Littérature de langue allemande

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Littérature de langue allemande

La litt√©rature de langue allemande regroupe l'ensemble des Ňďuvres litt√©raires de langue allemande. Elle ne se limite pas √† la litt√©rature produite en Allemagne, mais englobe celle produite en Autriche ainsi que dans la partie al√©manique de la Suisse. L'histoire litt√©raire, qui √©tudie tous les genres, retient diff√©rentes p√©riodes aux contours souvent impr√©cis et discut√©s.

N√©e au Moyen √āge, la litt√©rature de langue allemande a connu des p√©riodes de grand rayonnement comme le Sturm und Drang (vers 1765-1785) avec Johann Wolfgang von Goethe et Friedrich von Schiller, le romantisme (vers 1796-1835) avec les fr√®res Grimm et les po√®tes H√∂lderlin, Jean Paul Richter, Novalis, Eichendorff, et un peu plus tard Heinrich Heine, avant la p√©riode Klassische Moderne (vers 1900 - ann√©es 1920) marqu√© par Hermann Hesse et Thomas Mann et un grand apport autrichien avec les po√®tes Hugo von Hofmannsthal et Rainer Maria Rilke et les prosateurs Robert Musil, Arthur Schnitzler, Joseph Roth ou Stefan Zweig qui avec Franz Kafka √† Prague, ouvrent la voie de la modernit√©, sur laquelle p√®se le nazisme qui contraint de nombreux auteurs √† l'exil.

Enfin le renouveau litt√©raire depuis 1945 a √©t√© notable et marqu√© par plusieurs attributions du prix Nobel de litt√©rature √† des √©crivains de langue allemande : Nelly Sachs en 1966, Heinrich B√∂ll en 1972, Elias Canetti en 1981, G√ľnter Grass en 1999, Elfriede Jelinek en 2004 et Herta M√ľller en 2009.

Sommaire

√Čpoques et courants litt√©raires

Moyen √āge

La naissance de la litt√©rature allemande remonte au IXe si√®cle. Le chant de Hildebrand datant de 820 est consid√©r√© comme une Ňďuvre fondatrice de la litt√©rature en langue allemande. Seuls 68 vers subsistent aujourd'hui. Un autre texte tr√®s ancien (en althochdeutsch, ¬ę vieux haut allemand ¬Ľ) date du IXe ou Xe si√®cle : il s'agit des Formules magiques de Merseburg (Merseburger Zauberspr√ľche), deux formules en langue allemande qui repr√©sentent pour l'instant les seules contributions litt√©raires de la culture pa√Įenne dans les pays germaniques. Certaines chansons de h√©ros (aussi en althochdeutsch) seraient cependant encore plus anciennes comme la Chanson d'Hildebrand (Hildebrandslied).

La seconde grande Ňďuvre que le Moyen √āge a l√©gu√©e est l'√©pop√©e h√©ro√Įque de la Chanson des Nibelungen (Nibelungenlied), datant du XIIe si√®cle. Aux XIIe et XIIIe si√®cles, la litt√©rature de cour sur le mod√®le de celle existant alors en France fait son apparition en mittelhochdeutsch (¬ę moyen haut allemand ¬Ľ, d√©signe l'allemand de la p√©riode 1050-1350). Les plus connus sont Erec (de Hartmann von Aue), Tristan et Iseult (Tristan und Isolde de Gottfried von Strassburg), Perceval (Parzival de Wolfram von Eschenbach) ainsi que la chanson de Walther von der Vogelweide Lanzelet, ou un roman du cycle arthurien en moyen haut-allemand. Il a √©t√© √©crit vers 1200 par Ulrich von Zatzikhoven. Compos√© de 9 444 vers, le roman narre les aventures du chevalier Lanzelet. Il est le premier roman allemand de Lancelot[1]. Quelques autres grands auteurs voient le jour comme Walther von der Vogelweide, Hartmann von Aue. Au d√©but du XIVe si√®cle, l'Ňďuvre de Ma√ģtre Eckhart fonde une importante litt√©rature mystique, repr√©sent√©e √©galement par Tauler et Suso.

On trouve aussi Der Ackermann aus B√∂hme de Johannes von Tepl, un dialogue entre un fermier et le diable consign√© par √©crit au XVe si√®cle. La Nef des Fous de S√©bastien Brant, imprim√©e en 1498 et illustr√©e par D√ľrer, est l'Ňďuvre la plus populaire de son temps. C'est aussi l'√©poque des ma√ģtres-chanteurs ou Meistersingern dont les po√©sies et les chansons sont tr√®s populaires. Le plus connu est certainement Hans Sachs dont Richard Wagner a fait un personnage central de son op√©ra Die Meistersinger von N√ľrnberg, utilisant m√™me la m√©lodie de son chant Le Rossignol de Wittenburg (1523).

√Ä la fin du XVIe si√®cle, l'√©diteur Johan Spies publie Le Livre de Faust, dans lequel il dresse le portrait d'un homme domin√© par la soif du savoir et s'√©loignant de Dieu.

Après la Réforme protestante

Le Baroque (vers 1600-1720)

La littérature baroque est marquée par la Guerre de Trente Ans, dont le roman emblématique et truculent est Les Aventures de Simplicius Simplicissimus de Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen. Ce roman picaresque raconte l'histoire d'un héros à travers les affres de la guerre. Il finit par choisir une vie de retraite et de méditation[2]. Il traduit par une exacerbation des sentiments, les émotions montant jusqu'à l'extrême.

Les po√®tes sont alors des nobles ou de riches bourgeois, parfois des religieux ou des tuteurs qui se tournent vers la litt√©rature dans leur temps libre. Il existait aussi des po√®tes employ√©s √† la cour qui avaient plus ou moins le m√™me statut que le ¬ę fou du roi ¬Ľ. Martin Opitz von Boberfeld publie Aristarque ou Du m√©pris de la langue allemande. Il montre que l'allemand a toutes les qualit√©s d'une langue litt√©raire. Il publie aussi en 1624 un Trait√© de la po√©sie allemande.

Les premières femmes apparaissent en littérature à cette époque, la plupart publiant cependant sous un pseudonyme. Elles font partie des nombreux cercles de poètes et de différentes académies littéraires comme par exemple la princesse de Saxe Maria Antonia Walpurgis.

La forme poétique la plus utilisée est alors le sonnet.

Parmi les po√®tes allemands baroques, Abraham a Santa Clara, Sigmund von Birken, Barthold Hinrich Brockes, Simon Dach, Paul Fleming, Andreas Gryphius, Johann Christian G√ľnther, Friedrich von Logau, Johann Michael Moscherosch, Christian Weise.

Les Lumières (1720-1785)

Article d√©taill√© : Aufkl√§rung.

Les Lumi√®res sont un ph√©nom√®ne europ√©en. En Allemagne, son repr√©sentant le plus important est le philosophe Emmanuel Kant qui √©crit entre autres R√©ponse √† la question : ¬ę qu'est-ce que les Lumi√®res ? ¬Ľ. Moses Mendelssohn, Friedrich Heinrich Jacobi y ont aussi fait des contributions importantes. Christoph Martin Wieland cherche √† introduire la culture gr√©co-latine. Il √©crit Agathon, roman pseudo grec en plusieurs volumes, mettant en sc√®ne une Hellade d√©j√† de teneur romantique. Il traduit aussi William Shakespeare en allemand[3].

Les philosophes de cette √©poque sont profond√©ment convaincus que le progr√®s de l'humanit√© repose sur la formation et l'√©ducation de chacun. Deux courants philosophiques importants cohabitent pour former les ¬ę Lumi√®res ¬Ľ : l'empirisme anglais d'apr√®s lequel la connaissance repose sur le perception des sens et le rationalisme fran√ßais, d'apr√®s lequel la connaissance r√©sulte de l'utilisation des capacit√©s de r√©flexion de la raison. Toute la vie est per√ßue comme un processus d'apprentissage.

Une Ňďuvre marquante est Nathan der Weise de Gotthold Ephraim Lessing.

Sturm und Drang (vers 1765-1785)

Article d√©taill√© : Sturm und Drang.

Sturm und Drang est un mouvement litt√©raire contestataire de la deuxi√®me moiti√© du XVIIIe si√®cle, nomm√© ainsi d'apr√®s une pi√®ce de Friedrich Maximilian Klinger. Le noyau de ce mouvement est une jeunesse qui se r√©volte contre la structure de la soci√©t√© domin√©e par la noblesse et la bourgeoisie et contre les principes moraux bourgeois qui y r√®gnent.

Les héros des pièces et romans de ce mouvement essayent de rompre les conventions et les représentations morales. Ils créent leurs propres règles basées sur la justice et la liberté.

Les figures emblématiques de ce mouvement sont Johann Wolfgang von Goethe et Friedrich von Schiller. Les Souffrances du jeune Werther (Die Leiden des jungen Werthers) de Goethe est le roman clé de ce mouvement. On trouve aussi Jakob Michael Reinhold Lenz ainsi que d'autres auteurs réunis à Göttingen.

Les villes porteuses de ce mouvement étaient Göttingen, Strasbourg ainsi que Francfort-sur-le-Main.

Weimarer Klassik (classicisme de Weimar) (vers 1786-1805)

Article d√©taill√© : Classicisme de Weimar.

Ce terme d√©signe en litt√©rature allemande l'√©poque commen√ßant apr√®s le voyage de Goethe en Italie en 1786. Elle dure jusque vers 1805. Cette p√©riode recoupe la p√©riode de cr√©ation de Goethe et Friedrich von Schiller alors amis (1794-1805).Les deux versions de Faust √©crites par Goethe en 1806 et 1822, sont les apog√©es de son Ňďuvre.

Au centre de ce concept d'art se trouve la volonté d'harmonie et d'aplanissement des contraires. On se réfère à l'art classique et à son idéal de beauté, on cherche l'adéquation entre le fonds et la forme. Goethe cherche dans la nature un modèle pour les interactions universelles de l'ensemble des choses existantes, Schiller fait de l'histoire le point central de toute chose. À la charnière entre le classicisme de Weimar et le romantisme, il faut citer deux auteurs, Friedrich Hölderlin auteur tragique et lyrique, passionné de la Grèce ancienne et Johann Paul Friedrich Richter, connu sous les pseudonyme de Jean Paul à l'imagination créatrice.

Le romantisme (vers 1796-1835)

Article d√©taill√© : Romantisme allemand.

Aux Herder, GŇďthe et Schiller succ√®de une seconde g√©n√©ration de romantiques qui compte de grands noms comme H√∂lderlin et Jean Paul et est divis√©e en deux √©coles :

Biedermeier (vers 1815-1848)

Article d√©taill√© : Biedermeier.

Le terme Biedermeier désigne la période de la restauration entre 1815 et 1848. Ce nom vient du poète Gottlieb Biedermeier. Le concept renvoie à un certain art de la petite-bourgeoisie. En littérature, cet art est considéré comme provincial, d'un esthétisme infantile et suant les bons sentiments.

Cette p√©riode litt√©raire autrichienne est faite d'un art de pi√®tre qualit√© mais qui donnait, par son style sans originalit√© et ses histoires d'une platitude effarante, un divertissement appr√©ci√© aux petit-bourgeois de l'Empire. Quelques auteurs comme Johann Nestroy ont n√©anmoins su jouer sur les deux tableaux en pr√©sentant d'un c√īt√© des pi√®ces populaires, mais aussi en y instillant une causticit√© nouvelle[r√©f. n√©cessaire].

Plusieurs auteurs qui ont connus leur heure de gloire √† cette √©poque : Gottlieb Biedermeier, Annette von Droste-H√ľlshoff, Wilhelm Hauff, Karl Leberecht Immermann, Eduard M√∂rike, Ferdinand Raimund, Friedrich R√ľckert.

Pendant la même période d'autres écrivains se distinguent néanmoins et restent au Panthéon des lettres germaniques comme le poète Nikolaus Lenau, le dramaturge Franz Grillparzer ou l'écrivain Adalbert Stifter.

Vorm√§rz (vers 1830-1850) et ¬ę Junges Deutschland ¬Ľ

Georg B√ľchner

Cette √©poque est comprise entre le Congr√®s de Vienne de 1815 et la r√©volution de mars 1848. En litt√©rature, cette p√©riode ne commence qu'√† partir de 1830, et est influenc√©e par les id√©es lib√©rales que v√©hicule la R√©volution de Juillet en France. Le mouvement Junges Deutschland (¬ę Jeune-Allemagne ¬Ľ), entre en opposition √† la restauration. Les principaux repr√©sentants de ce courant sont : Georg B√ľchner, Heinrich Heine, Christian Dietrich Grabbe, Ludwig B√∂rne, August Heinrich Hoffmann von Fallersleben et Georg Herwegh. √Čcrivains engag√©s, ils combattent contre la politique tr√®s conservatrice de Metternich et des princes. Ils veulent obtenir la d√©mocratie, la libert√©, la justice sociale, et militent pour une Allemagne unie sous la forme d'une R√©publique. D'un point de vue litt√©raire, ils refusent l'id√©alisme du romantisme et du classique, qu'ils consid√®rent comme apolitique et √©loign√© de la r√©alit√©. Leurs √©crits prennent souvent des formes diverses, textes journalistiques ou r√©cits de voyages, et t√©moignent d'une volont√© de s'adresser au plus grand nombre, et non plus seulement aux intellectuels. Leurs Ňďuvres sont interdites de publication par d√©cret du Bundestag de Francfort pour toute l'Allemagne √† partir de 1835/1836.

Le réalisme poétique (1848-1890)

Dans le r√©alisme po√©tique, les auteurs √©vitent les grands probl√®mes socio-politiques et se tournent vers leur pays d'origine - leurs habitants et leurs paysages. Au centre des romans, pi√®ces et po√®mes se trouve l'individu. Une caract√©ristique de ces Ňďuvres est l'emploi fr√©quent de l'humour qui cr√©e une distance par rapport √† une r√©alit√© insupportable. Il pointe les d√©fauts et faiblesses d'un des maillons de la soci√©t√© sans pour autant s'attaquer au syst√®me. La forme litt√©raire pr√©f√©r√©e est la nouvelle, qui fleurit √† l'√©poque.

Quelques Ňďuvres marquantes : Frau Jenny Treibel de Theodor Fontane, Romeo und Julia auf dem Dorfe de Gottfried Keller, Das Amulett de Conrad Ferdinand Meyer, Der Schimmelreiter de Theodor Storm et Nachsommer d'Adalbert Stifter. La saga des Buddenbrook de Thomas Mann, qui d√©pend encore de cette √©cole litt√©raire, et en constitue un des points d'aboutissement (l'influence de Theodor Fontane, notamment, est marqu√©e).

Le naturalisme (1880-1900)

Arno Holz théoricien et auteur du naturalisme

√Ä partir de 1890, la vie litt√©raire allemande s'anime √† nouveau gr√Ęce aux √©crivains autrichiens. La litt√©rature allemande compte cependant de grands noms. Le naturalisme √©tait un art nouveau, une nouvelle direction en litt√©rature, qui voulait d√©couvrir sans m√©nagements les rapports dans tous les domaines de la soci√©t√©. Ce que les r√©alistes au milieu du si√®cle r√©prouvaient encore se trouve maintenant au centre des pr√©occupations. Sans √©gards pour les limites traditionnelles du bon go√Ľt et des conceptions bourgeoises artistiques, la r√©alit√© est rendue telle quelle, crue, sans embellissements. Une nouveaut√© artistique qui en d√©coule est l'apparition du jargon, des dialectes ou de la langue de tous les jours dans les Ňďuvres litt√©raires. Le h√©ros individuel qui choisit librement n'est plus au centre des narrations, d√©sormais, il y est pr√©sent√© d√©termin√© par son milieu, ses origines et les circonstances temporelles.

Quelques Ňďuvres : Fr√ľhlings Erwachen de Frank Wedekind, Bahnw√§rter Thiel de Gerhart Hauptmann, Tristan et Der Tod in Venedig (Mort √† Venise) de Thomas Mann.

L'Impressionnisme (vers 1890-1910)

Article d√©taill√© : Impressionnisme.

√Čtant un mouvement essentiellement franco-anglais, l'impressionnisme n'a pas eu beaucoup d'influence en Allemagne, en dehors de Keyserling.

Heimatkunst

Le Heimatkunst (¬ę art de la patrie ¬Ľ) est en relation √©troite avec le naturalisme. Le propagandiste principal de ce nouveau mouvement est l'√©crivain et historien de l'art Adolf Bartels qui utilise le concept de Heimatkunst pour la premi√®re fois en 1898 dans un article pour le magazine Der Kunstwart. Il r√©pand les nouvelles id√©es et conceptions avec Friedrich Lienhard dans le magazine Heimat qui ne para√ģtra √† Berlin que tr√®s peu de temps.

Ce nouveau mouvement voulait s'écarter du sujet de la grande ville pour se tourner vers le pays, la patrie et le peuple. L'emploi du terme Heimat permet cependant de ne pas se cantonner à la vie de campagne, la vie citadine peut être aussi abordée puisque la ville peut être aussi un lieu d'origine. Comme le naturalisme à qui il emprunte diverses techniques, le Heimatkunst ne se contente pas d'exprimer son amour du pays, il critique aussi ses manques, ses défauts. Les recherches actuelles sur ce mouvement tendent à montrer que certaines des idées de base de ce mouvement sont les mêmes que celles des mouvements écologiques actuels.

Quelques Ňďuvres :

Jugendstil

Klassische Moderne (vers 1900 - années 1920)

Pour le Klassische Moderne (¬ę modernit√© classique ¬Ľ), le concept d'Avant-garde est particuli√®rement important. Cette √©poque commence √† la fin du XIXe si√®cle avec le symbolisme fran√ßais et des po√®tes comme St√©phane Mallarm√©, Charles Baudelaire et Arthur Rimbaud. Les repr√©sentants les plus importants du symbolisme en langue allemande sont Stefan George, Hugo von Hofmannsthal et Rainer Maria Rilke.

Ce mouvement englobe aussi bien le surr√©alisme, le dada√Įsme, l'expressionnisme que le futurisme. En Allemagne, le nazisme puis la Seconde Guerre mondiale provoquent une c√©sure dans ces mouvements le plus souvent d√©sign√©s sous le terme d'avant-garde.

La litt√©rature d'avant-garde se veut √™tre une litt√©rature orient√©e vers la nouveaut√© et tr√®s port√©e sur la th√©orie. Les dada√Įstes s'essayent ainsi √† brusquer leur public √† formation bourgeoise en leur proposant une litt√©rature de non-sens. Le Wiener Aktionismus avait choisi comme point d'attaque le ¬ę bon go√Ľt ¬Ľ et provoquait √† travers des performances extr√™mes.

Parall√®lement √† ces courants dirig√©s contre la tradition, des Ňďuvres reprennent les anciennes formes et les d√©veloppent comme Rainer Maria Rilke avec son roman Die Aufzeichnungen des Malte Laurids Brigge (1910), Heinrich Mann (dont les d√©buts ont pr√©par√© la voie aux expressionnistes), Thomas Mann, Hermann Broch, Robert Musil et Franz Kafka.

La forme des Ňďuvres de Thomas Mann s'inscrit dans la continuit√© d'un mouvement romantique h√©rit√© des Lumi√®res, un romantisme de premi√®re √©poque en quelque sorte, consid√©rant avec autant d'importance tous les aspects diff√©rents du savoir ; ainsi, La Montagne magique nous apprend tout sur la m√©decine pulmonaire, tandis que dans Le Docteur Faustus, c'est de la musique s√©rielle ou dod√©caphonique qu'il est question. En parall√®le de la trame de l'histoire qu'il nous conte, et quand cette derni√®re effleure une des facettes du savoir, surgissent alors √ß√† et l√† des digressions ne laissant rien au hasard et qui satisferait tout sp√©cialiste, aussi pointilleux soit-il.

Christian Morgenstern (1871-1914) peut difficilement se ranger dans une cat√©gorie : √† la fois pr√©curseur du surr√©alisme et du lettrisme (die grosse Lullabi), il voit monter le d√©sastre de la Premi√®re Guerre mondiale, pressent le cataclysme de la Seconde et sugg√®re, en r√©action aux barbaries √©mergentes, un retour aux valeurs de l'esprit dont il se fait le chantre. (Wir fanden einen Pfad). Le d√©but du XXe si√®cle voit aussi l'√©closion de grands po√®tes comme Stefan George, qui publie des po√®mes proches du symbolisme fran√ßais[4]. La litt√©rature allemande, tr√®s riche et reconnue pendant la R√©publique de Weimar, est d√©cim√©e par l'arriv√©e du nazisme. Des √©crivains de renomm√©e internationale comme Walter Benjamin, Lion Feuchtwanger, Alfred D√∂blin, Thomas Mann choisissent l'exil.

Expressionnisme (vers 1910-1925)

On rattache par exemple les romans de Franz Kafka √† l'expressionnisme, ainsi que plusieurs auteurs dramatiques allemands du d√©but du XXe si√®cle, tels que Georg Kaiser ou Ernst Toller.

Article d√©taill√© : Expressionnisme.

Le dada√Įsme (vers 1916 - Seconde Guerre mondiale)

Dada est n√© le 5 f√©vrier 1916 √† Zurich (Suisse) par la gr√Ęce des po√®tes Hugo Ball, Richard Huelsenbeck, Tristan Tzara et des peintres Jean Arp, Marcel Janco, Sophie Taeuber. Ils investissent une taverne de la Spiegelstrasse, la transforment en caf√© litt√©raire et artistique et la rebaptisent ¬ę Cabaret Voltaire ¬Ľ.

Article d√©taill√© : Dada√Įsme.

Le nazisme et ses conséquences en littérature

La littérature dans l'Allemagne nazie

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Toute forme de litt√©rature critique √† l'√©gard du pouvoir est interdite, ainsi que les √©crivains de gauche, communistes ou juifs. Des milliers de livres sont alors br√Ľl√©s sur de grands b√Ľchers. √Ä partir de 1938, √† la suite de l'Anschluss de l'Autriche au Troisi√®me Reich, la m√™me politique va √™tre appliqu√©e dans la province autrichienne. Le gouvernement exige alors des po√®mes exaltant la patrie et le peuple allemand (Blut-und-Boden-Dichtung : La po√©sie du sang et de la terre, l'id√©ologie officielle √©tant appel√©e Blut und Boden ou BluBo), la seule litt√©rature non-id√©ologique alors tol√©r√©e est une litt√©rature de divertissement. Les opposants au r√©gime sont menac√©s de mort, quand ils ne sont pas partis en exil. Ainsi meurent Jakob van Hoddis et Carl von Ossietzky. De nombreux √©crivains restent dans leur pays, bien qu'ils s'opposent au national-socialisme. Ils sont condamn√©s au silence, laissent leur √©crits dans leur tiroir ou se cantonnent √† des th√®mes non-politiques. Parmi les plus c√©l√®bres, Erich K√§stner, Gerhart Hauptmann ou Wolfgang Koeppen restent en Allemagne.

Tr√®s rares sont les √©crivains qui prennent parti pour le nazisme ; parmi eux, Josef Weinheber et Erwin Guido Kolbenheyer. La litt√©rature pro-hitl√©rienne n'a qu'un int√©r√™t historique car pr√©sentant un caract√®re de grande m√©diocrit√©.

Autodafé de livres en 1933 à Berlin

La littérature d'exil

La litt√©rature d'exil allemande (1933-1945) est apparue en r√©action contre le nazisme. Deux √©v√©nements majeurs la marqu√®rent : les autodaf√©s √† Berlin le 10 mai 1933 et l'attaque de l'Allemagne sur les pays voisins en 1938-1939. Des centres d'√©migr√©s se d√©velopp√®rent √† Paris, Amsterdam, Stockholm, Z√ľrich, Prague, Moscou, New York ou encore Mexico. Des maisons d'√©dition s'y mont√®rent.

Parmi les auteurs allemands en exil : Bertolt Brecht, Alfred D√∂blin, Ernst Bloch, Lion Feuchtwanger, Bruno Frank, Leonhard Frank, Oskar Maria Graf, Hermann Kesten, Annette Kolb, Emil Ludwig, Heinrich Mann, Klaus Mann, Thomas Mann, Erich Maria Remarque, Anna Seghers ou encore Arnold Zweig. Il y eut aussi Ernst Toller, Walter Hasenclever, Walter Benjamin et Kurt Tucholsky qui se suicid√®rent en exil.

Parmi les √©crivains qui rest√®rent en Allemagne, certains se retir√®rent en √©migration int√©rieure (innere Emigration). Ce terme s'applique √† ceux qui √©taient en opposition au gouvernement nazi mais qui ne quitt√®rent pas l'Allemagne pour autant. Parmi ceux-ci, on compte : Stefan Andres, Reinhold Schneider, Werner Bergengruen, Erich K√§stner, Ernst Kreuder, Gertrud von Le Fort et Ehm Welk.

L'Holocauste et la littérature des survivants

L'écrivain qui semble être le plus important dans cette partie de l'histoire de la littérature est sans doute Marcel Reich-Ranicki, surtout avec le témoignage qu'il nous donne concernant les atrocités que l'on faisait subir aux juifs notamment dans le ghetto de Varsovie dans son autobiographie intitulée Mein Leben.

La Tr√ľmmerliteratur

Apr√®s la Seconde Guerre mondiale et jusqu'en 1950 environ appara√ģt une litt√©rature (la Tr√ľmmerliteratur) qui d√©crit l'Allemagne en ruines et la litt√©rature allemande d√©truites.

Les principaux auteurs de ce courant litt√©raire sont :

Particularités nationales

La littérature autrichienne

Article d√©taill√© : Litt√©rature autrichienne.

Felix Salten, auteur de Bambi adapt√© par Disney, faisait partie des cercles litt√©raires et artistiques de Vienne et fr√©quentait Thomas Mann, Arthur Schnitzler, Hugo von Hofmannsthal et Gustav Klimt, les Strauss ainsi que Sigmund Freud. Salten a √©t√© pr√©sident du Pen club autrichien de 1925 √† 1934, d'o√Ļ il fut chass√© par les nazis pour ¬ę manque de caract√®re ¬Ľ.

Plusieurs écrivains autrichiens émigrent dans les années 1930, particulièrement après l'Anschluss, dont Stefan Zweig, Hermann Broch, Carl Zuckmayer et Franz Werfel.

La littérature de la RDA

La RDA se d√©finissait elle-m√™me comme Literaturgesellschaft (¬ę soci√©t√© de litt√©rature ¬Ľ) (le concept vient de Johannes R. Becher), elle se battait contre la non-po√©sie de l'ouest et la ¬ę ghetto√Įsation ¬Ľ de la culture √©lev√©e.

Une d√©mocratisation devait √™tre mise en place aux niveaux de la production, de la distribution et de la r√©ception. N√©anmoins, le concept de d√©mocratisation devint absurde du fait de la censure et des tentatives de l'√Čtat de contr√īler la cr√©ation, de fonctionnaliser la litt√©rature et de l'utiliser √† ses fins pour la propagande du Realsozialismus.

La littérature de la RFA

La littérature suisse allemande

Littérature contemporaine

Apr√®s la Seconde Guerre mondiale, le groupe 47 est fond√© avec comme objectifs de refondre la sc√®ne litt√©raire et la langue allemande et de redonner √† l'Allemagne sa place dans la litt√©rature mondiale. √Ä la fois forum de lecture, lieu de d√©bat et de critique litt√©raire, il exerce une influence majeure en Allemagne jusqu'en 1967. Parmi ses membres, on trouve Paul Celan, Heinrich B√∂ll qui dans ses romans interroge sur les cons√©quences du nazisme et de la guerre dans la soci√©t√© allemande, Peter Weiss[5]‚Ķ La litt√©rature contemporaine en Allemagne est abondante : Bernhard Schlink, par exemple a √©crit un roman tr√®s c√©l√®bre, Le Liseur et un recueil de nouvelles, Amours en fuite.

G√ľnter Grass, prix Nobel de litt√©rature, introduit l‚Äôhistoire de l'Allemagne nazie en litt√©rature, par exemple avec son roman Le Tambour. Il est le chef de file d'une g√©n√©ration en qu√™te de r√©ponses √† ses interrogations morales. Hans Magnus Enzensberger, Siegfried Lenz et Christa Wolf font partie de la m√™me mouvance. Une nouvelle g√©n√©ration d'√©crivains revient √† la tradition du r√©cit. Sten Nadolny, Uwe Timm, F. C. Delius, Brigitte Kronauer et Ralf Roth, qui ont d√©but√© dans les ann√©es 1980, en sont les repr√©sentants embl√©matiques.

Bibliographie

  • M. Pines, Histoire de la litt√©rature jud√©o-allemande, Paris, Jouve & Cie, √Čditeurs, 1911, 582 p.
  • B√©atrice Gonzal√©s-Vangell, Kaddish et Renaissance - La Shoah dans les romans viennois (1991-2001) De Robert Schindel, Robert Menasse et Doron Rabinovici, Presses universitaires du Septentrion, 2005, 328 pages.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Wolfgang Spiewok/Danielle Buschinger, Histoire de la litt√©rature allemande du Moyen Age, Nathan, 1992, p. 163.
  2. ‚ÜĎ Sous la direction de David Brabis, Allemagne, Le Guide vert Michelin, 2004, p 84
  3. ‚ÜĎ Manuel de Di√©guez, Langue, culture et civilisation, Le Monde, 2 ao√Ľt 2003
  4. ‚ÜĎ Sous la direction de David Brabis, p 86
  5. ‚ÜĎ Sous la direction de David Brabis, p 87

Annexes

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