Les Dents De La Mer


Les Dents De La Mer

Les Dents de la mer

Les Dents de la mer
Image associée au film
Un aileron de requin, personnage central des Dents de la mer et symbole de danger mortel pour les baigneurs.

Titre original Jaws
Réalisation Steven Spielberg
Acteurs principaux Roy Scheider
Robert Shaw
Richard Dreyfuss
Scénario Peter Benchley
Carl Gottlieb
Musique John Williams
Photographie Bill Butler
Montage Verna Fields
Production David Brown
Budget 12 000 000 USD
Format 35mm (2,35:1)
Mono
Durée 124 minutes
Sortie 20 juin 1975
Pays d’origine États-Unis États-Unis

Les Dents de la mer (Jaws — « Mâchoires » — en version originale) est un film américain, du genre horreur-thriller, réalisé par Steven Spielberg et sorti sur les écrans en juin 1975. Deuxième long métrage du jeune metteur en scène alors âgé de 28 ans, il est adapté du roman éponyme de Peter Benchley, publié en 1974 aux éditions Doubleday. Le roman comme le film ont connu un succès critique et commercial mondial. Doté d'un budget de 12 millions de dollars, le film en a rapporté 470 millions dans le monde[1].

Dans l'histoire du cinéma, Les Dents de la mer se présente comme étant un film charnière, puisqu'il a rétrospectivement été considéré comme le premier des blockbusters américains[2]. Ce film lancera la mode des tentpole pictures, les films d'action à gros budget que les studios hollywoodiens sortent pendant l'été (pour les Américains, la période de référence est définie comme allant du 1er vendredi de mai au 1er lundi de septembre).

Après le succès d'estime du téléfilm Duel (1re diffusion sur ABC en novembre 1971) et les résultats relativement décevants de Sugarland Express sorti en avril 1974 (12,8 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget de 3 millions), Steven Spielberg trouve la reconnaissance internationale avec Les Dents de la mer, qui remporte notamment 3 Oscars[3]. Depuis, son talent de cinéaste et d'homme d'affaires s'est confirmé.

Le film a fait l'objet de trois suites qui ont connu un succès commercial et critique décroissant, Les Dents de la mer : 2e partie, Les Dents de la mer 3 et Les Dents de la mer 4 : La Revanche, aucune de ces suites n'ayant été réalisée par Spielberg.

Sommaire


Le film

Présentation générale

Synopsis

Article détaillé : Histoire des Dents de la mer.
Panneau situé dans les Studios Universal à Hollywood, à l'entrée de l'attraction « Jaws ride », indiquant le lieu imaginaire d'Amity Island. Il imite celui que l'on voit dans le film, lorsque Martin Brody sort de chez lui pour se rendre sur les lieux de la disparition de la première victime.

Pendant l'été 1975, sur l'île d'Amity, de jeunes gens font une fête nocturne sur une plage. Chrissie Watkins, une des jeunes femmes présentes, s'en va prendre un bain de minuit, suivie par un jeune homme. Après s'être dévêtue tout en courant dans les dunes, elle se met à l'eau, mais le jeune homme, trop saoûl, s'endort avant d'avoir fini lui-même de se déshabiller pour la rejoindre. Après quelques brasses dans l'océan Atlantique, elle se fait happer par quelque chose situé sous l'eau. Elle se débat, tournoie, hurle, puis disparaît dans la mer qui redevient alors calme et sans que son compagnon endormi ne se rende compte de rien.

Le lendemain, Martin Brody, le nouveau chef de la police locale, est appelé sur les lieux de la disparition. Son adjoint, le visage décomposé, siffle pour le prévenir : il vient de trouver sur le sable les restes déchiquetés, et attaqués par les crabes, de la victime.

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

De son propre chef, Brody décide de fermer toutes les plages de l'île, ce qu'arrive à savoir le maire qui s'y oppose fermement. On est alors à 5 jours du 4 juillet, fête nationale américaine et véritable début de la saison estivale. L'autopsie de la dépouille révèle qu'il s'agit d'une attaque d'un requin avant que le médecin, devant le maire, ne se rétracte et parle alors d'un accident probablement dû à une hélice, pour ne pas effrayer les vacanciers.

Mais alors que Martin Brody, contrarié, part faire la surveillance de la plage principale, un labrador noir disparait dans l'eau puis un adolescent est attaqué et dévoré par un grand requin blanc, au milieu des baigneurs et au vu des touristes présents sur la plage, complètement horrifiés.

Le maire ne peut plus cacher l'affaire devenue publique, d'autant que la mère de l'adolescent mort promet, par voie d'affichage et de presse, 3 000 dollars à quiconque capturera et tuera le requin responsable de la mort de son fils. En urgence, le maire convoque une assemblée de notables pour décider de la suite des évènements. C'est alors qu'au fond de la salle, un vieux pêcheur, Quint, se propose de chasser et tuer le requin, mais pour une récompense de 10 000 dollars qu'il ne veut partager avec personne d'autre.

Fiche technique

  • Titre original : (en) Jaws (titre final) - Stillness in the Water (titre de travail)
  • Autres titres : (cs) Čelisti(da) Dødens gab(de) Der weiße Hai(es) Tiburón(eo) Makzeloj(fi) Tappajahai(fr) Les Dents de la mer(hr) Ralje(hy) Ծնոտ (Çnot) • (it) Lo squalo(ja) ジョーズ (Jōzu) • (no) Haisommer(pl) Szczęki(pt) O tubarão (brésilien : Tubarão) • (ru) Челюсти (Tchiéliousti) • (sv) Hajen(zh) 大白鯊 (Dà bái)
  • Production : Universal Pictures et Zanuck - Brown Productions (sociétés de production), Jim Fargo (producteur délégué), Richard D. Zanuck et David Brown (producteurs)
  • Réalisation : Steven Spielberg, Tom Joyner (1er assistant réalisateur), Barbara Bass (2e assistant réalisateur)
  • Scénario : Peter Benchley et Carl Gottlieb, plus Howard Sackler, John Milius et Robert Shaw pour le monologue sur l'USS Indianapolis (non crédités), d'après le roman de Peter Benchley
  • Photo : Bill Butler (directeur de la photographie), Michael Chapman, Ron Zarilla (non crédité) (cadreurs) et Fred Schuler (cadreur additionnel), Rexford Metz (vues sous-marines), Ron Taylor et Valerie Taylor (vues sous-marines de vrais requins)
  • Décors : Joe Alves (chef décorateur), John M. Dwyer (décorateur du plateau de tournage)
  • Musique : John Williams
  • Sons : John R. Carter et Robert Hoyt (enregistrement effectué à : Westrex Recording System)
  • Montage : Verna Fields (chef monteuse), Jeff Gourson (assistant monteur)
  • Maquillage et costumes : Cinematique
  • Effets spéciaux : Robert A. Mattey
  • Remerciements : The National Geographical Society; Mr L.J.V. Compagno of The Department of Biological Sciences, Stanford University
  • Casting : Shari Rhodes (casting à Martha's Vineyard)
  • Divers : Charlsie Bryant (scripte), Manfred Zendar (conseiller technique)
  • Pays : É.-U.
  • Genre : horreur, action
  • Durée : 124 minutes
  • Format : Technicolor, 35 mm, Panavision (avec processus anamorphique), 2.35 : 1, son mono
  • Dates de tournage : du 2 mai au 15 septembre 1974 (tournage principal) et d'octobre à décembre 1974 (prises de vues additives)
  • Dates de sortie [4]: États-Unis États-Unis : 20 juin 1975 • Portugal Portugal : 22 octobre 1975 • Australie Australie : 27 novembre 1975 • Japon Japon : 13 décembre 1975 • Pays-Bas Pays-Bas et Flag of Germany.svg RFA : 18 décembre 1975 • Finlande Finlande : 19 décembre 1975 • Suède Suède : 20 décembre 1975 • Danemark Danemark : 26 décembre 1975 • France France et Royaume-Uni Royaume-Uni : 1er janvier 1976 • Norvège Norvège : 16 février 1976
  • Interdit en salles aux moins de 12 ans en France
  • Classifications : Argentine Argentine:18 • Australie Australie:M • Canada Canada: (Flag of Manitoba.svg Manitoba : PG,  Nouvelle-Écosse : R (appréciation initiale) puis 14 (changement d'appréciation en 1995), Flag of Ontario.svg Ontario : AA, Flag of Quebec.svg Québec : 13+) • Chili Chili:18 • Corée du Sud Corée du Sud:12 • Danemark Danemark:15 • Espagne Espagne:18 • États-Unis États-Unis:PG • Finlande Finlande:K-1 • France France:-12 • Hong Kong Hong Kong:IIB • Irlande Irlande:15 • Islande Islande:16 • Israël Israël:PG • Japon Japon:PG-12 • Norvège Norvège:16 (appréciation initiale) et 15 (appréciation pour la vidéo) • Pays-Bas Pays-Bas:16 • Portugal Portugal:M/12 • République fédérale d'Allemagne RFA:16 • Royaume-Uni Royaume-Uni:A (appréciation initiale), puis PG (appréciation pour la vidéo en 1987) • Singapour Singapour:PG • Suède Suède:15 • Taïwan Taïwan:GP

Distribution

Acteur Rôle Acteur Rôle
Rôles principaux Roy Scheider Martin Brody, le chef de la police d'Amity Robert Shaw Quint (6e victime)
Richard Dreyfuss Matt Hooper, scientifique dans un institut océanographique Lorraine Gary Ellen Brody, la femme de Martin Brody
Murray Hamilton Larry Vaughn, le maire d'Amity Carl Gottlieb Ben Meadows

Rôles secondaires Jeffrey Kramer Jeff Hendricks Susan Backlinie Christine (dite « Chrissie ») Watkins (1re victime)
Jonathan Filley Tom Cassidy Chris Rebello Michael Brody, un des deux fils de Martin et Ellen Brody
Jay Mello Sean Brody, un des deux fils de Martin et Ellen Brody Lee Fierro Mrs Kintner
Jeffrey Voorhees Alex M. Kintner (3e victime) Craig Kingsbury Ben Gardner (4e victime)
Dr. Robert Nevin Médecin légiste Peter Benchley Intervieweur télé

Voix françaises

Doublage original (1976)
Redoublage (2000)

Analyse

Influences

L'histoire relatée dans le film et dans le livre, peut avoir été influencée par une série d'attaques survenues dans le New Jersey entre le 1er et le 12 juillet 1916 et qui avait été relayée par les journaux. Certains moments du film sont très semblables à ce qui s'est déroulé dans la réalité : les autorités locales qui refusent d'interdire les bains pour la saison estivale, la traque des pêcheurs locaux en utilisant de la dynamite, l'attaque du requin dans un fleuve qu'il a remonté et qui devient un « étang » dans le film... Une grande différence est notable : si dans le film c'est un seul requin qui est la cause du carnage, dans la réalité, il est possible que ces attaques aient été perpétrées par plusieurs requins[5].

Description des personnages principaux

  • Martin Brody : On sait de lui qu'il est marié, à Ellen, et a deux enfants, Michael et Sean qui reprendront son flambeau dans les deux derniers épisodes de la tétralogie. Il dit également être originaire de New York (avant de découvrir le corps de la 1re victime) et que c'est la première fois qu'il est chef de la police à Amity (dixit le maire lors de la scène des louveteaux). Il fait preuve d'esprit d'initiative en fermant d'office toutes les plages, mais n'a pas de respect particulier pour l'autorité, voir son affrontement permanent avec le maire. Il n'y connaît absolument rien aux requins, pour cela il se renseigne dans des livres scientifiques, et possède un certain courage : bien qu'ayant une sainte horreur de l'eau, il part chasser le requin en haute mer. Il a aussi de l'humour, comme lorsqu'il imite l'accent d'Amity « les enfants sont dans le jardin, ils risquent rien, ils sont pas bien loin ».
  • Matt Hooper : C'est un scientifique spécialisé dans les requins, après avoir vu dans sa jeunesse un bébé requin renard long d'un mètre et demi mettre en charpie un bateau devant lui, ce qu'il explique lors du repas chez les Brody. On sait qu'il vient d'un institut scientifique du continent, sans en connaître le nom, et qu'il a été appelé à la rescousse par le maire. Face aux requins, son attitude de scientifique s'oppose à celle de Quint qui est plus pragmatique, fondée sur l'expérience. Enfin, c'est un homme souriant qui aime blaguer : lors de la séquence de comparaison de cicatrices, il dit que la pire de ses blessures est celle de Mary Ellen Moffit qui lui a brisé le cœur.
  • Quint : C'est un homme solitaire, il veut chasser le requin seul, vénal en voulant 10 000 dollars en échange du requin, et non 3 000 comme le propose madame Kintner, imprévisible, lorsqu'il casse la radio de l’Orca avec une batte de baseball et sûr de lui quand il se moque de la cage anti-requin de Matt Hooper certain du bien-fondé de ces méthodes. Mais c'est aussi un bon vivant qui a de l'humour comme lors de sa franche rigolade avec Matt Hooper au cours de la séquence de comparaison de cicatrices. Il peut aussi se montrer têtu et autoritaire, en rentrant au port à toute vitesse au risque de faire exploser les machines. C'est un vieux loup de mer fasciné par les requins, les murs de sa cabane de pêcheur sont couvertes de mâchoires de cet animal, il a surtout une haine envers eux et une vengeance à accomplir, il nous en expliquera l'origine dans son long monologue. Tel le capitaine Achab de Moby Dick, il est obstiné par la traque du requin, et sera prêt à tout tant qu'il ne l'aura pas tué. Enfin, il est la figure type du marin, aimant chanter la chanson traditionnelle Spanish Ladies en toutes occasions.
  • Larry Vaughan : Il est l'exact contraire de Martin Brody. Là où Brody est pessimiste, Vaughan reste optimiste, là où le premier veut fermer les plages de façon préventive, le second veut les laisser ouvertes, même quand les évènements lui donnent tort. Il redoute avant toute chose que les touristes ne viennent plus ou quittent son île. Il n'apprécie pas du tout que la pancarte de la ville soit tournée en dérision par des touristes quand l'une d'elles est repeinte avec un aileron de requin et les mots « help shark » (« Au secours, un requin ! »). Il n'hésite pas à mentir, par exemple en voulant qualifier la mort de la première victime en « accident dû à une hélice », obstiné, manipulateur, dans la réunion publique il accepte que les plages soient fermées... pour 24 heures seulement, ce qu'il avait omit de dire à Brody ; il minimise sans cesse le danger, mais il peut aussi se montrer humain, comme quand Brody se fait gifler par madame Kintner ou en lui donnant le feu vert pour chasser le requin, en songeant à ses propres enfants. Enfin dans le film, contrairement au roman, il n'a aucun lien avec la mafia.
  • Ellen Brody : En passant du livre à l'écran, son rôle s'est réduit comme peau de chagrin. Dans le roman de Peter Benchley, on sait qu'elle a 36 ans, même si à l'écran, elle paraît plus âgée. On apprend aussi comment elle a rencontré son mari et qu’actuellement, elle s'ennuie dans son couple, lui imputant la faute. C'est pourquoi elle aura une liaison avec Matt Hooper. Dans le film, rien de tout cela n'est mentionné. Elle reste élégante, retenue et réservée, mais elle est surtout montrée comme une épouse aimante et une mère attentionnée. Elle ne prend pas directement part à l'action.

Lieux de tournage

Les principaux lieux de tournage (voir aussi l'annexe 1).
Flag of the United States.svg États-Unis d'Amérique Flag of Australia.svg Australie
Flag of Massachusetts.svg Massachusetts Flag of California.svg Californie Flag of South Australia.svg Australie-Méridionale
Martha's Vineyard (Aquinnah, Edgartown, Joseph Sylva State Beach, Menemsha, Oak Bluffs) Falmouth Santa Catalina Island, Channel Islands (prises de vues sous-marines) Océan Austral et côtes de l'État Dangerous Reef
Maisons de pêcheurs et port de Menemsha sur Martha's Vineyard, où furent tournées les scènes censées se passer dans le port d'Amity.

Dans le scénario, toute l'intrigue est censée se dérouler à Amity Island, une île proche de New York, dont Martin Brody dit venir. Le lieu est fictif et en réalité, la plupart des scènes extérieures ont été tournées à Martha's Vineyard dans le Massachusetts. Les figurants qui, dans le film, sortent horrifiés de l'eau et crient sur la plage, sont de vrais habitants de l'île payés 64 dollars.

Avec le succès du film, la population estivale de l'île a triplée par rapport aux autres années, ceci étant dû en grande partie à la venue de curieux qui désiraient voir les lieux de tournage de leurs propres yeux, sans doute à la recherche d'un quelconque aileron de requin sortant de l'eau.

Un peu par nostalgie et beaucoup pour des raisons marketing, une fête commémorant les 30 ans de la sortie du film en salle fut organisée à Martha's Vineyard. Nommée Jawsfest [6], elle fut organisée du 3 au 5 juin 2005 par Universal. Elle a rassemblé des centaines de curieux, ainsi que plusieurs membres de l'équipe de tournage du film. Figuraient ainsi au programme :

• Peter Benchley (écrivain du livre adapté en film et co-scénariste) • Joe Alves (chef décorateur) • Carl Gottlieb (co-scénariste) • Susan Backlinie (actrice, rôle de Christine Watkins, la première victime du requin) • Jeffrey Kramer (acteur, rôle du député Leonard Hendricks) • Jay Mello (acteur, Sean Brody, un des deux fils de Martin Brody) • Lee Fierro (actrice, rôle de Mrs. Kintner) • Robert Carroll (acteur, rôle de Mr. Polk) • Jeffrey Voorhees (acteur, rôle de Mr. Kintner) • Shari Rhodes (choix du casting) • Roy Arbogast (effets spéciaux mécaniques)

Sur place ont eu lieu des signatures d'autographes, une projection en plein air dans le port de Martha's Haven, les habitants de l'île ont racontés des anecdotes du tournage, une réplique du requin mécanique a été exposée etc.

De plus, Ron Taylor et Valerie Taylor, photographes animaliers spécialisés dans les requins, ont réalisé certaines vues sous-marines avec de vrais requins, pour les besoins de la scène où Matt Hooper est enfermé dans une cage alors que le requin autour de lui. Comme les faux requins étaient plus grands que les requins réels, il fut décidé de faire doubler Richard Dreyfuss par un nain dans une petite cage, donnant ainsi l'illusion que le requin filmé est plus grand qu'il ne l'est en réalité [7].

Production et tournage

Article détaillé : Production et tournage des Dents de la mer

La mise en scène fut éprouvante pour le réalisateur, les acteurs, les producteurs et l'équipe technique. Le tournage des vues extérieures, qui a débuté le 2 mai 1974, devait finir au plus tard le 25 juin ; or il n'en fut rien. Il se prolongera en fait jusqu'au 15 septembre 1974, et dans le même temps, le budget qui était initialement fixé à 2,5 millions de dollars explosera à 12 millions de dollars [8].

Production
Richard D. Zanuck qui a produit Les Dents de la mer, ici avec et sa 3e femme, Lili Fini Zanuck, recevant un Oscar pour Miss Daisy et son chauffeur (Driving Miss Daisy) lors de la 62e cérémonie des Oscars du 26 mars 1990.

Avant même la parution de Jaws, le roman de Peter Benchley, David Brown lit une critique du livre et en flaire tout le potentiel cinématographique. Avec son associé Richard D. Zanuck, il achète les droits d'adaptation du roman et demande à son auteur d'en tirer un scénario pour l'écran. Mais après plusieurs moutures, le résultat ne satisfait pas le duo qui a confié entre-temps la réalisation du film au jeune Steven Spielberg dont ils venaient de produire Sugarland Express.

Le scénario avance peu et le temps presse. La Screen Actors Guild (le syndicat des acteurs professionnels) menace d'appeler à la grève à partir du 28 juin 1974 et aucun studio ne s'engagerait dans un projet dont le tournage se prolongerait au-delà de cette date.

C'est pourquoi les producteurs font intervenir Howard Sackler et John Milius, qui seront à l'origine du monologue de Quint sur le naufrage de l' USS Indianapolis.

Dans le même temps, le lieu de tournage est trouvé. Ce sera Martha's Vineyard, qui se trouve être adéquat du fait des faibles marées et des hauts-fonds à proximité des plages, permettant ainsi de filmer toute la journée.

De son côté, Steven Spielberg contacte l'équipe technique de Sugarland Express, espérant bien la réemployer au maximum sur son nouveau projet. Il convainc le décorateur Joe Alves, futur réalisateur des Dents de la mer 3, le directeur de production Bill Gillmore et la régisseuse de distribution Shari Rhodes. Le chef opérateur Vilmos Zsigmond étant indisponible, Spielberg fait appel à Bill Butler avec qui il avait travaillé sur les téléfilms Something Evil (1972) et Savage (1973). Enfin il reprend Verna Fields, qui a l'avantage d'être relativement proche de Ned Tanen, à l'époque président d'Universal Pictures.

Alors que Carl Gottlieb est appelé pour finaliser le scénario, les choix du casting sont tranchés. Roy Scheider, qui vient de se faire remarquer dans French Connection de William Friedkin (1971), campera Martin Brody, et Matt Hooper sera incarné par Richard Dreyfuss. Pour le rôle de Quint, c'est Sterling Hayden qui est approché en premier, acteur qui s'était distingué dans Quand la ville dort de John Huston (1950) ou L'Ultime Razzia de Stanley Kubrick (1956). Mais il ne peut accepter ayant des démêlés avec l'Internal Revenue Service à propos d'une histoire d'impôts impayés. Le rôle est finalement offert contre 100 000 dollars à Robert Shaw qui s'est fait remarquer l'année précédente par son interprétation de Doyle Lonnegan, gangster de L'Arnaque de George Roy Hill (1973). Enfin, comme il est de coutume de laisser choisir les producteurs pour les seconds rôles, Richard D. Zanuck propose pour le rôle d'Ellen Brody celle qui fut sa femme de 1969 à 1978, l'actrice Linda Harrison (La Planète des singes, 747 en péril). Mais Spielberg avait déjà choisi Lorraine Gary, la femme de Sidney Sheinberg, président-directeur général de Music Corporation of America qui possédait à l'époque Universal Pictures.

Tournage
Reconstitution du port d'Amity à Universal Studios Hollywood. En réalité, les scènes ont été tournées dans le port de Menemsha, village de pêcheur de Chilmark, situé à Martha's Vineyard.

L'équipe technique prend ses quartiers à Edgartown, ville de moins de 4 000 habitants située à Martha's Vineyard. Une fois sur place, le scénario subit des retouches finales et les dialogues sont revus jusqu'au dernier moment.

Le premier problème vient du coût de production qui ne cesse de grimper. D'abord du fait des syndicats : les sections syndicales de New York et Boston de l'I.A.T.S.E. (International Alliance of Theatrical Stage Employes) protégeant des équipes trop nombreuses (au moins 100 personnes présentes simultanément sur le plateau, quand la moitié aurait suffit), voire virant des techniciens non syndiqués pour les remplacer par du personnel syndiqué. Le syndicat des camionneurs s'en mêle aussi, menaçant de faire stopper la production si les employés ne prennent pas tous le bus pour se rendre sur les lieux du tournage [9]. À cela s'ajoutent les coûts induits par la pellicule développée en Californie, le prix des chambres d'hôtel de l'île qui grimpent de 14 à 45 dollars la nuit, les combinaisons de plongée qui reviennent à 60 dollars de plus que si elles venaient de Los Angeles, une caution de 100 000 dollars exigé par les autorités de Martha's Vineyard pour la préservation du site etc.

Mais le deuxième problème est pire encore. Les trois faux requins animatroniques en polyuréthane conçus par Robert A. Mattey sont fragiles et fonctionnent mal. Les journalistes qui commencent à être au courant de l'affaire viennent espionner le tournage et ébruitent les difficultés rencontrées par la production.

Fin juillet 1974, Sidney Sheinberg, alors président-directeur général de Music Corporation of America qui possédait à l'époque Universal Pictures, s'énerve et convoque Spielberg, le réalisateur, Zanuck et Brown, les producteurs, afin d'avoir une explication sur les délais de tournage et le budget qui augmentent sans cesse. Il menace de mettre fin au projet si les problèmes ne sont pas vite réglés

Heureusement, la grève annoncée par la Screen Actors Guild est annulée. Le tournage en extérieur s'achève définitivement le 15 décembre 1974, après 155 jours de prises de vues. Le budget initial a été largement dépassé, mais sans dommages quand on sait l'extraordinaire parcours au box-office qu'aura le film.

Adaptation cinématographique

Article détaillé : Adaptation du roman de Peter Benchley au cinéma

Le film de Steven Spielberg sorti en 1975 est l'adaptation du roman éponyme de Peter Benchley paru un an plus tôt.

Petit-fils de Robert Benchley (1889-1945), humoriste, acteur et journaliste, et fils de Nathaniel Benchley (1915-1981), écrivain de livres pour enfants, Peter Benchley (1940-2006) baigne dans le milieu littéraire depuis son enfance. Deux ans après un diplôme d'anglais obtenu à l'Université Harvard, il se lance en 1963 dans le journalisme, avec des articles rédigés pour The Washington Post puis de 1963 à 1967 pour l'hebdomadaire Newsweek. Après un bref passage de 1967 à 1969 à la Maison blanche, en tant que rédacteur des discours du président démocrate Lyndon B. Johnson, il se reconvertit dans le journalisme free-lance, travaillant pour Holiday, Life, Travel, The New Yorker, Time Magazine ou encore le National Geographic [10].

En 1964, Peter Benchley lit un article du New York Daily News relatant la capture par un pêcheur d'un requin de 2 tonnes au large de Long Island [11]. Il en tirera l'idée d'écrire un roman sur les requins qui deviendra, dix ans plus tard, Jaws.

Mais c'est de l'extérieur que viendra le déclic pour commencer l'écriture du livre. Ce déclencheur est un agent de la maison d'édition Doubleday, Thomas Congdon. Début 1970, après avoir lu quelques articles que Benchley a rédigé pour différents magazines, il l'invite à manger dans un restaurant français de New York afin de déterminer si le journaliste n'aurait pas quelques idées intéressantes pouvant donner matière à l'écriture d'un livre. Benchley lui parle alors de son histoire de requin. Congdon est accroché et lui offre $1,000 en échange des 100 premières pages. À la lecture du premier jet que Benchley lui rend, Congdon n'est pas satisfait. Le ton du récit est trop humoristique à son goût, considérant que cela colle mal avec l'ambiance d'un thriller. Il lui demande donc de réécrire 95% de son essai [12].

À la sortie du livre et dans l'ensemble, les critiques ne sont pas bonnes. Dans The Village Voice, Donald Newlove dit du roman qu'il est « ennuyeux, sans intérêt, mou » [13], le manque d'épaisseur des personnages est décrié par John Spurling dans le New Statesman [14] et la pauvreté de l'intrigue est pointée par John Skow dans TIME [15] ou encore dans The Listener [16].

Cependant, un élément ne laisse pas indifférent les critiques : le requin. The Miami Herald reporte ainsi des propos de Jacques-Yves Cousteau qui affirme qu' « aussi bien écrit et documenté soit-il, c'est un mauvais livre. Les requins n'agissent pas comme cela est décrit dans le roman » [17]. Au contraire, Patricia Meyer Spacks estime dans The Hudson Review que « [le requin est] indubitablement le plus intéressant personnage du livre » [18].

La plupart des critiques s'accordent néanmoins sur un point, les sources présumées d'inspiration de Peter Benchley pour son roman, qui vont de Moby Dick, roman d'Herman Melville paru en 1851, en passant par Le Vieil Homme et la mer, roman d'Ernest Hemingway paru en 1952, et pour finir à Un Ennemi du peuple, pièce de 1882 d'Henrik Ibsen.

Parfois peu flatteuses, ces critiques n'eurent cependant qu'un faible impact sur les ventes du roman, ventes qui s'envolèrent dès sa publication. Le livre restera 44 semaines en tête des ventes aux États-unis [19]. En un an, après de nombreuses traductions dans d’autres langues, plus de 9 millions d'exemplaires seront vendus[20], principalement dans les mois qui suivirent sa sortie, le succès du film lui donnant un second souffle.

Sans attendre ce succès en librairie, le producteur de cinéma David Brown décide très tôt de racheter les droits du livre, alerté par un article de Cosmopolitan sur le roman, qui se concluait par ces mots « ce n'est pas de la grande littérature, mais on pourrait en tirer un bon film ». Brown et Richard D. Zanuck, le second producteur du film Les Dents de la mer, offrent $175,000 à Peter Benchley pour les droits d'exploitation de son roman au cinéma, plus $25,000 pour qu'il écrive lui-même le scénario du film. Plus tard, il se verra adjoindre l'aide de Carl Gottlieb. Cinq versions successives du scénario seront écrites.

Quelques années auparavant, Zanuck avait eu un projet resté inabouti : adapter pour la 20th Century Fox, la pièce de théâtre d'Howard Sackler sur le boxeur noir Jack Johnson, The Great White Hope (L'insurgé). Il lui confie le soin d'intervenir sur le scénario de Benchley et Gottlieb, à la manière d'un script doctor. Ne désirant pas être crédité, Sackler va s'enfermer un mois à l'hôtel Bel-Air de Los Angeles pour réécrire certaines scènes. Avec John Milius, il rédigera la 1re version du monologue de Quint, concernant le naufrage de l'USS Indianapolis. Survenu le 30 juillet 1945 , il mit à la mer 900 marins pendant 5 jours, dont un certain nombre ont fini dévorés par les requins. Le monologue sera finalement retouché par Robert Shaw lui-même, de manière à être plus compact, plus percutant [21].

Parmi les différences notables existant au final entre le roman et le livre, citons la disparition de la relation amoureuse entre Ellen Brody et Matt Hooper, ainsi que la disparition de liens avec la mafia du maire d'Amity, Larry Vaughn.

Au-delà de ces modifications factuelles du récit, le plus important changement ayant eu lieu pour l'adaptation reste le changement de ton. Fini l'humour, et là où Benchley appuie les descriptions, les effets, les pensées des personnages, Spielberg ne fait que suggérer, laissant au spectateur une grande part d'imagination. L'atmosphère mystérieuse et le sentiment de menace diffus fait que le film est paradoxalement plus psychologique que le livre.

Musique

John Williams, compositeur de ce film ainsi que de la plupart des longs métrages de Steven Spielberg.

Une fois le tournage fini, Steven Spielberg donne son feu vert à John Williams pour composer la musique du film [22].

Ce dernier a 42 ans et n'est pas un inconnu. À cette époque, outre le fait qu'il ait déjà travaillé avec Spielberg sur la bande originale de Sugarland Express, on lui doit aussi Un violon sur le toit en 1971 pour lequel il gagnera son 1er Oscar, L'Aventure du Poséidon en 1972 ou encore La Tour Infernale en 1974. Et suite aux Dents de la mer, il composera toutes les musiques des longs métrages réalisés par Spielberg, à l'exception de La Couleur pourpre (B.O. de Quincy Jones) et de La Quatrième Dimension (B.O. de Jerry Goldsmith).

Spielberg lui propose d'adoucir les scènes violentes du film avec de la musique calme, voire pourquoi pas du piano pour représenter le requin, un peu dans l'esprit de la bande-son que Williams a composé en 1972 pour Images de Robert Altman. Le musicien n'est pas de cet avis et imagine quelque chose de plus tonique. C'est qu'au-delà des films déjà cités, John Williams est dans sa période « symphonique » qui s'étendra jusqu'en 1983, avec des films comme Star Wars, Indiana Jones ou Superman, où il utilisera toute la puissance de l'orchestre. C'est aussi une période faste au niveau personnel, où il recevra la reconnaissance de ses pairs avec 3 Golden Globes, 4 BAFTA, et 4 Oscars (Un violon sur le toit en 1971, Les Dents de la mer en 1975, La Guerre des étoiles en 1977 et E.T. l'extra-terrestre en 1982).

Principaux instruments utilisés dans la bande originale

ClavecinClocheCorEnclumeFlûteHarpePianoTrompetteTubaViolonVioloncelleXylophone

Tout au long de sa carrière, la musique de John Williams s'est vue taxée d'académisme, pourtant ici, il fait preuve d'inventivité. Ainsi, il reprend une idée du film Les Quatre plumes blanches de Miklós Rózsa (1939), en utilisant l'enclume comme instrument, au sein de la structure rythmique. Par la suite, ce procédé sera très utilisé par les jeunes compositeurs de films d'action ou de films fantastiques. De même, l'alternance qu'il fait de la musique tonale et atonale (sans mélodie particulière) se révèle être pertinente, notamment dans le générique. Enfin, l'orchestre sait faire silence lorsque c'est nécessaire, comme au moment de la mort de Quint.

Dans le film, l'orchestre a deux principales fonctions. D'abord celle classique de décrire musicalement les pensées profondes des personnages, tel un « courant de conscience », par exemple au moment où le chef Brody se fait engueuler en public par la mère du petit Alex M. Kintner, la 3e victime. Ensuite celle originale de donner corps au personnage principal du film : le requin. Car si on comprend vite qui est le monstre et qu'on en entend beaucoup parler, jusqu'à la moitié du film, il n'apparaît pas une seule seconde à l'écran. Ce n'est qu'au bout de la 5e victime, un homme sur une barque, qu'on commencera à l'apercevoir. Et encore, furtivement et en partie. D'abord c'est juste une silhouette glissant sous l'eau, puis plus tard un aileron dépassant des flots, et enfin une gueule béante et meurtrière, mais presque en fin de film.

Gnome-speakernotes.svg Écouter le thème principal [23] :

Windows Media Player
RealPlayer

Gnome-speakernotes.svg Écouter le début du Sacre du printemps d'Igor Stravinski :

QuickTime

Pour lui donner corps, John Williams a développé une musique répétitive, obsessionnelle, faite de deux seules notes, Fa et Fa♯. Ce motif binaire, thème principal du film devenu célèbre, fait penser à des battements de cœur ou à un antagonisme « bien/mal ». Il n'est pas vraiment original puisque clairement inspiré de l'ouverture du Sacre du printemps d'Igor Stravinski, à savoir le début du premier tableau du ballet, L'adoration de la terre. On peut également percevoir l'influence de pièce orchestrale La Mer (opus L 109) de Claude Debussy [24]. De plus, le procédé avait déjà été utilisé par Bernard Herrmann dans des films d'Alfred Hitchcock, La Mort aux trousses en 1959 ou Psychose en 1960.

Ce thème révèle deux autres caractéristiques que l'on retrouvera dans la musique tout au long du film : le motif principal est répété à l'infini de manière crescendo et la fin du morceau est tendue et brutale, sans pont (transition) avec la scène suivante. Cette manière étrange de passer directement d'une scène à l'autre sans transition dans le montage et la musique et du à la volonté de Spielberg de s'inspirer des méthodes de la Nouvelle Vague.

Lors de la chasse au requin, alors que John Williams avait donné une identité sonore pour chaque personnage (pour Brody, le xylophone qui représente l'enfance et ses peurs afférentes), il s'amuse à brouiller les sons avant de déployer toute la puissance de son orchestre dans les scènes les plus fortes sur le plan dramatique. Puis, par un saisissant contre-pied, il stoppe nette la musique lors de la mort de Quint, un des points d'orgue du film. Dans cette séquence où le requin n'a jamais été aussi présent, il n'a plus besoin d'être représenté en musique, le spectateur n'ayant plus à imaginer un péril imminent, mais à regarder un homme se faire dévorer. Le danger n'est plus de l'ordre du fantasme mais bel et bien réel, ce qui explique au niveau visuel la grande quantité de sang vue à l'écran, et au niveau sonore les sons d'objets glissant ou se cognant les uns contre les autres (le bateau sombrant à ce moment du film).

Enfin, John Williams qu'on a parfois accusé d'utiliser trop le style pompier (musique tonitruante, théâtrale, dramatique, appuyée), sait aussi faire preuve d'humour comme lorsque les touristes débarquent sur l'île d'Amity pour la fête nationale du 4 juillet. Alors qu'ils sont au courant qu'un requin a fait des victimes, ils pensent que les pêcheurs amateurs l'ont capturé et qu'ils sont à l'abri. Certains en viendront même à tagger la pancarte de l'île, par dérision. Matt Hooper, Quint et Martin Brody savent pourtant bien que le requin meurtrier continue de rôder. Le compositeur traduit cette ambiance par une musique désuète et décalée, utilisant des clavecins à la manière d'un Bach.

Actuellement, trois versions du disque existent sur le marché : la 1re reprend la musique originale figurant effectivement dans le film, sortie en 1975 en vinyle et rééditée en 1992 en CD, la 2e parue en juillet 2000 inclut des morceaux qui avaient été enregistrés à l'époque mais non repris dans le film, enfin la 3 e est un nouvel enregistrement de John Williams rajoutant plusieurs thèmes qui n'existaient pas au moment de la sortie du film (voir aussi l'annexe 2).

Autour du film

Box-office

Article détaillé : Résultats au box-office des Dents de la mer
Évolution du box-office des Dents de la mer aux États-Unis (en millions de $) [25]
Semaines Sem. 1 Sem. 2 Sem. 3 Sem. 4 Sem. 6 Sem. 12
Recettes US cumulées depuis la sortie 7,06 21,12 36,95 49,52 69,72 124,32
Pourcentage des recettes US définitives 2,7 8,1 14,2 19 26,8 47,8

Les Dents de la mer sort sur les écrans américains le vendredi 20 juin 1975 sur un circuit limité de 409 écrans, qui montera à 464 écrans le vendredi 11 juillet, puis 675 le vendredi 27 juillet. Le film récolte $7,061,513 dès son 1er week-end d'exploitation aux États-Unis. À cette vitesse, les 12 millions de dollars de budget sont remboursés en quelques jours. Un mois seulement après sa sortie, le film a déjà rapporté une soixantaine de millions de dollars. Au courant du mois d'août, Les Dents de la mer est le premier film de l'histoire du cinéma à dépasser le cap symbolique des 100 millions de dollars de recettes aux États-Unis. Début septembre, il approche les 125 millions de dollars aux États-Unis. Il finira sa carrière avec 260 millions de dollars sur le marché américain et 210 millions dans le reste du monde [25]. Actuellement, il figure à la 56e place du box-office historique mondial [26], voire à la 7e place si l'on tient compte de l'inflation [27].

N°1 au box-office mondial de 1975, le film ne sera détrôné qu'en 1977 par La Guerre des étoiles de George Lucas. Depuis, il a largement été battu par Titanic de James Cameron, n°1 actuel du box-office mondial historique avec des recettes exceptionnelles atteignant 1 845 millions de dollars [28], soit presque quatre fois supérieures à celles que le film de Spielberg avait récolté 22 ans plus tôt (voir aussi l'annexe 3).

Ceci dit, en tenant compte de l'inflation, Les Dents de la mer reste un film au box-office impressionnant puisque se plaçant en 7e position aux États-Unis derrière Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939), La Guerre des étoiles (George Lucas, 1977), La Mélodie du bonheur (Robert Wise, 1965), E.T. l'extra-terrestre (Steven Spielberg, 1982), Les Dix Commandements (Cecil B. DeMille, 1956) et Titanic (James Cameron, 1997).

Pour Universal, le studio qui a produit le film, il s'agit du 5e film lui ayant rapporté le plus de recettes aux États-Unis [29], voire 2e derrière E.T. l'extra-terrestre du même Spielberg si l'on tient compte de l'inflation.

Les Dents de la mer est le 2e des 23 longs-métrages de cinéma réalisés à ce jour par Steven Spielberg. Son succès international le fera connaître au grand public.

Pour Steven Spielberg, Les Dents de la mer est une grande réussite sur le plan commercial après l'échec de son premier film, Sugarland Express, qui avec un budget de 3 millions de dollars n'avait rapporté que 12,8 millions de dollars dans le monde [30]. Jusqu'à aujourd'hui, Steven Spielberg pourtant roi du box-office, n'a réalisé 6 films qui ont dépassés les recettes des Dents de la mer, dont 4 se démarquent particulièrement : La Guerre des mondes (2005, $591,745,532 de recettes mondiales), Le Monde perdu : Jurassic Park (1997, $618,638,999 de recettes mondiales), E.T. l'extra-terrestre (1982, $792,910,554 de recettes mondiales) et Jurassic Park (1993, $914,691,118 de recettes mondiales). Encore aujourd'hui, Les Dents de la mer représente 7,5% des 3,447 milliards de dollars récoltés sur le territoire américain par les films réalisés par Steven Spielberg [31] (voir aussi l'annexe 4).

Hors États-Unis, le film a réalisé 45% de ses recettes, avec notamment 6,2 millions d'entrées en France, ce qui constitue le 4e meilleur résultat du réalisateur dans ce pays derrière E.T. l'extra-terrestre (7,8 millions d'entrées), Jurassic Park (6,5 millions d'entrées) et Les aventuriers de l'arche perdue (6,4 millions d'entrées). L'Allemagne a comptabilisé 5,8 millions de spectateurs pour ce film, tandis que la Suède en a compté 1,3 million [25].

Comparé aux autres films sortis en 1975, Les Dents de la mer est le long métrage qui a le mieux marché en salles devant The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, $112,892,319 de recettes aux États-Unis), Vol au-dessus d'un nid de coucou (Milos Forman, $108,981,275 de recettes aux États-Unis), Shampoo (Hal Ashby, $49,407,734 de recettes aux États-Unis) et Un après-midi de chien (Sidney Lumet, $46,665,856 de recettes aux États-Unis) [32].

Comparé aux autres films traitant du thème des requins au cinéma, le box-office place Les Dents de la mer devant Gang de requins (Éric Bergeron, Vicky Jenson et Rob Letterman, 2004, $363,530,196 de recettes mondiales), Peur Bleue (Renny Harlin, 1999, $164,648,142 de recettes mondiales) ou encore Open Water : En eaux profondes (Chris Kentis, 2003, $53,686,170 de recettes mondiales) [33].

En octobre 2006, la série « Les Dents de la mer », composé des films Les Dents de la mer, Les Dents de la mer 2, Les Dents de la mer 3 et Les Dents de la mer 4: la revanche, est avec 404 millions de dollars, la 22e franchise en termes de recettes récoltées sur le territoire nord-américain, la 1re étant La Guerre des étoiles, qui avec 6 films, totalise près de 1 883 millions de dollars de recettes US [34].

Réception du film

Critiques

En 1975, le critique de films américain Roger Ebert (ici à droite) émet dans les colonnes du Chicago Sun-Times, un avis favorable sur Les Dents de la mer.

Dans une large mesure, le film reçut des critiques favorables. Dans sa revue originale, parue dans le Chicago Sun-Times, le célèbre critique de films américain Roger Ebert a dit du film qu'il était « un film d'action particulièrement efficace, un thriller effrayant qui fonctionne d'autant mieux que les personnages sont humanisés » [35]. Dans les colonnes du magazine Variety, A.D. Murphy vanta les qualités de réalisateur de Steven Spielberg et qualifia d' « absolument magnifique » l'interprétation de Robert Shaw [36]. Début novembre 1976, dans The New Yorker, Pauline Kael écrivit qu'il s'agissait du « film d'horreur le plus joyeusement pervers jamais réalisé » [37].

Bien entendu, à l'opposé, des critiques négatives furent publiées, notamment celle de Vincent Canby dans The New York Times qui écrivit que « tel que le film est construit, il est difficile d'avoir la moindre compassion envers les victimes du requin...Dans les meilleurs films, les personnages révèlent au spectateur leur profondeur, leur vraie nature, au fur et à mesure que progresse l'action. Dans des films comme Les Dents de la mer, les personnages sont uniquement tributaires de l'action. Ils sont à son service » [38].

Dans le Los Angeles Times, le critique de film Charles Champlin conteste le classement du film dans la catégorie PG (pour « Parental guidance suggested », accompagnement parental recommandé) au motif que non seulement le film est « trop effrayant pour de jeunes enfants, mais est même susceptible de retourner l'estomac de personnes de tout âge » [39].

D'une manière générale, la critique la plus répandue concerna le côté artificiel du faux requin [40], bien que n'apparaissant que de façon furtive vers la fin du film.

En France, en 2001, dans leur livre Steven Spielberg, Julien Dupuy, Laure Gontier et Wilfried Benon parlent de « la lutte de la mer contre la terre, d'une lutte de toute éternité » [41]. Dans un article sur les films catastrophes hollywoodiens [42], Pierre Baudry insista sur deux éléments : la machinerie scénique du film, par exemple « Bruce » le faux requin, devenue la star véritable au détriment des acteurs et l’emploi d’une foule de figurants destinés uniquement à lui réagir. En cela, il fait écho à l'article de Vincent Canby dans The New York Times et depuis l'avènement des blockbusters, dont les Dents de la mer lancera la mode, cette critique est souvent faite pour les films à gros budget américain, qui privilégient l'action et les effets spéciaux au détriment du jeu des acteurs et du scénario, de manière à réduire le risque financier de productions toujours plus coûteuses.

A posteriori, le film sera tout autant mis en avant par les critiques pour son côté « précurseur » que pour son côté « mauvais exemple » ayant donné naissance à des films efficaces commercialement mais peu ambitieux sur le plan artistiques.

Récompenses

Lors de la 48e cérémonie des Oscars, Les Dents de la mer s'est vu attribuer 3 Oscars: meilleur montage, meilleure musique de film et meilleur son. Le film fut également sélectionné dans la catégorie meilleur film, bien que Steven Spielberg ne soit pas corrélativement proposé dans la catégorie meilleur réalisateur, mais cette catégorie sera finalement remportée par Vol au-dessus d'un nid de coucou, le grand gagnant de cette cérémonie avec 5 Oscars pour 9 nominations.

Steven Spielberg fera mieux avec E.T. l'extra-terrestre et Les Aventuriers de l'arche perdue (9 nominations, 4 Oscars), Il faut sauver le soldat Ryan (11 nominations, 5 Oscars) et surtout avec La Liste de Schindler (12 nominations, 7 Oscars) [43], qui lui vaudra à 47 ans, bien après celle du public, la reconnaissance de ses pairs. Ce n'est qu'avec ce long-métrage qu'il gagnera enfin l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur, après s'être contenté de récolter, pendant une vingtaine d'années, des Oscars « techniques » (montage, son, effets visuels, décors etc.). En revanche, à ce jour, aucun des acteurs ou actrices qu'il a dirigé n'ont obtenu d'Oscars (voir aussi l'annexe 5).

Concernant la musique originale du film composée par John Williams, en plus de l'Oscar obtenu, elle a également été récompensée par un Golden Globe Award et un Grammy Award.

Les Dents de la mer figure invariablement dans la liste des 250 meilleurs films établie par les internautes fréquentant Internet Movie Database (autour de la place 80) [44],[45] et autour de la 20e place des meilleurs films selon les utilisateurs de Box Office Mojo [46]. Il apparaît également dans plusieurs classements de l'American Film Institute (AFI), notamment dans le plus important, celui des 100 meilleurs films (AFI's 100 Years... 100 Movies) [47], où il pointe à la 48e place. Il est également bien placé dans 4 autres listes de l'AFI, plus spécifiques, en s'octroyant la 2e place des 100 meilleurs thrillers de l'histoire du cinéma (AFI's 100 Years... 100 Thrills) [48], la 18e place des 100 meilleurs héros et méchants du cinéma (AFI's 100 ans... 100 héros et Méchants) [49] pour « Bruce », le faux requin du film, la 6e place des 100 meilleurs musiques originales de films (AFI's 100 Years of Film Scores) [50], pour la bande originale composée par John Williams et enfin la 35e place des 100 meilleurs citations (AFI's 100 Years... 100 Movie Quotes) [51] avec la réplique « You're gonna need a bigger boat » (« Il nous faudrait un plus gros bateau »).

Depuis 1989, le National Film Preservation Board sélectionne environ 25 films par an, sortis au minimum dix ans auparavant sur les écrans, pour une conservation pérenne à la Bibliothèque du Congrès. Tous les films choisis le sont en fonction de leur « importance culturelle, historique ou esthétique » et font ensuite partis du National Film Registry. En 2001, Les Dents de la mer a été retenu [52], en même titre que d'autres films majeurs tels que La Planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968), Manhattan (Woody Allen, 1979) ou encore La Mélodie du bonheur (Robert Wise, 1965). En 2004, le National Film Registry comptait, outre Les Dents de la mer, quatre autres films de 1975 : Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman, Nashville de Robert Altman, The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman et The Buffalo Creek Flood: An Act of Man de Mimi Pickering [53].

Sources d'inspiration et influences

Les emprunts à des œuvres antérieures

Herman Melville, l'auteur de Moby Dick dont s'inspire en partie Les Dents de la mer.

Les Dents de la mer comporte certaines similarités avec d'autres œuvres artistiques, au premier rang desquelles figure Moby Dick d'Herman Melville, célèbre roman américain initialement paru en 1851. Le personnage de Quint ressemble ainsi fort à Achab, le capitaine du baleinier le Pequod, qui poursuit sans relâche Moby Dick le cachalot blanc.

Quint traquera lui aussi le requin avec acharnement. Plusieurs éléments révèlent ainsi sa vendetta personnelle contre les requins, tels son long monologue ou encore son bateau, l’Orca ( l'Orque), ainsi dénommé d'après le seul ennemi des requins dans le règne animal.

Dans le roman de Peter Benchley ainsi que dans le scénario original du film, Quint meurt happé par les profondeurs de l'océan après avoir eu la jambe attrapée par une ligne d'harpon, tout comme c'est le cas pour le capitaine Achab dans le roman d'Herman Melville [54].

La pièce de théâtre En folkefiende (Un ennemi du peuple, 1882) d'Henrik Ibsen, ressemble par certains aspects à la première partie des "Dents de la mer".

Une référence encore plus directe peut être trouvée dans le scénario original, des séquences 135 à 139, où Quint regarde dans un cinéma Moby Dick, l'adaptation du roman réalisée en 1956 par John Huston et dans laquelle le capitaine Achab est interprété par Gregory Peck [55]. Pendant la projection, Quint rigole à gorge déployée sans se soucier des autres spectateurs qui se lèvent et quittent la salle [56] (voir aussi l'annexe 6).

Gregory Peck qui possédait les droits du film, refusa l'utilisation d'extraits de celui-ci dans Les Dents de la mer [57], les séquences précédemment citées n'ont donc jamais été tournées.

Enfin, les scènes finales du film de Spielberg où les hommes essaient de harponner le requin avec des barils flottants établissent un dernier parallèle avec le roman de Melville.

Pendant la première partie du film, Martin Brody essaie, et échoue, de convaincre les autorités de la ville de l'arrivée d'un requin sur les plages d'Amity Island, notamment à l'occasion d'une séance publique. En cela, le film ressemble beaucoup à la pièce de théâtre En folkefiende (Un ennemi du peuple, 1882) du dramaturge norvégien Henrik Ibsen. Dans celle-ci, le Dr. Thomas Stockmann est médecin d’une station thermale récemment créée et administrée par son frère Peter Stockmann, maire de la ville. Le docteur, qui jouit d’une situation confortable, découvre que les eaux, provenant d’une alimentation située trop bas, sont empoisonnées par les marécages pestilentiels de la vallée. Enthousiasmé par sa découverte salutaire, il prétend publier les faits qui ruineront momentanément la station. Éclate alors un conflit entre l’intérêt public et une prospérité locale aléatoire. D’une réunion publique, où il a voulu faire crier la vérité, Stockmann sort condamné comme « ennemi du peuple » [58].

Certains critiques ont également perçus l'influence de deux autres vieux films américains de science-fiction-horreur, L'Étrange créature du lac noir (The Creature from the Black Lagoon, Jack Arnold, 1954), notamment pour le traitement par Spielberg de la mort de Chrissy Watkins par un requin au début des "Dents de la mer", et The Monster That Challenged the World (Arnold Laven, 1957) [59].
. Un emprunt assez évident, la scène-choc où intervient une tête décapitée fait directement référence à un plan du même genre dans un film au sujet assez similaire, les Oiseaux (1963), d’Alfred Hitchcock.

Le rayonnement du film sur des œuvres postérieures

La reprise du travelling compensé, inventé par Hitchcock, sur Roy Scheider lorsqu'il est témoin de la première attaque du requin permettra au plan de devenir célèbre dans l'histoire du cinéma et au procédé d'être depuis régulièrement utilisé.

Les Dents de la mer a été cité directement ou indirectement dans plusieurs films. En 1979, Steven Spielberg s'auto-parodie dans 1941 [60], la scène d'ouverture du film est ainsi très proche de celle imitée : une jeune femme s'approche de l'eau, enlève ses vêtements et se baigne nue. S'ensuit une parodie des Dents de la mer, sauf qu'à la place du requin, c'est un sous-marin qui émerge et que l'aileron est remplacé par un périscope auquel la jeune femme s'agrippe. En 1980, le film parodique Y a-t-il un pilote dans l'avion ? de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker, débute avec la musique des Dents de la mer avant qu'un aileron d'avion ne perce les nuages en se dirigeant vers le spectateur.

C'est sur la place de la mairie de Hill Valley, ville imaginaire de la trilogie Retour vers le futur (Robert Zemeckis, 1985, 1989 et 1990), que Marty McFly (Michael J. Fox) aperçoit en 2015, l'affiche du film Jaws 19.

En 1994, dans Clerks, les employés modèles de Kevin Smith, est cité la célèbre réplique des Dents de la mer « We're gonna need a bigger boat! ». Un an plus tard, le même réalisateur fait de nouveau référence au film dans Les Glandeurs où les héros portent les noms de « Quint » et « Bodie Bruce », « Bruce » étant le surnom du faux requin mécanique des Dents de la mer, et où une séquence du film propose une reconstitution de la scène de comparaison des cicatrices, bien que dans ce cas basée sur les aventures sexuelles de ses protagonistes [61]. En 2004, le film d'animation Gang de requins, produit par Steven Spielberg via DreamWorks SKG, débute par une parodie des Dents de la mer avec un ver de terre à la place de la victime et un requin inoffensif en lieu et place du requin tueur [62].

Mais la plus célèbre parodie reste certainement celle apparaissant dans Retour vers le futur II (1989) de Robert Zemeckis, dont le producteur délégué n'est autre que Steven Spielberg. Dans le récit, le docteur Emmett Brown (Christopher Lloyd) interpelle, en 1985 à Hill Valley, Marty McFly (Michael J. Fox), sur des méfaits intervenant dans son futur. « Doc » dit revenir de l'année 2015, où il arriverait malheur aux enfants que Marty aura avec son amie actuelle et future femme, Jennifer Parker (Elisabeth Shue). Il l'invite donc à le suivre dans le futur, en 2015 par conséquent, dans la ville imaginaire de Hill Valley. Arrivé sur place, Marty McFly reconnaît la place de la mairie, mais sous un jour complètement nouveau. Sur un cinéma, il voit une affiche de Jaws 19 (Les Dents de la mer 19) [63]. Le requin figurant sur l'affiche passe d'une image 2D à une image holographique en 3D, s'en détache et s'approche dangereusement du héros, faisant mine de le dévorer, provoquant ainsi incrédulité et terreur chez Marty McFly qui, gêné, fait le constat que "le requin a toujours l'air aussi faux..." Il est à noter que l'affiche annonce le slogan « This time it's really really personal », en référence au quatrième épisode des "Dents de la mer" dont le slogan était « This time it's personal » (« cette fois, c'est personnel », sous-entendu « cette fois, il (le requin) en fait une affaire personnelle »). Deuxième clin d'œil du passage, le film Jaws 19 est censé être réalisé par un certain Max Spielberg. Or Steven Spielberg a effectivement un fils nommé Max, né en 1985 d'un premier mariage avec l'actrice américaine Amy Irving (avant d'en divorcer en 1989).

Dans Le Monde de Nemo de Walt Disney, Dory et Nemo rencontrent un grand requin blanc qui s'appelle... « Bruce ». Il cherche à se débarrasser de son image de tueur et se rend à une réunion évoquant les alcooliques anonymes, où le but est de devenir végétarien. Le problème est qu'il suffit d'un peu de sang échappé du nez de Dory pour que Bruce replonge et veuille la manger ("On est vendredi, c'est le jour du poisson!")

Le film a également été adapté sous des formes non cinématographiques, dont Jaws, jeu sorti en 1987, édité par LJN et fonctionnant sur la plate-forme NES, inspiré par la franchise des Dents de la mer, il repose surtout sur le 4e volet de la série, Les Dents de la mer 4: la revanche. En octobre 2006, est sorti en France un jeu vidéo au scénario inédit mais plus proche de l'esprit du film de Steven Spielberg, intitulé Jaws Unleashed. Disponible sur PlayStation 2, Xbox et PC, développé par Appaloosa Interactive et distribué par Majesco Entertainment, ce jeu vidéo a été noté 7,4/10 par IGN (), 3,8/10 par GameSpot () et 1,5/5 par Official PlayStation Magazine (). Enfin, une comédie musicale sur le thème des "Dents de la mer" a été créé en 2006 ; Giant Killer Shark : The Musical, et a été présentée pour la première fois au public du 07 au 16 juillet 2006 au Helen Gardiner Phelan Playhouse situé à Toronto, à l'occasion du Toronto Fringe Festival [64].

Au-delà du film

Suites

Article détaillé : Comparaison des Dents de la mer avec les autres volets de la saga
En 1983, dans Les Dents de la mer 3, Dennis Quaid reprend le rôle de Michael Brody , précédemment interprété par Chris Rebello, puis Mark Gruner. Lance Guest lui succédera dans le 4e et dernier volet.

Trois ans après l'épisode original, John D. Hancock devait réaliser la suite avant qu'il ne soit renvoyé par le producteur Richard D. Zanuck. Finalement, c'est Jeannot Szwarc qui se chargera de réaliser le film pour le compte d'Universal Pictures, qui restera d'ailleurs l'unique distributeur pour l'ensemble des films de la quadrilogie. Dans Les Dents de la mer 2, Roy Scheider, Lorraine Gary et Murray Hamilton reprennent leur rôle du film initial et Carl Gottlieb continue à co-écrire le scénario.

Puis en 1983, Les Dents de la mer 3 fut réalisé en 3D, format alors populaire à l'époque. Son titre original est d'ailleurs Jaws 3-D, qui se transformera en Jaws 3 lors des passages à la télévision ou en VHS et DVD, l'effet 3D n'étant pas transposé sur ces formats. En 1983, Joe Alves avait déjà travaillé avec Steven Spielberg en 1974 sur Sugarland Express et en 1975 sur Les Dents de la mer et il travaillera à nouveau avec lui en 1977 sur Rencontres du troisième type. Le scénario est encore une fois co-écrit par Carl Gottlieb, cette fois-ci aidé de Richard Matheson, l'homme qui avait signé auparavant le scénario du film Duel de Spielberg. Le casting de cette troisième mouture inclus Dennis Quaid (Michael Brody), Bess Armstrong (Kathryn Morgan, alias Kay), Louis Gossett, Jr. (Calvin Bouchard), Simon MacCorkindale (Philip FitzRoyce), John Putch (Sean Brody) et Lea Thompson (Kelly Ann Bokowski).

Enfin, en 1987 sort sur les écrans Les Dents de la mer 4: la revanche réalisé par Joseph Sargent. À 62 ans, le metteur en scène de cet épisode est un homme productif bien qu'inconnu du grand public, et pour cause, à l'exception de ce film, il ne réalisera quasiment exclusivement que pour la télévision américaine.

Le film signe le retour de Lorraine Gary au sein de la quadrilogie. Le casting inclus également Lance Guest (Michael Brody), Mario Van Peebles (Jake), Michael Caine (Hoagie Newcombe), Karen Young (Carla Brody), Judith Barsi (Thea Brody) et Mitchell Anderson (Sean Brody). Considéré comme le plus mauvais volet de la série, il figure dans les 50 premières places de la liste des 100 pires films de l'histoire du cinéma établie par les lecteurs d'Internet Movie Database.[65] En 1988, Lorraine Gary a même été sélectionnée aux très peu enviés Razzie Awards, contre-récompenses parodiant les Oscars. La comédienne avait été proposée dans la catégorie « pire actrice », qui fut finalement « remportée » par Madonna pour Who's That Girl.

Bénéficiant d'un lancement d'importance et alors que les trois suites ont fait d'importants profits au box office.[66], Les Dents de la mer 2 et 3 figurant même lors de leur année respective de sortie dans le top 20 des films ayant rapportés le plus d'argent, les critiques et le grand public s'est dans l'ensemble montré réservé sur l'intérêt de ces suites. Les avis sur les films montrent que la qualité artistique n'a cessé de se dégrader de films en films, ainsi que les recettes s'amoindrissant à chaque nouvel épisode de la série

Au fur et à mesure des épisodes de la saga, les attaques de requins deviennent de plus en plus invraisemblables. Dans ce domaine, Les Dents de la mer 2 détient un record avec 11 attaques pour 8 morts. De même, il y a surenchère dans la manière dont le requin est tué dans l'affrontement final, frisant parfois l'inimaginable, voire le grotesque, selon certaines critiques.[67]

Les Dents de la mer Les Dents de la mer 2 Les Dents de la mer 3 Les Dents de la mer 4: la revanche
Nombre d'attaques des requins (dont † = nombre de victimes) 7 (6†) 11 (8†) 7 (6†) 6 (3†)
Manière dont le requin trouve la mort Martin Brody, seul dans le bateau en train de couler, enfonce une bouteille de plongée dans la gueule du requin. Réfugié sur le mât, il tire sur la bouteille qui fait exploser le squale. Lors du face à face final, Martin Brody tend un câble électrique au requin comme appât. Le requin le mange, s'électrocute et prend feu. Le bébé requin meurt en étant retiré de son « habitat naturel », le lagon du parc aquatique le Sea World.
Le requin adulte dévore Philip FitzRoyce qui avait une grenade à la main, qui sera dégoupillée plus tard.
Alors que Jake prévoie de tuer le requin avec un transmetteur électrique, il se fait dévorer par le requin qui a des spasmes. Ellen Brody l'achève en fonçant sur lui avec le bateau qui le transperce.

Au niveau mondial, la saga des Dents de la mer a rapporté 404 millions de dollars. À titre de comparaison, la série composée de 4 films ayant récolté le plus d'argent est L'Arme fatale avec 487 millions de dollars de recettes mondiales. Toutefois, avec 1 882 millions de dollars de recettes mondiales, La Guerre des étoiles est reine du box-office en ce domaine, mais en comptabilisant 6 films.[68]

Éditions DVD

Les Dents de la mer a connu plusieurs éditions vidéo, destinées aussi bien au marché des particuliers qu'à celui des professionnels. Le long-métrage est d'abord sorti en VHS, puis a été adapté au format laserdisc, avant d'être lancé ces dernières années en DVD [69].

En 2000, une édition « 25e anniversaire » voit le jour, suivie en 2005 par une version « 30e anniversaire » (voir aussi l'annexe 7).

À noter que l'édition DVD des Dents de la mer a la particularité de posséder un nouveau doublage français au format 5.1, contrairement aux précédentes éditions VHS et laserdisc contenant le doublage mono d'origine.

Selon l'Internet Movie Database, le marché de la location du film aurait rapporté $129,550,000, aux seuls États-Unis.

Les suppléments comprennent entre autres [70]:

  • Les scènes supprimées ou coupées, dont certaines sont même des chutes non étalonnées. On y découvre notamment deux séquences ne figurant pas dans le montage final : celle où des pêcheurs du dimanche partent à la chasse au requin et s’affrontent assez violemment pour s’emparer de la dépouille du squale, ainsi que celle où Quint se rend dans un magasin de musique, pour y acheter les fameuses cordes de piano que seul le grand requin blanc peut dévorer et en profite pour accompagner vocalement un jeune garçon interprétant l' Hymne à la Joie à la clarinette.
  • Un documentaire prévu pour la télévision, en « direct » du plateau de tournage, où le jeune Spielberg explique sa manière de travailler avec les acteurs.
  • Des vues du scénarimage réalisé par Tom Wright d'après les premières versions du scénario. On peut ainsi découvrir une variante du générique, de la mort de la baigneuse Chrissie Watkins et du jeune Kintner, de deux versions de la scène de la cage et de la confrontation finale, initialement très proche de la fin de Moby Dick.
  • De nombreuses photographies du tournage, couleurs ou noir et blanc, montrent l'équipe technique, le réalisateur, les acteurs, travaillant ou s'amusant, des images du tournage avec de vrais requins en Australie et enfin, John Williams dirigeant l'orchestre lors de l'enregistrement de la bande sonore originale.
  • Sur la version zone 1, il est présenté quelques exemples de matériel publicitaire (affiches, photos d’exploitation) et divers autres objets dérivés (badges, casquettes...). On peut également voir quelques photos d’exploitation venues d’autres pays, ainsi qu’une série de couvertures de livres et de magazines.

Au-delà de ce matériel, le grand intérêt des DVD reste le documentaire[71] de Laurent Bouzereau, figurant en intégralité dans la version « 30 e anniversaire » (environ 2 heures) et tronquée dans la version « 25e anniversaire » (environ 50 minutes).

Laurent Bouzereau [72], né en 1962, est un cinéaste français qui s'est spécialisé dans la production et la réalisation de making of de films populaires, pour les suppléments DVD (Le Pont de la rivière Kwaï, Taxi Driver, Scarface, Le Crime de l'Orient-Express etc). Et dans ce domaine déjà spécialisé en soi, il s'est plus particulièrement concentré sur les making of des films de Steven Spielberg (Rencontres du troisième type, 1941, E.T. l'extra-terrestre, La Couleur pourpre, Le Terminal etc).

Le documentaire, forcément promotionnel, donne la parole au réalisateur, aux producteurs, acteurs, techniciens. Tous confient des anecdotes de tournages allant de l'écriture du scénario, à la direction d'acteurs, au retournage de scènes après les premières projections privées ou enfin, concernant les problèmes techniques du faux requin mécanisé.

Requin tueur : mythe et réalité

Article détaillé : Attaque de requin.

Si la morphologie du requin présentée dans le film est plausible bien que limite, le personnage de Quint faisant état d'un requin de 7 mètres et 3 tonnes, la psychologie de la bête est en revanche fausse. Si effectivement le requin peut s'avérer être une implacable machine à tuer, via par exemple la technique du breaching [73], il est faux de dire qu'il s'attaque de manière délibérée à l'homme.

Le film Les Dents de la mer a ouvert la voie à un certain genre de longs métrages centrés sur les attaques de requins. Or en 15 ans, de 1990 à 2005, des statistiques plutôt fiables montrent qu'il y aurait eu 12 morts recensés dans les eaux territoriales des États-Unis [74], pays où se passe l'action du film de Spielberg. La distortion de la réalité est donc importante, d'autant que le film de Spielberg s'étale sur quelques jours seulement, et elle le sera encore bien plus avec des films comme Peur bleue ou la série des Shark Attack (voir : tableau n°2).

Dans Les Dents de la mer, le requin attaque 7 fois et fait 6 victimes sur une période de quelques jours (dans l'ordre : Chrissie Watkins, un labrador noir, Alex M. Kintner, Ben Gardner, un homme sur une barque et Quint). Or un seul cas réel de ce type a été rapporté : des attaques d'un ou plusieurs requins perpétrées en 1916 le long des côtes du New Jersey. Exagérés pour les besoins de la dramaturgie, les faits relatés dans le film pourraient donc néanmoins avoir lieu, même si ce cas unique du New jersey ne saurait être généralisé:

Tableau n°3 : L'attaque des requins dans le New Jersey en 1916 [75]
États-Unis d'Amérique Ocean County Montmouth County
Carte n°1 (New jersey) Carte n°2 (Beach Haven) Carte n°3 (Spring Lake) Carte n°4 (Matawan)
Map of USA NJ.svg Beach haven nj 029.png Spring lake nj 025.png Matawan nj 025.png
Le roman et le film Les Dents de la mer sont certainement librement inspirés d'un fait divers peu fréquent, l'attaque d'au moins un requin le long des côtes du New Jersey (carte n°1) en 1916, ayant entraîné la mort de quatre personnes, une dernière ayant survécue. Les attaques ont été perpétrées le long des côtes du New Jersey sur une distance d'environ 14 km et sur une période de 12 jours. Le 1er juillet à Beach Haven (carte n°2), alertés par des cris, un maître nageur et deux hommes ont sorti de l'eau Charles Vansant mourant (25 ans). Le 6 juillet à Spring Lake (carte n°3), alertés par des amis de la victime, un bateau des maîtres nageurs a essayé de sauver Charles Bruder (28 ans) en mer, qui est finalement mort avant que l'embarcation et les sauveteurs n'atteignent le rivage. Le 12 juillet à Matawan Creek (carte n°4), Lester Stillwell (11 ans) fut attaqué par un requin, Stanley Fisher essaya de le sauver. Les deux sont finalement morts, Fisher ayant assez de force pour être amené à l'hôpital, mais pas pour survivre à l'attaque. À la même date et au même endroit fut également agressé Joseph Dunn (12 ans), qui alerté par ses amis de la présence d'un requin, nagea de toutes ses forces pour rejoindre une échelle et sortir de l'eau. Il n'eut le temps que d'atteindre le barreau le plus bas avant de se faire mordre la jambe gauche par un requin. Il se fera amputé, mais survécu à l'attaque.

Un élément reste néanmoins indiscutable, le grand requin blanc (ou Carcharodon carcharias) est bien le plus dangereux des requins avec 34% des attaques répertoriées dans le monde depuis 1580. Ainsi sur les 1 190 attaques ayant impliqué 35 espèces de requins, le grand blanc est responsable à lui seul de 224 attaques non provoquées (18,8% du total) menant à la mort de 63 personnes (5,3% du total) [76].

Attaques de grand requin blanc depuis 1995, dont celles qui ont entraîné la mort[77]
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Attaques 5 7 4 7 4 9 3 4 3 10 11
Fatales 1 1 1 2 1 4 0 1 2 4 1

Anecdotes

Article détaillé : Anecdotes de tournage des Dents de la mer

Les principales anecdotes concernent [78]:

  • Les acteurs qui ont initialement été approchés pour les rôles principaux :
Rôles Acteurs pressentis Rôles finalement tenu par Rôles Acteurs pressentis Rôles finalement tenu par
Quint Sterling HaydenLee Marvin Robert Shaw Matt Hooper Jeff BridgesTimothy BottomsJon VoightJan-Michael Vincent Richard Dreyfuss
Martin Brody Charlton HestonRobert Duvall Roy Scheider Ellen Brody Victoria Principal Lorraine Gary
  • Les trois faux requins automates utilisés pendant le tournage. Il s'agit en réalité d'animatroniques en polyuréthane, coûtant chacun autour de $175,000. Mesurant plus de huit mètres et pesant une tonne et demie, ils ont été réalisés par Robert A. Mattey, le créateur de la pieuvre de 20 000 lieues sous les mers (Richard Fleischer, 1954). L'aileron dorsal de l'un d'eux a été vendu aux enchères en 2008.
  • Le tournage à Dangerous Reef en Australie-Méridionale des scènes avec de vrais requins. Réalisés par les photographes animaliers Ron et Valerie Taylor, les prises de vues doivent être incluses à la fin du film, lorsque Matt Hooper descend sous mer protégé par sa cage anti-requin. Le monstre du film de Spielberg étant censé mesurer 7 mètres, le producteur Richard D. Zanuck propose de mettre un nain dans une petite cage anti-requin, de manière à donner l'illusion d'un grand squale. L'acteur qui sera retenu s'appelle Carl Rizzo et mesure 1,45m.
  • Le poster du film (d’abord utilisé pour le livre), qui a largement contribué à son succès, est l’œuvre de l’artiste Roger Kastel.
  • A 1h32m09s on peut voir apparaitre derrière le chef Brody, un engin volant; une étoile filante ? un avion ? un Satellite ? ou Super-Man ? un OVNI ?Cette apparition est également présente sur le plan suivant, où le bateau est vu de loin dans la nuit.
  • La société productrice de Dr House,"Bad Hat Harry",utilise comme logo la scène où Brody, sur la plage, critique le bonnet de bain de Harry : "That's some bad hat, Harry !"

Voir aussi

Annexes

  • 1. Annexe n°1 :


  • 2. Annexe n°2 :


  • 3. Annexe n°3 :


  • 4. Annexe n°4 :


  • 5. Annexe n°5 :


  • 6. Annexe n°6 :


  • 7. Annexe n°7 :


Bibliographie

Les références indiquées ci-dessous représentent les principales ressources documentaires sur le film. Hormis le roman original de Peter Benchley, on y trouve les coulisses du tournage par Carl Gottlieb ou Edith Blake, des livres qui sont d'abord centrés sur Steven Spielberg ou sur le cinéma d'horreur, et enfin, des articles parus à la sortie du film en salle ou lors de sa réédition en DVD [82]

Roman original adapté à l'écran
  • (en) Peter Benchley, Jaws, Doubleday, Garden City, New York, 311 pages, février 1974 (ISBN 0385047711)
  • (fr) Peter Benchley, Les dents de la mer, traduction Michel Deutsch, éd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de Poche n° 4765, 311 pages, 1976 (ISBN 2253013099)
Livres
  • (fr) Julien Dupuy, Laure Gontier, Wilfried Benon, Steven Spielberg, Dark Star, illustrations noir et blanc, 256 pages, septembre 2001, épuisé (ISBN 2914680007)
  • (fr) John Baxter (traduction Mimi et Isabelle Perrin), Citizen Spielberg : biographie, Nouveau monde, 479 pages, Paris, 2004 (ISBN 2847360484), pages 121-142
  • (fr) Allociné, Secrets de tournage - Les dessous des films cultes américains, Absolum, illustrations noir et blanc, 224 pages, mai 2006 (ISBN 2916186069). Le contenu est également disponible en ligne ici.
  • (en) Carl Gottlieb (co-scénariste du film), introduction de Peter Benchley (auteur du roman adapté à l'écran et co-scénariste du film), The Jaws Log (coulisses du tournage du film Les Dents de la mer), Dell Publishing, juillet 1975 (ISBN 0440146895), page 221
  • (en) Edith Blake, On Location.....on Martha's Vineyard (The Making of the Movie Jaws), Lower Cape Publishing Company, 1975
  • (en) Kim Newman, Nightmare Movies, Bloomsbury Publishing, 256 pages, décembre 1988, 2e édition (ISBN 0747502951), page 69
  • (en) Antonia Quirke, Jaws, British Film Institute, 96 pages, octobre 2002 (ISBN 085170929X)
Articles
  • (fr) Pierre Baudry, analyse des films catastrophes hollywoodiens repris dans le livre Le cinéma américain – analyses de films sous la direction de Raymond Bellour, tome 2, Flammarion, 318 pages, Paris, 1980 (ISBN 2080643274)
  • (en) David Helpern, At Sea with Steven Spielberg, Take One, volume 4, numéro 10, 1975, pages 8–12.
  • (en) Stephen E. Bowles, The Exorcist and Jaws, Literature/Film Quarterly (trimestriel), volume 4, numéro 3, 1976, pages 196-214.
  • (en) Marc Bernardin, New To DVD: Jaws (B+) dans Entertainment Weekly, volume 1, numéro 549, 14 juillet 2000, page 58
  • (en) Phil Hoad, Flicks, septembre 2000, page 79
  • (en) Brian M. Raftery, Dead In The Water dans Entertainment Weekly, volume 1, numéro 594, 4 mai 2001, page 74
  • (en) Lee Pfeiffer, Jawsfest : The 30th Anniversary Jaws Festival dans Cinema Retro Magazine, Solo Publishing, volume 3, 11 septembre 2005, pages 50–53.
  • (en) Video Watchdog numéro 14, pages 58–59

Notes et références

  1. (en)Jaws (1975) - Box office / business
  2. Réf. : (en) « Rise of the blockbuster » news.bbc.co.uk.
  3. Réf. : (en) « The Last Mogul » par Thomas Schatz (12 juin 2003) thenation.com.
  4. Réf. : (en) Release dates for Jaws imdb.com.
  5. Le Grand Requin Blanc
  6. Réf. : (en) Jawsfest (3-5 juin 2005) mvy.com.
  7. Réf. : (en) Trivia for Jaws imdb.com.
  8. Réf. : (fr) (source pour l'ensemble de la partie « Production et tournage ») John Baxter (traduction Mimi et Isabelle Perrin), Citizen Spielberg : biographie, Nouveau monde, 479 pages, Paris, 2004 (ISBN 2847360484), pages 121-142.
  9. Réf. : (en) Woman's Wear Daily du 17 juillet 1974.
  10. Réf. : (en) Biographie de Peter Benchley (voir « Assignment 3: Brief Biography ») isrl.uiuc.edu .
  11. Réf. : (en) Interview de Peter Benchley sur son site officiel (FAQ). Pour la citation originale, voire la réponse à la 4e question : « What influenced you to write JAWS? » peterbenchley.com.
  12. Réf. : (en) « The book that spawned a monster » par Stephen Dowling news.bbc.co.uk.
  13. Réf. : (en) Donald Newlove, The Village Voice, 7 février 1974, pages 23-24
  14. Réf. : (en) John Spurling, New Statesman, volume 87, 17 mai 1974, page 703
  15. Réf. : (en) John Skow, Time, volume 103, 4 février 1974, page 76.
  16. Réf. : (en) The Listener, volume 91, 9 mai 1974, page 606.
  17. Réf. : (en) The Miami Herald, 8 juin 1975.
  18. Réf. : (en) Patricia Meyer Spacks, The Hudson Review, volume 27, été 974, page 293.
  19. Réf. : (en) 20th-Century American Bestsellers (voir « 8. Sales by year? ») isrl.uiuc.edu.
  20. Réf. : (en) Publisher's Weekly du 3 février 1975 pages 34-35, ainsi que Hackett/Burke, 80 Years of Best Sellers 1895-1975 et Russell Ash, The Top 10 of Everything 1997, DK Publishing, 256 pages, octobre 1996, (ISBN 0789412640), pp 112-113. Ce classement est également retranscrit en ligne ici ipl.org.
  21. réf. : (fr) John Baxter (traduction Mimi et Isabelle Perrin), Citizen Spielberg : biographie, Nouveau monde, 479 pages, Paris, 2004 (ISBN 2847360484).
  22. Réf. : (fr) (pour l'ensemble de la section sur la musique originale) Dossier d'Alexandre Tylski sur la B.O. de John Williams lumiere.org.
  23. Note : l'extrait de 30 secondes est issu du site sonymusic.com avec l'accord du compositeur.
  24. Réf. : (en) John Williams and film music since 1971 findarticles.com.
  25. a , b  et c Réf. : (en) [http://university.imdb.com/title/tt0073195/business Business Data for Jaws] imdb.com.
  26. Réf. : (en) All Time Worldwide Box Office Grosses boxofficemojo.com.
  27. Réf. : (en) All Time Box Office Adjusted for Ticket Price Inflation - Domestic Grosses boxofficemojo.com.
  28. Réf. : (en) Fiche sur Titanic boxofficemojo.com.
  29. Réf. : (en) Universal - Top 10 Movies boxofficemojo.com.
  30. Réf. : (en) Business Data for The Sugarland Express imdb.com.
  31. Réf. : (en) Directors by Total Gross boxofficemojo.com.
  32. Réf. : (en) Top 5 Box Office Hits, 1939 to 1988 ldsfilm.com.
  33. Réf. : (en) Fiches sur Gang de requins, Peur Bleue et Open Water : En eaux profondes boxofficemojo.com.
  34. Réf. : (en) Movie franchises Index boxofficemojo.com.
  35. Note : La citation originale est « a sensationally effective action picture, a scary thriller that works all the better because it's populated with characters that have been developed into human beings ». Réf. : (en) Critique de Jaws par Roger Ebert rogerebert.suntimes.com.
  36. Réf. : (en) Critique de Jaws par A.D. Murphy (18 juin 1975) variety.com.
  37. Note : La citation originale est « the most cheerfully perverse scare movie ever made » Réf. : Article initialement paru dans The New Yorker du 8 novembre 1976 et repris dans le livre de Pauline Kael, When the Lights Go Down, Henry Holt & Co, 592 pages, avril 1980 (ISBN 0030568420).
  38. Note : La citation originale est « it's a measure of how the film operates that not once do we feel particular sympathy for any of the shark's victims...In the best films, characters are revealed in terms of the action. In movies like Jaws, characters are simply functions of the action. They're at its service. ». Réf. : (en) « Entrapped by Jaws of Fear » par Vincent Canby (21 juin 1975) nytimes.com.
  39. Note : La citation originale est « Jaws is too gruesome for children, and likely to turn the stomach of the impressionnable at any age ». Réf : (en) « Don't Go Near the Water » par Charles Champlin (20 juin 1975) latimes.com.
  40. Réf. : (en) Critique de Jaws par James Berardinelli reelviews.net.
  41. Réf : Julien Dupuy, Laure Gontier, Wilfried Benon, Steven Spielberg, Dark Star, 256 pages, Illustrations noir et blanc, septembre 2001, épuisé (ISBN 2914680007).
  42. Réf. : (fr) Le cinéma américain – Analyses de films sous la direction de Raymond Bellour, tome 2, Flammarion, 318 pages, Paris, 1980 (ISBN 2080643274).
  43. Réf : (en) Films receiving 5 or more competitive awards awardsdatabase.oscars.org.
  44. Réf. : (en) Top 250 movies as voted by our users imdb.com.
  45. Note : Le calcul se fait selon la formule (v ÷ (v+m)) × R + (m ÷ (v+m)) × C, avec R = moyenne des notations du film, V = nombre de votes pour ce film, m = minimum de votes nécessaire pour rentrer dans le top 250 (actuellement, au moins 1 300) et C = le vote moyen minimum nécessaire pour figurer au classement (actuellement 6,7)
  46. Réf. : (en) User Grades boxofficemojo.com.
  47. Réf. : (en) AFI's 100 Years...100 Movies afi.com.
  48. Réf. : (en) AFI's 100 Years...100 Thrills afi.com.
  49. Réf. : (en) AFI's 100 Years...100 Heroes & Villains afi.com.
  50. Réf. : (en) AFI's 100 Years of Film Scores afi.com.
  51. Réf. : (en) AFI's 100 Years... 100 Movie Quotes afi.com.
  52. Réf. : (en) Liste alphabétique des films retenus de 1989 à 2005 sur le site du National Film Registry loc.gov.
  53. Réf. : (en) Liste chronologique des films retenus de 1989 à 2005 sur le site du National Film Registry loc.gov.
  54. Réf. : (en) Trivia for Jaws imdb.com.
  55. Réf. : (en) « Final Draft Screenplay » par Peter Benchley jawsmovie.com.
  56. Note : Cette idée sera reprise dans le scénario de Wesley Strick pour le film Les Nerfs à vif (Martin Scorsese, 1991), dans lequel Max Cady (Robert De Niro) fume un cigare, prend ses aises sur son siège et rit si fort qu'il exaspère les autres spectateurs présents dans la salle.
  57. Réf. : (en) « Jaws (Les Dents de la mer) (1975), l'édition DVD limitée 30e anniversaire zone 1 » par Stéphane Michaud (28 septembre 2005) uneporte.net.
  58. Réf. : (fr) Personnages et résumé de l'intrigue d'« un ennemi du peuple » norvege.no.
  59. Réf. : (en) The Creature from the Black Lagoon scifilm.org et Jaws (1975) par Tim Dirks filmsite.org.
  60. Réf. : (fr) Test DVD : 1941 – Collector’s Edition ecranlarge.com.
  61. Réf. : (fr) Portrait de Kevin Smith par Christophe Chenallet filmdeculte.com.
  62. Réf. : (fr) Critique de « Gang de requins » dvdrama.com.
  63. Réf. : (fr) Critique de Retour vers le futur II horreur.com.
  64. Réf. : (en) Giant Killer Shark: The Musical giantkillershark.blogspot.com et [pdf] Toronto Fringe Festival - Master Schedule (programme du festival, voir page 3 : Helen Gardiner Theater) fringetoronto.com.
  65. Réf. : (en) Bottom 100 imdb.com.
  66. Réf. : (en) Box-office de la franchise Jaws boxofficemojo.com.
  67. Réf. : (en) Descriptif des attaques, victimes et conditions de mise à mort du requin dans Les Dents de la mer, Les Dents de la mer 2, Les Dents de la mer 3 et Les Dents de la mer 4: la revanche mywebpages.comcast.net.
  68. Réf. : (en) Movie franchises Index boxofficemojo.com.
  69. Note : sauf précisions contraires, toutes les informations relatives aux DVD contenues dans cette parie, se basent sur les versions zone 2.
  70. Réf. : (fr) (descriptif du DVD, dont suppléments) Critique du film par Sébastien Mimouni et test technique par Franck Suzanne et Critique artistique et technique du DVD 30e anniversaire par Francis Moury
  71. Réf. : (en) Fiche sur le Making of figurant sur le DVD french.imdb.com.
  72. Réf. : (en) Fiche sur Laurent Bouzereau french.imdb.com.
  73. Note : Cette attaque très spectaculaire est surtout employée par le grand requin blanc. Elle consiste à bondir hors de l'eau afin de saisir sa proie proche de la surface par surprise. Le grand blanc applique surtout cette attaque aux otaries, qui sont plus rapides et plus agiles que lui, et qui peuvent donc s'enfuir si elles le repèrent. Cette technique est très difficile à observer, et encore plus à photographier car elle est rapide et violente
  74. Réf. : (en) ISAF Statistics for the USA Locations with the Highest Shark Attack Activity Since 1990 flmnh.ufl.edu.
  75. Réf. : (en) SEMP Biot #195 semp.us, d'après le livre de Richard G. Fernicola, Twelve Days of Terror: A Definitive Investigation of the 1916 New Jersey Shark Attacks, Lyons Press, 368 pages, 2002 (ISBN 1585745758)
  76. Réf. : (en) ISAF Statistics on Attacking Species of Shark flmnh.ufl.edu.
  77. Réf. : (en) Statistics for Worldwide Unprovoked White Shark Attacks Since 1990 flmnh.ufl.edu.
  78. Réf. : (en) Trivia for Jaws imdb.com et (fr) Les Dents de la mer : secrets de tournage allocine.fr.
  79. Réf. : [image] Pochettes des albums et liste des titres de l'album original, de l'édition collector 25e anniversaire et du réengistrement de 2000 musicby.jw-music.net.
  80. Réf. : (en) Yearly Box office boxofficemojo.com et All-Time Worldwide Boxoffice imdb.com.
  81. Réf. : (en) Steven Spielberg Movie Box Office Results boxofficemojo.com.
  82. Réf. : (en) Literature for Jaws imdb.com et Jaws (1975) (section « References » - paragraphes « Magazines » et « Books ») eofftv.com.

Liens externes

  • (en) Jaws french.imdb.com.


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