Lycanthrope

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Lycanthrope
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Un loup-garou sur une gravure du XVIIIe siĂšcle, par Ian Woodward.

Un lycanthrope [li.kɑ̃.tʁɔp], plus connu en français sous le nom de loup-garou [lu.ÉĄa.ʁu], est, dans les mythologies, les lĂ©gendes et les folklores du monde entier, mais principalement issus de la civilisation europĂ©enne, un humain qui a la capacitĂ© de se transformer, partiellement ou complĂštement, en loup, ou en crĂ©ature anthropomorphe proche du loup.

Cette transformation peut ĂȘtre due Ă  plusieurs causes, comme la morsure d’un loup ou d’un autre lycanthrope, une malĂ©diction ou un rituel volontaire. Elle se dĂ©clenche gĂ©nĂ©ralement durant la nuit et Ă  chaque pleine Lune, condamnant le lycanthrope Ă  errer sous forme de loup en poussant des hurlements jusqu’au matin. Les histoires de lycanthropes sont mentionnĂ©es depuis la mythologie grecque, puis se sont Ă©tendues Ă  de nombreux pays europĂ©ens et plus rĂ©cemment, au monde entier. Les lycanthropes sont majoritairement dĂ©crits comme des hommes-loups malĂ©fiques possĂ©dant les capacitĂ©s du loup et de l’homme Ă  la fois, une force colossale, et une grande fĂ©rocitĂ© puisqu’ils sont capables de tuer de nombreuses personnes en une seule nuit. Ils ne se rappellent gĂ©nĂ©ralement plus leurs mĂ©faits nocturnes aprĂšs avoir repris forme humaine. La transformation physique d’hommes en loups Ă©tant, hormis les problĂšmes de diffĂ©rence gĂ©nĂ©tique le recours Ă  la chirurgie et l’utilisation de dĂ©guisements, totalement impossible, il y a fort peu Ă  croire que ces crĂ©atures aient existĂ© rĂ©ellement tel qu’elles sont dĂ©crites. Cependant, le peuple y a cru pendant longtemps, et continue parfois Ă  y croire. Aujourd’hui, la lycanthropie n’est scientifiquement reconnue que comme un symptĂŽme de maladie mentale : on parle alors de lycanthropie clinique.

Le thĂšme de la lycanthropie est devenu un sujet de fiction moderne frĂ©quent, abondamment repris par les arts, la littĂ©rature fantasy et fantastique ainsi que l’audiovisuel oĂč il est au centre d’un trĂšs grand nombre de film d’horreur et de sagas, bien que ces lycanthropes modernes puissent avoir des caractĂ©ristiques diffĂ©rentes des anciens, notamment leur vulnĂ©rabilitĂ© aux balles en argent.

Sommaire


Terminologie

  • « Lycanthrope Â» est un terme issu du grec λυÎșÎŹÎœÎžÏÏ‰Ï€ÎżÏ‚ / lykĂĄnthrĂŽpos (de λύÎșÎżÏ‚ / lĂșkos, « loup Â», et áŒ„ÎœÎžÏÏ‰Ï€ÎżÏ‚ / ĂĄnthrĂŽpos, « homme Â»)[1], il dĂ©signe donc un ĂȘtre humain qui est ou se croit transformĂ© en loup. La thĂ©rianthropie ou la zoanthropie[Note 1] dĂ©signent la transformation d’un ĂȘtre humain en animal ou la transformation inverse, qu’elle soit partielle ou complĂšte. Elle s’applique donc aux lycanthropes et au loup-garou, mot utilisĂ© de maniĂšre gĂ©nĂ©rique en Europe occidentale pour dĂ©signer tous les lycanthropes. Le terme « lycanthropie Â» a longtemps dĂ©signĂ© la transformation physique ou mentale d’un homme en tout type d’animal[2], mais le terme thĂ©rianthropie tend aujourd’hui Ă  s’y substituer.
  • « Loup-garou Â» est un terme attestĂ© en vieux français sous la forme leus warous (« homme-loup Â»), de leus (« loup Â») et de warous (formes picardes), mentionnĂ© sous les formes franciennes garwaf, garvalf, garval au XIe siĂšcle, lui-mĂȘme issu du francique *wariwulf ou *werwolf (« homme-loup Â»)[3]. Ce mot se rapproche de l’anglais werewolf lui-mĂȘme issu du vieil anglais wer (ou were) dĂ©rivant de l’indo-europĂ©en *wiro (« homme Â» qui a donnĂ© vir en latin) et de wulf (« loup Â» en vieil anglais)[3]. En somme, comme le fait remarquer Henriette Walter, ce mot est un plĂ©onasme puisque garou, du francique *wariwulf ou *werwolf, veut dĂ©jĂ  dire « homme-loup Â»[4]. Au XIIe, on employait le terme de Leul garoul[5]. Le terme français loup (anciennement leu) est issu du latin lupus. Selon Collin de Plancy qui travaille selon une Ă©tymologie populaire, le nom de loup-garou signifie « loup dont il faut se garder Â», car gar- est interprĂ©tĂ© comme le dĂ©verbal de "garer"[6]. « vairou Â» Ă©tait un terme employĂ© autrefois dans le dialecte de certaines rĂ©gions[7]. En Bourgogne par exemple, oĂč /w/ n'a pas Ă©voluĂ© en /gw/ comme en français central, mais a mutĂ© en /v/, en normand Ă©galement oĂč l'on parle du varou tout simplement[8]. C'est aussi dans le Maine et le Poitou qu'on trouve le patronyme "Virlouvet" (petit loup garou). « Rougarou Â» est une Ă©volution indĂ©pendante du terme français loup-garou en Louisiane, rĂ©gion d’AmĂ©rique oĂč immigrĂšrent des colons francophones[9]. Aux CaraĂŻbes, autre rĂ©gion de peuplement francophone, on emploie le nom de « Loogaroo[10] Â».
  • « Wer(e)wolf Â» est le terme anglais Ă©quivalent du français loup-garou. Wolf vient du vieil anglais (anglo-saxon) wulf, issu du germanique commun *wulfaz[11]. Wolf voulant simplement dire loup[12]. Les termes allemand Werwolf et nĂ©erlandais weerwolf sont issus du mĂȘme Ă©tymon germanique.
  • « Versipelle Â» est un terme latin Ă©quivalent, utilisĂ© par Pline l’Ancien. Il signifie « qui retourne sa peau Â»[13].
  • « Volkodlak Â» est un terme russe issu de volk (« loup Â») et dlak (« poil Â») qui dĂ©signe le loup-garou d’aprĂšs Ernest Jones[12]. En russe, loup-garou signifie littĂ©ralement « voleur Â»[Note 2],[14].
  • « Voukodlak Â» (ĐČуĐșĐŸĐŽĐ»Đ°Đș) est le terme serbo-croate qui dĂ©signe Ă©galement le loup-garou. En tchĂšque et en slovaque, ce mot est vlkodlak.
  • « VĂźrcolac Â» est le terme roumain, empruntĂ© au bulgare vĆ­rkolak (ĐČърĐșĐŸĐ»Đ°Đș). Il dĂ©signe, en roumain, aussi bien un vampire, un revenant, un fantĂŽme, qu'un loup-garou, et, en tout cas, un ĂȘtre fabuleux susceptible de cacher, en les dĂ©vorant, le soleil et la lune. En grec, le mot est ÎČρυÎșόλαÎșας (vrykĂłlakas). Ces termes Ă©tant Ă©galement utilisĂ©s pour dĂ©signer le vampire, cela indique un rapport Ă©troit entre ces deux crĂ©atures.

Boris Vian joue avec le mythe et les mots en dĂ©finissant, dans son recueil Le Loup-garou, l’anthropolycie (anthropos, ÎŹÎœÎžÏÏ‰Ï€ÎżÏ‚ « ĂȘtre humain Â» et lycos / lukos , λυÎșÎŹÎœÎžÏÏ‰Ï€ÎżÏ‚ / λύÎșÎżÏ‚ « loup Â») comme le fait, pour un loup, de se transformer en homme une fois mordu par l’un d’eux[15].

Caractéristiques du lycanthrope selon le folklore

Le loup-garou, par Lucas Cranach l’Ancien, vers 1512, gravure sur bois, 162 × 126 mm, Gotha, Herzogliches Museum.

Selon la croyance la plus rĂ©pandue, l’humain affectĂ© par la lycanthropie se transforme en loup Ă©norme Ă  chaque pleine Lune[5], il se met Ă  marcher Ă  quatre pattes, mais il Ă  la capacitĂ© de marcher Ă  deux pattes quand il Ă  la forme humanoĂŻde de loup et Ă  hurler comme un vrai loup[16], en rĂ©sumĂ©, il acquiert toutes les caractĂ©ristiques attribuĂ©es Ă  cet animal : sa force, son agilitĂ©, sa ruse et une grande fĂ©rocitĂ©[17]. Il chasse et attaque sans merci ses victimes car il ne contrĂŽle plus ses faits et gestes et peut faire de trĂšs grands ravages en une seule nuit[18]. Les lycanthropes aiment la chair fraĂźche, Ă©tranglent le bĂ©tail des fermes environnantes, les chiens, et les hommes avec une nette prĂ©fĂ©rence pour les jeunes enfants, et ils dĂ©vorent ensuite leurs victimes[16]. Ils tuaient la premiĂšre personne croisĂ©e durant leur errance nocturne pour la dĂ©vorer[19]. Leur pouvoir se trouve renforcĂ© durant la nouvelle Lune, l’hiver et en particulier au moment des solstices, pendant l’avent et entre NoĂ«l et la Chandeleur[19]. Leur orgie de violence dure les trois nuits de la pleine Lune selon la croyance moderne, mais dans les textes anciens, les descriptions mentionnent parfois douze jours aprĂšs NoĂ«l[20]. L’apparence du lycanthrope sous sa forme animale varie selon le folklore du pays, les croyances et les Ă©poques, mĂȘme s’il est gĂ©nĂ©ralement dĂ©crit comme difficile Ă  diffĂ©rencier d’un loup ordinaire, avec une grande gueule, des yeux Ă©tincelants et des dents crochues[21],[16]. Il peut ĂȘtre un loup immense, un humain ne possĂ©dant que la tĂȘte d’un loup (cynocĂ©phale) ou avoir le corps recouvert de poils, une queue, des griffes et des pattes de loup, mais rester sur deux pattes comme l’ĂȘtre humain[21]. Le fait que les lycanthropes n’aient pas de queue est parfois attestĂ©[Note 3], et ils garderaient des yeux et une voix humaine[21]. Un point commun universel du lycanthrope dans l’Europe mĂ©diĂ©vale est son habitude de dĂ©vorer les cadavres fraĂźchement enterrĂ©s. Cette particularitĂ© est largement documentĂ©e, notamment dans les Annales mĂ©dico-psychologiques du XIXe siĂšcle[21].

Le chiffre sept, souvent considĂ©rĂ© comme un chiffre saint et sacrĂ©[22],[23], est frĂ©quemment associĂ© aux lycanthropes. Certains sont condamnĂ©s Ă  vivre sept ans sous forme de loup pour expier leurs crimes ou pour que le sortilĂšge lancĂ© sur eux cesse de faire effet[19], et briser le carĂȘme sept ans de suite provoque une transformation en loup-garou[24],[25]. Durant la nuit, d’autres parcouraient sept paroisses et faisaient le tour d’un clocher sept fois avant de trouver une place en enfer[19]. Il arrive aussi que les lycanthropes s’unissent avec des louves, et de leurs propres aveux, le plaisir qu’ils prenaient avec ces animaux Ă©tait aussi intense, sinon plus, que celui qu’ils prenaient avec les femmes[16]. AprĂšs avoir repris sa forme humaine, le lycanthrope est gĂ©nĂ©ralement affaibli et soumis Ă  des dĂ©pressions nerveuses[21]. Il se roule sur le sol, demeurant longtemps raidi comme un cadavre et privĂ© de sensations[26]. De nombreux rapports sur les lycanthropes dĂ©crivent aussi une grave mĂ©lancolie et maniaco-dĂ©pression lorsqu’ils ont pris conscience de leurs crimes[21].

Le nom de lycanthropie dĂ©signe en premier lieu la mĂ©tamorphose partielle ou complĂšte d’un homme en loup, car la mĂ©tamorphose physique fut longtemps reconnue comme une rĂ©alitĂ© avant que la lycanthropie ne soit assimilĂ©e Ă  une maladie psychiatrique[18], les croyances sur la lycanthropie sont ainsi loin d’ĂȘtre uniformes et le terme est appliquĂ© dans des cas assez diffĂ©rents les uns des autres. La transformation peut ĂȘtre temporaire ou permanente, l’animal peut ĂȘtre l’homme lui-mĂȘme sous l’emprise de la mĂ©tamorphose, mais aussi un double dont l’activitĂ© n’affecte pas la vie de l’homme. Il peut ĂȘtre son Ăąme qui s’échappe pour chercher Ă  dĂ©vorer des victimes en laissant le corps en Ă©tat de transe durant un voyage nocturne, il peut ĂȘtre le messager de l’ĂȘtre humain, un animal ou un familier bien rĂ©el dont le lien intime avec le propriĂ©taire est prouvĂ© par le fait que toute blessure lui Ă©tant infligĂ©e se retrouve Ă©galement sur le corps de l’homme, phĂ©nomĂšne connu sous le nom de rĂ©percussion[12].

Acquisition de la lycanthropie

La lycanthropie peut ĂȘtre acquise de diffĂ©rentes façons. On peut distinguer deux formes de lycanthropie, l'une volontaire oĂč un individu choisit consciemment de pactiser avec le mal, et une involontaire, le plus souvent subie par un individu contre son grĂ©. La lycanthropie peut, selon les mythes et folklore, s’acquĂ©rir par la naissance, l’hĂ©rĂ©ditĂ©, une exposition Ă  la pleine Lune, une malĂ©diction, un rituel satanique, l'absorption de chair humaine, ou encore en revĂȘtant une peau de loup. Le cas de transmission par une morsure d'un loup ou d'un autre loup-garou est une invention rĂ©cente.

RĂŽle de la Lune

Selon la plupart des croyances modernes, la pleine Lune est la premiĂšre cause des lycanthropies.

Les nuits de pleine Lune sont invoquĂ©es comme la principale cause de transformations involontaires en loup selon les croyances modernes, mais elles ne sont que peu mentionnĂ©es dans les rĂ©cits anciens. Gervais de Tilbury est l’un des premiers Ă  noter, entre 1210 et 1214 qu’en Angleterre, il est frĂ©quent de voir des hommes se changer en loups lorsque la Lune entame un nouveau cycle[27] puis, en 1848, il est dit que lorsque la Lune est rousse, on assiste Ă  des Ă©pidĂ©mies de lycanthropie[28]. En France, en Italie et en Allemagne, l’homme peut se transformer en loup s’il dort seul dehors par une nuit d’étĂ© certains mercredis ou vendredis et si la pleine Lune brille directement sur son visage[21]. Dans certaines cultures[Lesquelles ?], les personnes nĂ©es pendant la pleine Lune sont aussi considĂ©rĂ©es comme susceptibles de devenir des lycanthropes[28].

La Lune n’est pas le seul facteur entrant en ligne de compte. L’homme atteint de lycanthropie doit parfois ĂŽter ses vĂȘtements avant de prendre la forme du loup-garou[29],[30]. Il dissimule alors ses vĂȘtements car, s’il ne les retrouvait pas, il serait condamnĂ© Ă  errer indĂ©finiment sous la forme d’un loup[30].

Malédictions

Le Roi Lycaon changĂ© en loup par Zeus, gravure du XVIe siĂšcle.

Le pouvoir de transformer les autres en loups et en bĂȘtes sauvages par une malĂ©diction est attribuĂ© aux sorciers, aux dieux et au Diable, car la lycanthropie par malĂ©diction peut aussi ĂȘtre le rĂ©sultat d’un chĂątiment divin. En France, le Diable transformait les sorciers en loups et les obligeait Ă  errer dans la campagne en poussant d’affreux hurlements[6]. Saint Thomas d’Aquin affirma un temps que tous les anges, bons ou mauvais, ont le pouvoir de transformer les corps humains[31]. Les prĂȘtres et certains saints semblent Ă©galement possĂ©der ce pouvoir. La plus ancienne malĂ©diction lycanthropique connue est celle que Zeus infligea au roi d’Arcadie Lycaon[32], mais on raconte aussi que saint Patrick transforma le roi gallois Vereticus en loup[33] et que Saint Natalis maudit une illustre famille irlandaise dont tous les membres devinrent des loups pour sept ans[34].

La littĂ©rature mĂ©diĂ©vale et de la Renaissance abonde d’exemples oĂč des dieux et des saints maudissent ceux qui ont provoquĂ© leur colĂšre par la lycanthropie. Les excommuniĂ©s de l’Église catholique romaine Ă©taient souvent suspectĂ©s de devenir des lycanthropes[21].

En trinquant sans le savoir avec un lycanthrope qui prononce une formule de transmission, on peut Ă©galement ĂȘtre affectĂ© selon la croyance lituanienne[35]. William Shedden Ralston donne d’ailleurs l’incantation russe courante pour invoquer la lycanthropie dans ses Chants du peuple russe[36].

Anthropophagie et consommation de viande

Durant l’antiquitĂ© grecque, le cannibalisme est Ă©troitement associĂ© Ă  la lycanthropie car quiconque consommait de la chair humaine au cours de banquets donnĂ©s en l’honneur de Zeus Lykaos Ă©tait changĂ© en loup[37],[38]. DĂ©vorer la chair crue d’un loup enragĂ© transforme Ă©galement en lycanthrope[28].

Morsures

La transmission par morsure est une invention trĂšs rĂ©cente issue du cinĂ©ma amĂ©ricain, par rapprochement avec le mythe du vampire. Dans les films, l’humain mordu par un loup-garou se transforme lui-mĂȘme en loup-garou Ă  la pleine Lune suivante[Note 4]. Il n’existe que trĂšs peu de cas de contaminations par morsures dans les lĂ©gendes anciennes[21].

Naissance, hérédité et maladies

Certains enfants nĂ©s avec des particularitĂ©s physiques ou Ă  certaines dates sont prĂ©disposĂ©s Ă  devenir des lycanthropes. En Roumanie, c’est le cas pour les enfants sevrĂ©s puis remis au sein et au Portugal comme en AmĂ©rique latine, des septiĂšmes garçons issus d’une fratrie pauvre[39]. Ceux qui portent un embryon de queue au coccyx, les enfants conçus la veille d’un dimanche ou d’un jour saint, ceux qui naissent le jour de NoĂ«l sont prĂ©disposĂ©s, et ceux qui sont « nĂ©s coiffĂ©s Â», c’est-Ă -dire avec un morceau de placenta sur la tĂȘte[39], auraient une aptitude naturelle Ă  la mĂ©tamorphose, les hommes se changeant en loup-garous et les femmes en esprit malfaisant provoquant des cauchemars[40]. Les enfants de prĂȘtres ou de nonnes sont aussi condamnĂ©s par leur naissance Ă  se transformer en loups tous les sept ans[39]. Selon les serbes, les slovĂšnes et dans la rĂ©gion de Kashubie au nord de la Pologne, si un enfant nait avec des cheveux, une marque de naissance ou une crĂ©pine sur la tĂȘte, il possĂšde une habiletĂ© naturelle Ă  la mĂ©tamorphose et peut se transformer en l’animal qu’il souhaite, avec une nette prĂ©fĂ©rence pour le loup[41]. ArĂ©tĂ©e de Cappadoce mentionne que les personnes qui souffrent d’épilepsie se croient elles aussi susceptibles de devenir des lycanthropes[42].

Rituels d'invocation et métamorphoses volontaires

Dans d’autres cas, le pouvoir de se transformer en loup pendant la nuit est un souhait invoquĂ© par des rituels et des allĂ©geances sataniques abominables, souvent pour satisfaire un dĂ©sir de chair humaine[43]. L’invocateur agit de prĂ©fĂ©rence Ă  la pleine Lune et adopte non seulement la forme, mais aussi la nature du loup, sans s’inquiĂ©ter de mettre Ă  mort la plupart des crĂ©atures humaines[43]. L’un de ces rituels est dĂ©crit en dĂ©tail, il faut entrer dans une forĂȘt Ă  minuit lors de la pleine Lune, puis dessiner deux cercles sur le sol : l’un de six pieds de diamĂštre, l’autre de quatorze pieds de diamĂštre, avant d’allumer un feu au centre du cercle le plus petit. Placer un trĂ©pied de fer au-dessus des flammes et y suspendre un pot rempli d’eau, la porter Ă  Ă©bullition et y jeter de l’aloĂšs, des graines de pavot, de la solanaceae et de la ciguĂ«. Agiter les ingrĂ©dients en faisant appel Ă  tous les mauvais esprits de la nuit, aux fantĂŽmes emplis de haine, aux loup-garous et aux satyres. Enlever ensuite tous ses vĂȘtements et les frotter avec la graisse d’un animal fraĂźchement tuĂ© mĂ©langĂ©e Ă  de l’anis, du camphre et de l’opium. Prendre la peau d’un loup, la poser sur soi comme on porterait un pagne, puis se placer aux limites du grand cercle et rester dans cette position jusqu’à ce que le feu s’éteigne. Si tout a Ă©tĂ© fait correctement, l’invocateur est dĂ©sormais capable de prendre la forme du loup en revĂȘtant la peau[28].

L’un des moyens les plus simples pour se transformer en loup-garou serait donc d’enlever ses vĂȘtements pour porter une peau de loup, une ceinture magique en peau de loup pouvant suffire[44],[39] parfois en ajoutant un frottement du corps avec divers onguents magiques fabriquĂ©s par des sorciers et des sorciĂšres, l’onguent populeum Ă©tant composĂ© de suc de feuilles, de branches et de bourgeons de peuplier, de feuilles de jusquiame, de morelle noire, de pavot, d’axonge et d’alcool fort, mais il en existe trois variĂ©tĂ©s, l’une transforme en loup-garou, la seconde fait croire aux sorciĂšres qu’elles vont au sabbat (mais n’est qu’illusion) et le dernier permet un vĂ©ritable transport au sabbat[45].

Boire l’eau de pluie accumulĂ©e dans une empreinte de loup ou d’un autre animal sauvage, boire Ă  une source oĂč viennent s’abreuver des loups[39], ou certains breuvages enchantĂ©s ainsi que dĂ©vorer la cervelle d’un loup et dormir dans un lieu que cet animal frĂ©quente habituellement serait aussi considĂ©rĂ© comme un moyen d’accomplir cette mĂ©tamorphose[46],[39],[28], de mĂȘme qu’effectuer trois ou neuf sauts pĂ©rilleux, utiliser des ceintures en peau de pendu[39], et absorber certaines herbes[28]. Boire de la biĂšre mĂȘlĂ©e Ă  du sang accĂ©lĂšrerait la mĂ©tamorphose[28].

Voyages de l'Ăąme

Dans certains cas, la lycanthropie ne rĂ©sulte pas de la mĂ©tamorphose du corps mais d’un voyage de l’ñme. Le lycanthrope peut ĂȘtre un esprit qui sort de sa tombe sous forme de loup. Cette variĂ©tĂ© est connue sous le nom de loup-garou fantĂŽme. On croyait par lĂ  que le corps mĂ©tamorphosĂ© Ă©tait celui d’une Ăąme damnĂ©e qui ne trouvait pas le repos dans sa tombe[12]. Cette Ăąme damnĂ©e cherchait alors un hĂŽte, humain de prĂ©fĂ©rence, et il s’ensuivait une confrontation quotidienne entre l’ñme humaine et l’ñme damnĂ©e afin de prendre possession du corps. Si l’ñme damnĂ©e l’emportait, alors la transformation pouvait avoir lieu[12]. L’ñme qui s’échappe peut chercher Ă  dĂ©vorer des victimes tout en laissant le corps de la personne atteinte de lycanthropie en Ă©tat de transe[12].

Lutte contre la lycanthropie

De nombreuses légendes décrivent des lycanthropes qui se mettent à hurler à la maniÚre des loups lors des pleines Lunes.
Condamnation Ă  mort de Peter Stumbb, loup-garou, en 1589 prĂšs de Cologne, par Lucas Mayer.

En fonction des Ă©poques et des mythes, les façons de lutter contre les lycanthropes afin de les soigner ou de les tuer ont Ă©voluĂ©. Les lycanthropes possĂšdent une grande rĂ©sistance aux blessures et retrouveraient rapidement leur intĂ©gritĂ© physique mĂȘme si des membres leur sont sectionnĂ©s[27].

Protections et combats contre les lycanthropes

Les lycanthropes sont des crĂ©atures malignes qui Ă©chappent le plus souvent aux piĂšges, aux embĂ»ches et aux attaques classiques, protĂ©gĂ©s par leur peau d’une grande duretĂ©[6],[37]. Les blessures faites aux lycanthropes sous leur forme animale se retrouvent gĂ©nĂ©ralement sur leur corps humain et certaines armes sont citĂ©es de maniĂšre rĂ©currentes dans les lĂ©gendes ou les fictions modernes, tels que les objets en argent comme les balles et les poignards[37]. Les balles en argent devaient ĂȘtre bĂ©nies de prĂ©fĂ©rence, et cette bĂ©nĂ©diction effectuĂ©e Ă  certaines heures nocturnes, de prĂ©fĂ©rence dans une chapelle dĂ©diĂ©e Ă  saint Hubert et avec des objets rares et prĂ©cieux tels qu’un trĂšfle Ă  quatre feuilles[47],[25]. Alors, le sorcier lycanthrope pouvait ĂȘtre tuĂ© et sa forme de bĂȘte disparaissait[47]. En Bretagne, ils Ă©taient dĂ©capitĂ©s Ă  la hache ou la faux, et leur corps jetĂ© Ă  la riviĂšre[47]. La vulnĂ©rabilitĂ© des lycanthropes aux balles en argent n’est pas attestĂ©e avant le XIXe et l’on raconte que la BĂȘte du GĂ©vaudan fut tuĂ©e avec cet objet selon les romanciers qui reprirent l’histoire vers 1935[48]. Le cinĂ©ma hollywoodien a majoritairement repris et rĂ©pandu ces croyances concernant l’argent (notamment avec les films "Underworld (sĂ©rie de films)"). La sensibilitĂ© des lycanthropes aux objets religieux tels que les crucifix et l’eau bĂ©nite est rĂ©cente elle aussi, en tant que crĂ©atures du Diable, ils ont une rĂ©pulsion profonde pour tous ces objets[25]. La dĂ©votion Ă  saint Hubert est Ă  la fois un remĂšde et une forme de protection contre les lycanthropes[47]. Le sorbier peut Ă©galement ĂȘtre considĂ©rĂ© comme efficace, selon cette croyance belge qui veut qu’une maison protĂ©gĂ©e par l’ombre d’un sorbier soit un lieu sĂ»r[21].

RemĂšdes Ă  la lycanthropie

DiffĂ©rents remĂšdes sont attestĂ©s pour lutter contre la transformation en loup. Dans de nombreux cas, l’état de loup-garou rĂ©sulte d’une malĂ©diction ou d’une possession et l’exorcisme est une façon de chasser l’esprit dĂ©moniaque qui a envahi le corps du malheureux maudit pour, peut-ĂȘtre, lui sauver la vie. Durant l’antiquitĂ©, les grecs et les romains croyaient pouvoir soigner les personnes atteintes en les Ă©puisant. La victime Ă©tait soumise Ă  de longues pĂ©riodes d’activitĂ©s physiques dans l’espoir de la purger de la maladie[21]. La façon la plus commune de rendre son apparence humaine au lycanthrope est toutefois de trouver la peau de loup qu’il cache dans un endroit secret - gĂ©nĂ©ralement une souche d’arbre - et de la brĂ»ler[47]. Le lycanthrope souffre alors terriblement et pousse d’affreux cris de douleur, mais il est ensuite dĂ©livrĂ© Ă  jamais de sa malĂ©diction[47]. Bon nombre de remĂšdes prĂ©conisĂ©s par les mĂ©decins mĂ©diĂ©vaux sont cependant fatals pour les patients. Une croyance sicilienne d’origine arabe atteste qu’un lycanthrope peut ĂȘtre guĂ©ri de sa maladie en frappant sur son front ou son cuir chevelu avec un couteau, ou en perçant ses mains avec des clous [21], on peut aussi le frapper avec une clef ou faire couler son sang, car quelques gouttes suffisent Ă  lui faire retrouver sa forme humaine[47]. Selon la croyance quĂ©bĂ©coise, il faut marquer le loup-garou d’une croix sur le front avec un canif, en souvenir du Christ, ou le piquer et faire couler son sang, en souvenir du martyre du Christ[24]. Parfois, des mĂ©thodes moins extrĂȘmes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es. Dans la plaine allemande du Schleswig-Holstein, un loup-garou peut ĂȘtre guĂ©ri si l’on prononce tout simplement trois fois son nom chrĂ©tien, tandis que pour les danois, une simple rĂ©primande guĂ©rit la lycanthropie[21]. La conversion au christianisme est aussi une mĂ©thode pour Ă©liminer la malĂ©diction du loup-garou durant la pĂ©riode mĂ©diĂ©vale. Les lĂ©gendes scandinaves, russes occidentales et d’Europe centrale mentionnent des philtres magiques qui rendent son aspect humain au lycanthrope, ils sont prĂ©parĂ©s avec de l’aconit, plante Ă©galement connue sous le nom de tue-loup. MĂȘme guĂ©ri, un ancien lycanthrope garde gĂ©nĂ©ralement la facultĂ© de comprendre le langage des loups[47].

Dans les jeux de rĂŽle, les lycanthropes peuvent ĂȘtre soignĂ©s avec des feuilles de belladone (ou d’aconit) si elles sont ingĂ©rĂ©es moins d’une heure aprĂšs leur contamination par morsure, mais les lycanthropes de naissance ne peuvent jamais ĂȘtre guĂ©ris[49].

ReconnaĂźtre un loup-garou sous sa forme humaine

Gravures du TraitĂ© de physiognomonie de Charles Lebrun et Morel d’Arleux, 1806.

L’une des mĂ©thodes les plus classiques pour reconnaĂźtre un loup-garou sous sa forme humaine durant la pĂ©riode mĂ©diĂ©vale et la Renaissance consistait Ă  inciser la peau des suspects et Ă  regarder si des poils s’y cachaient[21], car selon les croyances françaises et quĂ©bĂ©coises entre autres, l’homme n’a qu’à retourner sa peau pour se transformer en loup-garou[39]. Les personnes atteintes de lycanthropie peuvent aussi conserver quelques caractĂ©ristiques physiques du loup sous leur forme humaine, comme des sourcils qui se rejoignent au-dessus du nez (monosourcil), des ongles lĂ©gĂšrement rougeĂątres, le majeur et l’index de mĂȘme longueur (comme une patte de loup), des pouces gros et courts[39], des mains poilues jusqu’à l’intĂ©rieur des paumes, pourvues de doigts plats et palmĂ©s[39], des oreilles implantĂ©es un peu plus bas et en arriĂšre de la tĂȘte, et de façon gĂ©nĂ©rale, plus de poils sur les mains, les pieds et dans le dos[21],[39]. Une tradition russe rappelle qu’un lycanthrope peut ĂȘtre reconnu grĂące aux poils sous sa langue[21]. Les loup-garous auraient aussi l’air triste et mĂ©lancolique, et n’iraient jamais Ă  l’église[50]. De plus, aprĂšs avoir repris sa forme humaine, un lycanthrope est gĂ©nĂ©ralement affaibli et souffre d’un manque d’appĂ©tit du fait qu’il s’est repu et a couru toute la nuit[39], il peut aussi ĂȘtre soumis Ă  des dĂ©pressions nerveuses[21]. Une fois dĂ©masquĂ© sous sa forme humaine, il est thĂ©oriquement possible de le tuer, de lui administrer un remĂšde, ou de l’enfermer et d’attendre sa transformation pour prouver sa culpabilitĂ©, Ă  condition d’avoir une cage assez rĂ©sistante.

Les lycanthropes anthropomorphes

La forme la plus souvent connus des lycanthropes et la forme "anthropomorphe". La forme anthropomorphe du loup-garou se caractĂ©rise par la tĂȘte, le museau, la denture ainsi que des oreilles d'un loup, le corps, les bras, les mains et les jambes d'un homme. Les jambes humains se terminent souvent par des pieds d'un loup (plus rarement sur les bras), et les mains restent prĂ©hensilent. Sur chaque patte se trouve des coussinets et des griffes pointues et acĂ©rĂ©e Ă  l'extrĂ©mitĂ© des doigts et derriĂšre, en bas de leur dos, se trouve une queue de loup. On peut remarquer parfois des yeux qui brillent la nuit avec leur "tapis rĂ©tinien" (tapetum lucidum) situĂ© dans leurs yeux. Il se comportent comme de vrais loups (ils marchent Ă  quatre pattes, grognent, hurlent..., mais il y en un aussi qui peut se comporter parfois comme des humains dans leur forme prĂ©cĂ©dente humaine (ils parlent, se tiennent debouts...). Nocturne et carnivore, ils ne se nourrit que de viandes humaines ou de chaires fraĂźches, et avec leurs dents pointuesn ils les aides Ă  manger de la viandes trop solide ou dure. Leur comportement sont enragĂ©e, car ils bavent beaucoup...

Points communs avec les vampires

DĂ©guisement de loup-garou ou vampire moderne.
Article principal : Vampire.

En Europe mĂ©diĂ©vale, les cadavres de certaines personnes exĂ©cutĂ©es furent incinĂ©rĂ©s en tant que loup-garous plutĂŽt qu’enterrĂ©s afin d’empĂȘcher leur rĂ©surrection comme vampires, et avant la fin du XIXe siĂšcle, les grecs estimaient que les cadavres de loup-garous non dĂ©truits revenaient Ă  la vie en tant que vampires, sous la forme de loups ou de hyĂšnes qui erraient sur les champs de bataille en buvant le sang des soldats mourants[21]. Dans certaines zones rurales de l’Allemagne, de la Pologne et du nord de la France, les personnes mortes en Ă©tat de pĂ©chĂ© mortel revenaient sous forme de loups pour boire du sang, avant de retourner Ă  leur corps humain dĂšs les premiĂšres lueurs du jour. Ces lycanthropes furent traitĂ©s par dĂ©capitation Ă  l’arme blanche et exorcisme par le curĂ© de la paroisse, la tĂȘte Ă©tait ensuite jetĂ©e dans un ruisseau et le poids de ses pĂ©chĂ©s l’entrainait par le fond. Parfois, les mĂ©thodes employĂ©es Ă©taient les mĂȘmes que pour Ă©liminer les vampires[21]. Le vampire est liĂ© au loup-garou dans les pays d’Europe orientale, en Bulgarie, en Serbie et en Slovaquie. En Serbie, le loup-garou et le vampire sont connus sous le mĂȘme nom : Vulkodlak[21].

Dans la mythologie hongroise et celle des Balkans, de nombreux loup-garous étaient décrits comme des sorciÚres vampiriques qui devenaient loups afin de sucer le sang des hommes nés un jour de pleine Lune, dans le but de préserver leur santé. Sous forme humaine, ces lycanthropes seraient pùles, avec un visage émacié, les orbites creuses, les lÚvres gonflées et les bras flasques[21].

Les lycanthropes sont trĂšs proches des vampires dans le sens oĂč le loup-garou est un pont entre l’homme et l’animal, un animal bestial qui dĂ©truit et dĂ©vore le monde, le vampire est un pont entre le monde des vivants et celui des morts[17].

Lycanthropes dans les mythologies, folklores et légendes

Les plus anciennes mentions de lycanthropes connues sont issues des traditions grecques et relatĂ©es par HĂ©rodote au Ve siĂšcle av. J.‑C.. Par la suite, des lĂ©gendes de lycanthropes se sont Ă©tendues Ă  tous les pays du monde en partant d’Europe. Des lĂ©gendes Ă  propos de lycanthropes sont prĂ©sentes dans tous les pays mentionnĂ©s ci-dessous :

En ce qui concerne les rĂ©gions de peuplement francophone, les lĂ©gendes Ă  propos de crĂ©atures lycanthropes sont trĂšs nombreuses, et le nom d’origine a subi de nombreuses Ă©volutions :

Tradition gréco-romaine

Les poĂštes grecs furent les premiers Ă  mentionner des formes de lycanthropie dans leurs textes mythologiques. L’idĂ©e d’anthropophagie y semble Ă©troitement liĂ©e.

Neuri

La premiĂšre mention d’une forme de lycanthropie est le fait d’HĂ©rodote (484 - 425 av. J.-C.). Il parle des Neuri, une tribu habitant le nord-est de la Scythie, contrĂ©es des bords de la mer Noire. Ils Ă©taient capables de se mĂ©tamorphoser en loups par magie et indĂ©pendamment d’une malĂ©diction quelques jours par an, avant de reprendre leur apparence humaine. Ces rites Ă©taient apparemment destinĂ©s Ă  la terre, ils symbolisaient la rĂ©gĂ©nĂ©ration et la renaissance. Cette lĂ©gende est toutefois une exception parmi les rĂ©cits grĂ©co-romains.

« Les Neures observent les mĂȘmes usages que les Scythes (
) Il parait que ces peuples sont des enchanteurs. En effet, s’il faut en croire les Scythes et les Grecs Ă©tablis en Scythie, chaque Neure se change une fois par an en loup pour quelques jours, et reprend ensuite sa premiĂšre forme. Les Scythes ont beau dire, ils ne me feront pas croire de pareils contes ; ce n’est pas qu’ils ne les soutiennent, et mĂȘme avec serment Â» Â»

— HĂ©rodote, Histoires (Livre IV chapitre CV)

Arcadie

Les mentions les plus frĂ©quentes sont toutefois liĂ©es Ă  la rĂ©gion montagneuse d’Arcadie, alors peuplĂ©e de loups[5]. Des rites primitifs Ă©taient liĂ©s Ă  cet animal, entre autres en relation avec Zeus. Sur le mont Lykaion, lieu de naissance du roi des dieux (le « mont du Loup Â», rebaptisĂ© en latin Mons Lycaeus puis mont LycĂ©e en français), des jeux du nom de Lykaia avaient lieu tous les quatre ans. Ils Ă©taient accompagnĂ©s de banquets en l’honneur de Zeus Lykaios, durant lesquels les pratiques de cannibalisme Ă©taient courantes[5]. La chair humaine Ă©tait partagĂ©e entre les diffĂ©rents participants qui se trouvaient alors changĂ©s en loups pour neuf ans avant de retrouver forme humaine, Ă  condition qu’ils n’aient consommĂ© aucune chair humaine durant ce temps[5]. Pline l'Ancien (23 aprĂšs J.-C. - 79 aprĂšs J.-C.) mentionne que DĂ©mĂ©nĂšte de Parrhasie fut mĂ©tamorphosĂ© en loup aprĂšs avoir goutĂ© des entrailles d’un enfant immolĂ© dans le sacrifice de victimes humaines que les Arcadiens faisaient encore dans ce temps Ă  Jupiter lycĂ©en[38]. Dans les mĂȘmes rĂ©cits, les Arcadiens tirent au sort l’un des membres de la famille d’un certain Anthus avant de le conduire au bord d’un Ă©tang de la rĂ©gion. AprĂšs avoir suspendu ses vĂȘtements Ă  un chĂȘne, il traverse l’étang Ă  la nage et gagne les solitudes oĂč il se transforme en loup et vit en troupe avec ses congĂ©nĂšres pendant neuf ans. Si, durant ce temps, il s’est tenu Ă  l’écart de l’homme, il retourne Ă  son Ă©tang et, aprĂšs l’avoir traversĂ©, il reprend sa forme humaine mais est vieilli de neuf ans. Il retrouve mĂȘme ses vĂȘtements[38].

Article dĂ©taillĂ© : Lykaia.
Demaenetus de Parrhasie ou Damarchus

Demaenetus de Parrhasie fut changĂ© en loup pour dix ans aprĂšs avoir mangĂ© un morceau de viande humaine au festival de Zeus Lycaeus. Une fois les dix ans passĂ©s et son apparence humaine retrouvĂ©e, il participa aux Jeux olympiques[37],[53]. Il s’agit certainement du mĂȘme personnage que le Damarchus de l’histoire de Pausanias, un boxeur victorieux des Jeux olympiques natif de Parrhasie en Arcadie, et vivant aux alentours de 400 av. J.-C. Il se changea en loup au cours du sacrifice en l’honneur de Zeus Lycaeus et redevint humain au bout de neuf ans[54].

Lycaon

Le roi d’Arcadie Lycaon avait cinquante fils, tous rĂ©putĂ©s pour leur impiĂ©tĂ©. Ils Ă©difiĂšrent un temple en l’honneur de Zeus au sommet du mont LycĂ©e et pour les remercier, le roi des dieux vint leur rendre visite sous l’apparence d’un pauvre hĂšre. Au cours du repas, ils servirent un plat Ă  base de la chair du plus jeune des fils, fraĂźchement Ă©gorgĂ©, parmi d’autres nombreux plats Ă  Zeus. Ils croyaient ainsi dĂ©masquer le Dieu des Dieux, mais ce dernier, indignĂ©, repoussa la table du festin au loin et foudroya tous les fils du roi sauf Nyctimos qui monta sur le trĂŽne[32]. Lycaon fut transformĂ© en loup :

« Ses vĂȘtements se changent en poils, ses bras en jambes, devenu un loup il conserve encore des vestiges de son ancienne forme. Il a toujours le mĂȘme poil gris, le mĂȘme air farouche, les mĂȘmes yeux ardents ; il est toujours l’image de la fĂ©rocitĂ©. Â»

— Ovide, MĂ©tamorphoses [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne], I, 209.

Lycaon demeura incapable d’assouvir sa faim et d’oublier son ancienne condition humaine[19].

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Autres mentions durant l'Antiquité gréco-romaine

Dolon, dĂ©tail d’un lĂ©cythe attique Ă  figures rouges, vers 460 av. J.-C. DĂ©couvert en Italie, Paris, MusĂ©e du Louvre.

Au Ier siĂšcle, ArĂ©tĂ©e de Cappadoce parle de certains hommes persuadĂ©s ĂȘtre faits de verre et craignant donc d’ĂȘtre cassĂ©s, auquel cas ils seraient transformĂ©s en loups ; travaillĂ©s par les appĂ©tits et les affres de cet animal fĂ©roce, se jetant sur les troupeaux et les hommes pour les dĂ©vorer, sortant la nuit de prĂ©fĂ©rence, hantant les cimetiĂšres et les monuments, hurlant Ă  la mort, avec une perpĂ©tuelle altĂ©ration, les yeux enfoncĂ©s et hagards, ne voyant qu’obscurĂ©ment comme s’ils Ă©taient entourĂ© de tĂ©nĂšbres, les jambes meurtries par les Ă©gratignures et les morsures de chiens[42],[17].

Dans le Satyricon, Niceros raconte qu’il Ă©tait invitĂ© au banquet d’un soldat de ses amis qui se transforma en loup. Il dĂ©crit l’incident comme suit : « Quand je me suis retournĂ© vers mon ami, je vis qu’il s’était dĂ©pouillĂ© de ses vĂȘtements et qu’il les avait empilĂ©s au bord de la route
 Il s’assit dans un cercle autour de ses vĂȘtements, puis, comme ça, se transforma en loup ! 
 Il poussa des hurlements de loup puis s’enfuit dans les bois[55]. Â»

Virgile (-70 -19) parle Ă©galement des pouvoirs du lycanthrope dans sa huitiĂšme Ă©glogue, oĂč il fait dire Ă  AlphĂ©sibĂ©e : « J’ai vu Moeris se faire loup et s’enfoncer dans les bois Â»[56], il mentionne aussi que Moeris Ă©tait sorcier et utilisa des herbes et des poisons[28].

Certaines divinitĂ©s grĂ©co-romaines sont Ă©galement liĂ©es au loup. Toutes se transformaient occasionnellement, Zeus et Artemis prenant parfois la forme de loups, nĂ©anmoins, elles conservent leur caractĂšre divin sous n’importe quelle forme[28].

Mythologie et folklore d'Europe du nord et d'Europe germanique

Le Loup-garou, estampe allemande de 1722 (reprĂ©sentation cynocĂ©phalique d’un lycanthrope).

L’équivalent scandinave du loup-garou se nomme vargĂșlfr, oĂč vargr signifie loup selon l’acception antique et nordique, Ășlfr loup Ă©galement selon l’acceptation pangermanique[57].

Dans la Saga d’Egill, fils de GrĂ­mr le Chauve, le grand-pĂšre Úlfr fut surnommĂ© Kveld-Úlfr (qui signifie « le loup du soir Â»), car chaque soir il devenait farouche et avait envie de dormir. Egill hĂ©rita de cette propriĂ©tĂ©[58].

Dans la Völsunga saga, Sigmundr et Sinfjötli dĂ©couvrent deux hommes endormis : « Des peaux de loups Ă©taient suspendues au-dessus d’eux dans la maison. Tous les dix jours, il leur Ă©tait possible de sortir de ces peaux. Sigmundr et Sinfjötli leur passĂšrent les peaux de loups et alors, ils ne purent aucunement en sortir, quoiqu’en vĂ©ritĂ©, ils eussent conservĂ© la mĂȘme nature qu’auparavant : ils hurlaient comme des loups, chacun d’eux sachant la signification de ce hurlement[59]. Â»

Les femmes peuvent aussi se transformer en louves : dans l’Edda poĂ©tique (HĂĄrbardhsljĂłdh), vargynjur est la femme-louve que Thor a molestĂ©[57].

Le loup et l’ours sont aussi deux aspects des guerriers berserkir[57]. Les lycanthropes de Fennoscandie sont gĂ©nĂ©ralement dĂ©crits comme de vieilles femmes qui possĂšdent des griffes empoisonnĂ©es et la capacitĂ© de paralyser les bovins et les enfants avec leur regard[21].

D’autres contes de fĂ©es germaniques mettent en scĂšne des hommes qui se transforment temporairement en bĂȘtes[Note 5].

Vironsusi

Le vironsusi est un lycanthrope finlandais, plutĂŽt mĂ©lancolique de nature. Sa transformation est le plus souvent involontaire, parce qu’une sorciĂšre lui a jetĂ© un sort, il reste loup jusqu’à ce que quelqu’un ou quelque chose le libĂšre de son sort[60]. Ils se cache dans les maisons et dĂ©vore parfois le bĂ©tail, mais s’attaque rarement Ă  des personnes et attend que quelqu’un le reconnaisse. Lorsque cela se produit (par exemple, grĂące Ă  la mĂšre du vironsusi), cette personne peut briser le sort en appelant le lycanthrope par son prĂ©nom ou en lui donnant du pain Ă  manger. Lorsque le vironsusi a retrouvĂ© sa forme humaine, il garde toujours sa queue de loup jusqu’au jour de sa mort[61],[60].

Folklore d'Europe de l'ouest

Îles britanniques

Empreinte de loup.

Les lycanthropes sont rarement mentionnĂ©s en Angleterre, probablement car le loup fut Ă©radiquĂ© par les autoritĂ©s durant la pĂ©riode anglo-saxonne[62]. Par contre, ils sont courants en Irlande et l’üle fut mĂȘme un temps nommĂ©e Terre des loups[26]. Plus tard, les croyances europĂ©ennes sur les lycanthropes intĂ©ressĂšrent la sociĂ©tĂ© de cryptozoologie de Londres, qui dĂ©crivit la prĂ©sence d’un virus nommĂ© le Lic-V dans le sang des lycanthropes, fonctionnant de la mĂȘme maniĂšre que celui du SIDA pour changer les humains en loups[63].

Vers 970, un homme nommĂ© Baianus se transforma en loup grĂące Ă  la nĂ©cromancie : « Il s’est changĂ© lui-mĂȘme en loup ou dans la peau d’un autre animal si souvent (
) Â»[64].

Wulver

Ce lycanthrope est propre au folklore des Ăźles Shetland, en Écosse. Il est dĂ©crit comme un homme couvert d’une fine toison brune mais avec une tĂȘte de loup. Contrairement Ă  la majoritĂ© des lycanthropes, le wulver n’est pas agressif si on ne l’embĂȘte pas. Il passe la majeure partie de son temps assis sur un rocher Ă  pĂȘcher. On raconte qu’il laisse parfois du poisson sur l’appui de fenĂȘtre des familles pauvres[65].

MĂ©lion

Un lycanthrope est mentionnĂ© dans le lai de MĂ©lion, oĂč il se transforme en loup grĂące Ă  l’enchantement d’un anneau et demande Ă  sa femme de le toucher ensuite avec une pierre vermeille pour qu’il redevienne un homme. La femme, infidĂšle, part en Irlande avec un Ă©cuyer en laissant son mari prisonnier de son corps de loup. GrĂące au roi Arthur, MĂ©lion parvient Ă  redevenir humain[66].

Article dĂ©taillĂ© : MĂ©lion.
Folklore irlandais

Lorsque Saint Patrick arriva en Irlande pour Ă©vangĂ©liser l’üle, il trouva de nombreux lycanthropes sur place[28]. Giraud de Barri rapporte par exemple la mĂ©saventure d’un prĂȘtre et d’un jeune garçon qui quittaient l’Ulster pour se rendre dans le comtĂ© de Meath. Pendant la nuit, ils firent halte dans une forĂȘt inconnue et allumĂšrent un feu sous un grand arbre quand surgit un loup qui dĂ©clara d’une voix humaine « Ne vous alarmez pas, n’ayez nulle crainte Â». Il s’agissait d’un homme qui vivait autrefois avec son Ă©pouse dans le sud-ouest du Leinster. Une malĂ©diction frappait ce royaume tous les sept ans et un couple de villageois se trouvait changĂ© en loup. S’ils survivaient pendant les sept ans, ils retrouvaient leur forme humaine et rentraient chez eux, un autre couple Ă©tait alors maudit Ă  leur place. Le loup expliqua que sa femme et lui avaient purgĂ© une partie de leur peine mais que son Ă©pouse, malade, pouvait mourir d’un moment Ă  l’autre. Il supplia le prĂȘtre de lui apporter les derniers sacrements, lequel accepta et suivit le loup avec l’enfant dans les sous-bois, oĂč ils dĂ©couvrirent une louve cachĂ©e dans un tronc d’arbre creux. La bĂȘte poussait de tristes soupirs humains. Le prĂȘte hĂ©sitait Ă  offrir l’hostie consacrĂ©e et le loup tira la fourrure qui recouvrait la tĂȘte de sa compagne, rĂ©vĂ©lant une vielle femme. Quand le prĂȘtre eut achevĂ© ses priĂšres, le loup le reconduisit avec l’enfant Ă  leur campement. Le lendemain matin, il les escorta jusqu’à l’orĂ©e de la forĂȘt. L’incident aurait Ă©tĂ© rapportĂ© Ă  Rome pour recueillir l’opinion du pape[67].

Ce mĂȘme historien rencontra vers 1182 des loup-garous irlandais qui se mĂ©tamorphosaient durant la fĂȘte de Yule (correspondant plus ou moins Ă  NoĂ«l). Ils Ă©taient natifs d’Ossory, et avaient Ă©tĂ© maudits par St. Natalis en punition de leur mĂ©chancetĂ©[34].

Folklore français

Lithographie de la Légende rustique de George Sand, 1858, Paris, bibliothÚque des Arts décoratifs.

La France est un pays trÚs fertile en légendes lycanthropiques, et les loup-garous y sont surtout vus comme des démons venus terroriser le peuple sous le commandement du Diable, les récits de transformations involontaires sont rares.

Au IXe siĂšcle, Nennius rapporte dans son Historia Britannicum que certains hommes celtes Ă©taient rĂ©putĂ©s pouvoir prendre la forme d’un loup Ă  volontĂ© grĂące Ă  une force diabolique issue de leurs ancĂȘtres. Ils s’attaquaient ainsi aux moutons, et lorsque des gens armĂ©s de bĂątons les poursuivaient, ils s’enfuyaient le plus vite possible. Pour se transformer, ils quittaient leur corps humain en ordonnant Ă  leurs amis de ne pas les changer de position car, si cela arrivait, ils ne pourraient plus jamais reprendre forme humaine. Si quelqu’un les blessait sous leur forme de loup, la blessure se retrouvait exactement au mĂȘme endroit sur leur corps humain[68].

Au Xe siĂšcle, on donnait aux loup-garous le nom de melancholia canina et au XIVe siĂšcle, de daemonium lupum[21]. Au XIIe siĂšcle, selon Guillaume de Palerme, de nombreux sorciers Leu-Garou avaient pris l’habitude de courir dans les champs durant les nuits de pleine Lune, munis de peaux de loup, afin d’effrayer les populations[69],[18].

Vers 1131, une lĂ©gende mentionne que Hugues de Camp d’Avesnes, comte de Saint-Pol qu’on appelait la BĂȘte Canteraine, fut changĂ© en loup-garou par une force divine en raison des crimes Ă©pouvantables qu’il avait commis. On le voyait pendant la nuit, chargĂ© de chaĂźnes, parcourir les rues en poussant des hurlements[70].

Claude Seignolle rapporte que dans le Doubs, on dit que les dents infĂ©rieures du loup-garou sont accrochĂ©es aux supĂ©rieures, ce qui fait qu’il ne peut ouvrir la gueule qu’aprĂšs s’ĂȘtre violemment frappĂ© le museau sur le sol[71].

Lai de Bisclavret

Vers 1200, Marie de France compose le lai de Bisclavret (Bisclavret est le nom du loup-garou en Bretagne[51]), dans lequel un chevalier se transforme en loup pendant trois jours chaque semaine. Il se dĂ©shabille entiĂšrement avant de se changer en loup et dissimule ses vĂȘtements sous une pierre creuse. Son Ă©pouse lui posant de plus en plus de questions, il finit par lui rĂ©vĂ©ler l’endroit oĂč il cache ses vĂȘtements. TerrorisĂ©e, celle-ci le trahit en demandant au baron qui lui fait la cour de voler les vĂȘtements. Le bisclavret ne peut plus retrouver sa forme humaine et rĂ©chappe de justesse Ă  une chasse au loup donnĂ©e par le roi qui remarque son comportement humain et l’épargne. Un soir, le bisclavret retrouve son ex-Ă©pouse et le baron Ă  la cour du roi, il les attaque et arrache le nez de la femme. Le roi qui assistait Ă  toute la scĂšne interroge cette derniĂšre, qui finit par lui rĂ©vĂ©ler oĂč elle a cachĂ© les vĂȘtements. Le bisclavret redevient humain et le baron comme l’épouse infidĂšle sont bannis. Ils ne donnĂšrent naissance qu’à des enfants sans nez[30]. Ce lai est l’un des rares textes français oĂč la lycanthropie apparait comme un destin subi plus que comme une dĂ©votion au Diable.

Article dĂ©taillĂ© : Bisclavret.
Mourioche

Jules Haize rapporte la lĂ©gende de Mourioche, un lycanthrope qui vivait dans l’étang du chĂąteau de BeauchĂȘne, en Langrolay, au XIe. Il se nourrissait des enfants qui avaient le malheur de se trouver dehors aprĂšs la tombĂ©e de la nuit. Il fut tuĂ© au cours d’un combat Ă©pique par Jehan, jeune seigneur de BeauchĂȘne[72].

Article dĂ©taillĂ© : Mourioche.
Otia Imperalia

Le chroniqueur anglais Gervais de Tilbury rapporte dans ses Otia Imperialia, rĂ©digĂ©es en 1212, l’histoire de Raimbaud d’Auvergne, un ancien soldat devenu hors-la-loi. DĂ©shĂ©ritĂ© par le noble Ponce de Chapteuil, il s’exila dans les forĂȘts et se transforma en loup-garou pendant la pleine Lune « Une nuit, sous le coup d’une terreur excessive qui provoqua une aliĂ©nation de son esprit Â», il s’attaqua aux enfants comme aux adultes, força des agriculteurs Ă  quitter leur foyer et ses actes cruels se multipliĂšrent. « Ă€ la fin, griĂšvement blessĂ© par un bucheron, il perdit un pied, sectionnĂ© d’un coup de cognĂ©e et reprenant ainsi sa forme, il redevint homme (
) on l’affirme en effet, les hommes qui se conduisent ainsi sont libĂ©rĂ©s de cette sorte d’infortune par l’amputation des membres Â». Raimbaud remercia le bucheron de l’avoir dĂ©finitivement dĂ©barrassĂ© de sa malĂ©diction et de sa damnation.

Dans le mĂȘme livre, l’histoire de Calcefaria n’est pas moins singuliĂšre : « Il dĂ©pose ses vĂȘtements sous un buisson ou un rocher secret, et quand il s’est longtemps roulĂ© nu dans le sable, il revĂȘt la forme et la voracitĂ© du loup. Â»[73],[27]

Pierre Burgeot et Michel Verdun

En 1521, Pierre Burgeot et Michel Verdun furent accusĂ©s de lycanthropie et racontĂšrent une Ă©trange histoire : dix-neuf ans plus tĂŽt, Pierre gardait son troupeau de moutons quand un violent orage Ă©clata. Il rassembla ses bĂȘtes et aperçut trois hommes vĂȘtus de noir, montĂ©s sur des chevaux noirs, devant lui. L’un d’eux le questionna, Ă©tonnĂ© le berger rĂ©pondit qu’il avait perdu plusieurs bĂȘtes et qu’il craignait que des loups les mangent. L’homme en noir lui conseilla de ne pas s’inquiĂ©ter, si le berger l’acceptait comme seigneur et maĂźtre, il n’arriverait jamais rien Ă  son troupeau et il ferait mĂȘme fortune. Pierre Burgeot accepta et convint d’un rendez-vous avec l’étranger qui disait s’appeler Moyset. Lors de leur entrevue, Moyset Ă©nonça les termes du contrat : Burgot devait renoncer Ă  Dieu, Ă  la Vierge, aux saints, Ă  son baptĂȘme et Ă  sa confirmation. Burgot accepta en jurant de ne plus se rendre Ă  la messe ni de s’asperger d’eau bĂ©nite. Lorsqu’il baisa la main de Moyset, celle-ci Ă©tait aussi froide que celle d’un cadavre. Au fil des annĂ©es, Burgot oublia sa promesse d’obĂ©issance et fut rappelĂ© Ă  l’ordre par Michel Verdun, qui exigea qu’il se dĂ©shabille complĂštement et s’enduise le corps d’un onguent magique. Celui-ci fit rapidement effet et transforma le berger en loup, il vit ses bras et ses jambes se recouvrir de poils, ses mains se transformer en pattes munies de griffes. Verdun se transforma Ă©galement en loup et ils semĂšrent la panique dans la campagne environnante, attaquĂšrent un enfant de sept ans et le taillĂšrent en piĂšces, immolĂšrent une femme qui rĂ©coltait des petits pois puis enlevĂšrent une fillette de quatre ans dont ils ne laissĂšrent qu’un bras. Ils lapaient le sang de leurs victimes et s’accouplaient avec des louves[26].

Auvergne
Statue de loup menaçant, Paris, Parc zoologique de Vincennes.

Le dictionnaire infernal rapporte l’histoire d’un chasseur Ă©garĂ© dans les montagnes d’Auvergne vers 1588, qui fut attaquĂ© par un loup Ă©norme. En se dĂ©fendant, il lui coupa la patte droite. L’animal mutilĂ© s’enfuit en boitant sur trois pattes et le chasseur se rendit dans un chĂąteau voisin pour demander l’hospitalitĂ© au gentilhomme qui l’habitait. En le voyant, celui-ci lui demanda s’il avait fait bonne chasse. Le chasseur voulut tirer la patte qu’il venait de couper au loup de sa gibeciĂšre, mais au lieu d’une patte il trouva une main portant Ă  l’un de ses doigts un anneau que le gentilhomme reconnu comme celui de sa femme. Il se rendit auprĂšs d’elle et la trouva blessĂ©e, cachant son avant-bras droit. Ce bras n’avait plus de main, on y rajusta celle que le chasseur avait rapportĂ©e et elle fut forcĂ©e d’avouer que c’était elle qui avait attaquĂ© le chasseur sous la forme d’un loup. Le gentilhomme livra sa compagne Ă  la justice, et elle fut brĂ»lĂ©e[6].

Jean Grenier et Pierre la Tilhaire

Une histoire bordelaise similaire Ă  celle de Pierre Burgeot est rapportĂ©e par Jean Grenier d’Aquitaine, accusĂ© de lycanthropie en 1603 alors qu’il Ă©tait ĂągĂ© de 13 ou 14 ans : un jeune garçon, Pierre la Tilhaire, l’avait emmenĂ© au fond d’un bois, pour lui prĂ©senter un grand homme mince vĂȘtu de noir, montĂ© sur un cheval noir. Il se prĂ©senta comme le Seigneur de la forĂȘt, descendit de cheval et embrassa Jean Grenier sur la bouche. Ses lĂšvres Ă©taient glacĂ©es. Lors de la seconde rencontre, les deux jeunes garçons jurĂšrent fidĂ©litĂ© Ă  ce personnage et se soumirent Ă  une cĂ©rĂ©monie, l’homme en noir les marqua d’une griffure Ă  la cuisse avec son ongle effilĂ©, sortit une gourde de vin dont les deux garçons burent quelques gorgĂ©es, puis leur donna une peau de loup Ă  chacun en prĂ©cisant qu’ils devraient s’enduire le corps de l’onguent qu’il leur remettrait avant de s’en vĂȘtir. Il leur demanda aussi de laisser pousser les ongles de leur main gauche et de le revoir pour se procurer de l’onguent lorsqu’ils en auraient besoin. Lorsqu’il retourna dans la forĂȘt pour obtenir l’onguent, Jean Grenier aperçut plusieurs fois le Seigneur de la forĂȘt en compagnie de quatre ou cinq hommes qui l’adoraient comme l’objet d’un culte ou d’une religion[26].

Alsace

Claude Seignolle rapporte qu’en Alsace, on parle encore, dans les campagnes reculĂ©es, du gigantesque loup gris fantĂŽme qui hantait les environs de Marlenheim et Ă©gorgeait les voyageurs Ă©garĂ©s. Si d’aventure des rescapĂ©s pouvaient conter leur effroyable rencontre, les gens du terroir ne s’étonnaient pas, car ce pays Ă©tait autrefois celui de Nideck, oĂč les hommes s’accouplaient avec des louves donnant ainsi le jour Ă  des loup-garous[71].

Garache

La garache, dont le nom est un dĂ©rivĂ© fĂ©minin de garou[74], est une personne humaine, gĂ©nĂ©ralement une femme, qui se transforme en loup-garou femelle durant la nuit, pour un temps plus ou moins long en fonction de la gravitĂ© d’un crime commis sous sa forme humaine. Elle est mentionnĂ©e dans le folklore de VendĂ©e et du Poitou[7],[74]. Les garaches blessĂ©es meurent ou retrouvent leur apparence originelle[7], le moyen le plus sĂ»r de leur redonner forme humaine consiste donc Ă  les blesser en faisant couler leur sang, mais pour les atteindre avec une balle, il faut que l’arme soit chargĂ©e avec trois morceaux de pain bĂ©nit lors des trois messes de minuit[74]. Il existe une confusion importante entre la garache et la birette[7].

À Aizenay, pour forcer les sorciers et sorciĂšres Ă  dĂ©sensorceler les animaux et les habitants, ces derniers faisaient bouillir un mouton hĂ©rissĂ© d’aiguilles Ă  petit feu. À Angles, on a signalĂ© qu’une garache avait Ă©tĂ© tuĂ©e dans le champ de PĂ©rochelles, Ă  l’est de la ville. Une autre garache serait passĂ©e de vie Ă  trĂ©pas dans les environs de la cabane de la petite Lamberde, prĂšs de la tour de Moricq. On racontait que cette derniĂšre n’était autre qu’une reine d’Angleterre transformĂ©e par la malĂ©diction et condamnĂ©e Ă  visiter sept paroisses par nuit pendant sept ans[74]. Le 1er janvier 1884, le mĂ©tayer Roger Saboureau tua un loup Ă©norme et revenant sur les lieux Ă  l’aube, dĂ©couvrit avec horreur le cadavre ensanglantĂ© de sa femme. Elle Ă©tait une garache condamnĂ©e Ă  tourner 7 fois autour de 7 villages durant les nuits de pleine lune[75].

Article dĂ©taillĂ© : Garache.
Voirloups
ReprĂ©sentation moderne d’un voirloup (dessin numĂ©rique, 2009).

Les voirloups sont prĂ©sents dans le folklore français du Pays d’Othe[76]. Ce sont Ă  l’origine des hommes ou femmes coupables des sept pĂ©chĂ©s capitaux et qui se laissent possĂ©der par Satan[77],[78] ou le BĂ©lial[79]. Pendant leur pĂ©riode de transformation, ces crĂ©atures peuvent prendre la forme de loups, mais aussi de renards, de sangliers, de boucs, ou de chats[78].

Les voirloups se mĂ©tamorphosent Ă  minuit, aprĂšs s’ĂȘtre enduits les membres infĂ©rieurs, devant et derriĂšre, avec une mixture nommĂ©e l’amalgame[80], ils adressent une supplique Ă  Satan et sont recouverts par le pelage de l’animal dĂ©sirĂ© tout en conservant l’entendement humain[80]. Ils se promĂšnent dans la forĂȘt de minuit Ă  l’aube sans faire de bruit[78], Ă©gorgent et dĂ©pĂšcent les chiens et le bĂ©tail et se dĂ©saltĂšrent du sang de leurs victimes. Les voirloups sont gĂ©nĂ©ralement solitaires mais savent se retrouver pour associer leurs pouvoirs malĂ©fiques[79]. La vue du sang les affole et ils ne se calment qu’en versant le sang Ă  leur tour[80]. Ils sont souvent invulnĂ©rables, ils ne tuent toutefois pas les ĂȘtres humains mais leur sucent parfois le sang comme des vampires[78]. Il est impossible de tuer les voirloups, en revanche, lorsqu’on les blesse, mĂȘme s’ils sont insensibles Ă  la douleur et guĂ©rissent trĂšs vite, ils en conservent toujours des cicatrices[78]. Les yeux du voirloup peuvent allumer la paille ou le fourrage Ă  distance[78],[80]. Plusieurs tĂ©moignages rapportent des feux nocturnes aux environs de Maraye-en-Othe et de Bercenay-en-Othe, et une silhouette furtive et inquiĂ©tante, mi-bĂȘte mi-homme, qui se dessinait sur la crĂȘte[79]. Les voirloups sont nyctalopes et redoutent les premiĂšres lueurs du jour[78],[80]. Ils passent leurs journĂ©es Ă  Ă©pier les mortels pour vĂ©rifier qu’on ne dit ni n’écrit rien sur eux[78]. Sous leur forme humaine, ils sont facilement reconnaissables Ă  la tache rougeĂątre qu’ils prĂ©sentent au bas de la colonne vertĂ©brale, ou encore Ă  la fourche Ă  deux dents qui se dessine sur leur Ă©paule gauche[80].

Article dĂ©taillĂ© : Voirloup.
Birette

La birette est un voirloup femelle uniquement mentionnĂ©e dans le folklore des bords de la Loire et acquiert souvent la lycanthropie de la mĂȘme façon que le voirloup, en Ă©tablissant un pacte ou en se laissant possĂ©der par le Diable[52]. Les birettes se changeraient plus volontiers en loup ou en sanglier, aprĂšs que le Diable leur en aurait donnĂ© la peau. Elles ont donnĂ© naissance Ă  l’expression locale « courir la birette Â», qui dĂ©signe leur habitude d’attaquer le bĂ©tail et d’effrayer les populations pendant la nuit. Elles conservent Ă©galement les marques des blessures qui leur sont infligĂ©es sous leur forme animale en retrouvant leur forme humaine. Les enfants ainĂ©s des birettes hĂ©ritent de leur aptitude dĂ©moniaque Ă  la mĂ©tamorphose, mĂȘme s’ils sont de bons chrĂ©tiens dĂ©goutĂ©s par les pratiques de leur mĂšre, et sont condamnĂ©s Ă  se changer en birettes Ă  leur tour, qu’ils l’acceptent ou non, puis Ă  transmettre cette tare Ă  toute leur descendance[52].

Galipote

La galipote est trĂšs proche de la birette et de la garache, Ă  la seule diffĂ©rence qu’il s’agit d’une bĂȘte mĂ©tamorphe trĂšs rapide pouvant prendre la forme de nombreux animaux, et qui se reconnaĂźt au bruit caractĂ©ristique de son galop, d’oĂč son nom[81]. Elle se perche sur des branches d’arbre pour se laisser tomber ensuite sur des promeneurs, les Ă©trangler et les Ă©touffer sous son poids[81].

Lubins

Les lubins ou lupins sont des loups charognards du le folklore du centre de la France, qui rongent les os des trépassés et dégagent une haleine repoussante[82] Ils se tiennent sur deux pattes et parlent entre eux leur propre langage, inconnu des hommes. Si un humain passe à leur portée sans les saluer, ils se mettent à quatre pattes et bondissent sur lui pour le dévorer. Seule une balle bénite peut les détruire mais dans le Berry, il suffit de montrer ces créatures du doigt pour les vaincre[82].

Article dĂ©taillĂ© : Lubin (folklore).
Meneur de loups

Les meneurs de loups sont mentionnĂ©s par George Sand dans les LĂ©gendes rustiques, ils sont Ă©galement nommĂ©s « serreux de loups Â» ou « charmeurs de loups Â». PrĂ©sents en Auvergne, dans le Berry et dans le Morvan. Ils parlent le langage des loups et sont parfois dĂ©crits comme des sorciers, d’anciens loup-garous ou des meneurs de bandes de loup-garous. Ils charment les loups avec de la musique ou des formules magiques et les cachent pendant les battues[82],[71].

Article dĂ©taillĂ© : Meneur de loups.

Folklore d'Europe centrale

Peau de loup gris yougoslave, comme mentionnée dans la légende du vulkodlak.

VĂąrcolac

Le vĂąrcolac est une crĂ©ature du folklore roumain qui possĂšde diffĂ©rentes formes selon les traditions, il peut ĂȘtre un lycanthrope ou un Gobelin. En roumain, ce nom dĂ©rive de vukodlak, ĐČŃŠĐ»Đș (vĂąlk)/ĐČуĐș (vuk), signifiant « loup Â» et dlaka, signifiant « fourrure Â», et dĂ©crit Ă  l’origine un lycanthrope (Fourrure du loup littĂ©ralement). Dans certaines version (notamment au nord-ouest de la Bulgarie), il s’agit d’un dĂ©mon loup qui avale occasionnellement la Lune et le Soleil, causant ainsi des Ă©clipses comme le fait le loup Fenrir de la mythologie nordique[83]. Ce terme renvoie Ă©galement Ă  un mage ayant la capacitĂ© de se transformer en loup pour se camoufler, que les hommes craignent bien entendu. D’autres lĂ©gendes le dĂ©crivent comme un fantĂŽme, un vampire ou un lycanthrope, sous le nom de Vrykolakas.

Article connexe : Vrykolakas.

Pricolici

Le pricolici, donc l’étymologie est douteuse[84] mais pourrait-ĂȘtre issue du mot grec pour loup[85], est Ă©galement issu du folklore roumain et a exclusivement la forme d’un lycanthrope. La premiĂšre mention d’un pricolici date de 1716, dans un manuscrit latin sur l’histoire de la Moldavie, oĂč il est comparĂ© au loup-garou français. Comme les strigoi, les pricolici sont des esprits morts qui reviennent Ă  la vie pour faire du mal aux vivants, mais contrairement Ă  ces derniers qui possĂšdent une apparence similaire Ă  celle qu’ils avaient avant de mourir, les pricolici ressemblent toujours Ă  des loups ou des chiens. Il s’agit essentiellement d’hommes violents de leur vivant qui reviennent pour continuer leurs mĂ©faits[85]. Emil Petro Vici dĂ©couvrit les lĂ©gendes sur le pricolici durant ses voyages en Roumanie pendant les annĂ©es 1930. Il dit entre autres qu’un mort qui devient pricolici se nourrit ensuite de sa propre famille. Si le cadavre est exhumĂ©, on dĂ©couvre qu’il a du sang sur les lĂšvres. Pour protĂ©ger la personne victime d’un pricoloci, il faut prendre un peu de ce sang et lui en donner Ă  boire, ainsi, elle retrouvera la santĂ©[86]. Les enfants qui ont Ă©tĂ© sevrĂ©s puis remis au sein deviennent des pricolici, ils font alors subir mille tourments Ă  leur famille et plus particuliĂšrement Ă  leur mĂšre[86].

Vulkodlac

Les vulkodlak sont issus du folklore serbe et ont l’habitude de se rĂ©unir chaque annĂ©e, pendant les mois d’hiver, pour enlever leurs peaux de loup et les accrocher dans les arbres. Ils attendent alors un autre vulkodlak et lui transmettent la peau pour le maudire Ă  son tour et se libĂ©rer, car la peau est la source de leur malĂ©diction[21].

Folklore d'Europe de l'est, asiatique et baltique

Dans une vieille saga hĂ©roĂŻque tartare, BĂŒrĂ»h Kahn rĂ©gnait sur six cent loups et passait une partie de son temps sous l’apparence d’un loup resplendissant comme de l’or[12].

Tradition arménienne

Selon la tradition armĂ©nienne, certaines femmes coupables de pĂ©chĂ©s mortels sont condamnĂ©es Ă  passer sept ans en forme de louves. Dans l’un de ces contes, une femme condamnĂ©e est visitĂ©e par un esprit portant une peau de loup qui lui ordonne de la revĂȘtir Ă  son tour. Ce faisant, la jeune femme a une Ă©pouvantable envie de chair humaine peu de temps aprĂšs. Elle fait de son mieux pour lutter contre sa nouvelle nature mais dĂ©vore chacun de ses propres enfants, puis les parents des enfants de sa famille, et, enfin, les enfants des Ă©trangers. Lorsqu’elle erre seule la nuit, les portes et les serrures s’ouvrent seuls Ă  son approche. Quand arrive le matin, elle revient Ă  sa forme humaine et enlĂšve sa peau de loup. Dans ces contes, la transformation est gĂ©nĂ©ralement involontaire, mais il existe d’autres versions oĂč les femmes peuvent se transformer Ă  volontĂ©[87].

Vseslav de Kiev

Un byline met en scĂšne le Prince biĂ©lorusse du XIe, Vseslav de Kiev, considĂ©rĂ© comme un lycanthrope capable de se dĂ©placer Ă  des vitesses surhumaines. Dans Le Dit de la campagne d’Igor il est Ă©crit que « Vseslav le prince jugeait les hommes ; en tant que prince, il faisait la loi dans les villes ; mais Ă  la nuit tombĂ©e il rĂŽdait sous la forme d’un loup. Depuis Kiev il rĂŽdait, et il atteignit Tmutorokan avant son Ă©quipage. Le passage du Grand Soleil, il l’atteignit et le franchit en rĂŽdant comme un loup[88] Â». Ce prince mourut en 1101.

Wawkalak, vourdalak, vlkodlak et bodark

Le wawkalak, Ă©galement nommĂ© vourdalak, bodark ou ĐŸĐ±ĐŸŃ€ĐŸŃ‚Đ”ĐœŃŒ en Russie, est un homme victime de la colĂšre du Diable et puni par une transformation en loup, puis renvoyĂ© parmi les siens qui gĂ©nĂ©ralement le reconnaissent et le nourrissent. Contrairement Ă  la plupart des lycanthropes, il n’est pas mauvais de nature et ne s’en prend jamais aux hommes, allant mĂȘme jusqu’à leur lĂ©cher les mains pour leur tĂ©moigner son affection. En revanche, sa malĂ©diction fait qu’il ne peut rester longtemps au mĂȘme endroit et voyage de foyer en foyer puis de village en village[89]. Le vlkodlak se transforme lui aussi Ă  cause de la magie d’un autre, mais reste gĂ©nĂ©ralement Ă  l’écart des gens.

Oborot

Oborot signifie littĂ©ralement un transformĂ© en russe. Pour le devenir, il faut chercher dans une forĂȘt un arbre dont la cime se courbe vers le sol, le poignarder avec un petit couteau de cuivre et tourner autour en rĂ©pĂ©tant des incantations. L’oborot jaillit alors de l’arbre et s’élance vers la forĂȘt, changĂ© en loup[90].

Vilkacis

Les vilkacis, Vilkatas ou Vilkatis, sont des lycanthropes communs aux folklores letton et lituanien. Vilkacis signifie littĂ©ralement « loup-garou aux yeux de loup Â». Le flou demeure pour savoir s’il s’agit d’une transformation physique ou de l’ñme d’une personne qui prend possession d’un corps de loup car les rĂ©cits font Ă©tats de personnes apparemment endormies qui « courent le garou Â», aprĂšs quoi la personne se rĂ©vĂšle ĂȘtre morte et l’ñme ne peut plus rĂ©intĂ©grer sa demeure de chair. Les vilkacis ne s’attaquent qu’aux animaux (particuliĂšrement aux troupeaux) et jamais Ă  l’homme, Ă  l’occasion, ils se montrent bienveillants ou apportent des trĂ©sors. Pour se changer en vilkacis, il suffit d’attendre la pleine Lune et de se placer sous un arbre dont la cime est courbĂ©e vers le sol en formant un arc de cercle. L’autre mĂ©thode rapportĂ©es par les contes de fĂ©es lettons est plus traditionnelle, il s’agit de revĂȘtir une peau de loup et de prononcer une incantation. Au temps des procĂšs de sorcellerie, il suffisait qu’une femme possĂšde une peau de loup chez elle pour se voir accusĂ©e.

Contrairement Ă  la plupart de ses cousins, le vilkacis ne guĂ©rit pas de ses blessures, en particulier mortelles. Il existe un teika (traduit par « rĂ©cit Â» ou « mythe Â» en letton) oĂč un homme se transforme en vilkacis pour attaquer le troupeau de vaches d’un baron. BlessĂ© par un coup de feu, il meurt peu aprĂšs. Dans le folklore letton, les femmes se transformeraient plus volontiers en vilkacis (elles sont nommĂ©es vilkatas). Pour cela, elles se dĂ©shabillent complĂštement et cachent leurs vĂȘtement dans un lieu oĂč personne ne peut les trouver car si quelqu’un y touchait, la vilkatas ne peut pas rĂ©intĂ©grer sa forme humaine pendant un certain temps (de un Ă  neuf ans). Lorsque cela arrive, la vilkatas erre autour de sa maison, et si elle a un mari et des enfants, elle hurle et tente de se rapprocher d’eux. Les vilkacis sont parfois nommĂ©s « Dieva Suni Â», qui signifie Chiens de Dieu, mais on ne sait pas si Dieu dĂ©signe la divinitĂ© lettone DieviƆơ ou le Dieu unique aprĂšs l’évangĂ©lisation du pays[91].

Folklore lituanien

Olaus Magnus parle des loup-garous lituaniens dans son Histoire des peuples septentrionaux. Les loup-garous sont trĂšs craints des populations et particuliĂšrement actifs le soir de NoĂ«l, oĂč ils assiĂšgent les maisons de ceux qui vivent au fond des bois avec une extrĂȘme fureur, dĂ©fonçant les portes des habitations et des Ă©tables pour dĂ©vorer les hommes et les bĂȘtes. Ils entrent aussi dans les celliers oĂč ils vident des baquets de biĂšre et de cervoise, buvant tout leur saoul avant de les reposer les uns au-dessus des autres. Ils dorment gĂ©nĂ©ralement sur place avant de repartir, et si par malheur quelqu’un trĂ©buche Ă  l’endroit mĂȘme oĂč un loup-garou s’est couchĂ©, cette personne risque de mourir au jour de l’an et ne vivra pas un an de plus. Les loup-garous lituaniens sont gĂ©nĂ©ralement d’anciens seigneurs Ă  qui la malĂ©diction du loup-garou a Ă©tĂ© transmise : lorsqu’un lycanthrope lituanien veut affecter une autre personne, il prend un hanap ou une coupe de cervoise et trinque avec sa victime en prononçant une malĂ©diction. Lorsque la personne qui a trinquĂ© boit, elle acquiert le pouvoir de se changer en loup, gĂ©nĂ©ralement en se cachant dans une forĂȘt ou au fond d’une cave, et de redevenir humain Ă  volontĂ©[35].

Folklore des Amériques

Les Vikings ont peut-ĂȘtre transmis leurs lĂ©gendes sur les lycanthropes aux tribus amĂ©rindiennes du Nord du continent amĂ©ricain pendant la colonisation viking des AmĂ©riques[21]. Chez les indiens Navajo, on retrouve la croyance concernant la peau de loup, comme en Europe. Des sorciers nommĂ©s « skin-walker Â» (littĂ©ralement « peau-marcheur Â»), sont mentionnĂ©s comme capables de se transformer en l’animal qu’ils souhaitent par magie[28]. Les chaman amĂ©rindiens sont aussi parfois dĂ©crits comme capables de se faire habiter par l’esprit du loup[47]. Les Navajos craignaient aussi des sorciĂšres habillĂ©es de peaux de loups, nommĂ©es les Mai-cob[92].

Rougarou, folklore amérindien et acadien

Le Rougarou (parfois aussi nommĂ© Roux-Ga-Roux, Rugaroo ou Rugaru) est mentionnĂ© par les communautĂ©s francophones des Laurentides europĂ©ennes, les histoires mentionnant cette crĂ©ature sont aussi variĂ©es que l’orthographe de son nom mais elles sont toutes liĂ©es Ă  la culture francophone de Louisiane, dĂ©rivĂ©es du loup-garou français et influencĂ©es par les croyances amĂ©rindiennes sur le wendigo. Cette crĂ©ature hante les marais en Acadiane et autour de la Nouvelle-OrlĂ©ans, Ă©ventuellement les champs et forĂȘts des alentours. Selon le mythe le plus courant, le rougarou est humain durant la journĂ©e oĂč il fait bien attention de ne pas rĂ©vĂ©ler sa malĂ©diction de crainte d’ĂȘtre tuĂ©. La nuit, il se transforme en humanoĂŻde avec la tĂȘte d’un loup (cynocĂ©phale) et sa malĂ©diction ne se termine que lorsqu’il verse le sang d’une victime humaine[93]. D’autres contes dĂ©crivent le rougarou comme un cavalier sans tĂȘte ou comme une sorciĂšre. Dans ces derniers, seule une sorciĂšre peut ĂȘtre Ă  l’origine du rougarou, soit en se transformant elle-mĂȘme en loup, soit en maudissant quelqu’un[94]. Selon certaines version, une telle crĂ©ature chasserait les catholiques qui briseraient le carĂȘme et quiconque brise le carĂȘme sept ans d’affilĂ©e se voit transformĂ© en loup-garou[24].

L’auteur Peter Matthiessen soutient que le rougarou est une lĂ©gende proche de celle du gĂ©ant cannibale wendigo. Alors que le Wendigo est Ă  craindre, il note que le rougarou est considĂ©rĂ© comme sacrĂ© et en accord avec mĂšre nature, un peu comme dans les lĂ©gendes Ă  propos du Bigfoot aujourd’hui[9].

Article dĂ©taillĂ© : Rougarou.

Folklore québécois

Un conte quĂ©bĂ©cois rapportĂ© par HonorĂ© Beaugrand mentionne la rencontre entre des navigateurs et un groupe de loup-garous prĂšs de Trois-riviĂšres, le jour de la Toussaint. Les marins aperçurent une vingtaine de possĂ©dĂ©s aux yeux brillants comme des tisons, avec des tĂȘtes et des queues de loup, qui dansaient autour d’un feu au milieu de sapins en dĂ©coupant un corps humain. C’était une ronde de loup-garous que le Diable avait rĂ©unis pour leur faire boire du sang de chrĂ©tien et leur faire manger de la viande fraĂźche. Le prĂȘtre qui se trouvait Ă  bord du navire demanda une branche de rameau bĂ©nit, un trĂšfle Ă  quatre feuilles et deux balles trempĂ©es dans l’eau bĂ©nite pour s’en dĂ©barrasser, mais le matelot qui lui apporta les objets omit le trĂšfle ainsi que de tremper les balles. Deux coups de feu partirent accompagnĂ© d’un signe de croix, mais ils restĂšrent sans effet. Pour la seconde tentative, le fusil fut chargĂ© avec un chapelet et le coup dispersa la meute[25].

Dans le mĂȘme recueil, un prĂȘtre parvient Ă  couper la patte d’un loup-garou qui l’attaque et trouve une main de femme en tirant l’objet de sa besace un peu plus tard[25].

Dans plusieurs autres légendes québécoise dont entre autres celle relaté dans un conte de Noël de Louis Fréchette, les Loups-Garous sont décris comme des individus qui n'avaient pas fait leur obligations religieuses pendant un certain nombre d'années et qui faisait un pacte avec le diable pour se transformer en énorme loup ou en énorme chien. Et pour délivrer le pauvre de son état, il suffisait de le blesser pour que du sang coule et il redevenait alors automatiquement un humain[95] .

Loogaroo

Le loogaroo est un lycanthrope des CaraĂŻbes, ayant pris cette apparence suite Ă  un pacte avec le diable. Il est mentionnĂ© dĂšs le XVIe siĂšcle et rĂ©sulte d’une combinaison des croyances europĂ©ennes et vaudou[10]. Il peut quitter sa peau (en la laissant gĂ©nĂ©ralement sous l’« Arbre du Diable Â», arbre Ă  cotton) avant de chasser ses proies afin d’en offrir le sang au dĂ©mon[10]. Il a cependant des habitudes compulsives et compte sans cesse les grains de sable sur le sol. Ainsi un moyen de s’en dĂ©fendre est de laisser un tas de grains de riz sur le pas de sa porte en espĂ©rant que le Soleil se lĂšve avant qu’il ait fini de les compter. À ce moment-lĂ , il devra retourner dans sa peau sans avoir eu l’occasion d’attaquer quelqu’un. Selon certains contes, on peut retirer la peau de l’arbre afin qu’il ne puisse la retrouver Ă  son retour[10]. C’est un sorcier qui officie avec le prĂȘtre vaudou. Il fait partie de la dualitĂ© sociale ordre/dĂ©sordre qu’il faut assumer par des rites magiques.

JĂ©-rouges

Le jĂ©-rouges (« yeux rouges Â») haĂŻtien est un esprit lycanthrope qui peut possĂ©der le corps des personnes pendant la nuit et les transformer malgrĂ© elles en lycanthropes cannibales[21]. Il essaie aussi de tromper les mĂšres en les rĂ©veillant la nuit pour leur donner volontairement ses propres enfants et leur demander l’autorisation d’emporter l’enfant humain. La mĂšre, gĂ©nĂ©ralement dĂ©sorientĂ©e, doit rĂ©pondre par oui ou par non[21]. Ils diffĂšrent des lycanthropes europĂ©ens par leurs tentatives rĂ©pĂ©tĂ©es pour transmettre la lycanthropie aux autres, Ă  l’instar des vampires qui rĂ©pandent le vampirisme[21].

LobisĂłn

Dans les folklores galiciens, portugais et brĂ©siliens, le septiĂšme enfant (gĂ©nĂ©ralement un garçon nĂ© aprĂšs six filles) est condamnĂ© Ă  devenir un lycanthrope. Il s’agit d’un loup gris ou noir de la taille d’un petit cheval, qui chasse la nuit sous la pleine Lune, de prĂ©fĂ©rence du bĂ©tail plutĂŽt que des personnes. Cette croyance s’est Ă©tendue au nord de l’Argentine oĂč les septiĂšmes enfants Ă©taient parfois abandonnĂ©s, offerts Ă  l’adoption ou tuĂ©s, car leurs parents craignaient qu’ils ne deviennent des lobisĂłn (ou luisĂłn). Une loi argentine de 1920 mit un terme aux abandons en prĂ©cisant que tous les septiĂšmes enfants avaient pour parrain le prĂ©sident[60].

Affaires et procĂšs impliquant des lycanthropes

Pendaison d’un loup-garou en Allemagne.
ArrĂȘt de la cour de Dole condamnant Gilles Garnier comme loup-garou en 1574.

Les lycanthropes commencĂšrent Ă  faire parler d’eux durant le Moyen Âge, et jusqu’à notre Ă©poque moderne, les affaires impliquant la lycanthropie n’ont jamais cessĂ© d’exister.

Statut des lycanthropes jusqu'en 1700

Scepticisme chez les penseurs et les lettrés

L’homme-loup en tant que mĂ©tamorphose physique posa des problĂšmes par son cĂŽtĂ© merveilleux, et suscita une certaine incrĂ©dulitĂ© chez les penseurs et les lettrĂ©s depuis l’antiquitĂ© grecque. Pline l’Ancien indiqua qu’il ne faut pas y croire[96] et le mĂ©decin grec ArĂ©tĂ©e assimilait dĂ©jĂ  la lycanthropie Ă  une maladie[42]. Le statut des loup-garous Ă©tait de plus incompatible avec l’enseignement de l’Église catholique romaine, en effet, si les loups Ă©taient considĂ©rĂ©s comme des crĂ©atures nuisibles tout Ă  fait naturelles, les loup-garous Ă©taient vus comme une manifestation du dĂ©mon. Or, la Bible ne donne aucune explication Ă  leur propos et les thĂ©ologiens furent donc forcĂ©s de la trouver eux-mĂȘmes : en affirmant que le dĂ©mon peut transformer les corps humains en celui d’un loup grĂące Ă  des pouvoirs magiques, ils contredisaient l’un des fondements de la religion chrĂ©tienne selon lequel Dieu seul possĂšde le pouvoir de crĂ©ation[97].

L’explication selon laquelle un dĂ©mon ou un sorcier pouvait projeter son Ăąme dans le corps d’un loup fut Ă©galement rejetĂ©e car il s’agit d’une altĂ©ration de la rĂ©alitĂ© divine qui implique que le dĂ©mon ou le sorcier possĂšde des pouvoirs Ă©quivalents Ă  ceux de Dieu[26]. Une explication dĂ©veloppĂ©e au Moyen Âge fut celle selon laquelle « le Diable est une illusion et Dieu seul peut rĂ©aliser de vrais miracles, mais les dĂ©mons peuvent rĂ©aliser de faux miracles, faire paraitre prĂ©sentes des choses inexistantes, faire apparaitre un objet sous une forme qui n’est pas la sienne et cacher ce qui se trouve rĂ©ellement lĂ  pour faire croire Ă  son absence[98] Â». Thomas d’Aquin s’est appuyĂ© sur les textes d’Augustin d’Hippone, qui disait dans La citĂ© de Dieu que les mĂ©tamorphoses sont des illusions du Diable qui n’affectent ni le corps, ni l’ñme, mais le phantasticum, sorte d’« image fantomatique Â» de l’homme. La mĂ©tamorphose en loup est donc dĂ©crite comme une illusion perçue par les sens[99].

Aux XVIe et XVIIe siĂšcles, les sceptiques prenaient le risque d’ĂȘtre qualifiĂ©s d’amis des sorciers. Jean Wier remet la lycanthropie en doute dans Praestigiis daemonum paru en 1564, tout comme Paulus Zacchias dans Quaestio medico-legales en 1651. Rapin, en 1661, fut tĂ©moin du phĂ©nomĂšne de possession d’Aumone et conclut « Nihil a demone pauca a morbo multa ficta Â». Le rĂŽle des mĂ©decins dans les affaires de sorcellerie fut nĂ©anmoins trĂšs effacĂ©.

Persécution des loup-garous et croyances

MalgrĂ© les interrogations, la croyance en la culpabilitĂ© des loup-garous demeura la norme jusqu’au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle et les hommes suspectĂ©s de lycanthropie furent trĂšs sĂ©vĂšrement chĂątiĂ©s. Au XVe siĂšcle, l’empereur germanique Sigismond rĂ©unit un collĂšge qui conclut Ă  l’existence des loup-garous et autres sorciers. Aux XVIe et XVIIe siĂšcles, les procĂšs de lycanthropes furent trĂšs nombreux[19]. Certains ouvrages Ă©taient parfois d’une violence extrĂȘme contre les lycanthropes, comme le cĂ©lĂšbre Malleus Maleficarum publiĂ© en 1486, qui constitue un vĂ©ritable manuel de chasse aux loup-garous et aux sorciĂšres. Le juriste Jean Bodin publia en 1580 le cĂ©lĂšbre La dĂ©monomanie des sorciers traitĂ© ou la sorcellerie et rĂ©quisitoire contre les sorciers, maintes fois rĂ©Ă©ditĂ© et de mĂȘme acabit. Cet ouvrage donne pour objectif la poursuite et le chĂątiment implacable de tous les coupables de sorcellerie, dont les lycanthropes bien entendu. Ils Ă©taient haĂŻs des inquisiteurs et l’un des plus cĂ©lĂšbres d’entre eux, Henry Boguet eut Ă  juger sur Saint-Claude neuf cas impliquant des loup-garous. Selon lui, le loup-garou Ă©tait une manifestation directe de l’intervention du Diable : Satan abandonnait le lycanthrope endormi dans un buisson et en faisait sortir un loup. L’animal commettait alors tous les crimes qui hantaient l’esprit du dormeur, en troublant son imagination au point « que la victime croit vĂ©ritablement s’ĂȘtre mĂ©tamorphosĂ©e en loup et avoir couru la campagne en tuant hommes et bĂȘtes Â»[100]. Bien que la rĂ©alitĂ© de la transformation physique soit ici remise en cause, le loup-garou Ă©tait considĂ©rĂ© comme responsable de ses actes, notamment du fait d’avoir pactisĂ© avec le dĂ©mon, acte impardonnable.

Quelques grands penseurs accusĂšrent aussi les lycanthropes de pactiser avec le dĂ©mon, entre autres Jacob Horstius qui Ă©crit dans De Aureo Dente que le Diable s’attaque de prĂ©fĂ©rence aux complexions mĂ©lancoliques et timides. En 1546, Paracelse dĂ©crit dans son De Natura les transformations en loup comme rĂ©elles, en 1585, Hermann Witekind s’en prend Ă  la sorcellerie dans Christlich bedenken und erinnerung von Zauberey et en 1632, Ambroise ParĂ© dĂ©crit la lycanthropie et l’impuissance masculine comme des Ɠuvres du dĂ©mon dans Des monstres et prodiges. D’autres auteurs moins connus abondent dans le mĂȘme sens : Peucer dans Des divinations et Pierre Borel en 1674.

Au XVIe siĂšcle, de la fin du Moyen Âge Ă  la Renaissance en un peu plus de cent ans, on a enregistrĂ©, en France, de nombreux rapports d’attaques de loup-garous ainsi que prĂšs de 30 000 procĂšs[17], le nombre de procĂšs en Europe Ă©tant probablement proche de 100 000 mais selon Collin de Plancy, des dizaines de milliers d’autres personnes soupçonnĂ©es de lycanthropie auraient pĂ©ri, victime de la vindicte populaire et sans autre forme de procĂšs[6]. Les populations rurales croyaient fortement Ă  l’existence physique de ces « hommes-loups Â» qui ravageaient les campagnes et s’attaquaient aux animaux comme aux ĂȘtre humains, ces croyances ont menĂ© aux pires carnages lorsqu’un individu Ă©tait reconnu comme loup-garou[18]. Dans certains cas, il y avait des preuves de meurtre et de cannibalisme contre les accusĂ©s, mais aucune d’association avec les loups, dans d’autres cas, les gens avaient simplement Ă©tĂ© terrifiĂ©s par des loups[17]. En Europe, XVe au XVIIIe siĂšcle, les procĂšs de loup-garous se multipliĂšrent et les coupables Ă©taient brĂ»lĂ©s vifs. Lorsqu’un villageois Ă©tait soupçonnĂ© d’ĂȘtre un loup-garou, il Ă©tait gĂ©nĂ©ralement attrapĂ© et Ă©corchĂ© vif, car la lĂ©gende voulait que les poils de loup se cachent sous sa peau[21], puis exĂ©cutĂ©, quelquefois par pendaison, plus gĂ©nĂ©ralement sur le bĂ»cher. Les accusĂ©s qui Ă©chappaient Ă  l’exĂ©cution furent probablement marquĂ©s Ă  vie par le traumatisme de l’interrogatoire[26].

Au dĂ©but du XVIIe siĂšcle, la sorcellerie fut condamnĂ©e par Jacques Ier d’Angleterre, qui considĂ©rait les warwoolfes comme des victimes d’une illusion provoquĂ©e par « une surabondance de nature mĂ©lancolique Â»[101]. En France, il faut attendre le 21 juillet 1682 et la clĂŽture de la Chambre ardente pour que les procĂšs de sorcellerie soient interdits[102].

Accusations et procĂšs de lycanthropes

  • Le cĂ©lĂšbre compagnon de Jeanne d’Arc, Gilles de Rais, surnommĂ© Barbe bleue, fut entre autres crimes accusĂ© de lycanthropie et d’actes de barbarie. Il fut exĂ©cutĂ© en 1440[103].
  • En 1521, Pierre Burgeot et Michel Verdun furent accusĂ©s d’ĂȘtre des loup-garous par le prieur du couvent dominicain de Poligny, Jean Bodin. Le procĂšs eut lieu Ă  Besançon et attira une foule nombreuse. Les deux accusĂ©s furent dĂ©clarĂ©s coupables et brĂ»lĂ©s vifs[19]. Leur portrait demeura affichĂ© dans l’église locale pour rappeler ce que les hommes sont susceptibles de faire sous l’influence du dĂ©mon[26].
  • En 1541, Ă  Pavia, en Italie, un fermier passait pour avoir dĂ©chiquetĂ© un grand nombre de personnes avec ses dents, sous forme de loup. AprĂšs sa capture, il affirma que l’unique diffĂ©rence entre un vĂ©ritable loup et lui rĂ©sidait dans la fourrure, qui pousse vers l’extĂ©rieur chez le loup et vers l’intĂ©rieur chez lui[104].
  • En 1542, cent cinquante loup-garous se rĂ©unirent sur une place de Constantinople selon Henry Boguet[19].
  • En automne 1573, alors qu’une terrible famine sĂ©vissait, les villageois de la Dole furent terrorisĂ©s par des crimes commis sur des enfants retrouvĂ©s dĂ©chiquetĂ©s et dĂ©vorĂ©s. Il y avait des preuves d’attaques par des loups mais aucune contre un ĂȘtre humain. Suite Ă  une autorisation du Parlement dolois de « s’assembler avec Ă©pĂ©es, hallebardes, piques, arquebuses et autres bĂątons Â», les soupçons se portent sur Gilles Garnier, un marginal qui vivait avec sa femme en pleine forĂȘt Ă  l’ermitage Saint-Bonnot. Il fut conduit par un groupe d’habitants au tribunal de Dole. AprĂšs ses aveux, les minutes du tribunal du 18 janvier 1574 prĂ©cisĂšrent le verdict : « Gilles Garnier, tombĂ© en sorcellerie, ayant pris et occis plusieurs enfants de 6 Ă  12 ans tant avec ses mains semblant pattes qu’avec ses dents, la Cour le condamne Ă  ĂȘtre aujourd’hui trainĂ© Ă  l’envers sur une claie depuis la conciergerie de Dole jusqu’au tertre de ce lieu et y ĂȘtre brĂ»lĂ© vif
 Â»[105]. L’un de ses chefs d’accusation Ă©tait d’avoir commis cet acte un vendredi, jour oĂč la consommation de viande est interdite[19].
  • En 1584, Pierre Gandillon et son fils Georges furent arrĂȘtĂ©s et accusĂ©s d’avoir assassinĂ© et dĂ©vorĂ© de nombreux adolescents sous l’influence d’un onguent dont ils s’étaient enduit le corps. La dĂ©gĂ©nĂ©rescence avait modifiĂ© leur apparence, ils se dĂ©plaçaient Ă  quatre pattes, avaient des ongles Ă©pais, durcis par l’ñge et aiguisĂ©s comme des griffes[26].
  • En 1598, dans la vallĂ©e de la Loire, Jacques Rollet, un simple d’esprit qui se prenait pour un loup, fut dĂ©couvert Ă  proximitĂ© du cadavre ensanglantĂ© d’un jeune garçon de 15 ans[17]. Il Ă©tait connu sous le nom de loup-garou de Caude. Selon les tĂ©moignages, il avait fuit le lieu de son forfait et fut retrouvĂ© Ă  moitiĂ© nu dans les bois. Ses longs cheveux et sa grande barbe Ă©taient emmĂȘlĂ©s, ses mains couvertes de sang serraient encore des morceaux de chair. Pendant son jugement, il raconta qu’il avait assassinĂ© des juges, des avocats et des baillis en prĂ©cisant que la chair de ces derniers Ă©tait dure et insipide. La cour l’avait condamnĂ© Ă  mort mais il fut considĂ©rĂ© comme mentalement dĂ©ficient et fut internĂ© dans un asile oĂč il resta deux ans[26].
  • En 1589 eut lieu le procĂšs et la mise Ă  mort de Peter Stumbb, cĂ©lĂšbre tueur en sĂ©rie allemand pratiquant le cannibalisme. Il Ă©tait connu sous le nom de loup-garou de Bedburg. Lors de son procĂšs, il a clamĂ© que le diable lui avait donnĂ© une ceinture magique qui lui a permis de se mĂ©tamorphoser dans « la similaritĂ© d’un loup, avide, fort de voracitĂ© et puissant, avec de grands yeux larges qui miroitaient comme le feu dans la nuit, une bouche grande et large avec des dents pointues, un corps Ă©norme, et des pattes puissantes. Â»[106].
  • Le cas non datĂ© d’un tailleur sadique est rapportĂ©. Il errait dĂ©guisĂ© en loup dans les forĂȘts au crĂ©puscule, et s’attaquait plus particuliĂšrement aux jeunes et aux enfants pour leur ouvrir la gorge. Il en attirait d’autres dans son Ă©choppe, les frappait et leur tranchait le cou avant de les dĂ©couper comme de la viande de boucherie. Il mourut sans manifester de remords et le compte rendu du procĂšs aurait Ă©tĂ© si horrible que la cour prĂ©fĂ©ra ne pas le conserver, ordonnant sa destruction[26].
  • En 1603, Jean Grenier d’Aquitaire, un enfant de treize ou quatorze ans, fut accusĂ© d’ĂȘtre un loup-garou. Mentalement dĂ©ficient et physiquement retardĂ©, il fut nĂ©anmoins considĂ©rĂ© comme responsable de disparitions d’enfants, dont celle d’un nourrisson dans son berceau. AprĂšs son arrestation, il admit avoir dĂ©vorĂ© quinze enfants et se dit fils d’un prĂȘtre. En rĂ©alitĂ©, son pĂšre Ă©tait un valet de ferme qui l’avait souvent battu et pour lui Ă©chapper, Jean s’était enfui, livrĂ© Ă  lui-mĂȘme, il pratiqua occasionnellement le mĂ©tier de vacher, se livra Ă  la mendicitĂ© et vĂ©cut d’une maniĂšre totalement sauvage. Le juge prit en compte son Ăąge et ses dĂ©ficiences, et ordonna son internement Ă  vie dans un cloitre. Sept ans plus tard, Pierre de Lancre lui rendit visite et Jean Grenier Ă©tait squelettique, ses yeux enfoncĂ©s brĂ»laient d’une lueur inquiĂ©tante, ses mains ressemblaient Ă  des serres aux ongles recourbĂ©s, ses dents Ă©taient longues et pointues. Il imitait les loups, se dĂ©plaçait Ă  quatre pattes et avec agilitĂ©. Il avait toujours refusĂ© de s’alimenter normalement et prĂ©fĂ©rait dĂ©vorer des immondices. Une annĂ©e aprĂšs cette visite, Jean Grenier mourut en laissant le souvenir impĂ©rissable de l’enfant-loup[26].
  • Ce dernier cas modifia l’attitude des juges sur les affaires de loups-garous mais en France, il faudra attendre l’édit de 1682 pour que les procĂšs et les tortures qui en dĂ©coulent soient interdits[19].
  • En 1692, Ă  Jurgenburg en Lituanie, une exception notable Ă  l’association de lycanthropie et du Diable est relatĂ©e par un dĂ©nommĂ© Thiess. Il tĂ©moigna sous serment que lui et d’autres loups-garous Ă©taient les chiens de chasse de Dieu, affirma qu’ils Ă©taient des guerriers revenus de l’Enfer oĂč ils firent la bataille contre les sorciĂšres et les dĂ©mons. Leurs efforts auraient contribuĂ© Ă  ce que le Diable et ses sĂ©ides ne l’emportent pas. Thiess fut ferme dans ses affirmations, selon lui, les lycanthropes d’Allemagne et de Russie participĂšrent Ă©galement Ă  la bataille contre les serviteurs du diable en Enfer. Il insista sur le fait que lorsque des lycanthropes mouraient, leurs Ăąmes Ă©taient accueillies au ciel en rĂ©compense de leurs services. Thiess fut finalement condamnĂ© Ă  dix coups de fouet pour idolĂątrie et croyances superstitieuses[107].

Affaires modernes

Au cours du XVIIe siĂšcle, les explications des mĂ©decins au sujet de la lycanthropie clinique mirent un terme Ă  la plupart des tortures et mises Ă  mort. Toutefois, la population demeura longtemps effrayĂ©e et prĂ©fĂ©ra les explications magiques[26]. De nombreux cas d’attaques d’animaux sur des troupeaux ou, plus rarement, des hommes, firent ressurgir la lĂ©gende du loup-garou Ă  l’époque moderne. À notre Ă©poque, une expĂ©rience tentĂ©e rĂ©cemment par la Fox Broadcasting Company, qui avait crĂ©Ă© un numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone pour signaler la prĂ©sence de lycanthropes, prouve qu’encore aujourd’hui, on trouve des personnes qui se prennent pour des loup-garous et croient aux transformations physiques en loup[26].

  • En 1764, la bĂȘte du GĂ©vaudan terrorisa l’actuelle LozĂšre. La crĂ©ature donna naissance Ă  de nombreuses thĂ©ories et fut parfois dĂ©crite comme un loup gĂ©ant voire un loup-garou[108],[109].
  • En 1766, la « bĂȘte de Sarlat Â», Ă  Sarlat en Dordogne, fit une quinzaine de victimes[110].
  • Au milieu du XIXe, la plus belle fille d’un petit village situĂ© le long de la Vistule, en Pologne, fut enlevĂ©e par ce qui semblait ĂȘtre un loup-garou[111].
  • En 1887, en Saskatchewan au Canada, un coyote fut abattu avec une balle en or, l’objet fut extrait du corps de l’animal et l’histoire rapportĂ©e en 1940 par des mineurs Ă  l’écrivain Ed Bodin[28].
  • En 1899, en Pennsylvanie, un vieil homme sympathique passait pour ĂȘtre un loup-garou. Il mourut dans un lieu dĂ©sormais connu comme « die Woolfman’s grob[28] Â».
  • Avant la PremiĂšre Guerre mondiale, trois loup-garous Ă©taient censĂ©s hanter les Ardennes belges[111].
  • À la mĂȘme Ă©poque, en Écosse, la rumeur publique accusait un berger des environs d’Inverness d’ĂȘtre un loup-garou[111].
  • En 1925, un jeune garçon d’un petit village alsacien proche de Strasbourg fut accusĂ© d’ĂȘtre un loup-garou[60].
  • En 1930, ce qui semblait ĂȘtre un loup-garou terrorisa la banlieue parisienne, Ă  Bourg-la-Reine[17].
  • En 1946, une bĂȘte mystĂ©rieuse prĂ©sentant toutes les caractĂ©ristiques d’un loup-garou terrorisa une rĂ©serve Navajo, en AmĂ©rique du Nord[17].
  • En 1946 et 1947, l’affaire de la « bĂȘte du Valais Â», en Suisse, ne fut jamais Ă©lucidĂ©e[18].
  • En 1949, Ă  Rome, la police dĂ» enquĂȘter sur un Ă©trange cas de lycanthropie : tous les mois, Ă  la pleine Lune, l’un des citoyens de cette ville Ă©tait en proie Ă  d’inquiĂ©tantes hallucinations et poussait des hurlements sinistres[17].
  • En 1957, des loup-garous s’attaquĂšrent aux pensionnaires d’un foyer d’infirmiĂšres Ă  Singapour. La police recueillit le tĂ©moignage d’une des infirmiĂšres sur l’üle principale, qui se rĂ©veilla pour voir « un horrible visage, avec des poils qui atteignaient l’arĂȘte du nez, et de longs crocs proĂ©minents Â». Le mystĂšre n’a jamais Ă©tĂ© rĂ©solu[17].
  • En 1975, les journaux anglais rapportĂšrent la tragique histoire d’un jeune homme de dix-sept ans, originaire du village d’Eccles Hall, qui se croyait sur le point de se transformer en loup-garou. Pour mettre un terme Ă  ses souffrances, il se plongea un couteau Ă  cran d’arrĂȘt dans le cƓur. Une enquĂȘte fut ouverte aprĂšs sa mort et l’un de ses compagnons de travail rĂ©vĂ©la que le malheureux avait tĂ©lĂ©phonĂ© avant son geste fatal en disant « Que son visage et ses mains changeaient de couleur et qu’il Ă©tait en train de devenir un loup-garou[17] Â».
  • En 1975 et 1976, la bĂȘte des Vosges Ă©gorgea des bĂȘtes domestiques et ne fut jamais identifiĂ©e. Elle rĂ©apparut en 1994 et Ă©gorgea quatre-vingt animaux[112],[18].
  • En 1978 au sud du BrĂ©sil, une petite collĂ©gienne de seize ans, Rosario do Sul, Ă©tait en proie Ă  des visions dĂ©moniaques et prĂ©tendait que l’esprit d’un loup fĂ©roce s’était emparĂ© d’elle[17].
  • En 1982, l’affaire de la « bĂȘte de Noth Â», dans la Creuse, ne fut jamais Ă©lucidĂ©e[113].
  • En 1988, prĂšs de Wittlich, en Allemagne, une crĂ©ature « semblable Ă  un chien Â» passa les alarmes d’une base militaire, franchit le mur d’enceinte en se dressant sur ses pattes. Les chiens de la base refusĂšrent de la prendre en chasse[28].
  • En 2003, un homme est poursuivi pour avoir massacrĂ© son Ă©pouse Ă  coups de couteau. Ses dĂ©clarations insolites tenus devant le tribunal criminel de Lausanne, en Suisse furent : « J’ai vu ses canines pousser. Elles dĂ©gageaient une odeur Ă©trange. Comme celle d’un loup-garou Â». L’accusĂ© a conservĂ© « un contact avec la rĂ©alitĂ© Â», indiqua de son cĂŽtĂ© l’expert psychiatrique[114].

Origines des légendes de lycanthropes

Taille comparée entre une empreinte de loup et une main humaine dans la neige.

Le dĂ©bat sur l’origine des lycanthropes dure depuis des centaines d’annĂ©es et voit s’affronter des thĂ©ories trĂšs diverses qui impliquent Ă  la fois des thĂ©ologiens, des anthropologues, des enquĂȘteurs, des mĂ©decins, des occultistes et des spĂ©cialistes du loup. Bien que les attaques de loups, les berserkers, les symptĂŽmes de maladies, de troubles psychiatriques et d’abus de drogues expliquent largement les lĂ©gendes de lycanthropes, il reste une part de mystĂšre dans l’universalitĂ© de ce mythe et le fait qu’encore aujourd’hui, la croyance dans la mĂ©tamorphose physique et la possession demeure largement rĂ©pandue.

L’anthropologue Robert Eisler attire l’attention sur le fait que de nombreux noms tribaux indo-europĂ©ens ainsi que quelques noms de famille modernes signifient « loup Â» ou « homme-loup Â». L’argument est que la transition europĂ©enne de la cueillette de fruits Ă  la chasse fut un processus conscient, accompagnĂ© d’un bouleversement Ă©motionnel qui reste gravĂ© dans le subconscient de l’humanitĂ©. On retrouverait les traces de ce bouleversement Ă  travers la superstition et la croyance aux lycanthropes[115].

L’homme a toujours Ă©tĂ© fascinĂ© par le loup, animal de meute et principal prĂ©dateur des rĂ©gions d’Europe occidentale[18]. Le loup incarne symboliquement la face sombre de l’espĂšce humaine, la cruautĂ© de l’homme livrĂ© Ă  lui-mĂȘme, et de l’homme libre des contraintes que la civilisation tente de lui imposer[18]. Plus tard, les thĂ©oriciens de l’école pessimiste anglo-saxonne magnifient cette Ă©nergie carnassiĂšre de l’« humaine nature[18] Â».

Loups mangeurs d'hommes

La bĂȘte du GĂ©vaudan dĂ©vorant une femme.
La bĂȘte du GĂ©vaudan dans l’imagerie populaire.

Les loups mangeurs d’hommes sont attestĂ©s depuis l’AntiquitĂ©. Ainsi, jusqu’au XXe siĂšcle, les attaques de loups sur l’homme Ă©taient occasionnelles, mais gĂ©nĂ©ralisĂ©es et caractĂ©ristiques de la vie en Europe[116]. Contrairement au loup-garou qui est gĂ©nĂ©ralement dĂ©crit comme un tueur solitaire, le loup est un animal de meute qui s’attaque en prioritĂ© aux proies les plus faibles ou les plus faciles[117]. Les registres paroissiaux donnent de longues listes oĂč des loups s’attaqueraient plus particuliĂšrement aux femmes et aux enfants. En France, prĂšs de 1 600 actes de dĂ©cĂšs concernant la pĂ©riode qui va de 1580 Ă  1840 ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s, pour lesquels le rĂ©dacteur incrimine le loup ou une bĂȘte carnivore[118]. Le cas des loups enragĂ©s est particulier car ils s’attaqueraient alors plus volontiers Ă  l’homme, en portant leurs attaques Ă  la tĂȘte de leurs victimes, contrairement aux loups sains qui procĂšdent par Ă©gorgement ou par Ă©tranglement[119]. Les loups ne mangent jamais la tĂȘte ni la peau des animaux qu’ils prennent[119]. Sur les 1 600 dĂ©cĂšs attribuĂ©s aux loups entre 1580 et 1840, 1 165 seraient imputables Ă  des loups indemnes et environ 400 seraient attribuĂ©s Ă  des loups enragĂ©s. Cependant, ces informations sont Ă  nuancer du fait de la confusion possible entre une attaque de loup et de chien sauvage ainsi qu’au climat de peur du loup Ă  l’époque. Il Ă©tait inĂ©vitable que le loup, prĂ©dateur le plus redoutĂ© d’Europe, devienne une crĂ©ature du mal dans les folklores. Cette thĂ©orie est corroborĂ©e par le fait que dans les zones gĂ©ographiques oĂč les loups sont absents, d’autres prĂ©dateurs se retrouvent au centre de lĂ©gendes thĂ©rianthropes, comme la hyĂšne en Afrique, le tigre en Inde[21], le puma (runa uturunco)[120],[121], et le jaguar (yaguaratĂ©-abĂĄ ou tigre-capiango)[122],[123] en AmĂ©rique du Sud. De nombreuses attaques de loups sont encore recensĂ©es dans les zones rurales de Roumanie. Les animaux sont dĂ©crits comme anormalement grands, attaquant silencieusement des personnes solitaires qui ne s’y attendent pas. Ces victimes assurent qu’il ne s’agit pas de loups ordinaires, mĂȘme aujourd’hui Ă  l’époque moderne.

Articles connexes : Loup et BĂȘte du GĂ©vaudan.

Diabolisation du loup par les autorités chrétiennes

Les mythes, lĂ©gendes et rĂ©cits du folklore impliquant des loups comme forces positives sont presque essentiellement issus de traditions dites paĂŻennes, qu’il s’agisse des deux loups Geri et Freki qui accompagnent Odin dans la mythologie nordique, de ceux de Lug dans la mythologie celte, de la louve qui allaita Romulus et RĂ©mus ou encore des Turcs et des Mongols qui se disaient descendants de la race des loups.

Cette particularitĂ© a pu contribuer Ă  faire du loup une crĂ©ature diabolisĂ©e par les autoritĂ©s chrĂ©tiennes, de plus, pour les habitants des campagnes dans une Europe en pleine expansion dĂ©mographique et en phase de dĂ©frichement massif, le loup passait pour un envoyĂ© du Diable, on comprend facilement pourquoi les autoritĂ©s religieuses de l’époque se mirent Ă  le diaboliser et Ă  prĂŽner son extermination[124].

Berserk : guerriers-ours ou guerriers-loups

Guerriers berserkir sur l’une des matrices de Torslunda.

Les guerriers berserkir ont une rĂ©alitĂ© historique puisqu’ils sont mentionnĂ©s non seulement dans les sagas mythologiques, mais aussi dans des documents historiques[125]. Dans les sagas, ils Ă©taient censĂ©s prendre pour compagnes des femmes-louves nommĂ©es vargynfur et porter des chemises en peau de loup (d’oĂč le nom Ășlfhedhnar - qui porte une pelisse de loup[57]). Ils partaient Ă  l’assaut en poussant des cris de bĂȘtes et des hurlements de loups[52], leurs adversaires se croyaient ainsi en face de guerriers mi-hommes mi-bĂȘtes. D’aprĂšs l’Edda de Snorri, les Berserker allaient au combat sans cotte de maille, enragĂ©s comme des chiens ou des loups, en mordant leur bouclier, forts comme des ours ou des taureaux. Ils tuaient et ni le feu ni le fer n’avaient de prise sur eux[126]. Ils entraient dans cette fureur guerriĂšre appelĂ©e BĂ€renhaftigkeit lors des combats, il s’agissait d’une frĂ©nĂ©sie sacrĂ©e[Note 6] et ces guerriers Ă©taient des combattants d’élite[57]. Leur extase pouvait ĂȘtre due Ă  la consommation de psychotropes ou Ă  des rituels chamaniques, elle dĂ©cuplait leur force et les rendait insensibles Ă  la douleur[52]. Les guerriers berserkir pourraient avoir marquĂ© les populations de l’époque et contribuĂ© Ă  rĂ©pandre la lĂ©gende des lycanthropes.

Article connexe : Berserk.

Tueurs en série

De nombreux auteurs ont associĂ© l’origine des lĂ©gendes du vampire et du lycanthrope aux meurtres en sĂ©rie pour lesquels il fallait trouver une explication Ă  des Ă©poques moins rationnelles. Cette thĂ©orie est accrĂ©ditĂ©e par le fait que les tueurs en sĂ©rie modernes s’adonnent parfois au cannibalisme, aux mutilations et aux attaques cycliques[104].

Article connexe : Tueur en sĂ©rie.

Étiologie des lycanthropes

Plusieurs symptĂŽmes maladifs peuvent aussi avoir laissĂ© croire qu’une personne Ă©tait atteinte de lycanthropie dans le sens oĂč elle se transformait en loup et se nourrissait d’ĂȘtres humains. Dans le domaine de la psychiatrie, penser que son corps se transforme en celui d’un animal (un loup ou autre) est un symptĂŽme de maladie psychiatrique. Certaines thĂ©ories Ă©sotĂ©riques se sont Ă©galement dĂ©veloppĂ©s en s’inspirant des croyances nordiques anciennes Ă  propos de la Fylgja et de hamr, l’ñme animale, et des personnes souffrant du syndrome de Down ont parfois Ă©tĂ© citĂ©es comme pouvant ĂȘtre Ă  l’origine du mythe des lycanthropes[92].

Lycanthropie clinique

Un loup

La lycanthropie passa peu Ă  peu du statut de transformation physique rĂ©elle a celui de maladie psychiatrique et de nombreuses explications furent avancĂ©es au fil des siĂšcles. Les Latins nommaient la lycanthropie « mĂ©lancolie, rage lupine, insania lupina ou folie louviĂšre Â». Les lycanthropies cliniques sont probablement Ă  l’origine de nombreux aveux lors de procĂšs de loup-garous.

Jean Wier (1515-1588), mĂ©decin des Pays-Bas, explique la lycanthropie comme un phĂ©nomĂšne imaginaire et maladif[127]. Il dĂ©crit ainsi les malades qui en sont atteints : ils sont pĂąles, ont les yeux enfoncĂ©s et la langue fort sĂšche[127]. Certains chercheurs affirmĂšrent aussi que la lycanthropie clinique Ă©tait due Ă  un excĂšs de mĂ©lancolie ou un dĂ©sĂ©quilibre des humeurs, c’est-Ă -dire des fluides qui circulaient dans le corps[26]. Selon les mĂ©decins, cette mĂ©lancolie pouvait provoquer des hallucinations et des fantasmes jusqu’à conduire Ă  la folie. On recommandait de soigner les lycanthropes avec des bains, des purgations, des saignĂ©es et un rĂ©gime, ou encore de leur enduire les narines d’opium. En 1621, Robert Burton associa la lycanthropie Ă  une forme de dĂ©mence due Ă  l’influence de magiciens et de sorciĂšres, un dĂ©sĂ©quilibre du rĂ©gime alimentaire, une atmosphĂšre dĂ©lĂ©tĂšre et un manque de sommeil ou d’exercice[128],[45] Deux siĂšcles plus tard, Collin de Plancy, dans son Dictionnaire infernal, publiĂ© en 1818, dĂ©finit la lycanthropie comme une « maladie qui, dans les siĂšcles oĂč l’on ne voyait partout que dĂ©mons, sorcelleries et malĂ©fices, troublait l’imagination des cerveaux faibles, au point qu’ils se croyaient mĂ©tamorphosĂ©s en loup-garous, et se conduisaient en consĂ©quence. Les mĂ©lancoliques Ă©taient plus que les autres disposĂ©s Ă  devenir lycanthropes, c’est-Ă -dire hommes loups. Â»[6].

Une affaire rĂ©cente implique un homme de trente-sept ans qui hurlait Ă  la lune, dormait dans des cimetiĂšres et s’allongeait au milieu d’autoroutes frĂ©quentĂ©es. Il s’était laissĂ© pousser les cheveux et la barbe mais ne consommait ni drogues ni alcool. Il avait l’ñge mental d’un enfant de huit Ă  dix ans. Une biopsie de son cerveau rĂ©vĂ©la un tissu cĂ©rĂ©bral dĂ©tĂ©riorĂ©, il fut finalement soignĂ© mais resta mentalement dĂ©ficient[26].

Vers 1977, une femme de quarante-neuf ans se prenait pour une louve et en adoptait le comportement. Elle faisait des rĂȘves Ă©rotiques oĂč elle se livrait Ă  des orgies avec d’autres femmes, accompagnĂ©e d’un loup dont elle sentait « le fascinant regard rivĂ© sur elle et le souffle tiĂšde sur sa nuque la nuit Â». Elle ne put rĂ©sister longtemps Ă  ses pulsions et lors d’une rĂ©union de famille, elle se dĂ©shabilla complĂštement et se mit Ă  quatre pattes devant sa propre mĂšre, dans la position d’une louve en chaleur. Le lendemain soir, elle grogna pendant deux heures et lacĂ©ra son lit conjugal avec ses ongles et ses dents aprĂšs avoir eu des relations sexuelles avec son mari. Selon elle, « le Diable avait pris possession de son corps et l’avait transformĂ©e en animal Â». Elle suivit une longue psychothĂ©rapie et connut plusieurs rechutes oĂč elle Ă©tait en proie Ă  une forte excitation sexuelle et une envie de tuer, notamment pendant les pleines Lunes. Les mĂ©decins qui la soignĂšrent notĂšrent une schizophrĂ©nie, un syndrome cĂ©rĂ©bral organique accompagnĂ© de psychose, une rĂ©action dĂ©pressive psychotique, une nĂ©vrose hystĂ©rique de type dissociatif, une psychose maniaco-dĂ©pressive et une Ă©pilepsie psychomotrice[129].

Article dĂ©taillĂ© : Lycanthropie clinique.

Psychotropes et hallucinogĂšnes

Les effets toxiques de certaines plantes hallucinogĂšnes et les cĂ©rĂ©ales infectĂ©es par un champignon pourraient avoir convaincu de nombreuses personnes qu’elles s’étaient transformĂ©es en loups. Les mĂ©decins prescrivaient autrefois la belladone hallucinogĂšne, ou morelle noire, contre les maux de tĂȘte et d’autres affections. Cependant, si elle est prise en trop grands quantitĂ© ou mĂ©langĂ©e Ă  un baume, cette drogue provoque des hallucinations. Au Moyen Âge, le blĂ© qui servait Ă  faire le pain Ă©tait souvent infectĂ© par l’ergot de seigle, un champignon alcalin qui a des effets hallucinatoires comparables Ă  ceux du LSD et provoque l’ergotisme[26].

Les voirloups du pays d’Othe pourraient acquĂ©rir le comportement d’animaux et altĂ©rer la perception de leurs victimes avec la datura stramoine[Note 7].

La lycanthropie clinique semble ĂȘtre accentuĂ©e ou mĂȘme due Ă  l’absorption de certaines drogues hallucinogĂšnes. Des affaires impliquant la lĂ©gende du loup-garou sont liĂ©es Ă  l’absorption de vĂ©gĂ©taux aux propriĂ©tĂ©s psychotropes, ainsi, un soldat amĂ©ricain de vingt ans se prit pour un loup-garou aprĂšs avoir absorbĂ© du LSD et de la strychnine pendant qu’il se trouvait dans une forĂȘt en Allemagne. Il prĂ©tendit avoir vu pousser une fourrure sur ses mains et sur son visage et ne put rĂ©sister Ă  l’envie de chasser et d’attraper des liĂšvres vivants pour les dĂ©vorer. Il erra ainsi plusieurs jours durant avant de revenir Ă  sa caserne oĂč il subit une dĂ©sintoxication progressive et se fit prescrire une thĂ©rapie de neuf mois, pendant laquelle il affirmait entendre des voix dĂ©sincarnĂ©es et avoir des visions sataniques. Il affirmait ĂȘtre possĂ©dĂ© par le dĂ©mon et avoir des pouvoirs extraordinaires. Ses hallucinations s’apparentaient Ă  une « psychose schizophrĂ©nique ou toxique aiguĂ« Â». La thĂ©rapie restant sans effets, il fut redirigĂ© vers une clinique de jour mais aprĂšs deux visites, il interrompit le traitement et disparut[130],[26].

En 1951, Ă  Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, 50 personnes furent hospitalisĂ©es et 7 d’entre elles moururent empoisonnĂ©es par du pain qui aurait Ă©tĂ© infectĂ© par l’ergot de seigle. Les victimes eurent d’horribles visions et se crurent attaquĂ©es par des tigres et des serpents, elles se croyaient transformĂ©es en bĂȘtes sauvages[131].

Articles connexes : Ergotisme et HallucinogĂšne.

Rage

Un Ă©dit de l’archevĂȘque d’York, datĂ© de 766, dit que : « si un loup attaque quelque troupeau et qu’un animal ainsi attaquĂ© en meurt, il est interdit aux chrĂ©tiens d’en consommer la viande[26] Â». On ignore si cet Ă©dit a un rapport avec le mythe du loup-garou mais les symptĂŽmes de la rage (excitation incontrĂŽlable, salivation abondante, incapacitĂ© Ă  boire
) prĂ©sentent en effet des points communs remarquables avec la description des lycanthropes dans les lĂ©gendes. Cette maladie affectant le systĂšme nerveux central fut principalement vĂ©hiculĂ©e par les loups, les chiens et les renards, et ĂȘtre mordu par un loup enragĂ© pourrait effectivement, de ce point de vue, changer la victime en homme-loup[21]. Toutefois, il n’est pas fait Ă©tat de transmissions de lycanthropies par morsures dans les lĂ©gendes anciennes, l’idĂ©e n’ayant Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e que trĂšs rĂ©cemment[21].

Article dĂ©taillĂ© : Rage (maladie).

Hypertrichose

L’hypertrichose est une maladie qui se manifeste par l’apparition d’une pilositĂ© excessive sur tout le corps, que ce soit chez la femme ou chez l’homme. Bien que le nombre de cas observĂ©s soit trĂšs rare, on peut supposer que dans le passĂ©, les personnes atteintes Ă©taient stigmatisĂ©es et prises pour des bĂȘtes[132].

Article dĂ©taillĂ© : Hypertrichose.

Porphyrie

Article dĂ©taillĂ© : Porphyrie.

La porphyrie est une maladie gĂ©nĂ©tique rare qui se caractĂ©rise par une surabondance de porphyrines dans l’organisme, prĂ©curseurs de l’hĂšme, qui conduit Ă  un dĂ©ficit pigmentaire dans les cellules des globules rouges. Ce dĂ©rĂšglement s’accompagne de symptĂŽmes extĂ©rieurs qui ont sans doute laissĂ© penser Ă  des cas de lycanthropie ou de vampirisme : coloration des dents et des ongles en rouge, nĂ©crose des gencives faisant ressortir les dents, croissance rapide des cheveux, forte photosensibilitĂ© qui provoque des douleurs Ă  chaque exposition Ă  la lumiĂšre du jour et condamne les malades Ă  vivre dans l’obscuritĂ©, etc. L’évolution de la maladie rend l’apparence de la victime de plus en plus effrayante, la peau se dĂ©colore, la pilositĂ© augmente, des lĂ©sions cutanĂ©es attaquent le cartilage et les os en atteignant fortement le nez, les oreilles, les paupiĂšres et les doigts. De plus, cette maladie est souvent accompagnĂ©e de troubles mentaux, hystĂ©rie, dĂ©lire, et psychose maniaco-dĂ©pressive. La porphyrie se transmet gĂ©nĂ©tiquement et des cas nombreux de lycanthropie peuvent avoir Ă©tĂ© mentionnĂ©s en des lieux prĂ©cis, Ă  l’époque oĂč la mĂ©decine n’existait pas encore, les victimes devenaient des parias et des bouc Ă©missaires, leur transformation physique Ă©tant attribuĂ© Ă  l’intervention des forces dĂ©moniaques[133],[134],[Note 8].

Expériences chamaniques et Voyage astral

ReprĂ©sentation d’un voyage astral. Le phĂ©nomĂšne de rĂ©percussion fait que les blessures infligĂ©es au corps astral sous sa forme de loup se retrouvent sur le corps humain.

Selon Claude Lecouteux, la croyance aux lycanthropes est liĂ©e Ă  celle des voyages de l’ñme dont elle ne reprĂ©sente qu’un cas particulier. Dans la mythologie nordique, hamr, « la peau Â», est une des formes que peut prendre l’ñme, celle-ci pouvant en avoir plusieurs. Elle est prĂ©cisĂ©ment la forme interne qui Ă©pouse intimement l’enveloppe corporelle. La manifestation de l’hamr s'accompagne d’un accroissement de force, peut prendre l’aspect d’un animal et se jouer des distances et des obstacles. Le changement de forme, « tandis que l’individu tombe en lĂ©thargie Â», est « un point qui rappelle exactement la transe pendant laquelle l’esprit du chaman visite l’autre monde et entre en communication avec les esprits qu’il interroge[135] Â».

Selon RĂ©gis Boyer, le Hugr de la tradition scandinave est un principe actif universel qui peut parfois ĂȘtre captĂ© par des gens malveillants pour produire des effets nuisibles. C’est ainsi que dans la Saga de ThĂłrdr hredha, un homme voit en rĂȘve dix-huit loups qui sont en fait le « hugr de loup Â» de ses ennemis, c’est-Ă -dire le « mauvais hugr Â».

On trouve mention dans les trĂšs anciens rites paĂŻens issus de sociĂ©tĂ©s traditionnelles, notamment amĂ©rindiennes et chez les anciens celtes, d’hommes-loups revĂȘtus de peaux et coiffĂ©s de la tĂȘte de cet animal. Il ne s’agissait pas, dans ce cas, de lycanthropes, mais d’un chamane Ă  la fois sorcier et guĂ©risseur, capable de communiquer avec les esprits et, entre autres, celui du loup[47].

Au XIXe siĂšcle, Éliphas LĂ©vi rejette la « manie furieuse Â» et les thĂ©ories de la mĂ©decine pour expliquer la lycanthropie par l’existence d’un corps sidĂ©ral, ou corps-fantĂŽme qui agit en tant que mĂ©diateur entre l’ñme et un organisme matĂ©riel. « Ainsi, chez un homme dont l’instinct est sauvage et sanguinaire, son fantĂŽme errera vers l’extĂ©rieur sous la forme d’un loup, alors qu’il dort paisiblement chez lui, rĂȘvant qu’il est un vrai loup[136]. Â» La lycanthropie s’expliquait par une expĂ©rience extrasensorielle, le corps humain Ă©tait sujet Ă  des influences magnĂ©tiques et nerveuses et recevait les blessures reçues sur la projection de lui-mĂȘme[136]. Plusieurs thĂ©osophes Ă©tudiĂšrent les phĂ©nomĂšnes parapsychiques et proposĂšrent des thĂ©ories similaires, selon Charles Webster Leadbeater, le doublement des blessures Ă©tait le rĂ©sultat d’une projection astrale dirigĂ©e par la personne blessĂ©e, et le transfert de blessure vers le corps matĂ©riel s’appelait rĂ©percussion. Les entitĂ©s astrales seraient capables de matĂ©rialiser le corps astral d’une personne violente et brutale pour le contrĂŽler, le transformer en loup ou en autre animal et le propulser dans une course frĂ©nĂ©tique[137].

Au XXe siĂšcle, l’exorciste et voyante britannique Rose Gladden pensait Ă©galement que le voyage astral pouvait expliquer l’activitĂ© des loup-garous. « Supposons que je sois une personne cruelle, tirant plaisir de choses horribles dans la vie. Si je projetais mon corps astral Ă  l’extĂ©rieur de mon corps matĂ©riel, tout le mal environnant pourrait entrer en moi. Et il se saisirait de ma projection astrale ou de mon double. Je serais alors transformĂ©e en loup ou en un autre animal fĂ©roce. Les forces du mal se matĂ©rialisent mieux dans le genre humain - en la personne d’un homme mauvais - que dans un vide nĂ©buleux. Les lycanthropes sont les manifestations les plus nĂ©fastes de toute l’humanitĂ© Â»[26].

Articles connexes : Chamanisme et Voyage astral.

Lycanthropes dans la fiction

ReprĂ©sentation moderne d’un Lobo hechizado dans le folklore de Castille.

Les lycanthropes sont des personnages de fiction rĂ©currents, prĂ©sents dans toutes les formes d’art modernes.

Littérature

Les contes Ă  propos de loup-garous sont frĂ©quents dans la littĂ©rature mĂ©diĂ©vale et surtout influencĂ©s par les textes grecs. Parmi les Ɠuvres anciennes, le Scapin de MoliĂšre se transforme parfois en loup garou pour Ă©chapper aux piĂšges qui le menacent et Miguel de CervantĂšs mentionne le loup-garou dans Les Travaux de Persille et Sigismonde[138]. Dans La Duchesse d’Amalfi de John Webster, l’un des personnages, Ferdinand, a des accĂšs de lycanthropie : il dĂ©terre des cadavres, hurle Ă  mort, et sa fourrure est cachĂ©e sous sa peau. Cet ancien texte est l’un des premiers Ă  mentionner la lycanthropie comme une maladie[139].

En 1859, l’Ɠuvre d’Erckmann-Chatrian, Hughes-le-loup, fait rĂ©fĂ©rence au loup-garou. Parmi les Ɠuvres contemporaines, le roman poĂ©tique Le Loup Garou de Roger Vitrac, Ă©crit en 1938, mĂȘle la violence Ă  l’humour noir et l’humour rose.

Dans le roman Un roi sans divertissement de Jean Giono, publiĂ© pour la premiĂšre fois en 1947, un tueur en sĂ©rie sĂ©vit en hiver dans un village de montagne en perpĂ©trant ses meurtres Ă  la maniĂšre d’un loup. DĂšs le dĂ©but du rĂ©cit, la figure du loup-garou est explicitement Ă©voquĂ©e[140]. La mĂȘme annĂ©e, Boris Vian raconte, dans Le Loup-garou, la vie d’un loup condamnĂ© Ă  se transformer en homme lors des nuits de pleine Lune[141].

Hermann Löns parle dans Le Loup-Garou d’une confrĂ©rie secrĂšte qui s’identifie aux lycanthropes pour se dĂ©fendre des pillards. Dans les enquĂȘtes de Kay Scarpetta, Patricia Cornwell met en scĂšne un loup-garou sous le nom de Jean-Baptiste Chandonne. Wolfen – dieu ou diable de Whitley Strieber met en scĂšne un loup-garou, en 1982.

Claude Seignolle a abondamment traité du loup-garou, notamment dans Le Gùloup en 1960 et Comme une odeur de loup en 1966.

Dans le domaine de la fantasy, J. R. R. Tolkien mentionne ses loup-garous comme des crĂ©atures fĂ©roces possĂ©dĂ©es par des esprits terrifiants qui parcouraient le Beleriand durant le Premier Age. Ils sont au service de Sauron, alors grand lieutenant et le plus terrible des serviteurs de Morgoth, que l’on appelait aussi le Seigneur des Loup-garous.

Dans la saga Harry Potter, la question des loup-garous est abordĂ©e Ă  partir du troisiĂšme tome, dans lequel un professeur de l’école Poudlard, Remus Lupin, en est un, et tente de se faire accepter parmi les humains malgrĂ© sa malĂ©diction. À partir du tome 5, on entend parler de Fenrir Greyback, le loup-garou qui a provoquĂ© la transformation de Lupin. Greyback, au contraire de Lupin, encourage les loup-garous Ă  vivre hors de la civilisation et Ă  mordre autant d’humains que possible pour se renforcer en tant qu’organisation.

Dans la saga Twilight, ou Saga du dĂ©sir interdit de Stephenie Meyer, les loup-garous sont dotĂ©s d’une force phĂ©nomĂ©nale, qui leur permet de se mesurer aux vampires du mĂȘme univers de fiction. Ils se transforment Ă  volontĂ© et restent guidĂ©s par leur conscience humaine quand ils sont sous cette forme, quoiqu’ils puissent se transformer et perdre le contrĂŽle d’eux-mĂȘmes sous l’effet de la colĂšre. Ils restent largement plus forts que des humains ordinaires quand ils ont leur forme humaine, et ont de nombreux attributs inĂ©dits (transmission de pensĂ©e, uniquement entre eux, par exemple). Il s’agit d’AmĂ©rindiens quileutes, leurs lĂ©gendes expliquant leur transformation par les facultĂ©s magiques de leurs ancĂȘtres[142]. Certains personnages de la saga signalent qu’ils ont connaissance de loup-garous qui, eux, ne se transforment qu’à la pleine Lune, et prĂ©fĂšrent rĂ©server l’expression « loup-garou Â» Ă  ces « enfants de la Lune Â», et appeler les AmĂ©rindiens des « mĂ©tamorphes Â». Dans les deux cas, les loup-garous sont les ennemis naturels des vampires[143].

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Parmi les Ɠuvres fantastique et d’horreur, on trouve des loup-garous dans plusieurs romans de Stephen King : L’AnnĂ©e du loup-garou oĂč les apparitions de la bĂȘte coĂŻncident avec les dates symboliques du calendrier amĂ©ricain (Independence Day, Thanksgiving), dont est tirĂ© le film Peur Bleue, ainsi que dans Le Talisman.

Laurell K. Hamilton met en scĂšne Anita Blake dans une sĂ©rie de romans oĂč la jeune femme vit dans une AmĂ©rique oĂč la population cohabite avec des vampires, des loup-garous, et d’autres monstres qui ont, pour certains, acquis une existence lĂ©gale. Le roman Les loups de la pleine lune d’Édouard Brasey, Ă©crit en 2005, raconte les mĂ©saventures d’un voyageur qui s’égare dans une forĂȘt sombre et se rĂ©fugie dans un manoir. Les relations Ă©rotiques et le mĂ©canisme de la possession sont dĂ©taillĂ©s[144].

L'auteur de romans d'horreur Nancy A. Collins a Ă©crit deux romans mettant en scĂšne des loup-garous: Garouage (1993) et Le loup debout (1994). L’auteur Fred Vargas met aussi la lycanthropie au centre de son livre intitulĂ© L’homme Ă  l’envers. Le titre fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’une des caractĂ©ristiques qui serait propre aux loup-garous ; celle d’ĂȘtre sous forme humaine, totalement glabre et d’avoir leur pilositĂ© « Ă  l’intĂ©rieur Â». L’écrivain Olivier Pally dans son roman La BĂȘte du Sapt, dĂ©crit les loups-garous comme des victimes infectĂ©es d’un sortilĂšge Ă  l’image d’un virus. Ce virus ferait alors ressortir le mauvais cĂŽtĂ© de la personne infectĂ©e sous la forme d’un loup monstrueux, se tenant sur deux pattes, pourvu d’une criniĂšre le long du dos, de crocs et de griffes acĂ©rĂ©s. Ainsi, le degrĂ© de fĂ©rocitĂ© de la bĂȘte est proportionnel Ă  la mĂ©chancetĂ© de la victime ; certains lycanthropes dans ce roman ont peu d’instincts sanguinaires mĂȘme s’ils demeurent trĂšs fĂ©roces. Pour libĂ©rer un lycanthrope de son infection, il suffirait de lui tirer une balle en argent dans le cƓur pour le tuer, ou tirer sur la partie du corps oĂč il a Ă©tĂ© mordu afin de le libĂ©rer de sa malĂ©diction.

RĂ©cemment aussi, l'auteur anglais Paul Kearney a mis en scĂšne la lycanthropie dans son Ɠuvre majeure : Les monarchies divines. Les lycanthropes sont une des disciplines du "Dweomer" particuliĂšrement dĂ©veloppĂ©e, maĂźtrisĂ©e par le mage Aruan. L'Ă©crivain Jean-Luc Marcastel a entamĂ© une sĂ©rie de romans sur les loup-garous, dont l'histoire se dĂ©roule en France dans un Moyen Âge de fiction: Louis le Galoup.

La bande dessinĂ©e Le Chasseur de Voirloups raconte les aventures d’un homme mandatĂ© par le gouvernement français pour enquĂȘter sur une secte du Pays d’Othe dont les adeptes se dĂ©guisent en hommes-loups. Les membres de la secte n’apprĂ©cient pas cette incursion dans leurs activitĂ©s. À la fin, ce qui semble ĂȘtre un vĂ©ritable voirloup surgit des tĂ©nĂšbres et se jette sur une adepte qui venait aider le hĂ©ros de l’histoire Ă  qui la secte s’en Ă©tait prise. Il semble profondĂ©ment irritĂ© par tout ce tapage et les simagrĂ©es de la secte, mord sa victime Ă  la gorge et la dĂ©pouille de sa peau de loup dans un Ă©tat de rage intense, au nez et Ă  la barbe du chasseur de voirloups qui assiste impuissant Ă  la scĂšne. L’adepte dĂ©cĂšde peu aprĂšs son transfert Ă  l’hĂŽpital de Troyes[145].

Plusieurs anthologies ont aussi Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es sur ce thĂšme, comme celle prĂ©sentĂ©e par Claude Lecouteux : Elle courait le garou : lycanthropes, hommes-ours, hommes-tigres[146] ou bien encore celle d’Alain Pozzuoli intitulĂ©e Les morsures du loup-garou. Barbara Sadoul en a prĂ©sentĂ© deux autres sur ce thĂšme : Le bal des loup-garous[147] et Gare au garou ![148], mentionnons aussi Treize histoires de loup-garous aux Ă©ditions Marabout[149].

Films

Le Monstre de Londres par le Dr Wilfred Glendon, au Witch’s Dungeon Classic Movie Museum.

Le thĂšme de la lycanthropie est trĂšs populaire et a donnĂ© naissance Ă  prĂšs d’une centaine de films d’horreur dont certains sont de grands succĂšs au box-office. Les loup-garous sont d’ailleurs plus connus en tant que personnages cinĂ©matographiques que pour leurs apparitions dans la littĂ©rature.

Le premier lycanthrope anthropomorphe est apparu dans Le Monstre de Londres en 1935, il s’agit d’un scientifique londonien qui garde la plupart de ses traits humains aprĂšs sa transformation[150]. Comme l’acteur principal Henry Hull ne souhaitait pas passer de longues heures Ă  se faire maquiller[151], Universal Studios a montĂ© une histoire Ă  partir d’une plante des Balkans associĂ©e Ă  la lycanthropie puisqu’il n’y avait pas, Ă  l’époque, d’essai sur les lycanthropes tel qu’on pouvait en trouver sur les vampires. Ce film ne fait pas non plus rĂ©fĂ©rence Ă  l’argent et aux autres aspects liĂ©s Ă  la lycanthropie comme le cannibalisme[151].

En 1941, The Wolf Man capta l’imagination du public. Le maquillage y est plus Ă©laborĂ©[151] et il a fixĂ© l’image du loup-garou dans la conscience publique[150]. Les apparitions du monstre sont rares, mais notables, le protagoniste jouant un rĂŽle d’homme torturĂ©. Dans Le loup-garou de Londres David Naughton, est moins angoissĂ©, plus confiant et plus charismatique[152]. En 1961, La malĂ©diction du loup-garou est une adaptation du roman de 1933 Le loup-garou de Paris par l’auteur amĂ©ricain Guy Endore. Il s’appuie sur la lĂ©gende traditionnelle selon laquelle un enfant nĂ© la veille de NoĂ«l est maudit[151]. La forme du loup-garou dans les films est gĂ©nĂ©ralement anthropomorphe, comme c’est le cas dans The Wolf Man et le loup-garou de Londres[153] et la transformation est souvent dĂ©crite comme pĂ©nible. La vulnĂ©rabilitĂ© des lycanthropes aux armes en argent fut Ă©voquĂ©e pour la premiĂšre fois dans The Wolf Man[151]. Cette rĂ©action Ă  l’argent est parfois si forte que le simple fait de toucher ce mĂ©tal provoque des brĂ»lures sur le loup-garou.

Dans Ladyhawke, un film adaptĂ© d’une lĂ©gende mĂ©diĂ©vale, un homme est condamnĂ© par un prĂȘtre Ă  se transformer en loup chaque nuit tandis que sa compagne se transforme en faucon durant la journĂ©e. Jack Nicholson a fait une apparition remarquable dans le film Wolf sorti en 1994, oĂč il subit la lycanthropie contre son grĂ© aprĂšs une morsure et tente de lutter contre sa nouvelle nature[154].

D’autres loups-garous sont beaucoup plus volontaires et malveillants, tels que ceux de la saga Hurlements, pur classique du film d’horreur. Parmi ceux-ci, citons aussi Underworld qui met en scĂšne une guerre ancestrale entre des vampires et des loup-garous. Dans Van Helsing, le cĂ©lĂšbre chasseur de vampires se transforme en loup-garou pour affronter Dracula.

Article connexe : Liste de films de loup-garou.

SĂ©ries

  • Le Loup-garou du campus est une sĂ©rie canadienne mettant en scĂšne un jeune Ă©tudiant atteint de lycanthropie.
  • Dans Buffy contre les vampires, Seth Green interprĂšte Oz, un loup-garou qui tente de contrĂŽler sa condition et devient membre du Scooby-Gang. Varuca, quant Ă  elle, considĂšre sa forme louve-garou comme sa vraie identitĂ©.
  • Dans Supernatural, les FrĂšres Winchester rencontrent des Loups-Garou dans l'Ă©pisode 17 de la saison 2 (Les Loups-Garous). Ceux-ci ont une forme humaine (mĂȘme transformĂ©s), ils tuent leur victimes et leur arrache le cƓur pour le manger. Dans la saison 6, il est fait allusion Ă  des Loups-Garous qui ont un comportement Ă©trange (ils se transforment mĂȘme les soirs sans pleine lune) ainsi qu'Ă  l'Alpha Loup-Garou (Le premier, leur maĂźtre).
  • Dans La MalĂ©diction du loup-garou, Eric Cord a Ă©tĂ© mordu par un loup-garou qu’il pensait ĂȘtre un ami et se transforme chaque nuit en terrible homme-animal. Pour sortir de cette malĂ©diction, il doit retrouver un autre loup-garou, Janos Skorzeny, tout en Ă©vitant d’ĂȘtre attrapĂ© par un chasseur de primes parti Ă  ses trousses.
  • Dans l'Ă©pisode 2 de la saison 2 de Doctor Who, "Un Loup-Garou royal", Tooth and claw dans la version originale, apparait un loup-garou. Ce dernier mord la Reine Victoria, qui deviendra thĂ©oriquement un loup-garou pour la suite, selon le Docteur et Rose.
  • Dans The Vampire Diaries , Tyler Lockwood ( Michael Trevino) devient un loup garou comme son oncle Mason, au dĂ©but de la saison 2.
  • Dans True Blood , les loups-garous apparaissent dans la saison 3 et prennent un rĂŽle plus important (comme par exemple l'ami de Sookie).
  • Teen Wolf (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e) est une sĂ©rie amĂ©ricaine centrĂ©e sur le mythe de la lycanthropie. La sĂ©rie met en scĂšne un Ă©tudiant, Scott, devenant lycanthrope aprĂšs une morsure. On y reprend aussi les relations au sein d'une meute (Alpha, Beta...)

Jeux

  • Les wolfens sont une race mi-homme mi-loup issue des jeux de rĂŽle de l’éditeur Rackham.
  • Loup-garou : l’Apocalypse et Loup-garou : les DĂ©chus sont des jeux de rĂŽle du Monde des tĂ©nĂšbres Ă©ditĂ© par White Wolf Publishing.
  • Les Loups-garous de Thiercelieux est un jeu d’ambiance dans lequel les joueurs sont les habitants d’un village attaquĂ© chaque nuit par des loup-garous.
  • Donjons et dragons met en scĂšne de nombreuses crĂ©atures mĂ©tamorphes nommĂ©es des lycanthropes (rat, tigre, ours), le loup-garou Ă©tant la plus cĂ©lĂšbre.
  • Dans l'extension Bloodmoon du jeu vidĂ©o The Elder Scrolls III : Morrowind, le personnage contracte la maladie SaniĂšs Lupinus suite Ă  un affrontement avec des Loups-Garous et devient l'un d'eux s'il ne s'est pas soignĂ© au bout de trois jours.
  • Dans la sĂ©rie de jeux vidĂ©o The Legend of Zelda, Link se retrouve un temps transformĂ© en loup dans Twilight Princess.
  • Dans la sĂ©rie de jeux vidĂ©o Bloody Roar, les personnages sont tous des thĂ©rianthropes nommĂ©s les zooanthropes, et le personnage principal, Yugo, se transforme en loup.
  • Dans Gabriel Knight 2: The beast within, le but du jeu est de traquer et de mettre hors d'Ă©tat de nuire un loup-garou supposĂ©.
  • Dans World of Warcraft : Cataclysm, il est possible de jouer les loups-garous dans l'Alliance (Worgen de GilnĂ©as).
  • Dans "P.A.G.O.N", jeu de rĂŽle prĂ©-apocalyptique en ligne, il est possible d'incarner un Lycan.
  • Dans le dernier Castlevania, il faut tuer de nombreux lycans ainsi que leur maĂźtre.

Autres

  • L’écrivain allemand Christian Morgenstern a composĂ© un poĂšme dans lequel un loup-garou interroge le fantĂŽme d’un maĂźtre d’école Ă  son sujet, ce qui donne lieu Ă  de nombreuses plaisanteries grammaticales[155].
  • Des lycanthropes sont mentionnĂ©s dans la saga Naheulbeuk, ils vivent sur les terres de Fangh[156].
  • Les univers Marvel mettent en scĂšne de nombreux lycanthropes[157].
  • Dans le manga Rosario+Vampire, l’un des personnages principaux, Ginei Morioka (alias Gin), est un loup-garou.
  • Dans Dragon Ball, Akira Toriyama crĂ©e une variante du loup-garou : les membres du peuple des SaĂŻyens se transforment en singe gĂ©ant lorsque la Lune est pleine.
  • Dans les comics Elfquest, on retrouve un race d'elfes dont le sang est mĂȘlĂ© Ă  celui du loup.

Notes

  1. ↑ Terme utilisĂ© dans la sĂ©rie de jeux vidĂ©o Bloody Roar oĂč les crĂ©atures mĂ©tamorphes sont nommĂ©es zoanthropes
  2. ↑ Dans le Rigveda, le loup est appelĂ© le voleur et la coutume voulait que l’on pende cet animal aux cĂŽtĂ©s de tout voleur sur le gibet.
  3. ↑ C’est un trait caractĂ©ristique des sorciĂšres sous forme animale.
  4. ↑ Par exemple, dans Wolf avec Jack Nicholson en 1994 ou, plus anciennement, Hurlements film de Joe Dante de 1981.
  5. ↑ Dans Blanche-neige et rose-rouge, un ours capturĂ© est en rĂ©alitĂ© un prince ensorcelĂ©, et dans l’oiseau d’or, le renard douĂ© de parole est en rĂ©alitĂ© un homme.
  6. ↑ Voir le Furor Teutonicus de Tacite ou l’amok malais.
  7. ↑ Cette plante se trouve en quantitĂ© dans la forĂȘt d’Othe.
  8. ↑ David Dolphin l’a Ă©voquĂ© lors du colloque organisĂ© en 1985 par l’American Association for the Advancement of Science.

Références

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    Traduction : « Il nous faut assurĂ©ment considĂ©rer comme faux que les hommes puissent se changer en loups et inversement, Ă  moins d’accorder crĂ©dit Ă  toutes les choses fabuleuses dont on nous a abreuvĂ©s au cours des siĂšcles. Â»

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  157. ↑ Lycanthropes chez Marvel sur www.marvel-world.com.

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À propos des mĂ©tamorphoses de maniĂšre gĂ©nĂ©rale

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  • lycanthrope — [ likɑ̃trɔp ] n. ‱ 1558; gr. lukanthrĂŽpos « homme loup » ♩ LittĂ©r. ou didact. Personne atteinte de lycanthropie. ⇒ loup garou. L Ă©crivain romantique Petrus Borel avait pour surnom le Lycanthrope. ● lycanthrope nom masculin Homme transformĂ© en… 
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  • Lycanthrope — «Lycanthrope» Sencillo de +44 del ĂĄlbum When Your Heart Stops Beating PublicaciĂłn 7 de Noviembre, 2006 Formato vinilo de 7 DuraciĂłn 3:57 DiscogrĂĄfica Intersco 
   Wikipedia Español

  • Lycanthrope — Ly can*thrope, n. [Gr. ?; ? a wolf + ? a man.] 1. A human being fabled to have been changed into a wolf; a werewolf. [1913 Webster] 2. One affected with lycanthropy. [1913 Webster] 
   The Collaborative International Dictionary of English

  • lycanthrope — (n.) 1620s in the classical sense; 1825 in the modern sense, from Mod.L. lycanthropus, from Gk. lykanthropos wolf man (see LYCANTHROPY (Cf. lycanthropy)) 
   Etymology dictionary

  • lycanthrope — [lÄ«â€Čkən thrƍp΄, lÄ« kanâ€Čthrƍp΄] n. [< ModL lycanthropus < Gr lykanthrƍpos < lykos, WOLF + anthrƍpos, a man: see ANTHROPO ] WEREWOLF 
   English World dictionary

  • LYCANTHROPE — s. m. Homme atteint de lycanthropie 
   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • LYCANTHROPE — n. des deux genres Celui, celle qui est atteint de lycanthrophie 
   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • lycanthrope — /luy keuhn throhp , luy kan throhp/, n. 1. a person affected with lycanthropy. 2. a werewolf or alien spirit in the physical form of a bloodthirsty wolf. [1615 25; < Gk lykĂĄnthropos wolf man, equiv. to lĂœk(os) WOLF + ĂĄnthropos man] * * * 
   Universalium

  • lycanthrope — noun A human cursed with lycanthropy; a werewolf. Syn: werewolf 
   Wiktionary

  • lycanthrope — ly·can·thrope lÄ« kən .thrƍp, lÄ« kan n an individual affected with lycanthropy 
   Medical dictionary


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