Anne Frank

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Anne Frank
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Anne Frank
Anne Frank stamp.jpg
Nom de naissance Annelies Marie Frank
Naissance 12 juin 1929
Francfort-sur-le-Main, R√©publique de Weimar R√©publique de Weimar
D√©c√®s Mars 1945 (√† 15 ans)
Bergen-Belsen, Troisi√®me Reich Reich allemand
Nationalit√© Drapeau : Allemagne Allemande
Pays de r√©sidence Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas
Formation Autodidacte

Annelies Marie Frank, plus connue sous le nom d'Anne Frank, n√©e le 12 juin 1929 √† Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, sous la R√©publique de Weimar, ayant v√©cu la majeure partie de sa vie aux Pays-Bas et d√©c√©d√©e en mars 1945 (environ 2 mois avant la capitulation allemande) √† Bergen-Belsen en Allemagne nazie, fut une adolescente allemande juive ayant √©crit un journal intime, rapport√© dans le livre ¬ę Journal d'Anne Frank ¬Ľ, alors qu'elle se cachait avec sa famille et quatre amis √† Amsterdam pendant l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale dans le but d'√©viter la Shoah.

La famille quitte Francfort pour Amsterdam √† la fin de l‚Äôann√©e 1933 afin d'√©chapper aux pers√©cutions nazies √† l'encontre des Juifs, qui se multiplient depuis l‚Äôarriv√©e au pouvoir d'Adolf Hitler en janvier. Alors que les dangers s'intensifient √† Amsterdam occup√© par les Allemands depuis mai 1940, les Frank se cachent en juillet 1942 dans un appartement secret am√©nag√© dans l'Annexe de l'entreprise Opekta d'Otto Frank, le p√®re. Anne a alors treize ans environ. Apr√®s deux ans pass√©s dans ce refuge, le groupe est trahi et d√©port√© vers les camps d'extermination nazis. Sept mois apr√®s son arrestation, Anne meurt du typhus dans le camp de Bergen-Belsen quelques jours apr√®s le d√©c√®s de sa sŇďur Margot.

Son p√®re Otto, l'unique survivant du groupe, revient √† Amsterdam √† la fin de la guerre et apprend que le journal d'Anne dans lequel elle relate sa vision des √©v√©nements depuis le 12 juin 1942 jusqu'au 1er ao√Ľt 1944 a √©t√© sauvegard√©. Convaincu du caract√®re unique de l'Ňďuvre de sa fille, Otto d√©cide de la faire √©diter et le texte original en n√©erlandais est publi√© en 1947 sous le titre Het Achterhuis : Dagboekbrieven van 12 Juni 1942 ‚Äď 1 Augustus 1944 (L'arri√®re-cour : notes du journal du 12 juin 1942 au 1er ao√Ľt 1944).

D√©crit comme le travail d'un esprit mature et perspicace, l'Ňďuvre donne un point de vue intime et particulier sur la vie quotidienne pendant l'occupation par les nazis et ce Journal d'une adolescente au destin tragique a fait d'Anne Frank l'une des victimes embl√©matiques de la Shoah.

En effet ce Journal a √©t√© traduit du n√©erlandais en de nombreuses langues et est devenu l'un des livres les plus lus dans le monde et plusieurs films, t√©l√©films, pi√®ces de th√©√Ętre et op√©ras en ont √©t√© tir√©s.

Sommaire

Biographie

Enfance

L'immeuble sur le Merwedeplein o√Ļ Anne Frank v√©cut de 1934 √† 1942.

Anne Frank, seconde fille d'Otto Heinrich Frank (12 mai 1889‚Äď19 ao√Ľt 1980) et d'Edith Frank-Holl√§nder (16 janvier 1900‚Äď6 janvier 1945), naquit le 12 juin 1929 √† Francfort-sur-le-Main en Allemagne. Elle avait une sŇďur pr√©nomm√©e Margot (16 f√©vrier 1926‚Äď mars 1945). Son nom de naissance √©tait Annelies Marie, mais pour sa famille et ses amis, elle √©tait simplement ¬ę Anne ¬Ľ. Son p√®re l'appelait parfois ¬ę Annelein ¬Ľ (¬ę petite Anne ¬Ľ).

La famille v√©cut dans une communaut√© mixte de citoyens juifs et non-juifs, et les enfants grandirent en c√ītoyant des amis de confession catholique, protestante et juive. Les Frank √©taient juifs r√©formistes, pratiquant beaucoup des traditions de la foi juive, sans observer l'ensemble des coutumes. Dans la famille, Edith √©tait la plus d√©vou√©e √† sa foi. Otto Frank, ancien officier allemand d√©cor√© pendant la Premi√®re Guerre mondiale, voulait poursuivre ses √©tudes et poss√©dait une importante biblioth√®que ; les deux parents encourageaient leurs filles √† lire.

En mars 1933, les élections pour renouveler le conseil municipal de Francfort virent le parti nazi d'Adolf Hitler l'emporter. Des manifestations antisémites eurent immédiatement lieu, et les Frank commencèrent à craindre pour leur sécurité s'ils restaient en Allemagne. Plus tard la même année, Edith et les enfants se rendirent à Aix-la-Chapelle (Allemagne) pour habiter avec Rosa Holländer, la mère d'Edith. Otto Frank resta à Francfort, mais après avoir reçu une offre pour démarrer une affaire à Amsterdam, il s'y rendit pour organiser la société et préparer la venue de sa famille.

Otto commen√ßa √† travailler chez Opekta Works, une soci√©t√© qui vendait la pectine extraite des fruits, et trouva un appartement √† Merwedeplein dans la banlieue d'Amsterdam. En f√©vrier 1934, Edith et les enfants arriv√®rent √† Amsterdam et les deux filles furent inscrites √† l'√©cole ; Margot dans une √©cole publique et Anne dans une √©cole montessorienne. Margot montra ses facult√©s en arithm√©tique et Anne d√©couvrit ses aptitudes √† la lecture et l'√©criture. Son amie Hannah Goslar se rappela plus tard que pendant sa tendre enfance, Anne Frank √©crivait r√©guli√®rement, cachant ses √©crits avec sa main et refusant de discuter du contenu de ceux-ci. Ces √©crits pr√©coces n'ont pas travers√© l'histoire jusqu'√† nous et ont √©t√© √©gar√©s. Anne et Margot avaient deux personnalit√©s bien distinctes ; Margot √©tait mani√©r√©e, r√©serv√©e et studieuse tandis qu'Anne √©tait expressive, √©nergique et extravertie.

En 1938, Otto Frank d√©marra une seconde affaire en partenariat avec Hermann van Pels, un boucher qui avait fui Osnabr√ľck en Allemagne avec sa famille. En 1939, la m√®re d'Edith vint vivre avec les Frank et resta avec eux jusqu'√† sa mort en janvier 1942. En mai 1940, l'Allemagne envahit les Pays-Bas. Le gouvernement d'occupation commen√ßa √† pers√©cuter les Juifs en instaurant des lois r√©pressives et discriminatoires, et l'inscription obligatoire et la s√©gr√©gation des Juifs s'ensuivirent rapidement. Margot et Anne excellaient alors dans leurs √©tudes et avaient de nombreux amis, mais l'application d'un d√©cret statuant que les enfants juifs ne pouvaient suivre des cours que dans des √©coles juives, elles furent inscrites au Lyc√©e juif.

La période décrite dans le journal

Avant de se rendre dans l'Annexe

√Čtoile jaune telle que tous les juifs devaient la porter pendant l'occupation des nazis √† partir de 1942 en France ou aux Pays-Bas.

Pour son treizi√®me anniversaire le 12 juin 1942, Anne re√ßut un carnet qu'elle avait montr√© √† son p√®re dans un magasin quelques jours plus t√īt. Lorsqu'elle √©crit, elle s'adresse √† ¬ę Kitty ¬Ľ, une amie imaginaire. Bien que ce f√Ľt un livre d'autographes, reli√© avec un morceau de tissu rouge et blanc et muni d'une petite fermeture √† l'avant, Anne avait d√©j√† d√©cid√© de l'utiliser comme journal. Elle commen√ßa √† y √©crire presque imm√©diatement, se d√©crivant personnellement, d√©crivant sa famille et ses amis, sa vie √† l'√©cole, les gar√ßons avec lesquels elle flirtait et les endroits du voisinage qu'elle aimait visiter. Si ces premiers √©crits montrent que sa vie √©tait celle d'une √©coli√®re typique, ils abordent √©galement les changements dont Anne a √©t√© t√©moin depuis le d√©but de l'occupation allemande. Quelques r√©f√©rences sont apparemment occasionnelles et non soulign√©es. N√©anmoins en quelques passages, Anne fournit plus de d√©tails sur l'oppression grandissante. Par exemple, elle √©crit √† propos de l'√©toile jaune que les Juifs √©taient oblig√©s de porter en public, et elle lista quelques restrictions et pers√©cutions qui boulevers√®rent la vie de la population juive d'Amsterdam.

Le 5 juillet 1942, Margot Frank re√ßut un avis de mobilisation du Bureau central de l‚Äôimmigration juive (Zentralstelle f√ľr j√ľdische Auswanderung) lui ordonnant de se pr√©senter pour √™tre relog√©e dans un camp de travail. On expliqua alors √† Anne le plan qu'Otto avait pr√©par√© avec ses employ√©s les plus fid√®les, et dont Margot avait eu connaissance depuis quelque temps : la famille devait aller se cacher dans des pi√®ces au-dessus et √† l'arri√®re des bureaux de la soci√©t√© sur le Prinsengracht, une rue le long d'un des canaux d'Amsterdam.

La vie dans l'Annexe

La fa√ßade de l'immeuble de la soci√©t√© Opekta sur le Prinsengracht en 2002. Les bureaux d'Otto Frank se situaient √† l'avant du b√Ętiment tandis que l'Annexe se trouvait √† l'arri√®re.

Le matin du 6 juillet 1942[1], la famille alla s'installer dans la cachette. Leur appartement fut laiss√© dans un d√©sordre apparent pour donner l'impression qu'ils √©taient partis soudainement, et Otto Frank laissa une note indiquant qu'ils s'en √©taient all√©s en Suisse. La n√©cessit√© du secret de l'op√©ration fit qu'ils durent abandonner le chat d'Anne, Moortje. Comme les Juifs n'avaient pas le droit d'utiliser les transports publics, ils march√®rent pendant plusieurs kilom√®tres depuis leur appartement, chacun rev√™tant plusieurs couches de v√™tements pour qu'on ne s'aper√ßoive pas qu'ils transportaient des valises. L'Annexe (Achterhuis) √©tait un espace √† trois niveaux √† l'arri√®re du b√Ętiment auquel on acc√©dait par un palier situ√© au-dessus des bureaux de la soci√©t√© Opekta. Au premier niveau √©taient deux petites pi√®ces avec une salle de bains et des toilettes adjacentes. Au-dessus il y avait un vaste espace ouvert avec une petite pi√®ce adjacente. Depuis cette petite pi√®ce une √©chelle donnait sur le grenier. La porte de l'Annexe fut par la suite cach√©e par une biblioth√®que pour √©viter qu'elle ne soit d√©couverte. L'immeuble principal, situ√© √† un bloc de Westerkerk √©tait un vieil immeuble banal et typique des quartiers ouest d'Amsterdam.

Victor Kugler, Johannes Kleiman, Miep Gies et Bep Voskuijl √©taient les seuls employ√©s qui savaient que la famille Frank se cachait et, avec Jan Gies le mari de Miep et Johannes Hendrik Voskuijl le p√®re de Bep, les ont aid√©s pendant la dur√©e de leur confinement. Ils √©taient le seul contact entre les occupants de l'Annexe et le monde ext√©rieur ; ils les tenaient au courant des nouvelles de la guerre et des √©v√©nements politiques. Ils ont subvenu √† tous leurs besoins, assur√© leur s√©curit√© et les ont ravitaill√©s en nourriture, une t√Ęche de plus en plus difficile √† mesure que le temps passait. Anne √©voque dans son journal leur d√©vouement et leurs efforts pour garder le moral des occupants de l'Annexe pendant les moments les plus dangereux. Ils √©taient tous conscients du fait qu'ils encourraient la peine de mort s‚Äôils √©taient pris √† cacher des Juifs. Dans la journ√©e, les clandestins doivent se montrer tr√®s prudents et rester silencieux afin que le personnel des bureaux ne les entende pas. √Ä midi, lorsque les employ√©s rentrent chez eux, les protecteurs se rendent souvent √† l‚ÄôAnnexe pour y prendre leur repas. Les clandestins attendent toujours leur visite avec impatience.

Le 13 juillet 1942, la famille Frank fut rejointe par la famille Van Pels (rebaptis√©e ¬ę Van Daan ¬Ľ dans le livre ‚Äď la plupart des noms ayant √©t√© modifi√©s, hormis la famille Frank) : Hermann, Augusta (rebaptis√©e Petronella), et leur fils Peter √Ęg√© de 16 ans, puis en novembre par Fritz Pfeffer, un dentiste et ami de la famille. Anne √©crit son plaisir d'avoir de nouvelles personnes √† qui parler, mais des tensions survinrent rapidement dans le groupe, forc√© de vivre dans un environnement restreint. Apr√®s avoir partag√© sa chambre avec Pfeffer, elle le trouva insupportable, et elle se disputa avec Augusta van Pels, qu'elle consid√©rait comme une idiote. Ses relations avec sa m√®re √©taient tendues et Anne √©crivit qu'elles avaient peu de choses en commun car sa m√®re √©tait trop distante. Bien qu'elle ait parfois eu des disputes avec Margot, elle √©crit √† propos du lien inattendu qui se d√©veloppa entre elles, bien qu'elle rest√Ęt √©motionnellement plus proche de son p√®re. Quelque temps plus tard, apr√®s avoir d'abord √©cart√© les avances du timide et maladroit Peter van Pels, elle s'aper√ßut de ses sentiments naissants pour Peter et ils eurent une liaison[2].

La cachette d'Anne Frank à Amsterdam.

Anne passait l'essentiel de son temps à lire et étudier, tout en continuant à écrire son journal. En plus de fournir une description des événements dans leur ordre chronologique, elle écrivit également à propos de ses sentiments, sa peur de vivre cachée, ses croyances, ses ambitions parmi lesquelles celle de devenir journaliste et écrivain, des thèmes qu'elle ne pensait pouvoir partager avec personne. À mesure que sa confiance dans son style d'écriture grandissait et qu'elle devenait plus mature, les sujets qu'elle aborda devinrent plus abstraits, comme sa croyance en Dieu et la manière dont elle définissait la nature humaine[3].

Jusqu'au printemps 1944, Anne √©crivit ses lettres pour elle seule, jusqu'au moment o√Ļ elle entendit, √† la radio de Londres, le ministre de l'√Čducation du gouvernement n√©erlandais en exil dire qu'apr√®s la guerre il faudrait rassembler et publier tout ce qui avait trait aux souffrances du peuple n√©erlandais pendant l'occupation allemande. Il citait √† titre d'exemple, entre autres, les journaux intimes. Frapp√©e par ce discours, Anne d√©cida de publier un livre apr√®s la guerre, son journal devant servir de base. Elle entama un travail de r√©√©criture, corrigeant ou supprimant les passages qu'elle jugeait peu int√©ressants, et en ajoutant d'autres en puisant dans sa m√©moire[4]. Parall√®lement, elle continua √† √©crire r√©guli√®rement son journal original jusqu'√† sa derni√®re lettre qui date du 1er ao√Ľt 1944.

Arrestation et déportation vers les camps de concentration

Le matin du 4 ao√Ľt 1944,entre 10 h et 10 h 30, l'Annexe fut d√©couverte par les services de s√©curit√© de la police allemande (Gr√ľne Polizei) sur l‚Äôindication d'un informateur qui n'a jamais pu √™tre identifi√© formellement[5]. Men√© par le Schutzstaffel Oberscharf√ľhrer Karl Silberbauer du Sicherheitsdienst, le groupe comprenait au moins trois membres hollandais aux services de la police allemande,en civil mais arm√©s. Lorsque Silberbauer entre dans la maison, il semble savoir pr√©cis√©ment o√Ļ il doit se rendre. Il se dirige droit vers la ¬ę porte-biblioth√®que ¬Ľ pivotante qui cache la porte d'acc√®s √† l'Annexe et exige qu'on l'ouvre. Silberbauer posta quelques hommes dans l'Annexe en attendant l'arriv√©e d'un v√©hicule pour emmener les clandestins.

Alors qu'il interrogeait Otto Frank, Silberbauer vit une sacoche en cuir dont il vida le contenu, sans doute avec l'id√©e d'y trouver des bijoux. Elle ne contenait que des feuilles de papier et divers livres. Parmi eux se trouvait le journal d'Anne. Le SS demanda alors √† Otto, pr√©sent dans la pi√®ce, s'il se trouvait dans la cachette quelque bijoux ou de la monnaie. Otto Frank lui indiqua alors de la main les meubles contenant les quelques bijoux et monnaies en leur possession. Le nazi poursuivit son interrogatoire en demandant ensuite depuis quand ils vivaient reclus dans leur cachette. ¬ę Deux ans ¬Ľ lui r√©pondit-on. Devant l'incr√©dulit√© du nazi face √† une telle dur√©e ; Otto Frank fit remarquer alors, sur le mur √† c√īt√© de l'officier, de nombreux traits horizontaux marqu√©s √† l'encre violette. Ces diverses lignes √©taient dat√©es depuis le d√©but de leur cachette (1942) et repr√©sentaient les pouss√©es de croissance de Margot et d'Anne. Alors que l'officier indiqua √† voix haute qu'il octroyait cinq minutes pour tous les clandestins pour r√©unir leurs affaires ; il continua de parler avec Otto Frank et fut particuli√®rement surpris d'apprendre que M. Frank √©tait v√©t√©ran de la Grande Guerre, avec le grade d'officier dans l'Arm√©e de Terre allemande au moment de l'armistice de 1918.

Les occupants furent embarqu√©s dans des camions et emmen√©s pour √™tre interrog√©s. Victor Kugler et Johannes Kleiman furent emport√©s puis emprisonn√©s, tandis que Miep Gies et Bep Voskuyl ne furent pas interpell√©es. Plus tard ils revinrent √† l'Annexe o√Ļ ils trouv√®rent le journal et les √©crits d'Anne, plus de 300 pages manuscrites, √©parpill√©es sur le sol. Ils les r√©cup√©r√®rent ainsi que plusieurs albums de famille et Miep projeta de les rendre √† Anne apr√®s la guerre.

Les occupants de l'Annexe furent transport√©s au quartier g√©n√©ral de la Gestapo o√Ļ ils furent interrog√©s et d√©tenus toute la nuit. Le 5 ao√Ľt ils furent transf√©r√©s √† la Huis van Bewaring (maison de d√©tention), une prison surpeupl√©e sur le Weteringschans[6]. Deux jours plus tard les huit prisonniers juifs furent transport√©s √† Westerbork (camp de regroupement et de transit), situ√© aux Pays-Bas. √Ä l'√©poque plus de 100 000 Juifs y transit√®rent. Ayant √©t√© arr√™t√©s alors qu'ils se cachaient, ils √©taient consid√©r√©s comme criminels et furent donc envoy√©s aux baraquements de punition pour r√©aliser de lourds travaux[7]. Dans la journ√©e, ils doivent ouvrir des piles et en retirer le m√©tal. C‚Äôest un travail salissant et le m√©tal est nocif, mais les prisonniers ont le droit de se parler.

Mémorial d'Anne et Margot Frank sur le site de Bergen-Belsen, garni d'hommages sous forme de fleurs et de dessins.

Le 3 septembre 1944, le groupe fut d√©port√© avec ce qui fut le dernier convoi de Westerbork pour le camp d'extermination d'Auschwitz. Ils y arriv√®rent dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944, apr√®s un voyage de trois jours, puis furent s√©par√©s selon leur sexe, de sorte que les femmes et les hommes ainsi s√©par√©s ne se revirent jamais. Les prisonniers re√ßoivent l‚Äôordre de laisser leurs bagages dans le train. Sur les 1 019 passagers du convoi, 549 personnes dont la totalit√© des enfants √Ęg√©s de moins de quinze ans, furent envoy√©s directement dans les chambres √† gaz o√Ļ ils moururent. Anne avait eu ses quinze ans trois mois plus t√īt et fut √©pargn√©e, et bien que tous les membres de l'Annexe aient surv√©cu √† cette s√©lection, Anne crut alors que son p√®re avait √©t√© tu√©.

Avec d'autres femmes non s√©lectionn√©es pour une mort imm√©diate, Anne fut forc√©e de se d√©v√™tir pour √™tre d√©sinfect√©e, avoir sa t√™te ras√©e au plus court et enfin √™tre tatou√©e avec un num√©ro d'identification sur son bras. Edith, Margot et Anne sont ensemble dans la m√™me baraque, tandis que Augusta Van Pels se trouve sans doute dans une autre partie du camp. Le jour, les femmes √©taient utilis√©es comme travailleuses esclaves ; la nuit, elles √©taient enferm√©es dans des baraquements bond√©s et glaciaux. Les maladies foisonnaient et sous peu la peau d'Anne devint s√©rieusement infect√©e par la gale. Otto Frank, Fritz Pfeffer, Hermann et Peter van Pels restent ensemble. Peter a de la chance, il obtient une place au bureau de poste du camp. Les gardes et les prisonniers non-juifs ont le droit de recevoir du courrier. Ce poste permet √† Peter de se procurer un peu de nourriture suppl√©mentaire de temps en temps.

Le 28 octobre 1944, devant l'avanc√©e de l'Arm√©e rouge, les SS d√©cid√®rent d'√©vacuer une partie du camp d'Auschwitz afin de diriger vers l‚ÄôAllemagne les prisonniers qui sont encore capables de travailler. De nouvelles s√©lections commenc√®rent parmi les femmes pour √™tre relog√©es √† Bergen-Belsen. Plus de 8 000 d'entre elles, dont Anne et Margot, furent ainsi d√©plac√©es. Edith resta seule √† Auschwitz. Apr√®s un voyage en train de trois jours, Margot et Anne arrivent ext√©nu√©es √† Bergen-Belsen. Le nombre de prisonniers venant d‚Äôautres camps ne cesse d‚Äôaugmenter. Le camp de Bergen-Belsen est d√©j√† surpeupl√© lorsqu‚Äôelles arrivent. Elles sont tout d‚Äôabord abrit√©es par des tentes dress√©es pour parer √† l'afflux des prisonni√®res, mais lorsque quelques jours apr√®s leur arriv√©e une temp√™te √©clate, toutes les tentes sont d√©truites. Elles rejoignent alors les baraques o√Ļ s‚Äôentassent trop de d√©tenues. √Ä mesure que la population s'accrut, le taux de mortalit√© d√Ľ aux nombreuses maladies augmenta rapidement.

Fin novembre, un nouveau transport arrive d’Auschwitz à Bergen-Belsen. Parmi les prisonnières se trouve Augusta Van Pels. Elle retrouve Margot et Anne. Mais après quelques mois, elle doit quitter le camp pour Raguhn, qui fait partie du camp de concentration de Buchenwald. Puis de Raguhn, elle est transférée à Theresienstadt. Elle meurt quelque part en route, entre l’Allemagne et la Tchécoslovaquie entre le 9 avril et le 8 mai 1945.

Anne fut bri√®vement r√©unie avec deux amies, Hanneli Goslar (surnomm√©e ¬ę Lies ¬Ľ dans le journal) et Nanette Blitz, qui surv√©curent toutes deux √† la guerre. Blitz d√©crivit par la suite Anne comme √©tant chauve, tremblante, les traits √©maci√©s. Goslar dit que bien qu'Anne ait √©t√© elle-m√™me malade, elle lui dit qu'elle √©tait plus inqui√®te pour Margot, dont la maladie semblait plus s√©rieuse et qui restait allong√©e sur sa couchette, trop faible pour marcher. Anne leur dit √©galement qu'elle pensait que leurs parents √©taient morts. Hanneli a d√©j√† pass√© un an √† Bergen-Belsen, mais elle se trouve dans une autre partie du camp. Lorsque Augusta Van Pels lui apprend qu'Anne est l√†, elle est √©tonn√©e car elle la croyait en Suisse avec sa famille. Elle souhaite vivement rencontrer son amie, mais pour cela elle doit ruser. Les diff√©rentes parties du camp sont s√©par√©es par des bottes de paille, des grilles et des fils barbel√©s. Les deux amies parviennent finalement √† se parler √† travers les barri√®res, mais elles ne peuvent se voir. Elles pleurent beaucoup lors de leur premi√®re rencontre. Anne raconte qu'elle est ras√©e et qu'elle a beaucoup maigri. Elle craint que ses parents ne soient morts. Lorsqu'elles se rencontrent de nouveau, Hanneli a apport√© un paquet pour Anne, contenant des v√™tements et de la nourriture. Elle le jette par-dessus la grille. Elle entend Anne hurler. Anne lui dit en pleurant qu'une autre d√©tenue s'est empar√©e du paquet. Hanneli lui promet de lui apporter un autre paquet le lendemain. C'est ce qu'elle fait et cette fois, Anne l'attrape. Elles se rencontrent encore quelques fois, mais vers la fin du mois de f√©vrier 1945, Anne change de baraque et d√®s lors elles ne se voient plus.

Durant les premiers mois de 1945, il neige souvent √† Bergen-Belsen. Anne et Margot souffrent du froid. Il arrive qu'elles soient priv√©es de nourriture pendant de longues p√©riodes. Dans leur baraque, Anne et Margot se trouvent pr√®s de la porte. Il fait froid et elles sont expos√©es aux courants d'air. Elles n'ont plus de v√™tements chauds. R√©guli√®rement, on les entend demander que l'on ferme la porte. Elles sont trop faibles pour se lever. En mars 1945, une √©pid√©mie de typhus, une maladie contagieuse propag√©e par les poux, se propagea dans le camp, tuant environ 17 000 prisonniers. La nourriture est insuffisante et les conditions d‚Äôhygi√®ne sont dramatiques. Des t√©moins certifi√®rent que Margot Frank tomba de sa couchette dans son √©tat de faiblesse extr√™me et succomba au choc, et que quelques jours plus tard Anne mourut √† son tour. Ils estim√®rent que ceci se passa quelques semaines avant que le camp ne soit lib√©r√© par les troupes britanniques le 15 avril 1945, et bien que les dates exactes n'aient pas √©t√© conserv√©es, il est g√©n√©ralement reconnu que cela eu lieu entre la fin f√©vrier et le milieu du mois de mars. Il est probable mais pas compl√®tement certain qu'Anne mourut du typhus. Cependant, sa faiblesse joua un r√īle important dans son d√©c√®s. Les corps des deux jeunes filles se trouvent s√Ľrement dans la fosse commune de Bergen-Belsen. Dans son livre, Les Sept Derniers Mois d'Anne Frank (Stock, 1989), Hanneli Gosslar, raconte comment elle a crois√© Anne dans le camp de Bergen-Belsen, aux derniers jours de sa vie.

Apr√®s la guerre, il fut estim√© que sur les 110 000 Juifs d√©port√©s des Pays-Bas pendant l'occupation nazie, seuls 5 000 avaient surv√©cu.

  • Edith, la m√®re d‚ÄôAnne et Margot, tomba malade et mourut de faim et d'√©puisement √† l'infirmerie d'Auschwitz-Birkenau le 6 janvier 1945.
  • Hermann Van Pels(Van Daan) fut gaz√© le jour m√™me de son arriv√©e le 6 septembre 1944 √† Auschwitz.
  • Augusta Van Pels(Van Daan) mourut en avril 1945 √† Theresienstadt.
  • Fritz Pfeffer(Albert Dussel) fut transf√©r√© d'Auschwitz au camp de Neuengamme o√Ļ il d√©c√®de √† l‚Äôinfirmerie le 20 d√©cembre 1944 √† l'√Ęge de 55 ans.
  • Peter Van Pels fut transf√©r√© d'Auschwitz au camp de Mauthausen en Autriche, o√Ļ il arrive le 25 janvier apr√®s un voyage ext√©nuant. √Čpuis√© et malade, il meurt le 5 mai 1945, trois jours seulement avant la lib√©ration du camp.
  • Otto Frank, le p√®re d'Anne et Margot, surv√©cut au camp d'extermination d'Auschwitz. Il d√©c√©da √† B√Ęle (Suisse) en 1980 √† l'√Ęge de 91 ans.

Le Journal d'Anne Frank

Publication du journal

Le Journal d'Anne Frank
Auteur Anne Frank
Genre Journal autobiographique
Version originale
Titre original Het Achterhuis
√Čditeur original Otto Frank
Langue originale Néerlandais
Pays d'origine Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas
Date de parution originale 1947
Version française
√Čditeur Calmann-L√©vy
Date de parution 1950

Otto Frank surv√©cut au camp d'Auschwitz et fut lib√©r√© par l'Arm√©e rouge le 27 janvier 1945. Il revint √† Amsterdam et chercha √† savoir ce qu'√©taient devenues sa femme et ses filles. Il gardait espoir de les retrouver. Il fut inform√© que sa femme √©tait morte et que ses filles avaient √©t√© transf√©r√©es √† Bergen-Belsen. Bien qu'il ait esp√©r√© qu'elles aient pu survivre, la Croix-Rouge en juin 1945 lui confirma les d√©c√®s d'Anne et Margot. C'est seulement √† ce moment que Miep Gies lui donna le journal d'Anne qu'elle avait r√©ussi √† sauver. Otto le lut et expliqua plus tard qu'il ne s'√©tait pas rendu compte qu'Anne avait conserv√© une trace aussi pr√©cise et bien √©crite du temps qu'ils avaient pass√© ensemble. Sachant qu'Anne d√©sirait devenir √©crivain, il commen√ßa √† envisager de le publier. Quand on lui demanda plusieurs ann√©es plus tard quelle avait √©t√© sa premi√®re r√©action, il dit simplement : Je ne savais pas que ma petite Anne √©tait aussi profonde[8].

Le journal d'Anne d√©bute avec l'expression priv√©e de ses pens√©es et elle y √©crit plusieurs fois qu'elle n'autoriserait jamais personne √† le lire. Il d√©crit sa vie de mani√®re candide, ses familles et ses compagnons, leur situation, tout en commen√ßant √† reconna√ģtre les ambitions de son auteure d'√©crire et publier des Ňďuvres de fiction. Au printemps 1944, suite √† l'√©mission de Radio Londres au cours de laquelle elle entendit le ministre de l'√Čducation du gouvernement n√©erlandais en exil dire que lorsque la guerre serait termin√©e, il rendrait publics les t√©moignages de l'oppression du peuple n√©erlandais sous l'occupation allemande, elle commen√ßa √† corriger ses √©crits, supprimant des sections, en r√©√©crivant d'autres, dans le but de les publier. Son journal original fut agr√©ment√© de plusieurs autres carnets de notes et feuilles volantes. Elle cr√©a des pseudonymes pour les membres de l'Annexe et les personnes qui les avaient aid√©s. La famille van Pels devint Hermann, Petronella, et Peter van Daan, et Fritz Pfeffer devint Albert D√ľssell. Otto Frank utilisa son journal original, connu sous le nom de ¬ę version A ¬Ľ, et la version corrig√©e, connue sous le nom de ¬ę version B ¬Ľ, pour produire la premi√®re publication du journal. Il supprima certains passages, principalement ceux parlant de sa femme dans des termes peu flatteurs, ainsi que des sections d√©crivant l'√©volution de la sexualit√© d'Anne. Bien qu'il ait restaur√© les identit√©s v√©ritables des membres de sa famille, il ne modifia pas les autres pseudonymes.

Il donna le journal √† l'historienne Annie Romein-Verschoor, qui essaya sans succ√®s de le publier. Elle le donna alors √† son mari Jan Romein, qui √©crivit un article au sujet du journal intitul√© ¬ę Kinderstem ¬Ľ (¬ę La Voix d'un Enfant ¬Ľ), publi√© dans le quotidien Het Parool le 3 avril 1946. Il √©crivit que le journal ¬ę b√©gay√© par la voix d'un enfant, incarne toute la cruaut√© du fascisme, plus que toutes les preuves que le proc√®s de Nuremberg ait pu r√©unir[9]. ¬Ľ Son article attira l'attention d'√©diteurs, et le journal fut publi√© en 1947, suivi d'une seconde publication en 1950. La premi√®re version am√©ricaine fut publi√©e en 1952 sous le titre Anne Frank: The Diary of a Young Girl (Anne Frank : Le Journal d'une Jeune Fille). Une pi√®ce bas√©e sur le journal, par Frances Goodrich et Albert Hackett, fut pr√©sent√©e en premi√®re √† New York le 5 octobre 1955 avant de gagner plus tard le prix Pulitzer dans la cat√©gorie Drames. Elle fut suivie en 1959 par le film The Diary of Anne Frank (Le Journal d'Anne Frank), qui fut un succ√®s critique et commercial. Au fil des ann√©es la popularit√© du journal grandit et dans plusieurs √©coles, en particulier aux √Čtats-Unis, il fut int√©gr√© dans le programme scolaire, faisant ainsi d√©couvrir Anne Frank √† de nouvelles g√©n√©rations de lecteurs.

En 1986, l'Institut national des documents de guerre des Pays-Bas publia une édition critique du journal. Elle incluait des comparaisons de toutes les versions connues, publiées. Il incluait aussi des commentaires certifiant l'authenticité du journal ainsi que des informations historiques supplémentaires sur la famille Frank et le journal lui-même.

En 1999, Cornelis Suijk, un ancien directeur de la fondation Anne-Frank et pr√©sident du centre am√©ricain pour l'√©ducation sur la Shoah, annon√ßa qu'il √©tait en possession de cinq pages qui avaient √©t√© enlev√©es du journal par M. Frank avant sa publication ; Suijk d√©clara qu'Otto Frank lui avait donn√© ces pages avant sa mort en 1980. Les passages manquants du journal contenaient des remarques critiques d'Anne par rapport aux tensions entre ses parents, et montre le peu d'affection d'Anne envers sa m√®re[10].

Une controverse apparut quand Suijk r√©clama ses droits de publication sur les cinq pages et voulut les vendre pour collecter de l'argent pour sa fondation am√©ricaine. L'Institut National des Documents de Guerre des Pays-Bas, le pr√©c√©dent propri√©taire du manuscrit, r√©clama la restitution des pages en question. En 2000, le ministre hollandais de l'√Čducation, de la Culture et des Sciences conclut un accord avec la fondation de Suijk en lui versant 300 000 USD et les pages furent rendues en 2001. Depuis lors, elles ont √©t√© incluses dans les nouvelles √©ditions du journal.

√Čloges d'Anne Frank et de son journal

Dans son introduction de la premi√®re publication am√©ricaine du journal, Eleanor Roosevelt le d√©crivit comme ¬ę un des plus sages et bouleversants t√©moignages sur la guerre et son impact sur les √™tres humains que j'aie jamais lu ¬Ľ. L'√©crivain russe Ilya Ehrenbourg dit plus tard : ¬ę une voix parle pour six millions d'autres ‚Äď la voix non pas d'un sage ou d'un po√®te mais d'une petite fille ordinaire. ¬Ľ √Ä mesure que la stature d'Anne Frank en tant qu'√©crivain et humaniste s'affirmait, on parla d'elle de mani√®re sp√©cifique comme de l'un des symboles de la Shoah et plus g√©n√©ralement comme le symbole de la pers√©cution. Hillary Clinton, dans le discours qu'elle pronon√ßa lorsqu'elle re√ßut le prix humanitaire Elie-Wiesel en 1994, lut le journal d'Anne Frank et parla d'elle comme ¬ę nous √©veillant √† la folie de l'indiff√©rence et au terrible prix qu'elle faisait peser sur notre jeunesse ¬Ľ, que Clinton reliait aux √©v√©nements alors en cours √† Sarajevo en Somalie et au Rwanda[11].

Reproduction de l'étagère qui cachait l'entrée de l'Annexe, dans la Maison Anne Frank à Amsterdam.

Apr√®s avoir re√ßu un prix humanitaire de la Fondation Anne-Frank en 1994, Nelson Mandela, s'adressant √† la foule √† Johannesbourg, d√©clara qu'il avait lu le journal d'Anne Frank pendant son emprisonnement et que celui-ci lui avait donn√© beaucoup de courage. Il compara la lutte d'Anne Frank contre le nazisme avec sa lutte contre l'Apartheid, d√©crivant un parall√©lisme entre les deux philosophies avec le commentaire ¬ę parce que ces croyances sont √©videmment fausses, et parce qu'elles √©taient, et seront toujours, d√©fi√©es par des personnes semblables √† Anne Frank, elles sont vou√©es √† l'√©chec[12] ¬Ľ.

Le journal a aussi √©t√© reconnu pour ses qualit√©s litt√©raires. Commentant le style d'√©criture d'Anne Frank, le dramaturge Meyer Levin, qui travailla avec Otto Frank sur la mise au point d'un drame bas√© sur le journal peu de temps apr√®s sa publication[13], loua sa capacit√© √† ¬ę entretenir la tension d'une nouvelle bien construite ¬Ľ, tandis que le po√®te John Berryman √©crivit qu'il s'agissait d'une description unique, non seulement de l'adolescence mais aussi ¬ę du processus myst√©rieux et fondamental d'un enfant devenant adulte comme si cela √©tait en train de se d√©rouler ¬Ľ. Sa biographe Melissa M√ľller dit qu'elle √©crivait ¬ę dans un style pr√©cis, √©conomique et confiant √©poustouflant d'honn√™tet√© ¬Ľ. Son √©criture est principalement une √©tude de caract√®res et elle examine chaque personne de son cercle avec un regard judicieux et intransigeant. Elle est parfois cruelle et souvent biais√©e, en particulier dans sa description de Fritz Pfeffer et de sa propre m√®re. M√ľller explique qu'elle canalisa les sautes d'humeur normales de l'adolescence par ses √©crits. Son examen personnel et celui de son entourage est soutenu pendant une longue p√©riode de mani√®re tr√®s critique, analytique et introspective, et dans des moments de frustration elle d√©peint la bataille int√©rieure dont elle fait l'objet entre la ¬ę bonne Anne ¬Ľ qu'elle voudrait √™tre, et la ¬ę mauvaise Anne ¬Ľ qu'elle pense incarner. Otto Frank rappela plus tard son √©diteur pour lui expliquer la raison pour laquelle il pensait que le journal avait √©t√© lu par tant de monde ; selon lui ¬ę le journal aborde tant d'√©tapes de la vie que chaque lecteur peut y trouver quelque chose qu'il l'√©mouvra personnellement ¬Ľ.

En juin 1999, Time Magazine publia une √©dition sp√©ciale intitul√©e TIME 100 : Heroes & Icons of the 20th century ; une liste des politiciens, artistes, innovateurs, scientifiques et personnalit√©s les plus influentes du XXe si√®cle. Anne Frank fut choisie pour en faire partie. L'√©crivain Roger Rosenblatt, auteur de Children of War, √©crivit le passage consacr√© √† Anne Frank[14] dans lequel il d√©crit son h√©ritage :

¬ę Les passions d√©cha√ģn√©es par ce livre sugg√®rent qu'Anne Frank appartient √† tous, qu'elle s'est √©lev√©e au-dessus de la Shoah, du Juda√Įsme, de la f√©minit√© et du bien, pour devenir une ic√īne du monde moderne - la moralit√© individuelle assaillie par le m√©canisme de la destruction, insistant sur le droit de vivre, questionnant et esp√©rant pour le futur de la condition humaine. ¬Ľ

Démentis et action judiciaire

Certains ont tent√© de discr√©diter le journal depuis sa publication et depuis les ann√©es 1970 le n√©gationniste David Irving a affirm√© de mani√®re r√©guli√®re que le journal n'√©tait pas authentique[15]. Les constantes d√©clarations publiques de ces n√©gationnistes incit√®rent Teresien da Silva √† commenter au nom d'Anne Frank en 1999 : ¬ę Pour beaucoup de mouvements politiques d'extr√™me droite, Anne s'av√®re √™tre un obstacle. Son t√©moignage personnel de la pers√©cution des Juifs et sa mort dans un camp de concentration emp√™chent la r√©habilitation du national socialisme. ¬Ľ

Depuis les ann√©es 1950, la n√©gation de la Shoah constitue un crime dans plusieurs pays d'Europe, dont l'Allemagne, et la loi a √©t√© utilis√©e pour pr√©venir une recrudescence des activit√©s n√©o-nazies. √Ä L√ľbeck en 1959, Otto Frank attaqua en justice Lothar Stielau, un professeur d'√©cole, ancien membre des Jeunesses hitl√©riennes, qui avait publi√© un prospectus scolaire d√©crivant le journal comme une contrefa√ßon. La Cour de justice examina le journal et, en 1960, le d√©clara comme √©tant authentique. Stielau r√©tracta ses pr√©c√©dentes d√©clarations et Otto Frank arr√™ta la proc√©dure judiciaire.

En 1958, Simon Wiesenthal fut d√©fi√© par un groupe de manifestants lors de la repr√©sentation th√©√Ętrale du Journal d'Anne Frank √† Vienne, qui affirmait qu'Anne n'avait jamais exist√©. Ces manifestants demand√®rent √† Wiesenthal de prouver l'existence d'Anne en retrouvant l'homme qui l‚Äôavait arr√™t√©e. Il commen√ßa √† chercher Karl Silberbauer et le trouva en 1963. Lors de son interview, Silberbauer admit directement son r√īle, et identifia Anne Frank √† partir d‚Äôune photographie comme √©tant l'une des personnes arr√™t√©es. Il fournit un compte rendu complet des √©v√©nements et se rappela qu'il avait vid√© une valisette pleine de papiers sur le sol. Ses d√©clarations corrobor√®rent la version des √©v√©nements qui avait pr√©c√©demment √©t√© pr√©sent√©e par des t√©moins oculaires comme Otto Frank. Aucune charge ne put √™tre retenue contre Silberbauer, qui n'avait fait que suivre les ordres. Les informations qu'il donna ne permirent pas √† Wiesenthal de trouver le d√©nonciateur de la famille Frank, qui reste une √©nigme pour les historiens.

En 1976, M. Frank engagea une autre proc√©dure contre Heinz Roth de Francfort, qui avait √©galement publi√© des pamphlets proclamant que le journal √©tait une contrefa√ßon. Le juge statua que s'il publiait de nouveaux √©crits de ce type, il serait passible de 500 000 Deutsche Mark d'amende et d'une peine de six mois de prison. Deux autres plaintes furent rejet√©es par des tribunaux allemands en 1978 et 1979 sur base de la libert√© d'expression, car la plainte n'avait pas √©t√© d√©pos√©e par une des parties vis√©es par les √©crits. La cour statua dans les deux cas que si la plainte avait √©t√© d√©pos√©e par une partie concern√©e, comme Otto Frank, une charge pour calomnie aurait pu √™tre retenue.

La controverse atteignit son sommet avec l'arrestation et le jugement de deux n√©o-nazis, Ernst R√∂mer et Edgar Geiss, qui furent jug√©s coupables de produire et de distribuer de la litt√©rature d√©non√ßant le Journal d'Anne Frank comme √©tant une contrefa√ßon, sur la plainte d'Otto Frank. Quand ils firent appel de leur condamnation, une √©quipe d'historiens √©tudia les documents en collaboration avec Otto Frank, et conclut qu'ils √©taient authentiques. En 1978, durant la proc√©dure d'appel des jugements R√∂mer et Geiss, le laboratoire du tribunal criminel allemand (Bundeskriminalamt, BKA) eut pour t√Ęche d'examiner le type de papier et les types d'encres utilis√©es dans le manuscrit du journal. Bien que ses conclusions aient indiqu√© que l'encre avec laquelle le journal avait √©t√© √©crit √©tait utilis√©e pendant la guerre, le BKA conclut que ¬ę les corrections subs√©quentes appliqu√©es sur les pages volantes ont √©t√© √©crites avec des stylos √† bille noirs, verts et bleus ¬Ľ. Bien que le BKA n'ait pas donn√© plus de pr√©cisions √† propos de ces suppos√©es corrections au stylo √† billes, les n√©gationnistes d√©non√ßant l'authenticit√© du journal se sont focalis√©s sur cette phrase, car les stylos √† bille ne sont devenus populaires qu'apr√®s la Seconde Guerre mondiale.
Le BKA publia en juillet 2006 un communiqué de presse dans lequel il déclara que les recherches effectuées en 1980 ne peuvent en aucune manière être utilisées pour remettre en cause l'authenticité du Journal d'Anne Frank[16].

En 1986, le Laboratoire national de sciences l√©gales n√©erlandais de Rijswijk ex√©cuta une autre expertise technique exhaustive du manuscrit. Bien que le BKA f√Ľt invit√© par ce laboratoire √† indiquer sur quelles pages volantes il avait d√©tect√© des corrections au stylo √† bille, celui-ci fut incapable de pr√©senter un seul exemple. Le laboratoire lui-m√™me trouva seulement deux pages de manuscrits r√©dig√©s avec de l'encre de stylo √† bille, qui avait √©t√© ajout√©e dans les pages volantes du manuscrit. L'√Čdition Critique R√©vis√©e du Journal d'Anne Frank (publi√©e en 2003) fournit des images (pages 167-171) de ces deux pages du manuscrit et dans le chapitre r√©sumant les d√©couvertes faites par le Laboratoire National de Sciences L√©gales hollandais, H.J.J. Hardy √©crit √† ce sujet :

¬ę Le seul passage au stylo √† bille fut d√©couvert sur deux morceaux de papier inclus parmi les feuilles volantes. Les figures VI-I-I et 3 montrent la mani√®re dont ces morceaux de papier avaient √©t√© ins√©r√©s dans le dossier plastique concern√©. En tout √©tat de cause, ces √©crits au stylo √† bille n'ont aucune influence sur le contenu factuel du journal. De plus, l'√©criture observ√©e sur ces morceaux de papier diff√®re de fa√ßon saisissante de celle du journal. ¬Ľ

‚ÄĒ page 167

Une note de bas de page ajoute :

¬ę Le psychologue et expert en graphologie d'Hambourg Hans Ockleman d√©clare dans une lettre √† la Fondation Anne Frank dat√©e du 27 septembre 1987 que sa m√®re, Dorothea Ockleman, est l'auteur de ces morceaux de papier √©crits au stylo √† bille. Elle les √©crivit quand elle collabora √† l'√©tude des journaux avec Minna Becker. ¬Ľ

Avec la mort d' Otto en 1980, le journal original, ainsi que les lettres et les feuilles volantes, furent réclamés par l'Institut national des documents de guerre des Pays-Bas, qui demanda une étude légale du journal au ministère de la Justice des Pays-Bas en 1986. Ils comparèrent le manuscrit et plusieurs exemplaires connus. Ils conclurent qu'ils concordaient mais aussi que le papier, la colle et l'encre utilisés étaient disponibles à l'époque à laquelle le journal est supposé avoir été écrit. Leur conclusion finale confirma l'authenticité du journal comme le fit également la Cour régionale de Hambourg le 23 mars 1990.

N√©anmoins, certains n√©gationnistes ont persist√© dans leurs affirmations selon lesquelles le journal est une contrefa√ßon. En 1991, Robert Faurisson et Siegfried Verbeke produisent un livret intitul√© : Le Journal d'Anne Frank : une approche critique. Ils d√©clarent qu'Otto Frank √©tait l'auteur du journal, bas√© sur le fait que le journal contient plusieurs contradictions, que se cacher dans l'Annexe aurait √©t√© impossible et que le style et l'√©criture d'Anne Frank ne seraient pas ceux d'une adolescente[17].

En d√©cembre 1993, la Maison Anne Frank √† Amsterdam et la Fondation Anne Frank de B√Ęle d√©clench√®rent une action au civil de mani√®re √† interdire la poursuite de la distribution du livret Le Journal d'Anne Frank : une Approche Critique aux Pays-Bas. Le 9 d√©cembre 1998, la Cour du District d'Amsterdam statua en faveur des plaignants, rendant hors la loi tout d√©ni concernant l'authenticit√© du journal, toute distribution des publications de m√™me nature et imposa une amende de 25 000 florins par contravention constat√©e[18].

Héritage

Statue d'Anne Frank par Mari Andriessen, à l'extérieur de Westerkerk à Amsterdam.

Le 3 mai 1957, un groupe de citoyens, parmi lesquels Otto Frank, cr√©a la fondation de la Maison d'Anne Frank dans le but initial de sauvegarder l'immeuble Prinsengracht menac√© de d√©molition et de le rendre accessible au public[19]. Otto Frank insista sur le fait que l'objectif de la fondation serait de promouvoir les contacts et la communication entre les jeunes de diff√©rentes origines, cultures et religions, mais aussi de lutter contrer l'intol√©rance et la discrimination raciale[20].

La Maison d'Anne Frank ouvrit ses portes le 3 mai 1960. Elle comprend l'entrep√īt et les bureaux de la soci√©t√© Opekta ainsi que l'Annexe, le tout non meubl√© de mani√®re √† ce que les visiteurs puissent circuler librement dans les pi√®ces. Certains effets personnels des pr√©c√©dent occupants sont rest√©s, comme une affiche d'une star de cin√©ma coll√©e au mur par Anne, un morceau de papier peint sur lequel Otto Frank marquait la taille de ses filles √† mesure qu'elles grandissaient et une carte sur le mur o√Ļ il notait l'avance des forces alli√©es, le tout √©tant prot√©g√© par du papier Perspex (Plexiglas). Depuis la petite pi√®ce qui fut celle de Peter van Pels, une all√©e relie l'immeuble aux b√Ętiments voisins, √©galement rachet√©s par la Fondation. Ces autres immeubles sont utilis√©s pour h√©berger le journal mais aussi des expositions qui pr√©sentent diff√©rents aspects de la Shoah et des √©tudes plus contemporaines sur l'intol√©rance raciale dans diff√©rentes parties du globe. La Maison d'Anne Frank est devenue l'attraction touristique la plus fr√©quent√©e d'Amsterdam avec plus d'un million et demi de visiteurs chaque ann√©e.

En 1963, Otto et sa seconde femme Elfriede Geiringer-Markovits √©tablissent la Fondation Anne-Frank en tant qu'organisation caritative, bas√©e √† B√Ęle en Suisse. La Fondation collecte l'argent pour le donner √† des causes qui lui semblent louables. Jusqu'√† sa mort, Otto l√©gua ses droits sur le journal √† la Fondation, √† la condition que les premiers 80 000 francs suisses de revenus annuels soient distribu√©s √† ses h√©ritiers, le reste √©tant cr√©dit√© √† la Fondation √† destination des projets que ses administrateurs jugent valables. Cela a permis de soutenir tous les ans le traitement m√©dical des Justes parmi les nations, d'√©duquer les jeunes contre le racisme et de pr√™ter certains √©crits d'Anne Frank au mus√©e am√©ricain d√©di√© au m√©morial de l'Holocauste de Washington pour une exposition en 2003. Le rapport annuel de la m√™me ann√©e permet de se faire une id√©e des efforts r√©alis√©s pour contribuer √† un niveau plus global, avec le support de l'Allemagne, d'Isra√ęl, de l'Inde, de la Suisse, de l'Angleterre et des √Čtats-Unis[21].

Des dizaines d'√©coles √† travers le monde ont √©t√© baptis√©es ¬ę Anne Frank ¬Ľ, en souvenir de la jeune fille[22]. Son nom a √©galement √©t√© donn√© √† un ast√©ro√Įde, peu apr√®s la Seconde Guerre mondiale ((5535) Annefrank).

La vie et les écrits d'Anne Frank ont inspiré divers groupes d'artistes et commentateurs populaires, faisant référence à elle en littérature, musique populaires, télévision, et d'autres formes de média.

En 1959, son journal a √©t√© adapt√© pour le cin√©ma par George Stevens ; il a fait l'objet ensuite de plusieurs t√©l√©films et d'une adaptation japonaise en dessin anim√© (Anne no nikki, 1995).

Le 30 juillet 2009, le journal est ajouté avec d'autres documents au Registre de la Mémoire du monde de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)[23].

Le 30 septembre 2009, le musée Anne Frank annonce la publication des vidéos[24] montrant des images de la jeune fille[25].

En 2007, le ch√Ętaignier situ√© devant la maison o√Ļ Anne Frank se cachait, et dont elle parle plusieurs fois dans son fameux journal, est sauv√© provisoirement de l'abattage. L'arbre, √Ęg√© de 150 ans, √©tait malade et jug√© dangereux, mais le conseil municipal d√©cida de surseoir √† la d√©cision[26]. Le ch√Ętaignier est finalement renvers√© par une temp√™te[27] le 23 ao√Ľt 2010 ; les volontaires d'une fondation prot√©geant l'arbre tenteront de le faire repousser, gr√Ęce √† l'accord du propri√©taire du terrain[28].

Notes et références

  1. ‚ÜĎ ¬ę L'Annexe ¬Ľ, page 3, sur le site officiel de la Maison d'Anne Frank.
  2. ‚ÜĎ Cf. par exemple, pour l'ensemble de ce passage, l'analyse du journal d'Anne Frank par Fran√ßoise Chatel de Brancion (http://www.forumuniversitaire.com/CONFONLINE/confonline-litterature07.asp (Archive, Wikiwix, que faire ?))
  3. ‚ÜĎ Voir par exemple la vision de l'avenir du peuple juif qu'elle d√©veloppe dans son journal, et qui est repris en conclusion de la conf√©rence de Fran√ßoise Chatel de Brancion (http://www.forumuniversitaire.com/CONFONLINE/confonline-litterature07.asp (Archive, Wikiwix, que faire ?))
  4. ‚ÜĎ Avant-propos au Journal d'Anne Frank, Calmann-L√©vy, 1992 (trad. Nicolette Oomes), p. 9.
  5. ‚ÜĎ Diff√©rentes hypoth√®ses ont √©t√© formul√©es √† ce sujet. On les trouvera r√©sum√©es sur le dossier qui est consacr√© √† cette question sur le site officiel de la maison d'Anne Frank (¬ę Qui a d√©nonc√© les clandestins ? ¬Ľ)
  6. ‚ÜĎ ¬ę Le jour de l'arrestation ¬Ľ, sur le site officiel de la maison d'Anne Frank
  7. ‚ÜĎ ¬ę D√©part pour Westerbork ¬Ľ, sur le site de la maison d'Anne Frank.
  8. ‚ÜĎ ¬ę Le Journal ¬Ľ, pages 2 et 3, sur le site officiel de la Maison d'Anne Frank.
  9. ‚ÜĎ AnneFrank.org - La publication du journal reproduction de l'article du Het Parool, avec les commentaires de Jan Romein.
  10. ‚ÜĎ (en) annefrank.org - Publicit√© √† propos d'Anne Frank et de son journal, cinq pages pr√©cieuses relancent la controverse sur Anne Frank, source attribu√©e √† l'article de Ralph Blumenthal, The New York Times, le 10 septembre 1998.
  11. ‚ÜĎ (en) La Maison Blanche - Le prix Elie-Wiesel - Remarques de la premi√®re dame des √Čtats-Unis √† la remise du prix humanitaire Elie-Wiesel √† New York le 14 avril 1994.
  12. ‚ÜĎ (en) Discours du pr√©sident sud-africain Nelson Mandela √† l'occasion de l'ouverture de l'exposition Anne Frank au Mus√©e africain de Johannesbourg le 15 ao√Ľt 1994.
  13. ‚ÜĎ (en) Souvenirs d'Anne Frank par Jacob B. Michaelsen, 1997.
  14. ‚ÜĎ (en) Time Magazine ¬ę TIME 100 : Heroes & Icons of the 20th century ¬Ľ publi√© le 14 juin 1999.
  15. ‚ÜĎ (en) Le projet Nizkor
  16. ‚ÜĎ ¬ę Remise en cause de l'authenticit√© par les n√©onazis r√©fut√©e ¬Ľ, sur le site officiel de la maison d'Anne Frank. ((de) Communiqu√© de presse du BKA)
  17. ‚ÜĎ Lire √† ce sujet l'article de Didier Daeninckx, ¬ę Le Journal d'Anne Frank : les falsifications de Faurisson ¬Ľ.
  18. ‚ÜĎ (en) ¬ę Dix questions sur l'authenticit√© du journal d'Anne Frank ¬Ľ, article de Jaap Tanja, maison d'Anne Frank, 2007
  19. ‚ÜĎ ¬ę La Maison d'Anne Frank ¬Ľ, sur le site de la maison d'Anne Frank.
  20. ‚ÜĎ Cf. La pr√©sentation des activit√©s de la fondation Anne Frank (http://www.annefrank.org/content.asp?pid=4&lid=5&flashid=4 (Archive, Wikiwix, que faire ?))
  21. ‚ÜĎ Fondation Anne-Frank, r√©sum√© du rapport annuel 2003.
  22. ‚ÜĎ ¬ę Qu'est-ce qu'une √©cole Anne Frank ? ¬Ľ, sur le site officiel de la Maison d'Anne Frank.
  23. ‚ÜĎ Le Journal d'Anne Frank ajout√© au Registre de la M√©moire du Monde, centre d‚Äôactualit√© de l‚ÄôONU.
  24. ‚ÜĎ The only existing film images of Anne Frank
  25. ‚ÜĎ Des vid√©os consacr√©es √† Anne Frank visibles sur internet
  26. ‚ÜĎ Sursis pour le ch√Ętaignier, sur Alliance, le 21 novembre 2007.
  27. ‚ÜĎ L'arbre d'Anne Frank renvers√© par une temp√™te, sur Branchez-vous.com, 24 ao√Ľt 2010.
  28. ‚ÜĎ Le ch√Ętaignier d'Anne Franck reprendra vie, sur Guysen International News, le 25 ao√Ľt 2010.

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie complémentaire

Filmographie autour d'Anne Frank

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