Louis Gabriel Suchet

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Louis Gabriel Suchet
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Louis Gabriel Suchet
Louis Gabriel Suchet, duc d'Albufera, maréchal de France, Jean-Baptiste Paulin Guérin
Louis Gabriel Suchet, duc d'Albufera, maréchal de France, Jean-Baptiste Paulin Guérin

Naissance 2 mars 1770
Lyon, France
DĂ©cĂšs 3 janvier 1826 (Ă  55 ans)
Marseille, France
Origine Royaume de France Royaume de France
AllĂ©geance Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume des Français
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Royaume de France
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 1791 - 1815
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléonniennes
Faits d'armes Armée du Danube
Campagne d'Égypte
Campagne d'Italie
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'IĂ©na
Distinctions LĂ©gion d'honneur
(Grand-croix)
Ordre du Saint-Esprit
Hommages Nom gravĂ© sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(33e colonne)
Autres fonctions Membre de la Chambre des pairs
Famille PÚre de Napoléon Suchet

Louis-Gabriel Suchet "Le marĂ©chal de la guerre d'Espagne" (Lyon, 2 mars 1770 - Marseille, 3 janvier 1826, inhumĂ© au cimetiĂšre du PĂšre-Lachaise (division 39)), duc d'Albufera, marĂ©chal d'Empire (1811). Tout comme le MarĂ©chal Davout, Suchet resta invaincu sur les champs de bataille.

Sommaire

Biographie

La famille Suchet est originaire du sud de l'ArdĂšche et pratique le commerce de la soie depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations. Fils de soyeux, dotĂ© d’une solide instruction, Suchet entre dans la Garde Nationale de LargentiĂšre en 1791 et y monte dans la hiĂ©rarchie jusqu’au grade de capitaine. Plein d'ardeur et de zĂšle, le jeune Suchet conquit rapidement, en 1792, les grades de sous-lieutenant, lieutenant et capitaine.

Révolution française

Louis Gabriel Suchet, Lieutenant-colonel au 4e bataillon de l'ArdĂšche en 1792, Vincent Nicolas Raverat (Moutiers-Saint-Jean, 1801 ; Paris, 1865), 1834.

Élu lieutenant-colonel par les volontaires de l’ArdĂšche en septembre 1793, chef du 4e bataillon de l'ArdĂšche, il est prĂ©sent au siĂšge de Toulon. Lors de celui-ci, une colonne britannique de 2 000 hommes rĂ©alisa une sortie afin de s’emparer des batteries françaises que Bonaparte avait installĂ©es afin d’entamer les structures d’un fort. Les Britanniques furent contre-attaquĂ©s et repoussĂ©s Ă  la baĂŻonnette par les soldats français, lors du corps Ă  corps, Suchet fit prisonnier le gĂ©nĂ©ral britannique Charles O'Hara.

PremiĂšre campagne d'Italie

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Italie (1796-1797).
Louis Gabriel Suchet, duc d'Albuféra, chef de bataillon à la huitiÚme demi-brigade en 1795, Joseph Albrier (1791-1863).

PassĂ© Ă  l'armĂ©e d'Italie, il assista, en 1794, aux combats de Vado, de Saint-Jacques et Ă  tous ceux qui furent livrĂ©s par la division Laharpe. En 1795, Ă  la bataille de Loano, Ă  la tĂȘte de son bataillon, il enleva trois drapeaux aux Autrichiens. Commandant, en 1796, un bataillon du 18e RĂ©giment dans la division MassĂ©na, il prit une part glorieuse aux combats de Dego, Lodi, Borghetto, Rivoli, Castiglione, Peschiera, Trente, Bassano, Arcole et Cerea, oĂč il fut dangereusement blessĂ©. À peine rĂ©tabli, il fit la campagne qui dĂ©cida le traitĂ© de Campo-Formio. À cette Ă©poque, le gĂ©nĂ©ral MassĂ©na l'envoya porter au gĂ©nĂ©ral en chef les drapeaux conquis dans la bataille de Tarvis.

Campagne d'Helvétie

BlessĂ© de nouveau Ă  Neumarck en Styrie, il fut nommĂ© chef de brigade sur le champ de bataille, en octobre 1797. En 1798, son rĂ©giment passa en Suisse. En 1798, Suchet est chef d'Ă©tat-major de Brune lors de la brĂšve campagne d’HelvĂ©tie. La conduite du colonel Suchet lui valut de nouveau l'honneur de porter Ă  Paris 23 drapeaux pris Ă  l'ennemi.

Nommé général de brigade à cette époque, il fut employé peu de temps aprÚs, en qualité de chef d'état-major, sous les ordres du général Joubert, dont il était l'ami. Le Piémont donnant alors des inquiétudes pour la retraite de l'armée, et Joubert ayant reçu ordre d'occuper ce pays à la fin de 1798, Suchet prépara cette expédition et par ses soins, elle se termina sans combats.

OccupĂ© Ă  rĂ©organiser l'armĂ©e, il se trouva en opposition avec le commissaire du Directoire, et cette lutte fit rendre contre lui, par un gouvernement soupçonneux et faible, un dĂ©cret par lequel il Ă©tait menacĂ© d'ĂȘtre portĂ© sur la liste des Ă©migrĂ©s, s'il ne rentrait pas en France sous trois jours. Il fallait obĂ©ir, mais Joubert, mĂ©content du rappel injuste de son ami, quitta brusquement le commandement et retourna dans sa famille. DĂšs son arrivĂ©e Ă  Paris, le gĂ©nĂ©ral Suchet se justifia pleinement, et fut presque aussitĂŽt envoyĂ© Ă  l'armĂ©e du Danube (5 avril 1799).

DĂ©tachĂ© dans les Grisons, et sĂ©parĂ© de l'armĂ©e pendant dix jours, il dĂ©fendit les positions de Davos, Bergen, et Pulgen ; trompa l'ennemi qui l'entourait, et rejoignit l'armĂ©e, par les sources du Rhin, vers le massif du Saint-Gothard, sans ĂȘtre entamĂ© ; mais il fut blessĂ©.

C’est lui qui porte ensuite les drapeaux ennemis pris au Directoire. DĂ©signĂ© comme major gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e d’Égypte, il dut se rendre Ă  Paris pour se disculper des fausses accusations portĂ©es contre sa gestion sous Brune en Suisse et ne put donc participer Ă  la campagne.

DeuxiĂšme campagne d'Italie

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Italie (1799-1800).

Absout, il rejoignit l'armĂ©e d'HelvĂ©tie comme chef d’état-major, sous MassĂ©na, passa en Italie avec le mĂȘme emploi sous Joubert, le successeur de Brune.

AprĂšs la campagne dĂ©sastreuse de SchĂ©rer, Joubert, ayant repris le commandement de l'armĂ©e d'Italie, fit nommer en 1799, gĂ©nĂ©ral de division et son chef d'Ă©tat-major, Suchet qui quittait alors l'armĂ©e du Danube. AprĂšs la bataille de Novi, oĂč la France perdit Joubert, Suchet continua ses fonctions sous Moreau et Championnet.

Au 18 brumaire, NapolĂ©on Bonaparte chargea MassĂ©na du commandement de l'armĂ©e d'Italie et lui donna Suchet pour lieutenant. CoupĂ© de l'armĂ©e de MassĂ©na, il se replie sur le Var, puis reprend GĂȘnes, le 22 juin 1800, quelques jours aprĂšs Marengo[1].

La campagne s'Ă©tant rouverte, en 1801, aprĂšs six mois d'armistice, le gĂ©nĂ©ral Suchet commanda le centre de l'armĂ©e, composĂ© de trois divisions fortes de 18 000 hommes. Au passage du Mincio, il secourut et dĂ©gagea le gĂ©nĂ©ral Dupont, et fit avec lui 4 000 prisonniers sur le gĂ©nĂ©ral Bellegarde au combat de Pozzolo.

AprÚs la paix de Lunéville, il fut nommé inspecteur général d'infanterie. Inspecteur général d'infanterie en 1801, il est bien connu du Premier Consul, car il a épousé en 1799 Honorine Anthoine de Saint-Joseph, fille de l'ainée des Clary et de Antoine-Ignace Anthoine, maire de Marseille.

L'Empire

En 1804, il alla commander une division au camp de Boulogne. Il y fut particuliÚrement chargé de faire creuser le port de Wimereux, et fut nommé peu aprÚs gouverneur du palais de Laeken, prÚs Bruxelles.

Campagne d'Allemagne

À l'ouverture de la campagne d'Allemagne (1805), sa division devint la premiĂšre du 5e Corps de la grande armĂ©e sous les ordres de Soult ; puis commandĂ©e par le marĂ©chal Lannes, elle se distingua Ă  Ulm et Ă  Hollabrunn.

Il s'illustre à la bataille d'Austerlitz à la suite de laquelle il est nommé Grand Aigle (Grand Croix) de la Légion d'honneur[2].

Campagne de Prusse

Dans la campagne de Prusse (1806), sa division remporta le premier avantage Ă  Saalfeld. Elle commença l'attaque Ă  IĂ©na [3] Elle se signala de nouveau en Pologne, oĂč elle rĂ©sista seule Ă  l'armĂ©e russe lors de la Bataille de PuƂtusk[4].Cette division battit encore les Russes Ă  OstroƂęka.

AprÚs la paix de Tilsitt, en 1807, le général Suchet prit ses cantonnements en Silésie, et commanda le 5e corps qui fut envoyé en Espagne l'année suivante.

Campagne d'Espagne

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Espagne (Empire).

Il est envoyĂ© en Espagne, il sera le seul des grands gĂ©nĂ©raux Ă  remporter de grandes victoires dans ce pays[5]. Seul marĂ©chal Ă  gagner son titre en Espagne, il rĂ©organisa ses unitĂ©s Françaises, Ă©tablit une discipline sĂ©vĂšre, administra sagement, ce qui lui donna l’affection des Espagnols. Suchet fut le seul des chefs Français Ă  rĂ©ussir complĂštement la pacification de la zone dont il Ă©tait chargĂ©. Il se distingue par une sĂ©rie impressionnante de menĂ©es Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e d'Aragon.

En dĂ©cembre 1808, la division de Suchet ouvrit le siĂšge de Saragosse, sur la droite de l'Èbre, oĂč elle obtint des succĂšs. NommĂ©, en avril 1809, gĂ©nĂ©ral en chef du 3e corps (armĂ©e d'Aragon), et gouverneur de cette province, le dĂ©part du 5e corps, la guerre de l'Autriche et le dĂ©labrement d'une armĂ©e trĂšs faible, rendirent sa position fort critique.

Le jour de son arrivĂ©e au commandement, le gĂ©nĂ©ral espagnol Blake se prĂ©senta avec 25 000 hommes devant Saragosse. Les troupes abattues demandaient la retraite ; Suchet leur communiqua son Ă©nergie, les conduisit Ă  l'ennemi, le battit Ă  Maria le 14 juin 1809, lui prit 30 piĂšces de canon et 4 000 hommes, et complĂ©ta sa dĂ©faite, le 18, Ă  Belchite.

Ces succÚs renversÚrent les projets des Espagnols qui voulaient se porter sur les Pyrénées. Son administration juste et modérée, son impartiale intégrité envers les habitants auxquels il conserva leurs emplois, sa protection particuliÚre pour le clergé, sa sévérité sur la discipline, lui attachÚrent les Aragonais et lui créÚrent des ressources.

Jean Charles Joseph Remond (1795-1875), SiÚge de Lerida par le général Suchet, le 14 mai 1810, 1836, Musée de l'Histoire de France (Versailles).
Jean Charles Joseph Remond (1795-1875), Le général de division Suchet, commandant le 3Úme corps de l'armée d'Espagne, reçoit la capitulation de la ville de Tortosa, 2 janvier 1811 (détail), 1837, Musée de l'Histoire de France (Versailles).
Jean Charles Joseph Remond (1795-1875), Prise de Tarragone en Catalogne par le général en chef Suchet, le 28 juin 1811, 1837, Musée de l'Histoire de France (Versailles).

Au milieu de la disette gĂ©nĂ©rale, son armĂ©e devint florissante, et aprĂšs une marche sur Valence, en janvier 1810, elle commença ses mĂ©morables campagnes. LĂ©rida, Ă©cueil des grands capitaines, tomba la premiĂšre en son pouvoir, le 13 mai, aprĂšs une victoire complĂšte remportĂ©e sur le gĂ©nĂ©ral O'Donnel, Ă  Margalef, le 13 avril, sous les murs de la place. Mequinenza fut forcĂ©e de capituler le 8 juin ; Tortose ouvrit ses portes le 12 janvier 1811, aprĂšs 13 jours de tranchĂ©e ouverte ; le fort San-Felipe, au col de Balanguer, fut pris d'assaut le 9 ; Tarragone, la Forte, succomba le 28 juin aprĂšs 56 jours de siĂšge, ou plutĂŽt d'une continuelle et terrible bataille, en prĂ©sence et sous le feu de l'escadre britannique, de ses troupes de dĂ©barquement et de l'armĂ©e espagnole de Catalogne. Le bĂąton de marĂ©chal d'Empire fut le prix de cette campagne[6] NapolĂ©on lui octroie le 8 juillet 1811.

En septembre 1811, le marĂ©chal ouvrit la campagne de Valence. Les forts de l'antique Sagonte, qui couvrent cette capitale, relevĂ©s Ă  grands frais par les Espagnols, l'arrĂȘtent. Oropesa fut assiĂ©gĂ© et pris le 25 aoĂ»t. La garnison de Sagonte avait repoussĂ© deux assauts[7]. Le 26 dĂ©cembre, ayant reçu le corps de rĂ©serve de la Havane, et, sans attendre les divisions de Portugal, il passa la Guadalavia, investit Valence, pressa le siĂšge et le bombardement, et força Blake Ă  capituler le 9 janvier 1812. Le 10, les Espagnols, au nombre de 17 500 hommes d'infanterie et 1 800 de cavalerie, se rendirent, et Valence fut occupĂ©e. Avant un mois, la place de Peñíscola et le fort de DĂ©nia tombĂšrent en son pouvoir, et complĂ©tĂšrent la conquĂȘte du royaume de Valence.

En janvier 1812, il est duc d’Albufera et gouverneur du pays de Valence[8],[9].

AprĂšs divers engagements victorieux, contre le gĂ©nĂ©ral Enrique JosĂ© O'Donnell et l'armĂ©e espagnole, et aprĂšs avoir reçu Ă  Valence les armĂ©es du Centre et du Midi qui s'y ralliĂšrent pour marcher contre l'armĂ©e britannique, le marĂ©chal fit, en juin 1813, lever le siĂšge de Tarragone, vivement pressĂ© par le gĂ©nĂ©ral Murray (en) qui perdit toute son artillerie.

La retraite de l'armée française au-delà des Pyrénées aprÚs la bataille de Vitoria, l'obligea d'évacuer Valence le 5 juillet, dix-huit mois aprÚs la reddition de cette ville. Il laissa des garnisons à Dénia, Sagonte, Peniscola, Tortose, Lérida et Mequinenza approvisionnées pour plus d'un an.

En septembre il battit lord Bentinck au col d'Ordal et fut alors nommĂ© colonel gĂ©nĂ©ral de la Garde impĂ©riale, en remplacement du duc d'Istrie (BessiĂšres), qui venait de trouver la mort Ă  la bataille de LĂŒtzen. Le duc d'AlbufĂ©ra occupa pendant six mois la Catalogne.

Vingt mille hommes lui ayant Ă©tĂ© demandĂ©s pour la France, en janvier 1814, il se rapprocha alors des PyrĂ©nĂ©es, et il fut Ă  GĂ©rone oĂč reçut Ferdinand VII, qu'il fut chargĂ© de conduire Ă  l'armĂ©e espagnole. MalgrĂ© la faiblesse de son armĂ©e, rĂ©duite Ă  neuf mille hommes, le duc d'AlbufĂ©ra persista Ă  rester en Espagne pour assurer la rentrĂ©e de 18 000 hommes de garnison, et surtout pour empĂȘcher l'ennemi d'envahir la frontiĂšre. Il est encore vainqueur Ă  Molino del Rey en janvier 1814. La frontiĂšre des PyrĂ©nĂ©es-Orientales reste inviolĂ©e jusqu'Ă  la chute de l'Empire.

PremiĂšre Restauration

Louis Gabriel Suchet
Gault - Le maréchal Suchet, duc d'Albufera (1770-1826).jpg
AdĂšle Gault, d'aprĂšs Jean-Baptiste Paulin GuĂ©rin (1783–1855), Le marĂ©chal Suchet, duc d'Albufera (1770-1826), MusĂ©e de l'ArmĂ©e, Paris.

Mandats
Royaume de France Royaume de France
Membre de la Chambre des pairs
4 juin 1814 – mars 1815
Monarque Louis XVIII de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Membre de la Chambre des pairs
2 juin 1815 – 24 juillet 1815
Monarque NapolĂ©on Ier
Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Royaume de France
Membre de la Chambre des pairs
5 mars 1819 – 3 janvier 1826
Monarque Louis XVIII
Charles X
Successeur Napoléon Suchet
(À titre hĂ©rĂ©ditaire)
Biographie
PĂšre Jean Pierre Suchet (1736-1789)
MĂšre Marie-Anne Jacquier (1742-ca 1789)
Conjoint Honorine Anthoine de Saint-Joseph (1790-1884)
Enfants Louise Honorine ( † 1885)
Napoléon (1813-1877)
Marie (1820-1835)

Instruit officiellement de l'abdication de l'Empereur, et croyant voir le vƓu de la nation dans ce dĂ©cret du sĂ©nat, ralliĂ© Ă  la Restauration, il fit reconnaĂźtre Louis XVIII par l'armĂ©e dont le gouvernement royal lui conserva le commandement.

De retour à Paris, il fut nommé pair de France, gouverneur de la 10e division militaire , commandeur de Saint-Louis, et, en décembre suivant, gouverneur de la 5e division à Strasbourg.

Tant que les Bourbons demeurĂšrent sur le territoire français, le duc d'AlbufĂ©ra resta fidĂšle au serment qu'il leur avait prĂȘtĂ© et maintint les troupes dans l'obĂ©issance : restĂ© sans ordres ni instructions du gouvernement royal, et jugeant, par les premiers actes du congrĂšs de Vienne, que les forces Ă©trangĂšres se disposaient Ă  envahir la France.

Les Cent-Jours

Pendant les Cent-Jours, le marĂ©chal se rendit Ă  Paris, le 30 mars 1815, dix jours aprĂšs l'arrivĂ©e de NapolĂ©on Ier, pour recevoir de nouveaux ordres. Il reçut le 5 avril celui de se rendre Ă  Lyon pour y rassembler une armĂ©e. Suchet reçoit le commandement de l’armĂ©e Française des Alpes le 15 juin[10]. Il fut nommĂ©, le 27 juin suivant, membre de la Chambre impĂ©riale des pairs.

À la tĂȘte de ces nouvelles troupes, il se porta vers les Alpes, battit les PiĂ©montais, le 15 juin, et quelques jours aprĂšs les Autrichiens Ă  Conflans. L'arrivĂ©e de la grande armĂ©e autrichienne Ă  GenĂšve l'obligea de quitter la Savoie et de se replier sur Lyon.

AprĂšs Waterloo

Instruit, le 11 juillet, que la bataille de Waterloo[11] venait de replacer le sceptre dans la main des Bourbons, le duc d'AlbufĂ©ra, pour Ă©viter une guerre civile, conclut avec les Autrichiens une capitulation honorable qui, en sauvant sa ville natale, conserva Ă  la France pour dix millions de matĂ©riel d'artillerie. Le mĂȘme jour, 11 juillet, il envoya trois gĂ©nĂ©raux pour annoncer au roi qu'il Ă©tait reconnu par l'armĂ©e, dont le commandement lui fut continuĂ©.

Exclu de la Chambre des pairs par l'ordonnance du 24 juillet 1815, Ă©poque Ă  laquelle la rĂ©action royale commençait Ă  exercer ses fureurs, le duc d'AlbufĂ©ra fut rappelĂ© dans cette chambre par une ordonnance du 5 mars 1819. Par des raisons de cour, il ne fit pas partie de la campagne d'Espagne (1823), sous les ordres du duc d'AngoulĂȘme[rĂ©f. nĂ©cessaire], et mourut Ă  Marseille, le 3 janvier 1826, ĂągĂ© de 55 ans seulement. Sa dĂ©pouille fut transportĂ©e Ă  Paris.

Hommages

Publications

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext Maréchal-comte de l'Empire GCLH.svg
Blason Suchet (comte de l'Empire).svg
Armes du 1er Comte Suchet et de l'Empire (19 mars 1808, lettres patentes du 24 juin 1808), gĂ©nĂ©ral de brigade (3 germinal an VI (23 mars 1798)), gĂ©nĂ©ral de division (22 messidor an VII (10 juillet 1799)), marĂ©chal de l'Empire (8 juillet 1811), LĂ©gionnaire (19 frimaire an XII : 11 dĂ©cembre 1803), puis Grand officier (25 prairial an XII : 14 juin 1804), puis Grand aigle de la LĂ©gion d'honneur (8 fĂ©vrier 1806, confirmĂ© Grand-croix de l'ordre royal de la LĂ©gion d'honneur le 16 aoĂ»t 1816), Chevalier de l'Ordre de la Couronne de Fer (23 dĂ©cembre 1807), Commandeur de l'Ordre de Saint-Henri de Saxe (22 septembre 1808),

CoupĂ©, au 1, parti, du quartier des comtes militaires de l'Empire et d'or Ă  un demi-vol d'aigle renversĂ© de sable ; au 2 de gueules au pont d'or, sommĂ© d'un lion passant du mĂȘme tenant de la patte dextre un rinceau de grenadier d'or.[12],[13],[14],[15],[16]

Orn ext Maréchal-Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Famille Suchet Albufera.svg
Armes du duc d'Albufera et de l'Empire (11 janvier 1813), Commandeur de Saint-Louis (24 septembre 1814), Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, Pair de France (4 juin 1814, 2 juin 1815 (Cent-Jours), révoqué le 24 juillet 1815, réintégré par lettres patentes du 5 mars 1819, duc et pair avec dispense de majorat par autres lettres du 9 novembre 1824),

Parti de trois traits, coupĂ© d'un autre, qui fait huit quartiers : au 1, d'or, Ă  quatre vergettes de gueules, Ă  trois fers de pique d'argent, 2 et 1, brochant sur le tout; au 2, d'argent, Ă  une tour sommĂ©e de trois tourelles de sable; au 3, contre-Ă©cartelĂ©, de gueules Ă  une tour de sable, et d'or Ă  un arbre de sinople; au 4, d'argent, Ă  trois pals ondĂ©s d'azur; au 5, d'azur, Ă  une galĂšre d'argent de six rames, surmontĂ©e des lettres S A G, et acc. en pointe d'un dauphin et d'une coquille d'argent; au 6, d'or, Ă  quatre vergettes de gueules, et un lis d'argent, brochant sur le tout; au 7, d'azur, Ă  une tour sommĂ©e de trois tourelles de sable, sur une terrasse de sinople; au 8, d'or, Ă  cinq Ă©toiles d'azur, 2, 1 et 2. Sur le tout: coupĂ©, au 1, parti, Ă  dextre, d'azur Ă  une Ă©pĂ©e d'argent, montĂ©e d'or; Ă  sĂ©nestre, d'or Ă  un demi-vol d'aigle renversĂ© de sable; au 2 de gueules au pont d'or, sommĂ© d'un lion passant du mĂȘme tenant de la patte dextre un rinceau de grenadier d'or. Au chef des ducs de l'Empire brochant. Supports: deux lĂ©opards lionnĂ©s[12],[13],[14],[15],[16].

Notes et références

Tombe de Suchet au cimetiÚre du PÚre-Lachaise. Le buste est sculpté par David d'Angers.
  1. ↑ À la tĂȘte d'un faible corps de 5 000 hommes, Ă  peine vĂȘtus, sans magasins et sans ressources, pour lutter contre 60 000 hommes commandĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Melas, Suchet prit une part brillante aux rĂ©sultats de la campagne de GĂȘnes et du Var, non moins mĂ©morable par les talents et la prodigieuse activitĂ© qu'il y dĂ©ploya, que par l'inĂ©branlable courage de ses troupes, au milieu des plus grands dangers et des privations les plus absolues. SĂ©parĂ© de la droite de l'armĂ©e par la prise de Saint-Jacques, il lutta pendant 38 jours avec succĂšs et dĂ©fendit pied Ă  pied la riviĂšre de GĂȘnes. Les forces de l'ennemi l'ayant obligĂ© Ă  se retirer derriĂšre le Var, il s'y retrancha et conserva une tĂȘte de pont. Les efforts de MĂȘlas, renouvelĂ©s pendant 16 jours et soutenus par une escadre britannique, Ă©chouĂšrent contre ses dispositions et la valeur de ses troupes. Par cette dĂ©fense, il sauva d'une invasion le midi de la France et prĂ©para le succĂšs de l'armĂ©e de rĂ©serve qui se portait Ă  Marengo. DĂšs ce moment le gĂ©nĂ©ral Suchet prit l'offensive. Il avait mis Ă  profit la dĂ©couverte du tĂ©lĂ©graphe employĂ© pour la premiĂšre fois Ă  la guerre. Deux sections, laissĂ©es par lui aux forts de Villefranche et de Mont-Alban, au milieu des Autrichiens, le prĂ©vinrent de leur marche rĂ©trograde. Suchet prĂ©cipita la sienne par la crĂȘte des montagnes, coupa la retraite aux Autrichiens qui avaient suivi les bords de la mer, et leur fit 15 000 prisonniers. MassĂ©na, renfermĂ© dans GĂȘnes, venait de capituler aprĂšs une grande rĂ©sistance ; Suchet, qui l'ignorait et conservait l'espoir de dĂ©gager cette ville, traversa en peu de jours la riviĂšre de GĂȘnes, rejoignit la droite de l'armĂ©e, sortit de Savone par capitulation, et se porta rapidement vers les plaines d'Alexandrie. Sa prĂ©sence Ă  Acqui contribua Ă  la victoire de Marengo, suivant le rapport de Michael von Melas, qui fut obligĂ© de lui opposer un fort dĂ©tachement. AprĂšs cette bataille, il fut chargĂ© de rĂ©occuper GĂȘnes et son territoire. Il maintint partout une discipline sĂ©vĂšre et s'acquit l'estime et la confiance des habitants de cette malheureuse rĂ©publique.
  2. ↑ Sa division enfonça la droite de l'armĂ©e russe et la sĂ©para du centre. On admira sa marche en Ă©chelons par rĂ©giment, comme Ă  l'exercice, sous le feu de 50 piĂšces de canon.
  3. ↑ Elle contribua au succĂšs de la bataille par l'habiletĂ© de ses manƓuvres et par des prodiges de valeur.
  4. ↑ « J'ai combattu contre une armĂ©e entiĂšre, Ă©crivit le gĂ©nĂ©ral Benningsen. Â»
  5. ↑ Ce qui fera dire Ă  l'Empereur: "Si j'avais eu deux Suchet de plus, j'aurais pu conquĂ©rir le pays."
  6. ↑ Les droits de l'humanitĂ© furent respectĂ©s, autant qu'il fut possible, par les soins du gĂ©nĂ©ral, au milieu des horreurs d'une guerre furieuse.
  7. ↑ La ville continuait d'ĂȘtre battue en brĂšche : Blake sortit de Valence avec 30 000 hommes pour la secourir, et fut dĂ©fait totalement, Ă  la vue mĂȘme de Sagonte qui capitula et donna son nom Ă  cette bataille, oĂč le marĂ©chal fut blessĂ© Ă  l'Ă©paule.
  8. ↑ Heureuse par les soins du vainqueur, comme l'Ă©tait l'Aragon, cette contrĂ©e imita sa soumission, et le marĂ©chal fut rĂ©compensĂ© de sa brillante campagne par le titre de duc d'AlbufĂ©ra, et par la mise en possession de ce riche domaine, qui touche Valence, et sur lequel il avait combattu.
  9. ↑ Il Ă©tait trĂšs apprĂ©ciĂ© de Joseph Bonaparte qui disait de lui : "Chef militaire trĂšs distinguĂ© et administrateur trĂšs habile, il trouva dans les riches provinces d'Espagne les moyens de pourvoir abondamment Ă  tous les services de son armĂ©e, sans trop fouler les peuples. Il lui fut possible de faire observer une exacte discipline Ă  ses troupes et d'inspirer de la confiance aux habitants."
  10. ↑ Un nombre immense de soldats volontaires ou dĂ©serteurs de l'armĂ©e royale, pendant l'annĂ©e qui venait de s'Ă©couler, Ă©tait accouru de toutes parts sous les drapeaux ; mais les arsenaux Ă©taient vides, et il n'avait pas Ă©tĂ© possible d'armer plus de 10 000 hommes.
  11. ↑ À Sainte-HĂ©lĂšne, dans le MĂ©morial, NapolĂ©on dira de lui : "Suchet Ă©tait quelqu'un chez qui le caractĂšre et l'esprit s'Ă©taient accrus Ă  surprendre... Si j'avais eu Suchet Ă  la place de Grouchy, je n'aurais pas perdu Waterloo."
  12. ↑ a et b Source : www.heraldique-europeenne.org
  13. ↑ a et b Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses ComplĂ©ments
  14. ↑ a et b Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert RĂ©vĂ©rend, Comte E. Villeroy
  15. ↑ a et b La noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.fr
  16. ↑ a et b Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org

Voir aussi

Source partielle

  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre BĂ©gat, Fastes de la LĂ©gion d'honneur : biographie de tous les dĂ©corĂ©s accompagnĂ©e de l'histoire lĂ©gislative et rĂ©glementaire de l'ordre, vol. 3, Bureau de l'administration, 1844 [lire en ligne (page consultĂ©e le 16 nov. 2009)]  ;
  • « Louis Gabriel Suchet Â», dans Charles MulliĂ©, Biographie des cĂ©lĂ©britĂ©s militaires des armĂ©es de terre et de mer de 1789 Ă  1850, 1852 [dĂ©tail de l’édition]
  • « Louis Gabriel Suchet Â» , dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [dĂ©tail de l’édition]

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Louis Napoléon Suchet
1er Duc d'Albufera
(24 janvier 1812 - 1826)


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