Littoral

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Littoral
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Le littoral est la bande de terre ou la zone comprise entre une Ă©tendue maritime et le continent, ou l'arriĂšre-pays. Selon les Ă©chelles retenues, le littoral peut s'Ă©tendre de quelques centaines de mĂštres Ă  plusieurs kilomĂštres de part et d'autre de la limite terre-eau ou au sens strict, correspondre Ă  l'estran.

Espace limité, convoitée, attractif, propices aux différents flux (échanges commerciaux, déplacements...), il accueille actuellement la majorité de l'humanité, nombre d'agglomérations et de nombreuses activités. On parle alors de littoralisation.

Une partie importante du littoral est considérée comme zones humides telles que définies par la convention de Ramsar.

Le littoral est riche en paysages exceptionnels qui en font un atout touristique (ici, sur le littoral Ouest de Suðuroy, archipel des Féroé), souvent au risque de sa propre dégradation par la surfréquentation. Le paysage est l'enjeu d'un des équilibres que cherchent à trouver les schémas de développement intégrés du littoral
Dunes du littoral de la province de Buenos Aires, photo prise par la NASA Ă  l'altitude 389 km
Sur toute la planĂšte, les littoraux tendent Ă  s'artificialiser, et ils sont souvent menacĂ©s par la montĂ©e des ocĂ©ans (ici : Besant Nagar, Inde)
Dans les zones peu urbanisées, les littoraux sont souvent des écotones trÚs riches, jouant aussi un rÎle de corridor biologique

Sommaire

Caractéristiques

La proximitĂ© de l'eau et de l'interface terre-eau a dĂ©veloppĂ© un environnement particulier : dunes, galets, cĂŽtes rocheuses dont certaines Ă  falaises, estuaires, plages, cĂŽtes marĂ©cageuses... Des microclimats et des Ă©cosystĂšmes Ă©cotoniaux sont spĂ©cifiques des littoraux. Le groupe 1 du Grenelle de la mer rappelait en juin 2009 que la zone « charniĂšre Â» que constitue le littoral ou le lieu de rencontre Terre-mer en faisait un lieu de dangers, de fragilitĂ©s et de pressions : « En rĂ©trĂ©cissant le champ, Ă  la façade, Ă  l’estran, au domaine public maritime, Ă  la bande littorale, Ă  la zone cĂŽtiĂšre ou aux eaux territoriales, l’homme a concentrĂ© sur la charniĂšre, au fil des siĂšcles, toutes les contraintes Â» ; lieux oĂč « le seuil de tolĂ©rance, la capacitĂ© d’accueil, la charge d’usages nouveaux et anciens sont aujourd’hui dĂ©passĂ©s  Â»[1].

Les zones estuariennes, les cĂŽtes sableuses ou rocheuses, les zones humides et les marais maritimes, prĂ©sentent bien souvent, en plus de leurs attraits Ă©cologiques et paysagers, des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques qui les soumettent Ă  des pressions et dĂ©gradations importantes de la part de l'Homme.

Aménagement et gestion des littoraux

Les littoraux sont aménagés sur la cÎte. De nombreux littoraux sont aménagés pour un développement du commerce et des activités touristiques. Ces activités sont de grosses sources de revenues pour le pays.

Menaces et vulnérabilités

Divers facteurs contribuent Ă  vulnĂ©rabiliser les littoraux :

  • sensibilitĂ© naturelle Ă  l'Ă©rosion marine (recul du trait de cĂŽte ou ensablements ; naturel ou exacerbĂ©s par l'Ă©lĂ©vation du niveau de la mer et par l'occurrence ou la gravitĂ© des phĂ©nomĂšnes climatiques extrĂȘmes liĂ©s au changement climatique (tempĂȘtes, pluviomĂ©trie, chocs thermiques qui exacerbent l'Ă©rosion).
  • mouvements gĂ©omorphologiques naturels (tsunamis, effondrements de falaises... )
A titre d'exemple, le recul des falaises hautes-normandes et picardes, de 6 m en moyenne sur la pĂ©riode 1966-1995, en est une illustration, comme la dĂ©gradation des rĂ©cifs coralliens en outre-mer ou encore le dĂ©clin de la mangrove; Un rapport[2] de l'OCDE (2008) estime que dans 136 villes portuaires Ă©tudiĂ©es par le rapport, au moins un million d’habitants Ă©taient dĂ©jĂ  en 2005 exposĂ©s aux inondations cĂŽtiĂšres centennale (sur 40 millions de personnes y habitant (soit 0.6% de la population mondiale et environ un habitant sur dix de ces villes, et ce nombre pourrait ĂȘtre multipliĂ© par 3 de 2005 Ă  2070, pour atteindre 150 millions de personnes environ).
Nombre de littoraux ont attirĂ© l'urbanisation : les villes de Bombay, Canton, Shanghai, Miami, HĂŽ-Chi-Minh-Ville, Calcutta, Alexandrie et la Nouvelle OrlĂ©ans, ainsi que les agglomĂ©rations de New-york et d' Osaka-Kƍbe sont les plus vulnĂ©rables en termes de nombre d'habitants exposĂ©s.


En France, en 2006, les communes littorales abritaient une personne sur 10 (6,1 millions de personnes au 1er janvier 2006), sur seulement 4 % du territoire, (cette proportion Ă©tant stable depuis les annĂ©es 1980), avec 281 hab. / kmÂČ (densitĂ© 2,5 fois supĂ©rieur Ă  la moyenne mĂ©tropolitaine)[3] La population n'y Ă©tait que de 4,8 millions d’habitants en 1968 (soit + 25 % entre 1968 et 2006).

En termes de risques/coĂ»ts pour le patrimoine, les grandes villes portuaires les plus exposĂ©es sont Miami, l’agglomĂ©ration New-yorkaise, la Nouvelle-OrlĂ©ans, Osaka-Kobe, Tokyo, Amsterdam, Rotterdam, Nagoya, Tampa-Saint-Petersbourg, et Virginia Beach, toutes situĂ©es dans 3 pays (USA, Japon, pays-bas). Selon l'OCDE, le patrimoine menacĂ© par cet alĂ©a en 2005 Ă©tait estimĂ© Ă  3.000 milliards de dollars amĂ©ricains (5% du PIB annuel mondial) et pourrait ĂȘtre multipliĂ© par 10 d'ici 2070 avec une valeur de 35.000 milliards de dollars amĂ©ricains mencacĂ©e (9% du PIB annuel mondial projetĂ© par les prospectivistes).
La croissance économique, urbaine et démographique sont les premiÚres explications à cette augmentation du risque, mais la montée de la mer compte pour une part non négligeable. C'est dans les pays pauvres ou en développement que l'urbanisme s'étend le plus dans les zones à risque.
Des déplacement de nappes ou du biseau salé peuvent entraßner une salinisation

Tourisme littoral et maritime

Le tourisme maritime est celui qui s'est le plus dĂ©veloppĂ© au XXe siĂšcle, non sans impacts nĂ©gatifs, avec notamment le bĂ©tonnage et l'artificialisation du littoral.

À partir des ports, s'est dĂ©veloppĂ© un tourisme maritime et de plaisance, pour un chiffre d’affaires estimĂ© de 72 milliards d'euros 2004 pour l'Europe, selon l'ESPO (Organisation europĂ©enne des ports maritimes communautaires), dans sa contribution au livre vert de l'Europe, l'Ă©cotourisme connaissant un dĂ©veloppement rapide[4], et la plaisance (+ 5 Ă  6%/an en Europe
European Union Recreational Marine Industry Group (EURMIG), contribution au livre vert de la Commission Européenne
malgrĂ© son coĂ»t et le manque de place dans les ports) continue Ă  croĂźtre, ainsi que la croisiĂšre (+ 10%/an, les navires de croisiĂšres Ă©tant presque tous construits en Europe. Ces chiffres proviennent des reprĂ©sentants de ces secteurs d'activitĂ© seraient Ă  mettre en balance avec les coĂ»ts sociaux-environnementaux et l'empreinte Ă©cologique Ă©levĂ©e de certaines formes de tourisme ; Les chantiers navals ont gagnĂ© 43 % en productivitĂ© mais perdu 36 % de leurs emplois, et les impacts de la dĂ©construction artisanale des navires amiantĂ©s ou non dans les pays pauvres ne sont que rarement pris en compte, de mĂȘme que le devenir des bateaux de plaisances (plastique, peintures toxiques, batteries, etc.) [5]).

Stratégie européenne

En Europe, au milieu des années 1990, environ 200 millions de personnes vivaient à moins de 50 km du littoral européen, qui s'étend sur une bande d'environ 148 000 km et l'Europe ne disposait d'aucun systÚme global de gestion des zones cÎtiÚres[6]. Les zones de polders (Pays-Bas, Flandre Belge, Nord de la France sont exposées à un risque de submersion et en 2009, la pollution marine de ces zones reste un problÚme majeur dans toutes les mers européennes.

La succession des accidents maritimes a rappelĂ© qu'il n'y avait pas de coordination des politiques maritimes des pays europĂ©ens. Dans ses objectifs stratĂ©giques pour 2005-2009, la Commission a dĂ©clarĂ©, et elle le rappelle dans son[7],[8],[9] ; « il est particuliĂšrement nĂ©cessaire de dĂ©velopper une politique maritime exhaustive visant Ă  assurer une Ă©conomie maritime prospĂšre, acceptable pour l'environnement et soutenue par l'excellence de la recherche scientifique, de la technologie et de l'innovation dans le secteur maritime.» Le livre vert se conclue par un projet de consultation qui devrait s'achever en 2009.

L'Europe a contribué à la conférence mondiale des océans[10] de Madado qui l'engage à mieux protéger l'océan mondial[11]

En dĂ©pit de l'effondrement des stocks de poissons et crustacĂ©s, l’Union europĂ©enne notamment grĂące au dĂ©veloppement du chalutage et de l'exploitation (certains parlent dĂ©jĂ  de surexploitation) des poissons de grands fonds reste l’une des premiĂšres puissances de pĂȘche au monde et le premier marchĂ© pour les produits transformĂ©s Ă  base de poisson, ici encore non sans impacts environnementaux et socio-Ă©conomiques : Avec les aides Ă  l'Ă©quipement de la pĂȘche industrielle, le nombre de pĂȘcheurs europĂ©ens n'a cessĂ© de chuter, de mĂȘme que les stocks de poissons alors que les prix sont artificiellement maintenus bas par les subventions et la concurrence. Ce secteur assure encore de emplois directs et indirects Ă  526 000 personnes[12], notamment grĂące Ă  l'aquaculture qui se dĂ©veloppe, Ă©galement avec certains impacts nĂ©gatifs sur l'environnement.

Une association se consacre Ă  la prĂ©servation et la mise en valeur du littoral europĂ©en depuis 20ans : Surfrider Foundation Europe.

Littoral et urbanisation

Dans le monde et en Europe, les communes littorales et des arriĂšre-pays prĂ©sentent un taux d'urbanisation et de pĂ©riurbanisation gĂ©nĂ©ralement beaucoup plus Ă©levĂ© que la moyenne. Ainsi au dĂ©but du XXIe siĂšcle, prĂšs de 25 % des canadiens et environ 55 % des habitants des USA vivent dĂ©jĂ  dans des zones cĂŽtiĂšres (CEQ, 1997 ; EC, 1999) et aux USA la population cĂŽtiĂšre croĂźt quatre fois plus rapidement que celle de l'intĂ©rieur. Partout dans le monde, ce sont souvent des villes cĂŽtiĂšres qui dĂ©tiennent les record de croissance urbaine (ONU/CEC; Commission for Environmental Cooperation, 2000[13]). Par exemple, en 2003, elles reprĂ©sentaient en France 10,5 % des surfaces nouvellement construites, sur 4 % du territoire seulement[14]. C'est l’arriĂšre-pays littoral qui maintenant dĂ©sengorge la cĂŽte et contribue le plus Ă  la pĂ©riurbanisation et Ă  la fragmentation Ă©cologique du territoire, en contribuant Ă©galement au phĂ©nomĂšne dit de pollution lumineuse.

Littoral et environnement

Les littoraux - parce qu'ils sont des écotones diversifiés sont souvent écologiquement riches ou remarquables et ils offrent des habitats irremplaçables à de trÚs nombreuses espÚces, dont aux alevins de poissons, qui en grande majorité se reproduisent sur le plateau continental.
Deux grands types de littoraux s'opposent : ceux qui ont une biodiversitĂ© Ă©levĂ©e et des habitats nombreux et diversifiĂ©s sur de courtes longueurs de trait de cĂŽte, et ceux qui sont plus homogĂšnes et moins riches en espĂšces, mais qui peuvent avoir une grande importance fonctionnelle (frayĂšres, laisses de mers, etc).

Un habitat littoral est une unitĂ© Ă©cologique indissociable constituĂ© d'un biotope (ou station) et d'une biocĂ©nose (ou communautĂ© d’ĂȘtres vivants vivant en l'occurrence obligatoirement sur le littoral tout ou partie de leur cycle de vie). Certains vĂ©gĂ©taux ou associations vĂ©gĂ©tales sont considĂ©rĂ©s comme indicateurs et caractĂ©ristique de chaque type d'habitat.
L'Europe a listĂ© des habitats cĂŽtiers gĂ©nĂ©riques dits d’intĂ©rĂȘt communautaire (annexe 1 de la Directive Habitats et nomenclature EUR15). Ces « habitats gĂ©nĂ©riques Â» regroupent actuellement 105 « habitats Ă©lĂ©mentaires Â» dĂ©finis par des « cahiers d’habitats Â». Ils sont terrestres, estuariens, intertidaux ou marins des Ă©tages supra-, mĂ©dio- et infralittoral (jusqu’à 15-20 mĂštres de profondeur). La nomenclature europĂ©enne dite « Corine Biotope Â» les regroupe en 3 catĂ©gories, elles-mĂȘmes dĂ©clinĂ©es en 8 grands types d’habitats pour en faciliter une cartographie europĂ©enne homogĂšne.

A titre d'exemple, en France, dans la bande terrestre des 500 m, prĂšs de 45% des terres sont encore des espaces naturels terrestres et aquatiques et nombre d'habitats naturels patrimoniaux ne se dĂ©veloppent que prĂšs de la mer ou prioritairement sous son influence (ex : dunes et zones humides associĂ©es ; pelouses des corniches rocheuses ; prĂ©s salĂ©s, landes et marais atlantiques, mares temporaires mĂ©diterranĂ©ennes. Beaucoup d'espĂšces sont endĂ©miques aux littoraux[15]. NĂ©anmoins l'artificialisation et l'urbanisation avancent aussi plus vite qu'ailleurs sur les littoraux[15]. En France on commence Ă  parler de « Trame bleu marine Â» pour dĂ©crire le rĂ©seau fonctionnel des habitats marins et sous-marins qu'il faudrait protĂ©ger, Ă  l'image de la trame verte et bleue terrestre.

À l'Ă©chelle mondiale, les littoraux comptent parmi les milieux oĂč la pression humaine Ă  le plus fortement augmentĂ© depuis 3 siĂšcles. Quelques entitĂ©s ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es pour rĂ©guler le transport maritime et en limiter les risques ou pour une meilleure gestion de certaines zones (OSPAR, HELCOM...).
En Europe, la Directive cadre sur l'eau dĂ©finit des indicateurs et objectifs qualitatifs et quantitatifs dĂ©taillĂ©es pour la surveillance et les niveaux Ă  atteindre dans les plans d'eau cĂŽtiers d'ici 2015. Certaines zones plus industrielles, urbanisĂ©es et/ou goulot d'Ă©tranglement sont plus vulnĂ©rables : par exemple 600 Ă  800 navires transportant des personnes et/ou des substances dangereuses et/ou polluants circulent ou se croisent chaque jour dans le pas de Calais. Fin 2006, ils n'Ă©taient toujours pas individuellement suivis par satellites et les moyens de secours manqueraient encore s'il y avait un accident grave. (Trois petites marĂ©es noires Ă©taient encore signalĂ©es au moins chaque annĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 2000, dans le dĂ©troit (pollutions dont les auteurs ne sont gĂ©nĂ©ralement pas retrouvĂ©s ni poursuivis).

Les sĂ©quelles de guerre sont constituĂ©es par les dĂ©pĂŽts de munitions anciennes immergĂ©es. Alors qu'OSPAR et la Commission europĂ©enne ont Ă©tĂ© alertĂ©e sur ce point, ce problĂšme n'est pas traitĂ© dans le Livre vert de 2006. Il semble pourtant s'agir d'un risque majeur : Au moins 140 sites de munitions ou explosifs immergĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s Ă  proximitĂ© du littoral par la France Ă  la Commission OSPAR[16]. Ils sont pour certains proches de sites d'Ă©levages d'huĂźtres et moules (ex. : Cancale, Quiberon en France). En Baltique et en Manche/mer du Nord, ils sont souvent en zone de pĂȘche (plus de 400 pĂȘcheurs ont Ă©tĂ© victimes de contacts accidentels avec l'YpĂ©rite en Baltique
Sources : commission OSPAR, 2005 et Commission d'Helsinki (HELCOM, 2004, 2005, 2006)). Certains dĂ©pĂŽts sont proches de sites d'aquaculture (ex. : saumon de Bornholm en Baltique, Ă©levĂ© Ă  proximitĂ© de dizaines de milliers de tonnes de munitions assimilables Ă  des dĂ©chets dangereux et toxiques, et qui se dĂ©gradent inĂ©luctablement, certaines perdant dĂ©jĂ  de leur contenu). Certains dĂ©pĂŽts sont proches de centrales nuclĂ©aires (dont la plus grosse d'Europe Ă  Gravelines, dans le Nord de la France), en contact avec des dĂ©chets nuclĂ©aires immergĂ©s (fosse des Casquets au nord de la Normandie) ou au droit de ports industriels Ă©nergĂ©tiques (ex : 35 000 t de munitions de 1914-1918 dont 12 000 chargĂ©es Ă  l'ypĂ©rite et Ă  la Chloropicrine immergĂ©s sur 4 ha au moins, Ă  quelques centaines de mĂštres au nord du port (mĂ©thanier) de Zeebrugge en Belgique et Ă  quelques brasses de la plage.
De telles dĂ©charges sous-marines existent aussi sur les littoraux des États-Unis, du Canada, du Japon, de l'Australie et d'autres rĂ©gions du monde. Les courants marins lors de tempĂȘtes ou de tsunamis se sont dĂ©jĂ  montrĂ©s capables de ramener ces munitions sur les plages et dans un cas Ă  proximitĂ© d'une centrale nuclĂ©aire.

Littoral et développement durable

Plusieurs pays et rĂ©gions ont soutenu des schĂ©mas de dĂ©veloppement intĂ©grĂ©s du littoral, d'estuaire ou de la mer, SchĂ©ma de mise en valeur de la mer, plus ou moins mis en Ɠuvre et Ă©valuĂ©s.

Le Parlement et le Conseil europĂ©ens ont adoptĂ© le 30 mai 2002 la Recommandation 2002/413/CE relative Ă  la mise en Ɠuvre d'une stratĂ©gie de gestion intĂ©grĂ©e des zones cĂŽtiĂšres (GIZC) en Europe (demandant un premier bilan aux États membres en fĂ©vrier 2006, et le suivi d'indicateurs objectifs et scientifiquement fondĂ©es pour surveiller et comparer le dĂ©veloppement durable (DD) sur le littoral. Un Groupe d'experts europĂ©en sur la GIZC a Ă©tĂ© crĂ©Ă© dĂšs 2002, composĂ© (en 2007) des 20 États membres cĂŽtiers et de deux États candidats, avec un sous-groupe "Indicateurs et donnĂ©es" (GT-ID) travaillant dĂšs fĂ©vrier 2003. Le programme INTERREG « DEDUCE Â» (DĂ©veloppement durable des cĂŽtes europĂ©ennes), a rendu en 2007 une Ă©valuation de 27 de ces indicateurs. La France y a contribuĂ© via l'IFEN, avec son Observatoire du littoral, de mĂȘme que l'Observatorio de la Sostenibilidad (pour le MinistĂšre de l'environnement d'Espagne). En savoir plus. L'Europe Ă©labore en 2007 une propositions de Directive marine, et une autre sur les inondations dans le cadre de la future Politique maritime europĂ©enne dessinĂ©e dans un Livre vert intitulĂ© Vers une future politique maritime de l'Union : une vision europĂ©enne des ocĂ©ans et des mers. L'UE prĂ©pare aussi un RĂ©seau europĂ©en de donnĂ©es d'observation et de surveillance (EMODNET) qui devrait intĂ©grer les aspects marins et littoraux.

Les objectifs d'une pĂȘche plus durable prĂ©vus par l’Union europĂ©enne ne sont pas atteints. Ils peuvent sembler contradictoires avec la prioritĂ© donnĂ©e Ă  la compĂ©titivitĂ© Ă©conomique et technique, alors mĂȘme que la demande en poisson continue Ă  croĂźtre. Alors qu'une crise climatique et du pĂ©trole est annoncĂ©e, en 2006 (Livre vert), l'UE affiche encore sa volontĂ© de dĂ©velopper le transport maritime et ses ports, comme Ă©lĂ©ments clĂ©s de la chaĂźne logistique qui relie le marchĂ© unique Ă  l’économie mondialisĂ©e, avec un objectif de dĂ©veloppement soutenable, mais en omettant de prendre en compte le fait que ces ports, certaines centrales nuclĂ©aires littorales pourraient ĂȘtre bientĂŽt trĂšs affectĂ©s par une possible montĂ©e accĂ©lĂ©rĂ©e des ocĂ©ans et par le manque d'Ă©nergie propre, sĂ»re et renouvelable.

L'Europe étudie la possibilité de retenir des indicateurs et des niveaux de durabilité pour ses littoraux.

En France, l'Observatoire du littoral de l'IFEN suit et met à jour un certain nombre d'indicateurs mesurant l'évolution du littoral français au regard du développement durable.
Le concept du « tiers sauvage Â» (dans le cas prĂ©sent : 33% du territoire des zones cĂŽtiĂšres de France doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©s Ă  des fins de conservation de la Nature) a Ă©tĂ© proposĂ© Ă  l'Europe par le Conservatoire du littoral[17]. Le groupe de travail n°1 (« La dĂ©licate rencontre entre la terre et la mer Â») du Grenelle de la mer a mi-2009 demandĂ© « â€Š accĂ©lĂ©rons la rĂ©alisation de l’objectif du tiers sauvage Ă  l’échĂ©ance 2020, notamment par l’élargissement des partenaires y contribuant, aux .cĂŽtĂ©s du Conservatoire du littoral
 Â»[18]. Ce mĂȘme groupe a proposĂ© la crĂ©ation d'un Conseil BAYLIMER («Conseil des bassins hydrographiques, du littoral et de la mer Â» en liaison avec l'Ă©tablissement d'une stratĂ©gies intĂ©grĂ©e associant bassin versant - littoral - mer, dont en Outre–mer, par grande unitĂ© biogĂ©ographique, via des «ConfĂ©rence BAYLIMER de bassin hydrographique, du littoral et de la mer Â» (propositions 1 Ă  11 du groupe n°1)[18].

Littoral et droit

Le droit international, incluant le droit de la mer délimite les eaux territoriales ou concerne le droit et la sécurité maritime avec des implications littorales.

Diverses conventions internationales, chartes, déclarations concernent les littoraux, mais les définitions juridiques du littoral varient selon les pays. Une clarification des définitions est en cours en France[19],[20].

En Europe, Un livre vert, un livre bleu et plusieurs directives europĂ©ennes concernent la pĂȘche en mer, la sĂ©curitĂ© maritime et une stratĂ©gie marine commune, ainsi qu'une stratĂ©gie pour la Baltique.

En France,

  • la Loi littoral pose les prĂ©misses d'un « droit du littoral Â» et tente de rĂ©guler l'urbanisation littorale. Mais certains de ses dispositions sont peu appliquĂ©es.
    DĂ©plorant ce fait, le Groupe I du Grenelle de la mer a dans son rapport[21] suggĂ©rĂ©, mi-2009, de donner un « nouveau souffle Â» Ă  la notion de « capacitĂ© d'accueil Â», pour mieux maitriser l’urbanisation et la pression fonciĂšre en dĂ©terminant la « juste capacitĂ© d’accueil du littoral Â». Ce groupe a aussi suggĂ©rĂ© une vĂ©ritable politique fonciĂšre outre-mer
 La loi littoral permet en effet via cette « capacitĂ© d’accueil Â» de calibrer le dĂ©veloppement urbain et l’accueil d’habitants pour mieux maitriser l'intensitĂ© d’urbanisation.
  • Une loi sur le dĂ©veloppement des territoires ruraux a instituĂ© en 2005 un Conseil national du littoral (CNL), installĂ© le 13 juillet 2006. Il regroupe 72 membres nommĂ©s pour cinq ans (parlementaires, Ă©lus des collectivitĂ©s territoriales de mĂ©tropole et d’outre-mer, reprĂ©sentants des milieux socio-professionnels, personnalitĂ©s de la sociĂ©tĂ© civile et reprĂ©sentants des Ă©tablissements publics concernĂ©s). C'est un lieu de veille, d’échanges et de propositions, qui pourra s'appuyer sur les donnĂ©es de l'Observatoire du littoral, au sein de l'IFEN.
  • Perspectives françaises : Une « stratĂ©gie nationale pour la mer et le littoral Â» est prĂ©vue par le projet de loi Grenelle 1[22]. Cette stratĂ©gie devant ĂȘtre dĂ©finie par l’État en lien avec les collectivitĂ©s territoriales, doit ĂȘtre le futur cadre de rĂ©fĂ©rence pour la protection du milieu marin, la valorisation des ressources marines et la gestion intĂ©grĂ©e et concertĂ©e des activitĂ©s liĂ©es Ă  la mer et au littoral. Elle pourrait inclure plusieurs des propositions du « Grenelle de la mer Â» (juin 2009) ; en particulier Le projet de loi Grenelle 2, prĂ©voyait une instance ad hoc pour valider cette stratĂ©gie : un Conseil National de la Mer et du Littoral. Le groupe 1 du Grenelle de la mer a en juin 2009 souhaitĂ© que cette notion Ă©volue, avec :
- un Conseil national des bassins hydrographiques, du Littoral et de la Mer, Ă  portĂ©e plus Ă©tendue que celle initialement prĂ©vue. Parce que la mer est impactĂ©e par les polluants provenant de tout le bassin versant, « il serait chargĂ© des problĂ©matiques de la mer et du littoral dans leurs relations avec celle des bassins hydrographiques Â», pouvant par exemple ĂȘtre renommĂ© « conseil des bassins hydrographiques, du littoral et de la mer – Conseil BAYLIMER». Ce conseil devant « ĂȘtre articulĂ© de maniĂšre pertintente avec le Conseil National de l’Eau, pour Ă©viter le chevauchement de leurs prĂ©rogatives et devra y compris travailler conjointement avec le Conseil de la Montagne Â».
- un « documents stratĂ©gique de façade Â» prĂ©vu par le projet de loi Grenelle 2 pour dĂ©cliner la stratĂ©gie nationale, qui devrait alors aussi Ă©voluer pour intĂ©grer « une dimension amont-aval», le Grenelle de la mer proposant « de ne pas se contenter d’avoir une vision de la "façade", et d’élargir la vision en allant "du haut de la montagne Ă  la haute mer" ». Ce groupe a pour cela proposĂ© que le Conseil BAYLIMER s’appuie sur 6 ConfĂ©rences de bassin hydrographique, du littoral et de la mer (ConfĂ©rences BAYLIMER pouvant se substituer aux conseils de façade envisagĂ©s par le Grenelle 2), pour l’hexagone. Leur pĂ©rimĂštre marin serait fixĂ© Ă  200 milles (limite d’application de la Directive cadre « StratĂ©gie pour le milieu marin » et Ă  terre il serait celui du SDAGE. En Outre mer, un Ă©quivalent serait Ă  crĂ©er pour chaque unitĂ© biogĂ©ographique : Guadeloupe/Martinique /Saint-BarthĂ©lemy /Saint-Martin, Guyane, La RĂ©union/Mayotte, PolynĂ©sie, Nouvelle-CalĂ©donie, Saint-Pierre et Miquelon, Terres australes et antarctiques françaises et Ăźles Australes.

Notes et références

  1. ↑ Rapport du Groupe I du Grenelle de la mer (« DĂ©licate rencontre terre - mer  Â»), page 3 et 4
  2. ↑ RANKING PORT CITIES WITH HIGH EXPOSURE AND VULNERABILITY TO CLIMATE EXTREMES EXPOSURE ESTIMATES ENVIRONMENT WORKING PAPERS no 1 TĂ©lĂ©charger (ENV/WKP(2007), pdf, en anglais)
  3. ↑ Source IFEN, 2006 (ConsultĂ© 2009 11 29)
  4. ↑ http://www.tourism-research.org/sustainable.pdf
  5. ↑ Livre vert
  6. ↑ Évaluation DOBRIS Agence europĂ©enne pour l’environnement 1994
  7. ↑ livre vert
  8. ↑ [PDF] livre vert Vers une politique maritime de l’Union: une vision europĂ©enne des ocĂ©ans et des mers
  9. ↑ Rapport sur la consultation
  10. ↑ [PDF] Statement Emanating fromthe Global Ocean Policy Day WORLD OCEAN CONFERENCE Manado, Indonesia,May 13, 2009*
  11. ↑ DĂ©claration de Manado (http://ec.europa.eu/maritimeaffairs/pdf/world_ocean_conference_declaration_en.pdf Manado Ocean Declaration)
  12. ↑ Source : La Politique commune de la pĂȘche (PCP) en chiffres, 2004.
  13. ↑ citĂ© par ONU
  14. ↑ Rapport IFEN/Observatoire du littoral 2007
  15. ↑ a et b Fiche de l'Observatoire du littoral : DonnĂ©es sur la biodiversitĂ© littorale en France; Habitats cĂŽtiers d'intĂ©rĂȘt communautaire (marins, soient terrestres et liĂ©s Ă  la prĂ©sence de la mer , listĂ©s dans l’annexe 1 de la Directive Habitats) 25/06/2008 ; Source : Cahiers d’habitats Natura 2000, tome 2, les habitats cĂŽtiers. Documentation française, 2004
  16. ↑ Rapport 2005
  17. ↑ Rapport DEDUCE [1], p 14
  18. ↑ a et b rapport du Groupe n° 1 (intitulĂ© « La dĂ©licate rencontre entre la terre et la mer Â») du Grenelle de la mer (Rapport mis en ligne le 2009/06/09, consultĂ© 2009/06/13)
  19. ↑ L'observatoire du Littoral: La notion de littoral terrestre
  20. ↑ Rapport sur le SchĂ©ma d'organisation des dispositifs de recueil de donnĂ©es et d'observation sur le littoral (rapport interministĂ©riel de 250 pages, oct 2006)
  21. ↑ Rapport du Groupe 1 du Grenelle de la mer, Juin 2009 ; Voir page 12 (15/114 dans la version PDF) Cap IV.3 et (cf. propositions de 108 Ă  110 du Grenelle de la mer)
  22. ↑ Article 30 du projet de Loi Grenelle 1

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Bibliographie

Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article : Ouvrage utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article

  • Maryvonne Bodiguel, Le littoral entre nature et politique, L'Harmattan, 1997, 233 p.
  • Marie-Anne Gervais - Lambony (sous la direction de), Les littoraux, Éditions Atlande, Collection Clefs Concours, 1999.
  • RĂ©my Knafou et Mathis Stock, « Littoral Â», in Jacques LĂ©vy et Michel Lussault (sous la direction de), Dictionnaire de la GĂ©ographie, Belin, 2003, pp. 571–572. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Paulet Jean Pierre, L'homme et la mer, 2006, Anthropos, Economica.
  • Paulet Jean Pierre, Les villes et la mer, 2008, Ellipses.
  • Paolo Pirazzoli Les littoraux, Nathan UniversitĂ©, Collection GĂ©ographie d'aujourd'hui, 1993.
  • Alain Merckelbagh ; Et si le littoral allait jusqu'Ă  la mer ! La politique du littoral sous la Ve rĂ©publique, Edition Quae, 2009

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Littoral de Wikipédia en français (auteurs)

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