PRENDRE

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PRENDRE
v. tr.

Saisir, mettre en sa main. Prendre un livre. Prendre une Ă©pĂ©e. Prendre une pierre. Prendre une plume. Prendre un bĂąton. Prendre la main, le bras, l’oreille Ă  quelqu’un. Prendre quelqu’un par la main. Prendre un cheval par la bride.

Prendre les armes, S’armer, soit pour combattre, soit. pour faire l’exercice, ou pour rendre des honneurs militaires à quelqu’un. Les soldats ont eu ordre de prendre les armes.

On ne sait par oĂč le prendre, se dit d’un Malade dont tout le corps est douloureux; et, figurĂ©ment, d’un Homme trĂšs susceptible, trĂšs irritable. On le dit encore figurĂ©ment et dans un sens opposĂ©, en parlant d’un Homme qui ne paraĂźt sensible Ă  rien, touchĂ© de rien.

Prendre d’une chose Ă  pleine main, En prendre Ă  poignĂ©e autant que la main peut en contenir.

Fig., Prendre Ă  pleines mains, Ă  toutes mains, de toutes mains, se dit des Gens avides qui ne laissent Ă©chapper aucune occasion de s’enrichir.

Fig., Prendre une affaire en main, S’en charger pour la diriger, pour la conduire. On dit Ă  peu prĂšs de mĂȘme dans le style soutenu : Prendre en main le timon des affaires, les rĂȘnes de l’état, etc.

Fig., Prendre en main le droit, les intĂ©rĂȘts de quelqu’un, Soutenir ses droits, ses intĂ©rĂȘts. Aux jeux de Paume et de Tennis, Prendre la balle de volĂ©e, Ă  la volĂ©e, La relancer sans qu’elle ait touchĂ© terre. Prendre la balle au bond, La relancer alors qu’ayant touchĂ© terre elle rebondit.

Fig., Prendre la balle au bond, Saisir vivement et Ă  propos une occasion favorable. On dit aussi figurĂ©ment Prendre l’occasion aux cheveux.

Fig. et fam., Prendre la clef des champs, S’en aller, s’évader, s’enfuir. On dit familiĂšrement, dans le mĂȘme sens : Prendre la poudre d’escampette.

Fig. et fam., Prendre le taureau par les cornes, Aborder de front une difficulté, ne pas biaiser.

Fig. et ironiquement, Il semble qu’il n’y ait qu’à se baisser et Ă  prendre, se dit d’une Chose qui paraĂźt aisĂ©e et qui ne l’est point.

PRENDRE signifie aussi Saisir une chose, l’enlever, la tirer à soi autrement qu’avec la main. Prendre quelqu’un dans ses bras. Prendre quelque chose avec les dents. Prendre du feu sur une pelle. Prendre de l’encre avec une plume.

Par exagĂ©ration, il n’est pas Ă  prendre avec des pincettes, Il est extrĂȘmement sale. Il signifie aussi figurĂ©ment : Il est d’humeur trĂšs dĂ©sagrĂ©able.

Fig. et fam., C’est vouloir prendre la lune avec les dents, C’est vouloir faire une chose impossible.

Fig. et fam., Prendre ses jambes à son cou, Se sauver précipitamment.

PRENDRE se dit aussi des Animaux qui saisissent les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc. Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu’il veut prendre ensuite avec son bec.

Prendre le mors aux dents. Voyez MORS.

PRENDRE se dit en parlant des Habits, des vĂȘtements, et signifie Mettre sur soi. Vous avez pris aujourd’hui un vĂȘtement bien lĂ©ger. Il a pris des gants fourrĂ©s. Il a pris son habit de cĂ©rĂ©monie.

Prendre le deuil, S’habiller de noir Ă  l’occasion de la mort de quelque personne. Prendre l’habit de religieux, de religieuse ou simplement Prendre l’habit, Entrer au noviciat, dans un monastĂšre. Prendre le voile se dit, dans le mĂȘme sens, des Religieuses.

Fam., Prendre le froc, Prendre la robe, Se faire moine. Prendre le petit collet, Entrer dans l’état ecclĂ©siastique. Prendre le bonnet, Se faire recevoir docteur. Prendre la haire, Embrasser une vie pĂ©nitente. Prendre la livrĂ©e, Se faire laquais. Ces locutions vieillissent.

Prendre la perruque ou Prendre perruque, Commencer Ă  porter perruque.

PRENDRE signifie aussi Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne, son épée, son chapeau. Il a pris son fusil et il est allé à la chasse.

Il signifie aussi Emporter en cachette ou de force, ĂŽter Ă  quelqu’un ce qu’il possĂšde, le lui dĂ©rober. On lui a pris sa bourse, sa montre, tout ce qu’il possĂ©dait. Ils lui ont pris jusqu’à sa chemise.

Il se dit aussi des Animaux. Ce chien a pris un poulet sur la table.

PRENDRE signifie aussi S’emparer, se saisir par force d’une chose ou d’une personne. Il a pris l’arme de son adversaire. Prendre quelqu’un au collet, Ă  la gorge, par le bras, Ă  bras- le-corps. Il voulait rĂ©sister, on l’a pris de force.

Prendre de force ou par force une fille, une femme, Attenter par violence Ă  son honneur.

En termes de Jeu, Prendre une carte, Faire la levée. Je prends votre dame avec mon roi. Absolument, Je prends et je joue.

PRENDRE se dit aussi des LevĂ©es d’hommes. Il a Ă©tĂ© pris pour le service militaire.

Dieu l’a pris se dit de Quelqu’un qui est mort.

PRENDRE signifie aussi ArrĂȘter quelqu’un pour le conduire en prison. Ce voleur s’est enfin laissĂ© prendre. La gendarmerie a dĂ©jĂ  pris deux de ces bandits.

Prov. et fig., SitĂŽt pris, sitĂŽt pendu. Voyez PENDRE.

PRENDRE se dit aussi en parlant de Ceux que l’on fait prisonniers à la guerre on du Butin de guerre. On a pris à l’ennemi quinze cents hommes, deux drapeaux, dix canons.

Fig. et fam., C’est autant de pris sur l’ennemi, C’est toujours avoir obtenu quelque avantage, avoir tirĂ© quelque parti d’une mauvaise affaire. On dit de mĂȘme absolument : C’est toujours autant de pris.

PRENDRE se dit encore en parlant des Places dont en se rend maĂźtre par la force des armes ou autrement. Prendre une ville, une forteresse. On a pris cette ville d’assaut. Cette place a Ă©tĂ© prise de vive force, et cette autre par la famine.

Il signifie aussi Attraper Ă  la chasse ou Ă  la pĂȘche. Prendre un sanglier. Nous avons chassĂ© tout le jour sans rien prendre. Prendre des oiseaux Ă  la pipĂ©e, au trĂ©buchet. Prendre des loups, des renards au piĂšge. Prendre un liĂšvre au gĂźte. Cet oiseau s’est laissĂ© prendre Ă  la main. On a pris beaucoup de poisson. Nous avons pris tant de carpes d’un coup de filet. Prendre un poisson Ă  la ligne, Ă  l’hameçon.

Il se dit aussi des Animaux qui en poursuivent d’autres et les saisissent. Mon chien a pris deux liĂšvres. Ses chiens n’ont rien pris de la journĂ©e.

Fig. et fam., Se laisser prendre au piĂšge, Ă  l’hameçon, Se laisser tromper. On dit dans le mĂȘme sens : Ne vous laissez pas prendre Ă  ses paroles, Ă  sa feinte douceur.

Fig. et fam., Cette femme l’a pris dans ses filets, Cette femme l’a sĂ©duit, s’est rendue maĂźtresse de son esprit, de son coeur.

Fig. et fam., Prendre quelqu’un au trĂ©buchet, L’engager par adresse, par de belles apparences, Ă  faire une chose qui lui est dĂ©savantageuse, ou qui est contraire Ă  ce qu’il avait rĂ©solu. Il est vieux.

Prov., On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, On ne gagne pas les gens en les rudoyant.

PRENDRE signifie figurĂ©ment S’emparer de quelqu’un, gagner quelqu’un en s’attaquant Ă  son esprit, Ă  son coeur, Ă  ses sens. Il le prit par les sentiments. Elle le prit par les yeux. Il le prit par son propre intĂ©rĂȘt.

Prendre quelqu’un par son faible, Toucher, flatter son inclination favorite.

Savoir prendre quelqu’un, Connaütre les moyens par lesquels on peut agir sur lui. Quand on sait le prendre, on en fait tout ce que l’on veut.

PRENDRE signifie aussi Surprendre. Je l’ai pris Ă  voler des fruits dans votre jardin. Prendre quelqu’un au dĂ©pourvu. Je vous y prends. On vous y prend. Il promit qu’on ne l’y prendrait plus. Tout le monde y aurait Ă©tĂ© pris.

Prendre quelqu’un sur le fait, Le surprendre dans le temps mĂȘme oĂč il fait une action qu’il voulait cacher. On dit dans le mĂȘme sens Prendre quelqu’un en flagrant dĂ©lit.

Prendre quelqu’un en faute, Le surprendre au moment oĂč il commet une faute.

Fig., Prendre quelqu’un la main dans le sac, Le surprendre au moment oĂč il commet un vol ou quelque infidĂ©litĂ© en affaire d’intĂ©rĂȘt, en sorte qu’il ne puisse nier sa culpabilitĂ©.

Fig. et fam., Prendre quelqu’un sans vert, Le prendre au dĂ©pourvu. Voyez VERT.

Fig., Prendre quelqu’un au pied levĂ©, Vouloir l’obliger Ă  faire quelque chose sur-le-champ.

Il signifie aussi Lui poser une question inattendue, sans lui donner le temps de se reconnaĂźtre.

Fam., Prendre quelqu’un au saut du lit, L’aller trouver dùs le matin, afin de ne pas le manquer.

L’orage, la pluie nous prit en chemin, Nous surprit en chemin.

La fiĂšvre l’a pris tel jour, Tel jour il a Ă©tĂ© atteint de la fiĂšvre, il a commencĂ© d’avoir la fiĂšvre. On dit de mĂȘme L’accĂšs le prit Ă  telle heure. On dit de mĂȘme La frayeur, la colĂšre, l’ennui, l’enthousiasme, etc., le prit.

PRENDRE signifie aussi Attaquer, aborder. Prendre une armĂ©e de flanc. Prendre son ennemi par derriĂšre. Prendre quelqu’un en traĂźtre, en trahison.

Il se dit aussi en parlant des Aliments, des boissons, des mĂ©dicaments solides ou liquides, et signifie Manger, boire, avaler, absorber. Prendre deux repas par jour. Prendre des aliments. Prendre un bouillon, un verre de vin. Je n’ai rien pris de la journĂ©e. Ne sortez pas sans avoir pris quelque chose. Prendre un mĂ©dicament. Prendre mĂ©decine. Prendre de la tisane, une tasse de thĂ©.

Prendre du poison, S’empoisonner.

PRENDRE se dit aussi en parlant de Certaines choses autres que les aliments ou les boissons, et dont on fait usage pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un lavement. Prendre un bain, une douche, un tub.

Prendre l’air, Sortir d’un lieu oĂč l’on Ă©tait enfermĂ© pour aller dans un endroit dĂ©couvert; et, par extension, Sortir de la ville pour aller passer quelque temps Ă  la campagne. Il signifie, figurĂ©ment et familiĂšrement, S’évader. On voulut l’arrĂȘter, mais il avait pris l’air.

Prendre le frais, Respirer la fraücheur de l’air.

Prendre du repos, Cesser de travailler, d’agir, se reposer.

Dans les Maisons religieuses, Prendre la discipline, Se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Maladies dont on est atteint par contagion. Il a pris la peste, la fiùvre jaune, le typhus. C’est d’un tel qu’il a pris la grippe.

Il se dit aussi de Certaines conditions du corps. Il prend de l’embonpoint. Il prend du ventre. Prendre des forces.

Prendre chair, S’incarner.

Prendre de l’ñge, Avancer en Ăąge, vieillir. On dit, en parlant des Chevaux qui entrent dans leur quatriĂšme, dans leur cinquiĂšme annĂ©e Ce cheval prend quatre ans, cinq ans.

Prendre une posture, une attitude, Placer son corps d’une certaine maniĂšre. Il prit une attitude imposante. Vous avez pris une posture bien gĂȘnante.

En parlant d’un Cheval, Prendre le trot, le galop, Se mettre à trotter, à galoper. Ce cheval a pris le galop tout à coup.

Prendre son Ă©lan, Se donner un certain mouvement du corps en courant, pour s’élancer ensuite avec plus de force. Il a sautĂ© le fossĂ© sans prendre son Ă©lan.

Fig., Prendre son vol, son essor, se dit de Quelqu’un qui commence Ă  faire carriĂšre, Ă  rĂ©ussir.

PRENDRE signifie aussi Contracter, adopter. Il prend de mauvaises habitudes. Il a pris un ton insupportable, des maniÚres ridicules, des airs impertinents. Il prit un ton sévÚre, un air sévÚre pour lui parler. Prendre un goût, une odeur, une couleur, une consistance.

Fam., Cet homme prend des airs, prend de certains airs, Il affecte des maniĂšres, un ton qui ne lui conviennent point.

Cette affaire prend un bon tour, un mauvais tour, Au cours qu’elle prend, il y a lieu de prĂ©sumer qu’elle rĂ©ussira, qu’elle ne rĂ©ussira pas. On dit plutĂŽt aujourd’hui : Cela prend une bonne, une mauvaise tournure.

Prendre la fuite, S’enfuir.

Prendre de l’avance, Gagner du terrain. Il signifie figurĂ©ment Arriver Ă  ĂȘtre en avance dans son travail.

Prendre la libertĂ© de faire une chose, Prendre sur soi de la faire. Il s’emploie ordinairement par civilitĂ©. J’ai pris la libertĂ© de vous Ă©crire.

Prendre des libertĂ©s, Agir trop librement, peu dĂ©cemment avec quelqu’un. Il prend avec vous d’étranges libertĂ©s. Il se dit particuliĂšrement d’Actions, de gestes trop libres auprĂšs des femmes. On dit de mĂȘme : Prendre des licences, des privautĂ©s.

Ce vĂȘtement, cette Ă©toffe a pris son pli, Les plis qui y sont y demeureront toujours.

Fig., Cet homme a pris son pli, Il a contracté des habitudes difficiles à détruire, il est incorrigible. Ce jeune homme a pris un bon pli, un mauvais pli; Il est déjà tout formé aux habitudes du bien ou du mal.

Prendre le sel se dit en parlant des Viandes qu’on sale et signifie Se pĂ©nĂ©trer de sel. La viande prend mieux le sel quand elle est fraĂźche.

Prendre l’eau, S’imprĂ©gner d’eau. Ces souliers prennent l’eau. Son bateau prend l’eau.

PRENDRE se dit encore en parlant de Titres, de qualitĂ©s, de noms, que l’on se donne, que l’on emploie en parlant de soi. Il prit le titre de comte. Il prit un nom qui ne lui appartenait pas.

PRENDRE signifie aussi AcquĂ©rir, acheter. Je prendrai tout Ă  six francs piĂšce. Vous en demandez trop cher : je ne le prendrai pas. Je lui ai pris en bloc, en gros toute sa marchandise. Si vous voulez me donner ce drap Ă  tel prix, j’en prendrai dix piĂšces. Absolument, C’est Ă  prendre ou Ă  laisser.

Il se dit aussi en parlant du Prix qu’on demande, qu’on perçoit pour quelque chose que ce soit. Ce marchand prend vingt francs du mĂštre de ce drap. On m’a pris mille francs pour ce travail. Il n’a rien voulu prendre pour sa peine. On prend tant de droit d’entrĂ©e sur cette denrĂ©e. On prend tant sur chaque barrique de vin, pour chaque boeuf.

Il signifie encore Recevoir, accepter. Rien n’avait Ă©tĂ© convenu entre nous : il a pris ce que je lui ai donnĂ©. Prenez ceci Ă  compte sur ce qui vous revient. Ce train prend des voyageurs de toutes classes.

Prendre les choses comme elles viennent, Les recevoir avec indiffĂ©rence, sans se mettre en peine des suites qu’elles peuvent avoir. Prendre les hommes comme ils sont, S’en accommoder, quelle que soit leur humeur, leur caractĂšre. Prendre le temps comme il vient, Ne s’inquiĂ©ter de rien, s’accommoder Ă  tous les Ă©vĂ©nements.

Prendre lĂ©gĂšrement quelque chose, S’en accommoder sans y attacher grande importance.

Prendre des leçons, Recevoir des leçons. Il prend aujourd’hui sa premiùre leçon de philosophie.

Prendre l’ordre, Recevoir l’ordre de celui qui doit le donner. On dit plutĂŽt dans le mĂȘme sens : Prendre les ordres de quelqu’un.

PRENDRE signifie aussi Emprunter, tirer de. il a pris cela dans CicĂ©ron, dans Virgile. Il a pris l’idĂ©e de cette tragĂ©die dans un vieux roman. C’est un mot que nous avons pris du latin. Cette ville a pris son nom du fleuve qui la traverse.

Fam., OĂč avez-vous pris cela? Qui vous a dit cette nouvelle? qui vous fait avoir cette pensĂ©e? On dit de mĂȘme : OĂč avez-vous pris que le voulais, que je voulusse vendre ma maison? OĂč va-t-il prendre tout ce qu’il dit?

PRENDRE se dit aussi en parlant des Personnes que l’on engage, ou avec lesquelles on s’engage, sous certaines conditions. Prendre un domestique, une femme de chambre, une cuisiniĂšre, un chauffeur, etc. Prendre un ouvrier, des ouvriers Ă  la tĂąche, Ă  la journĂ©e. Prendre un garçon de magasin, un employĂ©. Prendre un prĂ©cepteur, une gouvernante pour ses enfants. Prendre un apprenti. Prendre un associĂ©.

Prendre une femme, Choisir une femme et l’épouser. Il a pris une femme dont on ne saurait dire trop de bien.

Prendre femme, Se marier. Il a pris femme Ă  quarante ans.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Personnes que l’on va joindre en quelque endroit, pour se rendre ailleurs avec elles. J’irai vous prendre Ă  deux heures prĂ©cises. Il est venu me prendre pour aller au thĂ©Ăątre. Je vous prendrai en passant. Je vous ramĂšnerai oĂč je vous ai pris.

Il signifie aussi Emmener avec soi. Le capitaine prit trente hommes pour faire cette reconnaissance.

Il se dit encore en parlant des Personnes que l’on recueille, Ă  qui on donne l’hospitalitĂ©. Je l’ai pris chez moi. Il eut la bontĂ© de prendre chez lui toute cette famille.

PRENDRE signifie aussi ĂŽter, retirer, retrancher une partie d’un tout. Prendre dix mille francs sur une succession. On prendra cette somme, cette dĂ©pense sur tel fonds. Il a pris mille francs d’avance sur son traitement. J’ai pris la moitiĂ©, le quart de cette somme. Il a pris sa part de la rĂ©colte.

Fam., Il a pris sa bonne part de la fĂȘte, du plaisir, Il y a beaucoup participĂ©, il s’est fort amusĂ©.

Intransitivement, Prendre sur sa nourriture, sur sa dĂ©pense, sur son nĂ©cessaire, etc., Retrancher de sa nourriture, de sa dĂ©pense ordinaire, etc., pour subvenir Ă  autre chose. Il prend sur son nĂ©cessaire pour donner aux pauvres. On dit de mĂȘme : Prendre sur son sommeil pour travailler.

PRENDRE signifie aussi Se charger d’une chose, entrer en possession, en jouissance d’une chose Ă  certaines conditions. Prendre une somme en dĂ©pĂŽt. Prendre des terres Ă  terme. Prendre un logement, un appartement Ă  loger, ou simplement, Prendre un logement, un appartement. J’ai pris une chambre, un pied-Ă -terre dans cette maison.

Prendre une affaire Ă  ses risques et pĂ©rils, S’en charger pour son compte, sans garantie, et en risquant mĂȘme d’y perdre.

Prendre une affaire à forfait, S’en charger pour un prix convenu, qu’il y ait de la perte ou du gain.

Prendre un ouvrage Ă  la tĂąche, S’en charger Ă  raison de tant pour tel ou tel travail, pour telle ou telle quantitĂ©.

Prendre une somme Ă  intĂ©rĂȘt, L’emprunter Ă  condition d’en payer les intĂ©rĂȘts.

Prendre un intĂ©rĂȘt dans une affaire, dans une entreprise, Contribuer de ses fonds Ă  une affaire, Ă  une entreprise dont on partagera le profit ou la perte.

Prendre quelqu’un sous sa protection, Se charger de le protĂ©ger, de le dĂ©fendre.

Prendre un engagement, Contracter un engagement.

Prendre quelque chose sur soi, En rĂ©pondre, s’en charger; Faire quelque chose de son chef, sans y ĂȘtre autorisĂ©. Cela passe un peu mes pouvoirs, mais je le prends sur moi. Ne vous inquiĂ©tez pas, je prends cela sur moi, je prends tout sur moi. Je prends sur moi de le faire. Je prends sur moi la faute, J’en accepte la responsabilitĂ©.

Prendre sur soi signifie aussi, intransitivement, Se retenir, se faire violence, se contraindre. J’ai pris sur moi pour ne pas lui rĂ©pondre. Cet homme Ă©tait d’un caractĂšre emportĂ©, il a compris la nĂ©cessitĂ© de prendre sur lui.

Prendre trop sur soi, Se surcharger, vouloir faire plus qu’on ne peut.

En termes militaires, Prendre ses quartiers d’hiver, S’établir dans ses quartiers d’hiver. Il se dit aussi de Quelqu’un qui s’installe dans l’endroit oĂč il compte passer l’hiver.

PRENDRE signifie aussi Choisir, préférer, adopter de préférence, se décider pour. Je ne veux point de cette étoffe, je prends celle-ci. Je ne sais quel livre prendre. Vous avez à choisir, que prendrez-vous? Il faut prendre du plus beau bois pour faire ce meuble. Il a pris là un métier fort rude. Vous prenez le bon parti, le bon moyen.

Prendre le haut bout, Choisir la place la plus honorable.

Prendre des mesures, prendre ses mesures, Employer des moyens pour faire réussir une chose. Cet homme a réussi dans son dessein, il avait bien pris ses mesures. Prendre de bonnes, de justes mesures. Prendre de fausses mesures.

Prendre ses précautions, ses sûretés, Prendre les moyens nécessaires pour ne pas tomber dans un danger, pour ne pas éprouver un dommage.

Prendre une rĂ©solution, une dĂ©termination, Se rĂ©soudre, se dĂ©cider Ă  quelque chose. On dit dans le mĂȘme sens Prendre un parti.

Prendre son parti, Se rĂ©soudre, se dĂ©cider, choisir un moyen, un expĂ©dient dans une affaire difficile et douteuse. Il est quelquefois nĂ©cessaire de prendre son parti sur-le-champ. Il signifie aussi Prendre son extrĂȘme et derniĂšre rĂ©solution. Il est inutile de lui parler davantage de cette affaire, il a pris son parti.

Prendre son parti, en prendre son parti, Se rĂ©signer Ă  ce qui doit arriver. Voyant qu’il ne pouvait pas guĂ©rir, il prit son parti et se disposa Ă  la mort.

Prendre les ordres, Entrer dans les ordres.

Prendre jour, prendre date, Choisir un jour, une date. Nous avons pris jour pour régler cette affaire.

PRENDRE se dit particuliĂšrement de Ceux qui voyagent, qui cheminent, et signifie Choisir une route, un chemin, s’y mettre en marche. Vous avez pris la route la plus longue, la plus courte. Prendre la voie de terre. Prenez ce chemin, cette rue, ce sentier. Il a pris le chemin de l’église. Prenez la premiĂšre rue, la seconde rue Ă  droite, Ă  gauche.

Prendre la file, Suivre la file.

Prendre le plus long ou le plus court ou, intransitivement, Prendre par le plus long ou par le plus court, S’engager dans le chemin le plus long ou le plus court.

Prendre sa droite, sa gauche, Se porter sur le cĂŽtĂ© de la route que l’on a Ă  sa droite, Ă  sa gauche.

Intransitivement, Prendre Ă  droite, Ă  gauche, Entrer dans le chemin qui est Ă  droite, Ă  gauche. Prenez par ici, par lĂ , Allez par ce chemin-ci, par ce chemin-lĂ .

Intransitivement, Prendre à travers champs à travers les terres labourées, Aller directement, sans suivre de chemin frayé.

Prendre le chemin de fer, prendre le train, Prendre le paquebot, Aller par le chemin de fer, par le train, par le paquebot. On dit dans le mĂȘme sens : Prendre un cheval, une voiture, un bateau, une automobile, un avion.

Fig., Prendre la bonne voie, la mauvaise voie, Se porter au bien, se porter au mal. Il signifie aussi Se servir de bons ou de mauvais moyens pour faire rĂ©ussir quelque affaire. Il a pris une bonne voie, une mauvaise voie pour parvenir Ă  son but. On dit dans le mĂȘme sens : Prendre les voies de la douceur, de la rigueur, etc. La voie que vous prenez n’est pas bonne, n’est pas honnĂȘte.

Fig., Prendre le chemin de se ruiner, de faire fortune, Faire ce qu’il faut pour se ruiner, pour s’enrichir. Il veut faire fortune, il n’en prend pas le chemin.

Prendre les devants, prendre le devant, Partir avant quelqu’un; et, figurĂ©ment, Le prĂ©venir, le devancer, le gagner de vitesse dans une affaire.

Prendre le pas sur quelqu’un, Passer devant lui pour. le prĂ©cĂ©der. Prendre le pas s’emploie aussi figurĂ©ment et signifie Passer avant. L’ambition a pris le pas sur ses autres passions.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Ă©toffes, pour marquer la Façon dont on les coupe, dont on les emploie. Le tailleur a mal pris cette Ă©toffe. Prendre une Ă©toffe de droit fil, de biais. Prendre une Ă©toffe du bon, du mauvais cĂŽtĂ©, du bon, du mauvais biais. Il se dit aussi en parlant de Viandes que l’on dĂ©coupe. Vous coupez mal ce morceau; vous n’avez pas pris le sens.

Fig., Prendre une affaire Ă  contre-poil, La prendre dans un sens contraire Ă  celui qui serait convenable.

Fig., Prendre bien, prendre mal une affaire, L’engager, la conduire bien ou mal. Il a mal pris son affaire, voici comme il fallait la prendre, L’affaire n’a pas rĂ©ussi, parce qu’on ne l’a pas bien prise. On dit dans le mĂȘme sens : Prendre une affaire du bon, du mauvais biais.

Fig., Prendre une chose du bon, du mauvais cĂŽtĂ©, La voir, la considĂ©rer, l’interprĂ©ter dans un sens favorable ou dĂ©favorable.

PRENDRE signifie, au figurĂ©, Entendre, comprendre, concevoir, expliquer, interprĂ©ter, considĂ©rer d’une certaine maniĂšre. Les commentateurs prennent ce passage en des sens trĂšs opposĂ©s. Prendre une chose Ă  contresens. Vous avez mal pris la chose. Ă  bien prendre la chose, vous devez ĂȘtre plus content que fĂąchĂ© de cet arrangement. Il a bien pris ce qu’on lui a dit de votre part. Vous prenez mal mes paroles. Prendre une affaire Ă  rebours, de travers. Ce mot se prend dans telle signification. Cet adjectif se prend quelquefois substantivement.

Prendre quelque chose en bonne part, en mauvaise part, En ĂȘtre content ou mĂ©content, recevoir bien ou mal ce qu’on nous dit, ce qu’on nous fait, le trouver bon ou mauvais. On dit de mĂȘme : Ce mot peut se prendre en bonne part, en mauvaise part, Il est susceptible d’une bonne, d’une mauvaise interprĂ©tation.

Prendre pour soi un reproche, une plainte, etc., S’en faire l’application. Ne prenez pas pour vous cette critique.

Prendre une chose Ă  la lettre, au pied de la lettre, L’expliquer exactement selon le sens littĂ©ral, selon le propre sens des paroles. Il ne faut pas toujours prendre les choses au pied de la lettre. Vous prenez trop Ă  la lettre ce qu’on vous a dit. On dit Ă  peu prĂšs dans le mĂȘme sens : Prendre les choses Ă  la rigueur, en toute rigueur, Trop Ă  la lettre sans modification.

Prendre en riant quelque chose, Ne s’en point fĂącher, n’en faire que rire. Prendre sĂ©rieusement une chose, L’entendre comme si elle avait Ă©tĂ© dite sĂ©rieusement. Prendre sĂ©rieusement ou Prendre au sĂ©rieux une chose signifie aussi La regarder comme une chose d’importance qui mĂ©rite attention, considĂ©ration.

PRENDRE signifie aussi, figurĂ©ment, Adopter, soutenir avec chaleur. Il a pris ma dĂ©fense. J’ai pris ses intĂ©rĂȘts. J’ai pris son parti.

Prendre parti pour quelqu’un, Se dĂ©clarer pour lui et, dans le sens opposé : Prendre parti contre quelqu’un.

En termes de ProcĂ©dure, Prendre le fait et cause de quelqu’un ou Prendre fait et cause pour quelqu’un, Intervenir dans une cause pour lui. Il se dit figurĂ©ment dans le langage courant et signifie Prendre la dĂ©fense de quelqu’un.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Sentiments, des passions, des affections et des rĂ©pugnances que l’on Ă©prouve. Prendre du plaisir, prendre son plaisir Ă  quelque chose. Prendre plaisir Ă  quelque chose. Prendre de l’humeur, du dĂ©pit de quelque chose. Prendre de l’amitiĂ© pour quelqu’un. Prendre intĂ©rĂȘt Ă  quelqu’un, Ă  quelque chose. On dit dans le mĂȘme sens : Prendre quelqu’un en amitiĂ©, en affection, en aversion, en haine, en grippe. Prendre quelque chose en dĂ©goĂ»t.

Prov., Chacun prend son plaisir oĂč il le trouve, Ă  chacun son goĂ»t.

Prendre quelqu’un en pitiĂ©, Avoir pour lui de la compassion ou du dĂ©dain, suivant la circonstance. Prendre le mal d’autrui en pitiĂ©, En ĂȘtre touchĂ©.

Prendre son mal en patience, Le souffrir patiemment.

PRENDRE signifie aussi Obtenir, recueillir. Prendre un congĂ©. Prendre l’avis de quelqu’un, Prendre conseil d’un avocat.

Prendre congĂ© de quelqu’un, Lui faire, avant de partir, les adieux qu’exige la politesse.

Prendre des renseignements, des informations, Se faire donner des renseignements sur un fait et sur ses circonstances, sur une personne, sur sa conduite, sur sa capacitĂ©, etc. On dit Ă  peu prĂšs dans le mĂȘme sens : Prendre connaissance d’une chose, d’un fait.

Prendre des notes, prendre un croquis, prendre un plan, prendre une photographie, RĂ©diger des notes, dessiner un croquis, relever un plan, faire une photographie.

Prendre ses avantages, Profiter, tirer avantage des occasions qui se prĂ©sentent. Il sait bien prendre ses avantages : On dit de mĂȘme Cet homme prend avantage de tout.

Prendre la haute main dans une affaire, Y prendre la principale autorité.

Prendre des inscriptions, ses inscriptions en mĂ©decine, en droit, etc., S’inscrire pour faire ses Ă©tudes de mĂ©decine, de droit, etc.

Prendre ses degrĂ©s, ses grades, Obtenir les titres de bachelier, de licenciĂ©, etc. On dit de mĂȘme : Prendre sa licence, son doctorat.

Prendre le dessus se dit d’une Personne dont la santĂ©, le moral, etc., commencent Ă  se rĂ©tablir. Il a Ă©tĂ© longtemps malade, mais il commence Ă  prendre le dessus. AprĂšs une si cruelle Ă©preuve, il a peine Ă  prendre le dessus.

En termes de Jeu, Prendre sa revanche, Jouer une seconde partie pour compenser ce qu’on a perdu à la premiùre. Il a perdu la premiùre partie et a pris sa revanche.

Prendre sa revanche signifie, dans le langage courant, Regagner un avantage qu’on avait perdu ou l’équivalent. Ce gĂ©nĂ©ral avait Ă©tĂ© battu l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, mais il prit sa revanche. Prendre une belle revanche, une facile revanche.

Prendre la mesure, les dimensions d’un objet, Voir quelles sont les dimensions d’un objet, le mesurer.

On dit dans un sens analogue : Prendre la tempĂ©rature, la tension artĂ©rielle d’un malade.

Prendre les avis, les voix, Recueillir les avis, les voix.

Prendre la parole, Parler, faire un discours dans une assemblée. Le premier qui prit la parole fut... Une fois la proposition faite, un tel prit la parole.

Prendre le plaisir de la chasse, de la pĂȘche, de la promenade, etc., Se livrer au divertissement de la chasse, de la pĂȘche, de la promenade, etc. Prendre un divertissement, Se divertir, s’amuser Ă  quelque chose.

PRENDRE s’emploie encore, tant au propre qu’au figurĂ©, dans un grand nombre de locutions oĂč sa signification varie, et ne peut se rapporter que difficilement aux acceptions prĂ©cĂ©demment indiquĂ©es.

Fig., Prendre quelqu’un au mot, Se hñter d’accepter une offre, une proposition qui vous est faite.

Prendre quelqu’un Ă  part, Le sĂ©parer des personnes prĂ©sentes, pour l’entretenir en particulier.

Prendre du dĂ©lai, prendre du temps, Retarder l’exĂ©cution de quelque chose.

Prendre du temps se dit aussi des Choses dont l’exĂ©cution exige du temps. Ce travail m’a pris beaucoup de temps.

Prendre le temps de faire quelque chose, Employer pour faire une chose tout le temps qui est nĂ©cessaire. Prenez un an, s’il le faut, pour achever ce travail.

Prendre son temps, Faire une chose à loisir, ne pas se presser. Il signifie aussi Se servir du moment favorable pour faire réussir quelque chose. Je prendrai mon temps pour cela.

Prendre le temps de quelqu’un, Attendre le moment qui convient à quelqu’un dont on a besoin. Je prendrai votre temps. On dit plutît aujourd’hui : Je prendrai votre jour et votre heure. Dans un autre sens, Prendre le temps de quelqu’un, Lui faire perdre son temps.

Prendre une chose en considération, Faire attention à une chose, la mettre en quelque sorte à part pour la considérer et en tenir compte. On prendra cet article, cette demande en grande considération.

Le prendre de haut, de trĂšs haut, Parler avec arrogance. On dit de mĂȘme Vous le prenez sur un ton que je ne puis admettre.

En parlant d’un RĂ©cit, Prendre la chose de plus haut, Remonter aux choses qui ont prĂ©cĂ©dĂ© celles qu’on raconte ou qu’on vient de raconter. Vous ne nous avez pas appris l’origine, les causes de cet Ă©vĂ©nement; prenez la chose de plus haut.

Fig. et fam., Prendre la mouche, Se fĂącher, s’irriter tout Ă  coup, pour un lĂ©ger sujet, mal Ă  propos.

Prendre un siùge, S’asseoir.

Prendre le lit, S’aliter, se coucher pour cause de maladie.

Ce fleuve, cette riviÚre prend sa source en tel endroit, Ce fleuve, cette riviÚre commence à couler en cet endroit. On dit aussi : Cette riviÚre prend son cours vers le nord, Elle coule dans la direction du nord.

En termes de Chasse, Prendre le change se dit des Chiens, lorsqu’ils quittent la bĂȘte qui a Ă©tĂ© lancĂ©e, et qu’on appelle la bĂȘte de meute, pour en courir une autre.

Fig., Prendre le change sur un objet, dans une affaire, Se tromper sur un objet, dans une affaire. Faire prendre le change à quelqu’un, Le tromper, l’induire en erreur.

En termes de Chasse, Prendre le vent, Aller Ă  la rencontre du gibier.

Fig., Prendre le vent, Chercher la direction dans laquelle il serait habile d’agir, se dĂ©terminer adroitement.

En termes de Marine, Prendre un chargement, prendre du monde, des troupes, des passagers, etc., Les mettre, les recevoir Ă  bord. Prendre le vent sur un bĂątiment, Se mettre entre ce bĂątiment et le point d’oĂč le vent souffle. Prendre la mer, Commencer un voyage sur mer. Prendre la haute mer, prendre le large, S’éloigner du rivage, gagner la haute mer. Prendre terre, prendre port en quelque terre, Y aborder, y dĂ©barquer. Prendre la hauteur du soleil, Observer avec un instrument, principalement Ă  l’heure de midi, l’élĂ©vation du soleil au-dessus de l’horizon. Absolument, Prendre hauteur, Mesurer la distance d’un astre ou de tout autre objet, Ă  l’horizon. Prendre des ris, Raccourcir les voiles par en haut, au moyen des ris. Prendre le vent, en parlant d’une Voile, ĂȘtre gonflĂ©e par le vent. Etc.

Fig. et fam., Prendre le large, S’enfuir.

En termes de jeux de Cartes, Prendre des cartes, Changer une ou plusieurs des cartes de son jeu pour autant de cartes du talon. Jouer sans prendre, se dit de Celui qui entreprend de jouer sans appeler une autre carte.

PRENDRE se construit avec la préposition à dans diverses locutions particuliÚres :

Prendre Ă  tĂ©moin, Invoquer le tĂ©moignage de quelqu’un, le sommer de dĂ©clarer ce qu’il sait. Je les prends Ă  tĂ©moin de la violence, de l’insulte que cet homme vient de me faire. Je prends Dieu Ă  tĂ©moin de ce que je dis.

Prendre Ă  partie, Attaquer en justice un homme qui n’était pas d’abord notre adversaire. Vous vous opposez Ă  l’exĂ©cution de l’arrĂȘt que j’ai obtenu contre un tel, je vous prends Ă  partie. On dit, par extension, Prendre quelqu’un Ă  partie, Lui imputer quelque chose, lui reprocher une chose dont on se plaint, l’en rendre responsable.

Prendre un juge à partie, Se plaindre en justice d’un juge, intenter une action contre lui. Il demande à prendre ce juge à partie.

Prendre une chose Ă  coeur, S’en affecter, y ĂȘtre vivement sensible. Vous prenez cela trop Ă  coeur.

Prendre une chose Ă  tĂąche, Chercher et employer tous les moyens de faire une chose. Il semble avoir pris Ă  tĂąche de me contrarier.

PRENDRE se construit aussi avec la préposition Pour et signifie Considérer comme, traiter comme.

Prendre une personne pour une autre, Croire qu’une personne en est une autre. La mĂšre de Darius prit Ă©phestion pour Alexandre. On dit de mĂȘme Prendre une chose pour une autre.

Fam., Prendre quelqu’un pour un autre, En juger autrement qu’il ne faut. Vous croyez que c’est un habile homme, vous croyez que c’est un sot; vous le prenez pour un autre. Vous voulez me faire votre dupe; vous me prenez pour un autre.

Fam., Pour qui me prenez-vous? Vous me jugez mal, vous vous méprenez sur mon compte.

Prendre un homme pour une dupe, Le regarder comme un homme facile Ă  tromper.

Prendre quelqu’un pour dupe, Le tromper, le duper. Il a fait un mauvais marchĂ©, on l’a pris pour dupe, il a Ă©tĂ© pris pour dupe.

Prendre pour bon, Croire. Il se dit ordinairement dans un sens ironique. Il prend pour bon tout ce qu’on lui dĂ©bite, tous les contes qu’on vient lui faire.

Fig. et fam., Il a pris ce qu’on lui a dit pour argent comptant, Il a cru trop facilement ce qu’on lui a dit; il a fait trop de fond sur de simples apparences.

PRENDRE se construit avec la conjonction Que, dans le sens de Supposer que, admettre que : Prenons que les choses se sont passĂ©es ainsi. Prenez que je n’ai rien dit. On dit plutĂŽt aujourd’hui : Mettons, mettez que.

PRENDRE se construit avec un substantif non prĂ©cĂ©dĂ© de l’article dans un grand nombre de locutions particuliĂšres qui Ă©quivalent souvent Ă  un seul verbe, et dont la plupart expriment un commencement d’action ou d’état. Prendre racine. Prendre feu. Prendre couleur. Prendre forme. Prendre consistance. Prendre corps. Prendre place. Prendre rang. Prendre sĂ©ance. Prendre peine, Prendre contact. Prendre tournure. Prendre position. Prendre haleine. Prendre pied. Prendre langue. Prendre mesure. Prendre note. Prendre acte. Prendre jour. Prendre naissance. Prendre fin. Prendre possession. Prendre patience. Prendre courage. Prendre plaisir. Prendre pitiĂ©. Prendre soin. Prendre garde. Prendre prĂ©texte. Prendre occasion. Prendre parti. Prendre goĂ»t. Prendre exemple. Prendre fait et cause. Prendre part. Prendre intĂ©rĂȘt Ă  quelqu’un, Ă  quelque chose. Etc. Voyez RACINE , FEU , COULEUR , FORME , CONSISTANCE , ETC.

PRENDRE s’emploie aussi comme verbe intransitif et signifie S’enraciner, pousser, croĂźtre. La vigne ne prend pas dans cette rĂ©gion. Il y a des plantes qui prennent Ă©galement en toute sorte de pays; il y en a d’autres qui ne prennent qu’en de certaines terres.

Fig., Prendre, ne pas prendre; prendre bien, prendre mal se dit d’un Ouvrage de l’esprit, d’une proposition, d’un compliment, etc., qui a rĂ©ussi, ou qui n’a pas rĂ©ussi. Ce livre, cette piĂšce de thĂ©Ăątre n’a pas pris. Votre proposition a pris. Cela prend bien, cela ne prend pas, cela prend mal. Cette plaisanterie n’a pas pris. L’argument ne prend pas sur nous. Cette mode n’a pas pris. Ces maniĂšres-lĂ  ne prendront pas avec nous. Il se dit aussi en parlant des Personnes. Ce jeune homme a bien pris dans le monde.

PRENDRE

intransitif

, signifie aussi AdhĂ©rer, s’attacher, produire son effet. Cette couleur ne prend pas. L’encre ne prend pas sur le papier huilĂ©. Les vĂ©sicatoires ont pris, ont bien pris. Les sangsues n’ont pas pris. Le feu a pris Ă  cette maison, Ă  ce magasin. Le feu commence Ă  prendre.

Il se dit Ă©galement de Ce qui fait une impression trop forte Ă  la gorge, au nez. Cette odeur est trop forte, elle prend Ă  la gorge.

Il se dit aussi de Ce qui se gĂšle, se coagule, s’épaissit, se solidifie. La riviĂšre a pris cette nuit. Mettez de la prĂ©sure dans ce lait, pour qu’il prenne. Vos confitures ont mal pris. Cette gelĂ©e ne prendra pas. Ces glaces n’ont pas bien pris. On dit aussi Le fleuve Ă©tait entiĂšrement pris. Il se dit encore de Ce qui contribue Ă  un bon ou Ă  un mauvais rĂ©sultat. Bien lui a pris d’avoir Ă©tĂ© averti Ă  temps. Il lui prendra mal un jour d’avoir montrĂ© tant d’insouciance. Dans cette acception, il s’emploie aussi avec la particule En. S’il ne se corrige, il lui en prendra mal. AprĂšs ce qu’il avait fait, bien lui en prit d’avoir des protecteurs.

La fiĂšvre, la goutte lui a pris, Il a Ă©tĂ© atteint de la fiĂšvre, de la goutte. On dit impersonnellement dans le mĂȘme sens : Il lui prit une colique, un mal de dents, une sueur froide, une faiblesse, etc.; et figurĂ©ment, Il lui prit une fantaisie, un dĂ©goĂ»t; il lui prend des accĂšs d’humeur. Qu’est-ce qui vous prend? Qu’avez- vous?

SE PRENDRE signifie S’attacher, s’accrocher. Un homme qui se noie se prend Ă  tout ce qu’il peut. Ma robe s’est prise Ă  un clou, Ă  une Ă©pine. Il s’est pris Ă  un clou et sa manche a Ă©tĂ© toute dĂ©chirĂ©e.

Fig., Ne savoir oĂč se prendre, Ă  quoi se prendre, Ne savoir Ă  quoi s’attacher, Ă  quoi recourir.

Se prendre à quelqu’un, Le provoquer, l’attaquer. Il ne faut pas se prendre à plus fort que soi.

S’en prendre Ă  quelqu’un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l’en rendre responsable, lui en donner le tort. On s’en prend Ă  moi, comme si j’étais pour quelque chose dans cette affaire. Si les choses Ont mal tournĂ©, ne vous en prenez qu’à vous-mĂȘme. Je m’en prendrai Ă  vous de tout ce qui pourra arriver.

S’y prendre bien, s’y prendre mal, Mettre plus ou moins d’adresse Ă  ce qu’on fait; Employer de bons ou de mauvais moyens pour rĂ©ussir dans une affaire. On dit de mĂȘme : S’y prendre comme il faut. S’y prendre adroitement, maladroitement, gauchement. Ne savoir comment s’y prendre.

Se prendre Ă , Commencer, se mettre Ă . Elle se prit Ă  rire. Elle se prit Ă  pleurer.

Se prendre de querelle avec quelqu’un, Se quereller, avoir un dĂ©mĂȘlĂ© avec lui. On dit dans le mĂȘme sens, figurĂ©ment et familiĂšrement : Ils se sont pris de bec.

Se prendre d’amitiĂ©, se prendre d’aversion pour quelqu’un, Concevoir de l’amitiĂ©, de l’aversion pour quelqu’un. On dit de mĂȘme Se prendre d’une belle passion pour quelqu’un.

SE PRENDRE signifie aussi Se contracter, en parlant de Maladies. La grippe se prend trĂšs facilement en cette saison.

Il se dit aussi des Liquides qui se figent, se solidifient. L’huile se prend quand on la tient dans un endroit froid. Le sirop se prendra bientît.

Le participe passĂ© PRIS prĂ©cĂ©dĂ© de l’adverbe bien s’emploie comme adjectif et signifie Bien fait, bien proportionnĂ©. Une personne bien prise dans sa taille. Il est petit, mais il est bien pris dans sa taille. On dit dans le mĂȘme sens : Avoir la taille bien prise, ĂȘtre de taille bien prise. On dit aussi Ce cheval est bien pris, Il a le corsage bien fait.

ĂȘtre pris de vin, Avoir trop bu, s’ĂȘtre enivrĂ©.

Ă  TOUT PRENDRE

loc. adv.

En considĂ©rant le pour et le contre, en compensant le bien et le mal. Il est vif, impatient; mais, Ă  tout prendre, c’est un homme estimable. Cette maison a ses dĂ©fauts; mais, Ă  tout prendre, elle peut vous convenir.

AU FAIT ET AU PRENDRE

loc. adv.

Au moment de l’exĂ©cution, quand il est question d’agir, de parler, etc. Quand ce fut au fait et au prendre. Quand on en vint au fait et au prendre. On le disait plein d’intelligence; mais, au fait et au prendre, il n’est bon Ă  rien.

L'Academie francaise. 1935.

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  • prendre — [ prɑ̃dr ] v. <conjug. : 58> ‱ 980; lat. prehendere I ♩ V. tr. A ♩ Mettre avec soi ou faire sien. 1 ♩ Mettre dans sa main (pour avoir avec soi, pour faire passer d un lieu dans un autre, pour ĂȘtre en Ă©tat d utiliser, pour tenir). Prendre un 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • prendre — PRENDRE. v. a. Mettre en sa main, en son pouvoir sans violence, occuper quelque chose en la tenant. Prendre une espĂ©e. prendre un livre. prendre quelque chose avec la main, de la main. prendre un cheval par la bride. prendre un boeuf par les… 
   Dictionnaire de l'AcadĂ©mie française

  • prendre — Prendre, Accipere, Acceptare, Capere, Captare, Excipere, Prendere, Prehendere, Comprehendere, Percipere, Sumere, Desumere. Prendre et appliquer Ă  soy, Asciscere. Prendre en sa main quelque chose, Inuolare. Prendre en cachette, Surripere. On n en… 
   Thresor de la langue françoyse

  • PRENDRE — v. a. ( Je prends, tu prends, il prend ; nous prenons, vous prenez, ils prennent. Je prenais. Je pris. Je prendrai. Je prendrais. Prends. Prenez. Que je prenne. Que je prisse. Pris. ) Saisir, mettre en sa main. Prendre un livre. Prendre une Ă©pĂ©e 
   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • prendre — (pren dr ), je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent : je prenais ; je pris ; nous prĂźmes, vous prĂźtes, ils prirent ; je prendrai ; je prendrais ; prends, qu il prenne, prenons ; que je prenne, que nous prenions ;… 
   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile LittrĂ©

  • prendre — vt. ; Ă©changer (contre) ; confisquer ; figer (ep. d une gelĂ©e), durcir (ep. d un ciment), cailler (ep. d un lait emprĂ©surĂ©): prandre (Cohennoz.213, Cordon.083, Giettaz.215, Juvigny.008, MegĂšve.201, Morzine.081, Notre Dame Bellecombe.214b, St… 
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  • prendre — prene, prendre, prene prendre; avoir. A pres sei vint ans : il eu 20 ans. voir agantar, peçugar, enregar 
   Diccionari Personau e Evolutiu

  • prendre — prender, prendre /prendar/prondr(a)/ L. Fr. To take. The power or right of taking a thing without waiting for it to be offered. See a prendre 
   Black's law dictionary

  • prendre — [pʀɑ̃dʀ(ə)] (v. 3) PrĂ©sent : prends, prends, prend, prenons, prenez, prennent ; Futur : prendrai, prendras, prendra, prendrons, prendrez, prendront ; PassĂ© : pris, pris, prit, prĂźmes, prĂźtes, prirent ; Imparfait : prenais, prenais, prenait,… 
   French Morphology and Phonetics

  • prendre — pren|dre Mot Pla Verb transitiu, intransitiu i pronominal 
   Diccionari CatalĂ -CatalĂ 


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