Louis Armstrong

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Louis Armstrong
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Louis Armstrong
Louis Armstrong restored.jpg
Louis Armstrong

Surnom Satchmo, Pops
Nom Louis Daniel Armstrong
Naissance 4 ao√Ľt 1901
Drapeau des √Čtats-Unis Nouvelle Orl√©ans, Louisiane, √Čtats-Unis
D√©c√®s 6 juillet 1971 (√† 69 ans)
New York City (√Čtats-Unis)
Activité principale Cornettiste et trompettiste, chanteur, compositeur
Genre musical Jazz
Instruments Cornet, trompette
Ann√©es d'activit√© 1919 - 1969

Louis Daniel Armstrong (prononcer ¬ę Louis ¬Ľ √† la fran√ßaise, que lui-m√™me √©crivait Louie par hypercorrection), n√© le 4 ao√Ľt 1901[1] √† La Nouvelle-Orl√©ans et mort le 6 juillet 1971 √† New York City, aussi connu sous les surnoms de Satchmo (pour satchel-mouth, litt√©ralement bouche-sacoche) ou Pops[2], est un musicien am√©ricain de jazz. Figure embl√©matique de l'histoire du Jazz, il est l'inventeur du musicien soliste qui improvise dans un style paraphras√© sur un th√®me, dans un discours musical structur√©. D'une musique de folklore afro-am√©ricaine enracin√©e dans le gospel et le blues traditionnel et enferm√©e dans un terroir, Armstrong en fait un courant musical national et populaire √† vocation universelle. Son talent de trompettiste, son charisme, ses qualit√©s de show-man et sa personnalit√© g√©n√©reuse ont forg√© au fil du temps sa renomm√©e internationale. Il cr√©a un nouveau style vocal le scat, ce qui fit de lui l'un des chanteurs de jazz les plus influents de son √©poque. Durant plus de quarante ans, de tourn√©es en tourn√©es, Louis Armstrong restera le meilleur ambassadeur du jazz √† travers le monde entier.

Sommaire

Biographie

L'enfance

N√© dans une famille pauvre de la Nouvelle-Orl√©ans, Louis, suite √† l'absence de son p√®re William Armstrong qui a quitt√© le foyer familial, est √©lev√© par sa grand-m√®re Jos√©phine et sa m√®re. Enfant il chante dans les rues de la Nouvelle Orl√©ans dans un petit groupe vocal. En grandissant dans un quartier difficile, il est plusieurs fois envoy√©, en raison d‚Äôactes de d√©linquance, dans un foyer pour enfants de couleur abandonn√©s : le Home for Coloured Waifs. Il y fit notamment un long s√©jour (selon les fichiers de la police) apr√®s avoir tir√© un coup de feu en l‚Äôair avec un pistolet pour f√™ter la nouvelle ann√©e.

Il apprit √† jouer du cornet √† pistons dans l‚Äôorchestre de ce centre, gr√Ęce √† son premier instrument offert par les Karnofsky, une famille juive d‚Äôorigine russe qui s'√©tait prise d'affection pour ce jeune enfant[3]. Une fois libre il joue du cornet dans les cabarets du quartier downtown Storyville. Il rencontre King Oliver qui lui donne quelques conseils, joue peu de temps dans l'orchestre du tromboniste Kid Ory sur le riverboat capitol o√Ļ il remplace King Oliver. Il assista fr√©quemment aux parades des brass-bands et √©couta les vieux musiciens d√®s qu‚Äôil en eut l‚Äôoccasion, apprenant de Bunk Johnson, Buddy Petit et par dessus tout Joe ¬ę King ¬Ľ Oliver. Il joua plus tard dans les brass bands et avec le r√©put√© orchestre de Fate Marable sur les bateaux √† vapeur qui remontaient le Mississipi.

Les débuts de sa carrière

En 1922, Louis, apr√®s la fermeture de Storyville en 1917 part dans le mouvement g√©n√©ral d'exode, pour Chicago, o√Ļ il est engag√© comme second trompettiste par Joe ¬ę King ¬Ľ Oliver dans son Creole Jazz Band. Chicago d√®s lors devient la mecque du style New-Orleans. Dans ce contexte bouillonnant il enregistre ses premiers disques. Il travaille un temps avec le batteur et chef d'orchestre Ollie Powers avant d'√™tre engag√© l'ann√©e suivante dans l'un des big bands phares de New York celui de Fletcher Henderson.

Il épouse la pianiste Lil Hardin et se fait l'accompagnateur attitré de quelques grandes chanteuses de blues comme Bessie Smith, Ma Rainey puis enregistre quelques faces avec le pianiste Clarence Williams avant d'intégrer la formation de sa femme les dreamland syncopators. Il retourne à Chicago et pour la firme okey enregistre le 12 novembre 1925 la toute première séance du hot five en compagnie de Lil Hardin au piano, Johnny Dodds à la clarinette, Baby Dodds à la batterie et Kid Ory au trombone.

Il joue dans l'orchestre d'Erskine Tate le vendome orchestra[4], joue √† l'occasion avec Clarence Jones et Carroll Dickerson avant de former le Hot Seven, enregistrant sur la cire jusqu'en d√©cembre 1928 quelques-uns des grands classiques du jazz comme Potato Head Blues, Muggles , Fireworks, et surtout deux immortels chef-d'Ňďuvres West End Blues du 28 juin 1928 et Tight Like This du 12 d√©cembre 1928 chez la firme okey, pas tant pour l'originalit√© de l'orchestration que la dimension r√©volutionnaire du jeu de Louis √† la trompette. L‚Äôintroduction virtuose et transcendante de Louis √† la trompette dans West End Blues restera √† jamais une des plus c√©l√®bres improvisations de l‚Äôhistoire du jazz et le mod√®le de r√©f√©rence pour les g√©n√©rations suivantes de trompettistes.

Armstrong repartit à New York en 1929, puis alla à Los Angeles en 1930, et effectua une tournée à travers l’Europe. En 1935, il se rompt l'orbicularis oris, un muscle labial et est obligé de mettre sa carrière de trompettiste entre parenthèses pendant un an. Les lèvres meurtries, il ne retrouvera jamais sa virtuosité. Après avoir passé de nombreuses années sur la route, il s'installe de façon permanente dans le Queens (New York) en 1943. Bien que soumis aux vicissitudes de Tin Pan Alley et au fait que l’industrie musicale de l’époque était dirigée par des gangsters, il continua à développer ses qualités de musicien.

Pendant les trente ann√©es qui suivirent, Louis Armstrong a jou√© en moyenne plus de 300 concerts par an. Au cours des ann√©es 1940, les r√©servations pour les orchestres ont progressivement diminu√© √† cause des changements de go√Ľt du public : les salles de bal se sont ferm√©es, et la concurrence de la t√©l√©vision et des autres genres de musique qui sont devenues plus populaires que la musique d‚Äôorchestre se sont faites de plus en plus fortes. Il est devenu impossible de soutenir et de financer un orchestre de tourn√©e de 16 musiciens.

The All Stars

Portrait de Louis Armstrong en 1953

Vers 1950, Louis Armstrong r√©duit son groupe √† six membres, revenant donc au style Dixieland qui le rendit c√©l√®bre √† ses d√©buts. Ce groupe fut appel√© ¬ę the Pom pom boys ¬Ľ, et des musiciens tels que Barney Bigard, Jack Teagarden, Trummy Young, Arvell Shaw, Marty Napoleon, Big Sid Catlett ou Barrett Deems y jou√®rent. √Ä cette √©poque, il enregistra beaucoup et apparut dans plus de 30 films. En 1964, il enregistra son titre le plus c√©l√®bre et le plus vendu : Hello, Dolly.

Louis Armstrong continua ses tourn√©es sur un rythme effr√©n√© et ne s‚Äôarr√™ta que quelques ann√©es avant sa mort. Dans ses derni√®res ann√©es, il jouait parfois l‚Äôun de ses nombreux concerts par cŇďur, mais d‚Äôautres fois, il √©lectrisait le concert le plus mondain de son jeu vigoureux, souvent √† l‚Äô√©tonnement de son groupe. Il connut √©galement des tourn√©es √† succ√®s en Afrique, en Europe et en Asie avec le soutien du D√©partement d'√Čtat am√©ricain et fut bient√īt surnomm√© ¬ę Ambassador Satch ¬Ľ. En d√©pit d‚Äôune sant√© plus fragile durant les derni√®res ann√©es de sa vie, il continua √† jouer jusqu'√† sa mort.

Louis Armstrong mourut d'une attaque cardiaque en 1971 √† l'√Ęge de 69 ans. Il fut enterr√© au Flushing Cemetery, √† Flushing, un quartier du Queens √† New York.

Personnalité

Les surnoms Satchmo ou Satch proviennent de Satchelmouth (litt√©ralement bouche-sacoche, qui d√©crivait son embouchure). En 1932, Percy Brooks, qui √©tait alors r√©dacteur au magazine Melody Maker, accueillit Louis Armstrong √† Londres par un "Bonjour Satchmo", raccourcissant Satchelmouth (certains disent que c'√©tait involontaire), et ce surnom est rest√©. Plus t√īt, il a aussi √©t√© connu sous le surnom de Dippermouth (Bouche plongeante). Ces termes font r√©f√©rence √† la mani√®re dont il tenait sa trompette lorsqu'il jouait. Elle √©tait plac√©e sur ses l√®vres de telle fa√ßon que lorsqu'il jouait de longues heures, la trompette laissait une marque dans sa l√®vre sup√©rieure, d'o√Ļ le terme "Dippermouth". Cette marque est effectivement visible sur de nombreuses photographies de Louis Armstrong de cette p√©riode, et l'amena √† d√©velopper sa carri√®re de chanteur √©tant donn√© qu'√† partir d'un certain point, il n'√©tait plus capable de jouer. Cependant, cela ne l'arr√™ta pas, et apr√®s avoir mis sa trompette de c√īt√© pendant un temps, il modifia son style de jeu et continua sa carri√®re de trompettiste. Ses amis et les musiciens qui le cotoyaient l'appelaient habituellement Pops, terme qu'Armstrong utilisait aussi en g√©n√©ral pour s'adresser √† ses amis et aux musiciens qu'il c√ītoyait (√† l'exception de Pop Foster, qu'Armstrong appelait toujours "George").

Le surnom "Satchmo" et la chaleureuse personnalit√© de Louis Armstrong, combin√©s avec son amour naturel du spectacle et du dialogue avec le public en firent une personnalit√© publique ‚ÄĒ la grimace, la sueur et le mouchoir ‚ÄĒ qui finit par sembler feinte et m√™me devint une sorte de caricature raciste tard dans sa carri√®re.

Il fut aussi critiqu√© pour avoir accept√© le titre de "Roi des Zulus" pour le Mardi Gras en 1949. C'est un r√īle honor√© par la communaut√© Afro-am√©ricaine de la Nouvelle Orl√©ans en tant que pr√©sident du carnaval Krewe, mais ahurissant ou offensant pour les √©trangers de par leur costume traditionnel constitu√© de jupes tress√©es avec de l'herbe et de maquillage noir sur le visage, satirisant les attitudes des sudistes blancs.

L'apparente insensibilit√© au probl√®me racial constitu√©e par l'apparition d'Armstrong en Roi des Zulus a parfois √©t√© vue comme un exemple d'un plus large √©chec de la part d'Armstrong. L√† o√Ļ certains virent en lui une personnalit√© chaleureuse et conviviale, d'autres lui reproch√®rent de trop vouloir plaire au public blanc et d'√™tre une caricature de troubadour. Certains musiciens critiqu√®rent Armstrong parce qu'il jouait face √† des publics s√©greg√©s, et parce qu'il ne prenait pas assez parti pour le mouvement pour les droits civiques, ce qui sugg√©rait qu'il √©tait un Oncle Tom. Billie Holiday retorqua cependant "Bien s√Ľr, Pops est un tom, mais c'est un tom qui a du cŇďur".

Armstrong √©tait en fait un des principaux soutiens financiers de Martin Luther King Jr. et d'autres activistes pour les droits civiques, mais il pr√©f√©rait aider discr√®tement ce mouvement, et ne pas m√©langer ses opinions politiques et son m√©tier de musicien. Le peu d'exceptions qu'il fit furent d'autant plus efficaces lorsqu'il parlait ; la critique qu'il fit d'Eisenhower, Pr√©sident des √Čtats-Unis d'Am√©rique en le qualifiant de " double face " et de " mou " en raison de son inaction lors du conflit sur la discrimination au sein de l'√©cole √† Little Rock, Arkansas en 1957 fit la une nationale. En signe de protestation, Armstrong annula une tourn√©e organis√©e en Union sovi√©tique au nom du d√©partement d'√Čtat, en disant "√Čtant donn√© la fa√ßon dont ils traitent mon peuple dans le Sud, le gouvernement peut aller se faire voir" et qu'il ne pouvait pas repr√©senter son gouvernement √† l'√©tranger alors que ce m√™me gouvernement √©tait en conflit avec son propre peuple.

C'était un homme extrêmement généreux dont on disait qu'il avait donné autant d'argent qu'il en avait gardé pour lui-même. Louis Armstrong adopta le fils de sa cousine Flora disparue peu après sa naissance. Il n'a cessé de prendre soin de Clarence Armstrong, handicapé mental, à qui il a assuré une rente à vie.

Musique

√Ä ses d√©buts, Louis Armstrong √©tait surtout connu pour sa virtuosit√© au cornet √† pistons et √† la trompette. La meilleure interpr√©tation de trompette de ses premi√®res ann√©es peut √™tre entendue sur ses disques Hot Five et Hot Seven. Les improvisations qu‚Äôil avait faites sur ces disques de jazz Nouvelle-Orl√©ans et de chansons populaires de l‚Äô√©poque, surclassent celles des interpr√®tes de jazz qui lui ont succ√©d√©. La pr√©c√©dente g√©n√©ration de musiciens de jazz Nouvelle-Orl√©ans faisait souvent allusion √† leurs improvisations comme √©tant ¬ę variant la m√©lodie ¬Ľ ; les improvisations de Louis Armstrong √©taient audacieuses et complexes, avec des touches subtiles et m√©lodiques. Souvent, il r√©√©crivait les fondements des airs pop qu‚Äôil jouait, les rendant ainsi plus int√©ressants. Sa technique d‚Äôinterpr√©tation est remplie de m√©lodies innovantes, joyeuses et inspir√©es, de bonds cr√©atifs et de rythmes subtilement rel√Ęch√©s ou forts. Le g√©nie de ces morceaux allait de pair avec sa technique musicale, affin√©e par une pratique continue. Ceci augmenta les tons, la tessiture et d‚Äôune mani√®re g√©n√©rale les possibilit√©s offertes par la trompette. Dans ces disques, Louis Armstrong cr√©a quasiment √† lui seul le r√īle de soliste de jazz, transformant ce qui √©tait √† l‚Äôorigine une musique folklorique collective et en une forme d‚Äôart avec des possibilit√©s sensationnelles d‚Äôexpression individuelle.

Les travaux de Louis Armstrong dans les années 1920 le poussèrent à jouer aux limites extrêmes de ses capacités. Particulièrement, les morceaux du disque Hot 5 comportent souvent des fautes mineures et des notes ratées, qui néanmoins diminuent peu le plaisir de l’écoute puisque l’énergie de la prestation spontanée est transmise. Dans la moitié des années 1930, il atteint une assurance calme, sachant exactement ce qu’il devait faire et exécutant ses idées à la perfection.

Au fur et √† mesure que sa musique progressait et gagnait en popularit√©, ses chansons aussi devenaient importantes. Armstrong n‚Äô√©tait pas le premier √† enregistrer du chant scat, mais il √©tait magistral en cela et aida √† le populariser. Il eut du succ√®s avec son interpr√©tation et son chant scat sur Heebie Jeebies (en), et criait ¬ę I done forgot the words ¬Ľ au milieu de son enregistrement ¬ę I'm A Ding Dong Daddy From Dumas ¬Ľ. De tels disques furent des succ√®s et le chant scat devint une partie essentielle de ses repr√©sentations. Longtemps avant cela, n√©anmoins, Armstrong s‚Äôamusait avec ses chants, raccourcissant et rallongeant des phrases, pla√ßant des improvisations, utilisant sa voix d‚Äôune mani√®re aussi cr√©ative que sa trompette.

Durant sa longue carri√®re, il joua et chanta avec les plus importants instrumentistes et chanteurs, parmi lesquels, le singing brakeman Jimmie Rodgers, Bing Crosby, Duke Ellington, Fats Waller, Fletcher Henderson, Bessie Smith, mais aussi Ella Fitzgerald. Son influence sur Bing Crosby est particuli√®rement importante √©tant donn√© le d√©veloppement ult√©rieur de la musique populaire : Crosby admirait et copiait Armstrong, comme on peut le constater sur beaucoup de ses premiers enregistrements, notamment ¬ę Just One More Chance ¬Ľ (1931). Le ¬ę New Grove Dictionary Of Jazz ¬Ľ d√©crit la dette de Crosby √† Armstrong en d√©tail, bien qu‚Äôil ne d√©signe pas explicitement Armstrong par son nom : ¬ę Crosby (‚Ķ) √©tait important en introduisant, dans le courant du chant populaire, un concept afro-am√©ricain de chant comme une extension lyrique de la parole, de l‚Äô√©locution (‚Ķ) Ses techniques ‚Äď rel√Ęchant le poids de son souffle sur les cordes vocales, passant en de voix de t√™te dans un registre grave,en mettant en avant la production pour aider une prononciation marqu√©e, chantant sur les consonnes (une habitude chez les chanteurs noirs), et employant une discr√®te utilisation des appoggiatures, des mordants et des liaisons pour accentuer le texte ‚Äď ont √©t√© imit√©es par presque tous les chanteurs populaires ult√©rieurs ¬Ľ[5]. Armstrong enregistra trois albums avec Ella Fitzgerald: ¬ę Ella and Louis ¬Ľ, ¬ę Ella and Louis Again ¬Ľ, et ¬ę Porgy and Bess ¬Ľ pour ¬ę Verve Records ¬Ľ. Ses enregistrements ¬ę Satch Plays Fats ¬Ľ, toutes les m√©lodies de ¬ę Fats Waller ¬Ľ, et ¬ę Louis Armstrong Plays W.C. Handy ¬Ľ dans les ann√©es 1950 √©taient peut-√™tre les derni√®res de ses grands enregistrements cr√©atifs, mais m√™me les √©tranget√©s comme ¬ę Disney Songs the Satchmo Way ¬Ľ ont leurs moments musicaux. Sa production tardive a √©t√© fortement critiqu√©e comme √©tant trop simpliste ou r√©p√©titive.

Armstrong eut beaucoup de morceaux à succès, notamment Stardust, What a Wonderful World, When the Saints Go Marching In, Dream a Little Dream of Me, Ain't Misbehavin, et Stompin' at the Savoy. We Have All the Time in the World figurait sur la bande sonore du film James Bond Au service secret de Sa Majesté, et bénéficia d'une popularité renouvelée au Royaume-Uni en 1994 quand il figura sur une pub pour Guinness, atteignit la 3e place dans les hit-parades des rééditions.

En 1964, Armstrong fit chuter les Beatles du top du hit-parade ¬ę Billboard Hot 100 ¬Ľ avec Hello, Dolly, qui donna √† l‚Äôinterpr√®te √Ęg√© de 63 ans le record aux √Čtats-Unis d'Am√©rique du plus vieil artiste √† avoir un titre au top du classement. En 1968, Armstrong marqua un dernier succ√®s populaire au Royaume-Uni avec la chanson pop tr√®s sentimentale What a Wonderful World, qui fut premier des hits-parades britanniques pendant un mois ; n√©anmoins, le single ne fut pas du tout un succ√®s en Am√©rique. La chanson eut un grand succ√®s dans la conscience populaire quand elle fut utilis√©e en 1987 dans le film Good Morning, Vietnam, sa r√©√©dition s'√©levant au sommet des hit-parades dans de nombreux pays.

Armstrong appr√©ciait beaucoup de styles diff√©rents de musique, du blues le plus direct aux doux arrangements sirupeux de Guy Lombardo, aux chansons folkloriques latino-am√©ricaines, aux symphonies classiques et l‚Äôop√©ra. Armstrong incorpora les influences de toutes ces sources dans ses repr√©sentations, rendant parfois perplexes ses fans qui auraient pr√©f√©r√© qu‚ÄôArmstrong reste dans un style plus conformiste. Cependant, il n'appr√©ciait pas v√©ritablement le mouvement bop et ses successeurs. Armstrong fait partie du ¬ę Rock and Roll Hall of Fame ¬Ľ en tant qu'influence majeure.

Timbre de voix

Au niveau du larynx, les cordes vocales sont surplomb√©es par des bandes ventriculaires au nombre de deux, appel√©es √©galement ¬ę fausses cordes vocales ¬Ľ. Chez l'√™tre humain, leur r√īle n'a qu'un int√©r√™t phonatoire restreint. La voix si particuli√®re de Louis Armstrong √©tait due √† un Ňďd√®me et √† une hypertrophie de ses fausses cordes vocales. Jouer de la trompette √©tait une action aggravante[6].

Discographie sélective

  • The Best of the Hot 5 and 7 recordings, Columbia, 1925-1927
  • The Quintessence, Fr√©meaux & Associ√©s/Night & Day 1925/1940
  • Ella and Louis, Verve, 1957
  • Louis and the Good Book, MCA, 1958
  • Louis Armstrong & Ella Fitzgerald, Porgy and Bess, Verve, 1958
  • Louis Armstrong & Duke Ellington, The Complete Sessions, 1961
  • What a wonderful world
  • Go down moses, 1996

Filmographie

(dans son propre r√īle)

(Voix)

Mort et héritage

Louis Armstrong mourut d‚Äôune crise cardiaque le 6 juillet 1971, √† l‚Äô√Ęge de 69 ans, onze mois apr√®s son c√©l√®bre show √† l‚ÄôEmpire Room du Waldorf Astoria. Il est enterr√© au cimeti√®re Flushing √† New York, pr√®s de sa derni√®re demeure √† Corona, dans le Queens (New York).

L'influence d'Armstrong sur le développement du jazz est sans commune mesure. Son charisme, en tant que divertisseur et personnalité publique, était si fort vers la fin de sa carrière, qu'il éclipsait parfois ses contributions en tant que musicien ou chanteur.

Armstrong était un virtuose de la trompette, avec un son unique et un talent extraordinaire pour l'improvisation. C'est avec son jeu que la trompette est apparue en tant qu'instrument soliste de jazz. Il était également un accompagnateur et un musicien d'ensemble magistral en plus de ses talents extraordinaires de soliste. Avec ses innovations, il a élevé musicalement la barre plus haut pour tous ceux qui viendraient après lui.

Armstrong peut √™tre consid√©r√© comme l'inventeur du jazz chant√©. Il jouait de sa voix r√Ępeuse si reconnaissable avec une grande ma√ģtrise dans l'improvisation, liant les paroles et la m√©lodie des chansons de mani√®re particuli√®rement expressive. Il √©tait √©galement tr√®s dou√© pour le scat, dont il s'est servi pendant l'enregistrement de "Heebie Jeebies" lorsque ses partitions tomb√®rent au sol et qu'il entonna alors un chant compos√© d'onomatop√©es (comme on avait coutume de le faire √† la Nouvelle-Orl√©ans). Si, contrairement √† l'id√©e re√ßue, il n'a pas invent√© le scat, il fut en revanche le premier √† inclure une improvision scat dans un titre. Billie Holiday et Frank Sinatra reprirent ensuite ce principe.

Armstrong fit de la figuration dans plus d'une douzaine de films hollywoodiens mineurs, jouant généralement un chef d'orchestre de jazz ou un musicien. Il fut le premier Afro-Américain à organiser une émission de radio à portée nationale dans les années trente. Il a également fait des apparitions télévisées, particulièrement dans les années cinquante et soixante, et notamment dans The Tonight Show Starring Johnny Carson. Louis Armstrong a une étoile à son nom sur le Walk of Fame d'Hollywood, au 7601 Hollywood Boulevard.

De nombreux enregistrements d'Armstrong continuent √† √™tre populaires. Plus de trois d√©cennies apr√®s sa mort, de tr√®s nombreux enregistrements datant des diff√©rentes p√©riodes de sa carri√®re sont maintenant plus facilement accessibles que lorsqu'il √©tait en vie. Ses chansons sont diffus√©es et √©cout√©es tous les jours dans le monde entier et sont mises √† l'honneur dans des films, des s√©ries t√©l√©vis√©es, des publicit√©s et m√™me des dessins anim√©s ou des jeux vid√©o (Fallout 2, notamment, a ¬ę A Kiss to Build a Dream on ¬Ľ pour musique d'introduction). Son enregistrement de 1923 avec Joe Oliver et son Creole Jazz Band continue √† √™tre √©cout√© comme une r√©f√©rence en mati√®re d'ensembles de jazz Nouvelle-Orl√©ans. Tr√®s souvent, n√©anmoins, Armstrong enregistra avec des orchestres standard et guind√©s, o√Ļ seul son sublime jeu de trompette √©tait int√©ressant. ¬ę Melancoly Blues ¬Ľ, jou√© par Armstrong et les Hot Seven, fait partie des enregistrements sonores embarqu√©s √† bord des sondes Voyager envoy√©es dans l'espace.

Armstrong prit des dispositions pour qu'après sa mort et celle de sa femme Lucille, une fondation pour l'éducation musicale des enfants défavorisés soit créée, et pour que sa maison et des archives substantielles d'écrits, de livres, d'enregistrements et de souvenirs soient léguées au Queens College de la City University of New York. Les archives Louis Armstrong sont accessibles aux chercheurs en musicologie, et sa maison[7], transformée en musée, a ouvert ses portes au public le 15 octobre 2003.

L'√©crivain argentin Julio Cort√°zar, se d√©crivant lui-m√™me comme un admirateur d'Armstrong, affirme qu'en 1952, le concert de Louis Armstrong au th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es √† Paris l'a inspir√© pour imaginer des cr√©atures appel√©es Cronopios, sujets de nombre de ses histoires courtes. Cort√°zar qualifia un jour Louis Armstrong de Grand√≠simo Cronopio (plus grand Cronopio).

Le principal aéroport de La Nouvelle-Orléans s'appelle le Louis Armstrong New Orleans International Airport.

Hommages

Miles Davis rendit un hommage pour le moins √©loquent √† l'intention d'Armstrong dans cette c√©l√®bre phrase : "D√®s qu'on souffle dans un instrument, on sait qu'on ne pourra rien en sortir que Louis n'ait d√©j√† fait".

Certaines sources ont affirmé à tort que le dessinateur Al Taliaferro avait baptisé un des neveux de Donald Duck, Riri, Fifi et Loulou (Huey, Dewey and Louie en version originale) d'après Louis Louie Armstrong, ce qui est aujourd'hui démenti[8].

Le chanteur John Scatman lui rend hommage dans sa chanson "Everybody Jam".

Claude Nougaro lui rend hommage dans sa chanson Armstrong, qui reprend la mélodie de Go Down Moses.

Notes

  1. ‚ÜĎ Armstrong a toujours affirm√© qu'il n'√©tait pas certain de sa date de naissance, bien qu'il la c√©l√©br√Ęt habituellement le 4 juillet. En public, il cita g√©n√©ralement l'ann√©e 1900, bien qu'il mentionn√Ęt 1901 sur ses papiers de s√©curit√© sociale et d'autres papiers officiels. En utilisant des documents du bapt√™me catholique de Louis provenant de sa grand-m√®re, le chercheur Tad Jones, sp√©cialiste de la musique de La Nouvelle Orl√©ans, a √©tabli que sa v√©ritable date de naissance est le 4 ao√Ľt 1901. Gr√Ęce √©galement √† d'autres sources, cette date est maintenant commun√©ment accept√©e parmi les sp√©cialistes de la vie d'Armstrong.
  2. ‚ÜĎ Satchmo est le surnom que lui a donn√© le public et certains journalistes et qu'il n'a jamais appr√©ci√© alors que pops, plus respectueux venait des musiciens
  3. ‚ÜĎ Il reconna√ģt dans ses √©crits et m√©moire que cette famille juive fut le d√©clencheur de sa r√©ussite, en reconnaissance il porta toute sa vie l'√©toile de David sur lui in Louis Armstrong, In His Own Words: Selected Writings of Louis Armstrong par Louis Armstrong et Thomas Brothers. Oxford University Press, New York, 1999.
  4. ‚ÜĎ C'est √† cette p√©riode que Louis abandonne d√©finitivement le cornet pour la trompette
  5. ‚ÜĎ Traduction libre de : "Crosby...was important in introducing into the mainstream of popular singing an Afro-American concept of song as a lyrical extension of speech...His techniques - easing the weight of the breath on the vocal chords, passing into a head voice at a low register, using forward production to aid distinct enunciation, singing on consonants (a practice of black singers), and making discreet use of appoggiaturas, mordents, and slurs to emphasise the text - were emulated by nearly all later popular singers"
  6. ‚ÜĎ L‚Äôodyss√©e de la voix - Jean Abitbol - Robert Laffont - Paris - 2005 pp 65&205
  7. ‚ÜĎ Coordonn√©es : 34-56, 107e rue (entre la 34e et la 35e avenue), Corona, NY 11368 ; t√©l√©phone : (718) 478-8274.
  8. ‚ÜĎ Interview du dessinateur et sc√©nariste Floyd Gottfredson : "Dana Coty, a gag man who later sold ideas to Barks for the comics, came up with the euphonious names Huey, Dewey and Louie, with the names taken from Huey Long, governor and later senator of Louisiana; Thomas Dewey, governor of New-York, and subsequently a presidential candidate; and Louis Schmitt, an animator at the Disney Studio in the 1930s and 1940s." Cit√© dans Thomas Andrae : Carl Barks And the Disney Comic Book: Unmasking the Myth of Modernity (Univ. Press of Mississippi, 2006 - ISBN 1-57806-858-4)

Sources

  • (fr) Louis Armstrong, Ma vie √† la Nouvelle-Orl√©ans, √©d. Coda, Paris, 2006 (ISBN 284967026X)
  • (fr) Michel Boujut, Pour Armstrong,√©d. Filipacchi, Paris, 1976
  • (fr) Robert Goffin, Louis Armstrong, le roi du jazz,√©dition Pierre Seghers, Paris, 1947
  • (en) Louis Armstrong et Thomas Brothers, Louis Armstrong, in His Own Words: Selected Writings, Oxford University Press, Oxford, 2001 (ISBN 019514046X)
  • (en) Laurence Bergreen, Louis Armstrong: An Extravagant Life, √©d. HarperCollins, New York, 1998 (ISBN 0553067680)
  • (en) Michael Cogswell, Armstrong: The Offstage Story of Satchmo, Collectors Press, Portland, 2003 (ISBN 1888054816)
  • (en) Michael Meckna, Satchmo: The Louis Armstrong Encyclopedia, Greenwood Press, Westport, 2003 (ISBN 0313301379)

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