Legion d'honneur

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Legion d'honneur

LĂ©gion d'honneur

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Ordre national de la LĂ©gion d’honneur
Offizierskreuz.jpg
Croix d'officier de la LĂ©gion d’honneur
DĂ©cernĂ©(e) par France France
Type Distinction civile et militaire comportant 3 grades et 2 dignités
ÉligibilitĂ© Militaires ou civils
DĂ©cernĂ©(e) pour Conduite civile irrĂ©prochable et mĂ©ritante ou faits de guerre exceptionnels aprĂšs enquĂȘte officielle
Statut Toujours décernée
Statistiques
CrĂ©ation 19 mai 1802
PremiĂšre attribution 14 juillet 1804
Nombre d'attribution Le nombre maximum de « LĂ©gionnaires Â» est fixĂ© Ă  :
Chevaliers : 125 000
Officiers : 10 000
Commandeurs : 1 250
Grands officiers : 250
Grands-croix : 75
Grand maĂźtre : 1
Ordre de préséance
MĂ©daille supĂ©rieure Aucune
MĂ©daille infĂ©rieure Ordre de la LibĂ©ration
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Grand Croix

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Grand Officier
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Commandeur
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Officier
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Chevalier

Barrettes portées sur les uniformes

PremiĂšre distribution des dĂ©corations de la LĂ©gion d’honneur, par l’empereur NapolĂ©on Bonaparte le 14 juillet 1804 d’aprĂšs le peintre Jean-Baptiste Debret
Distribution de la LĂ©gion d’honneur au camp de Boulogne, le 16 aoĂ»t 1804
Charles Étienne Pierre Motte (1785-1836), d’aprùs Victor-Jean Adam (1801-1866)

L’ordre national de la LĂ©gion d’honneur est la plus haute dĂ©coration honorifique française. Elle a Ă©tĂ© instituĂ©e le 19 mai 1802 par NapolĂ©on Bonaparte. Elle rĂ©compense depuis ses origines les mĂ©rites Ă©minents militaires ou civils rendus Ă  la Nation.

Sommaire

Historique

Romaine par son nom (inspirĂ©e par la Legio honoratorum conscripta de l’AntiquitĂ©), par son symbolisme (les aigles) et son organisation (seize cohortes pour la France), la LĂ©gion d’honneur rompt avec la tradition des ordres d’Ancien RĂ©gime en Ă©tant ouverte Ă  tous, et non plus seulement aux officiers.

Comme certains y voyaient une atteinte au principe de l’égalitĂ© civique, Bonaparte, en conseil d’État justifie cette institution : « Je vous dĂ©fie de me montrer une rĂ©publique, ancienne ou moderne, qui savait se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mĂšne les hommes. Â»

La RĂ©volution française avait en effet aboli toutes les dĂ©corations de l’Ancien RĂ©gime : L’AssemblĂ©e Constituante avait crĂ©Ă© la DĂ©coration militaire, bientĂŽt elle aussi supprimĂ©e. Sous la Convention, les gĂ©nĂ©raux avaient pris pour habitude d’attribuer des armes d’honneur (fusil d’honneur, sabre d’honneur, ou encore tambour d’honneur) pour rĂ©compenser les actes de bravoure.

Le 14 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides la toute premiĂšre remise de LĂ©gion d’honneur par NapolĂ©on Bonaparte aux officiers mĂ©ritants au cours d’une fastueuse cĂ©rĂ©monie officielle.

Un dĂ©cret du 10 pluviĂŽse An XIII (30 janvier 1805) ajoute la Grande DĂ©coration dont les titulaires furent par la suite nommĂ©s « Grand Aigle Â», puis « grand cordon Â» (ordonnance du 19 juillet 1814) et enfin « grand’croix Â» (ordonnance du 26 mars 1816). À cette date, les appellations furent modifiĂ©es comme suit, les commandants devinrent des commandeurs, et les lĂ©gionnaires des chevaliers[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L’association des mĂ©rites militaires et civils (la rĂ©partition actuelle est environ 2/3 1/3), permet Ă  l’ordre de survivre Ă  tous les rĂ©gimes jusqu’à aujourd’hui, oĂč on dĂ©nombre plus de 110 000 lĂ©gionnaires.

Attributions

RĂ©partitions suivants les grades

Objectif fixé
par le code[1]
Effectif
fin 2000
Chevalier 125 000 87 371
Officier 10 000 22 401
Commandeur 1 250 3 626
Grand officier 250 321
Grand-croix 75 61
Grand maĂźtre 1 1

RĂšgles d'admission

L’admission et l’avancement dans l’ordre sont prononcĂ©s dans la limite de contingents fixĂ©s par dĂ©cret du prĂ©sident de la RĂ©publique pour une pĂ©riode de trois ans. Ces contingents sont rĂ©partis entre le prĂ©sident et les diffĂ©rents ministres qui adressent leurs propositions au grand chancelier. L’accĂšs Ă  l’ordre ne peut se faire dans un grade supĂ©rieur Ă  celui de chevalier, sauf quand il s’agit d’honorer une personnalitĂ© Ă©trangĂšre : c’est alors en fonction du rang protocolaire des rĂ©cipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a Ă©tĂ© directement Ă©levĂ© Ă  la dignitĂ© de grand officier de l’ordre en 1984). L’admission dans l’ordre (chevalier) comportait Ă  sa crĂ©ation, une rente annuelle insaisissable de deux cent cinquante francs or. En 2004, cette rente annuelle (chevalier) est de 6,10 â‚Ź[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L’attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les prĂ©fets honoraires, les anciens dĂ©putĂ©s ou sĂ©nateurs (les ministres et parlementaires en activitĂ© sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L’obtention d’une mĂ©daille d’or aux Jeux olympiques fait l'objet d'une promotion spĂ©ciale. L’armĂ©e obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien reprĂ©sentĂ©es sont les policiers, les pompiers, les Ă©lus, les hauts fonctionnaires et les reprĂ©sentants des cultes. Depuis le dĂ©cret du 21 novembre 2008[2] « la dignitĂ© de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercĂ© leurs fonctions durant deux annĂ©es au moins Â».

De plus, Ă  l’origine, les descendants de trois gĂ©nĂ©rations successives de dĂ©corĂ©s de la LĂ©gion d’honneur obtenaient ladite dĂ©coration par l’hĂ©rĂ©ditĂ©. Cette disposition, tombĂ©e en dĂ©suĂ©tude depuis, n’a cependant jamais Ă©tĂ© abolie.

FĂ©minisation de l'ordre

L'ordre est trĂšs majoritairement masculin.

Le 31 dĂ©cembre 2008, Yvette Farnoux devient la huitiĂšme femme Ă  obtenir la distinction suprĂȘme de grand-croix[3].


Villes décorées

Institutions décorées

La croix a Ă©tĂ© remise Ă©galement des rĂ©giments, des Ă©tablissements d’enseignement (du supĂ©rieur comme l'École des Mines de Paris[4], l’École Centrale Paris[5], l’École polytechnique, les Écoles Nationales d’Arts et MĂ©tiers (aujourd’hui Arts et MĂ©tiers ParisTech), l'École des Mines de Douai[6], l’École des chartes ou l’UniversitĂ© de Nancy, ou du secondaire comme le lycĂ©e Lalande de Bourg-en-Bresse, le lycĂ©e militaire d'Aix-en-Provence[7], ou le PrytanĂ©e national militaire de La FlĂšche), des communautĂ©s, des entreprises (dont la SNCF) et une association (la Croix-Rouge française).

La préfecture de police de Paris a été décorée de la Légion d'honneur par le général de Gaulle le 12 octobre 1944, suite à l'insurrection d'une partie de ses agents, le 19 août 1944, dans la caserne de la Cité. C'est la raison pour laquelle ses agents en tenue d'honneur portent la fourragÚre rouge, à l'épaule gauche, les jours de cérémonie.

Attributions aux Ă©trangers

La LĂ©gion d’honneur n’est pas rĂ©servĂ©e aux seuls Français : elle est aussi attribuĂ©e (hors contingent) Ă  des chefs d’État, Premiers ministres, membres de gouvernement, ambassadeurs ou artistes Ă©trangers lors de leur venue en France, et Ă  quiconque a servi les intĂ©rĂȘts de la France. Par exemple, le 19 fĂ©vrier 1999, le prĂ©sident de la RĂ©publique Jacques Chirac a remis l’insigne Ă  des anciens combattants amĂ©ricains de la PremiĂšre Guerre mondiale. Ainsi une polĂ©mique a Ă©clatĂ© concernant la dĂ©coration en 2006 de Vladimir Poutine, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration russe (2001-2008), comme grand-croix de la LĂ©gion d’honneur.

Description

L’insigne est une Ă©toile Ă  cinq rayons doubles Ă©maillĂ©s de blanc, les dix pointes boutonnĂ©es. L’étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliĂ©s par une couronne, d’argent ou de vermeil suivant le grade, Ă©maillĂ©e de vert et composĂ©e de feuilles de chĂȘne (Ă  droite) et de laurier (Ă  gauche) et dont les extrĂ©mitĂ©s infĂ©rieures, entrecroisĂ©es, sont attachĂ©es par un nƓud. Le centre de l’étoile prĂ©sente un mĂ©daillon en or avec une tĂȘte de CĂ©rĂšs de profil, symbolisant la RĂ©publique (de NapolĂ©on Ier sous les deux empires, d'Henri IV sous la Restauration et la monarchie de juillet et de Bonaparte, Consul, sous la deuxiĂšme rĂ©publique), entourĂ©e d’un cercle bleu, portant les mots : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. L’étoile est suspendue Ă  une couronne de feuilles (couronne impĂ©riale sous les deux empires et royale sous la Restauration et la monarchie de juillet), d’argent ou de vermeil suivant le grade, Ă©maillĂ©e de vert et composĂ©e de feuilles de chĂȘne (cette fois-ci Ă  gauche) et de laurier (cette fois-ci Ă  droite). Au revers, le mĂ©daillon d’or porte deux drapeaux tricolores avec l’inscription Honneur et Patrie (devise inchangĂ©e depuis la crĂ©ation de l'ordre) en exergue ainsi que la date de crĂ©ation de l’ordre : 29 florĂ©al An X.

L’insigne est suspendu Ă  un ruban rouge (que certains estiment peut-ĂȘtre hĂ©ritĂ© de l’ordre militaire de Saint-Louis). Il comporte une rosette pour les officiers. La dimension de l’insigne en vermeil des commandeurs, suspendu Ă  une cravate, est de moitiĂ© plus grande que celle des deux premiers grades. La cravate de commandeur se porte toujours seul autour du cou (ce qui n’est pas le cas des autres cravates de commandeurs français : MĂ©rite national, maritime, agricole, etc., qui peuvent ĂȘtre portĂ©s ensemble). Les grands officiers portent la croix d’officier accompagnĂ©e d'une plaque (vulgairement appelĂ©e « crachat Â») sur le cĂŽtĂ© droit de la poitrine. Les grands-croix portent la mĂȘme plaque, mais en vermeil, sur le cĂŽtĂ© gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en Ă©charpe, suspendue Ă  un large ruban rouge qui passe sur l’épaule droite.

En tenue civile, les chevaliers portent Ă  la boutonniĂšre un ruban rouge, les officiers une rosette rouge, les commandeurs une rosette rouge sur demi-nƓud en argent, les grands officiers une rosette rouge demi-nƓud moitiĂ© argent moitiĂ© or, et les grands-croix une rosette rouge sur demi-nƓud en or. Le demi-nƓud est familiĂšrement appelĂ© « canapĂ© Â».

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Rubans portés sur les uniformes militaires
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Chevalier
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Officier
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Commandeur
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Grand officier
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Grand-croix

Ordre

L'ordre de la Légion d'honneur, institué par la loi du 19 mai 1802 prise en application de l'article 87 de la Constitution de l'An VIII[8], est une communauté constituée de tous ses membres, dotée d'un nom, d'un sceau, d'un statut[9], d'un patrimoine, et d'une personnalité juridique de droit public.

Sa devise est Honneur et Patrie.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique est le grand maĂźtre de l’Ordre. Le grand collier (composĂ© de 16 anneaux en or massif) est remis au prĂ©sident par le grand chancelier, le jour de son investiture. On le voit sur les photos officielles puis il est dĂ©posĂ© au musĂ©e de la LĂ©gion d’honneur.

Le grand chancelier de la LĂ©gion d’honneur est choisi parmi les grands-croix par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Depuis 1969, il est nommĂ© pour six ans. Depuis le premier chancelier, LacĂ©pĂšde, seuls des militaires ont Ă©tĂ© nommĂ©s. Les responsabilitĂ©s du grand chancelier sont assez Ă©tendues : il a la charge de tous les problĂšmes liĂ©s aux dĂ©corations en France. C’est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des dĂ©corations Ă©trangĂšres. Il est Ă©galement grand chancelier de l’ordre national du MĂ©rite.

Le grand chancelier est assistĂ© d’un conseil rĂ©unissant des membres divers de la LĂ©gion, civils et militaires, Ă  partir du grade de commandeur.

La grande chancellerie est situĂ©e Ă  Paris dans le 7e arrondissement dans l’hĂŽtel de Salm, appelĂ© aujourd’hui palais de la LĂ©gion d’honneur. Ce palais abrite aussi le musĂ©e de la LĂ©gion d’honneur.

RĂ©cipiendaires de la LĂ©gion d’honneur

Maisons d’éducation de la LĂ©gion d’honneur

Principales autres décorations françaises

Dans le respect de l’ordre protocolaire de port des principales dĂ©corations françaises :

2. L’ordre de la LibĂ©ration,
3. La MĂ©daille militaire
4. L’ordre national du MĂ©rite,
5. La Croix de guerre 1914-1918,
6. La Croix de guerre 1939-1945
7. La Croix de guerre des TOE
8. La Croix de la Valeur militaire

9. La MĂ©daille de la RĂ©sistance
10. La MĂ©daille des ÉvadĂ©s
11. L’ordre des Palmes acadĂ©miques
12. L’ordre du MĂ©rite agricole
13. L’ordre du MĂ©rite maritime
14. L’ordre des Arts et des Lettres
etc.

Refus de la décoration

  • Le CurĂ© d’Ars, saint Jean-Marie Vianney, reçut la croix de chevalier de la LĂ©gion d’honneur en 1855, Ă  son insu : la demande en avait Ă©tĂ© faite par le sous-prĂ©fet de TrĂ©voux et le prĂ©fet de l’Ain. Il la refusa au motif que la croix ne rapporterait pas d’argent pour les pauvres. MalgrĂ© ce refus, la chancellerie de la LĂ©gion d’honneur lui envoya la croix sans demander l’argent. En dĂ©finitive, il ne la porta jamais mais elle fut posĂ©e sur son cercueil[10].
  • Jean Victor Marie Moreau se moquait de l’institution de la LĂ©gion d’honneur. Quelqu’un lui disait qu’on avait dessein de donner la croix, non-seulement Ă  ceux qui se seraient distinguĂ©s par la gloire des armes, encore Ă  ceux qui se seraient fait remarquer par leur mĂ©rite et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais demander la croix de commandeur de l’Ordre pour mon cuisinier, car il a un mĂ©rite supĂ©rieur dans l’art de la cuisine. Â» (O'Meara.)
  • Les collaborateurs du Canard enchaĂźnĂ© se sont donnĂ© depuis toujours comme rĂšgle de refuser les dĂ©corations, au premier rang desquelles la LĂ©gion d’honneur (Pierre Scize, journaliste, sera renvoyĂ© du journal en 1933 pour l’avoir acceptĂ©e).
  • Ils refusĂšrent la dĂ©coration : le dramaturge NĂ©pomucĂšne Lemercier refusant de prĂȘter serment Ă  l’Empereur et Ă  sa dynastie, La Fayette, le poĂšte Jean-François Ducis (qui prĂ©fĂ©rait « porter des haillons que des chaĂźnes Â»[11]), Mgr Maurice Jean Madeleine de Broglie, GĂ©rard de Nerval, Nadar, George Sand (qui Ă©crivit au ministre qui lui proposait la croix : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille cantiniĂšre ! Â»), HonorĂ© Daumier (qui dĂ©clara : « Je prie le gouvernement de me laisser tranquille ! Â»), LittrĂ©, Gustave Courbet, Guy de Maupassant, Maurice Ravel (qui refuse immĂ©diatement cette distinction, sans donner de justification), Pierre et Marie Curie (Pierre, Ă  qui l’on proposait la croix, rĂ©torqua simplement : « Je n’en vois pas la nĂ©cessitĂ© Â»), Claude Monet, Georges Bernanos[12], EugĂšne Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Antoine Pinay[13], Brigitte Bardot (qui est dĂ©corĂ©e en 1985 mais refuse d’aller la chercher), Catherine Deneuve, Claudia Cardinale.
  • Hector Berlioz, auquel l’État dĂ©sargentĂ© voulait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de verser les 3 000 francs promis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! Â».
  • Des poĂštes anarchistes comme Jacques PrĂ©vert, Georges Brassens qui en fit une chanson ou LĂ©o FerrĂ©, qui a brocardĂ© « ce ruban malheureux et rouge comme la honte Â».
  • GeneviĂšve de Fontenay, la prĂ©sidente du ComitĂ© Miss France qu’un sĂ©nateur de Savoie voulait proposer, l’a aussi refusĂ©e pour des raisons inverses : « C’est vraiment dĂ©sacraliser le ruban que de le distribuer Ă  n’importe qui
 comme des mĂ©dailles en chocolat. Â»
  • DistinguĂ© fin dĂ©cembre 1997, l’écrivain Bernard Clavel a fait savoir qu’il refusait de recevoir la LĂ©gion d’honneur, prĂ©fĂ©rant rester « dans le clan de ceux qui l’ont refusĂ©e Â». Il a ajoutĂ© que son oncle Charles Clavel l’avait reçue parce qu’il avait abondamment versĂ© son sang pour son pays dans une terrible guerre : « Je pense qu’il se retournerait dans sa tombe en me voyant porter le mĂȘme ruban que lui. Â» C’est Ă©galement le cas de Philippe SĂ©guin, dont le pĂšre fut dĂ©corĂ© de la LĂ©gion d’honneur Ă  titre posthume lors de la Seconde Guerre mondiale[rĂ©f. nĂ©cessaire].
  • En 1949, le MinistĂšre de l'Éducation nationale propose la dĂ©coration Ă  Marcel AymĂ©. La rĂ©ponse donnĂ©e par l'Ă©crivain est restĂ©e cĂ©lĂšbre. Il termine son article par ces mots : « ... pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir Ă  refuser d'aussi dĂ©sirables faveurs, ce qui me cause nĂ©cessairement une grande peine, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur lĂ©gion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs Ă©lysĂ©ens.[14] Â»
  • Le sculpteur rĂ©sistant RenĂ© IchĂ©, dĂ©corĂ© comme chevalier pour 1914-1918, refusa la promotion d’officier en 1947 estimant que cette dĂ©coration perdait tout sens s’il la recevait en tant qu’artiste ou en tant que rĂ©sistant pionnier de 1940.
  • Certaines personnes choisissent d’accepter la dĂ©coration mais refusent de la porter, par exemple Jean d'Ormesson, de l’AcadĂ©mie française qui dĂ©clarait : « Les honneurs, je les mĂ©prise, mais je ne dĂ©teste pas forcĂ©ment ce que je mĂ©prise Â»[15].
  • Erik Satie Ă©crit Ă  propos du refus de la dĂ©coration par Maurice Ravel : « Ravel refuse la LĂ©gion d'honneur, mais toute sa musique l'accepte. Â»[16]
  • De mĂȘme, lorsque Aragon la refuse, Jacques PrĂ©vert, feignant la sĂ©vĂ©ritĂ©, lui dit : « C’est trĂšs bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir mĂ©ritĂ©e. Â»
  • Edmond Maire la refusa en dĂ©clarant « Ce n’est pas Ă  l’État de dĂ©cider ce qui est honorable ou pas. Â»[17]
  • Le 16 octobre 2006, le prĂ©sident de l’Organisation d’Éducation supĂ©rieure turque et ancien recteur de l’universitĂ© Galatasaray, Prof. Erdogan Teziç, a rendu la LĂ©gion d’honneur qu’il avait reçue le 17 septembre 2004 pour protester contre l’adoption de la loi par l’AssemblĂ©e nationale française visant Ă  pĂ©naliser la nĂ©gation du gĂ©nocide armĂ©nien.
  • Le 2 janvier 2009, MichĂšle Audin, mathĂ©maticienne, fille du mathĂ©maticien Maurice Audin, refuse le grade de chevalier de la LĂ©gion d'honneur au motif de l'absence de rĂ©ponse du prĂ©sident Sarkozy Ă  la lettre ouverte envoyĂ©e par sa mĂšre demandant que soit Ă©clairci le mystĂšre de la disparition de son mari et que la France assume sa responsabilitĂ©[18].
  • Le 5 janvier 2009, les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncĂ© refuser la dĂ©coration. « Rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester Ă  l’écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l’obligation de refuser cette distinction. Â»[19],[20]

Retrait de la décoration

La radiation de l’Ordre peut intervenir comme sanction ultime en cas d’atteinte Ă  l’honneur ou Ă  la dignitĂ©, Ă  la suite d’une procĂ©dure disciplinaire au cours de laquelle l’intĂ©ressĂ© est appelĂ© Ă  faire valoir sa dĂ©fense. Cette radiation, qui vaut retrait de la dĂ©coration, est automatique en cas de condamnation Ă  une peine d’emprisonnement d’un an et plus pour crime ou en cas de dĂ©chĂ©ance de la nationalitĂ© française[21]. Ce fut le cas de Maurice Papon qui, bien que s’étant vu retirer cette dĂ©coration, a nĂ©anmoins tenu Ă  ĂȘtre enterrĂ© avec[22]. Jean-Claude Labourdette a Ă©tĂ© Ă©galement exclu de la lĂ©gion d'honneur aprĂšs sa condamnation en 1994 pour un trafic d'armes au Liban.

Anecdote

En 1981, le gĂ©nĂ©ral d’armĂ©e Alain de Boissieu, grand chancelier de la LĂ©gion d’honneur depuis 1975, dĂ©missionne avec fracas de la chancellerie pour ne pas avoir Ă  remettre, comme cela est la tradition pour tout prĂ©sident Ă©lu, le collier de grand maĂźtre de l’Ordre Ă  François Mitterrand, parce que ce dernier avait par le passĂ© traitĂ© Charles de Gaulle (dont le gĂ©nĂ©ral de Boissieu Ă©tait le gendre) de « dictateur Â»[23],[24].

Citations

  • « En France, le deuil des convictions se porte en rouge et Ă  la boutonniĂšre Â», Jules Renard, Journal.
  • « Si on voulait me donner la lĂ©gion d’honneur, j’irais la chercher en slip pour qu’ils ne sachent pas oĂč la mettre Â», Coluche
  • « La LĂ©gion d’honneur, ça ne se demande pas, ça ne se refuse pas et ça ne se porte pas Â» François Mauriac
  • « La lĂ©gion d’honneur est comme une maladie contagieuse : seuls ceux qui l’ont dĂ©jĂ  peuvent vous la confĂ©rer Â», Gilbert Cesbron
  • « Demander la LĂ©gion d’honneur au gouvernement, c’est une politesse Ă  lui faire Â», Emile Bergerat, Souvenirs d’un enfant de Paris
  • « La LĂ©gion d’honneur de Lyon ? La rosette ! Â», Boris Vian
  • « C’est avec ces hochets qu’on mĂšne les hommes Â», NapolĂ©on Ier
  • « La lĂ©gion d’honneur, c’est comme les hĂ©morroĂŻdes, aujourd’hui n’importe quel cul peut l’avoir. Â», Jean Yanne
  • « La blaguer mais la convoiter. Quand on l'obtient, toujours dire qu'on ne l'a pas demandĂ©e. Â», Gustave Flaubert qui reçut la distinction en 1866

Musée de la Légion d'honneur

Article dĂ©taillĂ© : Palais de la LĂ©gion d'honneur.

Fabricant historique

Maison Arthus-Bertrand, à Saint-Germain-des-Prés (Paris).

Unités militaires

Notes et références

  1. ↑ Les nominations et promotions au bĂ©nĂ©fice des mutilĂ©s de guerre interviennent en dehors de tout contingent.
  2. ↑ DĂ©cret n° 2008-1202 du 21 novembre 2008 modifiant le code de la LĂ©gion d'honneur et de la mĂ©daille militaire, paru au Journal officiel du 22 novembre 2008 (texte 1).
  3. ↑ [1]
  4. ↑ DĂ©coration remise par le prĂ©sident de la RĂ©publique Albert Lebrun le 29 Juin 1933.
  5. ↑ DĂ©coration remise par le prĂ©sident de la RĂ©publique Paul Doumergue le 26 mai 1929 Ă  l’occasion du centenaire de l’École Centrale des Arts et Manufactures, couramment appelĂ©e École centrale Paris.
  6. ↑ DĂ©coration remise par Paul Ramaider le 5 dĂ©cembre 1937.
  7. ↑ Bulletin d'information sociale de la DĂ©fense, janvier 2008, page 21, voir ce site consultĂ© le 28 fĂ©vrier 2009.
  8. ↑ "Article 87. - Il sera dĂ©cernĂ© des rĂ©compenses nationales aux guerriers qui auront rendu des services Ă©clatants en combattant pour la RĂ©publique"
  9. ↑ Les 80 dĂ©crets, arrĂȘtĂ©s pris depuis 1802 ont Ă©tĂ© fondus dans le DĂ©cret no 62-1472 du 28 novembre 1962 pour former le Code de la LĂ©gion d'honneur et de la mĂ©daille militaire.
  10. ↑ Dans Le CurĂ© d’Ars, Mgr Francis Trochu, 1925.
  11. ↑ France Phaleristique
  12. ↑ qui la refusa à quatre reprises
  13. ↑ qui considĂ©rait « qu’il n’y avait rien au-dessus de sa MĂ©daille Militaire gagnĂ©e au feu durant la guerre 1914-1918 Â»
  14. ↑ Le Crapouillot, 1950
  15. ↑ Sur le site Evene.fr [2]
  16. ↑ Le Coq, n°1, avril 1920 (in Écrits, Ă©d. Champ libre, 1977)
  17. ↑ Le Canard enchaĂźnĂ©, 9 janvier 2008
  18. ↑ Lettre de Michùle Audin à Nicolas Sarkozy, Mediapart.
  19. ↑ LibĂ©ration, 5 janvier 2009|http://www.liberation.fr/societe/0101309559-francoise-fressoz-et-marie-eve-malouines-refusent-la-legion-d-honneur
  20. ↑ [pdf] DĂ©cret du 31 dĂ©cembre 2008 portant promotion et nomination, oĂč figurent Françoise Fressoz et Marie-Ève Malouines, au Journal officiel
  21. ↑ Articles R90 et R91 du Code de la lĂ©gion d'honneur et de la mĂ©daille militaire
  22. ↑ À cet Ă©gard, les autoritĂ©s publiques ont laissĂ© se dĂ©rouler la cĂ©rĂ©monie selon les vƓux des partisans du dĂ©funt [3]
  23. ↑ BOISSIEU Alain (de) (France)
  24. ↑ Revue-republicaine.fr | Alain de Boissieu, au service de la France et du GĂ©nĂ©ral

Bibliographie

  • NapolĂ©on et la LĂ©gion d'honneur, La PhalĂšre (revue europĂ©enne d'histoire des ordres et dĂ©corations), no 1, 2000, 341 p.
  • Le MĂ©rite et la RĂ©publique. Essai sur la sociĂ©tĂ© des Ă©mules, Olivier Ihl - Gallimard, 2007

Liens externes

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