Lune

ï»ż
Lune
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lune (homonymie).
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la Lune, satellite naturel de la Terre. Pour les lunes d'autres planĂštes, voir satellite naturel.
Lune Lune : symbole astronomique
Face visible de la Lune

Face visible de la Lune
Caractéristiques orbitales
Demi-grand axe 384 399 km
(0,00257 UA)
AphĂ©lie 405 696 km
(0,0027 UA)
PĂ©rihĂ©lie 363 104 km
(0,0024 UA)
CirconfĂ©rence orbitale 2 449 000 km
Excentricité 0,05490
PĂ©riode de rĂ©volution 27,321582 d
(27j 7h 43.1min)
PĂ©riode synodique 29,530589 d
Vitesse orbitale moyenne 1,022 km/s
Vitesse orbitale maximale  ?
Vitesse orbitale minimale  ?
Inclinaison sur l’écliptique 5,145°
NƓud ascendant  ?
Argument du pĂ©rihĂ©lie  ?
Satellites connus 0
Satellite de la Terre
Caractéristiques physiques
Rayon Ă©quatorial 1 737,4 km
(0,273 Terre)
Rayon polaire 1 735,97 km
(0,273 Terre)
PĂ©rimĂštre Ă©quatorial 10 921 km
Superficie 37 871 220,85 km2
Volume 2,1958×1010 km3
(0,020 Terre)
Masse 7,3477×1022 kg
(0,0123 Terre)
Masse volumique globale 3,3464×103 kg/m3
GravitĂ© de surface 1,622 m/s2
(0,1654 g)
Vitesse de libĂ©ration 2,38 km/s
PĂ©riode de rotation
(jour sidéral)
27,321582 d
Vitesse de rotation
(Ă  l’équateur)
16,6572 km/h
Inclinaison de l’axe 6,687°
Albédo géométrique visuel 0,136
TempĂ©rature de surface :  
Maximum : 396 K (123 Â°C)
Moyenne : 196 K (-77 Â°C)
Minimum : 40 K (-233 Â°C)
CaractĂ©ristiques de l’atmosphĂšre
Pression atmosphĂ©rique 10 _10 Pa
Histoire

La Lune[1] est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquiĂšme plus grand satellite du systĂšme solaire avec un diamĂštre de 3 474 km. La distance moyenne sĂ©parant la Terre de la Lune est de 384 400 km (soit un peu plus d'une seconde-lumiĂšre), c'est-Ă -dire environ trente fois le diamĂštre terrestre. La Lune s'Ă©loigne de 3,8 centimĂštres par an de la Terre. Avec celle-ci, la Lune est Ă  ce jour le seul astre que l’Homme ait pu explorer en personne.

Le premier ĂȘtre humain Ă  y avoir marchĂ© est l'astronaute Neil Armstrong le 21 juillet 1969 Ă  2 h 56 UTC, lors de la mission Apollo 11. AprĂšs lui, onze autres hommes ont foulĂ© le sol de la Lune, tous membres du programme Apollo. Le retour de l'homme sur la Lune est prĂ©vu par plusieurs nations aux alentours de 2020-2030.

Sommaire

Caractéristiques physiques

La Lune photographiĂ©e par la sonde Galileo le 9 dĂ©cembre 1990. La face visible (depuis la Terre) est Ă  droite et la face cachĂ©e Ă  gauche.

Le demi grand axe entre la Lune et la Terre est de 384 460 km. Le diamĂštre moyen de la Lune est de 3 474 km. La force qu’exerce la Terre sur la Lune[2] est d’environ 1,95×1020 Newton.

Orbite

Dans la reprĂ©sentation la plus simple, on peut dire que la Lune a une orbite elliptique autour du centre de la Terre (conformĂ©ment aux lois de Kepler), qui lui-mĂȘme tourne autour du Soleil. Pour ĂȘtre plus prĂ©cis, on peut rĂ©soudre le problĂšme Ă  deux corps, ce qui permet de montrer que la Terre et la Lune orbitent en fait autour du barycentre du systĂšme double, qui lui-mĂȘme tourne autour du Soleil, l’influence gravitationnelle perturbatrice du Soleil Ă©tant faible par rapport Ă  leur interaction mutuelle[3]. Comme ce dernier se trouve Ă  l’intĂ©rieur de la Terre, Ă  environ 4 700 kilomĂštres de son centre, le mouvement de la Terre est gĂ©nĂ©ralement dĂ©crit comme une « oscillation Â», et le systĂšme Terre-Lune est clairement un systĂšme planĂšte-satellite et non une planĂšte double.

La pĂ©riode de rotation de la Lune est la mĂȘme que sa pĂ©riode orbitale et elle prĂ©sente donc toujours le mĂȘme hĂ©misphĂšre (nommĂ© « face visible de la Lune Â») Ă  un observateur terrestre (l'autre hĂ©misphĂšre est donc appelĂ© « face cachĂ©e de la Lune Â»). Cette rotation synchrone rĂ©sulte des frottements qu’ont entraĂźnĂ©s les marĂ©es causĂ©es par la Terre Ă  la Lune qui ont progressivement amenĂ© la Lune Ă  ralentir sa rotation sur elle-mĂȘme, jusqu’à ce que la pĂ©riode de ce mouvement coĂŻncide avec celle de la rĂ©volution de la Lune autour de la Terre. Actuellement les effets de marĂ©e de la Lune sur la Terre ralentissent la rotation de cette derniĂšre et provoquent un lĂ©ger Ă©loignement des deux astres d'environ 3,5 cm par annĂ©e. De fait, la Lune Ă  sa crĂ©ation orbitait Ă  une distance 15 fois moindre qu'aujourd'hui et la Terre tournait alors sur elle-mĂȘme en 4 heures[4].

Moon PIA00302.jpg   Moon PIA00304.jpg
Face visible de la Lune   Face cachĂ©e de la Lune

Les points oĂč l’orbite de la Lune croise l’écliptique (plan orbital de la terre) s’appellent les « nƓuds Â» lunaires : le nƓud ascendant est celui oĂč la Lune passe vers le nord de l’écliptique et le nƓud descendant est celui oĂč elle passe vers le sud.

Les différentes périodes de la Lune
Nom Valeur (jours) DĂ©finition
sidérale 27,321 661 Par rapport aux étoiles lointaines
synodique 29,530 588 Par rapport au Soleil (phases de la Lune ou lunaison)
tropique 27,321 582 Par rapport au point vernal (prĂ©cession en ~26 000 a)
anomalistique 27,554 550 Par rapport au pĂ©rigĂ©e (prĂ©cession en 3 232,6 jours = 8,8504 a)
draconitique 27,212 220 Par rapport au nƓud ascendant (prĂ©cession en 6 793,5 jours = 18,5996 a)

Le plan de l’orbite lunaire est inclinĂ© en moyenne de 5,145 396Âș par rapport Ă  l’écliptique. Cette inclinaison varie entre 5° et 5,28° selon un cycle de 173 jours (la moitiĂ© d'une annĂ©e draconitique).

Le plan de rotation de la Lune subit une prĂ©cession d’une pĂ©riode de 6 793,5 jours (18,5996 annĂ©es). Cette prĂ©cession est provoquĂ©e par la gravitation du Soleil et, dans une moindre mesure, par le bourrelet Ă©quatorial de la Terre.

Comme la Terre est elle-mĂȘme inclinĂ©e de 23,45Âș par rapport Ă  l’écliptique, l’inclinaison du plan orbital lunaire par rapport Ă  l’équateur terrestre varie entre 28,72Âș et 18,16Âș.

Enfin, l’inclinaison de la Terre varie de 0,002 56Âș de part et d’autre de sa valeur moyenne, ce qu’on appelle la nutation, mise en Ă©vidence pour la premiĂšre fois par James Bradley en 1748 (Voir aussi Librations en latitude).

Composition et structure interne

On considĂšre aujourd’hui que la Lune est un corps diffĂ©renciĂ© : sa structure en profondeur n’est pas homogĂšne mais rĂ©sulte d’un processus de refroidissement, de cristallisation du magma originel, et de migration du magma Ă©voluĂ©. Cette diffĂ©renciation a rĂ©sultĂ© en une croĂ»te (en surface) et un noyau (en profondeur), entre lesquels se trouve le manteau. Cette structure ressemble fortement Ă  ce que l'on trouve pour l'intĂ©rieur de la Terre, aux dimensions absolues et relatives prĂšs, et surtout Ă  la diffĂ©rence essentielle que la Lune est dĂ©sormais trĂšs « froide Â» et n’est plus active comme l’est encore la Terre (convection, tectonique, etc.).

AprĂšs sa formation, il y a environ 4,5 milliards d’annĂ©es, la surface de la Lune Ă©tait un ocĂ©an de magma liquide. Les scientifiques pensent qu’un des types de roches lunaires prĂ©sent en surface, la norite KREEP, (KREEP pour K-potassium, Rare Earth Elements [terres rares], P-phosphore) reprĂ©sente l’ultime Ă©volution de cet ocĂ©an de magma. Cette norite KREEP est en effet trĂšs enrichie en ces Ă©lĂ©ments chimiques que l’on dĂ©signe par le terme « d’élĂ©ments incompatibles Â» : ce sont des Ă©lĂ©ments chimiques peu enclins Ă  intĂ©grer une structure cristalline et qui restent prĂ©fĂ©rentiellement au sein d’un magma. Pour les chercheurs, les norites KREEP sont des marqueurs commodes, utiles pour mieux connaĂźtre l’histoire de la croĂ»te lunaire, que ce soit son activitĂ© magmatique ou ses multiples collisions avec des comĂštes et d’autres corps cĂ©lestes.
La croĂ»te lunaire est composĂ©e d’une grande variĂ©tĂ© d’élĂ©ments : oxygĂšne, silicium, magnĂ©sium, fer, titane, calcium, aluminium, potassium, uranium, thorium et hydrogĂšne. Sous l’effet du bombardement par les rayons cosmiques, chaque Ă©lĂ©ment Ă©met vers l’espace un rayonnement, sous forme de photons gamma, rayonnement dont le spectre (distribution de l’intensitĂ© relative en fonction de la longueur d’onde) est propre Ă  l’élĂ©ment chimique. Quelques Ă©lĂ©ments sont radioactifs (uranium, thorium et potassium) et Ă©mettent leur propre rayonnement gamma. Cependant, quelles que soient les origines de ces rayonnements gamma, chaque Ă©lĂ©ment Ă©met un rayonnement unique, que l’on appelle une « signature spectrale Â», discernable par spectromĂštre. Depuis les missions amĂ©ricaines Clementine et Lunar Prospector, les scientifiques ont construit de nouvelles cartes d'abondances (dites gĂ©ochimiques) des Ă©lĂ©ments Ă  la surface de la Lune.

La croĂ»te lunaire est recouverte d’une couche poussiĂ©reuse appelĂ©e rĂ©golithe. La croĂ»te et le rĂ©golithe sont inĂ©galement rĂ©partis sur la Lune. L’épaisseur de rĂ©golithe varie de 3 Ă  5 mĂštres dans les mers, jusqu’à 10 Ă  20 mĂštres sur les hauts plateaux. L’épaisseur de la croĂ»te varie de 0 Ă  100 kilomĂštres selon les endroits. Au premier ordre on peut considĂ©rer que la croĂ»te de la face visible est deux fois plus fine que celle de la face cachĂ©e. Les gĂ©ophysiciens estiment aujourd’hui que l’épaisseur moyenne serait autour de 35-45 kilomĂštres sur la face visible alors que jusqu’aux annĂ©es 2000 ils pensaient unanimement que celle-ci faisait 60 kilomĂštres d’épaisseur. La croĂ»te de la face cachĂ©e atteint, elle, environ 100 kilomĂštres d’épaisseur maximum. Les scientifiques pensent qu’une telle asymĂ©trie de l’épaisseur de la croĂ»te lunaire pourrait expliquer pourquoi le centre de masse de la Lune est excentrĂ©. De mĂȘme cela pourrait expliquer certaines hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©s du terrain lunaire, comme la prĂ©dominance des surfaces volcaniques lisses (Maria) sur la face visible.

Par ailleurs, les innombrables impacts mĂ©tĂ©oritiques qui ont ponctuĂ© l’histoire de la Lune ont fortement modifiĂ© sa surface, en creusant de profonds cratĂšres dans la croĂ»te. La croĂ»te pourrait ainsi avoir totalement Ă©tĂ© excavĂ©e au centre des bassins d’impact les plus profonds. Cependant, mĂȘme si certains modĂšles thĂ©oriques montrent que la croĂ»te a entiĂšrement disparu par endroit, les analyses gĂ©ochimiques n’ont pour le moment pas confirmĂ© la prĂ©sence d’affleurements de roches caractĂ©ristiques du manteau. Parmi les grands bassins d’impact, le bassin PĂŽle Sud-Aitken, avec ses 2 500 km de diamĂštre, est le plus grand cratĂšre d’impact connu Ă  ce jour dans le systĂšme solaire.

Selon les donnĂ©es disponibles Ă  ce jour, le manteau est vraisemblablement homogĂšne sur toute la Lune. Cependant, certaines hypothĂšses proposent que la face cachĂ©e comporterait un manteau lĂ©gĂšrement diffĂ©rent de celui de la face visible, ce qui pourrait ĂȘtre Ă  l’origine de la diffĂ©rence de croĂ»te entre les deux hĂ©misphĂšres.

De la mĂȘme maniĂšre, peu d’informations sont aujourd’hui disponibles pour contraindre la prĂ©sence d’un noyau. Les donnĂ©es de tĂ©lĂ©mĂ©trie laser (Lunar Laser Ranging experiment) accumulĂ©es depuis les missions Luna et Apollo permettent toutefois aux scientifiques de penser qu’un petit noyau de 300-400 km de rayon est bien prĂ©sent. Celui-ci est beaucoup moins dense que celui de la Terre (ne contient pas ou trĂšs peu de fer) et pourrait ĂȘtre partiellement fluide.

ComparĂ© Ă  celui de la Terre, la Lune a un champ magnĂ©tique trĂšs faible. Bien que l’on pense qu’une partie du magnĂ©tisme de la Lune est intrinsĂšque (comme pour une bande de la croĂ»te lunaire appelĂ© Rimae Sirsalis), la collision avec d’autres corps cĂ©lestes pourrait avoir donnĂ© certaines des propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques de la Lune. En effet, une vieille question en science planĂ©taire est de savoir si un corps du systĂšme solaire privĂ© d’atmosphĂšre, tel que la Lune, peut obtenir du magnĂ©tisme suite Ă  des impacts de comĂštes et d’astĂ©roĂŻdes. Des mesures magnĂ©tiques peuvent Ă©galement fournir des informations sur la taille et la conductivitĂ© Ă©lectrique du noyau lunaire, donnĂ©es qui aident les scientifiques Ă  mieux comprendre les origines de la Lune. Par exemple, si le noyau contient plus d’élĂ©ments magnĂ©tiques (tels que le fer) que ceux qui existent sur la Terre, l’hypothĂšse de l’impact perd de la crĂ©dibilitĂ©.

La Lune a une atmosphĂšre trĂšs tĂ©nue. Une des sources de cette atmosphĂšre est le dĂ©gazage, c’est-Ă -dire le dĂ©gagement de gaz, par exemple le radon, en provenance des profondeurs de la Lune. Une autre source importante est le gaz amenĂ© par le vent solaire, qui est briĂšvement capturĂ© par la gravitĂ© lunaire.

Présence d'eau sur la Lune

A priori, la quasi absence d’atmosphĂšre et une tempĂ©rature supĂ©rieure Ă  100 Â°C au Soleil devrait rendre impossible la prĂ©sence d’eau sur la Lune. Pourtant, les donnĂ©es recueillies par les sondes Clementine et Lunar Prospector Ă  la fin des annĂ©es 1990 montrent la prĂ©sence de grandes zones riches en hydrogĂšne, aux pĂŽles sud et nord. Or l’hydrogĂšne est un des constituants de l’eau avec l’oxygĂšne. À la fin de sa mission, la sonde Lunar Prospector a mĂȘme Ă©tĂ© prĂ©cipitĂ©e dans le fond d’un cratĂšre censĂ© contenir de la glace d’eau. On pensait que l’écrasement dĂ©gagerait de la vapeur d’eau, dĂ©tectable par les tĂ©lescopes terrestres, apportant ainsi une preuve supplĂ©mentaire de la prĂ©sence d’eau sur la Lune. Mais aucune molĂ©cule d’eau n’a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e pendant l’impact. Cependant, la probabilitĂ© d’en voir Ă©tait trĂšs faible : la sonde Ă©tant petite, l’énergie dĂ©gagĂ©e lors de l’impact n’était pas forcĂ©ment suffisante pour vaporiser de l’eau.

L’hypothĂšse actuellement la plus populaire au sujet de la provenance de cette eau propose une origine comĂ©taire Ă  l’eau lunaire et non une origine de l'impacteur ThĂ©ia[5]. Les comĂštes, de grosses boules de neige sale, en percutant la Lune il y a plusieurs milliards d’annĂ©es, se seraient vaporisĂ©es, crĂ©ant ainsi une atmosphĂšre provisoire. La vapeur d’eau contenue dans cette atmosphĂšre se serait condensĂ©e puis aurait givrĂ© sur le sol. La glace situĂ©e au fond des cratĂšres du pĂŽle sud aurait pu se conserver pendant deux milliards d’annĂ©es, le fond de ces cratĂšres n’étant jamais exposĂ© aux rayons du Soleil en raison de l’inclinaison trĂšs lĂ©gĂšre de l’axe de la Lune par rapport Ă  l’écliptique (1,5424 Â°). De mĂȘme au pĂŽle nord, oĂč l’eau glacĂ©e serait protĂ©gĂ©e par une couche de rĂ©golithe de 40 cm d’épaisseur.

Les scientifiques estiment le volume d’eau prĂ©sent sur la Lune Ă  un milliard de mĂštres cubes, une quantitĂ© suffisante pour rendre son exploitation intĂ©ressante par d’éventuels explorateurs. De l’hydrogĂšne et de l’oxygĂšne pourraient en ĂȘtre extraits par des stations alimentĂ©es par panneaux solaires ou par Ă©nergie nuclĂ©aire. Cela rendrait possible une colonisation permanente de la Lune. L'oxygĂšne est en effet indispensable pour que de futurs explorateurs puissent respirer durant de longues pĂ©riodes de prĂ©sence, et l’hydrogĂšne est un carburant pour les fusĂ©es. Or le transport rĂ©gulier de l’hydrogĂšne et de l’oxygĂšne depuis la Terre est trĂšs coĂ»teux.

En 2006, les relevĂ©s rĂ©alisĂ©s par le radiotĂ©lescope d’Arecibo braquĂ©s sur les cratĂšres polaires constamment dans l’ombre montrent que la prĂ©sence de glace d’eau est encore plus rare qu’escomptĂ©e.

L’équipe d’Alberto Saal de l’universitĂ© Brown (États-Unis) a analysĂ©, au spectromĂštre de masse, des Ă©chantillons de sphĂ©rules vitreuses de basalte lunaire ramenĂ©s par les missions Apollo 11, 15 et 17 entre 1969 et 1972. Elle y a trouvĂ© la prĂ©sence d’eau et a conclu que le magma lunaire contenait 745 ppm d’eau avant sa remontĂ©e, soit une proportion semblable Ă  celle de la Terre il y a 4,5 milliards d’annĂ©es[6].

Le 17 juin 2009, la NASA a lancĂ© deux sondes spatiales[7] dont l'une des missions principales est de confirmer la prĂ©sence d'eau dans les rĂ©gions proches des pĂŽles de la Lune, au fond des cratĂšres plongĂ©s en permanence dans l'obscuritĂ©. Si cette prĂ©sence Ă©tait confirmĂ©e, l’eau pourrait ĂȘtre exploitĂ©e par les missions habitĂ©es.

  • La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) effectue encore ses observations depuis une orbite basse durant plusieurs mois en scrutant avec ses instruments la surface de notre satellite. Elle est munie, entre autres, d'un spectromĂštre ultraviolet chargĂ© plus particuliĂšrement de dĂ©tecter la prĂ©sence d'eau.
  • La sonde Lunar Crater Observation and Sensing Satellite (LCROSS) a analysĂ© les matĂ©riaux soulevĂ©s par la collision du dernier Ă©tage de sa fusĂ©e porteuse (environ 2 tonnes) avec le sol lunaire. La fusĂ©e a Ă©tĂ© volontairement dirigĂ©e vers un des cratĂšres susceptibles d'abriter de la glace d'eau. La sonde, qui a suivi la mĂȘme trajectoire que sa fusĂ©e, s'est Ă©crasĂ©e 4 minutes plus tard aprĂšs avoir traversĂ© le nuage de dĂ©bris. Les matĂ©riaux Ă©jectĂ©s ont aussi Ă©tĂ© analysĂ©s par d'autres sondes lunaires et des tĂ©lescopes situĂ©s au sol ou en orbite autour de la Terre.

La mission LCROSS a pour objectif de confirmer ou infirmer les informations faisant Ă©tat de prĂ©sence d’hydrogĂšne et de glace dans ces lieux difficiles Ă  explorer et encore largement mĂ©connus. Jusqu'Ă  prĂ©sent, aucune trace d'eau n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e dans les rĂ©gions Ă©quatoriales explorĂ©es par les sondes automatiques ou les Ă©quipages des six missions Apollo.

Le 24 septembre 2009, la NASA a annoncĂ© la prĂ©sence d'eau proche de la surface de la Lune. Cette prĂ©sence a Ă©tĂ© mise en Ă©vidence grĂące aux donnĂ©es recueillies par la sonde spatiale Deep Impact (dont la mission Ă©tendue a Ă©tĂ© rebaptisĂ©e EPOXI), passĂ©e en juin 2009 Ă  6 millions de kilomĂštres de la Lune[8]. Cette prĂ©sence d'eau, et son cycle journalier (Ă©vaporation le jour, puis adsorption la nuit, l'eau Ă©vaporĂ©e Ă©tant repoussĂ©e vers la surface par le vent solaire rĂ©siduel), ont Ă©tĂ© corroborĂ©es par les donnĂ©es de l'instrument M3 de la sonde spatiale indienne Chandrayaan-1 et l'instrument VIMS de la sonde Cassini-Huygens. Les quantitĂ©s d'eau ainsi mises en Ă©vidence sont trĂšs faibles : un demi-litre d'eau par Ă©lĂ©ment de surface de la taille d'un terrain de football, selon les termes d'un des scientifiques auteurs de la dĂ©couverte.

Le 13 novembre 2009, la NASA annonce qu'elle a dĂ©couvert « des quantitĂ©s significatives Â» d'eau Ă  la surface de la Lune, suite Ă  l'analyse des projections provenant de l'impact volontaire de la sonde LCROSS avec l'astre[9]. Une quantitĂ© Ă©quivalente Ă  75 litres d'eau Ă  l'Ă©tat liquide a Ă©tĂ© trouvĂ©e dans le cratĂšre[10]. Toutefois, cette quantitĂ© rapportĂ©e Ă  la masse de matiĂšre Ă©jectĂ©e, pourrait correspondre Ă  une proportion d'eau trĂšs faible (peut-ĂȘtre 1 000 fois plus faible que dans une roche terrestre).

Une nouvelle analyse du panache de poussiÚres (provoqué par l'impact de la sonde LCROSS) tendait à démontrer, en juin 2010, la présence de molécules d'eau qui n'avaient pas été exposées à la lumiÚre du soleil depuis des milliards d'années. Ce qui suggérait alors l'existence d'une quantité d'eau bien plus importante que ne le laissaient présager toutes les précédentes estimations[11].

Toutefois, dÚs août 2010, une autre étude portant sur la contenance en chlore d'échantillons de sol lunaire (ramenés par la mission Apollo), relance l'hypothÚse émise 40 ans plus tÎt, à savoir que l'astre serait trÚs sec. Et ce, nonobstant les informations issues de l'impact de la sonde Lcross[12]. D'autres études seront donc encore nécessaires pour répondre aux nombreuses questions qui subsistent concernant la présence d'eau sur la lune.

Géographie lunaire (sélénographie)

Articles dĂ©taillĂ©s : SĂ©lĂ©nographie et GĂ©ologie de la Lune.
Carte simplifiĂ©e des « mers Â» et cratĂšres tels que vus au travers d’un instrument astronomique.

La surface de la Lune n’est pas uniforme. TrĂšs rapidement, du fait de la relative facilitĂ© d’observation, les hommes purent distinguer de grandes taches sombres qu’ils prirent pour l’équivalent de leurs ocĂ©ans terrestres et auxquelles ils donnĂšrent le nom latin de maria (mers). En rĂ©alitĂ©, ces Ă©tendues de rĂ©golithe ont une concentration supĂ©rieure de basalte, d’origine volcanique, et sont trĂšs inĂ©galement rĂ©parties sur la surface lunaire, leur grande majoritĂ© se situant sur la face visible, la face cachĂ©e n’en ayant que quelques-unes, et de taille beaucoup plus rĂ©duite. Le reste de la surface lunaire est constituĂ© par de grands plateaux recouverts de rĂ©golithe moins dense en basalte et donc beaucoup plus rĂ©flĂ©chissant. Autre relief ponctuant la gĂ©ographie lunaire, les multiples cirques et cratĂšres, crĂ©Ă©s par les impacts de mĂ©tĂ©orites de tailles diverses.

La formation et Ă©volution de la Lune

Impact géant (Impression d'artiste).


L’origine de la Lune est au cƓur d’un dĂ©bat scientifique. Plusieurs modĂšles de formation sont Ă©voquĂ©s, la capture d’un astĂ©roĂŻde, la fission d’une partie de la terre par l’énergie centrifuge, la co-accrĂ©tion de la matiĂšre originelle du systĂšme solaire. Étant donnĂ© l’inclinaison de l’orbite lunaire, il est peu probable que la Lune se soit formĂ©e en mĂȘme temps que la Terre, ou que celle-ci ait capturĂ© la Lune.

Trois hypothĂšses gĂ©nĂ©ralement acceptĂ©es forment aujourd'hui le cadre conceptuel de l'origine et de l'Ă©volution de la Lune[13] :

L’hypothĂšse de l’impact gĂ©ant : une collision entre la jeune Terre et ThĂ©ia, un objet de la taille de Mars, aurait Ă©jectĂ© de la matiĂšre autour de la Terre, qui aurait fini par former la Lune que nous connaissons aujourd’hui. De nouvelles simulations publiĂ©es en aoĂ»t 2001 soutiennent cette hypothĂšse[14]. Cet impact est estimĂ© Ă  42 millions d’annĂ©es aprĂšs la naissance du systĂšme solaire, soit il y a 4,526 milliards d’annĂ©es.

Elle est aussi corroborĂ©e par la comparaison entre la composition de la Lune et celle de la Terre : on y retrouve les mĂȘmes minĂ©raux, mais dans des proportions diffĂ©rentes. Ce sont les substances les plus lĂ©gĂšres qui auraient Ă©tĂ© Ă©jectĂ©es le plus facilement de la Terre lors de l’impact et que l’on retrouve en plus grande quantitĂ© sur la Lune. Le principal Ă©lĂ©ment qui confirme cela est le 54Fe, en effet, cet isotope du fer est prĂ©sent sur Mars dans les mĂȘmes proportions que le 57Fe, mais sur la Terre et la Lune, il existe en quantitĂ© trĂšs faible. Seulement, pour qu’il puisse s’évaporer, il faut qu’il soit chauffĂ© Ă  plus de 2 000 Â°C pendant un temps important. La principale thĂšse pour expliquer cet Ă©chauffement est la collision Terre/Lune.

L'hypothĂšse de l'ocĂ©an magmatique lunaire (en) : Ă  la suite de l'impact gĂ©ant, une telle quantitĂ© d'Ă©nergie a Ă©tĂ© produite qu'il est probable que la surface de la Lune consistait alors en un vaste ocĂ©an de magma, sur une profondeur de plusieurs centaines de kilomĂštres. La cristallisation et la diffĂ©rentiation de ce magma lors de son refroidissement a formĂ© la croĂ»te et ses roches anorthosiques typiques, ainsi que le manteau lunaire tels que nous les connaissons aujourd'hui.

L'hypothĂšse du grand bombardement tardif : cette hypothĂšse suppose que la surface de la Lune a Ă©tĂ© abondamment et violemment bombardĂ©e, il y a Ă  peu prĂšs 4 milliards d'annĂ©es, pendant Ă  peu prĂšs 200 millions d'annĂ©es, par un grand nombre de mĂ©tĂ©orites ou comĂštes. Les plus grands cratĂšres ou bassins lunaires proviendraient de cet Ă©vĂ©nement cataclysmique.

À l’exception de Mercure et VĂ©nus, toutes les planĂštes du systĂšme solaire possĂšdent des satellites naturels qualifiĂ©s de lunes. Jupiter et Saturne, de leur cĂŽtĂ©, en possĂšdent respectivement 63 et 60 de tailles et formes trĂšs variĂ©es. Dans les annĂ©es 1970, on connaissait 32 lunes dans le systĂšme solaire, on en distingue aujourd’hui plus de 140.

En 2011, des Ă©tudes gĂ©ochimiques plus prĂ©cises et avec une marge d'erreur plus faible (datations d'isotopes de plomb et de nĂ©odyme) sur un Ă©chantillon lunaire d'anorthosite rĂ©vĂšlent que la lune est ĂągĂ©e de 4,36 milliards d'annĂ©es, soit 200 millions d'annĂ©es de moins qu'estimĂ© jusque lĂ , ce qui suggĂšre soit que la lune s'est cristallisĂ©e plus tard que ce qui avait Ă©tĂ© Ă©valuĂ© (solidification en mĂȘme temps que la croĂ»te terrestre), soit que l'Ă©chantillon ne provient pas de la croĂ»te lunaire, remettant en cause l'hypothĂšse de l'impact gĂ©ant et de l'ocĂ©an magmatique lunaire[15].

Exploration

Les différents sites d'alunissage sur la Lune.
L’astronaute Harrison Schmitt se tenant debout Ă  cĂŽtĂ© du rocher Taurus-Littrow durant la troisiĂšme sortie extra-vĂ©hiculaire de la mission Apollo 17.

Le 14 aoĂ»t 1945 (jour de la capitulation du Japon), l'auteur de science-fiction Robert A. Heinlein, alors ingĂ©nieur civil pour le compte de la Marine amĂ©ricaine, transmet Ă  sa hiĂ©rarchie un projet de mission lunaire qui, adoptĂ© par l'U.S. Navy, sera discutĂ© (et rejetĂ©) l'annĂ©e suivante en rĂ©union de Cabinet Ă  la Maison Blanche[16].

Programme Luna

Article dĂ©taillĂ© : Programme Luna.

Le premier objet fabriquĂ© par l’homme Ă  atteindre la Lune fut la sonde soviĂ©tique Luna 2, qui s’y Ă©crasa le 14 septembre 1959 Ă  21:02:24 Z. L'annĂ©e 2009 marque l'anniversaire des premiĂšres photographies de la face cachĂ©e de la Lune envoyĂ©es de l'espace pour la premiĂšre fois le 7 octobre 1959 lorsque la sonde automatique Luna 3, Ă©galement lancĂ©e par l’Union soviĂ©tique, passa derriĂšre la Lune. Luna 9 fut la premiĂšre sonde Ă  se poser sur la Lune (plutĂŽt que de s’y Ă©craser) ; elle retourna des photographies de la surface lunaire le 3 fĂ©vrier 1966. Le premier satellite artificiel de la Lune fut la sonde soviĂ©tique Luna 10, lancĂ©e le 31 mars 1966. Le 17 novembre 1970, Lunokhod 1 fut le premier vĂ©hicule robotisĂ© Ă  explorer sa surface.

Programme Apollo

Article dĂ©taillĂ© : Programme Apollo.

Le 24 dĂ©cembre 1968, les membres de l’équipage d’Apollo 8 (Frank Borman, James Lovell, et William Anders) furent les premiers humains Ă  apercevoir directement la face cachĂ©e de la Lune. Les premiers humains Ă  se poser sur la Lune le firent le 21 juillet 1969[17]. Ce fut le point culminant de la course spatiale engagĂ©e entre les États-Unis et l’URSS, alors en pleine guerre froide. Le premier astronaute Ă  poser le pied sur la Lune fut Neil Armstrong, le capitaine de la mission Apollo 11, et le second fut Buzz Aldrin, le mĂȘme jour. Les derniers hommes Ă  marcher sur le sol lunaire furent le scientifique Harrison Schmitt et finalement l’astronaute Eugene Cernan, lors de la mission Apollo 17 en dĂ©cembre 1972. Au total au XXe siĂšcle et jusqu'Ă  nos jours, 24 hommes orbitĂšrent autour de la Lune et douze hommes marchĂšrent sur celle-ci.

Autres programmes

À la fin des annĂ©es 1990, les sondes ClĂ©mentine et Lunar Prospector ont trouvĂ© des indices de prĂ©sence d’eau sur la Lune.

La sonde europĂ©enne SMART-1 s’est insĂ©rĂ©e en orbite autour de la Lune avec succĂšs le 16 novembre 2004, elle doit trouver de l’eau et permettre de mieux dĂ©terminer l’origine de notre satellite (par calcul du taux de fer), grĂące Ă  une analyse Ă©tendue par des rayons X.

RĂ©cemment, l’agence spatiale chinoise (CNSA) a dĂ©voilĂ© son plan lunaire qui est fondĂ© en 3 Ă©tapes :

  1. l’envoi d’une sonde vers la Lune (rĂ©alisĂ© en octobre 2007) ;
  2. l’envoi de robot sur la Lune ;
  3. le retour d'Ă©chantillons.

Future base lunaire

Le lundi 31 mars 2008, la NASA dĂ©voile par l’intermĂ©diaire de Neil Armstrong — le premier homme Ă  avoir marchĂ© sur la lune en 1969 — son nouveau programme d’exploration de notre satellite. En l’occurrence la construction d’une base lunaire habitable.

De ce fait, l’agence spatiale amĂ©ricaine comptait d’ici 2020 envoyer chaque semaine une Ă©quipe de 4 hommes afin de construire la base lunaire. En 2024, cette station aurait pu ĂȘtre habitĂ©e en permanence par des Ă©quipes qui se relaieraient tous les six mois (systĂšme Ă©galement d’application pour l’ISS), indique la NASA.

Peu aprĂšs, cette base lunaire devait ĂȘtre utilisĂ©e pour les dĂ©collages vers Mars et mĂȘme plus loin encore. En effet ceux-ci seraient plus faciles du fait de la trĂšs faible gravitation (6 fois moins Ă©levĂ©e que sur Terre).

Le 1er fĂ©vrier 2010, Washington annonce que ce projet est annulĂ© en raison de contraintes budgĂ©taires.

Statut légal de la Lune

Bien qu’ils aient plantĂ© symboliquement Ă  plusieurs reprises leur drapeau sur le sol lunaire, les AmĂ©ricains n’ont jamais Ă©mis de revendication territoriale sur aucune portion de surface de la Lune. La Lune est considĂ©rĂ©e, grĂące au traitĂ© de l’espace entrĂ© en vigueur le 10 octobre 1967, comme un espace international au mĂȘme titre que les eaux du mĂȘme nom. Le traitĂ© exclut de plus toute utilisation militaire de l’espace, en particulier le dĂ©ploiement d’armes non conventionnelles.

Le traitĂ© lunaire de 1979 n’ayant pas Ă©tĂ© ratifiĂ© par les grandes nations de l’exploration spatiale, l’appropriation dans des buts Ă©conomiques et commerciaux par des privĂ©s reste dans le flou juridique, ce qui entraĂźne parfois des revendications des plus fantaisistes. Ainsi, en 1953, l’avocat chilien Jenaro Gajardo Vera enregistra la propriĂ©tĂ© de la Lune en payant 42 000 pesos de l’époque. On a officialisĂ© l’écriture le 25 septembre 1954 dans le Conservateur des Biens Racines de la ville de Talca. Il existe une lĂ©gende urbaine Ă  ce sujet : le prĂ©sident amĂ©ricain Richard Nixon lui aurait demandĂ© la permission pour l’alunissage d’Apollo 11 en 1969.

Pour plus d’informations sur le statut lĂ©gal de la Lune et de l’espace en gĂ©nĂ©ral voir l’article Droit de l’espace.

La Lune vue de la Terre

Vue de la lune avec un simple appareil photo.

Avec une magnitude de -12,6 pendant la pleine lune, la Lune est l’astre le plus visible dans le ciel de la Terre, aprĂšs le Soleil. Cette luminositĂ© et sa proximitĂ© la rendent facilement observable, mĂȘme Ă  l’Ɠil nu ou en plein jour. Une simple paire de jumelles permet de distinguer les mers et les plus gros cratĂšres. De plus, de nombreux phĂ©nomĂšnes observables, liĂ©s Ă  son orbite caractĂ©ristique, la distinguent des autres astres. Par contre, un effet reste purement psychologique : l’apparente plus grande taille du Soleil et de la Lune quand ils sont prĂšs de l’horizon. La plus grande distance et la rĂ©fraction atmosphĂ©rique rendent en fait l’image de la Lune lĂ©gĂšrement aplatie quand elle est prĂšs de l’horizon.

Les phases

Les différentes phases de la Lune
Article dĂ©taillĂ© : phase lunaire.

Du fait de sa rotation synchrone, la Lune prĂ©sente toujours quasiment la mĂȘme partie de sa surface vue de la Terre : la face dite « visible Â». Mais la moitiĂ© de la sphĂšre Ă©clairĂ©e par le soleil varie au cours des 29,53 jours d’un cycle synodique, et donc la portion Ă©clairĂ©e de la face visible aussi. Ce phĂ©nomĂšne donne naissance Ă  ce que l’on appelle les phases lunaires, qui se succĂšdent au cours d’un cycle appelĂ© « lunaison Â».

Lune montante, Lune descendante

Cette notion dĂ©crit le changement de trajectoire de la Lune dans le ciel au fil des jours. Au fil du cycle lunaire, la Lune monte ou descend en dĂ©clinaison. Dans l’hĂ©misphĂšre nord, la Lune est dite « montante Â» si d’un jour sur l’autre, sa dĂ©clinaison lors de son passage en direction du sud augmente, ou si l’endroit de l’horizon oĂč elle se lĂšve se dĂ©place vers le nord. Elle est dite « descendante Â» dans le cas inverse.

Librations de la Lune

Article dĂ©taillĂ© : Libration.

La Lune prĂ©sentant toujours le mĂȘme hĂ©misphĂšre Ă  la Terre (sa rotation Ă©tant synchrone, c’est-Ă -dire sa pĂ©riode de rĂ©volution Ă©tant Ă©gale Ă  sa pĂ©riode de rotation), on appelle librations les phĂ©nomĂšnes permettant Ă  un observateur Ă  la surface de la Terre de voir plus de 50 % de la surface de la Lune.

Ces phĂ©nomĂšnes peuvent prendre quatre formes : les librations en longitude, les librations en latitude, les librations parallactiques et les librations physiques.

L’ensemble de ces phĂ©nomĂšnes de libration au cours de lunaisons successives permet d’observer environ 59 % de la surface lunaire depuis la surface terrestre. Toutefois, les zones supplĂ©mentaires ainsi offertes Ă  l’observation sont trĂšs dĂ©formĂ©es par l’effet de perspective, et rendent difficile l’observation de ces rĂ©gions depuis le sol. Seules les sondes automatiques, par un survol rĂ©gulier, en permettent l’étude topologique prĂ©cise.

Librations en longitude

Si la Lune tournait autour de la Terre en un cercle parfait (ellipse d’excentricitĂ© nulle), sa vitesse de translation serait uniforme (2e loi de Kepler) et donc toujours strictement opposĂ©e, en termes de vitesse angulaire observĂ©e depuis la Terre, Ă  sa vitesse de rotation. Il n’y aurait donc pas de librations en longitude.

Toutefois, les perturbations gravitationnelles dues aux autres corps du systĂšme solaire, ainsi qu’aux hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©s de rĂ©partition de masse au sein des corps terrestres et lunaires entraĂźnent des irrĂ©gularitĂ©s dans le mouvement de rĂ©volution gĂ©ocentrique lunaire, qui se traduit par une orbite dont l’excentricitĂ© varie autour d’une valeur moyenne de 0,0549.

La Lune parcourt donc son orbite avec une vitesse variable (2e loi de Kepler). Ainsi, quand elle se rapproche de son pĂ©rigĂ©e (point de son orbite le plus proche de la terre), elle met moins de temps pour parcourir un quart de son orbite que pour pivoter de 90° sur son axe : la Lune laisse alors voir une mince bande supplĂ©mentaire de son bord Est (vu de la Terre).

À l’inverse, lorsqu’elle se rapproche de son apogĂ©e (point de son orbite le plus Ă©loignĂ© de la Terre), sa vitesse de translation, minimale, devient infĂ©rieure Ă  sa vitesse de rotation, et la Lune laisse voir plus largement son bord Ouest (vu de la Terre). De façon imagĂ©e, la Lune semble dire « non Â» de la tĂȘte.

La valeur de la libration en longitude se situe autour de 7°54â€Č (donc un total de deux fuseaux d’un peu moins de 8° chacun au cours d’une lunaison).

Librations en latitude

La libration en latitude est due au fait que l’axe de rotation de la Lune n’est pas perpendiculaire au plan de son orbite : la Lune conserve cet angle de 6,7° tout au long de sa course orbitale. L’observateur peut donc successivement observer, au cours de plusieurs lunaisons, les zones polaires Nord et Sud du globe lunaire. De façon imagĂ©e, la Lune semble faire « oui Â» de la tĂȘte.

Librations parallactiques (parallaxe diurne)

The Moon Luc Viatour.jpg

Il s’agit d’un phĂ©nomĂšne purement optique, dĂ» aux positions respectives de la Lune et de l’observateur Ă  la surface du sol.

En dĂ©but de nuit, alors que la Lune se lĂšve pour un observateur situĂ© Ă  l’équateur, celui-ci est plus favorablement positionnĂ© pour observer le bord oriental de la Lune. À l’inverse, en fin de nuit, il peut observer plus favorablement le bord Ouest de la Lune.

Cette parallaxe, d’une valeur d’environ 1°, est trĂšs difficile Ă  exploiter en pratique : en effet, c’est lorsque leur effet gĂ©omĂ©trique est maximal (lever et coucher de lune) que l’observation est rendue plus difficile, en raison de la lumiĂšre de l’aube et du crĂ©puscule, et de l’épaisseur plus importante de l’atmosphĂšre terrestre Ă  travers de laquelle se fait l’observation.

Librations physiques

Il s’agit cette fois de vĂ©ritables vibrations physiques de la sphĂšre lunaire autour de sa position moyenne. Ces infimes vibrations (pas plus de quelques minutes d’arc) sont causĂ©es par l’attraction variable de la Terre sur la Lune, et ne sont pas perceptibles Ă  l’Ɠil nu. L’étude de ces oscillations est de la plus haute importance pour la dĂ©termination de la forme et de la structure interne de la Lune.

Éclipses solaires et lunaires

Article dĂ©taillĂ© : Éclipse.

Les Ă©clipses solaires

Par une coĂŻncidence extraordinaire, vue de la Terre, la taille apparente de la Lune est presque exactement identique Ă  celle du Soleil, si bien que deux sortes d’éclipse solaire sont possibles selon l’éloignement de la Lune : totale et annulaire, selon que la Lune en Ă©tant plus proche cache totalement le Soleil, ou qu’elle soit plus loin et alors la bordure du Soleil reste visible, l’éclipse est alors annulaire. Les Ă©clipses ne se produisent que rarement puisque le plan de la trajectoire de la Lune autour de la Terre est diffĂ©rent du plan de la trajectoire de la Terre autour du Soleil. Elles ont lieu uniquement quand un nƓud coĂŻncide avec la nouvelle Lune. Celle-ci couvre alors le Soleil, en tout ou en partie. La couronne solaire devient visible Ă  l’Ɠil nu lors d’une Ă©clipse totale.

Les Ă©clipses lunaires

C’est alors la Terre qui sert de cache et son ombre portĂ©e sur la Lune est alors observĂ©e de nuit Ă  partir de la terre ; pour quelqu’un rĂ©sidant sur la Lune, cela sera qualifiĂ© d’éclipse de soleil produite par la terre servant de cache.

Les flash lunaires

Ces phénomÚnes transitoires (durant quelques dixiÚmes de milliseconde, de magnitude généralement de 5 à 10 mais pouvant atteindre 3) ne sont visibles qu'au télescope ou lunette associés à une caméra vidéo et sur la partie non éclairée de la lune. Le flash lunaire provient de la chute de corps (provenant essentiellement d'essaims de météorites ou de comÚtes) de 5 à 15 cm percutant la lune à des vitesses de 20 à 30 km/s, ce qui fait fondre la roche en surface au point d'impact et projette des gouttelettes de roches liquides. L'éclair lumineux est produit par l'énergie dégagée lors de cet impact. Depuis cinq siÚcles, ont été rapportées 570 phénomÚnes de flash lunaires par 300 observateurs différents[18].

Influence gravitationnelle de la Lune sur la Terre

La Terre et son satellite, distance non respectée.

Parmi les influences les plus connues, des plus rĂ©elles aux plus romantiques, citons :

  • La marĂ©e, le mouvement de rĂ©volution de la Lune autour de la Terre induit un effet gravitationnel diffĂ©rentiel (par rapport Ă  l’effet gravitationnel Lune-Terre, vu du centre de la Terre) sur les eaux qui constituent les ocĂ©ans et les mers, provoquant une hausse locale du niveau d’eau Ă  la surface de la Terre, approximativement dans la direction Terre-Lune, et dans la direction opposĂ©e. Cet effet diffĂ©rentiel est supĂ©rieur Ă  celui dĂ» au Soleil, mĂȘme si sur Terre le champ de gravitation du Soleil est supĂ©rieur Ă  celui de la Lune. L’onde de marĂ©e est en retard par rapport au mouvement de la Lune du fait de son frottement sur les fonds marins ; il s’ensuit un lent ralentissement du mouvement de rotation de la Terre, et un trĂšs lent Ă©loignement de la Lune.
  • Les vents, l’air Ă©tant lui aussi un fluide, il subit lui aussi de grosses influences de la part de cet objet cĂ©leste trĂšs proche.(ref necessaire)
  • L’activitĂ© sismique, le magma du manteau, prĂ©sent sous la croĂ»te terrestre solide, subit lui aussi du fait de son Ă©tat visqueux des mouvements, correspondant au passage du satellite. Pour certains[Qui ?], la fragmentation de la croĂ»te en plaques serait une consĂ©quence de la prĂ©sence de la Lune.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Il est important de rĂ©aliser que ceci n’est plausible que parce que la Lune Ă©tait beaucoup plus prĂšs de la Terre Ă  ses origines. Pour le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff, « la Lune a un effet de marĂ©e bien connu sur la Terre. Mais son influence est trop faible pour dĂ©clencher une Ă©ruption. Cependant pour un volcan en activitĂ©, la Lune peut modifier lĂ©gĂšrement son comportement. Bien diffĂ©rent est le cas de Io, lune (satellite) de Jupiter. L'Ă©norme Jupiter provoque des Ă©ruptions fantastiques sur Io[19]. Â»
  • L’évolution des espĂšces, le nautile possĂšde une coquille en spirale formĂ©e d’anneaux. Chaque jour, il forme un anneau supplĂ©mentaire. Au bout d’un mois se forme une nouvelle cloison intĂ©rieure. Ce phĂ©nomĂšne est liĂ© Ă  l’instinct de frai du nautile, qui le fait remonter prĂšs de la surface Ă  chaque pleine Lune. Si l’on observe des coquilles fossiles, la frĂ©quence des cloisons intĂ©rieures augmente proportionnellement Ă  leur anciennetĂ©.[rĂ©f. nĂ©cessaire] C’est une confirmation indirecte et indĂ©pendante de l’allongement du mois dĂ» Ă  l’augmentation progressive de la distance Terre-Lune.
  • L’obliquitĂ© terrestre, l’obliquitĂ© de la Terre varie entre 21 et 24° environ par rapport Ă  l’équateur cĂ©leste. Celle de Mars qui n’a pas de satellite naturel comparable varie entre 20 et 60°. Les scientifiques[Qui ?] pensent donc que la Lune stabilise la Terre dans son mouvement comme si elle Ă©tait un contrepoids -- simplement parce que le moment d’inertie du systĂšme Terre-Lune est bien plus grand que celui de la Terre seule.
  • Les calendriers ont longtemps indiquĂ© les phases de la Lune pour les activitĂ©s rurales (visibilitĂ© de nuit) ou de pĂȘche (marĂ©es).

La Lune et les ĂȘtres humains

Étymologie

Le mot lune provient du latin luna. La forme latine luxna rapproche luna de lux, « lumiĂšre Â»[20] dont la racine serait leuk, mot indo-europĂ©en signifiant ĂȘtre lumineux. Le mot « lune Â» aurait Ă©tĂ© utilisĂ© en France en 1080 pour « astre satellite de la Terre Â»[21].

Croyances et mythologies

Exemples de pareidolies formées par les taches de la Lune.

Les astronomes antiques ont proposĂ© diffĂ©rentes interprĂ©tations rĂ©sumĂ©es notamment dans le chapitre De la substance de la lune du Pseudo-Plutarque[22]. En -450, DĂ©mocrite y voyait « des montagnes Ă©levĂ©es et des vallĂ©es creuses Â». Plutarque (46-125) pensait que "la Lune est une terre cĂ©leste"[23], les zones sombres et rĂ©guliĂšres (les plaines) sont remplies d’eau. AppelĂ©s Maria (terme latin signifiant mers au pluriel), tandis que les hauts plateaux, de couleur claire furent baptisĂ©s Terrae [24], ces reliefs ne correspondaient pas Ă  la conception du monde d'Aristote.

Pour Aristote (-384;-322)[25], le monde supralunaire est parfait et donc la lune est une sphĂšre lisse et inaltĂ©rable[26]. Le disciple d'Aristote ClĂ©arque de Soles explique les taches lunaires par le fait que la lune est un miroir poli qui rĂ©flĂ©chit le paysage terrestre. Cette conception aristotĂ©licienne subsiste jusqu'au Moyen Âge. Ainsi, sur certaines cartes mĂ©diĂ©vales terrestres sont reportĂ©es les taches lunaires : manuscrits du De Natura Rerum d'Isidore de SĂ©ville, reprĂ©sentation par le gĂ©ographe Ibn SaĂŻd de l'Afrique du sud comme la Mare Orientale v. 1250. Cependant, cette thĂ©orie est invalidĂ©e par l'observation que la lune se dĂ©place devant la Terre, le visage de la lune reste inchangĂ©. D'autres savants imaginent alors que les taches sont des vapeurs condensĂ©es d'un nuage ou Ă©manant de la Terre. Bien que GalilĂ©e ait tournĂ© son tĂ©lescope vers le ciel et prouvĂ© la rĂ©alitĂ© de ces reliefs, cette conception de la sphĂšre parfaite est retrouvĂ©e dans la Perse du XIXe siĂšcle et dans le folklore europĂ©en du XXe siĂšcle[27].

Ces variations de teintes et de lumiĂšre Ă  la surface de la Lune sont vues aussi comme des motifs que les hommes interprĂštent diffĂ©remment suivant leur culture et leur imaginaire : les nƓuds lunaires Ă©taient la tĂȘte et la queue du dragon lapon ou du dragon oriental ; la lune Ă©tait associĂ©e aux animaux nocturnes : le chat (Mandingues en Afrique), le lapin ou le liĂšvre de jade[28] compagnon de Chang'e. Certains y voient un buffle aux cornes lunaires, une vieille femme au fagot ou Ă  bĂ©quilles (lune descendante), le visage poupin de Jean de la Lune[29] ou un visage d’homme entre autres[30].

La Lune est trĂšs prĂ©sente dans de nombreuses mythologies et croyances folkloriques, et a souvent Ă©tĂ© associĂ©e Ă  des divinitĂ©s fĂ©minines. Ainsi, la dĂ©esse grecque SĂ©lĂ©nĂ© (Luna chez les Romains) a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  la Lune, avant d’ĂȘtre supplantĂ©e par ArtĂ©mis (Diane chez les Romains). En revanche, la dĂ©esse japonaise Amaterasu est associĂ©e au Soleil et son frĂšre, Tsukuyomi, est lui associĂ© Ă  la Lune, de mĂȘme chez les MĂ©sopotamiens, oĂč le dieu Nanna (ou SĂźn) est associĂ© Ă  la Lune. Cette inversion est Ă©galement prĂ©sente dans les mythologies nordiques et germaniques (scandinave, lettonne
), et c’est pourquoi J. R. R. Tolkien l’a reprise dans sa mythologie de la Terre du Milieu, faisant de Tilion le dieu de la Lune et d’Arien la dĂ©esse du Soleil.

Les connaissances empiriques des hommes sur l’agriculture ont toujours accordĂ© une grande importance Ă  la Lune, dans les diverses phases de dĂ©veloppement des vĂ©gĂ©taux ou pour dĂ©terminer les moments propices aux semailles.

Le terme lunatique est dĂ©rivĂ© de Luna par supposition ancienne en Europe que la Lune Ă©tait liĂ©e au cycle menstruel de la femme (mais pas en Inde, oĂč celui-ci est plus proche de 32 jours, voir article) ou de folie pĂ©riodique. De mĂȘme pour les lĂ©gendes concernant les thĂ©rianthropes (tel le loup-garou), crĂ©atures mythiques qui tireraient leur force de la lune et seraient capables de passer de leur forme humaine Ă  leur forme bestiale pendant les nuits de pleine Lune.

Certains auteurs ont fait remarquer que si la Lune n’avait pas constamment prĂ©sentĂ© la mĂȘme face Ă  la Terre, l’histoire de la pensĂ©e eut Ă©tĂ© diffĂ©rente. En effet, la voyant tourner, il devenait Ă©vident d’y voir une sphĂšre et non un disque. Une gĂ©nĂ©ralisation de cette constatation Ă  d’autres objets cĂ©lestes et en particulier Ă  la reprĂ©sentation de la Terre aurait pu accĂ©lĂ©rer considĂ©rablement l’adoption de conceptions de l’univers non gĂ©ocentriques.

La Lune a souvent fait rĂȘver, notamment chez les amoureux qui considĂšrent souvent le clair de Lune comme trĂšs romantique.
Une chanson populaire française s’appelle Au clair de la lune.

Mais la Lune est Ă©galement trĂšs prĂ©sente dans les films d’horreur, tels que Frankenstein et Freddy Krueger.

L’imaginaire a par ailleurs dotĂ© la Lune d’habitants, les SĂ©lĂ©nites. Ce nom vient du nom de la dĂ©esse grecque SĂ©lĂ©nĂ©, qui Ă©tait associĂ©e Ă  cet astre.

La lumiĂšre de la Lune serait, selon une croyance, Ă  l’origine du blanchissement du linge[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Or, les pigments sont principalement altĂ©rĂ©s par les rayons ultraviolets. La lumiĂšre de la Lune n’étant qu’une rĂ©flexion partielle de la lumiĂšre du Soleil, la quantitĂ© d’ultraviolet est trĂšs faible : environ 500 000 fois plus faible que la lumiĂšre directe du Soleil[31]. La lumiĂšre directe du Soleil est donc 500 000 fois plus responsable du blanchissement du linge que la lumiĂšre de la pleine Lune.
Cependant quand la Lune est bien visible la nuit, il y a moins de nuages pour réfléchir l'infrarouge émis par le sol terrestre. Donc le linge exposé se refroidit plus vite et condense plus de rosée. Or la rosée contient du peroxyde d'hydrogÚne qui peut oxyder les colorants organiques du linge. Ce peroxyde d'hydrogÚne est produit le jour par les rayons ultraviolets solaires en brisant des molécules d'eau.

Symbolique de la Lune

  • La Lune, passive, est constamment opposĂ©e au soleil, actif. Ils reprĂ©sentent, entre autres, l’élĂ©ment femelle _et_l’élĂ©ment_mĂąle_Nuvola apps kmoon.png et l’élĂ©ment mĂąle Sol de Mayo-Bandera de Argentina.svg.
    Cependant, en langue allemande, la lune est de genre masculin et le soleil de genre fĂ©minin : der Mond et die Sonne[32].
  • La GenĂšse dĂ©signe la Lune lors de la crĂ©ation du nom de petit luminaire. Sa crĂ©ation, ainsi que celle du Soleil, est postĂ©rieure Ă  celle de la LumiĂšre.
  • On peut aussi la comparer Ă  Jean le Baptiste dont le prologue de l’évangile de Jean dit qu’il n’est pas la LumiĂšre mais qu’il lui rend tĂ©moignage.
  • Une des apparitions de la nouvelle lune marque pour les musulmans le dĂ©but du mois de jeĂ»ne dĂ©nommĂ© Ramadan. Lorsque la Lune est en direction du Soleil, elle est trĂšs difficilement observable de la Terre car le Soleil Ă©claire l’atmosphĂšre et n’illumine pas la face que la Lune prĂ©sente Ă  la terre : la Lune n’est visible qu’au coucher du Soleil lorsque l’observateur n’est plus Ă©bloui par la clartĂ© du ciel. C’est cette apparition que les musulmans surveillent pour dĂ©cider du dĂ©but du Ramadan, ainsi que tous les autres mois du calendrier hĂ©girien, qui est un calendrier lunaire.
  • La Lune est la dix-huitiĂšme carte du tarot de Marseille.
  • La Lune figure sur de nombreux blasons et certains drapeaux : Flag of Laos.svg Laos, Flag of Mongolia.svg Mongolie, Flag of Palau.svg Palaos, Sami flag.svg Drapeau saami, Flag of the Shan State.svg Shan (Birmanie)
  • La Lune figure Ă©galement sur des drapeaux et blasons sous forme de croissant oĂč elle Ă©voque l’empire ottoman. Le croissant figure sur plusieurs drapeaux de pays musulmans Ă  travers le monde sous diverses formes dont la Turquie, la Tunisie, l’AlgĂ©rie, la Mauritanie, l’AzerbaĂŻdjan, l’OuzbĂ©kistan, le Pakistan, la rĂ©publique turque de Chypre du Nord.
  • La Lune joue un rĂŽle important dans les calendriers lunaires et donc dans la notion de semaine qui, elle, n’a pas de signification lunaire. Le dĂ©coupage du mois lunaire en quatre semaines existait dans le calendrier judaĂŻque et a Ă©tĂ© mis en place par l’empereur romain Constantin Ier. Auparavant les Romains utilisaient des dĂ©cades pour dĂ©couper leurs mois en trois dĂ©cades. Les changements de calendriers viennent de la difficultĂ© de concilier la pĂ©riodicitĂ© de la Lune « luminaire de la nuit Â» Ă  la pĂ©riodicitĂ© du Soleil de par la rotation de la Terre sur elle-mĂȘme et autour du soleil.
  • Dans la table Unicode, deux symboles reprĂ©sentent la Lune : un croissant proche du premier quartier « â˜œ Â» et un autre proche du dernier quartier « â˜Ÿ Â».

ƒuvres artistiques sur la Lune

Littérature

Poésie

Bande dessinée

Cinéma

Article dĂ©taillĂ© : CinĂ©ma et la Lune.

Autres

Musique classique

Chansons

Citations

  • « La lune est le premier des morts Â» (Der Mond ist der erste Gestorbene) (Eduard Seler)

Notes et références

  1. ↑ Dans un contexte astronomique, la Lune, satellite naturel de la Terre, s'Ă©crit habituellement avec une majuscule
  2. ↑ Note : cette notion de « force d'attraction Â» s'exprime dans les concepts newtoniens ; en RelativitĂ© gĂ©nĂ©rale, aucune force ne lie la Lune en orbite, (en chute perpĂ©tuelle), autour de la Terre ! Cette force d'attraction serait ressentie (comme force de frottement) uniquement si la Lune Ă©tait immobile dans le rĂ©fĂ©rentiel terrestre.
  3. ↑ Ce rapport est c. 1:178 - voir Prosper Schroeder, D’Alembert et la mĂ©canique cĂ©leste, 241-310 (La loi de la gravitation universelle Newton, Euler et Laplace: Le cheminement d’une rĂ©volution scientifique vers une science normale, 2007, Springer Paris (ISBN 978-2-287-72082-6)).
  4. ↑ http://www.youtube.com/watch?v=Duw7rx-KKuk
  5. ↑ (en) James P. Greenwood et coll, « Hydrogen isotope ratios in lunar rocks indicate delivery of cometary water to the Moon Â», dans Nature Geoscience, 2011 [lien DOI] 
  6. ↑ Science et Vie - Septembre 2008, page 20
  7. ↑ (en) NASA Details Plans for Lunar Exploration Robotic Missions - Site de la NASA, 21 mai 2009
  8. ↑ De l'eau Ă  la surface de la Lune!, communiquĂ© de presse du Centre national de la recherche scientifique, basĂ© sur un article Ă  paraitre le 25 septembre dans la revue Science.
  9. ↑ 'Significant' water found on Moon (en anglais), BBC NEWS — Science & Environment, 2009-11-13. ConsultĂ© le 2009-11-15
  10. ↑ (fr)D'"importantes" quantitĂ©s d'eau dĂ©couvertes sur la Lune sur www.lemonde.fr, 13/11/2009. ConsultĂ© le 1er juillet 2010. DĂ©couverte d'importantes quantitĂ©s d'eau sur la Lune — Site du journal Le Monde
  11. ↑ (fr)La Lune recĂšle d'Ă©normes quantitĂ©s d'eau sur www.lefigaro.fr, 17/06/2010. ConsultĂ© le 1er juillet 2010.
  12. ↑ http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-10880032
  13. ↑ The scientific context for Exploration of the Moon National research council. The National Academis Press. Washington D.C
  14. ↑ (en) Nouvelles simulations
  15. ↑ (en) Lars E. Borg, Maud Boyet et coll, « Chronological evidence that the Moon is either young or did not have a global magma ocean Â», dans Nature, 20 juin 2011 [lien DOI] 
  16. ↑ R.A. Heinlein, MĂ©morandum du 14 aoĂ»t 1945, in Solution non satisfaisante, Editions du Somnium, 2009 ; ISBN : 978-2-9532703-4-1
  17. ↑ Transmission tĂ©lĂ©visuel du 1er pas sur la Lune - On a marchĂ© sur la lune sur Archives de Radio-Canada
  18. ↑ Speaker Icon.svg : Quand la Lune se fait flasher sur Ciel & Espace radio
  19. ↑ (fr)"Haroun Tazieff, c'Ă©tait mon modĂšle" sur www.linternaute.com. ConsultĂ© le 1er juillet 2010.
  20. ↑ Voir aussi : Article du Wiktionnaire : Lune
  21. ↑ Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, Paris, 1992 (ISBN 978-2-85036-532-4)
  22. ↑ Pseudo-Plutarque, Des opinions des philosophes [lire en ligne] (Livre II, chapitres XXV à XXX)
  23. ↑ Plutarque, Oeuvres morales, De facie in orbe lunae
  24. ↑ Ces dĂ©nominations ont encore cours aujourd’hui, mĂȘme si l’on sait qu’elles ne se rattachent Ă  aucune rĂ©alitĂ©.
  25. ↑ traitĂ© De Caelo et Mundo (du ciel et du monde)
  26. ↑ Pseudo-Plutarque, op. citĂ©, p.910
  27. ↑ (en) Philip Stooke, « Mappemundi and the mirror in the moon Â», dans Cartographica: The International Journal for Geographic Information and Geovisualization, vol. 29, no 2, 12 octobre 2006, p. 20-30 (ISSN 0317-7173) 
  28. ↑ pattes arriĂšres sont les mers 6 et Z sur l'image ci-contre, sa tĂȘte Ă©norme est l’ocĂ©an 1, ses pattes de devant sont les mers 5 et 8 ; ses longues oreilles s’étirent au-dessus de la mer 2 ; toutes les autres grandes mers forment son corps
  29. ↑ ses 2 yeux Ă©tant les mers 2 et 3, sa bouche le cratĂšre A
  30. ↑ François NoĂ«l, Dictionnaire de la fable, Éditions Le Normant, 1823, p. 456
  31. ↑ Coup de Lune ? - Voie LactĂ©e, 2 juin 2006
  32. ↑ der signifiant le et die signifiant la
  33. ↑ Ballade à la lune - Alfred de MUSSET
  34. ↑ Clair de lune - Victor HUGO
  35. ↑ L'Imitation de Notre-Dame la Lune (Jules Laforgue)
  36. ↑ Federico Garcia Lorca: CANCIONES DE LUNA
  37. ↑ Federico Garcia Lorca: ROMANCE DE LA LUNA, LUNA
  38. ↑ Une chronique dans Coin BD et le conseil de lecture sur Le site du SNUIPP.
  39. ↑ Un blog consacrĂ© aux personnages de cette sĂ©rie sur Poussins.
  • Giles Sparrow, La ConquĂȘte de l'espace, ERPI, 2007 (ISBN 978-2-7613-2726-8).
    Résumé de la majorité des missions et faits marquants de la course a l'espace
     

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes


Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Lune de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • lune — lune 
   Dictionnaire des rimes

  • lunĂ© — lunĂ© 
   Dictionnaire des rimes

  • LUNE — La Lune est le seul satellite naturel de la Terre. Les caractĂ©ristiques de ses mouvements apparents sont connus depuis la plus haute antiquitĂ©, les valeurs approximatives de ses paramĂštres physiques et orbitaux depuis le XVIIIe siĂšcle. La… 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Lune — Flusslauf der Lune und ihrer ZuflĂŒsse DatenVorlage:Infobox Fluss/GKZ fehlt 
   Deutsch Wikipedia

  • lune — LUNE. s.f. Planete qui esclaire pendant la nuit, & qui est plus proche de la terre que toutes les autres. Le corps de la lune. le rond la lune. le cercle de la lune. le globe de la lune. le disque de la lune. les phases de la lune, ou les… 
   Dictionnaire de l'AcadĂ©mie française

  • lune — Lune, Luna. Lune fort resplendissante, Praenitens luna. La Lune degele et fond la glace, Glaciem refundit luna. Lune qui luit toute la nuit, Pernox Luna. Le decours de la lune, Decrescens luna, Senescens luna. La lune enclinĂ©e vers le midi,… 
   Thresor de la langue françoyse

  • lunĂ© — lunĂ©, ee (lu nĂ©, nĂ©e) adj. 1°   Terme d histoire naturelle. Qui a la forme d un disque ou d un croissant.    Qui est Ă©chancrĂ© en demi lune.    Qui porte une tache en croissant. 2°   Qui a Ă©tĂ© exposĂ© Ă  l action de la lune ou plutĂŽt de l atmosphĂšre 
   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile LittrĂ©

  • Lune — or Luna is a poetic name for Earth s Moon. Lune is French for Moon. Luna is Spanish/Italian for Moon.It may also refer to: * River Lune in the United Kingdom * River Lune in Tasmania, Australia * LhĂ»n or River Lune in J. R. R. Tolkien s Middle… 
   Wikipedia

  • Lune — (l[=u]n), n. [L. luna moon: cf. F. lune. See {Luna}.] 1. Anything in the shape of a half moon. [R.] [1913 Webster] 2. (Geom.) A figure in the form of a crescent, bounded by two intersecting arcs of circles. [1913 Webster] 3. A fit of lunacy or… 
   The Collaborative International Dictionary of English

  • Lune — Lune, rechter Nebenfluß der Weser im preuss. Regbez. Stade, entspringt bei Hipstedt im Kreis Bremervörde und mĂŒndet oberhalb GeestemĂŒnde. Von FreschlĂŒneberg an ist sie 22,6 km weit bei einer mittlern Tiefe von 4,1–1,2 m schiffbar. Vor der MĂŒndung 
   Meyers Großes Konversations-Lexikon

  • Lune — Lune, la (spr. la LĂŒhn), Vorwerk beim Dorf Valmy im Arrondissement St. Menehould des französischen Departements Marne; hier u. bei Valmy Kanonade am 30. Sept. 1792 zwischen den Preußen unter dem Herzog von Braunschweig u. den Franzosen unter… 
   Pierer's Universal-Lexikon


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.