Le Tiers Livre


Le Tiers Livre

Le Tiers Livre des faicts et dicts héroïques du noble Pantagruel, composés par M. François Rabelais, docteur en médecine est une œuvre de François Rabelais parue en 1546.

Le Tiers Livre est jugé obscène et censuré par la Sorbonne, à l’égal de Pantagruel et de Gargantua. Pourtant, il sera protégé et publié en 1546.

L’ouvrage se donne comme une œuvre humaniste à l’adresse des gens « studieux et savants ». L’abondance des citations latines notamment et des références, suffit à confirmer ce caractère. C’est aussi un livre comique. Il laisse place à l’humour, à l’esprit et au rire de l’âme.

Il se fait l’écho des débats médicaux, juridiques, moraux et religieux de son temps, en s’interrogeant sur la question du mariage, à travers le personnage de Panurge.

Résumé

Dans son prologue, l’auteur se compare à Diogène. En bon épicurien, il apprécie le vin et la bonne chère. La boisson est un plaisir que l’écrivain ne saurait cacher. Il avoue s’y adonner avant de prendre la plume. Ce livre est d’ailleurs adressé aux gens de bien : « aux buveurs de la prime cuvée ».

Pantagruel, après avoir conquis le pays de Dipsodie, y envoie un peu plus de neuf milliards d’hommes, sans compter les femmes et les enfants. Seuls les conquérants, mangeurs de peuple, réussissent à garder la terre annexée. Le conquérant ne peut régner que s’il est juste et fait appliquer des lois, publie des édits et établit une religion. Il est présenté comme un souverain juste et équilibré. Il donne bientôt la châtellenie de Samilgondin à Panurge qui dilapide les richesses et fait l’éloge de la prodigalité. En ne modérant pas ses plaisirs, Panurge égaie son corps et son esprit. Cette immodération est bonne pour la santé. Derrière l’éloge des dettes se cache un éloge de la vie.

Pantagruel réprouve cette philosophie qui consiste à emprunter sans mesure. Panurge reste sur ses positions et se prédit une vie courte : il mourra de ses pets. Le géant Pantagruel délivre le nouveau châtelain de ses dettes envers lui, après lui avoir montré les limites de son discours. Éduqué, ce dernier peut prendre un nouveau départ.

Panurge veut se marier. Pour l’occasion, il porte un accoutrement ridicule : petit anneau d’or à l’oreille, longue robe de bure -rappelant l’habit des moines- et lunettes attachées à son bonnet. Il a retiré sa braguette, qu’il estime être un attribut du guerrier.

Il demande conseil à Pantagruel avant de prendre femme. Il a peur des infidélités de son épouse, mais souhaite avoir des héritiers et assouvir ses désirs sexuels.

Pantagruel lui répond que seule sa volonté lui dictera le meilleur chemin à suivre.

Panurge décide d’aller consulter les sorts.

S’ensuivent plusieurs consultations : la première avec Pantagruel par l’intermédiaire des sorts virgiliens. La séance se clôt sur la lecture suivante, faite par le Géant : Panurge sera cocu, frappé et volé. Froissé par cette première interprétation, Panurge décide d’interroger les oracles du sommeil. Chaque fois, Pantagruel et ses amis concluent la même chose.

Panurge ira successivement consulter une sibylle, Nazdecabre – sourd et muet de naissance –, Raminagrobis -vieux poète-, Her Trippa – astrologue, chiromancien, géomancien –, Hyppothadée – théologien –, Rondibilis – médecin –, Trouillogan – philosophe – et enfin Triboulet – un fou. Chaque fois, les sorts répètent la même chose et Panurge refuse d’entendre, il est aveuglé par ses propres désirs. Il aimerait prendre une épouse « parfaite », cherchant à se rassurer par les sorts qui finalement l’insécurisent. Sa décision repose en lui-même, mais il ne parvient pas à choisir.

Parallèlement, le juge Bridoye s’en remet aux sorts quand les cas deviennent trop difficiles.

Pantagruel demande à son père Gargantua de quitter les lieux. Gargantua formule un souhait avant son départ. Il aimerait que son fils trouve une épouse. Soucieux des convenances et de l’autorité patriarcale, Pantagruel accepte. Son père lui trouvera une conjointe pendant son absence.

Peu après, le Géant se rend au port de Thalasse et fait charger son herbe magique : le Pantagruélion. Cette herbe possède plusieurs caractéristiques du chanvre, mais elle les dépasse. Ennemie des voleurs, elle s’utilise pour obstruer la bouche de certains d’entre eux. Elle sert de corde pour pendre les hommes fautifs. Ne se consumant pas au contact du feu, elle permet aux flammes comme aux cendres de ne pas se propager. Cette herbe a une puissance immense qui effraie les Dieux, c’est pourquoi ils ont décidé de lui résister.

Le texte se clôt sur l’éloge du royaume de France duquel provient le Pantagruélion.

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