Jean Baptiste Lully


Jean Baptiste Lully

Jean-Baptiste Lully

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Jean-Baptiste Lully Giovanni Battista Lulli
Jean-Baptiste Lully.jpeg
Surnom "Le Florentin"
Naissance 28 novembre 1632
Florence, Italie Italie
Décès 22 mars 1687
Paris, France France
Activité principale Compositeur
Activités annexes chorégraphe ; parolier ; metteur en scène ; homme d'affaires ; chef d'orchestre
Collaborations avec Molière ; Philippe Quinault ; Thomas Corneille ; Fontenelle ; Campistron
Formation guitariste ; violoniste ; claveciniste ; premiers pas sur les planches à Florence dans la commedia dell'arte ; danseur
Élèves Theobaldo di Gatti, Pelham Humfrey, Johann Sigismund Kusser, Johann Fischer, Henry Desmarest, Pascal Colasse, Jean-François Lalouette, Louis Lully, Jean-Baptiste Lully fils, Jean-Louis Lully, Marin Marais, Jean-Ferry Rebel, Georg Muffat, Pierre Verdier

Jean-Baptiste Lully, né Giovanni Battista Lulli à Florence le 28 novembre 1632[1] et mort à Paris le 22 mars 1687, est un compositeur français d'origine italienne, surintendant de la musique de Louis XIV.

Par ses dons de musicien et d'organisateur aussi bien que de courtisan et d'intrigant, Lully domina l'ensemble de la vie musicale en France à l'époque du Roi-Soleil. Il fut à l'origine de plusieurs formes qu'il organisa ou conçut : la tragédie lyrique, le grand motet, l'ouverture à la française. Son influence sur toute la musique européenne de son époque fut grande, et nombreux parmi les plus doués (Henry Purcell, Georg Friedrich Haendel, Johann Sebastian Bach, Jean-Philippe Rameau) lui sont redevables à un titre ou un autre.

Sommaire

Biographie

Fils de Lorenzo di Maldo Lulli (meunier) et de Catarina del Sera (fille de meunier), il est remarqué vers 1645 par Roger de Lorraine (1624-1653), chevalier de Malte. Arrivé en France l'année suivante[2], il entre comme garçon de chambre au service de la Duchesse de Montpensier (la Grande Mademoiselle), qui désirait parfaire ses connaissances de la langue italienne.

À l'âge de treize ans, manifestant de sérieuses dispositions pour la musique, il apprit le violon, la guitare, le clavecin, se montra excellent danseur et rejoignit la Grande Bande des Violons du Roi, composée de 24 instruments. En 1653, Lully dansa avec le roi dans le Ballet de la Nuit.

Il obtint rapidement la direction d'un nouveau groupement : La Bande des Petits Violons.

Parfait courtisan et homme d'affaires habile, il devint vite le premier compositeur de la cour, et ses airs et ballets consacrèrent sa réputation. Appuyé par Louis XIV , il devint compositeur de la chambre, puis surintendant de la musique royale.

Naturalisé français en 1661, il épousa quelques mois plus tard Madeleine Lambert, dont le père, Michel Lambert, dirigeait la musique chez Mademoiselle de Montpensier. Ils eurent six enfants, dont trois fils qui furent musiciens à leur tour (Louis, Jean-Baptiste II et Jean-Louis) et trois filles dont l'aînée, Catherine-Madeleine, épouse en 1684 Jean-Nicolas de Francine, qui succédera à Lully à la tête de l'Académie royale de musique.

À partir de 1664, Lully travailla régulièrement avec Molière (qui le surnommait « le paillard »), créant le genre de la comédie-ballet, sans cependant renoncer aux ballets de cour. Les pièces de ce dernier sont alors une combinaison de comédie, de ballet et de chant : L'Amour médecin en 1665, la Pastorale comique en 1667, George Dandin en 1668, Monsieur de Pourceaugnac en 1669, Le Bourgeois gentilhomme et sa turquerie. Mais en 1671 les deux hommes se fâchèrent et devinrent ennemis. Il n'est toutefois pas prouvé que, même s'ils collaborèrent, ils furent amis. Aucun gazettier, mémorialiste ou biographe ne fait mention d'une amitié, pas plus que de leur brouille qui fût à l'époque un non-événement.

En 1672, Lully acheta à Perrin le privilège de l'Académie royale de musique[3]. Comblé d'honneurs et de richesses, il composa alors approximativement une tragédie en musique par an, éclipsant par la faveur dont il jouissait auprès du roi, tous les compositeurs dramatiques de son époque : Marc-Antoine Charpentier, André Campra, Louis-Nicolas Clérambault. Son librettiste favori était Philippe Quinault.

En 1681, Lully atteignit l'apogée de sa carrière en devenant secrétaire du roi.

Bien qu'il ait eu six enfants, il était connu et décrié par ses ennemis pour ses mœurs sodomites. Louis XIV avait en horreur ce qu'on nommait alors les « mœurs italiennes ». Aussi quand en 1685, les relations de Lully avec Brunet, un jeune page de la Chapelle, firent scandale, Lully perdit quelque peu de son crédit auprès du roi qui n'assista pas aux représentations de son dernier opéra, Armide, en 1686. Lully composa sa dernière œuvre complète, Acis et Galatée, pastorale en forme d'opéra, pour la cour plus volage du Grand Dauphin, fils de Louis XIV.

La cause de sa mort fut particulière puisqu'elle intervint à la suite d'une répétition du Te Deum qu'il devait faire jouer pour la guérison du roi. N'arrivant pas à obtenir ce qu'il voulait des musiciens, Lully, d'un tempérament explosif, s'emporta et se frappa violemment un orteil avec son « bâton de direction », longue et lourde canne surmontée de rubans et d'un pommeau richement orné, servant à l'époque pour battre la mesure en frappant le sol. La blessure s'infecta et à cause de son refus d'une amputation d'un orteil par un chirurgien, la gangrène se propagea au reste du corps et infecta en grande partie son cerveau[4]. Lully mourut quelque temps plus tard à Paris, le 22 mars 1687.

C'est principalement pour sa contribution à la musique religieuse et à la musique de scène que Lully nous est connu. Il restera dans l'histoire comme le véritable créateur de l'opéra français. Il composa 14 tragédies lyriques dont les plus belles sont peut-être Thésée (1675), Atys (1676), Phaéton (1683) et son chef-d'œuvre Armide (1686). À l'aise aussi bien à l'église qu'au théâtre, il est l'auteur de plus de 20 grands motets, dont le fameux Te Deum de 1677, ainsi que de 11 petits motets d'un style plus italianisant.

Buste par Antoine Coysevox sur la tombe de Lully à la basilique Notre-Dame-des-Victoires de Paris.

Admiré par les musiciens de son temps, il fut joué sans discontinuer jusqu'à la Révolution de 1789, et son influence fut immense en France sur ses compatriotes comme François Couperin, Marin Marais, Michel-Richard Delalande, Jean-Philippe Rameau, mais aussi dans l'Europe entière. Les gardiens de sa tradition alimentèrent en 1733 ce que l'on appela la Querelle des Lullystes et des Ramistes. Certains de ses élèves contribuèrent au rayonnement de son style en dehors de la France: dans les pays germaniques Georg Muffat (qui a d'ailleurs décrit dans les préfaces de ses éditions les pratiques de Lully pour l'instrumentation, l'ornementation, les coups d'archet et la discipline de l'orchestre), Johann Sigismund Kusser (qui portait en France le nom de Cousser), Johann Caspar Ferdinand Fischer et les italiens Vincenzo Albrici et Agostino Steffani.

Sa musique

Lorsque Lully créa son orchestre, il en fit le premier d’Europe pour la discipline et le rythme. Il fit travailler lui-même les chanteurs, les danseurs, et régla tout dans son théâtre jusqu’au plus petit détail.

Cette volonté organisatrice se manifeste également dans son œuvre. Le musicien qu’est Lully nous apparaît surtout comme une intelligence très ferme : il suit un système de composition très étroitement défini, se laisse peu de liberté dans l’inspiration et donne une part restreinte au sentiment.

Le Cerf de La Viéville nous dit que Lully « allait se former sur les tombes de la Champmeslé ». Son souci principal est, en effet, d’imiter autant que possible dans son chant la déclamation des grands acteurs du XVIIe siècle, qui s’appliquaient surtout à respecter scrupuleusement la prosodie. Aussi Lully a-t-il soin, non seulement de placer toujours une note longue sur une syllabe accentuée, une note courte sur une syllabe non accentuée, mais encore de marquer un arrêt à la césure et à la rime.

L’expression du sentiment est souvent faible chez Lully. Les plus heureux effets à ce point de vue sont tirés de la notation attentive des accents passionnés du discours, non de l’invention d’une ligne mélodique émouvante par elle-même. Mais dans les moments les plus pathétiques, son chant se contente souvent d’être gracieux, et surtout noble et symétrique. Ici les traditions du ballet exercent une influence sur sa musique : les formes carrées et nettement rythmées de la danse se retrouvent partout dans ses airs.

Mais où Lully excelle, c’est dans la musique descriptive : et c’est encore le fait d’un artiste plutôt intellectuel. Son air du sommeil dans Armide (« Plus j'observe ces lieux »), par exemple, est un chef-d’œuvre. Cependant Lully n’est pas coloriste : il n’a que le dessin. Il ne s’intéresse pas au détail de l’harmonisation et de l’orchestration. La partie de chant une fois trouvée, le reste n’est que du remplissage ; il écrit la basse et la fait réaliser par ses élèves.

Par l’établissement de ce système, Lully a joué un rôle considérable dans l’histoire de la musique instrumentale. C’est de lui que date, on peut le dire, l’orchestre moderne, avec son équilibre bien établi de sonorités, avec le quintette des instruments à cordes pour centre de gravité (Lully écrivait à cinq parties d’instruments).

Catalogue

Le catalogue des œuvres de Lully a été réalisé par Herbert Schneider[5]. Les œuvres, classées par ordre chronologique, sont désignées par les lettres LWV (Lully Werke Verzeichnis) suivies d'un numéro de 1 à 80. La tragédie lyrique Armide est ainsi désignée par LWV 71.

Les tragédies lyriques

LISTE DES TRAGÉDIES LYRIQUES DE JEAN-BAPTISTE LULLY par ordre chronologique
LWV Titre Livret Première (date) Première (lieu)
49 Cadmus et Hermione Philippe Quinault 27 avril 1673 Paris, jeu de paume de Bel-Air
50 Alceste ou le triomphe d'Alcide Philippe Quinault 19 janvier 1674 Paris, jeu de paume de Bel-Air
51 Thésée Philippe Quinault 11 janvier 1675 Saint-Germain-en-Laye
53 Atys Philippe Quinault 10 janvier 1676 Saint-Germain-en-Laye
54 Isis Philippe Quinault 5 janvier 1677 Saint-Germain-en-Laye
56 Psyché Thomas Corneille et Bernard Le Bouyer de Fontenelle 19 avril 1678 Saint-Germain-en-Laye
57 Bellérophon Thomas Corneille et Bernard Le Bouyer de Fontenelle 31 janvier 1679 Paris, Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal
58 Proserpine Philippe Quinault 3 février 1680 Saint-Germain-en-Laye
60 Persée Philippe Quinault 17 avril 1682 Paris, Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal
61 Phaëton Philippe Quinault 6 janvier 1683 Versailles, palais royal
63 Amadis Philippe Quinault 18 janvier 1684 Paris, Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal
65 Roland Philippe Quinault 8 janvier 1685 Versailles
71 Armide Philippe Quinault 15 février 1686 Paris, Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal
74 Achille et Polyxène[6] Jean Galbert de Campistron 7 novembre 1687 Paris, Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal

Discographie

Bibliographie

  • Jérôme de La Gorce, Jean-Baptiste Lully - Fayard

Au cinéma et dans la littérature

Biographies
  • Philippe Beaussant, Lully ou le musicien du soleil, Paris, Gallimard, 1992.
  • Manuel Couvreur, Jean-Baptiste Lully : musique et dramaturgie au service du Prince, Marc Vokar, 1992.
  • Jérôme de La Gorce, Jean-Baptiste Lully, Fayard, 2002.
  • Vincent Borel, Baptiste, roman, Sabine Wespieser éditeur, 2002.
Films

Media

Chœur des divinités de la terre et des eaux, de Psyché (1678) - fichier midi

Notes

  1. PRUNIÈRE, Henry, LULLY: Biographie Critique Illustrée de douze planches hors texte, Les Musiciens Célèbres, Librairie Renouard, édition Henri Laurens, Paris
  2. The New Grove baroque masters (1986) page 1
  3. Jean Gourret, Ces hommes qui ont fait l'Opéra, 1984, p. 26.
  4. The New Grove French Baroque Masters (1986) W. W. Norton & Company, page 16
  5. Chronologisch-Thematisches Verzeichnis sämtlicher Werke von Jean-Baptiste LULLY, Éditions Hans Schneider, Tutzing,1981. Disponible à la Bibliothèque Nationale de Strasbourg
  6. Lully composa l'ouverture et le premier acte, mais mourut avant de pouvoir achever le reste de la partition. Pascal Colasse, son élève, composa le prologue et les actes manquants.

Liens externes

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Précédé par Jean-Baptiste Lully Suivi par
Pierre Perrin
et Robert Cambert
directeur de l'Académie royale de musique
1672-1687
Nicolas de Francine
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