Mafia

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Mafia
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Représentation symbolique de la Mafia par la pieuvre

Une mafia (ou maffia) est une organisation criminelle dont les activitĂ©s sont soumises Ă  une direction collĂ©giale occulte et qui repose sur une stratĂ©gie d’infiltration de la sociĂ©tĂ© civile et des institutions. On parle Ă©galement de systĂšme mafieux. Les membres sont appelĂ©s « mafieux Â» (sans distinction de nombre), ou parfois « mafiosi Â», d’aprĂšs le nom italien (au singulier : « mafioso Â»).

Sommaire

Étymologie

Maxi-procĂšs de 1901 contre la mafia, Ă  l'issue duquel 32 des 89 inculpĂ©s furent condamnĂ©s, mais une bonne partie fut libĂ©rĂ© en raison de la dĂ©tention provisoire dĂ©jĂ  effectuĂ©e. Illustration du journal de Palerme, L'Ora (it), propriĂ©tĂ© de la riche famille Florio (it), elle-mĂȘme liĂ©e Ă  la mafia.
Article dĂ©taillĂ© : Mafia (Ă©tymologie).

Le terme mafia a diverses étymologies possibles, plus ou moins vérifiables et réalistes. Dans les années 1860 commence la notoriété du terme, qui désigne par exemple dans les documents officiels, comme les communications des fonctionnaires, à la fois une association de malfaiteurs et un comportement courant dans la société sicilienne, rapproché du courage et de la vengeance[1].

Naissance et origine de la mafia

Le terme mafia est polysĂ©mique : au sens large il dĂ©signe toute forme de crime organisĂ© n'importe oĂč sur la planĂšte (c'est ainsi qu'on parle de mafia russe, italienne, chinoise, japonaise etc...) ; mais le sens premier dĂ©signe l'organisation du crime sicilien ; la Sicile est le berceau de la Mafia.

Une origine sicilienne

La mafia sicilienne : onorata societa, omerta, etc.

La mafia Ă  l'origine est donc sicilienne. Elle apparaĂźt dans la seconde moitiĂ© du XIX° siĂšcle. Dans la premiĂšre moitiĂ© du XIX° siĂšcle, l'aristocratie a laissĂ© de plus en plus de place Ă  la bourgeoisie dans la gestion des terres. D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale les taxes ont augmentĂ© ; les terres rĂ©servĂ©es autrefois aux pauvres ont Ă©tĂ© confisquĂ©es et privatisĂ©es. Avec le rattachement Ă  l'Italie (1861), de nouvelles taxes imposĂ©es par le Nord s'ajoutent rendant la situation intenable. C'est dans ce contexte que la mafia explose. Qu'est-ce que la mafia ? Le mafieux est d'abord un misĂ©rable, chassĂ© de ses terres, contraint Ă  l'errance, mendiant, brigand, louant ses services, rackettant... mais il y a un autre type de mafieux : le riche, le possĂ©dant qui expulse et qui rĂ©munĂšre les gros bras qui expulsent, rĂ©coltent les taxes, extorquent les fonds sous la menace de l'arme, sans passer par les tribunaux (trop laxistes de toute façon). A une Ă©poque oĂč le pauvre et le riche vont s'appauvrir les liens vont se resserrer ; au fur et Ă  mesure que les difficultĂ©s s'accroissent la valeur de la parole donnĂ©e augmente, ainsi naĂźt l'onorata societa, la sociĂ©tĂ© des hommes d'honneur, ceux qui tiennent leur parole, ceux qui tiennent leur langue. Avec la mafia la notion d' omerta est scellĂ©e. Tout "homme d'honneur" doit tenir sa langue, il doit prĂ©fĂ©rer le silence Ă  la dĂ©nonciation, l'action Ă  la parlote. L' omerta, c'est l'homme ("omu") et l'humilitĂ© (umiltĂ ), l'homme humble, respectable, digne de ce nom, qui se tait et qui fait C'est indĂ©niablement dans un contexte d'extrĂȘme pauvretĂ© que se dĂ©veloppe la mafia : sans conditions extrĂȘmes, pas d'hommes de main, sans hommes de main prĂȘts Ă  exĂ©cuter les ordres, il n'y a pas d'organisation. La mafia est aussi liĂ©e Ă  la notion de "parrain". Le parrain est le chef de l'organisation, celui qui accumule le plus de richesses et celui qui prend toutes les dĂ©cisions. Chaque homme lui doit le "respect" ; celui qui enfreint cette rĂšgle doit mourir. A l'origine la mafia est organisĂ©e, elle a un chef et des exĂ©cutants ; mais plus la pauvretĂ© va croĂźtre dans la Sicile de la fin du XIX° siĂšcle plus les "mafias" vont prospĂ©rer et s'organiser, plus elles vont ĂȘtre nombreuses et s'affronter pour le contrĂŽle des territoires et des revenus.

Le premier Parrain : Don Vito

Le premier vĂ©ritable « parrain Â» de la mafia s'appelle Vito Cascio Ferro. Il modernise l'organisation, impose le pizzu, impĂŽt (racket) sur tous les commerçants. Il raconte qu'il va « picorer Â» chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d'eau pour boire ; d'oĂč le terme « pizzu Â». Il est le parrain qui chapote tous les capos qui eux-mĂȘmes dirigent tous les hommes de mains. Chaque capo a un consigliere (bras droit). « Don Vito Â», comme on l'appelle, ne faillira jamais, parsemant sa vie de nombreux morts. Il est la lĂ©gende qui a inspirĂ© le personnage du film Le Parrain prĂȘtant son surnom et son prĂ©nom Ă  Don Vito Corleone (le nom de Corleone Ă©tant empruntĂ© au village de mafieux le plus dur qu'ait connu la Sicile : Corleone, au sud-ouest de Palerme). C'est lui qui infiltre la mafia aux États-Unis Ă  la fin du XIXe siĂšcle.

La mafia sicilienne aux Etats-Unis d'Amérique

Les pauvres Siciliens fuyaient la misĂšre et malheureusement ne trouvaient que misĂšre Ă©galement aux Etats-Unis ; l'organisation de la Mafia trouva donc un terrain prospĂšre pour ses affaires aux Etats-Unis. C'est ainsi que dĂšs l'arrivĂ©e des premiers Siciliens se mit en place l'organisation de la Main Noire ou Mano Nera. Les mafieux envoient des lettres anonymes aux autres Siciliens avec une demande de rançon signĂ©e par un dessin reprĂ©sentant une main gantĂ©e de noir. Celui qui reçoit la lettre n'a qu'Ă  se rendre au rendez-vous fixĂ© avec la somme demandĂ©e, sinon c'est l'assassinat. Ce phĂ©nomĂšne n'Ă©tant rĂ©servĂ© qu'aux Siciliens, et ces Siciliens Ă©taient gĂ©nĂ©ralement trĂšs pauvres, la police amĂ©ricaine se moque Ă©perdument de tout ça. Il n'y a guĂšre qu'une fois le cadavre retrouvĂ© que l'on s'inquiĂšte un peu, puis on passe... C'est ainsi que l'organisation criminelle de Don Vito va s'Ă©tendre de la Sicile aux Etats-Unis et y prospĂ©rer Ă©galement. On trouve trĂšs tĂŽt des marques d'implantation de la mafia partout oĂč il y a des Siciliens : New York bien sĂ»r, mais aussi Chicago, et mĂȘme Kansas City (!).

Les mafias italiennes

Si la mafia se dĂ©veloppe d'abord en Sicile, elle se dĂ©veloppe aussi rapidement dans le Sud de l'Italie, cette autre partie soumise au nord et nĂ©gligĂ©e par le nord dĂšs aprĂšs 1861. Ces mafias portent diffĂ©rents noms selon le lieu oĂč elles rĂšgnent :

Les mafias autres dans le monde

Les organisations criminelles considérées comme des mafias stricto sensu par les criminologues sont, outre les mafias italiennes,

D’autres groupes criminels tels que les cartels colombiens avec Pablo Escobar, les clans nigĂ©rians, les posses jamaĂŻcains, la pĂšgre du sud de la France, sont des mafias vivant du rackett de la prostitution et de tout autre sorte de trafics.

Caractéristiques d'une mafia

Six caractĂ©ristiques dĂ©finissent une mafia :

  • Structuration de l'organisation qui suppose un engagement rĂ©ciproque de ses membres et un certain nombre de rĂšgles internes.
  • La violence qui est Ă  la fois utilisĂ©e pour accĂ©der Ă  des richesses et pour protĂ©ger l'organisation par l'intimidation.
  • La mafia a aussi un rĂŽle social. Les mafieux cherchent Ă  avoir des rĂŽles important dans des activitĂ©s de mĂ©diation sur le plan politique, social ou Ă©conomique, en particulier pour la jonction entre la sphĂšre lĂ©gale et illĂ©gale.
  • Un ancrage territorial. Ainsi tout en ayant des activitĂ©s internationale. Les mafias cherchent Ă  garder des liens sur leurs territoires d'origine.
  • La coexistence entre les activitĂ©s lĂ©gales et illĂ©gales entre l'ensemble des ressources de l'organisation. Seule l'Italie, confrontĂ©e de longue date au phĂ©nomĂšnes mafieux, a dĂ©fini le crime d'association mafieuse.
  • Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit Ă  l'Ă©chelle rĂ©gionale, soit Ă  l'Ă©chelle nationale. GrĂące Ă  cette interpĂ©nĂ©tration, elle arrive Ă  accĂ©der Ă  certaines ressources, dont des marchĂ©s publics. Elle arrive dans certains cas Ă  agir en toute impunitĂ© judiciaire parce qu'elle monnaie son soutien Ă  la classe politique Ă  travers l'influence qu'elle exerce sur la sociĂ©tĂ©.

Histoire de la Cosa Nostra sicilienne

Les débuts

Il a Ă©tĂ© longtemps dĂ©battu des origines mĂ©diĂ©vales ou non de la Mafia. Le Pentito dĂ©cĂ©dĂ© Tommaso Buscetta a pensĂ© que oui, alors que les lettrĂ©s modernes pensent maintenant autrement. Il est possible que la mafia « originelle Â» ait Ă©tĂ© constituĂ©e comme une sociĂ©tĂ© secrĂšte dont l’objectif avouĂ© Ă©tait de protĂ©ger la population sicilienne de la menace des maraudeurs espagnols au XVe siĂšcle. Cependant, il y a trĂšs peu de preuves historiques qui abondent dans ce sens. Il est Ă©galement concevable que le mythe de « Robin des Bois Â» ait Ă©tĂ© perpĂ©tuĂ© par les premiers mafiosi notoires dans le but de gagner la bienveillance et la confiance des Siciliens.

AprĂšs les rĂ©volutions de 1848 et 1860, la Sicile avait sombrĂ© dans l’anarchie la plus totale. Les premiers mafiosi, alors bandes de hors-la-loi, petites et Ă©parses, contribuĂšrent par les armes Ă  la confusion. Pour l’auteur John Dickie, leur objectif Ă©tait de dĂ©truire les rapports de police et les preuves, ainsi que d’éliminer la police et les pentiti (repentis) en profitant du chaos ambiant. Cependant, une fois qu’un nouveau gouvernement fut Ă©tabli Ă  Rome et qu’il devint clair que la mafia ne serait plus Ă  mĂȘme de mener Ă  bien ces actions, ils changĂšrent progressivement leurs mĂ©thodes et leurs techniques au cours de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle. ProtĂ©ger les grandes plantations de citronniers et les propriĂ©tĂ©s de la noblesse locale (parfois en son absence jusqu’à la remplacer) devinrent des affaires lucratives bien que dangereuses. Ces activitĂ©s se dĂ©roulaient au dĂ©but principalement Ă  Palerme, mais la domination de la mafia sicilienne s’étendit bientĂŽt dans tout l’ouest de la Sicile. Afin de renforcer les liens entre les bandes disparates et d’assurer ainsi de meilleurs profits et un environnement plus sĂ»r, il est possible que la mafia telle que nous la connaissons ait Ă©tĂ© formĂ©e Ă  ce moment, au milieu du XIXe siĂšcle.

Aprùs l’unification de l'Italie

À partir de 1861, date Ă  laquelle le nouvel État italien unifiĂ© prit contrĂŽle de la Sicile et des Ă©tats papaux, les papes furent hostiles Ă  l'État. DĂšs 1870, le pape dĂ©clara ĂȘtre assailli par l’État italien et les catholiques furent fortement encouragĂ©s Ă  refuser de coopĂ©rer avec lui. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, en Italie, cela prit un caractĂšre paisible. La Sicile Ă©tait fortement catholique, dans un sens toutefois plus communautaire qu'intellectuel ou thĂ©ologique, et se mĂ©fiait traditionnellement des Ă©trangers. La friction entre l’Église et l’État donna un grand avantage aux bandes criminelles violentes de Sicile qui pouvaient dĂ©clarer aux paysans et aux citadins que coopĂ©rer avec la police, qui reprĂ©sentait le nouvel État italien, Ă©tait un acte anti-catholique. C’est pendant les deux dĂ©cennies suivant l’unification de 1860 que le terme mafia est venu Ă  l’attention du grand public, bien qu’il dĂ©signĂąt alors davantage un systĂšme d’attitudes et de valeurs qu’une organisation. Elle Ă©tait encore Ă  l’image des contremaĂźtres qui dirigeaient les grandes propriĂ©tĂ©s agricoles en l’absence des propriĂ©taires terriens (les nobles) qui rĂ©sidaient le plus souvent Ă  Palerme, Naples ou, aprĂšs l'unification, Rome et qui acquirent de fait un pouvoir local, notamment en termes d’impĂŽts.

La premiĂšre mention dans les annales judiciaires officielles du terme « mafia Â» apparaĂźt Ă  la fin du XIXe siĂšcle, quand un certain Dr. Galati fut victime de menaces violentes par un mafioso local, Antonino Giammona, qui tentait de racketter son exploitation de citronniers. Les rackets de « protection Â», le vol de bĂ©tail et la corruption de fonctionnaires de l’État Ă©taient les sources de revenus et les protections principales des premiĂšres mafias. La Cosa Nostra a aussi fortement empruntĂ© aux serments et rites maçonniques, comme la dĂ©sormais cĂ©lĂšbre cĂ©rĂ©monie d’initiation.

Le régime fasciste de Mussolini

En 1925, Benito Mussolini lança une campagne visant Ă  dĂ©truire la mafia et Ă  exercer un contrĂŽle fasciste sur la vie sicilienne. La mafia menaçait, sapait sa puissance en Sicile, et une campagne rĂ©ussie aurait pour consĂ©quence de renforcer la lĂ©gitimation et la mise en place de son pouvoir. C'Ă©tait une opĂ©ration dont les retombĂ©es pouvaient ĂȘtre trĂšs positives pour l'image du fascisme, et qui pouvait Ă©galement fournir une excuse pour rĂ©primer ses opposants politiques sur l'Ăźle, puisque de nombreux politiciens siciliens avaient des liens mafieux.

En tant que premier ministre, Mussolini avait visitĂ© la Sicile en mai 1924 et traversĂ© Piana dei Greci, oĂč il avait Ă©tĂ© reçu par le maire, patron de la mafia Francesco Cuccia. À un moment, Cuccia s'Ă©tonne de l'escorte policiĂšre de Mussolini, et lui chuchote Ă  l'oreille: « Vous ĂȘtes avec moi, vous ĂȘtes sous ma protection. De quoi avez vous besoin de tous ces flics ? Â» Quand Mussolini eut rejetĂ© l'offre de protection de Cuccia, celui-ci instruit les villageois de ne pas assister au discours de Mussolini. Mussolini se sentit humiliĂ© et outragĂ©.

La remarque imprudente de Cuccia est passĂ©e dans l'histoire comme le catalyseur de la guerre de Mussolini contre la mafia. Lorsque Mussolini eut Ă©tabli fermement son pouvoir, il nomma Cesare Mori, le prĂ©fet (« de fer Â») de Palerme en octobre 1925 et lui accorda des pouvoirs spĂ©ciaux pour lutter contre la mafia. Mori forma une petite armĂ©e de policiers, de carabiniers et de miliciens, qui passait de ville en ville, pour entourer les suspects. Pour contraindre les suspects Ă  se rendre, ils prirent leurs familles en otage, vendirent leurs biens ou firent publiquement abattre leur bĂ©tail. En 1928, plus de 11.000 suspects avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s. Les confessions Ă©taient parfois extorquĂ©s sous la torture et les coups. Certains mafieux qui avaient Ă©tĂ© du cĂŽtĂ© des perdants de querelles mafieuses coopĂ©rĂšrent volontairement avec les procureurs, afin, peut-ĂȘtre, d'obtenir protection et vengeance. Les charges d'association mafieuse furent gĂ©nĂ©ralement adressĂ©es Ă  des paysans pauvres, aux gabellotti (locataires de ferme), mais furent Ă©vitĂ©es lorsqu'il s'agissait de grands propriĂ©taires terriens. Beaucoup furent jugĂ©es en groupe. Plus de 1.200 furent condamnĂ©s et emprisonnĂ©s et d'autres exilĂ©s (en exil intĂ©rieur) sans procĂšs. Beaucoup de mafiosi fuirent Ă  l’étranger pour Ă©chapper Ă  l'emprisonnement.

Des résultats tangibles

En 1927 Mussolini crie victoire ; Mori, lui-mĂȘme, se vante d'avoir ramenĂ© le nombre de meurtres en Sicile occidentale de 278 en 1924 Ă  25 en 1928 (en fait il y en aurait eu une bonne centaine pour cette annĂ©e)[2].

La campagne de Mori prit fin en juin 1929, quand Mussolini le rappela Ă  Rome. Bien qu'il n'ait pas totalement Ă©crasĂ© la Mafia comme la presse fasciste le proclama, sa campagne fut nĂ©anmoins couronnĂ©e de succĂšs. Comme l'ancien mafieu Antonino Calderone le rappelle dans ses MĂ©moires : « La musique avait changĂ©. Les mafieux eurent une vie difficile [...] AprĂšs la guerre, la mafia n'existait presque plus. Les familles siciliennes avaient toutes Ă©tĂ© brisĂ©es.... Â»

GrĂące Ă  ses actions, le taux d'assassinats en Sicile diminua fortement. Les propriĂ©taires fonciers purent augmenter le loyer lĂ©gal sur leurs terres;. Les mafiosi fuirent vers les États-Unis. Parmi ceux-ci Carlo Gambino, Joseph Bonanno, qui allaient devenir les patrons de la puissante mafia new-yorkaise. Joseph Bonanno, surnommĂ© Joe Bananas, passera par le port du Havre et deviendra le futur parrain de la branche amĂ©ricaine de la Mafia. On peut encore citer Frank Coppola, qui fuit la Sicile en 1926 et devient chef d'une famille Ă  Kansas City[2]. ExpulsĂ© en 1948 il revient en Sicile et organise le trafic de drogue.

Limites de la politique fasciste

Mais cette politique avait deux dĂ©fauts : elle emprisonnait plus des opposants politiques (dĂ©portĂ©s aux Ăźles Lipari) au rĂ©gime que des mafieux notoires, d'autre part on Ă©liminait les mafieux qui ne dĂ©siraient pas s'allier avec Rome, par consĂ©quent on affaiblit une partie de la mafia, mais uniquement pour renforcer l'autre partie. Quand Mori eut fini d'emprisonner les mafieux non affiliĂ©s au rĂ©gime, il continua sa furie antimafia, sans se rendre compte qu'il touchait aux amis du rĂ©gime. Mussolini avait accueilli de nombreux mafieux dans son rĂ©gime, si bien que ceux qui s'Ă©taient alliĂ©s avec lui continuĂšrent Ă  faire des affaires, et ces derniers profitĂšrent bien entendu de la violence du rĂ©gime non seulement pour se dĂ©barrasser des mafieux d'autres clans mais Ă©galement pour se dĂ©barrasser de civils qui dĂ©siraient lutter contre la mafia. Vito Genovese est le plus connu de ces gangsters qui firent le bonheur du parti fasciste. Mori finit par ĂȘtre victime de son propre zĂšle : il emprisonne Don Cucco, un oculiste connu et dĂ©putĂ©, puis il emprisonne les avocats et les chirurgiens... on s'inquiĂšte Ă  Rome, bientĂŽt la sociĂ©tĂ© sicilienne n'aura plus aucun cadre Ă  ce rythme... Mori est appelĂ© Ă  d'autres fonctions en juin 1929. Officiellement, il est destituĂ© car sa mission est accomplie et terminĂ© : il n'y a plus de mafia en Sicile. En fait, elle est toujours lĂ  : en 1931, plus de 280 mafiosi sont condamnĂ©s dont 180 au cours d'un seul procĂšs, en 1932 dans la seule ville d'Agrigente on rafle 242 hommes et femmes de la mafia. Le grand parrain de la Sicile, Don Vito Cascio est en prison et y meurt c'est vrai, mais il y vivait en vrai pacha[3][4], et il est remplacĂ© par son bras droit Don Calogero Vizzini qui a lui l'appui du rĂ©gime[3]. Don Calo avait en effet avant la prise du pouvoir par Mussolini cachĂ© un squadriste qui avait tuĂ© un opposant politique[3], de mĂȘme il avait avancĂ© des fonds Ă  Mussolini pour sa marche sur Rome. Le fugitif qu'il avait cachĂ© Ă©tait ensuite devenu secrĂ©taire d'Etat de Mussolini[3]. En 1924 Don Calo fut officiellement inculpĂ© de fraude, mais ne fut condamnĂ© qu'Ă  5 ans d'assignation Ă  rĂ©sidence (confino), le parrain Ă©tait libre[3]. En 1925, il est de nouveau inculpĂ© pour association de malfaiteurs, mais cette fois il est carrĂ©ment acquittĂ©[3].

La libĂ©ration amĂ©ricaine et l’aprĂšs-guerre

AprĂšs la chute du rĂ©gime fasciste, la mafia est redevenue puissante en Italie avec la reddition du pays et l’occupation amĂ©ricaine. Les États-Unis ont utilisĂ© les relations italiennes de mafiosi amĂ©ricains pendant le dĂ©barquement en Sicile et en Italie, en 1943. Lucky Luciano et d’autres mafiosi, qui avaient Ă©tĂ© emprisonnĂ©s pendant ce temps aux États-Unis, fournirent des informations au renseignement militaire amĂ©ricain et usĂšrent de l’influence de Luciano pour faciliter l’avancĂ©e des troupes. Par exemple, le contrĂŽle de Luciano sur les ports a empĂȘchĂ© leur sabotage par les agents fascistes. En Ă©change les autoritĂ©s amĂ©ricaines firent des cadeaux aux mafieux collaboratifs.

Ainsi , Luciano a Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  commander son rĂ©seau criminel de sa cellule de prison en Ă©change de son assistance et aprĂšs la guerre Luciano fut libĂ©rĂ© et extradĂ© vers l’Italie, oĂč non seulement il dĂ©veloppa son entreprise criminelle mais il dĂ©veloppa des liens entre l'Italie et la mafia restĂ©e aux Etats-Unis. Officiellement il lui Ă©tait interdit d'aller en Sicile, mais rien ne l'en empĂȘcha, et c'est lui qui permit une alliance avec la mafia corse qui mena au dĂ©veloppement d’un vaste rĂ©seau international de trafic d’hĂ©roĂŻne. Le lieu de production de l'hĂ©roĂŻne Ă©tait la Turquie, mais quand la Turquie a commencĂ© Ă  Ă©liminer la production d’opium, il usa de ses relations avec les Corses pour ouvrir un dialogue avec les mafiosi corses expatriĂ©s au Sud-Vietnam. En collaboration avec les principaux patrons amĂ©ricains comme Santo Trafficante Jr, Luciano et ses successeurs profitĂšrent des conditions chaotiques en Asie du Sud-Est, rĂ©sultant de la guerre du Vietnam, pour Ă©tablir une base d’approvisionnement et de distribution hors d’atteinte dans le « Triangle d’or Â», laquelle redirigea bientĂŽt des quantitĂ©s Ă©normes d’hĂ©roĂŻne asiatique aux États-Unis, en Australie et dans les autres pays via l’armĂ©e amĂ©ricaine[5]. Ce rĂ©seau incluait la fameuse "french connection" de Marseille qui fournissait les savants capables de transformer et affiner la qualitĂ© de la drogue.

Certains [Qui ?] affirment que le bureau amĂ©ricain des services stratĂ©giques (OSS), le prĂ©curseur de la CIA, a dĂ©libĂ©rĂ©ment permis Ă  la mafia de retrouver sa position sociale et Ă©conomique en tant qu’« Ă‰tat dans l’État Â» en Sicile et que cela fut, avec l’alliance États-Unis-Mafia forgĂ©e en 1943, annĂ©e de la chute de Mussolini, le tournant dĂ©cisif dans l’histoire de la mafia et les bases nouvelles pour son activitĂ© pendant les soixante annĂ©es suivantes.

D’autres, tel que l’historien palermitain Francesco Renda [rĂ©f. nĂ©cessaire], ont niĂ© l’existence de toute alliance de ce type. La mafia aurait plutĂŽt exploitĂ© le chaos de la Sicile post-fasciste pour reconquĂ©rir sa base sociale. L’OSS, en effet, en 1944, dans son « Rapport sur les problĂšmes de la mafia Â» par l’agent W.E. Scotten, a notĂ© les signes de rĂ©surgence de la mafia et a averti des pĂ©rils qu’elle reprĂ©sentait pour l’ordre social et les progrĂšs Ă©conomiques [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Un bĂ©nĂ©fice supplĂ©mentaire (dans la perspective amĂ©ricaine de la guerre froide) aurait Ă©tĂ© que beaucoup de mafiosi siciliens Ă©taient des anti-communistes purs et durs. Ils ont donc Ă©tĂ© vus comme de prĂ©cieux alliĂ©s. Ceux-ci auraient utilisĂ© leurs services aussi bien dans l’industrie navale amĂ©ricaine pour Ă©radiquer les Ă©lĂ©ments socialistes et communistes, que dans les mouvements de rĂ©sistance durant la guerre ou dans les gouvernements d’aprĂšs-guerre, locaux et rĂ©gionaux, lĂ  oĂč la Mafia avait la mainmise.

Ses relations politiques lors de la guerre froide

Durant toute la guerre froide, la mafia entretient des liens avec les partis politiques italiens, notamment la DĂ©mocratie chrĂ©tienne qui gouverne quasiment sans interruption le pays jusqu'aux annĂ©es 1980. Une commission Anti-Mafia est mise en place en 1963, aprĂšs plusieurs propositions restĂ©es lettre morte (en particulier aprĂšs le massacre de Portella della Ginestra du 1er mai 1947 organisĂ© par Salvatore Giuliano, dix jours aprĂšs la victoire de la gauche aux Ă©lections locales, et en particulier du paysan sicilien Girolamo Li Causi, membre du Parti communiste italien (PCI). D'autres propositions furent Ă©mises, en 1948 par le dĂ©putĂ© communiste Giuseppe Berti, et en 1958 par l'ex-Premier ministre Ferruccio Parri, cette derniĂšre Ă©tant rejetĂ©e par les politiciens siciliens membres de la DĂ©mocratie chrĂ©tienne, en particulier Bernardo Mattarella et Giovanni Gioia. Mais aprĂšs une guerre des gangs Ă  Palerme, en 1962, la crĂ©ation de la Commission devint enfin effective. La premiĂšre Commission parlementaire sur les activitĂ©s de la mafia, prĂ©sidĂ©e par Paolo Rossi, du Parti socialiste dĂ©mocratique italien, fut mise sur pieds en 1963. En mai 1965, le Parlement vota la loi 575, « Dispositions contre la mafia. Â» La Commission enquĂȘta sur l'Ă©chec du procĂšs contre Luciano Leggio

Danilo Dolci, surnommĂ© le « Gandhi de Sicile Â», tĂ©moigna en 1967 contre les liens entre la mafia et la classe politique italienne, s'attirant les foudres de trois hauts responsables de la DĂ©mocratie chrĂ©tienne, dont le ministre Bernardo Mattarella.

En 1972, neuf ans aprĂšs le massacre de Ciaculli qui marqua le dĂ©but de luttes fratricides au sein de la mafia et un an aprĂšs la dĂ©mission du maire dĂ©mocrate-chrĂ©tien de Palerme, Vito Ciancimino, l'arrivĂ©e Ă  la Commission anti-mafia du dĂ©mocrate-chrĂ©tien Giovanni Matta, ex-membre du conseil municipal de Palerme, suscita un scandale, l'opposition de gauche accusant la DĂ©mocratie chrĂ©tienne au pouvoir de tout faire pour limiter les enquĂȘtes de la Commission. Finalement toute la Commission dut dĂ©missionner, avant d'ĂȘtre reformĂ©e sans intĂ©grer Matta[6].

Pour lutter contre la mafia, Peppino Impastato se porta candidat en 1978 sur la liste Democrazia Proletaria (extrĂȘme gauche) aux Ă©lections municipales de Cinisi. Il fut assassinĂ© dans la nuit du 8 au 9 mai 1978, pendant la campagne Ă©lectorale.

La Seconde Commission Antimafia fut mise sur pied en 1982, aprĂšs l'assassinat en avril 1982 du membre de la Commission Pio La Torre, dĂ©putĂ© communiste qui avait fait votĂ© la loi anti-mafia Rognoni-La Torre, et, en septembre 1982, du gĂ©nĂ©ral Carlo Alberto Dalla Chiesa, cĂ©lĂšbre pour avoir capturĂ© en septembre 1974 les fondateurs des premiĂšres Brigades rouges, Renato Curcio et Alberto Franceschini. Leader de la lutte antiterroriste, Chiesa avait Ă©tĂ© nommĂ© prĂ©fet Ă  Palerme le 1er mai 1982 pour mettre un terme aux violences commises lors de la Seconde guerre de la mafia (plus d'un millier d'homicides entre 1981 et 1983). Il fut assassinĂ© cent jours aprĂšs sa nomination, avec son Ă©pouse et son garde du corps.

En 1984, l'arrestation de Tommaso Buscetta au BrĂ©sil porte le premier coup d'envergure Ă  Cosa Nostra. Devenant le premier pentito (« repenti Â»), son arrestation permit le maxi-procĂšs de 1986-87 Ă  Palerme, au cours duquel Ă©taient inculpĂ©s 475 mafieux (dont les repentis Antonino Calderone; le « soldat Â» de la mafia Salvatore Contorno ayant Ă©tĂ© tuĂ© en 1986, ainsi que l'ex-maire de Palerme Vito Ciancimino). Buscetta collabora aussi avec les AmĂ©ricains lors de l'opĂ©ration Pizza connection. En 1992, il fit des dĂ©clarations fracassantes contre l'ex-prĂ©sident du Conseil Giulio Andreotti, qui avait dominĂ© pendant 50 ans la scĂšne politique italienne, et dont le dernier gouvernement Ă©tait tombĂ© la mĂȘme annĂ©e en raison de l'opĂ©ration Mains propres.

Depuis les années 1990

L’Italie a rĂ©ussi Ă  donner quelques coups importants aux organisations mafieuses qui Ɠuvraient sur son territoire et Ă  partir de celui-ci. La magistrature lance alors l'OpĂ©ration Mains propres, qui sonne la fin de la Seconde RĂ©publique italienne, les deux partis principaux, la DĂ©mocratie chrĂ©tienne et le Parti socialiste Ă©tant contraints de se dissoudre, en raison du trĂšs grand nombre de politiciens impliquĂ©s dans des affaires de corruption (dont les ex-prĂ©sidents du Conseil Bettino Craxi pour les socialistes, et Giulio Andreotti pour les dĂ©mocrates chrĂ©tiens, celui-ci Ă©tant citĂ© en plus comme ayant des liens avec la Mafia sicilienne mais il a Ă©tĂ© acquittĂ© en derniĂšre instance ; Salvo Lima, le « pro-consul d'Andreotti Â» en Sicile, fut assassinĂ© le 12 mars 1992 pour Ă©viter qu'il ne parle et peut-ĂȘtre comme « punition Â» suite au fait qu'en appel les peines prononcĂ©es lors des maxi-procĂšs furent confirmĂ©es. Ces procĂšs Ă  grande Ă©chelle permettant ainsi la condamnation de nombreuses figures emblĂ©matiques de la mafia locale, tout en mettant hors d’état de nuire de nombreux politiciens vĂ©reux ou relais entre ces politiciens et les « familles Â» (dont les fameux fermiers gĂ©nĂ©raux qui collectaient les impĂŽts, dont une partie leur revenait). Le premier politique Ă  tomber fut Vito Ciancimino, l'ex-maire de Palerme, en 1992.

Mais la mafia rĂ©plique Ă  ces procĂšs par une guerre ouverte contre l'Etat italien. L’assassinat particuliĂšrement dĂ©monstratif du GĂ©nĂ©ral Carlo Alberto Dalla Chiesa, du magistrat Rosario Angelo Livatino, puis des juges Giovanni Falcone (23 mai 1992) et Paolo Borsellino (19 juillet 1992) (au moyen d’une tonne de TNT dans chaque cas), mĂȘme s’ils eurent l’effet d’un Ă©lectrochoc avec les nouvelles lois antimafia votĂ©es qui reprenaient l’essentiel des thĂ©ories de ce haut fonctionnaire de l’armĂ©e ou des deux magistrats, donna malheureusement un coup d’arrĂȘt grave Ă  cette action.

Le 30 novembre 2004, plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvĂ©s dans les rues de Naples, pour protester contre la mafia locale Camorra. En 2004, les rĂšglements de compte entre bandes mafieuses rivales ont fait 139 morts, surtout dans les quartiers dĂ©favorisĂ©s de Scampia et de Secondigliano de cette mĂȘme ville. Cette guerre mafieuse n’a pas encore atteint l’ampleur de celle qui avait fait 273 morts pour la seule annĂ©e 1981[7].

Fin 2009, Massimo Ciancimino, le fils de l'ex-maire de Palerme devenu pentito (« repenti Â» ou « collaborateur de justice Â»), fit une sĂ©rie de dĂ©clarations fracassantes Ă  la justice et Ă  la presse, affirmant entre autres que Silvio Berlusconi avait bĂ©nĂ©ficiĂ© de fonds de la mafia dans les annĂ©es 1970[8] et que Forza Italia Ă©tait nĂ© de l'accord entre l'Etat et la mafia (le capo di tutti capi Toto Riina et Bernardo Provenzano) entre mai et juin 1992, accord en douze points prouvĂ© par le Papello, qui devait permettre l'arrĂȘt de la guerre contre l'Etat en Ă©change de la rĂ©forme de la lĂ©gislation anti-mafia et des conditions de dĂ©tention des mafieux[9],[10],[11],[12]. Dans le mĂȘme temps, le sĂ©nateur Marcello Dell'Utri, fondateur de Forza Italia, Ă©tait condamnĂ© pour association mafieuse.

Structure et fonctionnement de Cosa Nostra

Article dĂ©taillĂ© : Cosa Nostra.

Rituels des Siciliens de la Cosa Nostra

Dans la plupart des familles, le rite d’orientation est organisĂ© quand un homme devient un « associĂ© Â» et, plus tard, un « soldat Â». Comme le dĂ©crit Tommaso Buscetta au juge Giovanni Falcone, la cĂ©rĂ©monie rĂ©unit, en plus du nĂ©ophyte, au moins trois « hommes d’honneurs Â» de la famille ; le plus vieux lui prĂ©cise que cette « Maison Â» protĂšge le faible contre l’abus du pouvoir ; il pique alors le doigt de l’initiĂ© dont il verse le sang sur une image sacrĂ©e, souvent un saint. L’image est alors placĂ©e dans la main de l’initiĂ© et l'officiant y met le feu. Le nĂ©ophyte doit rĂ©sister Ă  la douleur et passer l’image d’une main Ă  l’autre, jusqu’à ce que celle-ci soit consumĂ©e, tout en jurant solennellement de garder la foi dans les principes de la « Cosa Nostra Â» ; il utilise pour cela la formule « que ma chair brĂ»le comme ce saint si je ne garde pas mon serment. Â» Joseph Valachi fut la premiĂšre personne Ă  mentionner cela au tribunal.

Mafieux siciliens importants

  • Antonino Giammona (1820-?)
  • Calogero Vizzini (1877-1954), patron de Villalba, il a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un des patrons de la Mafia les plus influents de Sicile de la fin de la Seconde Guerre mondiale Ă  sa mort en 1954.
  • Stefano Magaddino (1891-1974), « le grandiose vieil homme de Cosa Nostra Â». Membre d'origine de la National Commission aux USA, en a Ă©tĂ© un membre trĂšs Ă©minent dans les villes de Buffalo et de DĂ©troit.
  • Giuseppe Genco Russo (1893-1976), le patron de Mussomeli, considĂ©rĂ© comme l’hĂ©ritier de Calogero Vizzini.
  • Michele Navarra (1905-1958), le patron de la famille de Corleone de 1930 Ă  1958.
  • Salvatore « Ciaschiteddu » Greco (1923-1978), patron de la famille de Ciaculli, il Ă©tait le premier secrĂ©taire de la premiĂšre Commission de la mafia sicilienne quand elle a Ă©tĂ© formĂ©e en 1958.
  • Gaetano Badalamenti (1923-2004), patron de la Famille de Cisini.
  • Angelo La Barbera (1924-1975), patron de la famille de Palerme Centre.
  • Michele Greco (nĂ© en 1924 mort le 13 fĂ©vrier 2008 en prison), patron de la Mafia Ă  Croceverde.
  • Luciano Leggio (1925-1993 mort en prison), patron de la famille de Corleone.
  • Tommaso Buscetta (1928-2000), le premier mafioso sicilien Ă  devenir un pentito (repenti-informateur) en 1984 (un prĂ©dĂ©cesseur, Leonardo Vitale, qui s’est donnĂ© Ă  la police en 1973, a Ă©tĂ© jugĂ© mais reconnu comme souffrant de maladie mentale). La dĂ©position de Buscetta a Ă©tĂ© utilisĂ©e durant le « Maxi ProcĂšs Â» entre autres.
  • Salvatore Riina (nĂ© en 1930), connu sous le nom de Toto Riina, il est un des plus fameux membre de la Mafia sicilienne. Il a Ă©tĂ© surnommĂ© « La BĂȘte Â» ou parfois « TotĂČ u Curtu Â» et il a gouvernĂ© la Mafia avec une main de fer dans les annĂ©es 1980 jusqu’à son arrestation en 1993.
  • Bernardo Provenzano (nĂ© en 1933), le successeur de Riina Ă  la tĂȘte de Corleonesi, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un des plus puissants patrons de la Mafia sicilienne. Provenzano fuyait la justice depuis 1963. Il a Ă©tĂ© capturĂ© le 11 avril 2006 en Sicile.
  • Stefano Bontade (1939-1981), patron de la famille de Santa Maria di GesĂč.
  • Leoluca Bagarella (nĂ© en 1941), membre de la famille de Corleone arrĂȘtĂ© en 1995.
  • Salvatore Lo Piccolo (nĂ© en 1942), considĂ©rĂ© comme un des successeurs de Provenzano.
  • Salvatore Inzerillo (1944-1981), patron de la famille de Passo di Rigano.
  • Giovanni « lo scannacristiani » Brusca (nĂ© en 1957), a Ă©tĂ© impliquĂ© dans le meurtre de Giovanni Falcone.
  • Matteo Messina Denaro (nĂ© en 1962), considĂ©rĂ© comme un des successeurs de Provenzano.
  • Michele Cavataio est mort sous le coup de la Mafia en 1969.
  • Francesco di Boille « Capo di Tutti i Capi Â» de la famille "di Boille" de Bagheria, mafieux le plus recherchĂ© de Sicile.
  • Vicenzo di Boille « Capo di Capi Re Â» de la famille "di Boille", pĂšre de Francesco di Boille.
  • Vito Carretero (1932-1960) Don de la mafia sicilienne disparu depuis

Structure de la Cosa Nostra sicilienne

Connu comme la SociĂ©tĂ© honoraire parmi les mafiosi, la chaĂźne d’ordre est organisĂ©e en une pyramide similaire Ă  une structure d’entreprise moderne.

Terminologie traditionnelle

  1. Capo di Tutti i Capi (le « Chef de tous les chefs Â»), Ă  savoir Matteo Messina Denaro pour la Mafia sicilienne et Renato Gagliana pour la Sacra Corona Unita.
  2. Capo di Capi Re (un titre de respect donnĂ© Ă  un ainĂ© ou un membre retraitĂ©, un Ă©quivalent devient un membre Ă©mĂ©rite, littĂ©ralement, « Le chef roi des chefs Â») Ă  savoir Vicenzo di Boille envers la Cosa Nostra
  3. Consigliere (un conseiller, le plus souvent un avocat)
  4. Caporegime (« Chef de RĂ©gime Â», un capitaine qui ordonne une Ă©quipe d’une dizaine de Sgarriste ou Soldats.)
  5. Sgarrista ou Soldato (« soldat Â», membres de la mafia qui sert principalement comme soldats.)
  6. Piccioto (« Jeune homme Â», un niveau bas qui sert de gros bras)
  7. Don (le parrain d'une famille mafieuse. Un membre associĂ©, d’habitude, il n’est pas italien ou d’ancĂȘtre sicilien.)

Structure de la Cosa Nostra

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Fonctionnement

La mafia fonctionne sur un modĂšle d’économie parallĂšle ou souterraine. Elle cherche Ă  contrĂŽler les marchĂ©s et les activitĂ©s oĂč l’argent est abondant, circule en numĂ©raire (argent liquide) et est facile Ă  dissimuler au fisc. La plupart des activitĂ©s commerciales usuelles sont utilisĂ©es, que ce soit comme paravent Ă  des activitĂ©s illĂ©gales ou comme moyen de blanchiment de l’argent rĂ©coltĂ©. Ces activitĂ©s recouvrent aujourd’hui les domaines les plus variĂ©s :

En gĂ©nĂ©ral, la mafia prĂ©fĂšre recourir Ă  l’intimidation, la corruption ou le chantage plutĂŽt qu’à la force pour contraindre ceux qui lui rĂ©sistent. De cette maniĂšre elle attire moins l’attention du grand public sur elle. Mais il arrive rĂ©guliĂšrement que pour se dĂ©barrasser de concurrents, de tĂ©moins gĂȘnants ou de traĂźtres, les mafias usent de mĂ©thodes sanguinaires : guerres de gangs pour la prise de contrĂŽle d’un territoire ou d’un marchĂ©, assassinat de tĂ©moins, de complices ou de juges avant un procĂšs en sont quelques exemples. Mais ce fonctionnement est souvent rĂ©gie par une Commission dirigĂ© par les chefs et parrains d'un vaste territoire. Chaque protagonistes dirigent alors un secteur (voir ci-dessus). Elle peut etre basĂ©e sur un systĂšme dĂ©mocratique avec une constitution et des lois ou sur un systĂšme despotiste. La plus cĂ©lĂšbre fut celle d'Atlantic City dont les dirigeants furent les plus grands mafieux du XXe siĂšcle (Al Capone, Lucky Luciano, ...).

L'infiltration mafieuse dans l'Ă©conomie

Fonctionnement de l'Ă©conomie mafieuse

La base de l’économie mafieuse se situe dans le systĂšme de collecte du « pizzo Â» : les mafieux imposent aux commerçants des revenus en Ă©change d’une « protection Â» mais aussi sous peine de voir leurs vitrines brisĂ©s et leurs marchandises disparues ou brĂ»lĂ©es. Bien qu’elle soit l’une des techniques les plus importantes en matiĂšre d’économie mafieuse, les revenus ont des centaines d’origines diffĂ©rentes. Il faut d’abord prĂ©ciser que l’économie mafieuse se divise en trois parties : l’économie illĂ©gale, lĂ©gale et lĂ©gale-mafieuse. Ces trois circuits sont intimement liĂ©s. Ainsi, par exemple, les revenus de l’économie illĂ©gale (economia sommersa) permettent de crĂ©er de nouvelles entreprises cette fois-ci totalement lĂ©gales. De mĂȘme la production peut ĂȘtre lĂ©gale mais la vente illĂ©gale et inversement. Ce sont ces liens Ă©troits qui posent les difficultĂ©s Ă©normes qu’affronte le gouvernement italien pour dĂ©busquer les entreprises mafieuses, notamment en vĂ©rifiant les mouvements et les dĂ©pĂŽts bancaires ou les appels d’offre. Le recyclage d’argent sale est une activitĂ© Ă  part entiĂšre. On connaĂźt les grandes filiĂšres classiques des trafics illĂ©gaux : drogues, armes, Ɠuvres d’art volĂ©es. Mais nous avons aussi Ă  faire Ă  des affaires moins connues tels que le trafic de dĂ©chets industriels, la fraude aux subventions alimentaires, les grands travaux d’infrastructure et ainsi de suite. La liste des secteurs est longue voire illimitĂ©e cela va du proxĂ©nĂ©tisme aux contrĂŽles des casinos, de la fausse monnaie au trafic d’ĂȘtres humains mais aussi plus rĂ©cemment de la cybercriminalitĂ© (piratage et dĂ©tournement de fonds sur Internet). Tous ces rĂ©seaux se sont bien Ă©videmment Ă©tendus aujourd’hui au niveau international.

Selon le rapport annuel de la Confesercenti en 2007, une association qui regroupe 270 000 commerçants et patrons de PME.

Le chiffre d'affaires des organisations mafieuses italiennes s'Ă©lĂšverait Ă  90 milliards d'euros, hors trafic de drogue[13]. Principales sources de revenus : le prĂȘt usuraire (30 milliards d'euros de recettes, 150 000 entreprises victimes), le pizzo (10 milliards), les contrefaçons (7,4 milliards), le vol (7 milliards), l'escroquerie (4,6 milliards) et le jeu et paris clandestins (2 milliards) Source : Confesercenti, association regroupant 270 000 commerçants et petites entreprises italiennes)[14].

Conséquences

D’aprĂšs un rapport rĂ©cent, le produit Ă©conomique des mafias italiennes reprĂ©senterait un chiffre Ă©quivalent Ă  environ 15 % du PIB de l’Italie[rĂ©f. nĂ©cessaire], soit prĂšs de 220 milliards d’Euros. Bien entendu le chiffre d'affaires des mafias n'est pas calculĂ© dans les statistiques officielles du PIB car il est le fruit d'activitĂ©s Ă©conomiques illĂ©gales ou bien au noir. La mafia n’est plus une entreprise familiale mais est devenue au fil du temps un empire financier de type multinational.

L’infiltration mafieuse dans la politique

La mafia en Sicile reprĂ©sente un Ă©lectorat relativement important, quoique toujours trĂšs minoritaire par rapport Ă  la grande masse d'Ă©lecteurs siciliens. Par une technique rodĂ©e, elle pousse ses affiliĂ©s Ă  voter pour certains partis, certaines personnes. Les politiciens, en Ă©change de cette faveur, garantissent la protection de la mafia et de son commerce une fois au pouvoir. C’est ainsi que des pro-mafias, ou des mafieux mĂȘme, accĂšdent Ă  des rangs tels que celui de maire (Vito Ciancimino), prĂ©fet[rĂ©f. nĂ©cessaire] ou conseiller municipal. C’est surtout lorsqu’elle a affaire aux tribunaux que la mafia rĂ©clame son soutien aux hommes politiques. Aucune prĂ©fĂ©rence en gĂ©nĂ©ral n’est remarquĂ©e chez les mafieux en matiĂšre de partis exceptĂ© un anticommunisme fervent. La dĂ©mocratie chrĂ©tienne fut largement sollicitĂ© par la mafia car elle occupa le pouvoir de 1947 Ă  1990 sans discontinuer. À ce titre, le nom de Giulio Andreotti fut citĂ© plusieurs fois lors de procĂšs. Il a toujours Ă©tĂ© acquittĂ© en derniĂšre instance, mĂȘme si des reprĂ©sentants de la DC sur place ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s.

Présence de la mafia en France

Il existe un crime organisĂ© français mais non une mafia française grĂące Ă  la prĂ©sence d'un Etat centralisĂ© fort depuis l'Ă©poque rĂ©volutionnaire. Ceci a pour consĂ©quence d'empĂȘcher la constitution d'un Etat dans l'Etat[15].

Par contre d'autres mafia transnationales sont prĂ©sentes en France, en 2011, on en dĂ©nombre cinq :

  • Les mafias italiennes (Cosa Nostra et Stidda en Sicile, Camorra en Campagnie, 'Ndrangheta en Calabre et Sacra Corona Unita dans les Pouilles) sont prĂ©sentes en rĂ©gion RhĂŽne-Alpes et en rĂ©gion PACA Ă  Nice et Marseille, mais aussi Ă  Strasbourg, Paris et Toulouse[16].
  • Vory v zakone (Russes, Georgiens, Ukrainiens, BiĂ©lorusses, TchĂ©tchĂšnes, ArmĂ©niens, Ouzbeks) sont prĂ©sents en Bretagne, Normandie et en rĂ©gion PACA[16].
  • Les mafias baltes (estoniens, lituaniens et lettones sont prĂ©sentes sur toutes la façade atlantique, en Bretagne et Normandie[16].
  • Les mafias balkaniques (roumains et bulgares) sont prĂ©sentes en rĂ©gions PACA, RhĂŽne-Alpes, Île-de-France et les villes de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille et Strasbourg[16].
  • La mafia nigĂ©riane est prĂ©sente en rĂ©gion RhĂŽne-Alpes et en Île-de-France[16].

Lutte contre la mafia

Les politiques de lutte contre cette organisation criminelle se heurtent Ă  l’adaptabilitĂ© de ces structures souples et dĂ©centralisĂ©es, capables de dĂ©localiser leurs activitĂ©s et de diversifier leurs flux financiers sans limites dans le monde entier. Entreprendre des enquĂȘtes transnationales et remonter les multiples filiĂšres devient alors un casse-tĂȘte pour les juges, d’autant plus que certains pays comme les paradis fiscaux ne font rien pour leur faciliter la tĂąche. C’est principalement dans cette optique [rĂ©f. nĂ©cessaire] qu'Interpol a Ă©tĂ© crĂ©Ă©.

Autorités

Internationale

Interpol est la deuxiĂšme plus grande organisation au monde derriĂšre les Nations Unies. La gestion des forces de police nationales europĂ©ennes vont ĂȘtre modifier en 1996 avec la crĂ©ation de l'agence de police europĂ©enne Europol.

Nationale

  • Allemagne: Federal
  • Italie: Direzione Investigativa antimafia (DIA), fondĂ©e en 1992
  • USA: Federal Bureau of Investigation (FBI) et DEA

Autres mafias

Le terme mafia dĂ©signe avant tout l’organisation criminelle italienne, mais il est souvent utilisĂ© pour dĂ©signer n’importe quelle organisation criminelle structurĂ©e, parmi lesquelles :

Mafia albanaise

Article dĂ©taillĂ© : Mafia albanaise.

Mafia bulgare

Article dĂ©taillĂ© : Mafia bulgare.

Mafia chinoise

Article dĂ©taillĂ© : Triades chinoises.

Mafia corse

Article dĂ©taillĂ© : Mafia corse.

Mafia croate

Article dĂ©taillĂ© : Mafia croate.

Mafia italo-américaine

Articles dĂ©taillĂ©s : Mafia italo-amĂ©ricaine, Cinq familles et Chicago Outfit.

Mafia japonaise

Article dĂ©taillĂ© : Yakuza.

Mafia israélienne

Article dĂ©taillĂ© : Mafia israĂ©lienne.

Mafia polonaise

Article dĂ©taillĂ© : Mafia polonaise.

Mafia roumaine

Article dĂ©taillĂ© : Mafia roumaine.

Mafia russe

Article dĂ©taillĂ© : Mafia russe.

Mafia serbe

Article dĂ©taillĂ© : Mafia serbe.

( trĂšs faible )

Mafia turque

Article dĂ©taillĂ© : Mafia turque.

Personnages célÚbres ayant combattu la mafia et le crime organisé

Mafieux célÚbres

Liste des trente fugitifs les plus dangereux d'Italie

Au mois de juillet 1992, le ministĂšre de l'intĂ©rieur a publiĂ© une liste oĂč figurait les 30 fugitifs les plus dangereux d'Italie.

Au mois de novembre 2010, 15 de ces fugitifs sont encore recherchĂ© et 15 d'entre eux ont pu ĂȘtre arrĂȘtĂ©s.

Photos des 15 fugitifs

  • Camorra
    • Mario Caterino, recherchĂ© depuis 2005
    • Marco Di Lauro, recherchĂ© depuis 2005
    • Francesco Matrone, recherchĂ© depuis 2007
    • Pasquale Scotti, recherchĂ© depuis 1985
    • Michele Zagaria, recherchĂ© depuis 1995
  • 'Ndrangheta
    • Domenico Condello, recherchĂ© depuis 1993
    • Giuseppe Giorgi, recherchĂ© depuis 1995
    • Sebastiano Pelle, recherchĂ© depuis 1995
    • Michele Antonio Varan, recherchĂ© depuis 2000

Articles connexes

Bibliographie

Histoire de la Mafia

  • John Dickie, Cosa Nostra. Histoire de la mafia sicilienne de 1860 Ă  nos jours, Buchet Chastel, 2007
  • Eric Frattini, Cosa Nostra : un siĂšcle d’histoire, Flammarion, 2003
  • Salvatore Lupo, Histoire de la mafia des origines Ă  nos jours, Flammarion, 2001
  • Marie-Anne Matard-Bonucci, Histoire de la Mafia, Éditions complexe, 1994

Autres

  • (it) Pino Arlacchi, La Mafia Imprenditrice (langue : italien), L’éthique mafieuse et l’esprit de capitalisme, il Mulino/Contemporanea 2,1983
  • Clotilde Champeyrache, SociĂ©tĂ©s du crime - Un tour du monde des mafias, CNRS Ă©ditions, 2007, 427 pages.
  • Jean-François Gayraud, Le monde des mafias, gĂ©opolitique du crime organisĂ©, Odile Jacob, septembre 2005
  • Clare Longrigg, Bernardo Provenzano - Le Parrain des parrains, Buchet-Chastel, 2006, 2010
  • Fabrizio Maccaglia et M.A. Matard-Bonucci, Atlas des mafias. Acteurs, trafic et marchĂ©s de la criminalitĂ© organisĂ©e, Cartographie Alexandre Nicolas, Editions Autrement.
  • Marcelle Padovani, Les DerniĂšres annĂ©es de la mafia, Gallimard, 1987
  • Antonio Nicaso et Lee Lamothe, Les Liens du sang, MontrĂ©al, QC, Éditions de l'Homme, 2003. Concerne la famille Caruana-Cuntrera et la mafia au Canada.
  • William Reymond, Mafia S.A. : Les Secrets du crime organisĂ©, Flammarion, 2001
  • HervĂ© Ryssen, La Mafia Juive, Editions Baskerville, 2008

Filmographie

Le cinĂ©ma est trĂšs riche en films sur la mafia ; parmi les plus marquants on peut citer :

Année Titre français Titre original Réalisateur
1931 Le Petit CĂ©sar Little Caesar Mervyn LeRoy
1931 L'Ennemi public The public Enemy William Wellman
1933 Scarface Scarface Howard Hawks
1937 Pépé le Moko Pépé le Moko Julien Duvivier
1949 L’enfer est à lui
1954 Touchez pas au grisbi Touchez pas au grisbi Jacques Becker
1959 Al Capone
1961 Le Cave se rebiffe Le Cave se rebiffe Gilles Grangier
1969 Le Clan des Siciliens Le Clan des Siciliens Henri Verneuil
1971 Guerre des gangs Ă  Okinawa Bakuto gaijin butai Kinji Fukasaku
1972 Okita le pourfendeur: yakuza moderne
1972 Le Parrain Mario Puzo's Godfather Francis Ford Coppola
1973 Mean Streets Mean Streets Martin Scorsese
1973 Combat sans code d'honneur
1975 Le Cimetierre de la morale
1975 Capone Capone Steve Carver
1984 Scarface Scarface Brian De Palma
Cent Jours Ă  Palerme
Il était une fois en Amérique Sergio Leone
1985 L’Honneur des Prizzi
L'Année du dragon Year of the Dragon Michael Cimino
1987 Le Sicilien The Sicilian Michael Cimino
Les Incorruptibles The Untouchables Brian De Palma
1989 Violent Cop Takeshi Kitano
1990 The King of New York King of New York Abel Ferrara
1990 Les Affranchis Martin Scorsese
(en)The Freshman
1991 Bugsy
1993 Il Ă©tait une fois le Bronx Robert de Niro
L’Impasse
L’Escorte
Le syndicat du crime Ying hung boon sik John Woo
1994 Little Odessa James Gray
1995 Casino Martin Scorsese
1996 Kids Return Takeshi Kitano
1997 Donnie Brasco Mike Newell
1999 Mafia Blues Harold Ramis
2000 Les cent pas
Aniki, mon frĂšre Takeshi Kitano
2002 Les Sentiers De La Perdition Road to Perdition Sam Mendes
Infernal Affairs Wu jian dao Andrew Law et Alan Mak
Un nouveau Russe
2005 A History of Violence
2006 Les Infiltrés The Departed Martin Scorsese
Un'altra storia
2006 Romanzo criminale
2007 Les Promesses de l'ombre Eastern Promises David Cronenberg
2007 La Sicilienne La Siciliana ribelle Marco Amenta
2007 American Gangster American Gangster Ridley Scott
2007 La nuit nous appartient We Own the Night James Gray
2008 Gomorra
2009 Public Enemies
2010 L'Immortel Richard Berry
2010 Outrage Takeshi Kitano
2010 Mon pÚre, Francis le Belge Frédéric Balekdjian

À la tĂ©lĂ©vision, on peut citer notamment :

  • Les Soprano crĂ©Ă© par David Chase
  • The Black Donnellys crĂ©Ă© par Paul Haggis et Robert Moresco
  • Oz, une sĂ©rie de HBO Ă  propos d’une prison oĂč tous les dĂ©tenus italiens sont des Mafiosi gĂ©rant des affaires illĂ©gales Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur de la prison.
  • La tĂ©lĂ© sĂ©rie The Simpsons incorpore l’extension de la ville fictive de Springfield dans des Ă©pisodes occasionnels ; son meneur, Fat Tony est doublĂ© par Joe Mantegna.
  • Mafia La trahison de John Gotti, realisĂ© par Thaddeus O’Sullivan avec Philip Baker Hall, Debi Mazar, Adam J. Roth, Tom Sizemore, Nicholas Turturro, Abe Vigoda, Frank Vincent.
  • Gotti, un tĂ©lĂ©film d’HBO sur l’ancien chef rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ© de la famille Gambino.
  • Un flic dans la mafia crĂ©Ă©e par Stephen J. Cannell
  • La Mafia (titre original, La Piovra, c’est-Ă -dire La Pieuvre) de Damiano Damiani. Feuilleton de tĂ©lĂ©vision italien par Luigi Perelli d’aprĂšs les histoires de Sandro Petraglia est la sĂ©rie la plus vaste et dramatique sur la Mafia se frayant sur plus de 10 sĂ©ries et 60 heures.
  • Mafiosa — le Clan

Jeux vidéo

On retrouve Ă©galement la mafia dans plusieurs jeux vidĂ©o :

  • Mafia, sorti en 2002 pour Windows, PlayStation 2, Xbox et sur GameCube a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par une Ă©quipe tchĂšque. Le joueur est placĂ© dans la peau d’un homme qui adhĂšre Ă  la mafia italo-amĂ©ricaine des annĂ©es 1930, dans une ville semblable Ă  Chicago.
  • Grand Theft Auto et ses suites, les hĂ©ros des diffĂ©rents Ă©pisodes travaillent pour de nombreuses associations du crime organisĂ© (Mafia italo-amĂ©ricaine, triades chinoises, yakuzas, mafia russe, etc.).
  • Le parrain, sorti en 2006, est un jeu vidĂ©o qui retrace l’histoire du film Le Parrain.
  • Yakuza, jeu se dĂ©roulant dans un Tokyo rĂ©aliste, le hĂ©ros y travaille pour les Yakuza.
  • Mafia II, sorti en 2010 a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par la mĂȘme Ă©quipe que Mafia, c'est un nouveau volet du jeu sans lien avec le premier, qui plonge le joueur dans la peau d'un mafieux, l'histoire se dĂ©roule aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.

Manga et Anime

  • Reborn!, manga de type shonen, en cours depuis 2004 (2006 Ă  octobre 2010 pour l'anime, prĂ©sentement suspendue)

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ John Dickie (2004), Cosa Nostra. La mafia sicilienne de 1860 Ă  nos jours, Ă©d. Perrin, 2007, en particulier chapitre I
  2. ↑ a et b François de Vivies, « Mussolini contre la Mafia Â», dans Historia hors-sĂ©rie, no 28, 1972, p. 48 
  3. ↑ a, b, c, d, e et f de Vivies p.49
  4. ↑ voir Kermoal
  5. ↑ cf Alfred W. McCoy The Politics of Heroïn in South East Asia
  6. ↑ I pregiudicati nell'Antimafia, by Umberto Santino, Centro Siciliano di Documentazione "Giuseppe Impastato"
  7. ↑ Le Monde, 1er dĂ©cembre 2004
  8. ↑ Nick Squires, Mafia investment 'gave Silvio Berlusconi his big break', The Telegraph, 3 fĂ©vrier 2010
  9. ↑ Palermo, Ciancimino: «Forza Italia frutto trattative Stato-mafia». Alfano: piano per delegittimarci, L'Unita, 8 fĂ©vrier 2010
  10. ↑ Philippe Ridet, Massimo Ciancimino: au nom du pùre et du fils..., Le Monde, 26 novembre 2009
  11. ↑ Vito Vespucci, "Papello": la nĂ©gociation entre Cosa nostra et l'État italien n'est plus une lĂ©gende. Le document est au Parquet de Palerme, Italopolis, 15 octobre 2009 (traduction de l'italien sur Antimafia)
  12. ↑ The relationship between the mafia and the State - Ciancimino jr. hands over to magistrates a copy of the “papello”, Italian News
  13. ↑ (es) "La Mafia reprĂ©sente 7 % du PIB italien", El Pais, le 22 octobre 2007
  14. ↑ 7 % : part occupĂ©e par la mafia dans le produit intĂ©rieur brut italien, Le Monde, 24 octobre 2007
  15. ↑ Erreur de rĂ©fĂ©rence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a Ă©tĂ© fourni pour les rĂ©fĂ©rences nommĂ©es point-20110721-41.
  16. ↑ a, b, c, d et e Le Point du 21 juillet 2011 : La mafia en France p.48

Bibliographie

  • Jacques Kermoal, "Le premier empereur mafioso", Historia hors-sĂ©rie n°28 novembre 1972, p.34-41.
  • François de Vivie, "Mussolini contre la Mafia", Historia hors-sĂ©rie n°28 novembre 1972, p.42-51.

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