Liste Rouge De L'UICN

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Liste Rouge De L'UICN

Liste rouge de l'UICN

Statut de conservation

le risque d'extinction

Extinction

Éteintes

Menacées

En danger de disparition
Menacées
Vulnérables

Voir aussi

World Conservation Union
Liste rouge de l'UICN
EspÚce protégée

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La Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la natureℱ (UICN), (en anglais IUCN[1]Red List) crĂ©Ă©e en 1963, constitue l'inventaire mondial le plus complet de l'Ă©tat de conservation global des espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales.
Son principal but est d'alerter le public et les responsables politiques sur l'ampleur du risque d'extinction qui frappe de nombreuses espÚces et la nécessité urgente de développer des politiques de conservation. Elle incite et aide ainsi la communauté internationale à agir dans le sens de la réduction du taux d'extinction des espÚces menacées.
MalgrĂ© cela, grĂące aux donnĂ©es rĂ©coltĂ©es pour la constitution de la Liste, l'UICN estime qu'en 2006 une espĂšce de mammifĂšre sur quatre, une espĂšce d'oiseau sur huit, et un tiers des amphibiens Ă©taient menacĂ©s de disparition[2], constat qui semble s'ĂȘtre encore dĂ©gradĂ© en 2007.

Sommaire

Objectifs

Le but essentiel de la Liste rouge est de rassembler les informations sur les espĂšces menacĂ©es d'extinction, d'Ă©valuer rĂ©guliĂšrement l'Ă©volution des risques que courent ces espĂšces, puis d'assurer une diffusion large de ces donnĂ©es auprĂšs de nombreux publics. Elle peut en effet ĂȘtre utilisĂ©e par les agences gouvernementales, les organismes responsables de la protection de la nature, les ONG spĂ©cialisĂ©es dans la conservation, les Ă©ducateurs, et d'une façon gĂ©nĂ©rale par toute personne soucieuse du dĂ©clin de la biodiversitĂ©.

La Liste rouge remplit de nombreuses fonctions, notamment :

  • Elle sensibilise Ă  l'importance de la diversitĂ© biologique et Ă  la menace qui pĂšse sur elle ;
  • Elle identifie et renseigne sur les espĂšces ayant le plus urgent besoin de mesures de protection. Elle fournit un inventaire complet du dĂ©clin de la biodiversitĂ© ;
  • Elle offre un cadre de rĂ©fĂ©rence pour surveiller l'Ă©volution des espĂšces ;
  • Elle procure des informations permettant de dĂ©finir les prioritĂ©s de la conservation au plan local et d'orienter les mesures de conservation ;
  • Elle aide Ă  influer sur les politiques nationales et internationales, et fournit des informations sur des accords internationaux comme la Convention sur la diversitĂ© biologique (CBD) et la Convention sur le commerce international des espĂšces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d'extinction (CITES).

L'objectif est de constituer la plus grande source, fiable et mondiale, sur le danger d'extinction des espÚces animales et végétales, pour de nombreuses catégories d'utilisateurs, de plus en plus nombreux à travers le monde. Avec un systÚme pionnier d'évaluation des menaces pour la biodiversité, l'UICN consolide son systÚme de critÚres et de catégories.

Une base scientifique

Le bison d'Europe est classé espÚce en danger (EN)

Cet inventaire est en partie assuré par la Commission de la sauvegarde des espÚces (CSE), une des six commissions internes de l'UICN, forte de 7 000 experts dans le monde chargés de mettre à jour la liste des espÚces menacées, l'inventaire étant tributaire des connaissances disponibles.

Ainsi les vertĂ©brĂ©s sont-ils plus reprĂ©sentĂ©s, car mieux connus, que les invertĂ©brĂ©s. De mĂȘme, les plantes vasculaires (plantes Ă  fleurs et fougĂšres) sont mieux connues que les plantes non vasculaires (mousses, algues vertes) et autres "vĂ©gĂ©taux" qui n'appartiennent pas Ă  la lignĂ©e verte (algues brunes, algues rouges, champignons, etc.). Ces listes, bien qu'exhaustives pour certains groupes[3], ne reflĂštent donc pas l'Ă©tat exact des menaces qui pĂšsent sur l'ensemble des espĂšces de la planĂšte, mais d'ores et dĂ©jĂ  un Ă©chantillon.

La liste est établie sur des critÚres précis permettant d'évaluer le risque d'extinction de milliers d'espÚces et sous-espÚces. Ces critÚres s'appliquent à toutes les espÚces et à toutes les parties du monde.

La liste Ă©tant la synthĂšse de travaux scientifiques, elle reflĂšte mieux le statut de conservation des espĂšces que les listes d'espĂšces protĂ©gĂ©es. Cependant, elle ne possĂšde pas, de mĂȘmes que les livres rouges qui en ont Ă©tĂ© tirĂ©s, de valeur lĂ©gislative contraignante pour les Ă©tats.

Historique : la genĂšse de la liste

C'est le Colonel Leofric Boyle, alors président de la CSE[4], qui créa en 1959 un fichier d'informations sur les espÚces menacées[5]. Cette premiÚre initiative intéressa d'autres collaborateurs de l'UICN, dont Sir Peter Scott, ornithologue, conservationiste, peintre et sportif anglais, qui comme lui virent l'opportunité dans ce fichier de collecter des informations sur l'état des espÚces animales et végétales et sur les menaces qui pÚsent sur elles.

De 1962 Ă  1978, les membres de la CSE de l'Ă©poque (alors connue sous le nom de Commission du service de sauvegarde) rĂ©coltĂšrent des donnĂ©es que l'UICN publia sous la forme de plusieurs « livres rouges Â» (Red Data Books en anglais), sur des groupes prĂ©cis d'animaux tout d'abord tels que les mammifĂšres, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens, pour ensuite publier des documents annexes prĂ©sentant des donnĂ©es rĂ©gionales et nationales.

The Red List Consortium

Il est vite apparu que pour ĂȘtre plus efficace et plus rapide dans l'Ă©valuation des espĂšces menacĂ©es, le CSE ne pouvait plus travailler seul, malgrĂ© le nombre important de ses membres. De lĂ  est nĂ© un partenariat entre le CSE et plusieurs organisations internationales : le Red List Consortium, composĂ© de l'UICN et de sa commission CSE, ainsi que de Birdlife International, NatureServe, la Zoological Society of London, le Center for Applied Biodiversity Science (groupe de Conservation International).

Le programme de la liste rouge bénéficie également de la collaboration d'autres organisations telles que Ocean Conservancy (coordinateur du réseau marin de la CSE, veille à une meilleure prise en compte des espÚces marines dans la liste rouge), le WWF, Fauna & Flora International, the Nature Conservancy, Wetlands International, et le programme Centre de surveillance de la conservation de la nature des Nations Unies.

En particulier, Birdlife International est en charge de l'inscription des espÚces d'oiseaux sur la liste rouge, grùce au rÎle pionnier de collecte de données ornithologiques et d'évaluation de la biodiversité qu'elle joue depuis des années. DÚs le milieu des années 1980, Birdlife international a publié réguliÚrement des livres rouges régionaux et nationaux sur les oiseaux[5] (Afrique en 1985, Amériques en 1992 et Asie en 2001). L'ONG alimente également une base de données sur l'avifaune menacée, Avibase[6].

Organisation de la liste rouge

La CSE collecte les donnĂ©es rĂ©guliĂšrement en provenance de milliers d'experts bĂ©nĂ©voles dans le monde. La Commission compte prĂšs de 7 000 experts, regroupĂ©s par spĂ©cialitĂ© : une famille faunistique ou floristique, une rĂ©gion gĂ©ographique, un genre biologique ou une espĂšce en particulier.

Les critĂšres

Pour chaque espÚce évaluée, une estimation du danger d'extinction qui la menace est formulée par les groupes d'experts concernés, basée sur des critÚres bien définis, comme la taille de la population, la disparition de son habitat naturel et le nombre d'individus qui ont atteint la maturité.

La classification dans les catégories d'espÚces menacées d'extinction s'effectue par le biais d'une série de cinq critÚres quantitatifs, basés sur des facteurs biologiques associés au risque d'extinction, à savoir: taux de déclin, population totale, zone d'occurrence et d'occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.

Afin de rendre l'information finale obtenue la plus intelligible possible, une catégorie de risque d'extinction est alors attribuée à l'espÚce.

Les catégories


(ÉvaluĂ©)
(DonnĂ©es suffisantes)





Éteint (EX)











Éteint Ă  l'Ă©tat sauvage (EW)







   (MenacĂ©)    

En danger critique d'extinction (CR)



EspĂšce en danger (EN)



EspĂšce vulnĂ©rable (VU)









EspÚce quasi menacée (NT)











Préoccupation mineure (LC)








Données insuffisantes (DD)




Non-ÉvaluĂ© (NE)




Les différentes catégories utilisées par l'IUCN sont indiquées en rouge (UICN 2001 vers.3.1).
Les espÚces sont classées selon neuf catégories.
  • EspĂšce disparue.
  • EspĂšce ayant disparu de la nature et ne survivant qu'en captivitĂ©.
  • Trois catĂ©gories d'animaux en danger de disparition :
    • En danger critique d'extinction.
    • En danger.
    • VulnĂ©rable.
  • Quasi-menacĂ©.
  • PrĂ©occupation mineure.
  • DonnĂ©es insuffisantes.
  • Non Ă©valuĂ©.

Chaque catégorie est complétée par des critÚres quantitatifs pour préciser la nature du risque.

Résumé des catégories de la liste rouge 2006.
Résumé des catégories de la liste rouge 1994.

Ces catĂ©gories ont variĂ© au cours des diffĂ©rentes versions de la liste rouge, afin de mieux reflĂ©ter l'Ă©tat des connaissances, et de pouvoir ĂȘtre appliquĂ©es Ă  des groupes d'espĂšces plus larges, notamment aux espĂšces marines. La premiĂšre rĂ©vision des catĂ©gories s'est dĂ©roulĂ©e de 1989 Ă  1994, oĂč durant ces cinq annĂ©es l'UICN a consultĂ© 800 membres de la CSE et de trĂšs nombreux scientifiques de par le monde afin d'aboutir Ă  une nouvelle liste de critĂšres et de catĂ©gories. Une nouvelle rĂ©vision, de 1997 Ă  2000, a permis de rendre le systĂšme des critĂšres et catĂ©gories plus standardisĂ©s, plus accessibles aux utilisateurs de plus en plus nombreux de la liste rouge, et de mieux tenir compte des espĂšces ayant une longue durĂ©e de vie, celles qui font l'objet d'une exploitation par l'homme, ainsi que des fluctuations de populations. Le systĂšme a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Conseil de l'UICN en fĂ©vrier 2000.

EspĂšce disparue (EX)

Le Dauphin de Chine (EX) s'est Ă©teint en 2007
Voir aussi les catégories recensant les espÚces disparues et certainement éteintes

Une espÚce est déclarée éteinte lorsque des études complÚtes (et adaptées à la biologie de l'espÚce) ont permis d'affirmer que le dernier individu est mort. Il existe aussi un statut UICN pour les espÚces certainement éteintes (PE).

EspĂšce disparue, survivant uniquement en Ă©levage (EW)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces éteintes à l'état sauvage

Une espÚce est classée dans cette catégorie lorsqu'il n'existe plus de spécimens dans la nature. Il faut que l'espÚce en question soit uniquement élevée en dehors de son aire de répartition d'origine.

EspĂšce en danger critique d'extinction (CR)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces en danger critique d'extinction

Une espĂšce est dite En danger critique d’extinction lorsque les meilleures donnĂ©es disponibles indiquent qu’elle remplit l’un des critĂšres A Ă  E (cf critĂšres dĂ©taillĂ©s[7] ci-dessous) correspondant Ă  la catĂ©gorie En danger critique d’extinction et, en consĂ©quence, qu’elle est confrontĂ©e Ă  un risque extrĂȘmement Ă©levĂ© d’extinction Ă  l’état sauvage.

Le lynx d'Espagne est classĂ© "CR C2a(i)". Ceci indique que l'espĂšce remplit les critĂšres C, C2 et C2a(i) de la catĂ©gorie CR soit :

  • Population estimĂ©e Ă  moins de 250 individus matures (C);
  • DĂ©clin continu, constatĂ©, prĂ©vu ou dĂ©duit du nombre d’individus matures (C2);
  • Aucune sous-population estimĂ©e Ă  plus de 50 individus matures (C2a(i)).


EspĂšce en danger (EN)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces en danger

Une espĂšce est dite En danger lorsque les meilleures donnĂ©es disponibles indiquent qu’elle remplit l’un des critĂšres A Ă  E (cf critĂšres dĂ©taillĂ©s ci-dessous) correspondant Ă  la catĂ©gorie En danger et, en consĂ©quence, qu’elle est confrontĂ©e Ă  un risque trĂšs Ă©levĂ© d’extinction Ă  l’état sauvage.


EspÚce vulnérable (VU)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces vulnérables

Une espĂšce est dite VulnĂ©rable lorsque les meilleures donnĂ©es disponibles indiquent qu’elle remplit l’un des critĂšres A Ă  E (cf critĂšres dĂ©taillĂ©s ci-dessous) correspondant Ă  la catĂ©gorie VulnĂ©rable et, en consĂ©quence, qu’elle est confrontĂ©e Ă  un risque Ă©levĂ© d’extinction Ă  l’état sauvage.


EspÚce quasi menacée (NT)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces quasi menacées

Une espĂšce est dite quasi menacĂ©e lorsqu’elle a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e d’aprĂšs les critĂšres et ne remplit pas, pour l’instant, les critĂšres des catĂ©gories En danger critique d’extinction, En danger ou VulnĂ©rable mais qu’elle est prĂšs de remplir les critĂšres correspondant aux catĂ©gories du groupe MenacĂ© ou qu’elle les remplira probablement dans un proche avenir.

Préoccupation mineure (LC)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces de catégorie LC

Une espĂšce est dite de PrĂ©occupation mineure lorsqu’elle a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e d’aprĂšs les critĂšres et ne remplit pas les critĂšres des catĂ©gories En danger critique d’extinction, En danger ou VulnĂ©rable ou Quasi menacĂ©. Dans cette catĂ©gorie sont incluses les espĂšces largement rĂ©pandues et abondantes. L'Humain fait partie de cette catĂ©gorie.

Données insuffisantes (DD)

Voir aussi la catégorie recensant les espÚces pour lesquelles les données sont insuffisantes

Une espĂšce entre dans la catĂ©gorie DonnĂ©es insuffisantes lorsqu’on ne dispose pas d’assez de donnĂ©es pour Ă©valuer directement ou indirectement le risque d’extinction en fonction de sa distribution et/ou de l’état de sa population. Une espĂšce inscrite dans cette catĂ©gorie peut avoir fait l’objet d’études approfondies et sa biologie peut ĂȘtre bien connue, sans que l’on dispose pour autant de donnĂ©es pertinentes sur l’abondance et/ou la distribution. Il ne s’agit donc pas d’une catĂ©gorie MenacĂ©. L’inscription d’une espĂšce dans cette catĂ©gorie indique qu’il est nĂ©cessaire de rassembler davantage de donnĂ©es et n’exclut pas la possibilitĂ© de dĂ©montrer, grĂące Ă  de futures recherches, que l'espĂšce aurait pu ĂȘtre classĂ©e dans une catĂ©gorie MenacĂ©. Il est impĂ©ratif d’utiliser pleinement toutes les donnĂ©es disponibles.

Non ÉvaluĂ© (NE)

Une espĂšce est dite Non Ă©valuĂ©e lorsqu’elle n’a pas encore Ă©tĂ© confrontĂ©e aux critĂšres.

État des connaissances

Le Toromiro (EW), arbre ne survivant plus que dans les jardins botaniques et privés

L'évolution du déclin de la biodiversité a entraßné l'évolution des méthodes d'évaluation. En 1988, toutes les espÚces d'oiseaux avaient été évaluées et, en 1996, l'état de conservation de toutes les espÚces de mammifÚres mondiaux a été décrit. La liste a permis d'établir un cadre de référence pour la surveillance de l'évolution de la conservation des espÚces.
Parmi les 5 205 espÚces décrites dans l'édition de 1996, 25% des mammifÚres et 11% des oiseaux étaient indiquées comme étant menacées. Fin 2006, plus de 16 000 espÚces ont été classées comme menacées sur une liste de 40 000 espÚces évaluées.

En 2006, l'UICN considÚre qu'une espÚce de mammifÚre sur quatre, une espÚce d'oiseau sur huit, et un tiers des amphibiens sont menacés.

Cette proportion est Ă  prendre avec prudence : cela ne signifie pas que les mammifĂšres et les oiseaux, qui ne reprĂ©sentent qu'une part infime de la biodiversitĂ© soient plus menacĂ©s que les invertĂ©brĂ©s (reprĂ©sentant 99 % des espĂšces animales) mais simplement que ces espĂšces sont mieux connues, plus souvent Ă©tudiĂ©es, et que l'on peut donc juger de l'Ă©volution des populations.

Les invertébrés sont pour la plupart soit encore inconnus, soit insuffisamment étudiés. Le trÚs faible nombre de spécialistes de ces animaux expliquant qu'il faudra plusieurs décennies, voire plusieurs siÚcles pour simplement identifier toutes les espÚces d'invertébrés.

Les critĂšres retenus par l'UICN sont la diminution de l'aire de rĂ©partition et/ou du nombre d'individus, mais la diminution de la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique de populations peut Ă©galement ĂȘtre un problĂšme sous-estimĂ©.

Évolution de la liste

Le statut de la Gazelle dama s'est dégradé, passant de EN (1996) à CR (2006).

L'UICN se donne comme objectif de réévaluer chaque espÚce tous les 5 ans si possible, tous les 10 ans tout au plus. Ce travail est fait par des comité de lectures, dÚs lors que la commission CSE de l'UICN a collecté l'ensemble des données nécessaires à la réévaluation de l'espÚce.

En 2006, 871 espĂšces ont Ă©tĂ© rĂ©examinĂ©es[8] qui permettent de voir si le statut d'une espĂšce s'est amĂ©liorĂ©, dĂ©gradĂ© ou est restĂ© identique :

  • 172 espĂšces ont vu leur statut se dĂ©grader ;
  • 139 espĂšces ont vu leur statut s'amĂ©liorer ;
  • le nombre d'espĂšces classĂ©es Eteintes (EX) est Ă©gal Ă  celles enlevĂ©es des catĂ©gories EX et EW ;
  • 33 espĂšces rĂ©Ă©valuĂ©es ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es vers la catĂ©gorie DonnĂ©es Insuffisantes ;
  • 527 espĂšces rĂ©examinĂ©es n'ont pas changĂ©es de statut (ou catĂ©gorie) .

Parmi les espÚces qui ont vu leur catégorie de menace modifiée en 2006, on peut citer parmi les plus connues l'Hippopotame (Hippopotamus amphibius), qui passe de la catégorie préoccupation mineure (LC) à vulnérable (VU), ainsi que l'Ours polaire (Ursus maritimus) classé depuis 2006 dans la catégorie vulnérable (VU). D'autres espÚces ont vu leur statut s'améliorer, comme le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) qui passe de la catégorie quasi-menacée (NT) à préoccupation mineure (LC).

En 2007, la mise Ă  jour de la Liste a confirmĂ© un dĂ©clin accĂ©lĂ©rĂ© de la biodiversitĂ© : les coraux, les vautours, les albatros, tous les grands singes et les dauphins sont en danger, du fait des activitĂ©s humaines qui dĂ©truisent, dĂ©gradent et fragmentent les habitats, ainsi qu’à cause probablement des premiers effets des modifications climatiques. Depuis le dĂ©but du XVIe siĂšcle, les extinctions concernaient surtout les Ăźles, depuis 20 ans, aucun continent n’est Ă©pargnĂ©. Les espĂšces introduites devenues invasives, une chasse et pĂȘche excessives, certaines prĂ©lĂšvements pour collectionneurs et la pollution gĂ©nĂ©rale et locale de l’environnement, ainsi que des maladies diffusĂ©es par l’homme sont aussi en cause. Et le changement climatique pourrait exacerber ce phĂ©nomĂšne, alors mĂȘme que la biodiversitĂ© est nĂ©cessaire Ă  la stabilisation du climat. Les coraux (qui jouent un rĂŽle comme puits de carbone) souffrent du rĂ©chauffement et de la pollution ou acidification gĂ©nĂ©rales des eaux, ainsi que de la modification du rayonnement solaire.

Sur 41 415 espĂšces Ă©tudiĂ©es, 16 306 sont menacĂ©es d’extinction (188 de plus qu’en 2006).

  • 785 espĂšces sont considĂ©rĂ©es comme Ă©teintes
  • 65 autres n’existent plus qu’en captivitĂ© ou en culture.
  • un mammifĂšre sur quatre, un oiseau sur huit, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes Ă©valuĂ©es sont en pĂ©ril.

Les efforts de protection ont permis de sauver quelques espĂšces ou plus souvent de les faire passer de la catĂ©gorie « En danger d’extinction Â» Ă  « En danger Â» (ex Perruche de Maurice), mais les efforts restent trĂšs insuffisants Ă  tous les niveaux de la sociĂ©tĂ© estime l'UICN.

Le taux d’extinction reste au moins 100 Ă  1 000 fois supĂ©rieur au taux naturel, pour presque tous les grands groupes vĂ©gĂ©taux et animaux qui ont en 2006/2007 encore vu leur nombre d’espĂšces menacĂ©es croĂźtre. Et de nombreuses espĂšces discrĂštes ne sont pas suivie, disparaissant dans l’indiffĂ©rence ou sans mĂȘme qu’on le sache.

L'acadĂ©mie chinoise des sciences annonce officiellement la disparition du Dauphin de Chine. La forĂȘt primaire recule partout, ainsi que les derniers grands singes, dont le gorille des plaines de l’ouest classĂ© cette annĂ©e « en danger critique Â» et qui pourrait perdre 50 % de sa population de 1992 Ă  2011 ; Au rythme actuel, l’orang-outan de Sumatra devrait avoir complĂštement disparu en 2020, faute de forĂȘts. En Inde et au NĂ©pal, le gavial est trĂšs menacĂ© par les barrages, l’irrigation et les carriĂšres de sable

La France (outre-mer compris) est assez mal placĂ©e : elle compte 641 espĂšces menacĂ©es au niveau mondial, ce qui la classe dans les 10 pays les plus concernĂ©s[9]. Le comitĂ© français de l’UICN et le MusĂ©um prĂ©parent pour 2010 un bilan exhaustif des espĂšces prĂ©sentes en mĂ©tropole et outre-mer.

L'« Initiative d'Ă©valuation de la biodiversitĂ© Â»

Devant l'immensitĂ© de la tĂąche consistant Ă  Ă©valuer toutes les espĂšces vivantes, et pressĂ©s par l'urgence des extinctions et de la demande d'information concrĂšte sur l'Ă©rosion de la biodiversitĂ©, l'UICN et le CSE ont lancĂ© un programme nommĂ© « Biodiversity Assessment Initiative Â» (Inititative d'Ă©valuation de la biodiversitĂ©). Ce programme consiste Ă  Ă©valuer de façon exhaustive certains groupes taxonomiques dĂ©jĂ  bien connus et pouvant servir d'indicateur de l'Ă©tat de la biodiversitĂ© dans le monde.

Plusieurs programmes d'évaluation ont donc été mis en place, en partenariat avec le Center for Applied Biodiversity Science, groupe de Conservation International.

  • Le GAA Global amphibians assessment ou Ă©valuation mondiale des amphibiens, a Ă©tĂ© achevĂ© en 2004. Les rĂ©sultats sont alarmants : une espĂšce d'amphibien sur trois est menacĂ©e d'extinction.
  • Le GMA Global mammals assessment ou Ă©valuation mondiale des mammifĂšres.
  • Le GMSA Global marine species assessment.
  • Le FBA Freshwater biodiversity assessment.

Lacunes et limites de la liste

Depuis plus de quarante ans que la liste rouge de l'UICN existe et grandit, la vision que l'on a des dangers que court la biodiversité s'est améliorée. On ne peut cependant que constater l'immensité du travail qui reste à accomplir. Si les espÚces d'oiseaux, les mammifÚres et les amphibiens ont été presque complÚtement évaluées, les lacunes sont encore considérables pour le rÚgne végétal, les espÚces marines et surtout l'immensité des invertébrés dont seulement 0,033% étaient évalués en 2006[2].

La liste rouge des plantes

Une des voies d'amélioration de la liste rouge dans les années à venir consiste à mieux évaluer le danger d'extinction des plantes. Seules quelques plantes étaient présentées dans les premiers fichiers sur les espÚces menacées. Le livre rouge des plantes menacées, paru en 1978, commença à combler cette lacune, mais il aura fallu attendre 1997 et la liste rouge de l'UICN des plantes menacées pour obtenir un compte-rendu plus complet, mais encore loin de la réalité.

En effet, sur les quelques 287 000 espÚces de plantes décrites, seulement 11 901 espÚces avaient été évaluées lors de la version 2006 de la liste rouge[2], soit à peine 4% du total, sans compter les découvertes à venir. Seuls les Gymnospermes ont été presque complÚtement évalués (908 espÚces évaluées sur 980 décrites, en 2006).

Une méthode de classification parmi d'autres (COSEPAC, CITES)

Les critÚres et catégories employées pour la liste Rouge sont largement utilisés à l'échelle mondiale. Cependant, d'autres méthodes d'évaluation des menaces sur la biodiversité existent, souvent plus spécialisées, tels celles de la convention internationale CITES ou les travaux du Comité sur la situation des espÚces en péril au Canada (COSEPAC).

Le COSEPAC a sa propre terminologie pour classifier les espÚces. Une espÚce sauvage menacée d'extinction est dite espÚce en péril. Ce terme peut s'utiliser pour une espÚce éteinte. Les espÚces en péril sont classées en cinq catégories[10], selon un niveau de risque d'extinction croissant. Cependant, depuis 2003 le COSEPAC utilise les critÚres de classification de l'UICN pour savoir si une espÚce est ou non en péril[11],[12].

La CITES utilise des catĂ©gories diffĂ©rentes de l'UICN, sur la base de critĂšres utilisant les mĂȘmes termes (taux de dĂ©clin, aire de rĂ©partition...) mais se distinguent par la numĂ©rotation, les taux et les aires adoptĂ©s pour quantifier ses critĂšres.[13] En gĂ©nĂ©ral, les chiffres utilisĂ©s pour les critĂšres de l'UICN sont plus contraignants. Par exemple, les chiffres de l'UICN se rapportent Ă  des individus matures, ceux de la CITES ont trait Ă  la totalitĂ© de la population. De ce fait, un rapport de la FAO considĂšre que l'Ă©valuation des espĂšces aquatiques par les critĂšres de la CITES sont problĂ©matiques.[14]

Critiques

Le statut du Pygargue à queue blanche s'est amélioré, passant de NT (2004) à LC (2006).

Le classement d'une espĂšce dans une catĂ©gorie de la Liste rouge peut ĂȘtre remis en question. Ainsi des requĂȘtes peuvent ĂȘtre dĂ©posĂ©s auprĂšs de l'UICN pour "reclasser" une espĂšce. De tels requĂȘtes se font obligatoirement sur la base des catĂ©gories et critĂšres de la Liste Rouge pour apporter la preuve du reclassement. Actuellement deux requĂȘtes ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es[15].

Certaines personnes considÚrent que la Liste Rouge véhicule une information trop négative. L'allongement de la liste des espÚces menacées, année aprÚs année, semble démontrer l'inefficacité des politiques de conservation. Afin de motiver l'opinion publique et les décideurs mondiaux à poursuivre les efforts de protection, le concept de "Liste Bleue" a été développé[16]. Ces listes abordent la question de la protection des espÚces par un autre aspect, en reportant les espÚces des Listes Rouges qui, grùce aux efforts de conservation, ont vu diminuer leur risque d'extinction. Elles sont les témoins du succÚs des politiques environnementales.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Baillie, J.E.M., Hilton-Taylor, C. and Stuart, S.N. (Ed.) 2004 - 2004 IUCN Red List of Threatened Species. A Global Species Assessment. IUCN, Gland, Switzerland and Cambridge, UK. xxiv + 191 pp.
  • Cox N., Chanson J. & Stuart S. (coord.) 2006 - Statut de conservation et rĂ©partition gĂ©ographique des reptiles et amphibiens du bassin mĂ©diterranĂ©en. - UICN, Centre de coopĂ©ration pour la MĂ©diterranĂ©e : 55 pp. [pdf] TĂ©lĂ©chargeable [1]
  • Keith P., Allardi J., Moutou B., 1992 - Livre rouge des espĂšces menacĂ©es de poissons d’eau douce de France. - Collection « Patrimoines naturels Â», 10, MNHN, CSP, CEMAGREF, MinistĂšre de l’Environnement, Paris : 111 p.
  • Maurin H. (dir.) 1994 - Inventaire de la faune menacĂ©e de France. - WWF, MNHN, Nathan, Paris : 176 pp.
  • Rocamora G. & Yeatman-Berthelot D. (coord.) 1999 - Oiseaux menacĂ©s et Ă  surveiller de France - Listes rouges et recherche de prioritĂ©s. Populations, Tendances, Conservation. - SociĂ©tĂ© d'Etude Ornithologique de France, Ligue de Protection des Oiseaux, Paris : 560 pp.
  • Tucker G.M. & Heath M.F. 1994 - Birds in Europe : Their conservation status. - Birdlife-International conservation serie n°3, Birdlife international Cambridge : 600 pp.
  • UICN 2001 - CatĂ©gories et CritĂšres de l’UICN pour la Liste Rouge : Version 3.1. Commission de la sauvegarde des espĂšces de l’UICN. - UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni : ii + 32 pp. [pdf][(fr) lire en ligne]
  • UICN 2003 - Lignes Directrices pour l’Application, au Niveau RĂ©gional, des CritĂšres de l’UICN pour la Liste Rouge. Commission de la sauvegarde des espĂšces de l’UICN. Version 3.0. - UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni. ii + 26 pp. [pdf] [(fr) lire en ligne]
  • UICN 2007 - Mammals in the European Union. Status, trends and conservation priorities. - ([pdf] lien brisĂ© : [2]) - Voir version de remplacement : [3]
  • UICN 2008 - 2008 IUCN Red List of Threatened Species. - [www.iucnredlist.org]

Liens externes

  • (en) Red List Consortium
  • (en) IUCN.org Site officiel de l'UICN
    • (fr) UICN.fr Site du bureau français
  • (en) Site de l'organisation Ă  but non lucratif ARKive [17] qui gĂšre un fond documentaire (photos, extraits sonores et vidĂ©os) sur les espĂšces menacĂ©es.

Notes et références

  1. ↑ Bien que le nom complet de l'organisation soit "The International Union for the Conservation of Nature and Natural Resources", elle est plus simplement appelĂ©e "World Conservation Union" ou "Union mondiale pour la Nature" en français
  2. ↑ a , b  et c  UICN, Commission de la sauvegarde des espĂšces, « Numbers of threatened species by major groups of organisms (1996–2004) Â». ConsultĂ© le 24 mai 2007
  3. ↑ À ce jour, seules les listes de 1996 concernant les animaux vertĂ©brĂ©s, et de 1997 concernant les plantes vasculaires, sont censĂ©es ĂȘtre exhaustives en ce qui concerne les groupes annoncĂ©s, mais ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es avec les anciens critĂšres et catĂ©gories (d'avant 1994). Depuis 2000, les listes globales sont Ă©laborĂ©es avec les nouveaux critĂšres et catĂ©gories en cours d'Ă©laboration (ceux de 2001 deviennent dĂ©sormais la rĂšgle) mais ne sont toujours pas exhaustives. Une Ă©valuation globale est nĂ©anmoins attendue Ă  l'horizon 2010.
  4. ↑ Commission de la sauvegarde des espùces (CSE)
  5. ↑ a  et b  World Conservation, n°3 2001
  6. ↑ the World Bird Database, disponible en ligne [(en) consultation en ligne]
  7. ↑ Les espĂšces classĂ©es dans cette catĂ©gorie se voient attribuĂ©es une cotation permettant d'affiner la menace pesant sur elles. Ce systĂšme est composĂ© d'une lettre en majuscule (de A Ă  E), d'un chiffre (de 1 Ă  4), d'une lettre en minuscule et d'un chiffre romain en bas de casse.
  8. ↑ UICN, « Going up ? Going Down ? Gone ? Â». ConsultĂ© le 20 mai 2007
  9. ↑ (fr)ComitĂ© français de l’UICN, « Liste rouge 2007 des espĂšces menacĂ©es : la France en premiĂšre ligne au niveau mondial Â»[pdf]
  10. ↑ EspĂšces en pĂ©ril - Comment savons-nous que ces espĂšces sont en pĂ©ril?
  11. ↑ Processus et critĂšres d'Ă©valuation du COSEPAC
  12. ↑ Baleine en direct
  13. ↑ La question de l' "incertitude" concernant les informations disponibles et l'application des criteres CITES
  14. ↑ (fr)Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, « Ă‰valuation de la validĂ©e des critĂšres d'inscription des espĂšces aquatiques commercialement exploitĂ©es sur les listes de la CITES (Chapitre 4.12) Â»[pdf]
  15. ↑ IUCN Red List of Threatened Species
  16. ↑ GENMEDOC an inter-regional network of mediterranean seed banks
  17. ↑ Le clip vidĂ©o de 2 minutes et la galerie de photos correspondant Ă  la Liste rouge de l'UICN des espĂšces menacĂ©es ont Ă©tĂ© conçus par l'organisation (en) ARKive
  • Portail de la conservation de la nature Portail de la conservation de la nature
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