Louis XVIII De France

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Louis XVIII De France

Louis XVIII de France

Louis XVIII
Roi de France
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Portrait de Louis XVIII en costume de sacre

RĂšgne
6 avril 1814 - 20 mars 1815
8 juillet 1815 - 16 septembre 1824
Dynastie Maison de Bourbon
Titre complet Roi de France
Coprince d’Andorre
Prédécesseur Louis XVII (Non proclamé)
Napoléon Ier
(Empereur des Français)
Successeur Charles X
Président(s) du Conseil Prince de Talleyrand
Duc de Richelieu
Joseph Dessolles
Comte Decazes
Comte de VillĂšle

Autres fonctions
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Biographie
Nom de naissance Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence
Naissance 17 novembre 1755
Pavillon royal de France.svg Versailles, France
DĂ©cĂšs 16 septembre 1824 (Ă  68 ans)
Pavillon royal de France.svg Paris, France
PĂšre Louis de France
MĂšre Marie-JosĂšphe de Saxe
Conjoint(s) Marie-Joséphine de Savoie
RĂ©sidence(s) Palais des Tuileries

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Rois de France

Louis XVIII, nĂ© Louis Stanislas Xavier, fut roi de France de 1814 Ă  sa mort en 1824. NĂ© le 17 novembre 1755 Ă  Versailles, il est le quatriĂšme fils du dauphin Louis-Ferdinand et de sa seconde Ă©pouse Marie-JosĂšphe de Saxe. Il est le frĂšre cadet de Louis Auguste, futur Louis XVI et le frĂšre aĂźnĂ© de Charles-Philippe, futur Charles X. Il est le petit-fils de Louis XV.

Petit-fils de France, il est d’abord titrĂ© « comte de Provence Â». Tout comme son frĂšre aĂźnĂ©, il passe son enfance au chĂąteau de Versailles. Il y reçoit une Ă©ducation solide, comme le veut son rang. Il rejoignit ensuite le palais du Luxembourg, et y entreprit de gros travaux.

Louis XVIII meurt le 16 septembre 1824 Ă  Paris, sans descendance, et est inhumĂ© Ă  la basilique Saint-Denis. Son frĂšre, le comte d’Artois, chef des ultras, lui succĂšde sous le nom de Charles X.

Sommaire

Épouse

1771 Marie-JosĂ©phine de Savoie, la « reine velue Â» (1753–1810) connue pour ses amours lesbiennes, fille du roi Victor-AmĂ©dĂ©e III de Sardaigne et de Marie-Antoinette Ferdinande d’Espagne (elle-mĂȘme arriĂšre-petite-fille du roi Louis XIV de France par la branche paternelle). Elle est la sƓur de Marie-ThĂ©rĂšse (†1805), Ă©pouse du roi Charles X de France, frĂšre cadet de Louis XVI et de Louis XVIII.

MaĂźtresses, favorite et favoris

Le rapprochement avec le Languedoc

Son Ă©tat de frĂšre du Roi ne l'empĂȘche pas de critiquer la politique de celui-ci. MĂ©content et inquiet de la politique royale, il cherche Ă  s'installer dans la province de Languedoc un fief, et ainsi se mĂ©nager une action directe et distincte de celle de son royal aĂźnĂ©.

En 1775, il sollicite en vain le titre de gouverneur du Languedoc. Il avait mĂȘme achetĂ© l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente le ComtĂ© de l'Isle-Jourdain qui lui assurait par la forĂȘt de Bouconne, accĂšs et influence jusque dans Toulouse.

Au printemps 1777, un voyage l'amĂšne Ă  Toulouse. Il assiste le 21 juin, Ă  une sĂ©ance de l'AcadĂ©mie des Jeux Floraux et entend la lecture de trois odes. En son honneur, les parlementaires de la ville organisent une rĂ©ception chez le Comte de Riquet-Caraman. Il s'embarque ensuite au Port Saint-Sauveur et continue son pĂ©riple sur le Canal du Midi. À chaque Ă©tape, les auberges et maisons sont dĂ©corĂ©es suivant les ordres des Caraman-Riquet, concessionnaires du Canal. La dĂ©coration de la maison du receveur du canal Ă  Agde est tout particuliĂšrement soignĂ©e pour la rĂ©ception de Monsieur.

ÉmigrĂ©

AprĂšs avoir agitĂ© la Cour de Louis XVI en facilitant la chute des ministres rĂ©formateurs Turgot, Necker, Calonne, il rĂ©clame pour le Tiers le doublement du nombre de dĂ©putĂ©s aux États GĂ©nĂ©raux.

Suite du départ de la cour de Versailles pour Paris (aprÚs les journées des 5 et 6 octobre 1789), le comte de Provence est installé au Petit Luxembourg. Comme son frÚre ainé, il ne se sent plus libre et prépare un plan d'évasion (il en prépare deux car son épouse sortira de Paris par un autre moyen). Dans ses mémoires,[1] il conte par le menu cette aventure. Il y explique préalablement avoir corrigé la déclaration de Louis XVI qui explique son départ de Paris. Mais à aucun moment il ne dit avoir eu connaissance, avant le 19 juin, veille du départ, du plan précis de Louis XVI consistant à partir vers l'Est afin de rejoindre la place forte de Montmédy et de reprendre militairement la main sur la révolution.

Ce 20 juin 1791, date du dĂ©part du roi Louis XVI et sa famille des Tuileries, le comte de Provence quitte Ă©galement "sa rĂ©sidence surveillĂ©e". DĂ©guisĂ©, muni d'un "passe-port" anglais, il rejoint ainsi les "Pays-Bas", via Avesne et Maubeuge. Il se rĂ©fugie Ă  Bruxelles puis Coblence, capitale de l’Électorat de TrĂȘves, dont un de ses oncles maternels est l’archevĂȘque et le souverain. Il rencontre l’empereur LĂ©opold II et lui inspire la dĂ©claration de Pillnitz d’aoĂ»t 1791 qui galvanise la RĂ©volution française. Il refuse de reconnaĂźtre l’autoritĂ© du roi et se voit dĂ©chu de ses droits de prince du sang par la LĂ©gislative en janvier 1792. Il tente de rentrer en France Ă  la tĂȘte d’une armĂ©e de 14 000 hommes mais doit rebrousser chemin aprĂšs la bataille de Valmy et se rĂ©fugie Ă  Hamm en Westphalie.

En 1793, ayant appris l’exĂ©cution de son frĂšre aĂźnĂ©, il se proclame « rĂ©gent Â» pour le dauphin, qui demeure aux mains des rĂ©volutionnaires Ă  Paris, et le proclame « Louis XVII Â». À la dĂ©claration de la mort de l’enfant, le 8 juin 1795, il devient dĂ©positaire de la couronne de France et prend le nom de Louis XVIII, mais l’avĂšnement de NapolĂ©on dĂ©truit une nouvelle fois ses espĂ©rances. En effet, aprĂšs l'explosion de la machine infernale rue Saint-Nicaise le 24 dĂ©cembre 1800 et la dĂ©couverte de la culpabilitĂ© des royalistes, Bonaparte rompt dĂ©finitivement toute nĂ©gociation avec eux. Louis XVIII lui demande naĂŻvement de rĂ©tablir la monarchie avec, en contrepartie, le poste de lieutenant gĂ©nĂ©ral; il obtient cette rĂ©ponse sans ambages: "Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France; il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres..."

Les années 1804-1807

En 1804, Ă  la suite de plaintes de NapolĂ©on, le roi de Prusse FrĂ©dĂ©ric-Guillaume se rĂ©sout Ă  se sĂ©parer d’hĂŽtes aussi incommodes que compromettants; Louis XVIII et tous les Ă©migrĂ©s composant sa petite cour reçurent l’ordre de quitter immĂ©diatement le territoire prussien. Ce fut Ă  Kalmar que cet ordre parvint au prĂ©tendant. Louis XVIII y rencontra le comte d’Artois, son frĂšre qu’il n’avait pas vu depuis prĂšs de douze ans, une certaine froideur ayant toujours existĂ© entre eux. L’entrevue de Kalmar ne les rapprocha pas ; ils se quittĂšrent aprĂšs dix-sept jours de confĂ©rences, assez mĂ©contents l’un de l’autre : le futur Charles X reprit le chemin de Londres et Louis revint attendre Ă  Riga la rĂ©ponse du Cabinet de Saint-PĂ©tersbourg Ă  propos d’un nouvel asile sur le sol russe. Le nouvel Empereur, Alexandre Ier de Russie, qui succĂ©dait Ă  son pĂšre le tsar Paul Ier, donna une suite favorable Ă  sa demande et il revint Ă  Mittau (Lettonie actuelle) oĂč une minuscule cour d'une centaine de derniers fidĂšles dont le vieux marquis de Beaucorps le suivirent[2].

Une fois rĂ©installĂ© dans sa demeure, Louis XVIII rĂ©digea son dernier manifeste public pendant son sĂ©jour Ă  l’étranger. La proclamation qu’il avait envoyĂ©e Ă  Pichegru, quelques semaines avant le 18 fructidor, ne contenait que des promesses de rĂ©forme Ă  l’ancienne Monarchie (Lois fondamentales du royaume de France). Il se dĂ©cida, cette fois, Ă  accepter nettement la RĂ©volution et ses suites. Non seulement il admettait l’amnistie entiĂšre pour tous les votes antĂ©rieurs Ă  1804, ainsi que l’engagement de conserver Ă  chaque Français ses grades, ses emplois et ses pensions ; il garantissait, en outre, la libertĂ© et l’égalitĂ© pour les personnes, le maintien de toutes les propriĂ©tĂ©s et la protection de tous les intĂ©rĂȘts sans exception.

Au sein de la mer Baltique, en face et sous la protection du ciel, fort de la prĂ©sence de notre frĂšre, de celle du duc d’AngoulĂȘme, notre neveu, de l’assentiment des autres princes de notre sang, qui tous partagent nos principes et sont pĂ©nĂ©trĂ©s des mĂȘmes sentiments qui nous animent, nous le jurons ! jamais on ne nous verra rompre le nƓud sacrĂ© qui unit nos destinĂ©es aux vĂŽtres, qui nous lie Ă  vos familles, Ă  vos cƓurs, Ă  vos consciences ; jamais nous ne transigerons sur l’hĂ©ritage de nos pĂšres, jamais nous n’abandonnerons nos droits. Français ! Nous prenons Ă  tĂ©moin de ce serment le Dieu de saint Louis, celui qui juge toutes les justices !

DonnĂ© Ă  Mittau, le 2 dĂ©cembre de l’an de grĂące 1804, et de notre rĂšgne le dixiĂšme.

SignĂ© : Louis.

(A noter que sur tous les documents officiels, Louis XVIII se considéra roi depuis 1795 et fit le décompte des années de son rÚgne en conséquence. Néanmoins, juridiquement, il ne sera pas roi avant la Restauration en 1814.)

Cette dĂ©claration, imprimĂ©e Ă  Hambourg, au nombre de dix mille exemplaires, fut rĂ©pandue sur tout le continent et envoyĂ©e en France, par la poste, Ă  toutes les autoritĂ©s constituĂ©es, ainsi qu’aux plus notables habitants de chaque dĂ©partement.

Le second sĂ©jour Ă  Mittau du prĂ©tendant ne dura que trois ans. Les dĂ©faites d’Austerlitz, d’Eylau et de Friedland, obligĂšrent le tsar Ă  devenir l’alliĂ© de NapolĂ©on. Alexandre laissa entendre Ă  Louis XVIII que sa prĂ©sence Ă  Mittau en Courlande pourrait gĂȘner son nouvel alliĂ©. Louis XVIII comprit qu’il devait chercher un nouvel asile. Il n’avait plus Ă  choisir qu’entre le Nouveau Monde et l’Angleterre. Il se dĂ©cida pour l’hospitalitĂ© britannique. Vers le milieu d’octobre 1807, depuis Göteborg en SuĂšde, il avertit le comte d’Artois de sa prochaine arrivĂ©e, ce qui n’était pas pour lui plaire. Les confidents du comte rĂ©ussirent Ă  persuader un des membres du Cabinet britannique, Lord Canning (1770-1827), qu’il Ă©tait nĂ©cessaire, dans l’intĂ©rĂȘt mĂȘme du gouvernement britannique d’éloigner Louis XVIII de Londres et de le confiner en Écosse. Le Royaume Uni Ă©tait Ă  cette Ă©poque la seule puissance qui fut encore en lutte avec la France impĂ©riale et elle refusait Ă  Louis XVIII le titre de roi, en lui signifiant qu’à aucune Ă©poque le rĂ©tablissement de sa famille, n’avait semblĂ© moins plausible. AprĂšs de longues tractations Louis XVIII accepta de dĂ©barquer en Angleterre, en tant que simple particulier sous le nom de comte de L'Isle-Jourdain (que ses contemporains transformeront en « comte de Lille Â»â€Š) et en promettant de ne pas faire d’action politique.

Les années 1808-1812

Louis XVIII avait fixĂ© sa rĂ©sidence Ă  Gosfield Hall Ă  la fin de 1807; il ne quitta ce chĂąteau qu’au bout de quatre ans, au commencement de 1811, peu de temps aprĂšs la mort de Marie-JosĂ©phine de Savoie, sa femme, dĂ©cĂ©dĂ©e le 13 novembre 1810. Il vint alors habiter Hartwell House propriĂ©tĂ© du baronnet sir Henry Lee dans le comtĂ© de Buckingham, prĂšs de Londres. Ses revenus, Ă  cette Ă©poque, s’élevaient Ă  600 000 francs environ (soit 4,8 millions d’euros) que lui payaient le gouvernement britannique et la cour du BrĂ©sil. Mais il devait mener un train de vie rĂ©duit puisque cette somme Ă©tait rĂ©partie entre ses protĂ©gĂ©s, les agents dans les diffĂ©rentes cours d’Europe (pour ĂȘtre au courant des politiques menĂ©es) et que la guerre entraĂźnait une inflation de prix qui n’étaient pas, au dĂ©part, bas. Lors des Cent-Jours il se rĂ©fugia Ă  Gand, d’oĂč le jeu de mot : « Notre PĂšre de Gand Â» !

Le mandat de Mgr de La Fare

En 1795, Louis XVIII confia Ă  Mgr de La Fare, ancien Ă©vĂȘque de Nancy (1752 - † 1829), la direction de ses intĂ©rĂȘts auprĂšs de la cour de Vienne. Il le constitua Ă©galement son correspondant dans toute cette partie de l’Europe, fonction qu’il remplit durant vingt ans. Il fut en mĂȘme temps chargĂ© d’autres missions pour l’ensemble de la famille royale.

En 1807, toutes les communications du continent avec l’Angleterre Ă©taient interdites : personne ne pouvait plus recourir Ă  Londres pour y toucher du gouvernement britannique leurs pensions alimentaires. L’évĂȘque reçut, Ă  l’insu de Louis XVIII, la mission d’ordonnancer et de vĂ©rifier le paiement de ces pensions pour assurer la subsistance de ses compatriotes, ce qui lui valut la disgrĂące du prĂ©tendant. Les versements Ă©taient faits par la banque du Baron J.J. de Boesner, banquier de Vienne et aussi par des banques de GĂȘnes, au profit de la famille royale, les princes et princesses de France et notamment Messeigneurs les ducs d’AngoulĂȘme et de Berry pour l’entretien de leurs Maisons et la solde des militaires de leur armĂ©e.

Mgr de La Fare exerça cet emploi fastidieux et ingrat jusqu’à l’époque du retour de Louis XVIII dans ses États, Ă  la Restauration.

La Restauration

Au fur et Ă  mesure des guerres napolĂ©oniennes, et spĂ©cialement Ă  partir de 1810, les coalisĂ©s semblent reprendre l’avantage, Ă©veillant en lui l’espĂ©rance du retour. AprĂšs la dĂ©faite de NapolĂ©on, en 1814, les coalisĂ©s rĂ©unis au CongrĂšs de Vienne hĂ©sitent encore sur le successeur Ă  choisir Ă  NapolĂ©on. DĂ©sireux d’installer sur le trĂŽne de France un alliĂ©, mais aussi un chef lĂ©gitime, ils hĂ©sitent entre Louis XVIII, dont l’impopularitĂ© est problĂ©matique, l’« Aiglon Â», fils de NapolĂ©on, mais aussi le marĂ©chal Bernadotte ou encore EugĂšne de Beauharnais, voire une rĂ©publique. Talleyrand emporte finalement l’opinion des AlliĂ©s en faveur de Louis XVIII.

Talleyrand

PortĂ© par les CoalisĂ©s, le 24 avril 1814, il dĂ©barque Ă  Calais. Octroyant une Charte constitutionnelle restaurant la monarchie Ă  ses sujets, il devient roi de France. Les termes "octroyer" et "roi de France" sont importants en droit, puisqu’ils signifient que la souverainetĂ© appartient au roi, et non au peuple ou Ă  la nation (c’est lui qui octroie la Charte aux Français et non les Français qui dĂ©cident d’une constitution ; contrairement Ă  un roi des Français qui serait roi parce que les Français l’ont mis sur le trĂŽne, un roi de France est souverain de droit divin). Il nie donc la thĂ©orie rĂ©volutionnaire de la souverainetĂ© nationale, voire de la souverainetĂ© populaire.

Lors des Cent-Jours, il tente d’organiser avec la noblesse la rĂ©sistance Ă  NapolĂ©on. Son Ă©chec le conduit Ă  s’exiler de nouveau. Seule la dĂ©faite de Waterloo le rĂ©installe sur le trĂŽne de France.



Une "robe à dix-huit remplis" portée par une royaliste, 1815.

Son rĂšgne est consacrĂ© Ă  la lourde tĂąche de concilier les hĂ©ritages rĂ©volutionnaires et napolĂ©oniens avec ceux de l’Ancien RĂ©gime. Il dĂ©fend ces derniers (il nomme ainsi, comme aumĂŽnier de la Cour, monseigneur Jean-Louis d'Usson de Bonnac, un des derniers Ă©vĂȘques d’Ancien RĂ©gime survivants et surtout l’un des premiers Ă  avoir refusĂ© de prĂȘter serment Ă  la RĂ©volution, ainsi qu’à avoir refusĂ© de dĂ©missionner comme l’exigeait NapolĂ©on), sans pour autant accĂ©der aux excĂšs de ses propres partisans, les ultras. Il mit un point d’honneur Ă  toujours constituer un ministĂšre issu de la majoritĂ© parlementaire, ce Ă  quoi rien ne le contraignait.

Ses opposants demeurent trop faibles et divisĂ©s pour menacer en quoi que ce soit la position royale. Il dissout ainsi une premiĂšre Chambre ultra en 1816 (la cĂ©lĂšbre Chambre introuvable). Une autre vague de contestation commence avec la mort de son neveu duc de Berry, fils du comte d’Artois. Louis XVIII apparaĂźt comme un roi modĂ©rĂ©, menant une vie bourgeoise, sans fastes excessifs, trop fades aux yeux de certains. D’autres n’oublient pas que c’est un Ă©migrĂ©, ramenĂ© sur le trĂŽne de France par des Ă©trangers.


Élie Decazes

Cependant, malgrĂ© cette apparente faiblesse, il a rĂ©ussi non seulement Ă  maintenir un Ă©quilibre entre ultras et libĂ©raux, mais aussi Ă  ramener la prospĂ©ritĂ© dans une nation Ă©puisĂ©e par les derniĂšres guerres napolĂ©oniennes. Louis XVIII avait donc une certaine force de caractĂšre et il pouvait d’ailleurs ĂȘtre Ă  l’occasion capable de traits d’humour fĂ©roces, comme le montre l’anecdote suivante :

Parmi les prĂ©rogatives du roi de France, figurait la capacitĂ© d’anoblir tout sujet mĂ©ritant. Louis XVIII se trouvait ainsi assiĂ©gĂ© par une horde de quĂ©mandeurs qui estimaient Ă  tort ou Ă  raison ĂȘtre de bons candidats Ă  l’anoblissement. Parmi ceux-ci, on a citĂ© une anecdote concernant le publiciste Genoud, qui insistait pour ĂȘtre rassurĂ© sur le fait que sa lettre d’anoblissement mentionnerait bien une particule devant son nom. Louis XVIII rĂ©pondit Ă  son entourage « Eh bien ! puisqu’il veut tant une particule, on va lui en mettre une devant et une derriĂšre ! Â» et le solliciteur se fit anoblir sous le nom de Monsieur de Genoude.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Louis XVIII souffrait d’une goutte qui empira avec les annĂ©es et lui rendait tout dĂ©placement extrĂȘmement difficile Ă  la fin de son rĂšgne. Dans ses derniĂšres annĂ©es, le roi Ă©tait souvent dĂ©placĂ© en fauteuil roulant dans ses appartements. Vers la fin de sa vie il Ă©tait atteint d'artĂ©riosclĂ©rose gĂ©nĂ©ralisĂ©e, en outre la gangrĂšne rongeait son Ă©norme corp impotent, dĂ©jĂ  appesanti par l'hydropisie.A la fin du mois d'aoĂ»t 1824, la maladie avait provoquĂ© une large plaie suppurante en bas du dos et l'avait rendu mĂ©connaissable. FiĂšrement, il refusait de s'aliter, reprenant les propos de Vespasien: "Un empereur doit mourir debout". Mais, le 12 septembre, sa terrible souffrance l'obligea Ă  se coucher. Il se dĂ©composait vivant et dĂ©gageait une odeur si nausĂ©abonde que sa famille ne pouvait rester Ă  son chevet. Un de ses yeux avait fondu; le valet de chambre, en voulant dĂ©placer le corps, arracha des lambeaux du pied droit; les os d'une jambe Ă©taient cariĂ©s; l'autre jambe n'Ă©tait qu'une plaie; le visage Ă©tait noir et jaune[3].

Notes et références

  1. ↑ Louis XVIII, MĂ©moires, 6 vol. in-8°, Mame-Delaunay, 1832 - en ligne sur le site de la BNF : www.gallica.fr
  2. ↑ source Memoires de Madame de Milon de Mesmes
  3. ↑ Petites histoires de grands de France Jean Pierre Rorive Jourdan Editeur 2005

Sources

MÉMOIRES

  • Louis XVIII, MĂ©moires, 6 vol. in-8°, Mame-Delaunay, 1832
  • Duchesse d’AngoulĂȘme, Journal de la duchesse d’AngoulĂȘme, corrigĂ© et annotĂ© par Louis XVIII, Paris, 1893
  • Baron de Besenval, MĂ©moires sur la cour de France, Mercure de France, coll. Le Temps retrouvĂ©, 1987
  • Comtesse de Boigne, MĂ©moires, Mercure de France, coll. Le Temps retrouvĂ©, 2 vol., 1986 et 1989
  • Mme de Lamothe-Langon, MĂ©moires et souvenirs d’une femme de qualitĂ©, sur Louis XVIII, sa cour et son rĂšgne, Paris, 4 vol., 1829
  • Gaston de LĂ©vis, Souvenirs-Portraits, suivis de Lettres intimes de Monsieur le comte de Provence au duc de LĂ©vis, Mercure de France, coll. Le Temps retrouvĂ©, 1992
  • Comte de Saint-Aulaire, Souvenirs politiques sous la Restauration, 2 vol., 1900
  • Madame de Milon de Mesmes, sous-titre : Traverser les temps de troubles, Le Mans, 1833

MONOGRAPHIES

  • Georges Bordonove, Louis XVIII, Pygmalion/GĂ©rard Watelet, 1989
  • Bernard de Brye, Un Ă©vĂȘque d’Ancien RĂ©gime Ă  l’épreuve de la RĂ©volution : le cardinal Anne Louis Henri de La Fare, Publications de la Sorbonne, 1985
  • Bernard de Brye, Consciences Ă©piscopales en exil (1789-1814), Ă  travers la correspondance de Mgr de La Fare, Cerf-Histoire, 2005
  • Duc de Castries, Louis XVIII, Hachette, 1969
  • Ernest Daudet, Louis XVIII et le duc Decazes, Paris, 1899
  • Alphonse de Lamartine, Histoire de la Restauration, 8 vol., 1851-1852
  • Évelyne Lever, Louis XVIII, Fayard, 1988
  • Philip Mansel, Louis XVIII, Perrin, 2004
  • Oscar de Poli, Louis XVIII, 4e Ă©dition, Paris, 1880
  • GĂ©rard Walter, Le Comte de Provence, Paris, 1950
  • Emmanuel de Waresquiel et BenoĂźt Yvert, Histoire de la Restauration, 1814-1830, Perrin, coll. Tempus, 2002

REFERENCES DANS LA LITTERATURE

  • Balzac HonorĂ©, notamment dans Le Bal des sceaux et Le Lys dans la VallĂ©e

Citation : "Qui pouvait rĂ©sister Ă  l’esprit dĂ©florateur de Louis XVIII, lui qui disait que l’on a de vĂ©ritables passions que dans l’ñge mĂ»r, parce que la passion n’est belle et furieuse que quand il s’y mĂȘle de l’impuissance et qu’on se trouve alors Ă  chaque plaisir comme un joueur Ă  son dernier jeu." Balzac, Le Lys dans la VallĂ©e

  • Victor Hugo, Les MisĂ©rables

Citation: "Et les uns accouraient, et les autres se rangeaient: car un roi qui passe, c'est toujours un tumulte. Du reste l'apparition et la disparition de Louis XVIII faisait un certain effet dans les rues de Paris. Cela était rapide, mais majestueux. Ce roi impotent avait le goût du grand galop; ne pouvant marcher, il voulait courir; ce cul-de-jatte se fût fait volontiers traßner par l'éclair. Il passait, pacifique et sévÚre, au milieu des sabres nus. Sa berline massive, toute dorée, avec des grosses branches de lys peintes sur les pannaux, roulait bruyamment"

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