Louis XV

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Louis XV

Louis XV de France

Louis XV
Roi de France
Louis XV France by Louis-Michel van Loo 002.jpg
Portrait de Louis XV

Règne
1er septembre 1715 - 10 mai 1774
Sacre 25 octobre 1722
en la cathédrale Notre-Dame de Reims
Dynastie Maison de Bourbon
Titre complet Roi de France et de Navarre
Coprince d'Andorre
Dauphin de France
Prédécesseur Louis XIV
Successeur Louis XVI
Héritier Louis de France (1729-1765)
Louis de France (1765-1774) Red crown.png

Autres fonctions
Roi de Navarre
Période
1er septembre 1715 - 10 mai 1774
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Monarque Louis IV
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Prédécesseur Louis III
Successeur Louis V

Coprince d'Andorre
Période
1er septembre 1715 - 10 mai 1774
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Monarque Louis XV
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Prédécesseur Louis XIV
Successeur Louis XVI

Dauphin de France
Période
8 mars 1712 - 1er septembre 1715
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Prédécesseur Louis de France (1707-1712)
Successeur Louis de France (1729-1765)

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Successeur {{{successeur10}}}

Biographie
Nom de naissance Louis de France, duc d'Anjou
Naissance 15 f√©vrier 1710
Pavillon royal de France.svg Versailles, France
Décès 10 mai 1774 (à 64 ans)
Pavillon royal de France.svg Versailles, France
Père Louis de France
M√®re Marie-Ad√©la√Įde de Savoie
Conjoint(s) Marie LeszczyŇĄska
Descendance Princesse √Člisabeth de France
Princesse Henriette de France
Princesse Marie-Louise de France
Prince Louis de France, dauphin de France
Prince Philippe de France
Princesse Ad√©la√Įde de France
Princesse Victoire de France
Princesse Sophie de France
Princesse Thérèse de France
Princesse Louise de France
R√©sidence(s) Ch√Ęteau de Versailles

Rois de France

Louis XV dit le ¬ę Bien-Aim√© ¬Ľ, n√© √† Versailles le 15 f√©vrier 1710 et mort au m√™me endroit le 10 mai 1774, duc d'Anjou jusqu'en 1715, est un roi de France et de Navarre, membre de la Maison de Bourbon, dont le r√®gne s'√©tend de 1715 √† 1774.

Succ√©dant √† son arri√®re-grand-p√®re Louis XIV √† l'√Ęge de cinq ans, son pouvoir est d√©l√©gu√© √† son grand-oncle, le duc d'Orl√©ans proclam√© "R√©gent du Royaume" le 2 septembre 1715 jusqu'au 15 f√©vrier 1723, date de l'entr√©e du jeune roi dans sa quatorzi√®me ann√©e o√Ļ il prend officiellement le contr√īle du gouvernement. Les premi√®res ann√©es de son r√®gne se d√©roulent dans un calme relatif sous la direction prudente de plusieurs pr√©cepteurs qui lui prodiguent une vaste culture. Ayant atteint sa majorit√©, il confie le gouvernement √† l'un de ses anciens pr√©cepteurs, le cardinal de Fleury.

À la différence de Louis XIV, Louis XV n'a jamais été en contact direct avec la vie politique du pays. Il ne voyait que rarement ses ministres et agissait souvent à l'encontre de leurs attentes, sur la base d'informations émanant d'un réseau secret de diplomates et d'espions qu'il avait constitué. Homme intelligent mais blasé, son désintérêt pour la politique et la succession de ministres aux tendances différentes aboutissent à un affaiblissement de l'influence de la France en Europe qui porte en germe la future Révolution française.

√Čtant de mani√®re inattendue le seul survivant de la famille royale stricto sensu, il b√©n√©ficie au d√©but de son r√®gne d'un grand soutien populaire ce qui lui vaut le surnom de ¬ę Bien-Aim√© ¬Ľ en 1744. Au fil des ann√©es cependant, sa faiblesse dans la prise de d√©cisions, le d√©nigrement de son action par les parlementaires et une partie de la noblesse de cour, les intrigues incessantes impliquant sa ma√ģtresse, la marquise de Pompadour, et la d√©pravation pr√©tendue de sa vie priv√©e lui valent l'effondrement de sa popularit√©, √† tel point que sa mort est accueillie dans les rues de Paris par des festivit√©s joyeuses, comme l'avait √©t√© celle de Louis XIV. Ses fun√©railles se d√©roulent en secret et de nuit pour √©viter que son cercueil ne soit expos√© √† la d√©rision publique comme cela avait √©t√© le cas pour son pr√©d√©cesseur.

Sous son r√®gne, toutefois, la France conna√ģt de grands succ√®s militaires sur le continent europ√©en et acquiert pacifiquement le duch√© de Lorraine et le duch√© de Bar, et acquiert la Corse. En revanche elle perd le contr√īle d'une grande partie de son empire au profit de la domination coloniale britannique : sp√©cialement la Nouvelle-France en Am√©rique comme la pr√©pond√©rance aux Indes.

Sommaire

Enfance

Louis XV est n√© le 15 f√©vrier 1710 √† Versailles. Il est le troisi√®me fils de Louis de France, duc de Bourgogne, et surnomm√© le Petit Dauphin, et de Marie-Ad√©la√Įde de Savoie. Il est ainsi l'arri√®re-petit-fils de Louis XIV. De ses deux fr√®res a√ģn√©s, √©galement pr√©nomm√©s Louis, le premier (titr√© duc de Bretagne) mourra en 1706 √† l'√Ęge d'un an, le second (reprenant le titre de duc de Bretagne), n√© une ann√©e plus tard, ne vivra que cinq ans.

√Ä sa naissance, en pleine guerre de succession d'Espagne, le futur Louis XV, titr√© duc d'Anjou - titre port√© pr√©c√©demment par le pr√©tendant Fran√ßais au tr√īne espagnol - est imm√©diatement confi√© √† sa gouvernante, la duchesse de Ventadour. Il n'est alors pas destin√© √† r√©gner, se pla√ßant au quatri√®me rang dans l'ordre de succession dynastique. Avant lui doivent logiquement r√©gner le fils de Louis XIV, le Grand Dauphin, puis son p√®re le Petit Dauphin, et enfin son fr√®re a√ģn√©, le duc de Bretagne. Mais entre 1710 et 1715, une s√©rie de morts dans la famille royale met brusquement le jeune prince en premi√®re ligne dans la succession de Louis XIV : le Grand Dauphin meurt de la variole le 14 avril 1711. L'ann√©e suivante, une ¬ę rougeole maligne ¬Ľ emporte le Petit Dauphin et son √©pouse les 18 et 12 f√©vrier 1712.

Les deux fils a√ģn√©s du duc de Bourgogne, les ducs de Bretagne et d'Anjou, contractent √©galement la maladie. L'a√ģn√©, Bretagne, meurt le 9 mars 1712. Le jeune duc d'Anjou, √Ęg√© alors d'√† peine deux ans, devient alors l'h√©ritier du tr√īne de France avec le titre de Dauphin du Viennois, abr√©g√© en Dauphin. Malade, sa sant√© est scrut√©e avec attention par Louis XIV, roi vieillissant et suffisamment affect√© par les pertes familiales r√©centes pour se laisser √† pleurer devant ses ministres. On craint longtemps pour la sant√© du jeune prince, mais petit √† petit il se remet, soign√© par sa gouvernante et prot√©g√© par elle des abus de saign√©e qui ont vraisemblablement caus√© la mort de son fr√®re[1].

En 1714, Louis est confi√© √† un pr√©cepteur, l'abb√© Perot. Celui-ci lui apprend √† lire et √† √©crire, ainsi que des rudiments d'histoire et de g√©ographie et, bien s√Ľr, lui donne l'enseignement religieux n√©cessaire au futur "Roi tr√®s chr√©tien". En 1715, le jeune dauphin re√ßoit √©galement un ma√ģtre √† danser, puis un ma√ģtre √† √©crire. Son confesseur est le P√®re Le Tellier.


Le jeune roi

Le futur Louis XV commence sa vie publique peu de temps avant la mort de son trisa√Įeul Louis XIV. Le 19 f√©vrier 1715, Louis XIV re√ßoit en effet en grande pompe dans la galerie des Glaces de Versailles l'ambassadeur de Perse. Il associe son successeur qui vient d'avoir cinq ans √† la c√©r√©monie, le pla√ßant √† sa droite. En avril 1715, l'enfant participe avec le vieux roi √† la c√©r√©monie de la C√®ne du Jeudi saint et participe au Lavemement des pieds. Il est toujours accompagn√© de sa gouvernante, madame de Ventadour. Dans les derniers temps de la vie de Louis XIV, le futur roi participe ainsi √† plusieurs d√©fil√©s militaires et c√©r√©monies visant √† lui donner l'habitude de la vie publique[2].

Louis XV en costume de sacre

Le 26 ao√Ľt, sentant la mort venir, Louis XIV fait entrer le jeune Louis dans sa chambre, l'embrasse, et lui parle avec gravit√© de sa future t√Ęche de roi, dans des mots qui sont par la suite pass√©s √† la post√©rit√© qui y a vu une sorte de testament politique du grand roi et de ses remords sur son action :



¬ę Mignon, vous allez √™tre un grand roi, mais tout votre bonheur d√©pendra d'√™tre soumis √† Dieu et du soin que vous aurez de soulager vos peuples. Il faut pour cela que vous √©vitiez autant que vous le pourrez de faire la guerre : c'est la ruine des peuples. Ne suivez pas le mauvais exemple que je vous ai donn√© sur cela ; j'ai souvent entrepris la guerre trop l√©g√®rement et l'ai soutenue par vanit√©. Ne m'imitez pas, mais soyez un prince pacifique, et que votre principale application soit de soulager vos sujets[3]. ¬Ľ




Louis XIV meurt cinq jours plus tard, le 1er septembre 1715.

Les 3 et 4 septembre 1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi d'abord en se rendant √† la messe de requiem c√©l√©br√©e pour le feu roi, √† la chapelle de Versailles, ensuite en recevant l'assembl√©e du clerg√© venue c√©l√©brer son av√®nement. Le 12, il encha√ģna sur un lit de justice, l'une des c√©r√©monies les plus solennelles de la monarchie, le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l'Universit√© de Paris et de l'Acad√©mie fran√ßaise, les jours suivants, sur les r√©ceptions d'ambassadeurs venus pr√©senter leurs condol√©ances, etc. Malgr√© son jeune √Ęge, il dut se plier √† la m√©canique du gouvernement et de la cour et jouer son r√īle de repr√©sentation.

En 1717, ayant atteint l'√Ęge de raison, son √©ducation est d√©sormais confi√©e √† un gouverneur, le duc de Villeroy et √† un pr√©cepteur, Andr√© Hercule de Fleury, √©v√™que de Fr√©jus. On lui apprend d√©sormais le latin, les math√©matiques, la cartographie, le dessin, des rudiments d'astronomie, mais aussi √† chasser. L'√©ducation manuelle n'est pas non plus n√©glig√©e : en 1717, il apprend un peu de typographie, et en 1721, il s'initie √† tourner le bois. Depuis 1719, il avait des ma√ģtres de musique. Contrairement √† Louis XIV, il n'avait que peu d'affinit√©s pour la musique mais √©tait attir√© par l'architecture.

La régence du duc d’Orléans

Article d√©taill√© : R√©gence (1715-1723).

La monarchie fran√ßaise a depuis le Moyen √āge fix√©, et de mani√®re stricte, les r√®gles de succession. Elle a cependant peu de r√®gles concernant les r√©gences. Ces p√©riodes sont redout√©es comme propices aux troubles √† cause de la faiblesse du pouvoir royal. Louis XIV, voyant ses descendants mourir avant lui, a donc r√©gl√© les probl√®mes de r√©gence qui allaient se poser apr√®s sa mort. Il songeait √©galement que, le petit Louis XV √©tant seul de sa lign√©e et fragile, il fallait assurer une succession au tr√īne. Cela entra√ģna donc, √† la fin du r√®gne de Louis XIV, plusieurs modifications des coutumes, et notamment le fait que les enfants b√Ętards de Louis XIV aient √©t√© d√©clar√©s ¬ę successibles ¬Ľ.

Le principal danger dynastique vient en effet de l'Espagne, dot√©e d'un roi Bourbon qui, normalement, avait (par le trait√© d'Utrecht) renonc√© √† tout droit au tr√īne, mais qui aurait bien pu √©voquer l‚Äôindisponibilit√© de la couronne pour faire valoir ses droits en cas de d√©c√®s de Louis XV sans enfant.

Le Régent, Philippe d'Orléans, à qui Louis XIV a confié le jeune roi, est donc amené à prendre quelques libertés avec les instructions de l'ancien roi, et ce afin de protéger Louis XV et de commencer à assurer son autorité.

La première mesure prise par le Régent est de ramener Louis XV et la Cour à Paris. C'est aller contre les volontés de Louis XIV, mais se rapprocher du peuple. Le souvenir de la Fronde est encore vif, et le Régent souhaite construire un lien fort entre le peuple de Paris et le jeune roi, afin d'éviter tout trouble. Après un passage par Vincennes de septembre à décembre 1715, Louis XV s'installe au palais des Tuileries. Le peuple parisien se prend alors d'affection pour ce jeune roi.

Un des premiers actes politiques de Philippe d'Orl√©ans est √©galement sa volont√© de donner des garanties au Parlement, pour compenser le retour √† Paris de la Cour et la libert√© prise par le R√©gent avec les instructions de Louis XIV. Il lui redonne notamment le droit de remontrance, que Louis XIV avait fortement r√©duit en le cantonnant √† des remontrances post√©rieures √† la prise de d√©cision royale. En ces temps de faiblesse du pouvoir, les parlements (et principalement le Parlement de Paris) se pr√©sentent comme des repr√©sentants du peuple, malgr√© la v√©nalit√© de leurs charges et leur composition quasi exclusivement issue de la noblesse de robe. Cela leur donne le pouvoir de s'opposer au R√©gent, notamment par des gr√®ves appel√©es ¬ę cessations d'activit√© ¬Ľ. Le premier conflit appara√ģt en 1717-1718, √† propos des soucis financiers dus √† la banqueroute de Law.

D'autres conflits apparaissent régulièrement, liés notamment au problème janséniste et à l'application de la Bulle Unigenitus. En rompant avec la mainmise de Louis XIV sur les droits des parlements, le Régent ouvre la porte à une ère de contestations que Louis XV aura bien du mal ensuite à contrer.

La R√©gence marque aussi un changement d'alliances pour la France. Alors qu'elle avait auparavant nou√© une solide alliance avec l'Espagne, voisine g√©ographique et alli√©e catholique, le R√©gent opte au contraire pour un √©loignement d'avec l'Espagne et un rapprochement avec les puissances du nord de l'Europe. C'est ainsi qu'il noue des contacts avec l'Angleterre et les Pays-Bas, pourtant protestants. En 1717 na√ģt la Triple alliance de La Haye liant France, Pays-Bas et Angleterre, augment√©e, en 1718, de l'alliance avec l'Autriche. Tout cela inqui√®te le roi Philippe V d'Espagne √† tel point que, des incidents diplomatiques aidant, France et Espagne se livrent une courte guerre en 1719.

Sur le plan économique, la Régence est une période de vitalité et d'expérimentations. Mais l'échec du système de Law et les réticences qui suivent concernant le crédit et l'investissement ralentissent, à terme, la modernisation de l'économie.

La Régence laisse donc au jeune roi Louis XV, lorsqu'il prend effectivement les rênes du pouvoir, en 1723, un royaume à la fois héritier de la monarchie absolutiste de Louis XIV et des ouvertures parfois fragilisatrices du Régent. Cela influence considérablement le règne de Louis XV[4].

Le règne

Les débuts du règne de Louis XV

Le jeune Louis XV est sacré et couronné à Reims le 25 octobre 1722. Il atteint sa majorité (13 ans) l'année suivante, et est déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. Cependant, encore trop jeune pour régner par lui-même, il laisse l'exercice effectif du pouvoir tout d'abord au duc d'Orléans et au cardinal Dubois. Les deux meurent à quelques mois d'intervalle, à la fin de l'année 1723.

C'est le duc de Bourbon, prince du sang, qui devient alors le principal conseil du roi. Pendant que celui-ci termine son √©ducation et s'adonne √† de nouveaux plaisirs, comme ceux de la chasse, le duc de Bourbon cherche √† trouver une √©pouse pour le roi. La premi√®re pressentie, Marie-Anne-Victoire de Bourbon, avait √©t√© fianc√©e en 1721 √† Louis XV, alors qu'elle n'avait que trois ans. Mais le duc de Bourbon, craignant que le jeune roi, de sant√© fragile, ne d√©c√®de sans enfant m√Ęle s'il fallait attendre que sa fianc√©e soit en √Ęge d'avoir des enfants, et craignant alors de perdre sa place privil√©gi√©e en cas de transmission de la couronne √† la branche d'Orl√©ans, rompt les fian√ßailles en 1725.

La recherche d'une autre fianc√©e parmi les princesses d'Europe est dict√©e par la sant√© fragile du roi, qui n√©cessite une rapide descendance. C'est sans doute la principale raison du mariage de Louis XV avec Marie LeszczyŇĄska, fille du roi d√©tr√īn√© de Pologne Stanislas LeszczyŇĄski. Le mariage n'est d'abord pas tr√®s bien vu en France, la jeune reine √©tant per√ßue comme de trop faible extraction pour un roi de France. Mais les √©poux se plaisent (malgr√© les sept ans qui les s√©parent, Marie LeszczyŇĄska ayant 22 ans et Louis XV seulement 15) et la reine est rapidement appr√©ci√©e du peuple pour sa charit√©. Le mariage est c√©l√©br√© √† Fontainebleau le 5 septembre 1725.

À la suite de ce mariage, et malgré l'insistance de la reine qui le considérait comme son mentor, Louis XV écarte le duc de Bourbon du pouvoir et l'exile dans ses terres à Chantilly. Avec cet exil, Louis XV décide également de supprimer la charge de premier ministre[5]. Il appelle auprès de lui le cardinal de Fleury, son ancien précepteur. Celui-ci commence alors auprès du roi une longue carrière à la tête du royaume, de 1726 à 1743[6]

Le ministère du cardinal de Fleury

Le cardinal de Fleury

Le renvoi du duc de Bourbon marque le d√©but du r√®gne personnel du roi adolescent. En fait, se r√©fugiant derri√®re l'ombre tut√©laire du feu Louis XIV, le jeune roi, orphelin trop t√īt, abandonnera la totalit√© du pouvoir au cardinal de Fleury, le pr√©cepteur fid√®le qui avait su capter son affection. Ainsi, bien qu'instruit et d√©sireux d'accomplir au mieux sa charge, il commence son r√®gne le 16 juin 1726 en fixant les cadres de son gouvernement, annon√ßant √† son "Conseil d'En Haut" ,outre la fin de la charge de premier ministre, sa fid√©lit√© √† la politique de Louis XIV, son arri√®re-grand-p√®re : ¬ę Mon intention est que tout ce qui regarde les fonctions des charges aupr√®s de ma personne soient sur le m√™me pied qu'elles √©taient sous le feu Roi mon bisa√Įeul. [...] Enfin, je veux suivre en tout l'exemple du feu Roi mon bisa√Įeul. ¬Ľ. ¬ę Je leur [aux conseillers] fixerai des heures pour un travail particulier, auquel l'ancien √©v√™que de Fr√©jus [le cardinal de Fleury] assistera toujours. ¬Ľ[7].

De 1726 jusqu'√† sa mort en 1743, le cardinal dirige donc la France aux c√īt√©s du roi.

La situation est alors in√©dite. C'est la premi√®re fois qu'un ancien pr√©cepteur de roi devient de facto premier ministre. Louis XV, d√©sireux de garder aupr√®s de lui un mentor auquel il √©tait profond√©ment attach√©, qui avait d√©j√† des charges importantes et en qui il avait totale confiance, donne au cardinal de Fleury un pouvoir extr√™mement √©tendu. Les pr√®s de dix-sept ans o√Ļ Fleury administre au jour le jour le royaume, pour l'historien Michel Antoine, ¬ę "d√©limitent dans le r√®gne une p√©riode caract√©ristique et importante, tant pour l'extension du royaume et son rayonnement dans le monde et pour les affaires int√©rieures, que pour l'administration, la l√©gislation et l'√©conomie"[8]. ¬Ľ.

Une nouvelle équipe autour du roi

Si le cardinal de Fleury est un homme √Ęg√© en 1726 (il a soixante-treize ans), le reste des ministres et tr√®s proches conseillers du roi se renouvelle et est compos√© d'hommes plus jeunes qu'auparavant. Les changements sont nombreux, mais ensuite la p√©riode du minist√®re Fleury est marqu√©e par une grande stabilit√©.

Fleury fait revenir le Chancelier d'Aguesseau, renvoy√© en 1722. Il ne retrouve cependant pas toutes ses pr√©rogatives, puisque les sceaux et les Affaires √©trang√®res sont confi√©es √† Germain Louis Chauvelin, pr√©sident √† mortier du Parlement de Paris. Le comte de Maurepas devient secr√©taire d'√Čtat √† la Marine, √† vingt-cinq ans.

C'est la p√©riode la plus pacifique et prosp√®re du r√®gne de Louis XV, malgr√© d'importants troubles avec le parlement de Paris et les jans√©nistes. Apr√®s les pertes humaines et financi√®res subies √† la fin du r√®gne de Louis XIV, le gouvernement de Fleury a souvent √©t√© qualifi√© de ¬ę r√©parateur ¬Ľ. Il est difficile de d√©terminer avec exactitude le degr√© d'intervention du roi dans les d√©cisions de Fleury, mais il est certain que Louis XV a soutenu sans rel√Ęche son mentor et qu'il n'est jamais all√© v√©ritablement contre ses volont√©s. Pour Michel Antoine, Louis XV, extr√™mement timide, ¬ę resta pratiquement en tutelle jusqu'√† l'√Ęge de trente-deux ans[9] ¬Ľ.

Avec l'aide des contr√īleurs g√©n√©raux des finances Michel Robert Le Peletier des Forts (1726-1730) et surtout Philibert Orry (1730-1745), "Monsieur le Cardinal" parvint √† stabiliser la monnaie fran√ßaise (1726) et finit par √©quilibrer le budget du royaume en 1738. L'expansion √©conomique √©tait au cŇďur des pr√©occupations du gouvernement. Les voies de communications furent am√©lior√©es, avec l'ach√®vement en 1738 du canal de Saint-Quentin, reliant l'Oise √† la Somme, √©tendu ult√©rieurement vers l'Escaut et les Pays-Bas, et principalement la construction syst√©matique d'un r√©seau routier sur l'ensemble du territoire national. Le corps des Ing√©nieur des ponts et chauss√©es construisit un ensemble de routes modernes, partant de Paris selon le sch√©ma en √©toile qui forme encore l'ossature des routes nationales actuelles. Au milieu du XVIIIe si√®cle, la France s'√©tait dot√©e de l'infrastructure routi√®re la plus moderne et la plus √©tendue du monde. Le commerce fut √©galement stimul√© par le Bureau et le Conseil du Commerce. Le commerce maritime ext√©rieur de la France grimpa de 80 √† 308 millions de livres entre 1716 et 1748. Cependant, les lois rigides √©dict√©es auparavant par Colbert ne permirent pas √† l'industrie de profiter pleinement de ce progr√®s √©conomique.

Le pouvoir de la monarchie absolue s'exerça lors de la répression des oppositions jansénistes et gallicanes. L'agitation causée par les illuminés du cimetière Saint-Médard à Paris (les Convulsionnaires, un groupe de jansénistes qui prétendait que des miracles survenaient dans le cimetière) cessa en 1732. Sur un autre front, après l'exil de 139 parlementaires en province, le parlement de Paris dut enregistrer la bulle papale Unigenitus et fut dorénavant interdit de s'occuper des affaires religieuses.

En ce qui concerne les affaires √©trang√®res, Fleury a recherch√© la paix √† tout prix en pratiquant une politique d'alliance avec la Grande-Bretagne, tout en se r√©conciliant avec l'Espagne. En septembre 1729, apr√®s sa troisi√®me grossesse, la reine donna finalement naissance √† un gar√ßon, Louis-Ferdinand, qui devint aussit√īt dauphin. Cette arriv√©e d'un h√©ritier m√Ęle, qui assurait la p√©rennit√© de la dynastie, fut accueillie avec une immense joie et c√©l√©br√©e dans toutes les sph√®res de la soci√©t√© fran√ßaise et √©galement dans la plupart des cours europ√©ennes. Le couple royal √©tait √† l'√©poque tr√®s uni, se manifestait un amour r√©ciproque et le jeune roi √©tait extr√™mement populaire. La naissance d'un gar√ßon √©cartait √©galement le risque d'une crise de succession et le probable affrontement avec l'Espagne qui en aurait r√©sult√©.

En 1733, malgr√© la politique pacifiste de Fleury, le roi, convaincu par son secr√©taire d'√Čtat aux Affaires √©trang√®res, Germain Louis Chauvelin (1727-1737), intervint finalement dans la guerre de Succession de Pologne pour tenter de remettre son beau-p√®re Stanislas LeszczyŇĄski sur le tr√īne de Pologne. L'intervention sans conviction de la France contre l'Autriche ne permit pas de renverser le cours de la guerre et Stanislas ne retrouva pas son tr√īne. Nonobstant, et avec beaucoup d'habilet√©, le cardinal de Fleury r√©ussit √† programmer le rattachement des duch√©s de Lorraine et deBar au Royaume. Il n'y eut plus d√©sormais d'obstacle entre Paris et le Rhin.

Ces duch√©s √©taient possession du jeune duc Fran√ßois III , fils du duc L√©opold Ier qui, nomm√© vice-roi de Hongrie par l'empereur en 1731, pr√©mices d'une carri√®re plus prometteuse, en avait confi√© la r√©gence √† sa m√®re, √Člisabeth Charlotte d'Orl√©ans, sŇďur du feu r√©gent. Proche parent et alli√© des Habsbourg, Fran√ßois III vivait √† Vienne o√Ļ il avait √©t√© appel√© par l'Empereur du Saint-Empire Charles VI, qui l'avait pressenti pour √©pouser sa fille a√ģn√©e et h√©riti√®re Marie-Th√©r√®se. Une telle union aurait consid√©rablement renforc√© la puissance autrichienne qui poss√©dait d√©j√† aux fronti√®res de la France, les Provinces belges et le Luxembourg. L'empire prot√©geait la route du Rhin et se rapprochait dangereusement de Paris.

Les troupes fran√ßaises occup√®rent rapidement le Barrois et la Lorraine. La paix fut sign√©e d√®s 1735. Par le trait√© de Vienne (novembre 1738), le beau-p√®re de Louis XV obtint √† titre viager les duch√©s de Lorraine et de Bar en compensation de la seconde perte de son tr√īne polonais (avec l'objectif que le duch√© soit int√©gr√© au royaume de France √† sa mort par le biais de sa fille), tandis que le duc Fran√ßois III devenait h√©ritier du grand duch√© de Toscane avant d'√©pouser la jeune Marie-Th√©r√®se et de pouvoir pr√©tendre √† la couronne imp√©riale. Cette guerre, peu co√Ľteuse comparativement aux ponctions humaines et financi√®res exorbitantes des campagnes de Louis XIV, fut un franc succ√®s pour la diplomatie fran√ßaise. L'annexion de la Lorraine et du Barrois, effective en 1766 √† la mort de Stanislas, constitue la derni√®re expansion territoriale du royaume de France sur le continent avant la R√©volution.

Peu apr√®s ce r√©sultat, la m√©diation fran√ßaise dans le conflit entre le Saint-Empire et l'Empire ottoman aboutit au trait√© de Belgrade (septembre 1739), qui mit fin √† la guerre avec un avantage pour les Ottomans, alli√©s traditionnels des Fran√ßais contre les Habsbourgs depuis le d√©but du XVIe si√®cle. En cons√©quence, l'Empire ottoman renouvela les capitulations fran√ßaises, qui affirm√®rent la supr√©matie commerciale du royaume au Moyen-Orient. Apr√®s tous ces succ√®s, le prestige de Louis XV, arbitre de l'Europe, atteignit son sommet.

En 1740, la mort de l'empereur Charles VI et l'av√®nement de sa fille Marie Th√©r√®se d√©clencha la guerre de Succession d'Autriche. Le vieux cardinal de Fleury n'avait plus la force de s'y opposer et le roi succomba √† la pression du parti anti-autrichien de la cour : il entra en guerre en 1741 en s'alliant √† la Prusse. Ce conflit devait durer sept longues ann√©es. La France √©tait de nouveau entr√©e dans un cycle guerrier typique du r√®gne de Louis XIV. Fleury mourut avant la fin de la guerre, en janvier 1743. Le roi, suivant finalement l'exemple de son pr√©d√©cesseur, d√©cida alors de gouverner sans premier ministre.

Premiers signes d'impopularité

Louis XV, par Quentin de La Tour

√Ä la mort du cardinal de Fleury en 1743, le roi avait 33 ans. Il avait connu des ann√©es heureuses avec sa reine polonaise qui l'adulait et lui √©tait enti√®rement d√©vou√©e. Un enfant √©tait n√© presque chaque ann√©e. Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses √† r√©p√©tition, autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son √©pouse. De plus, la plupart de leurs enfants √©taient de sexe f√©minin, ce qui finit par indisposer le roi. Sur leurs dix enfants, il n'eurent que deux gar√ßons, et un seul surv√©cut, le dauphin. En 1734, pour la premi√®re fois, la reine se plaignit √† son p√®re des infid√©lit√©s du roi. Le roi tomba amoureux de Madame de Mailly, puis de sa jeune sŇďur Madame de Vintimille, puis √† sa mort d'une autre de leurs sŇďurs, Madame de Ch√Ęteauroux. La reine se r√©fugia alors dans la religion et les Ňďuvres de charit√©.

Un an apr√®s la mort de Fleury, se produisit un √©v√©nement qui allait marquer la personnalit√© du roi et la suite de la vie politique fran√ßaise: "L'√©pisode de Metz". Louis XV √©tait parti diriger ses arm√©es engag√©es sur le front de l'est dans la guerre de succession autrichienne. En ao√Ľt 1744, √† Metz, il tomba gravement malade et ses m√©decins pronostiqu√®rent une mort imminente. Les pri√®res se multipli√®rent √† travers le pays pour son salut. Sa ma√ģtresse, Madame de Ch√Ęteauroux, qui l'avait accompagn√©, dut le quitter tandis que la reine arrivait en h√Ęte.

Sous la pression du parti d√©vot, Monseigneur de Fitz-James, premier aum√īnier du roi, refusa de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses p√©ch√©s dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Tr√®s Chr√©tien. Colport√©e dans tout le pays par le clerg√©, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Pendant ce temps, les d√©vots, fort maladroitement, pla√ßaient ostensiblement un second oreiller dans le lit de la reine et poussait celle-ci, pourtant quadrag√©naire, √† s'habiller comme une adolescente, abusant du rouge et des parfums, ce qui seyait peu √† une femme de son √Ęge.

Le roi √©chappa √† la mort et, √† la suite de la messe d'Action de gr√Ęce c√©l√©br√©e en l'√©glise Notre-Dame de Metz en pr√©sence de la famille royale, le pays tout entier reprit les qualificatifs du c√©l√©brant et appela le roi "Louis le Bien-Aim√©".

Cependant Louis XV, en tant que roi, avait ressenti douloureusement l'humiliation que lui avait inflig√© le parti d√©vot. De retour √† Versailles, il d√©mit monseigneur de Fitz-James de ses fonctions d'aum√īnier, l'exila dans son dioc√®se et rappela Madame de Ch√Ęteauroux, mais celle-ci mourut avant sa rentr√©e en gr√Ęce officielle. Le roi, bien que sa vie sexuelle d√©r√©gl√©e le f√ģt souffrir d'un profond sentiment de culpabilit√©, ne renoua pas avec la reine.

La marquise de Pompadour

Jeanne Lenormant d'Etiolles, n√©e Poisson, rencontr√©e en 1745 lors du bal masqu√© donn√© √† l'occasion du mariage du dauphin Louis-Ferdinand, devint la favorite la plus c√©l√®bre du r√®gne. Le roi, pour pouvoir lui permettre d'√™tre pr√©sent√©e √† la cour et de devenir dame d'honneur de la reine, lui attribua une terre limousine tomb√©e en d√©sh√©rence : le marquisat de Pompadour.

Fille d'un financier, elle √©tait plut√īt belle, cultiv√©e, intelligente et sinc√®rement attach√©e au roi, mais avait contre elle d'appartenir au tiers √©tat, √©tant une bourgeoise proche des milieux financiers, ce que la cour et le peuple ne pardonn√®rent pas : les ma√ģtresses officielles de Louis XIV, et celles de Louis XV jusqu'√† pr√©sent, choisies dans les hautes sph√®res de l'aristocratie, avaient √©t√© d'autant plus tol√©r√©es qu'elles n'exer√ßaient aucune influence sur le gouvernement (√† l'exception de Madame de Maintenon).

Le fait que le roi se commette avec une roturi√®re provoqua un scandale orchestr√© par l'aristocratie, qui se sentait humili√©e de l'influence grandissante de la bourgeoisie dans la soci√©t√©, et reprise par le peuple qui ha√Įssait le monde de la finance qui l'exploitait... Parurent bient√īt des chansons et des pamphlets injurieux appel√©s ¬ę Poissonades ¬Ľ (par allusion aux ¬ę Mazarinades ¬Ľ du si√®cle pr√©c√©dent, le nom de jeune fille de la marquise √©tant Poisson), qui la brocardaient comme dans l'exemple suivant :

¬ę Fille de sangsue et sangsue elle-m√™me
Poisson d'une arrogance extrême
√Čtale en ce ch√Ęteau sans crainte et sans effroi
La substance du peuple et la honte du Roi ¬Ľ[10]

Malgr√© ces critiques, la marquise de Pompadour eut une influence ind√©niable sur l'√©panouissement des Arts durant le r√®gne de Louis XV. V√©ritable m√©c√®ne, la Marquise amassa une imposante collection de meubles et d'objets d'art dans ses diverses propri√©t√©s. Elle fut responsable du d√©veloppement de la manufacture de porcelaine de S√®vres, et ses commandes assur√®rent leur subsistance √† de nombreux artistes et artisans. Elle joua √©galement un r√īle important en architecture, √©tant √† l'origine de la construction de la place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde), et de l'√Čcole militaire de Paris, r√©alis√©es par Ange-Jacques Gabriel, un de ses prot√©g√©s. La Marquise d√©fendit √©galement le projet de l'Encyclop√©die contre les attaques de l'√Čglise. √Ä sa mani√®re, elle fut repr√©sentative de l'√©volution des mentalit√©s lors de ce si√®cle des Lumi√®res, bien qu'elle ne parvienne pas compl√®tement √† convertir le roi √† ses vues. L'√©talage de tout ce luxe dans ses propri√©t√©s lui valut bien des reproches, bien que sa famille, tr√®s riche, fourn√ģt √©galement une aide financi√®re au gouvernement et sauv√Ęt la monarchie de la banqueroute.

La marquise de Pompadour √©tait officiellement log√©e au troisi√®me niveau du ch√Ęteau de Versailles, au-dessus des appartements du roi. Elle y organisait des soupers intimes avec des invit√©s choisis, o√Ļ le roi oubliait les obligations de la cour qui l'ennuyaient. De sant√© fragile, et suppos√©e frigide, la Marquise devint d√®s 1750 une simple mais v√©ritable amie et confidente, apr√®s avoir √©t√© amante, et elle parvint √† conserver ses relations privil√©gi√©es avec le roi, jusqu'√† sa mort, ce qui est exceptionnel dans les annales des ma√ģtresses royales.

Ne pouvant satisfaire la sensualit√© du roi et pour √©viter d'√™tre √©vinc√©e par une rivale potentielle (ce qui fut sa hantise jusqu'√† la fin de sa vie), elle se chargea de ¬ę fournir ¬Ľ discr√®tement au roi, avec l'accord de leur famille (bien r√©mun√©r√©e), des jeunes filles peu farouches, de petite vertu et de peu d'intelligence qui, occupant les sens du roi, n'occupaient en revanche ni son cŇďur ni son esprit. Ainsi la marquise conservait son influence sur le roi... Les rencontres se faisaient apr√®s le passage des jeunes filles dans un lieu dont le nom seul offrait au fantasme et aux ragots : le parc-aux-cerfs.

Apr√®s 1750 donc, Louis XV, qui venait d'avoir 40 ans, s'engagea dans une s√©rie d'histoires sentimentales et sexuelles de courte dur√©e, la plus connue √©tant celle avec Marie-Louise O'Murphy. Le pavillon du parc-aux-cerfs servit √† abriter ces amours √©ph√©m√®res : les jeunes filles y √©taient examin√©es par un m√©decin avant d'√™tre men√©es discr√®tement dans la chambre du roi. La l√©gende a exag√©r√© les √©v√©nements qui s'y sont pass√©s, contribuant √† assombrir la r√©putation du souverain. Cette image de roi vieillissant et libidineux accapar√© par ses conqu√™tes f√©minines ne le quittera plus et entachera sa m√©moire, bien qu'il n'ait √©t√© gu√®re diff√©rent de Fran√ßois Ier ou de Henri IV de ce point de vue.

Première tentative de réforme

Toutes ces histoires amoureuses n'emp√™chaient pas Louis XV de travailler, mais il lui manquait l'in√©puisable √©nergie de son arri√®re-grand-p√®re. Pendant les dix-sept ann√©es du gouvernement de Fleury, il avait form√© son jugement mais n'avait pu forger sa volont√©. D√©cid√© √† diriger seul le royaume, il s'√©vertuait √† suivre les instructions de son a√Įeul : ¬ę √Čcoutez, consultez votre Conseil, mais d√©cidez ¬Ľ. Cependant, il n'avait pas assez confiance en soi pour appliquer efficacement ce pr√©cepte. Sa correspondance politique r√©v√®le sa profonde connaissance des affaires publiques et la justesse de son raisonnement. Il √©prouvait en revanche des difficult√©s √† d√©cider, et quand il y √©tait oblig√©, se montrait comme tous les timides, brutal.

Louis XV en habit de sacre

Amical et compr√©hensif avec ses ministres, du moins en apparence, sa disgr√Ęce tombait soudainement, sans pr√©venir, sur ceux qu'il estimait l'avoir desservi. Sa direction √©tait souple, les ministres ayant une grande ind√©pendance, mais il leur √©tait difficile de savoir si leurs actions convenaient au souverain. La plupart du travail gouvernemental s'effectuait dans des comit√©s auxquels le roi ne participait pas, ce dernier si√©geant dans le Conseil d'en haut, cr√©√© par Louis XIV, charg√© des secrets d'√Čtat concernant la religion, la diplomatie et la guerre. Divers partis s'affrontaient, celui des d√©vots, dirig√© par le comte d'Argenson, secr√©taire d'√Čtat √† la guerre, oppos√© √† celui du parti philosophique emmen√© par Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, contr√īleur g√©n√©ral des finances, et soutenu par la marquise de Pompadour, qui agissait comme un ministre sans portefeuille. Appuy√©e par de puissants financiers (P√Ęris-Duverney, Montmartel‚Ķ), elle obtint du roi la nomination de certains ministres (Bernis secr√©taire d'√Čtat aux affaires √©trang√®res en 1757) autant que leur r√©vocation (Orry, contr√īleur g√©n√©ral des finances en 1745 malgr√© ses quinze ans de loyaux services et efficaces ; Maurepas, secr√©taire d'√Čtat √† la marine en 1749). Sur son conseil, le roi approuva la politique de justice fiscale de Machault d'Arnouville. Afin de combler le d√©ficit du royaume, qui s'√©levait √† 100 millions de livres en 1745, Machault d'Arnouville cr√©a un imp√īt pr√©levant un vingti√®me des revenus, qui concernait √©galement les privil√©gi√©s (√©dit de Marly, 1749). Cette br√®che dans le statut privil√©gi√© du clerg√© et de la noblesse, traditionnellement dispens√©s, les premiers effectuant un "don gratuit" au tr√©sor et s'occupant des pauvres et de l'enseignement, les seconds payant "l'imp√īt du sang" sur les champs de bataille, √©tait une premi√®re dans l'histoire de France, bien qu'elle ait √©t√© d√©j√† envisag√©e par des esprits visionnaires comme Vauban au temps de Louis XIV.

Cette nouvelle taxe fut accueillie avec hostilit√© par les √©tats provinciaux qui avaient encore le pouvoir de d√©cider de leur politique fiscale. Le clerg√© et le parlement s'oppos√®rent √©galement violemment au nouvel imp√īt. Press√© par son entourage et par la cour, Louis XV abandonna la partie et en exempta le clerg√© en 1751. Finalement, le ¬ę vingti√®me ¬Ľ finit par se fondre dans une augmentation de la taille, qui ne touchait pas les classes privil√©gi√©es. Ce fut la premi√®re d√©faite de la ¬ę guerre de l'imp√īt ¬Ľ engag√©e contre les privil√©gi√©s.

√Ä la suite de cette tentative de r√©forme, le parlement de Paris, s'emparant du pr√©texte de la querelle entre le clerg√© et les jans√©nistes, adressa des remontrances au roi (avril 1753). Le parlement, constitu√© d'aristocrates privil√©gi√©s et de roturiers anoblis, s'y proclamait le ¬ę d√©fenseur naturel des lois fondamentales du royaume ¬Ľ contre l'arbitraire de la monarchie et pr√©sentait le roi comme un tyran.

Politique extérieure

Louis XV en armure

√Ä l'√©tranger, la politique du roi devenait incoh√©rente. Cette p√©riode √©tait domin√©e par la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) qui avait d√©but√© sous le gouvernement de Fleury. Cette guerre opposait les Fran√ßais et les Prussiens contre les Autrichiens, les Britanniques et les Hollandais. La derni√®re partie de la guerre fut marqu√©e par une s√©rie de victoires fran√ßaises : bataille de Fontenoy (1745), bataille de Rocourt (1746), bataille de Lauffeld (1747). En particulier, la bataille de Fontenoy, remport√©e par le mar√©chal de Saxe, est consid√©r√©e comme une des plus √©clatantes victoires des Fran√ßais contre les Britanniques. √Ä la suite de cet √©pisode, la France occupait tout le territoire de l'actuelle Belgique et Louis XV n'√©tait pas loin de r√©aliser le vieux r√™ve fran√ßais d'√©tablir la fronti√®re septentrionale du pays le long du Rhin.

Cependant, avec le trait√© d'Aix-la-Chapelle en 1748, le roi rendit toutes ses conqu√™tes √† l'Autriche, √† l'indignation du peuple, la consternation de ses g√©n√©raux et √† la surprise des puissances europ√©ennes. Louis XV, qui n'avait pas le temp√©rament belliqueux de son pr√©d√©cesseur et qui avait compris que jamais l'Angleterre ne laisserait les ports belges devenir fran√ßais et que le temps √©tait venu de contrecarrer les nouvelles puissances √©mergentes protestantes (Angleterre, Prusse) pour sauvegarder l'ordre ancien repr√©sent√© par la France et l'Autriche catholiques, se satisfaisait d'un royaume hexagonal, qu'il appelait son pr√© carr√©. Il pr√©f√©rait cultiver son pr√© carr√© plut√īt que de chercher √† l'√©tendre. Les seuls changements notables en Europe furent l'annexion par la Prusse de la Sil√©sie, riche r√©gion mini√®re Austro-Boh√™me, et le retour du minuscule duch√© de Parme √† la derni√®re des Farn√®se, la reine douairi√®re d'Espagne; le duch√© fut attribu√©e au fils cadet de celle-ci, l'infant Philippe, gendre depuis 1739 de Louis XV. Louis d√©clara qu'il avait conclu la paix ¬ę en roi et non en marchand ¬Ľ. Sa g√©n√©rosit√© fut salu√©e en Europe dont il devint l'arbitre.

Cependant, en France sa popularit√© en p√Ętit largement. Le peuple avait pardonn√© √† Louis XIV ses imp√īts, ses ma√ģtresses et ses d√©penses somptuaires, celui-ci ayant toujours su donner √† ses fins de guerres des allures de victoires. De la m√™me fa√ßon, pour Louis XV, les sc√®nes de Metz (1744) comptaient peu aux yeux de la population en regard des victoires de la guerre de succession autrichienne. Mais la nouvelle de l'abandon des Pays-Bas √† l'Autriche - en opposition avec les int√©r√™ts fran√ßais tels que les avaient d√©finis Richelieu puis Louis XIV - fut accueillie avec incr√©dulit√© et amertume.

Les Parisiens utilis√®rent alors l'expression ¬ę b√™te comme la paix ¬Ľ. On avait "travaill√© pour le roi de Prusse". Tant d'effort et de vies humaines pour donner une couronne - minuscule - √† la fille du roi, alors que la couronne imp√©riale √©tait conserv√©e par les Habsbourg puisque l'ex-duc de Lorraine, √©poux de la reine de Hongrie avait √©t√© √©lu Empereur en 1745. La montagne avait accouch√© d'une souris.

On peut √† ce titre consid√©rer que 1748 fut marqu√©e par la premi√®re manifestation d'une opinion publique fran√ßaise, port√©e par un nationalisme √©mergeant que le monarque n'avait pas compris. La pr√©sence aux c√īt√©s du roi de la marquise de Pompadour, fortement d√©cri√©e par l'aristocratie curiale qui n'h√©sitait pas √† faire courir les bruits les plus ignobles qui, sortant du palais, atteignaient le peuple, donnait du roi l'image d'un jouisseur √©go√Įste uniquement pr√©occup√© de ses plaisirs. Apr√®s cette ann√©e, sa popularit√© ne cessa de d√©cro√ģtre.

Retournement d'alliances

De plus, en 1756, le roi op√©ra un renversement d'alliance impromptu en rupture avec l'alliance franco-prussienne traditionnelle. Un nouveau conflit europ√©en √©tait en pr√©paration, la paix d'Aix-la-Chapelle ne constituant qu'une sorte de tr√™ve. Les Britanniques et les Fran√ßais se battaient d√©j√† en Am√©rique du Nord, sans d√©claration de guerre. En 1755, les Britanniques s'empar√®rent de 300 navires marchands fran√ßais violant plusieurs trait√©s internationaux. Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1756, le Royaume-Uni et la Prusse sign√®rent un trait√© de ¬ę neutralit√© ¬Ľ. √Ä Paris et Versailles, le parti philosophique et la marquise de Pompadour furent d√©√ßus de cette trahison du roi Fr√©d√©ric II de Prusse, qui √©tait auparavant consid√©r√© comme un souverain √©clair√©, ami des philosophes. Fr√©d√©ric II avait m√™me accueilli Voltaire √† Potsdam quand ce dernier s'√©tait retrouv√© en disgr√Ęce suite aux manŇďuvres du parti d√©vot. Mais Fr√©d√©ric II √©tait surtout anim√© par des motifs politiques dans le but de consolider la puissance prussienne. Il avait d√©j√† abandonn√© ses alli√©s fran√ßais en signant des trait√©s s√©par√©s avec l'Autriche en 1742 et 1745. La marquise de Pompadour n'appr√©ciait pas Fr√©d√©ric II, snob et misogyne, qui la tenait dans le plus grand m√©pris, allant jusqu'√† appeler un de ses chiens ¬ę Pompadour ¬Ľ. Pendant la m√™me p√©riode, les responsables fran√ßais commenc√®rent √† percevoir le d√©clin relatif de l'Empire autrichien, qui ne repr√©sentait plus le m√™me danger qu'au d√©but de la dynastie Habsbourg, aux XVIe et XVIIe si√®cles, alors qu'ils contr√īlaient l'Espagne et la plus grande partie de l'Europe. La Prusse apparaissait maintenant comme la puissance √©mergente la plus mena√ßante. C'est dans ce contexte que la marquise de Pompadour et le parti philosophique convainquirent le roi de l'int√©r√™t de ce retournement d'alliances. Par le trait√© de Versailles sign√© le 1er avril 1756, le roi, contre l'avis de ses ministres, s'allia avec l'Autriche en mettant fin √† deux si√®cles de conflit avec les Habsbourg.

√Ä la fin du mois d'ao√Ľt 1756, Fr√©d√©ric II envahit la Saxe sans d√©claration de guerre et vainquit facilement les arm√©es saxonnes et autrichiennes, mal pr√©par√©es. Le sort r√©serv√© √† la famille √©lectrice de Saxe fut particuli√®rement brutal, l'√©lectrice Marie-Jos√®phe succombant √† ces mauvais traitements. Ces exactions choqu√®rent l'Europe et particuli√®rement la France. La femme du dauphin, sŇďur du prince Fran√ßois-Xavier de Saxe, fille de l'√©lecteur et de l'√©lectrice de Saxe, fit une fausse couche en apprenant la nouvelle. Louis XV se trouva contraint d'entrer en guerre. Entre-temps, la Grande-Bretagne avait d√©j√† d√©clar√© la guerre √† la France le 18 mai 1756. Ce sera la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui aura des cons√©quences importantes en Grande-Bretagne et en France.

Les guerres

Trois grandes guerres vont se succ√©der et ternir l'image du roi et de son r√®gne: la Guerre de Succession de Pologne ( 1733-1738), la Guerre de Succession d'Autriche (1740‚Äď1748) et la Guerre de Sept Ans (1756-1763).

La guerre de Succession de Pologne

Article d√©taill√© : Guerre de Succession de Pologne.

√Ä la mort d‚ÄôAuguste II en 1733, son fils, Auguste III, et Stanislas Ier, ancien roi de Pologne d√©chu en 1709, beau-p√®re de Louis XV, se disputent le tr√īne.

Alors que les querelles des partisans d'Auguste II et ceux de Stanislas divisent le pays, la mort d‚ÄôAuguste II en 1733, vient d√©chainer les passions. son fils, Auguste III, et Stanislas Ier se disputent le tr√īne. La crise se transforme en guerre de succession


La Guerre de Succession d'Autriche

Article d√©taill√© : Guerre de Succession d'Autriche.

La guerre de Succession d'Autriche (1740‚Äď1748, trait√© d'Aix-la-Chapelle) est un conflit europ√©en n√© de la Pragmatique Sanction, par laquelle l'empereur Charles VI du Saint-Empire l√®gue √† sa fille Marie-Th√©r√®se d'Autriche les √Čtats h√©r√©ditaires de la Maison des Habsbourg.

La Guerre de Sept Ans

Article d√©taill√© : Guerre de Sept Ans.

Ce conflit opposa principalement la France √† la Grande-Bretagne d‚Äôune part, l‚ÄôAutriche √† la Prusse d‚Äôautre part. Cependant, par le jeu des alliances et des opportunismes, la plupart des pays europ√©ens et leurs colonies se sont retrouv√©s en guerre. Le d√©but de la guerre est g√©n√©ralement dat√© 29 ao√Ľt 1756 (attaque de la Saxe par Fr√©d√©ric II) bien que l‚Äôaffrontement ait d√©but√© plus t√īt dans les colonies d‚ÄôAm√©rique du Nord avant de d√©g√©n√©rer en guerre ouverte en Europe.


Tentative d'assassinat

Louis XV

A l'int√©rieur du royaume, le m√©contentement s'amplifiait, aliment√© par le train de vie de la Cour et ce qui √©tait per√ßu comme une incomp√©tence du roi √† gouverner. En se repla√ßant dans une perspective historique, il appara√ģt que Louis XV n'√©tait pas incomp√©tent, bien qu'il manqu√Ęt certainement de volont√©. D'autre part, les d√©penses de la cour n'√©taient pas sp√©cialement √©lev√©es, compar√©es √† celles des pr√©c√©dents monarques fran√ßais, ou encore d'autres cours europ√©ennes, comme celle de Russie qui d√©pensait des sommes astronomiques pour construire les palais de Saint-P√©tersbourg. Pourtant, telle √©tait la perception qu'en avait le peuple de France, √©galement influenc√© par la campagne violente √† l'encontre de la marquise de Pompadour.

Peut-√™tre est-ce ce contexte qui poussa Robert Fran√ßois Damiens √† essayer de tuer le roi. Le 5 janvier 1757, Damiens entra au palais de Versailles, parmi les milliers de personnes qui essayaient d'obtenir des audiences royales. Vers 18 heures, le roi revenait de visiter sa fille qui √©tait souffrante et s'appr√™tait √† entrer dans son carrosse pour retourner √† Trianon, quand Damiens franchit la haie de gardes et le frappa avec une lame de 8,1 cm. Louis XV portait d'√©pais v√™tements d'hiver et la lame ne p√©n√©tra que d'un centim√®tre, entre les 4e et 5e c√ītes. Cependant, on craignait un √©ventuel empoisonnement. On tortura √† plusieurs reprises Damiens, pour savoir s'il avait des complices, mais il appara√ģt que cet homme, serviteur de membres du parlement de Paris, √©tait un d√©s√©quilibr√© qui avait surtout entendu beaucoup de discours critiques √† l'encontre du roi.

Louis XV √©tait plut√īt enclin √† pardonner, mais il s'agissait de la premi√®re tentative de meurtre d'un monarque fran√ßais depuis l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac en 1610, et il dut accepter un proc√®s pour r√©gicide. Jug√© par le parlement de Paris, Damiens fut ex√©cut√© le 28 mars 1757 sur la place de Gr√®ve, dans des conditions effroyables. La main qui avait tenu le couteau fut br√Ľl√©e avec du soufre, on lui entailla ensuite les membres et la poitrine avant d'y introduire du plomb fondu, ses quatre membres furent arrach√©s par des chevaux (√©cart√®lement) et son tronc finalement jet√© aux flammes. Une foule immense assista √† ce spectacle, les balcons des maisons de la place de Gr√®ve furent lou√©s jusqu'√† 100 livres (plus de 500 euros actuels) aux femmes de l'aristocratie.

Le roi √©tait d√©j√† si impopulaire que l'√©lan de sympathie provoqu√© par cette tentative de meurtre disparut rapidement avec l'ex√©cution de Damiens, dont l'inhumanit√© pourtant laissa le parti philosophique de marbre. Louis XV lui-m√™me n'y √©tait pas pour grand-chose, les d√©tails de cette horrible mise √† mort ayant √©t√© √©labor√©s par le parlement de Paris, peut-√™tre avec le souci de se r√©concilier avec le monarque. Mais plus que tout, le peuple ne pardonnait pas au roi de ne pas s'√™tre s√©par√© de la Pompadour. L'ambassadeur d'Autriche √©crivait √† Vienne : ¬ę le m√©contentement public est g√©n√©ral. Toutes les conversations tournent autour du poison et de la mort. Le long de la galerie des glaces apparaissent des affiches mena√ßant la vie du roi ¬Ľ.

Louis XV, qui avait conserv√© un calme royal le jour de la tentative d'assassinat, parut profond√©ment affect√© et d√©prim√© dans les semaines qui suivirent. Toutes les tentatives de r√©formes furent abandonn√©es. Sur la proposition de la marquise de Pompadour, il renvoya deux de ses ministres les plus d√©cri√©s, le comte d'Argenson (secr√©taire d'√Čtat √† la guerre) et Machault d'Arnouville (Garde des Sceaux et pr√©c√©demment contr√īleur g√©n√©ral des finances), et introduisit Choiseul dans le gouvernement.

La fin de la guerre

L'ascension de Choiseul, sous l'influence de la marquise de Pompadour, marque une certaine victoire du parti philosophique. Fait pair de France, le nouvel homme fort du gouvernement autorise la publication de l'Encyclopédie et contribue à la dissolution des jésuites. Il réforme la structure de la marine et de l'armée et essaye d'étendre les colonies françaises dans les Antilles.

Avec le d√©sastre de Rossbach et les nombreuses d√©faites dans les colonies, Choiseul, successivement √† la t√™te de la diplomatie et du minist√®re de la guerre et de la marine, cherche √† arr√™ter rapidement la guerre. Le trait√© de Paris (1763), reconna√ģt une importante d√©faite fran√ßaise, avec la perte de la Nouvelle-France et de l'Inde au profit des Britanniques.

Dissolution des jésuites

L'opposition aux jésuites était autant alimentée par les jansénistes, les gallicans que les philosophes et encyclopédistes. Après la faillite de l'établissement jésuite de la Martinique, dirigée par le père Antoine La Valette, le parlement, saisi par les créanciers, confirma en appel le 8 mai 1761 un jugement ordonnant le paiement des dettes sous peine de saisie des biens des jésuites.

Il s'ensuivit toute une s√©rie d'actions qui allaient aboutir √† leur disparition. Sous la direction de l'abb√© Chauvin, le 17 avril 1762, la constitution de l'ordre fut √©pluch√©e par le parlement, on mit en exergue des √©crits de th√©ologiens j√©suites, afin de les accuser d'enseigner toutes sortes d'erreurs et de consid√©rations immorales. Le 6 ao√Ľt, un arr√™t ordonnait la dissolution de l'ordre, mais un d√©lai de huit mois leur fut accord√© par Louis XV. Apr√®s avoir refus√© un compromis, ils furent contraint de fermer leurs coll√®ges le 1er avril 1763, puis, le 9 mars 1764, ils durent renoncer √† leurs vŇďux sous peine de bannissement. √Ä la fin novembre 1764, Louis XV signa un acte de dissolution de l'ordre dans tout le royaume.

Fin de règne

Les ann√©es 1760 furent √©galement marqu√©es par des deuils : En 1752, le roi avait d√©j√† perdu sa fille pr√©f√©r√©e Henriette. En 1759, mourut son a√ģn√©e, la duchesse de Parme. En 1761, la mort du duc de Bourgogne, √Ęg√© de dix ans, fils a√ģn√© du dauphin, enfant pr√©coce et prometteur, fut vivement ressentie. En 1763 mourut √† Sch√∂nbrunn l'intelligente et romanesque petite-fille du roi, √©pouse de l'archiduc h√©ritier d'Autriche, Marie-Isabelle de Bourbon-Parme. En avril 1764 mourut sa ma√ģtresse et "amie de vingt ans" la Marquise de Pompadour. En 1765, le roi perdit successivement son fils, dauphin, dont la vie morale irr√©prochable l'√©difiait et son gendre le duc de Parme. En f√©vrier 1766, le vieux roi Stanislas mourait presque nonag√©naire √† Lun√©ville. L'ann√©e suivante, ce fut le tour de la dauphine, veuve inconsolable qui avait contract√© la maladie de son mari en le soignant. Enfin, en juin 1768, mourut la reine.

Toujours culpabilisé par sa vie intime, le roi ne vit pas sans tristesse la plus jeune de ses filles entrer en 1770 au Carmel, pensant par là obtenir de Dieu le pardon des fautes de son père.

Pour √©viter que la sensualit√© du roi veuf ne le pousse √† des exc√®s, le parti d√©vot soutenu par les filles du roi, et notamment sa fille carm√©lite, proposa alors de remarier le souverain, √† la beaut√© intacte malgr√© ses 58 ans, avec l'archiduchesse √Člisabeth, mais celle-ci vit sa grande beaut√© compromise par une attaque de petite v√©role et le projet de mariage fit long feu. Entre-temps, le duc de Richelieu, grand seigneur libertin, s'√©tait entremis pour donner √† Louis XV une nouvelle ma√ģtresse.

Madame du Barry. Portrait par √Člisabeth Vig√©e Le Brun (1781).

La fin du règne fut en effet marquée par l'arrivée dans la vie du roi de Madame du Barry, officiellement présentée à la cour en 1769.

Le ministre Choiseul montra ouvertement son hostilit√© pour la ma√ģtresse royale. Le roi, convaincu de l'incapacit√© de Choiseul √† faire face √† la fronde du parlement, finit par le renvoyer en 1770. Il fut remplac√© de fait par Ren√© Nicolas de Maupeou, devenu Garde des sceaux de France en 1768, qui s'appliqua √† restaurer l'autorit√© royale. Les membres du parlement s'√©tant mis en gr√®ve, Maupeou les fit arr√™ter par des mousquetaires en exigeant qu'ils reprennent leur service. Devant leur refus, ils furent exil√©s. Il entreprit alors une r√©forme structurelle fondamentale. La justice, jusqu'alors administr√©e par des magistrats dont la charge √©tait h√©r√©ditaire, devint une institution publique, avec des fonctionnaires pay√©s par l'√Čtat.

Le 26 avril 1774, se d√©clar√®rent les sympt√īmes de la petite v√©role, alors que Louis XV √©tait au Petit Trianon.

Le parlement de Paris envoya le dimanche 1er mai 1774, Nicolas F√©lix Vandive, conseiller notaire secr√©taire Maison et Couronne de France, greffier au Grand Conseil, pour s'enqu√©rir de la sant√© du roi, comme nous l'apprend en son fameux journal le libraire parisien Sim√©on-Prosper Hardy : ¬ę la nouvelle cour du Parlement n'avait pas manqu√©, suivant l'usage ordinaire, de d√©puter le nomm√© Vandive, l'un des premiers principaux commis au greffe de la Grand Chambre et de ses notaires secr√©taires, pour aller √† Versailles savoir des nouvelles de la sant√© du Roi, le Comte de Lusace fut aussi pr√©sent lors de l'agonie du roi. Mais ce secr√©taire ne pouvoit rendre compte de sa mission √† l'inamovible compagnie que le mardi suivant, attendue la vacance accoutum√©e du lundi 2 mai ¬Ľ.

Il mourut de ces suites (septic√©mie aggrav√©e de complications pulmonaires) le 10 mai 1774, √† 15 heures 30, au ch√Ęteau de Versailles, dans l'indiff√©rence du peuple et la r√©jouissance d'une partie de la cour[11]. Il laissa le tr√īne √† son petit-fils, le futur Louis XVI.

Postérité

Enfants légitimes

La reine Marie et le dauphin Louis-Ferdinand, par Alexis Simon Belle.

Marie LeszczyŇĄska donna √† Louis XV dix enfants, dont trois moururent en bas-√Ęge :

  1. 14 ao√Ľt 1727 : Louise √Člisabeth (1727-1759) surnomm√©e Madame (en tant que fille a√ģn√©e du roi) ou Madame Premi√®re (puis Madame Infante)
  2. 14 ao√Ľt 1727 : Anne Henriette (1727-1752), sŇďur jumelle de la pr√©c√©dente, surnomm√©e Madame Seconde (puis Madame Henriette)
  3. 28 juillet 1728 : Marie Louise, Madame Troisi√®me (puis Madame Louise) (‚Ć19 f√©vrier 1733), morte d‚Äôune √©pid√©mie de rhume.
  4. 4 septembre 1729 : Louis-Ferdinand, dauphin (‚Ć 20 d√©cembre 1765)
  5. 30 ao√Ľt 1730 : "Philippe" Louis, duc d'Anjou (‚Ć7 avril 1733)
  6. 23 mars 1732 : Marie Ad√©la√Įde, Madame Quatri√®me (puis Madame Troisi√®me, puis Madame Ad√©la√Įde puis Madame) (‚Ć27 f√©vrier 1800)
  7. 11 mai 1733 : Victoire Louise Marie Th√©r√®se, Madame Quatri√®me (puis Madame Victoire) (‚Ć7 juin 1799)
  8. 27 juillet 1734 : Sophie Philippe √Člisabeth Justine, Madame Cinqui√®me (puis Madame Sophie) (‚Ć3 mars 1782)
  9. 16 mai 1736 : Th√©r√®se F√©licit√©, Madame Sixi√®me (puis Madame Th√©r√®se) (‚Ć28 septembre 1744)
  10. 15 juillet 1737 : Louise Marie, Madame Septi√®me (puis Madame Louise), en religion sŇďur Marie-Th√©r√®se de Saint-Augustin (‚Ć 23 d√©cembre 1787).

Favorites, ma√ģtresses et enfants adult√©rins

Louis XV, comme Louis XIV, eut √©galement un certain nombre d'enfants adult√©rins de nombreuses ma√ģtresses. Ses quatre premi√®res ma√ģtresses furent quatre sŇďurs, quatre des cinq filles de Louis III de Mailly, Marquis de Nesle et de Mailly, Prince d'Orange.

Tous ses enfants adult√©rins, autres que Louis de Vintimille, naquirent de jeunes filles non mari√©es, appel√©es les ¬ę petites ma√ģtresses ¬Ľ. Hant√© par les mauvais souvenirs li√©s aux b√Ętards de son arri√®re-grand-p√®re, Louis XV se refusa toujours √† les l√©gitimer. Il subvint √† leur √©ducation et s'arrangea pour leur donner une place honorable dans la soci√©t√©, mais ne les rencontra jamais √† la cour.

Seuls furent légitimés Louis de Vintimille et l'abbé de Bourbon.

Ses ma√ģtresses et favorites furent :

  • Louise Julie de Mailly-Nesle, comtesse de Mailly (1710-1751), √©pouse en 1726 son cousin Louis-Alexandre, comte de Mailly. Elle devient ma√ģtresse en 1733, favorite en 1736, et est supplant√©e en 1739 par sa sŇďur Pauline. Elle rentre en gr√Ęce en 1741, mais est renvoy√©e de la cour en 1742 √† la demande de sa sŇďur Marie-Anne ;
  • Pauline de Mailly-Nesle, comtesse de Vintimille (1712-1741), ma√ģtresse de Louis XV elle √©pouse en 1739 Jean-Baptiste, Comte de Vintimille (1720-1777). Elle est m√®re de :
    • Charles de Vintimille (1741-1814) dit le Demi-Louis car il ressemblait beaucoup √† Louis XV. Marquis du Luc, Madame de Pompadour tenait tellement pour assur√© qu'il √©tait de naissance royale que, souffrant de n'avoir pas d'enfants avec le roi et d√©sireuse de porter des petits enfants en commun, elle nourrit en 1751 de le marier √† sa fille Alexandrine; il √©pousera (1764) Ad√©la√Įde de Castellane (1747-1770), dont post√©rit√© ;
  • Diane Ad√©la√Įde de Mailly-Nesle, duchesse de Lauraguais (1713-1760) ;
  • Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle, duchesse de Ch√Ęteauroux (1717-1744).
  • Hortense de Mailly-Nesle, marquise de Flavacourt, fut aussi pendant un temps soup√ßonn√©e de liaison intime avec le roi, mais cette hypoth√®se fut rapidement √©cart√©e au profit de ses quatre sŇďurs.
  • La Marquise de Pompadour de son vrai nom Jeanne Antoinette Poisson, (1721-1764), fille d'un financier v√©reux exil√© en 1725. Elle √©pouse en 1741 Charles-Guillaume Le Normant d'√Čtiolles et a deux enfants dont Alexandrine Le Normant d'√Čtiolles (1744-1754) qui est √©lev√©e en princesse et anoblie Mlle de Cr√©cy. Elle devient de 1745 √† 1751 la ma√ģtresse du roi, et est honor√©e en 1752 du tabouret et des pr√©rogatives de duchesse. Elle est dame du palais de la reine en 1756, mais doit quitter Versailles quelque temps en 1757 suite √† une cabale ;
  • La Comtesse du Barry (Jeanne B√©cu, 1743 - guillotin√©e en 1793) : fille naturelle d'Anne B√©cu, couturi√®re, et de Jean-Baptiste Gomard de Vaubernier. Elle m√®ne une vie modeste √† Paris et se livre √† la prostitution sous le nom de Mlle Lange. Elle devient en 1768 la ma√ģtresse du roi auquel Jean, comte du Barry (dont elle a √©t√© la ma√ģtresse) l'a pr√©sent√©e. Louis XV lui fait √©pouser la m√™me ann√©e Guillaume du Barry (fr√®re de Jean), puis la pr√©sente √† la Cour en 1769. Elle avait dit un jour devant Louis XV : ¬ę La France, ton caf√© fout le camp ! ¬Ľ - car tel √©tait le surnom qu'elle donnait √† son valet. Elle se retire de la Cour √† la mort du roi, puis √©migre en Grande-Bretagne en 1792 pour y cacher ses diamants : elle est arr√™t√©e au retour et condamn√©e √† mort pour avoir dissip√© les tr√©sors de l'√Čtat, conspir√© contre la R√©publique et port√© le deuil de Louis XVI. Avant d'√™tre guillotin√©e √† Paris, elle supplia : ¬ę Encore un moment, messieurs les bourreaux. ¬Ľ ;
  • Marie-Louise O'Murphy (1737-1815) dite Mlle de Morphise, fille de Daniel O'Murphy d'origine irlandaise elle √©pouse : 1¬į) Jacques Pelet de Beaufranchet en 1755, 2¬į) Fran√ßois Nicolas Le Normand en 1759, et 3¬į) Louis-Philippe Dumont en 1798, d√©put√© du Calvados √† la Convention, dont elle divorcera la m√™me ann√©e. Elle est la m√®re de :
    • Agathe Louise de Saint-Antoine de Saint-Andr√© (n√©e le 20 juin 1754 √† Paris-1774) qui √©pousera en 1773 Ren√©-Jean-Mans de La Tour du Pin (1750-1781), Marquis de la Charce.
  • Fran√ßoise de Chalus, duchesse de Narbonne-Lara (1734-1821), duchesse de Narbonne-Lara, fille de Gabriel de Ch√Ęlus, seigneur de Sansac, elle √©pousera en 1749 Jean-Fran√ßois, duc de Narbonne-Lara. Elle est la m√®re de :
    • Philippe, duc de Narbonne-Lara (1750-1834) qui √©pouse en 1771 Antoinette Fran√ßoise Claudine de La Roche-Aymon, et de
    • Louis-Marie, Comte de Narbonne-Lara (1755-1813) qui √©pousera en 1782 Marie Ad√©la√Įde de Montholon, dont post√©rit√©.
  • Marguerite-Catherine Haynault (1736-1823), fille de Jean-Baptiste Haynault, entrepreneur de tabac elle √©pouse en 1766 Blaise d'Arod, Marquis de Montm√©las. Elle est la m√®re de :
    • Agn√®s Louise de Montreuil (1760-1837), qui √©pousera en 1788 Gaspar d'Arod (1747-1815), Comte de Montm√©las, dont post√©rit√©, et de
    • Anne Louise de La R√©ale (1763-1831) qui √©pousera en 1780 le Comte de Geslin (1753-96).
  • Lucie Madeleine d'Estaing (1743-1826), sŇďur naturelle de l'amiral d'Estaing, elle √©pousera en 1768 Fran√ßois, Comte de Boysseulh. Elle est la m√®re de :
    • Agn√®s Lucie Auguste (1761-1822) qui √©pousera en 1777 Charles, Vicomte de Boysseulh (1753-1808), et de
    • Aphrodite Lucie Auguste (1763-1819) qui √©pousera en 1784 Louis Jules, Comte de Boysseulh (1758-1792).
  • Anne Couppier de Romans, baronne de Meilly-Coulonge (1737-1808) Baronne de Meilly-Coulonge, elle est la fille d'un bourgeois, Jean Joseph Roman Coppier. Elle entretient une liaison avec le roi de 1754 √† 1765, et √©pousera en 1772 Gabriel Guillaume de Siran, Marquis de Cavanac. Elles est la m√®re de :
    • Louis Aim√© de Bourbon (1762-1787), dit l'abb√© de Bourbon le seul enfant b√Ętard que Louis XV reconna√ģtra en 1762.
  • Louise-Jeanne Tiercelin de La Colleterie (1746-1779) dite Mme de Bonneval. Elle est la m√®re de :
    • Beno√ģt Louis Le Duc (1764-1837), abb√©.
  • Ir√®ne du Buisson de Longpr√© ( d√©c√©d√©e en 1767), fille de Jacques du Buisson, seigneur de Longpr√©, elle √©pousera en 1747 Charles Fran√ßois Filleul, conseiller du roi. Elle est la m√®re de :
    • Julie Filleul (1751-1822), qui √©pousera 1¬į) Abel Fran√ßois Poisson en 1767, Marquis de Vandi√®res, de Marigny, de M√©nars, etc., fr√®re de Madame de Pompadour ; 2¬į) Fran√ßois de La Cropte Marquis de Bourzac en 1783 dont elle divorcera en 1793.
  • Catherine √Čl√©onore B√©nard (1740-1769), fille de Pierre B√©nard, √©cuyer de la bouche du roi. Elle √©pouse en 1768 Joseph Starot de Saint-Germain, fermier g√©n√©ral qui sera guillotin√© en 1794. Elle est la m√®re de :
  • Marie Th√©r√®se Fran√ßoise Boisselet (1731-1800), qui √©pouse en 1771 Louis-Claude Cadet de Gassicourt. Elle est la m√®re de :

Louis XV ne compta donc en tout que treize enfants adult√©rins (c'est sans doute plus que 13 enfants ill√©gitimes) car le nombre de liaisons de Louis XV est la premi√®re des difficult√©s auxquelles on se heurte. La naissance royale n'est certaine que pour 8 enfants (3 gar√ßons et 5 filles). Madame de Pompadour fit toujours des fausses couches, et les naissances d'enfants naturels cess√®rent apr√®s la mort de celle-ci. Ajoutons une possible relation avec Fran√ßoise de Ch√Ęlus, dame d'honneur de sa fille, Marie-Adela√Įde. De cette union serait n√© en 1755 le comte Louis Marie Narbonne Lara.

Annexes

Bibliographie

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Fran√ßois Bluche, Louis XV, pp. 16-17
  2. ‚ÜĎ Fran√ßois Bluche, pp. 17 - 18.
  3. ‚ÜĎ Cit√© dans Fran√ßois Bluche, p. 19.
  4. ‚ÜĎ Fran√ßois Bluche, Louis XV, pp. 21 √† 25.
  5. ‚ÜĎ Michel Antoine, Louis XV, p. 161
  6. ‚ÜĎ Fran√ßois Bluche, Louis XV, p. 53.
  7. ‚ÜĎ Citations extraites de Michel Antoine, pp. 161 - 162.
  8. ‚ÜĎ Michel Antoine, Louis XV, p. 265.
  9. ‚ÜĎ Michel Antoine, Louis XV.
  10. ‚ÜĎ Ce quatrain est l'Ňďuvre d'un futur procureur g√©n√©ral au Parlement de Toulouse, le bailli de Ress√©guier, qui fut emprisonn√© √† Pierre-Encise pour l'avoir √©crit.
  11. ‚ÜĎ Voir Catriona Seth, "Le corps des Rois" dans Les Rois aussi en mouraient. Les Lumi√®res en lutte contre la petite v√©role, Paris, Desjonqu√®res, 2008.

Voir aussi

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