Louis XVI De France

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Louis XVI De France

Louis XVI de France

Louis XVI
Roi de France
puis roi des Français
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Portrait de Louis XVI

RĂšgne
10 mai 1774 - 10 aoĂ»t 1792
Sacre 11 juin 1775
en la cathédrale de Reims
Dynastie Maison de Bourbon
Titre complet Roi de France et de Navarre
puis roi des Français

Coprince d'Andorre
Prédécesseur Louis XV
Successeur Abolition de la monarchie
Convention nationale (Ire RĂ©publique)
HĂ©ritier Louis de France, prince royal

Autres fonctions
Roi de Navarre
PĂ©riode
10 mai 1774 - 10 octobre 1789
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Monarque Louis V[1]
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Prédécesseur Louis XV
Successeur Conseil exécutif provisoire (Commune insurectionnelle de Paris)
Convention nationale (Ire RĂ©publique)

Coprince d'Andorre
PĂ©riode
10 mai 1774 - 10 octobre 1789
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Monarque Louis XVI
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Prédécesseur Louis XV
Successeur Conseil exécutif provisoire
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Successeur {{{successeur10}}}

Biographie
Nom de naissance Louis-Auguste de France, duc de Berry
Naissance 23 aoĂ»t 1754
Pavillon royal de France.svg Versailles, France
DĂ©cĂšs 21 janvier 1793 (Ă  38 ans)
Drapeau de la France Paris, France
PĂšre Louis de France
MĂšre Marie-JosĂšphe de Saxe
Conjoint(s) Marie-Antoinette d'Autriche
Descendance Princesse Marie-ThérÚse de France
Prince Louis Xavier de France
Prince Louis de France, prince royal
Princesse Sophie-BĂ©atrice de France
RĂ©sidence(s) ChĂąteau de Versailles
Palais des Tuileries

Grandes Armes France-Navarre.svg
Roi de France
Roi des Français

Louis XVI, Louis Auguste de France, surnommĂ© Louis le Dernier ou Louis Capet par les RĂ©volutionnaires, nĂ© le 23 aoĂ»t 1754 Ă  Versailles et guillotinĂ© pour « trahison Â» le 21 janvier 1793 sur la place de la RĂ©volution Ă  Paris, est roi de France et de Navarre (1774-1791) puis roi des Français (1791-1792).

Il est le fils de Louis de France et le petit-fils de Louis XV auquel il succÚde en 1774, et le frÚre aßné des futurs rois Louis XVIII et Charles X.

Le rĂšgne de Louis XVI est marquĂ© par des rĂ©formes importantes concernant le droit des personnes : abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du pĂ©age corporel des juifs d'Alsace en 1784, Ă©dit de tolĂ©rance des protestants en 1787. Il est aussi marquĂ© par quatre tentatives de rĂ©formes profondes du royaume (1774-1776, 1781, 1787 par deux fois) passant par l'instauration d'un impĂŽt direct Ă©galitaire (en remplacement de la taille inĂ©galitaire) et d'assemblĂ©es provinciales Ă©lues destinĂ©es Ă  contrĂŽler cet impĂŽt. Ces derniĂšres rĂ©formes butĂšrent sur l'hostilitĂ© des privilĂ©giĂ©s, en particulier la noblesse de robe du Parlement de Paris et la Cour de Versailles. Louis XVI tenta alors de passer outre l'opposition des privilĂ©giĂ©s en prĂ©sentant ses rĂ©formes devant une assemblĂ©e de notables (1787) puis devant les Ă©tats gĂ©nĂ©raux (1789).

Les derniĂšres annĂ©es du rĂšgne de Louis XVI sont marquĂ©es par la RĂ©volution française qui, tout en reprenant certaines des rĂ©formes soutenues par le roi avant 1789, les dĂ©passent grandement. Louis XVI est de facto devenu monarque constitutionnel en 1789, mais a Ă©tĂ© accusĂ© de ne pas jouer le jeu constitutionnel, d'avoir manƓuvrĂ© secrĂštement contre la RĂ©volution et d'avoir tentĂ© de fuir la France (arrestation de Varennes), des faits considĂ©rĂ©s comme une trahison. Il a donc Ă©tĂ© renversĂ© le 10 aoĂ»t 1792 par les sections rĂ©publicaines, mis en procĂšs par les Ă©lus du peuple et guillotinĂ© le 21 janvier 1793.

Aujourd'hui, les historiens français en gĂ©nĂ©ral ont une vue nuancĂ©e de Louis XVI, considĂ©rĂ© comme un honnĂȘte homme mĂ» par de bonnes intentions, mais qui n'Ă©tait pas Ă  la hauteur de la tĂąche herculĂ©enne qu'aurait reprĂ©sentĂ© une profonde rĂ©forme de la monarchie.

Sommaire

Biographie

Famille

Louis Auguste naĂźt le 23 aoĂ»t 1754, Ă  Versailles. Il est le troisiĂšme fils du dauphin Louis-Ferdinand et de sa seconde Ă©pouse Marie-JosĂšphe de Saxe, qui ont eu huit autres enfants :

François-Hubert Drouais a ici représenté le troisiÚme (à droite, le duc de Berry, futur Louis XVI) et le quatriÚme fils (à gauche, le comte de Provence, futur Louis XVIII) du dauphin Louis-Ferdinand en somptueux costumes de cour.(1756[2])

Louis Auguste porte initialement le titre de duc de Berry. AprÚs la mort de ses deux frÚres aßnés - le duc de Bourgogne et le duc d'Aquitaine - et de son pÚre Louis-Ferdinand de France, fils du roi Louis XV de France, le 20 décembre 1765, il devient l' héritier au trÎne de France et reçoit le titre de dauphin.

Il est Ă©levĂ© dans une religion stricte et est formĂ© Ă  des principes conservateurs sous la tutelle du duc de La Vauguyon. ÉlĂšve studieux, il se passionne pour plusieurs disciplines scientifiques.

Le 16 mai 1770, le dauphin Louis Auguste Ă©pousa l’archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche, fille cadette de François de Lorraine, grand-duc de Toscane et empereur souverain du Saint Empire romain germanique et de son Ă©pouse Marie-ThĂ©rĂšse, archiduchesse d'Autriche, duchesse de Milan, reine de BohĂȘme et de Hongrie. Cette union est la concrĂ©tisation d’une alliance visant Ă  amĂ©liorer les relations entre la Maison de Bourbon (France, Espagne, Parme, Naples et Sicile) et la Maison de Habsbourg-Lorraine (Autriche, BohĂȘme, Hongrie, Toscane). Les Ă©poux bien qu'Ă©tant alors ĂągĂ©s de 14 et 15 ans ne consommeront rĂ©ellement leur mariage que sept ans plus tard.

De leur union, quatre enfants naĂźtront :

Éducation

Selon l'historien français Ran HalĂ©vi (Louis XVI, faut-il le rĂ©habiliter ? dossier in revue L’Histoire, n°303, novembre 2005, page 34), Louis XVI a reçu l’éducation d’un « prince des LumiĂšres Â» : « C’était un monarque Ă©clairĂ© Â». Se basant notamment sur le dossier de L'Histoire, les professeurs d'histoire Philippe BleuzĂ© et Muriel Rzeszutek prĂ©cisent que "Louis XVI connaissait le latin, l’allemand, l’espagnol, maĂźtrisait l’anglais parfaitement, pratiquait la logique, la grammaire, la rhĂ©torique, la gĂ©omĂ©trie, l’astronomie. Il avait une culture historique et gĂ©ographique incontestable et des compĂ©tences en Ă©conomie.". Ils estiment qu’« il est trĂšs influencĂ© par Montesquieu, qui lui inspire une conception moderne de la monarchie dĂ©tachĂ©e du droit divin. Â»[3].

Le dernier monarque de l'Ancien RĂ©gime

À la suite du dĂ©cĂšs de Louis XV, le 10 mai 1774, Louis Auguste devient roi de France. Il a 19 ans. Selon la tradition remontant Ă  PĂ©pin le Bref, il est sacrĂ© en la cathĂ©drale de Reims le 11 juin 1775.

Louis XVI par Duplessis

Le rĂšgne de Louis XVI est marquĂ© par de nombreuses tentatives de rĂ©formes Ă©conomiques et institutionnelles, dans le sillage de la rĂ©forme RenĂ© Nicolas de Maupeou (1771) initiĂ©e sous Louis XV. Louis XVI rĂ©tablit les parlements. À au moins quatre reprises (avec Turgot, Necker, Calonne, LomĂ©nie de Brienne, puis Necker de nouveau), il tente de mener des rĂ©formes plus ou moins profondes du royaume, et plus spĂ©cifiquement l'instauration d'un impĂŽt Ă©galitaire. Il se heurte Ă  chaque reprise Ă  l'opposition des Ă©lites du pays (la majoritĂ© de la noblesse et une partie du clergĂ©) et de son entourage (la cour, la reine, etc.). Les Parlements, composĂ©s de la noblesse de robe attachĂ©e au maintien des privilĂšges, s'y opposent Ă©galement et Louis XVI, qui est un lĂ©galiste, n'entend jamais excĂ©der les pouvoirs que lui donnent les lois fondamentales du royaume. Il doit donc faire avaliser ses rĂ©formes. La convocation des États gĂ©nĂ©raux, au cours desquels Louis XVI espĂšre pouvoir faire plier en toute lĂ©galitĂ© les deux ordres qui le bloquent est le dernier Ă©pisode de cette confrontation.

Si le blocage systĂ©matique des rĂ©formes par la noblesse et le haut-clergĂ© est le problĂšme politique majeur de son rĂšgne, le dĂ©ficit croissant en est le problĂšme Ă©conomique principal. Or lĂ  aussi le roi pense qu'il ne peut ĂȘtre rĂ©sorbĂ© que par de grandes rĂ©formes Ă©cornant certains privilĂšges. Les États GĂ©nĂ©raux, convoquĂ©s par le Premier ministre pour tenter de les mener Ă  bien le plus paisiblement possible, Ă©chappent assez vite Ă  son contrĂŽle.

Le ministĂšre Turgot

Turgot est appelĂ© par Louis XVI comme contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des finances. Un choix audacieux : Turgot avait Ă©crit des articles Ă©conomiques de l'EncyclopĂ©die de Diderot et d'Alembert, un ouvrage semi-interdit.

Turgot s'attelle alors Ă  un projet « rĂ©volutionnaire Â» de mise en place d’une pyramide d’assemblĂ©es Ă©lus Ă  travers le royaume : municipalitĂ©s de communes, d’arrondissement puis de province et une municipalitĂ© de royaume. Comme l'explique en 1854 l'historien Victor Duruy : « C’étaient lĂ  de bien grandes nouveautĂ©s ; Turgot en projetait d’autres plus redoutables : abolition des corvĂ©es qui pesaient sur les pauvres ; Ă©tablissement sur la noblesse et le clergĂ© d’un impĂŽt territorial ; mais amĂ©lioration du sort des curĂ©s et vicaires, qui n’avaient que la plus petite portion des revenus de l’Église, et suppression de la plupart des monastĂšres ; Ă©gale participation de l’impĂŽt par crĂ©ation d’un cadastre ; libertĂ© de conscience et rappel des protestants ; rachat des rentes fĂ©odales ; un seul code : un mĂȘme systĂšme de poids et mesures pour tout le royaume ; suppression des jurandes et maĂźtrises qui enchaĂźnaient l’industrie ; la pensĂ©e aussi libre que l’industrie et le commerce ; enfin, comme Turgot s’occupait des besoins moraux aussi bien que des besoins matĂ©riels, un vaste plan d’instruction publique pour rĂ©pandre partout les LumiĂšres. Â» [4].

Une vaste coalition d’intĂ©rĂȘts se forma contre Turgot : dĂ©tenteurs du monopole sur le grain, parlementaires appartenant Ă  la noblesse de robe (opposĂ©s au remplacement de la corvĂ©e par un impĂŽt payĂ© par les propriĂ©taires, et qui dĂ©clare que « le peuple est taillable et corvĂ©able Ă  volontĂ© et que c’est une partie de la constitution que le roi est dans l’impuissance de changer. Â»), patrons des jurandes, privilĂ©giĂ©s, etc. A cette coalition s’ajoute l’entourage immĂ©diat du roi : le ministre Maurepas, la Reine Marie-Antoinette. Louis tente d'abord de rĂ©sister, seul, aux corps privilĂ©giĂ©s et Ă  son entourage immĂ©diat afin de soutenir le plan de rĂ©formes rĂ©volutionnaires de Turgot. En mars 1776, il dĂ©clare encore : « Je vois bien qu’il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple. Â»[5].

Mais, aprÚs deux années de "résistance", Louis XVI et ses ministres réformateurs finissent par céder aux pressions. Malesherbes démissionne. Puis Louis XVI doit se résoudre à renvoyer Turgot, le 12 mai 1776, et à revenir peu aprÚs sur ses réformes (rétablissement des corvées et des maßtrises)[6].

Le ministĂšre Necker

En octobre 1776 Louis XVI fait appel Ă  Necker comme « directeur des Finances Â» (l'Ă©quivalent du "contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des Finances"). Une triple rĂ©volution : c’est un banquier roturier, un Ă©tranger (genĂȘvois) et de surcroĂźt un protestant.

Necker et Louis XVI remettent sur le mĂ©tier les rĂ©formes les plus essentielles du royaume. L’administration de Necker est ainsi marquĂ©e par l’affranchissement des derniers serfs du domaine royal par une ordonnance du 8 aoĂ»t 1779 [7]. Refusant l'abolition sans distinction de la servitude personnelle, il abolit toutefois dans tout le royaume le « droit de suite Â», et affranchit tous les « main-mortables [les serfs] des domaines du roi Â», ainsi que les « hommes de corps Â», les « mortaillables Â» et les « taillables Â» [d'oĂč vient l'expression « taillable et corvĂ©able Ă  merci Â»] [7]. Cette ordonnance avait Ă©tĂ© favorisĂ©e par l'intervention de Voltaire, qui avait plaidĂ© en 1778 la cause des serfs du Mont-Jura et de l'abbaye de Saint-Claude [7]. Il autorise en outre les « engagistes qui se croiraient lĂ©sĂ©s Â» par cette rĂ©forme Ă  remettre au roi les domaines concernĂ©s en Ă©change de contreparties financiĂšres [7]. Afin de favoriser l'imitation de son acte royal d'affranchissement des serfs dans les domaines royaux, l'ordonnance prĂ©cise que « considĂ©rant bien moins ces affranchissements comme une aliĂ©nation, que comme un retour au droit naturel, nous avons exemptĂ© ces sortes d'actes [d'affranchissement] des formalitĂ©s et des taxes auxquelles l'antique sĂ©vĂ©ritĂ© des maximes fĂ©odales les avaient assujettis Â» [7].

Néanmoins l'ordonnance ne fut guÚre appliquée [7], et le servage a persisté localement jusqu'à la Révolution qui l'abolit avec les privilÚges lors de la célÚbre nuit du 4 août 1789.

Il abolit en outre la question prĂ©alable (appliquĂ©e aux condamnĂ©s Ă  mort). « Il projetait aussi une organisation d’assemblĂ©es provinciales, mais dans un simple but d’administration financiĂšre. Â» ajoute l'historien Victor Duruy [8].

AprĂšs la publication en 1781 par Necker du Comptes rendu de l’état des finances en 1781, « la guerre qui avait si bien rĂ©ussi contre Turgot recommença sous son successeur.», explique Victor Duruy. Le parlement refusa l’édit qui ordonnait le rĂ©tablissement des assemblĂ©es provinciales, et les courtisans, menacĂ©s dans leurs dĂ©penses somptuaires, usĂšrent de la calomnie pour saper l'autoritĂ© du roi et de ses ministres. Louis XVI et Necker ne purent tenir longtemps devant l'opposition des privilĂ©giĂ©s. Necker remit sa dĂ©mission au roi, qui l'accepta le 21 mai 1781[9].

Le 8 août 1779, un édit autorise les femmes mariées, les mineurs et les religieux à toucher des pensions sans autorisation (notamment celle du mari en ce qui concerne les femmes mariées)[10].

Le ministĂšre Calonne

Louis XVI appelle Charles Alexandre de Calonne, qui avait une rĂ©putation de bon technicien de la finance, comme contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des Finances (novembre 1783) puis ministre d'État pour remplacer Necker. Calonne entreprend pendant trois annĂ©es une politique de dĂ©penses et d’emprunts, de "relance" selon certains (grands travaux dans les transports, l'industrie, traitĂ© de commerce avec l'Angleterre en 1786), destinĂ© Ă  rĂ©tablir le crĂ©dit de l'État par les moyens inverses de ceux du rigoureux Necker.

Mais c'est l'Ă©chec. Calonne doit se rĂ©soudre au mĂȘme plan de rĂ©formes que ses prĂ©dĂ©cesseurs : libĂ©raliser le commerce intĂ©rieur par la suppression des douanes intĂ©rieures, supprimer les traites, rĂ©duire la taille, remplacer les corvĂ©es en nature mĂ©diĂ©vales par une prestation en argent, transformer la Caisse d’escompte en une banque d’État et surtout « soumettre les privilĂ©giĂ©s Ă  l’impĂŽt et Ă  une subvention territoriale ; Ă©tablir des assemblĂ©es provinciales Â» Ă©lues qui rĂ©partiraient cet impĂŽt. Comme dans le plan de Turgot, Calonne prĂ©voyait une pyramide d'assemblĂ©es locales (assemblĂ©es paroissiales et municipales, assemblĂ©es de districts) Ă©lues par les contribuables.

Louis XVI aurait lancĂ© Ă  Calonne : « C'est du Necker tout pur que vous me donnez lĂ  ! Â», mais le plan serait plus proche de celui de Turgot. L'un des principaux rĂ©dacteurs du projet est le physiocrate Pierre Samuel du Pont de Nemours, ancien collaborateur de Turgot[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Pour ne pas avoir Ă  affronter la minoritĂ© privilĂ©giĂ©e des parlementaires (groupe puissant de la noblesse de robe), qui refusent toujours les rĂ©formes et l'Ă©galitĂ© fiscale, le gouvernement convoque une assemblĂ©e de 144 notables (en fait toujours essentiellement des privilĂ©giĂ©s) pour lui soumettre son projet. Mais, rĂ©unie en fĂ©vrier-mars 1787, celle-ci refuse l’impĂŽt territorial Ă©galitaire. Louis XVI, qui l'avait soutenu pendant plusieurs mois, retire brutalement son soutien Ă  Calonne en avril 1787[11], peut-ĂȘtre sous l'influence de la Cour, de la Reine, ou de l'opinion publique.

En janvier 1784, Louis XVI abolit le péage personnel qui pesait sur les Juifs d'Alsace [12].

Le ministĂšre Brienne

Le 1er mai 1787, Louis XVI appelle l'Ă©vĂȘque libertin Etienne-Charles de LomĂ©nie de Brienne au ContrĂŽle gĂ©nĂ©ral des Finances. Brienne reprend toujours les mĂȘmes rĂ©formes indispensables mais avec en face de lui le Parlement de Paris. Il rĂ©ussit Ă  faire le libre-Ă©change Ă  l’intĂ©rieur du pays, l'instauration d'assemblĂ©es provinciales Ă©lues, ainsi que le rachat des corvĂ©es. « Mais la lutte s’engagea vivement Ă  propos de l’impĂŽt du timbre et de la subvention territoriale. Le roi tint un lit de justice et fit enregistrer les deux dernier Ă©dits. Â»[13].

Devant la protestation du parlement, Louis XVI l’exile Ă  Troyes en aoĂ»t 1787 et ne le rappelle que lorsque les parlementaires acceptent d'Ă©tendre l'impĂŽt direct Ă  toutes les formes de revenus. Mais les parlements s'opposent Ă  un nouvel emprunt d'État[14]. Les Parlement finissent par faire appel aux Ă©tat-gĂ©nĂ©raux dans l'espoir de bloquer la rĂ©forme de l'impĂŽt Ă©galitaire. Brienne accepte leur tenue et quitte le pouvoir le 25 aoĂ»t 1788.

Le 17 novembre 1787, Louis XVI demande Ă  Malesherbes de lui remettre un rapport en vue "d’amĂ©liorer la situation des juifs en France"[15].

Le second ministĂšre Necker

Devant la banqueroute de l’État, Louis XVI fait de nouveau appel Ă  Necker, le 25 aoĂ»t 1788. Il reprend une revendication du parlement : la convocation des Etats gĂ©nĂ©raux en 1789. Une mesure qui finira par se retourner contre les privilĂ©giĂ©s, notamment parce que Necker se prononce en faveur du doublement de la participation du tiers Ă©tat.

Diverses réformes

C'est sous son rÚgne, le 24 août 1780[16] que la question préparatoire[17] est abolie puis, 1er mai 1788, un nouvel édit supprime la question préalable[18]. Les parlements refusent toutefois d'entériner cet édit et le roi doit tenir un lit de justice pour l'imposer le 8 mai 1788. De nombreux travaux publics sont également lancés notamment en matiÚre d'assÚchements de marais.

À la suite de la premiĂšre tentative d'unification des poids et mesures du Royaume de France du Roi Philippe le Long aux États GĂ©nĂ©raux d'OrlĂ©ans, en 1321, ainsi que les suivantes jusqu'Ă  celle du Roi Louis XV en 1770, Louis XVI va concrĂ©tiser cette longue sĂ©rie de tentatives en signant le 8 mai 1790 le projet d'unification des poids et mesures du Royaume de France, proposĂ© par Talleyrand. Suite au rapport du 19 mars 1791 de l'AcadĂ©mie des Sciences, et sur proposition du Chevalier Jean-Charles de Borda, le « mĂštre Â» de Burattini, mieux dĂ©fini, est adoptĂ© comme unitĂ© de longueur. DĂšs le 26 mars 1791, la proposition de Jean-Charles de Borda est transmise par Condorcet Ă  l'AssemblĂ©e. Les tĂąches rĂ©parties entre les savants : Borda, Cassini, Lavoisier, et Hauj aboutiront Ă  la dĂ©termination du mĂštre, de la seconde et du kilogramme, fondements du systĂšme mĂ©trique qui aujourd'hui s'appelle SystĂšme international d'unitĂ©s (SI), appliquĂ© suite Ă  la mĂ©trification dans tous les pays du Monde, Ă  l'exception des États-Unis, de la Grande-Bretagne (oĂč les panneaux routiers restent libellĂ©s en miles et la biĂšre vendue en pintes), du Liberia et du Myanmar.

Politique extérieure

La France joue un rĂŽle gĂ©opolitique prĂ©pondĂ©rant en Europe. Le roi dote l'armĂ©e d'une marine qui rivalise pour la premiĂšre fois depuis la Guerre de succession d'Autriche (quarante ans auparavant) avec celle de l'Angleterre, notamment lors de la Guerre d'indĂ©pendance des États-Unis oĂč la France aide militairement les "insurgents".

Il poursuit la politique traditionnelle française d'appuyer des missions catholiques au Proche-Orient. Face au vide crĂ©Ă© par l'interdiction de la Compagnie de JĂ©sus (les JĂ©suites) en 1773, il choisit les Lazaristes pour les remplacer dans les missions en territoire ottoman. Le Pape Pie VI accepta ce changement, symbolisĂ© par la prise en charge du centre des missions catholiques en Orient, le LycĂ©e Saint-BenoĂźt Ă  Istanbul, par la CongrĂ©gation de la Mission de Saint Vincent de Paul, le 19 juillet 1783. Il reconnaitra comme valide les actes de naissances, mariages, dĂ©cĂšs de ses sujets protestants en 1788 (Edit de TolĂ©rance).

Louis XVI a jouĂ© un rĂŽle important dans la modernisation de la Marine française. Selon l'historien de la mer AndrĂ© Zysberg (universitĂ© de Caen) : "C’est un roi gĂ©ographe qui se passionne pour la mer ; il lit avec passion les rĂ©cits de voyage, s’informe sur les techniques nouvelles de navigation. Il dĂ©veloppe un programme de construction, augmente les crĂ©dits de la flotte de guerre, amĂ©liore les conditions de vie des matelots, sujet crucial Ă  l’époque ; il promeut au mĂ©rite, contre la tradition, les chefs d’escadre issus de la guerre d'AmĂ©rique."[19].

Un roi simple mais Ă©rudit

Louis XVI a été longtemps caricaturé comme un roi un peu simplet, manipulé par ses conseillers, peu au fait des questions de pouvoir, avec des marottes comme la serrurerie et une passion envahissante pour la chasse.

Cette image est en partie due à son attitude envers la cour, et surtout en raison des calomnies du parti Lorrain et en premier M. de Choiseul, le comte de Mercy, l'Abbé de Vermond et enfin Marie-ThérÚse d'Autriche.

Louis XVI était un prince studieux et érudit. Hormis sa passion connue pour la serrurerie, il était féru d'histoire, de géographie, de marine et de sciences. Il fit de la marine une priorité de sa politique étrangÚre, soucieux de contrecarrer les avancées anglaises outre-mer, et de prendre la revanche du désastreux traité de Paris de 1763. Cette marine puissante contribua fortement au succÚs des indépendantistes américains. Il avait en outre une connaissance théorique de la marine si pointue, qu'il se plut, quand il vit pour la premiÚre fois la mer, à faire des remarques dont la pertinence stupéfia ses interlocuteurs.

Sur le plan scientifique, il mandata Jean-François de La Pérouse pour effectuer le tour du monde et le cartographier. Il demandera de ses nouvelles jusque sur l'échafaud. Louis XVI favorisa également l'implantation en France de la culture de la pomme de terre, la faisant cultiver à proximité de Versailles.

Depuis Louis XIV, la noblesse Ă©tait en grande partie « domestiquĂ©e Â» par le systĂšme de cour. L'Ă©tiquette rĂ©gissait la vie de la cour en faisant du roi le centre d'un cĂ©rĂ©monial trĂšs strict et complexe. Cette construction de Louis XIV visait Ă  donner un rĂŽle Ă  une noblesse qui avait Ă©tĂ© jusque lĂ  souvent rebelle et toujours menaçante pour le pouvoir royal.

Au sein de la cour, la noblesse voyait sa participation Ă  la vie de la nation organisĂ©e en vase clos dans un subtil systĂšme de dĂ©pendances, de hiĂ©rarchie et de rĂ©compenses, et ses vellĂ©itĂ©s d'autonomie vis-Ă -vis de l'autoritĂ© royale nettement rĂ©duites. Louis XVI hĂ©rita de ce systĂšme. La noblesse Ă©tait au service du roi et en attendait des rĂ©compenses et des honneurs. MĂȘme si l'Ă©crasante majoritĂ© de la noblesse n'avait pas les moyens de vivre Ă  la cour, les textes montrent bien l'attachement des nobles de province au rĂŽle de la cour, et l'importance que pouvait prendre la « prĂ©sentation Â» au roi.

Comme son grand-pĂšre Louis XV, Louis XVI eut les plus grandes peines Ă  entrer dans ce systĂšme qui avait Ă©tĂ© construit un siĂšcle auparavant par son quadrisaĂŻeul pour rĂ©pondre Ă  des problĂšmes qui n'Ă©taient plus d'actualitĂ©. Ce n'Ă©tait pas par manque d'Ă©ducation : il fut le premier monarque français Ă  parler couramment anglais ; nourri des philosophes des LumiĂšres, il aspirait Ă  trancher avec l'image « louis-quatorzienne[20]» du roi en constante reprĂ©sentation. Cette image du roi simple rejoint celle des « despotes Ă©clairĂ©s Â» de l'Europe, comme FrĂ©dĂ©ric II de Prusse.

Le refus d'entrer dans le grand jeu de l'Ă©tiquette explique la trĂšs mauvaise rĂ©putation que lui fera la noblesse de cour. En la privant du cĂ©rĂ©monial, le roi la privait de son rĂŽle social. Ce faisant, il se protĂ©geait Ă©galement. Si Ă  l'origine la cour servait Ă  contrĂŽler la noblesse, la situation se renversa trĂšs vite : le roi se trouvait Ă  son tour prisonnier du systĂšme.

La mauvaise gestion par Louis XV puis par Louis XVI de cette cour, le refus par les Parlements (lieu d'expression politique de la noblesse et d'une partie de la haute bourgeoisie judiciaire) de toute rĂ©forme politique, ainsi que l'image souvent dĂ©sastreuse de la capricieuse reine dĂ©graderont peu Ă  peu son image : beaucoup de pamphlets le ridiculisant viennent d'une partie de la noblesse qui supporte mal le risque de perdre sa place particuliĂšre, le dĂ©crivant non pas comme le roi simple qu'il Ă©tait, mais comme un roi simplet.

Roi sous la RĂ©volution

Le monarque constitutionnel

Louis XVI en 1786
Louis XVI jurant fidélité à la Constitution en 1790 (tableau de Nicolas Guy Brenet).

AprĂšs la prise de la Bastille, le roi se rend de son plein grĂ© Ă  Paris, le 17 juillet, oĂč il est accueilli par le maire de la nouvelle municipalitĂ©, Bailly. Le roi accepte la cocarde bleue et rouge (aux couleurs de la ville de Paris) que lui offre Bailly et la place sur son couvre-chef ornĂ© de blanc. Par cette visite et ce geste, le roi entĂ©rine ainsi les consĂ©quences de la journĂ©e rĂ©volutionnaire du 14 juillet. DĂšs lors, l'abolition des privilĂšges fut votĂ©e dans la nuit du 4 aoĂ»t, et le 26 aoĂ»t la DĂ©claration des Droits de l'Homme et du Citoyen est adoptĂ©e. Toutefois, ce n'est que le 5 octobre que le roi accepte de signer les dĂ©crets consacrant les dĂ©cisions prises en aoĂ»t. À la suite de quoi, une foule venue de Paris, majoritairement composĂ©e de femmes, aprĂšs avoir envahi la rĂ©sidence royale (le chĂąteau de Versailles) exige le transfert de la famille royale au Palais des Tuileries en plein centre de Paris.

Article dĂ©taillĂ© : JournĂ©es des 5 et 6 octobre 1789.

L'AssemblĂ©e nationale dĂ©crĂ©ta le 10 octobre 1789, lors de la discussion sur le mode de promulgation des lois, que la formule serait : "Louis, par la grĂące de Dieu et la loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français Ă  tous prĂ©sents et Ă  venir, salut". Pour certains, le nouveau titre du chef de l'État serait donc roi des Français Ă  partir de cette date. Rien pourtant d'anormal qu'Ă  partir du 6 novembre 1789, il fit commencer ses actes officiels (lettres patentes, lois, etc.) par la formule « Louis, par la grĂące de Dieu, et par la Loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français Â», puisqu'il se conformait Ă  la formule de promulgation qui avait Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ©e le 10 octobre par l'AssemblĂ©e constituante. Le nouveau sceau royal, utilisĂ© Ă  partir de fĂ©vrier 1790, porta l'inscription : « Louis XVI par la grĂące de Dieu et par la loy constitutionnelle de l'État Roy des François Â». Le 14 juillet 1790, lors de la fĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, sur le Champ-de-Mars, le roi, La Fayette et le peuple de Paris (260 000 Parisiens et 14 000 FĂ©dĂ©rĂ©s) prĂȘtent serment « d'ĂȘtre Ă  jamais fidĂšle Ă  la nation, Ă  la loi et au roi Â» et le 21 octobre de la mĂȘme annĂ©e, le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc qui Ă©tait la couleur de l'Ă©tendard royal.

Le roi des Français

Joseph II au « roi des Français Â» : « Que fais-tu lĂ , beau-frĂšre ? Je sanctionne. Â»

Pour d'autres, il n'aurait Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© roi des Français que par la Constitution du 3 septembre 1791 (texte intĂ©gral) (chapitre II, article 2 : « le seul titre du roi est Roi des Français Â»), « acceptĂ©e Â» par le roi le 13 septembre 1791. Les pouvoirs du roi y sont en effet limitĂ©s et prĂ©cisĂ©s. Louis XVI n'est plus roi par la grĂące de Dieu, mais roi des Français, c'est-Ă -dire non plus un souverain de droit divin, mais en quelque sorte le chef, le premier reprĂ©sentant du peuple français. Il conserve la totalitĂ© des pouvoirs exĂ©cutifs, qu'il exerce en vertu de la loi humaine[21]. Cette constitution maintenait en outre le changement du titre du dauphin en prince royal (qui avait eu lieu le 14 aoĂ»t 1791).

Le 14 septembre 1791, Louis XVI jure fidĂ©litĂ© Ă  ladite constitution.

L'Ă©pisode de la fuite du roi et de son arrestation Ă  Varennes est cĂ©lĂšbre. Un plan de fuite avait Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© par la reine Ă  la fin de l'annĂ©e 1790. En avril 1791, les Ă©vĂ©nements entraĂźnent sa rĂ©alisation. Une manifestation l'empĂȘche physiquement de se rendre au chĂąteau de Saint-Cloud. Les rĂ©volutionnaires s'opposent en effet Ă  ce qu'il fasse ses PĂąques avec un prĂȘtre rĂ©fractaire Ă  la constitution civile du clergĂ©. Le roi se dĂ©cide alors Ă  quitter la ville de Paris le 20 juin avec sa femme, sa sƓur et ses deux enfants, Marie-ThĂ©rĂšse et Louis-Charles. Il est arrĂȘtĂ© Ă  Varennes-en-Argonne le 21 juin malgrĂ© la prĂ©sence de 60 hussards de Lauzun.

Une dĂ©claration[22] qu'il avait laissĂ©e Ă  Paris en quittant la ville, stigmatisant les Jacobins et leur emprise croissante sur la sociĂ©tĂ© française, fut bloquĂ©e par l'AssemblĂ©e et ne fut jamais diffusĂ©e dans son intĂ©gralitĂ©. Les caricaturistes rĂ©volutionnaires s'en donnĂšrent Ă  cƓur joie.

Appel nominal sur le jugement de Louis XVI, supplément au numéro 77 du journal Le Républicain, premiÚre page

Un mouvement important parmi les rĂ©volutionnaires commence Ă  rĂ©clamer le dĂ©part du roi. Les Cordeliers rĂ©digent plusieurs pĂ©titions contre lui, soutenus par des journaux comme le RĂ©publicain. Les Jacobins dĂ©cident de suivre les Cordeliers, ce qui crĂ©e une rupture en leur sein. Une partie de leurs membres crĂ©Ăšrent le club des Feuillants. C'est dans ce contexte que la constitution du 13 septembre 1791, Ă©voquĂ©e ci-dessus, est proclamĂ©e.

Le jeu politique extrĂȘmement complexe de l'annĂ©e qui suit conduit Ă  la dĂ©chĂ©ance du roi. Le pays subit de trĂšs fortes tensions. Dans les campagnes, les rĂ©coltes sont bonnes, mais la politique libĂ©rale conduite par l'AssemblĂ©e entraĂźne une pĂ©nurie alimentaire et de nombreuses Ă©meutes, malgrĂ© des rĂ©serves souvent excĂ©dentaires. En plus de ces tensions sociales, la guerre est le principal facteur des difficultĂ©s de la monarchie. Les dĂ©faites de l'armĂ©e française entraĂźnent le vote de dĂ©crets plus radicaux auxquels le roi met son veto. Les dĂ©bats qui s'ensuivent et les Ă©meutes organisĂ©es par les rĂ©volutionnaires poussent l'AssemblĂ©e lĂ©gislative Ă  dĂ©crĂ©ter la suspension du roi.

Louis XVI est donc suspendu par l'AssemblĂ©e le 10 aoĂ»t 1792, et dĂ©trĂŽnĂ© lors de la premiĂšre sĂ©ance de la Convention nationale qui dĂ©crĂšte, le 21 septembre 1792 que « la royautĂ© est abolie en France Â» et que « l'An I de la RĂ©publique française Â» partira du 22 septembre 1792. Louis XVI perd alors tous ses titres, les autoritĂ©s rĂ©volutionnaires le dĂ©signent sous le nom de Louis Capet (en rĂ©fĂ©rences Ă  Hugues Capet, dont le surnom est considĂ©rĂ©, de maniĂšre erronĂ©e, comme un nom de famille).

Le procÚs de l'ancien roi et son exécution

Le procĂšs

ConsidĂ©rĂ© comme un citoyen ordinaire, "Louis Capet" est dĂ©clarĂ© coupable de « conspiration contre la libertĂ© publique et la sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale de l'État Â» par la Convention nationale (auto-instituĂ©e en tribunal) lors d'un premier vote le 15 janvier 1793, par 707 voix pour 718 votants.

Puis, avec une majoritĂ© Ă©troite, condamnĂ© Ă  mort au manĂšge du chĂąteau des Tuileries, Ă  la suite de la « sĂ©ance permanente du mercredi 16 et du jeudi 17 janvier 1793 Â» et du scrutin rectificatif du 18. Un vote nominal, suivi d'une justification des votants Ă  la tribune, qui donne 387 votes pour la peine de mort, dont 26 demandant un Ă©ventuel sursis. La majoritĂ© requise Ă©tant de 361 voix, l'ancien roi est condamnĂ© pour un unique vote. Ce dernier scrutin ne souffrit cependant pas de contestations du fait de sa nature nominale.

On commence Ă  le surnommer « Louis le dernier Â»[23].

L'exécution (21 janvier 1793)

Article dĂ©taillĂ© : ExĂ©cution de Louis XVI.

Les bourreaux voulurent dĂ©pouiller Louis XVI de ses habits. Il les repoussa fiĂšrement, se dĂ©shabilla lui-mĂȘme et dĂ©fit le col de sa chemise. Ils voulurent lui lier les mains. Cette derniĂšre humiliation le rĂ©volta :

« Que prĂ©tendez-vous ? Â», demanda-t-il.
« Vous lier Â», lui fut-il rĂ©pondu.

L'ancien roi reprit :

« Me lier ? Non, je n'y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandĂ©, mais vous ne me lierez pas ; renoncez Ă  ce projet. Â»
« Avec un mouchoir, Sire Â» demanda le bourreau Sanson avec respect, montrant un morceau de soie.

Louis XVI, qui n'avait plus Ă©tĂ© appelĂ© « Sire Â» depuis bien longtemps, accusa le coup. Il hĂ©sitait quand il se tourna vers son confesseur. Les bourreaux allaient l'empoigner quand l'abbĂ© Henri Edgeworth de Firmont lui dit :

« Sire, dans ce nouvel outrage je ne vois qu'un dernier trait de ressemblance entre Votre MajestĂ© et le Dieu qui va ĂȘtre votre rĂ©compense. Â»

Louis leva les yeux au ciel :

« AssurĂ©ment, dit-il, il ne faut rien de moins que son exemple pour que je me soumette Ă  un tel affront. Â»

Et se tournant vers les bourreaux :

« Faites ce que vous voudrez ; je boirai le calice jusqu'Ă  la lie. Â»

Il se laissa dĂšs lors lier les mains et couper les cheveux. S'appuyant sur l'abbĂ© Henri Edgeworth de Firmont il monta calmement les marches qui conduisaient Ă  l'Ă©chafaud. L'abbĂ© Henri Edgeworth de Firmont craignait que le courage commençùt Ă  lui manquer, et il aurait ajoutĂ© :

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! Â»

Mais, parvenu au pied de la guillotine, Louis, placide, considĂ©ra un instant les instruments de son supplice et demanda si les tambours s'arrĂȘteraient de battre. Il s'avança pour dire :

Tombe de Louis XVI et de Marie-Antoinette, basilique Saint-Denis.
« Je meurs innocent des crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez verser ne retombera pas sur la France Â».

Il voulut poursuivre mais les tambours couvrirent ses derniÚres paroles. On cria aux bourreaux de faire leur office. Le roi déchu redevint silencieux, et n'opposa plus aucune résistance à l'exécution.

Louis XVI fut guillotinĂ© le lundi 21 janvier 1793 Ă  Paris, place de la RĂ©volution (actuelle place de la Concorde). Le couperet siffla Ă  10 heures 22, sous les yeux de cinq ministres du conseil exĂ©cutif provisoire et de quelques autres personnes, invitĂ©es par le ministre de la Marine dans son bureau, pour assister Ă  l'exĂ©cution.

Il fut enterré au cimetiÚre de la Madeleine, rue d'Anjou-Saint-Honoré. Les 18 et 19 janvier 1815, Louis XVIII fit exhumer ses restes et ceux de Marie-Antoinette pour les faire inhumer à la basilique Saint-Denis le 21 janvier. En outre, il fit édifier en leur mémoire la Chapelle expiatoire à l'emplacement du cimetiÚre de la Madeleine.

Le 3 mai 1826 place de la Concorde, Charles X pose la premiÚre pierre du monument à la mémoire de Louis XVI. Mais la statue ne sera en fait jamais édifiée. Son socle servira de base à l'obélisque de Louxor dressé en 1836. L'actuel pont de la Concorde portait le nom de Louis XVI avant la Révolution.

Pour anecdote, quelques jours avant son exécution, il s'intéressait encore au sort de La Pérouse et de son expédition.

Historiographie

Sous la phase jacobine de la RĂ©volution française, Louis XVI est traitĂ© de "tyran" et considĂ©rĂ© comme un traĂźtre Ă  la patrie, jouant double jeu : il aurait fait semblant d'accepter les mesures de la RĂ©volution française, pour sauvegarder sa vie et son trĂŽne, tout en souhaitant secrĂštement la guerre, de connivence avec les princes Ă©trangers qui dĂ©clarent la guerre Ă  la France rĂ©volutionnaire.

De son cĂŽtĂ©, le courant royaliste contre-rĂ©volutionnaire a dressĂ© dĂšs la mĂȘme Ă©poque le portrait d'un "roi martyr", conservateur, trĂšs catholique, aimant son peuple mais incompris de lui.

Sur sa personnalité

En 1900, le leader socialiste Jean JaurĂšs, juge Louis XVI "indĂ©cis et pesant", "incertain et contradictoire". Il estime qu'il n'a pas compris la "rĂ©volution dont lui-mĂȘme avait reconnu la nĂ©cessitĂ© et dont il avait ouvert la carriĂšre", ce qui l'a empĂȘchĂ© d'en prendre la tĂȘte pour former une "dĂ©mocratie royale" car "il en Ă©tait empĂȘchĂ© par la persistance du prĂ©jugĂ© royal ; il en Ă©tait empĂȘchĂ© surtout par le poids secret de ses trahisons. Car il ne s'Ă©tait pas efforcĂ© seulement de modĂ©rer la RĂ©volution : il avait appelĂ© l'Ă©tranger pour la dĂ©truire."[24].

Les grands historiens de la RĂ©volution française du XXe siĂšcle, Albert Soboul, Georges Lefebvre, Alphonse Aulard, Albert Mathiez, s'incrivent dans la lignĂ©e jacobine qui considĂšre que Louis XVI a trahi la RĂ©volution française.

Un courant historiographique, de rĂ©habilitation, place Louis XVI dans la filiation des LumiĂšres. C'est par exemple la biographie de l'historien Jean de Viguerie (universitĂ© de Lille) (Louis XVI le roi bienfaisant, 2003). Pour lui, "Nourri de FĂ©nelon, ouvert aux LumiĂšres, croyant que gouverner Ă©tait faire le bien, Louis XVI, roi singulier, prince attachant, ne pouvait qu'ĂȘtre sensible Ă  l'aspect gĂ©nĂ©reux de 1789, puis choquĂ© - voire rĂ©voltĂ© - par les dĂ©rives rĂ©volutionnaires. Roi bienfaisant, il fut emportĂ© par une tourmente imprĂ©visible, presque imparable."[25].

Dans la mĂȘme lignĂ©e se situe la biographie de l'"historien et Ă©crivain" Jean-Christian Petitfils (Louis XVI, 2005) pour qui Louis XVI est : "un homme intelligent et cultivĂ©, un roi scientifique, passionnĂ© par la marine et les grandes dĂ©couvertes, qui, en politique Ă©trangĂšre, joua un rĂŽle dĂ©terminant dans la victoire sur l’Angleterre et dans l’indĂ©pendance amĂ©ricaine. Loin d’ĂȘtre un conservateur crispĂ©, en 1787 il voulut rĂ©former en profondeur son royaume par une vĂ©ritable RĂ©volution royale."[26]

Pour le Dictionnaire critique de la RĂ©volution Française de François Furet, Mona Ozouf et alii (1989), les historiens « ont pu le peindre tantĂŽt en roi sage et Ă©clairĂ©, dĂ©sireux de maintenir le patrimoine de la couronne en conduisant les Ă©volutions nĂ©cessaires, tantĂŽt en souverain faible et imprĂ©voyant, prisonnier des intrigues de cour, naviguant au plus juge sans pouvoir jamais peser sur le cours des choses. À ces jugements, il existe des raisons politiques, puisque le malheureux Louis XVI est pris au premier rang dans la grande querelle de l’Ancien RĂ©gime et de la RĂ©volution Â». François Furet croit dans le double jeu du roi.

Sur la fuite de Varenne

L'épisode de la Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes, en juin 1791, constitue un élément de preuve de la duplicité du roi, qui n'aurait accepté officiellement la révolution française que pour sauver son titre royal et n'aurait attendu qu'une occasion pour rejoindre les princes étrangers.

En 2009, au sujet d'une tĂ©lĂ©film sur le sujet (« Ce jour-lĂ , tout a changĂ© : l'Ă©vasion de Louis XVI Â»), l'historien Jean-Christian Petitfils a Ă©mis une thĂšse diffĂ©rente sur le sujet : "Le scĂ©nario qui m'avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aborde deux thĂšmes essentiels et pourtant peu connus, ou en tout cas que les historiens en gĂ©nĂ©ral n'ont pas pris en compte : Louis XVI est prĂȘt Ă  s’entendre avec les rĂ©volutionnaires, il accepte le principe d’une monarchie limitĂ©e. NĂ©anmoins, il souhaite conserver une autoritĂ© dans certains domaines politiques. Mais cette volontĂ© est rejetĂ©e par une grande majoritĂ© de dĂ©putĂ©s de l’assemblĂ©e. (..)"[27].

Une collectif d'historiens a fortement critiquĂ© la thĂšse de Petitfils. Ils citent notamment l’historien Edgar Quinet qui a Ă©voquĂ© le plan de Mirabeau (devenu conseiller de la Cour jusqu’à sa mort le 2 avril 1791) : le roi devait se rĂ©fugier dans une place forte au milieu des rĂ©giments fidĂšles, dissoudre l’AssemblĂ©e, et reprendre Paris aux rĂ©volutionnaires. Ils citent l'historien Alphonse Aulard : "« DĂšs le mois d’octobre le projet Ă©tait arrĂȘtĂ© de partir secrĂštement pour MontmĂ©dy. L’empereur ferait sur nos frontiĂšres une dĂ©monstration militaire qui effraierait les patriotes. Louis XVI marcherait sur Paris avec l’armĂ©e de BouillĂ© Â». Ils invoquent l'historien François Bluche pour qui "Louis XVI prisonnier de Paris depuis le 18 avril, ulcĂ©rĂ© d’avoir dĂ» accorder sa sanction Ă  la Constitution civile du clergĂ© votĂ©e le 12 juillet 1790 et condamnĂ©e par le pape le 10 mars 1791 est dĂ©cidĂ© Ă  ne plus jouer le rĂŽle que les circonstances lui imposaient depuis presque deux ans. Il est rĂ©solu Ă  fuir la capitale, Ă  se rĂ©fugier en province Ă  MontmĂ©dy afin de retrouver au moins la plĂ©nitude de ses attributions constitutionnelles."[28]

Sur son procĂšs

Le procĂšs de Louis XVI s'appuie principalement sur l'accusation de trahison envers la patrie.

Les historiens amateurs Paul et Pierrette Girault de Coursac ont tentĂ© de dĂ©douaner Louis XVI estiment que la faute des liens avec l'Ă©tranger en revient Ă  un parti rĂ©actionnaire qui menait la "politique du pire". Leur ouvrage de rĂ©habilitation de Louis XVI (EnquĂȘte sur le procĂšs du roi Louis XVI, Paris, 1982) affirme que l'"armoire de fer" contenant la correspondance secrĂšte du roi avec les princes Ă©trangers aurait Ă©tĂ© fabriquĂ©e de toute piĂšce par le rĂ©volutionnaire Roland pour accuser le roi. L'historien Jacques Godechot a vivement critiquĂ© les mĂ©thodes et conclusions de cet ouvrage[29].

L'une des rĂ©ponses classiques apportĂ©es Ă  la question du procĂšs est politique et dĂ©passe la simple personne de Louis Capet. L'historien communiste FrĂ©dĂ©rick GenevĂ©e (lycĂ©e du Kremlin-BicĂȘtre, membre du Conseil national du PCF et responsable des archives) avertit ainsi : "Ne banalisons pas l’acte. Ils ont rĂ©ussi Ă  s’extraire d’un millĂ©naire de croyances dans le caractĂšre quasi surnaturel du souverain. Ils ont libĂ©rĂ© la sociĂ©tĂ© française d’une pesanteur obscurantiste dont on a du mal Ă  imaginer la force et les consĂ©quences. (...) Aujourd’hui, il serait vain pour l’historien de tenter de justifier ou de condamner. Il s’agit d’analyser. Quant aux militants de la libĂ©ration humaine, hostiles Ă  la peine de mort, ils n’ont pas Ă  voir dans cette dĂ©capitation une mĂ©thode atemporelle de lutte. Nous n’avons plus de roi ni personne d’autre Ă  condamner. Le mĂ©rite en revient en partie aux fondateurs de la RĂ©publique et Ă  ceux qui jugĂšrent Louis XVI."[30].

Notes et références

  1. ↑ Louis XVI figure dans la chronologie des rois de Navarre avec ce titre. Le suivant roi de Navarre est Louis XVIII en qualitĂ© de Louis VI.
  2. ↑ Philippe Huisman et Marguerite Jallut, Marie-Antoinette : L'Impossible bonheur, Edita Lazarus, 1970, p. 42
  3. ↑ Philippe BleuzĂ© et Muriel Rzeszutek, Un mĂȘme personnage, des images contradictoires : Louis XVI sur le site de l'AcadĂ©mie de Lille..
  4. ↑ Victor Duruy, Histoire de France, 1854, tome II, page 426-427.
  5. ↑ Victor Duruy, idem, page 427.
  6. ↑ Victor Duruy, idem, page 427-429.
  7. ↑ a , b , c , d , e  et f  Louis Firmin Julien LaferriĂšre, Histoire du droit français, Joubert, 1837, p.  510 sq. (texte en ligne sur Gallica et d'autres sites)
  8. ↑ Victor Duruy, idem, pages 429-431
  9. ↑ Victor Duruy, idem, page 431.
  10. ↑ Recueil gĂ©nĂ©ral des anciennes lois françaises, page 286, chapitre Pensions.
  11. ↑ Victor Duruy, idem, page 448.
  12. ↑ Elie Barnavi et alii, Histoire Universelle des juifs, Hachette, 1993 sur le [Campus numĂ©rique juif http://www.akadem.org/photos/contextuels/1651___1_Chronologie.pdf]
  13. ↑ Victor Duruy, idem, pages 449-450.
  14. ↑ Victor Duruy, idem, pages 449-450.
  15. ↑ Elie Barnavi et alii, Histoire Universelle des juifs, Hachette, 1993 citĂ© sur [1].
  16. ↑ C. Carlier et M. RennevilleChronologie relative aux peines et aux prisons en France : De l’Ancien RĂ©gime Ă  la Restauration,sur le site du CNRS/Criminocorpus
  17. ↑ phase de torture qui vise Ă  obtenir les aveux de l’inculpĂ©
  18. ↑ visant Ă  obtenir les noms d’éventuels complices, avant l’exĂ©cution d'une peine
  19. ↑ Philippe BleuzĂ© et Muriel Rzeszutek, Un mĂȘme personnage, des images contradictoires : Louis XVI sur le site de l'AcadĂ©mie de Lille. citant AndrĂ© Zysberg, Louis XVI, le Roi qui aimait la mer, in revue L’Histoire, n°270, novembre 2002.
  20. ↑ Louisquatorzienne : adjectif, s'Ă©crit soit d'un seul mot ou avec un tiret entre louis et quatorzienne, voir Le trĂ©sor de la langue française informatisĂ©e
  21. ↑ Michel Biard et Pascal Dupuy, la RĂ©volution française, 2004, p.65
  22. ↑ DĂ©claration de Louis XVI Ă  tous les Français, Ă  sa sortie de Paris, sur Wikisource
  23. ↑ Par exemple Jacques Roux avec son Discours sur le jugement de Louis le dernier, sur la poursuite des agioteurs, des accapareurs et des traĂźtres (1er dĂ©cembre 1792)
  24. ↑ Jean JaurĂšs, Histoire socialiste de la RĂ©volution française, 1900. RĂ©Ă©ditĂ© en 2006 Ppr Tallandier et Max Gallo sous le titre Louis XVI et [2]
  25. ↑ Jean de Vigueries, Louis XVI le roi bienfaisant, Editions du Rocher, 2003, 4e de couverture.
  26. ↑ Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, 2005, 4ùme de couverture
  27. ↑ Jean-Christian Petitfils sur le site docandfiction-tv.fr en 2009
  28. ↑ Lettre ouverte Ă  aux inspecteurs pĂ©dagogiques rĂ©gionaux d’histoire et de gĂ©ographie de l’AcadĂ©mie de Paris, sur le site de l'Institut d'Histoire de la RĂ©volution française, UniversitĂ© Paris I, 2009
  29. ↑ Godechot Jacques Annales historiques de la RĂ©volution française AnnĂ©e 1983 Volume 254 NumĂ©ro 254 pp. 643-645
  30. ↑ FrĂ©dĂ©rick GenevĂ©e, L'exĂ©cution de Louis XVI le 21 janvier 1793 eut un retentissement universel, in L'HumanitĂ©, 20 janvier 1993

Voir aussi

Articles connexes

Évùnements de sa vie
Contexte

Bibliographie

Ouvrages d'Histoire
  • Vincent Cronin, Louis and Antoinette, Ă©d. Collins, London, 1974 (ISBN 0809592169) ;
  • Évelyne Lever, Louis XVI, Ă©d. Fayard, Paris, 1985 (ISBN 2213015457) ;
  • Jean Imbert et Georges FlĂ©cheux, Le Bicentenaire du procĂšs du roi, Ă©d. F. X. de Guibert, 1993 ;
  • Étienne Taillemite, Louis XVI ou le navigateur immobile, Ă©d. Payot, Paris, 2002 (ISBN 2228895628) ;
  • Timothy Tackett, Le roi s'enfuit. Varennes et l'origine de la Terreur, Ă©d. La DĂ©couverte, Paris, 2004 (Ă©dition amĂ©ricaine: Harvard UP, 2003) (ISBN 2707142387) ;
  • Jean de Viguerie, Louis XVI, le roi bienfaisant, Ă©d. du Rocher, Paris, 2003 (ISBN 2268045064) ;
  • Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Ă©d. Perrin, Paris, 2005 (ISBN 2262014841) ;
  • Mona Ozouf, Varennes : la mort de la royautĂ© (21 juin 1791), Ă©d. Gallimard, coll. « Les JournĂ©es qui ont fait la France Â», Paris, 2005, (ISBN 2070771695) ;
  • JoĂ«l FĂ©lix, Louis XVI et Marie-Antoinette : un couple en politique, Ă©d. Payot & Rivages, Paris, 2006, (ISBN 2228901075)
  • Bernard Vincent, Louis XVI, Ă©d. Gallimard, Paris, 2006 (ISBN 978-2070307494) ;
  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, spĂ©cialisĂ©s dans l'Ă©tude de Louis XVI et Marie-Antoinette ont rĂ©digĂ© un ensemble d'ouvrages Ă  partir d'archives, voir Paul et Pierrette Girault mĂ©moires relatifs Ă  l'histoire de France pendant le 18e siĂšcle, n° 9, Paris, (1847), 475 p. [lire en ligne sur google books]
  • A Journal of Occurrences at the Temple, During the Confinement of Louis XVI, King of France, ClĂ©ry (1798) [lire en ligne sur google books]
Fiction

Filmographie

  • Louis XVI roi programmĂ© est un documentaire rĂ©alisĂ© par Patrick Le Gall. Le film s'attache au parcours du monarque jusqu'Ă  la RĂ©volution et Ă  l'image qui en rĂ©sulta aprĂšs sa mort.

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Blason Rois de France (1553-1610).svg
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puis roi des Français
1774-1791
puis 1791-1792
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Louis XV
Coat of arms of Andorra.svg
Coprince d'Andorre
avec JoaquĂ­n de SantiyĂĄn y Valdivielso et
Juan de GarcĂ­a y Montenegro et
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1774-1792
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Louis XV
Blason France moderne.svg
Succession royaliste
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