aurait toujours été dans la juridiction de Somont. Il meurt, sans descendance mâle, vers 1730, et son fief, par le mariage de sa fille et unique héritière, Charlotte de La Forest de Somont, avec François de Mareschal de Luciane, passe à ce dernier qui devient seigneur de Somont.

La seigneurie de Somont est érigée en comté, en faveur de Jacques de Mareschal de Somont, fils du précédent, le 23 novembre 1733, par Charles-Emmanuel III, en considération de l'ancienneté de sa noblesse et des services rendus par ses ancêtres. Il avait épousé Anne de St-Séverin, dame de La Barre et de Murs.

La famille Mareschal Somont fut momentanément dépossédée de sa terre au moment de la Révolution : par contrat du 28 prairial an VI, reçu par le notaire Bonnet, de Bourg-en-Bresse, la dame Jeanne-Hélène de Longecombe, veuve de François-César de Vignod, achète le domaine de Somont pour 60.000 francs, et sa fille, Marie-Barbe-Claudine-Joséphine de Vignod, épouse le comte Joseph-Hector de Mareschal de Somont, rapportant ainsi à cette famille la terre de ce nom. Leur fille, Eugénie de Mareschal-Somont, épouse le comte Charles Pullini, intendant général de Savoie de 1823 à 1833. Sa fille, demoiselle Marie Pullini, vend le domaine de Somont en 1879, au comte Lodoik de La Forest Divonne qui mourut quelques années après.

Château de la Barre

La Barre, en Bugey, commune de Brégnier-Cordon (Ain). Fief avec château, possédé en 1374, par Guillaume de Cordon, qui en fit hommage le 15 octobre à Louis de Savoie, comte de Vaud. La seigneurie de La Barre resta chez les Cordon jusqu'en 1435, année où elle fut acquise par les Beaumont. Elle passa, dix ans plus tard, aux Bonivard, et, en 1488, aux La Forest, par le mariage d'Antoine de La Forest avec Claire de Bonivard. Il reste peu de choses de l'ancien château du moyen âge, ceinturé de tours.

Les La Forest, aux XVIe et XVIIe siècles, transformèrent La Barre en demeure d'agrément, avec de beaux jardins. Le château gardait cependant encore un aspect féodal, mais vendu par les La Forest, au XVIIIe siècle, il est aujourd'hui en grande partie ruiné et prosaïquement habité. Au XVIIe la seigneurie était très importante et les droits de justice couvraient plusieurs fiefs en dépendant. Elle a donné son nom à une branche des La Forest éteinte en 1745.

Château de Montcharvin

Le vieux chemin de Chambéry aux Échelles était gardé par le château de Montcharvin, bien campé sur une haute butte, que la raideur de ses pentes défend. Il est flanqué d'une grosse tour carrée découronnée. Un escalier en vis y est logé. La façade principale à l'est donne sur une cour en terrasse, dont le mur d'enceinte était fortifié d'une tour ronde aujourd'hui ruinée. Au rez-de-chaussée une grande fenêtre à meneau éclaire une salle à poutrelles moulurées, dans laquelle se trouve un manteau de cheminée de superbes dimensions datant du XIVème siècle.

Point très important pour la défense du pays, au Moyen Âge, le château appartint d'abord à la famille de La Salle, vieille race féodale, puis au XVème siècle, à Janus de Duyn, baron de la Val d'Isère, vicomte de Tarentaise, grand écuyer de Savoie. Sa fille, Louise de Duyn, mariée à un piémontais, le comte Valperga, dont elle n'eut pas d'enfants, testa, en 1525, pour un cousin germain, Pierre de La Forest, seigneur de La Barre.

Pierre fut ambassadeur de Savoie en France, et l'un des quatre barons qui portèrent le poêle aux funérailles de Philippe de Savoie, duc de Nemours. Mais les honneurs en ce temps là ne détachaient pas des manoirs ruraux, et c'est à Montcharvin qu'habitait la veuve de Pierre, Huguette de Somont, lorsqu'elle testa, le 10 mars 1556. Jean de La Forest, leur petit-fils, grand capitaine et lui aussi ambassadeur en France, obtint en 1592 des lettres lui permettant d'obliger ses hommes taillables, dépendant de la seigneurie de Montcharvin, à s'affranchir " tant de corps que de biens ". Après lui les La Forest gardèrent le château jusqu'au XVIIIème siècle.

Château de Rossillon

Guillaume II, Seigneur de La Forest, du Chatelard, de la Fenarre en Grèce, fut le premier châtelain de Rossillon, dès 1398. Page du Comte vert, écuyer du Comte Rouge, chambellan et ambassadeur du duc Amédée VII, c’est lui qui fit reconstruire le chœur de l’église où il fut inhumé en 1440, et bâtir une chapelle latérale, où les armes apparaissent sur la clef de voûte.

Lui succède alors son fils, Jean Ier, inhumé en 1466 au tombeau de son père. C’est lui qui fit ériger la maison forte, siège du bailliage de Rossillon, à l’entrée du village fortifié. Antoine, seigneur de La Barre, gouverneur de Nice – illustre pour avoir sauvé le jeune Duc Philibert des mains du « Téméraire » - et son frère Hugues, tous deux fils du précédent, se partageront la Châtellenie jusqu’en 1509, date de la mort de Hugues. Quand François Ier s’empare du Bugey en 1536, c’est encore un La Forest, Philibert, Seigneur de La Batie d’Albanais, petit-fils de Hugues, qui prête « foi et hommage » au Roi pour sa châtellenie de Rossillon.

Château de La Croix

À petite distance de Chambéry deux chemins montent, l'un au gros village de La Cluse, l'autre au Pas de La Cluse. À leur croisée ils forment le carrefour de La Croix, qui fut un nœud très important pour la défense du pays. Il était commandé par un château, que portait, au-dessus du ruisseau du Nant, une butte au talus raide, dont on avait aplani le sommet et régularisé les pentes. Une vaste enceinte flanquée de tours rondes l'entourait. Dans cette enceinte bien orientée, en une vue admirable, le château de La Croix était une grande et très solide forteresse, aujourd'hui en partie ruinée. Cette position, maîtresse de la route, appartint au Moyen Âge aux premiers comtes de Savoie.

Amédée IV, ayant douze frères et sœurs à doter, la vendit en 1234, pour 4000 sous d'or, à Guillaume Dieulefils. La seigneurie passa ensuite par héritage aux La Rivoire, et plus tard, à Pierre de Lambert, président de la Chambre des comptes de Savoie, habile ambassadeur auprès de l'empereur Charles Quint et du roi François Ier, auteur d'intéressants Mémoires. Son fils, Jean Gaspard de Lambert, lui aussi ambassadeur en France, en pleine Renaissance, y prit le goût des lettres et se mit à faire des vers. La fille de ce gentilhomme poète, mariée à Jean de La Forest de La Barre, porta La Croix, dans cette famille.

C'est pour son petit-fils, François de La Forest, que le fief fut érigé en comté, en l'an 1640. Le château était alors, aux termes des patentes d'érection, l'un des plus beaux des États. Sa juridiction féodale s'étendait sur Verel- Pragondran et sur les parties des territoires de Saint-Alban et de Bassens qui ne relevaient pas du château dit de Saint-Alban, les héritiers du dernier des La Forest de cette branche vendirent La Croix, en 1759, à François Louis de Ville.

Châteaux de Verel et Dulin

Canton de Pont de Beauvoisin. Ces seigneuries proviennent des Montbel. Mort sans enfants, François de Montbel nomma héritière sa mère, Philippine de Lannoy, par testament du 12 mars 1536. Celle-ci, malgré de longs procès contre Sébastien de Montbel, comte d'Entremont, qui revendiquait Verel et Dullin en raison des substitutions apposées aux testaments de ses ancêtres, resta en possession des seigneuries et les transmit à Philibert de La Forest, baron de la Batie d'Albanais.

Dans une transaction de 1546, ce dernier s'intitule seigneur de Verel et de Dullin, en qualité d'héritier de François de Montbel, par la médiate personne de Philippine de Lannoy, mère de celui-ci. On ignore pour quelles raisons François de Montbel avait légué ces deux fiefs à Philibert de La Forest. Était-ce en remboursement de dettes à son égard, d'un prêt qu'il n'avait pu honorer autrement, ou pour des raisons familiales, ou de parenté, qui nous sont inconnues ? Il paraît certain en tout cas que des liens anciens et solides existaient entre ces branches des Montbel et des La Forest.

Philibert laissa à son fils Charles de La Forest, Chambellan du duc Charles Emmanuel Ier, ces deux seigneuries qui, unies à la juridiction de Pont de Beauvoisin et à la juridiction haute, moyenne et basse de la Bridoire, achetée par le dit Charles du domaine ducal, le 20 février 1594, pour 7000 écus d'or, furent érigées en comté en sa faveur par patentes du pénultième février de cette année, sous les nom et dénomination de comté de La Forest. Charles n'eut qu'une fille, Charlotte Emmanuelle, et laissa pour héritière bénéficiaire Marguerite de Seyssel La Chambre, sa deuxième femme. Celle-ci vendit les terres, juridictions et mandements de Verel et Dullin, à leur neveu le marquis de Saint Séverin, fils du comte de Saint Séverin et d'Ennemonde de La Forest. Verel et Dullin furent ultérieurement érigés en comté en faveur dudit marquis.

Château de Lucey

Bâti sur un ancien site romain, il fut la propriété des La Forest qui l’élevèrent en des temps immémoriaux. Son emplacement stratégique, et les droits qui y étaient afférents, témoignent de la puissance de cette famille à la naissance du Comté de Savoie.

Lucey était, en effet, une terre souveraine avec paroisse, cours d’eau, cascade, moulin, îles, droits de péage de gué et de bateau sur le pont. Sigomon de La Forest est le premier seigneur connu de Lucey.

Cité dès 1223, Sigomon était familier de la Maison de Savoie. C’est ainsi qu’on le retrouve, avec trois autres membres de la famille La Forest, à la cession de Chambéry au Comte de Savoie en 1232. Par acte de 1253, Sigomon passe reconnaissance de fief à l’abbé de Hautecombe. De sa femme, dont le nom est inconnu, étaient nés cinq enfants : Isabelle, Guillaume, Catherine, Béatrix et Luyset.

Sigomon de La Forest fonda une nouvelle branche, les La Forest de Lucey, qui ne dura qu’une génération après lui. Son fils, le chevalier Guillaume de Lucey, passe plusieurs actes dans la tour ronde du château en 1269, 1270 et 1280. Le 12 des calendes d’octobre 1291, le seigneur de Lucey reçoit l’hommage de ses vassaux dans son verger.

De son mariage avec Dame Jacqueline, dont le nom nous est inconnu, Guillaume de La Forest de Lucey n’eut pas de postérité. Il testa le 3 des calendes de juillet 1296, dans la grande salle du château, en faveur de son neveu, Jacques de Chevelu. Ce dernier était le fils d’Isabelle de Lucey, qui avait épousé le chevalier Jean de Chevelu, chef de cette puissante et antique famille.

Le destin des Chevelu et des La Forest fut étroitement lié au cours du Moyen Âge. Cette proximité s’explique par une communauté d’origine. En effet, le berceau des Chevelu, le château de Cinne, était situé à moins d’un kilomètre du château de La Forest. Les deux familles dominèrent la région de Yenne au cours du bas Moyen-Âge. Les Chevelu se succédèrent à Lucey. L’un d’eux, Louis de Chevelu, fut l’un des personnages les plus distingués du règne d’Amédée VIII de Savoie. Ami et conseiller intime du Duc, il suivit ce dernier dans sa retraite au château de Ripaille. Le seigneur de Chevelu s’y enferma avec cinq autres familiers du suzerain et fit partie de la première promotion de l’ordre de Saint-Maurice qui fut fondé en 1434.

Un hôtel particulier situé à Paris, au 13 rue Vaneau dans le 7ème arrondissement, porte le nom de la famille. L'hôtel de La Forest Divonne a été construit en 1843, sous l'égide de l'architecte Hippolyte Destailleur. L'hôtel de La Forest Divonne (apparaissant de nos jours par erreur sous la dénomination Delaforest) appartient actuellement à l'Etat (Services du Premier Ministre). Il a été inscrit aux Monuments historiques en 1993.

Un hôtel particulier situé à Arles, au 6 rue de la Roquette, porte également de nom de la famille.

  • http://www.delaforest.free.fr/
  • La baronnie de Divonne et ses seigneurs (1123-1930). ; Albert Comte de LA FOREST DIVONNE; Toulouse, E. Privat, 1930. (OCLC 39259898)
  • Maison de La Forest Divonne - Notices généalogiques et historiques ; Dominique Comte de LA FOREST DIVONNE (1915-1996).
  • Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie. ; Amédée de Foras ; Éditeur : Grenoble : Typographie et Lithographie E. Allier, 1863-1938.. (OCLC 12687270)
  • Châteaux et maisons fortes Savoyardes. ; Michèle Brocard; Éditeur : Le Coteau : Horvath, [1986]. (OCLC 18604121)
  • Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie. ; Jean Létanche; Éditeur : Paris : Livre d'histoire-Lorisse, 2005. ISBN : 284373813X 9782843738135 (OCLC 64167317)
  • Chambéry à la fin du XIVe siècle, ; Timoléon Chapperon ; Éditeur : Paris, Dumoulin, 1863. (OCLC 17913397)
  • Voyage d'histoire en pays de Yenne, ; Éditeur : Lyon, J.R. Clocher, 2003. ISBN : 2950092004 9782950092007. (OCLC 56552284)
  • Claude Antoine de la Forest comte de Divonne (1726-1799) & Justine de la Rivoire de la Tourrette (1730-1799) - Généalogie descendante détaillée, notes historiques et documents 1730 - 2000, Charles Vollet - Préface Frédéric de Limburg Stirum

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