Louis-Ferdinand de France


Louis-Ferdinand de France

Louis de France (1729-1765)

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Louis de France
Louis de France, dauphin
Louis de France, dauphin
Naissance 4 septembre 1729
château de Versailles
Décès 20 décembre 1765
château de Fontainebleau
Enfant de Louis XV de France
et de
Marie Leszczyńska
Conjoint Marie-Thérèse de Bourbon
puis
Marie-Josèphe de Saxe
Enfants (avec Marie-Thérèse de Bourbon)
Marie-Thérèse de France

(avec Marie-Josèphe de Saxe)
Marie de France (1750-1755)
Louis de France (1751-1761)
Louis-Xavier de France (1753-1754)
Louis XVI Red crown.png (1754-1793)
Louis XVIII Red crown.png (1755-1824)
Charles X Red crown.png (1757-1836)
Clotilde de France (1759–1802)
Élisabeth de France (1764-1794)

Louis de France, dauphin de France (né le 4 septembre 1729 au château de Versailles – mort le 20 décembre 1765 au château de Fontainebleau) est l'aîné des fils du roi Louis XV de France et de Navarre, et de son épouse Marie Leszczyńska.
Il est le père de trois rois de France.

Sommaire

Une famille nombreuse...

Son frère cadet, Philippe de France, duc d'Anjou meurt dès 1733 à l'âge de 3 ans, suivi la même année par leur sœur aînée Louise-Marie, 5 ans. Le dauphin a également six autres sœurs Louise-Elisabeth et Henriette-Anne, jumelles nées en 1727, Adélaïde, née en 1732, Victoire (1733), Sophie-Philippine (1734), Thérèse-Félicité née en 1736 morte à Fontevrault en 1744, Louise-Marie, née en 1737. Seule, l'aînée de ses sœurs se mariera, les autres resteront à la cour, auprès de leurs mère et frère.

Éducation princière

Son éducation fut confiée à Jean-François Boyer, évêque de Mirepoix, homme vertueux mais de caractère étroit. Il fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il connaissait parfaitement l'anglais et excellait dans nombre d'autres disciplines[1]. En revanche, s'il détestait l'activité physique, il devint, comme ses sœurs, un excellent musicien.[réf. nécessaire]

Seul fils survivant du couple royal, adulé par sa mère et ses sœurs[réf. nécessaire], il fut un enfant orgueilleux voire tyrannique mais très pieux, désirant ressembler à son grand ancêtre, fondateur de sa dynastie, Saint Louis[réf. nécessaire]. Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l'adultère du roi et la résignation doloriste de sa mère, il n'eut de cesse de ne pas ressembler à son père, sombrant très tôt dans une dévotion profonde.

L'adultère royal

Il a 7 ans quand le roi son père produit ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly. Madame de Mailly est bientôt supplantée dans le lit du roi par sa sœur, la comtesse de Vintimille laquelle meurt en couches (1741). La sœur des deux précédentes, la marquise de La Tournelle (bientôt créée duchesse de Châteauroux) lui succède.

Il a 9 ans quand ses quatre plus jeunes sœurs quittent la cour pour l'abbaye de Fontevrault où elle doivent être éduquées à moindre frais.

Vie de couple et politique

À l'âge de 10 ans, alors que sa sœur aînée, qui en a douze, épouse l'infant Philippe d'Espagne, il est fiancé à l'infante Marie-Thérèse de Bourbon qui en a 13. Ces mariages croisés doivent réconcilier les deux branches Bourbon qui se boudent depuis la rupture des fiançailles de Louis XV de France, père du Dauphin, avec Marie-Anne de Bourbon, sœur de Marie-Thérèse et de Philippe (1725).

En 1744, Louis XV tombe malade à Metz. Avant de lui donner l'extrême onction, l'aumônier de la cour, François de Fitz-James, évêque de Soissons, exige le renvoi de la favorite ainsi qu'une confession publique. Entretemps, mené par son précepteur, le jeune Louis-Ferdinand, 14 ans, et donc apte à accéder au trône, est venu au chevet de son père ce que le roi, comprenant les manœuvres intrigantes du précepteur, trouve fort mauvais[réf. nécessaire]... L'humiliante confession publique que le roi se doit d'effectuer devant les Messins fait un très mauvais effet sur l'adolescent[réf. nécessaire].

L'année suivante, à l'âge de 15 ans, Louis épouse le 23 février 1745 au château de Versailles sa cousine (tante à la mode de Bretagne) l'infante d'Espagne Marie-Thérèse de Bourbon, deuxième fille de Philippe V. Les deux époux font front commun contre la nouvelle favorite, la marquise de Pompadour. Cependant Marie-Thérèse meurt l'année suivante en donnant le jour à une petite fille qui ne vit que deux ans. Veuf à 17 ans, Louis est très affecté par la mort de son épouse. Nonobstant, la raison d'État l'oblige à avoir des enfants mâles aptes à accéder au trône.

En pleine guerre de succession d'Autriche, il se remarie le 9 février 1747 à Versailles avec la fille du roi de Pologne, Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), qui lui donne huit enfants, dont cinq parviendront à l'âge adulte. Ce fut une lourde tâche pour l'adolescente car, toujours attaché à Marie-Thérèse, le Dauphin ne montre d'abord à la jeune princesse allemande de 16 ans que froideur voire mépris. Mais Marie-Josèphe est une femme d'un esprit supérieur : peu à peu, soutenue par ses belle-sœurs, conseillée par son oncle, le maréchal de Saxe, elle apprivoise son mari, modère ses excès de dévotion et de rigueur morale tout en étant elle-même très pieuse. Leur couple sera finalement très uni.

Le prince et son père

Son père ne fut jamais proche de lui bien qu'il l'aimât certainement : Louis XV avait une vie privée qui ne plaisait pas au Dauphin, ce qui éloigna le père et le fils pendant longtemps. Le Dauphin connut son baptême du feu aux côtés de son père à la bataille de Fontenoy (1745). Il fit preuve de courage voire d'enthousiasme mais recevant cependant de la bouche même du roi une belle leçon d'humanité propre à édifier le futur monarque : « Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire c'est de l'épargner.[2] Â»

À partir de l'attentat de Damiens contre le roi, au cours duquel Louis et ses compagnons maîtrisèrent le régicide, en 1757, il fut invité à participer aux séances du Conseil du Roi, où il se fit remarquer par ses positions cléricales.

C'était en outre un homme fort pieux, chaste, sobre et fidèle à son épouse, ce qui était rare à la cour. Préférant la méditation aux exercices physiques, il ne pratiquait pas la chasse, activité pourtant réservée aux seuls nobles et fut le premier Bourbon à être obèse (héritage de son grand-père maternel). Son sérieux le faisait passer pour pédant.

D'aucuns cherchèrent à le diffamer, lui prêtant maîtresses ou excès d'alcool. C'est peut être le cas du Père Anselme[3].

Une mère résignée

Très proche de sa mère, souffrant des adultères du roi, il était le centre du parti dévot, qui condamnait la politique et la vie privée du roi et ne se gênait pas pour montrer son mépris à la marquise de Pompadour, qui, elle, soutenait le parti des philosophes. Ses sœurs et lui-même avaient surnommé la favorite Maman Putain[réf. nécessaire]. Il désapprouva l'expulsion des jésuites en 1764 mais soutenait son père contre les parlements.

En 1761, il perd son fils aîné, âgé de 10 ans, ce qui lui cause un immense chagrin mais il ne reporte pas son affection sur son fils suivant le duc de Berry, futur Louis XVI mais sur le cadet plus ouvert et spirituel[réf. nécessaire], le comte de Provence, futur Louis XVIII.

Une monarchie impopulaire

Portrait du dauphin par Alexandre Roslin (1765).

Louis-Ferdinand meurt de tuberculose à 36 ans peu avant Noël 1765. Sa dépouille est inhumée dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens. Sa femme, qui l'avait veillé pendant sa maladie, contracta son mal et le suivit deux ans plus tard dans la tombe.

François de Robespierre, père du futur Conventionnel Maximilien de Robespierre, sembla s’indigner du manque de compassion de l’Ordre des avocats envers la famille royale. Le 3 décembre 1765, il écrivit cette lettre à son confrère et ami Baudelet : « Tous les cœurs, prenant leur essor vers le ciel font retentir les airs de leurs plaintifs accents; ils prient, ils conjurent, ils redemandent à grands cris le digne objet de leur amour... Les nôtres sont les seuls dont on n'entend pas les voix ! Je ne sais quoi a retenu jusqu'à présent leurs mouvements secrets... Une seule fois où il s'agit de donner au roi un gage pur, solennel et indispensable de notre attachement pour la famille royale, craindrons-nous par hasard qu'on pût dire que nous nous sommes assemblés ? Avocats, ce titre nous honore: sujets de la France, qualité mille fois plus glorieuse pour nous; ce n'est qu'en remplissant comme le plus glorieux de nos devoirs, d'une manière noble et peu commune, que nous prouverons véritablement la noblesse de notre profession et que nous maintiendrons sous l'asile du trône, la liberté et l'indépendance Â»[4].

Le tombeau du couple delphinal fut profané en mars 1794 par les révolutionnaires, qui jetèrent le cadavre dans une fosse commune de la ville.

À la Restauration, sur ordre du roi Louis XVIII, fils du dauphin, et grâce à des témoins, on retrouva le corps et on le replaça dans la cathédrale le 8 décembre 1814.

Descendance

  1. Marie-Thérèse, dite Madame (°1746 - +1748), sans postérité.
  2. Marie Zéphirine, dite Madame (°1750 - +1755), sans postérité.
  3. Louis Joseph Xavier, duc de Bourgogne (°1751 - +1761), sans postérité.
  4. Fille non baptisée (fausse couche ou mort-née ?) (1752).
  5. Xavier Marie Joseph, duc d'Aquitaine (°1753 - +1754), sans postérité.
  6. Louis Auguste, duc de Berry (°1754 - +1793), dauphin en 1765, (futur Louis XVI de France), épouse en 1770 Marie-Antoinette d'Autriche (postérité éteinte à la première génération).
  7. Louis Stanislas Xavier, comte de Provence (°1755 - +1824) (futur Louis XVIII de France), épouse en 1771 Marie-Joséphine de Savoie (sans postérité).
  8. Charles-Philippe, comte d'Artois (°1757 - +1836) (futur Charles X de France), épouse en 1773 Marie-Thérèse de Savoie (dont il eut deux fils et une fille).
  9. Auguste Dadonville (°1758 à Boinvilliers - + 25 juin 1794 guillotiné à Paris)[5] , fils illégitime qu'il aurait eu avec Marie-Anne de Vidal, chanoine de Lille[6].
  10. Marie Adélaïde Clotilde Madame (°1759 – +1802) épouse en 1775 Charles-Emmanuel IV de Savoie, roi de Sardaigne (sans postérité), déclarée "Vénérable".
  11. Elisabeth Philippine, Madame (°1764 - +1794) (sans alliance ni postérité).

Voir aussi

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Notes et références

  1. ↑ Abbé Proyart, Vie du Dauphin, père de Louis XVI.
  2. ↑ Jean-Christian Petifils, Louis XVI, Perrin, 2005.
  3. ↑ Père Anselme : Histoire de la Maison Royale de France et suite de Potier du Courcy
  4. ↑ G. Laurent, Annales historiques de la Révolution Française, 1929, p.72.
  5. ↑ Google books : Aimé Guillon de Montléon, Les martyrs de la foi pendant la révolution française, 1826
  6. ↑ Père Anselme : Histoire de la Maison Royale de France et suite de Potier du Courcy
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