Jacques Cœur


Jacques Cœur
Jacques Cœur
Buste de Jacques Cœur (situé sur la façade du palais Jacques-Cœur à Bourges et commandé par l'intéressé)
Buste de Jacques Cœur (situé sur la façade du palais Jacques-Cœur à Bourges et commandé par l'intéressé)

Nom de naissance Jacques Cuer ou Cueur
Naissance Vers 1400
Blason duche fr Berry (ancien).svg Bourges
Décès 25 novembre 1456 (à 56 ans)
Flag of Genoa.svg Île de Chios, possession de la République de Gênes en mer Égée
Nationalité Blason France moderne.svg Française
Profession Marchand
Négociant
Banquier
Armateur
Autres activités Maître des monnaies (1436)
Grand argentier (1439)
Membre du Conseil du Roi (1442)
Visiteur général des gabelles pour le Languedoc (1447)
Diplomate
Seigneur
Amiral (1456)
Distinctions Anobli (1441)
Famille Cœur
Compléments
Fait construire le Palais Jacques-Cœur

Jacques Cœur est né vers 1400 à Bourges, capitale du duché de Berry, et est décédé le 25 novembre 1456 sur l’île de Chios, possession de la République de Gênes en mer Égée.

Jacques Cœur naît en pleine guerre de Cent Ans. Il est le fils d’un riche marchand pelletier de Bourges, fournisseur du duc et se marie encore mineur avec Macée de Léodepart, petite-fille du maître de la monnaie de Bourges et fille d’un prévôt de Bourges.

Son mariage l’introduit à la cour du futur Charles VII et il devient rapidement un important négociant qui acquiert en peu de temps une fortune considérable. Il noue des relations commerciales avec les pays du Levant, l'Espagne, l'Italie, et établit des comptoirs à Tours, Lyon, Montpellier et Rouen. Ses activités sont multiples (banque, change, mines, etc.). Ses bateaux sillonnent la Méditerranée chargés des étoffes d'Alexandrie, des tapis de Perse et des parfums d'Arabie ou des soieries de Florence. Il va lui-même à Damas en 1432. Quatre ans plus tard, il est maître des monnaies. En 1439, Charles VII en fait son grand argentier. Puis il est commissaire des États de Languedoc et anobli en 1441, membre du Conseil du Roi en 1442, visiteur général des gabelles pour le Languedoc en 1447. La même année il frappe des pièces d'argent connues comme « Gros de Jacques Cœur ». Il bénéficie de l'amitié que lui porte Agnès Sorel. Le superbe hôtel particulier qu’il fait construire et décorer à Bourges est un signe éminent de distinction.

Mais cette réussite éclatante est probablement la cause de sa disgrâce. Le Grand Conseil et le roi se retournent contre Jacques Cœur en l'accusant d'avoir floué le trône. Il est arrêté mais parvient à fuir et à trouver refuge auprès du pape et meurt peu après. Une enquête de quatre ans menée par Jean Dauvet à travers tout le royaume permet à la couronne de saisir une grande partie de ses biens et créances.

Sommaire

Biographie

Ses premières années

Sa jeunesse

Maison natale de Jacques Cœur (?)

Jacques Cœur est né à Bourges, vers la fin du quatorzième siècle[1], peut-être en 1395 ou bien encore en 1400. La date diffère selon les historiens. Les registres paroissiaux bien tenus n’existent pas encore. Toutefois, il n’est pas né dans le Bourbonnais, c’est son père qui est venu de cette province une dizaine d’années plus tôt[2] et surtout pas à Pézenas, ville où par contre il habitera réellement pendant un temps[3].

Pierre Cœur, son père, est originaire de Saint-Pourçain-sur-Sioule, « marchand pelletier le plus riche de son temps », suivant d’anciens auteurs[4]. L’opulence de la cour du duc Jean Ier de Berry permet un très bon débit de pelleteries[5] Bourges est alors une ville importante dans laquelle le commerce est florissant[6]. Pierre Cœur épouse Marie Lambert, veuve d'un boucher, Jean Bacquelier. Les bouchers forment une corporation riche et renommée au Moyen Âge.

Jacques est né, paraît-il, dans une maison proche de l’église Saint-Pierre-le-Marché[7], rue de la Parerie, au bord de l’Yèvre[6], où son père exerce la profession de marchand pelletier.

Le petit Jacques passe sa petite enfance dans ce quartier de la rue des Toiles, au pied du rempart avant d'aller habiter à l'angle de la rue des Armuriers et du Tambourin d’Argent, en face d'une superbe maison appartenant à la famille de Lambert de Léodepart, son futur beau-père. Son père s’est installé là car le palais du duc Jean Ier de Berry n’est pas loin. Il poursuit ses études à la Sainte-Chapelle. Le duc est un grand bâtisseur, il possède plus de quinze châteaux, c'est un mécène généreux, commanditaire des célèbres Très Riches Heures du duc de Berry.

Sculpture représentant Macée de Léodepart, femme de Jacques Cœur, sur la façade de l’hôtel Jacques Cœur.

L’enfance de Jacques Cœur ne paraît pas avoir été studieuse, au dire d'un contemporain, qui le représente comme étant sans littérature, sine litteris. Mais en revanche, il est de bonne heure initié par son père à la vie pratique des affaires, et ses qualités personnelles suppléent à son défaut d'instruction[8].

Jacques Cœur a 15 ans lorsque se déroule une des plus cuisantes défaites de l’armée française à la bataille d’Azincourt, une partie importante de l’aristocratie est décimée et une part essentielle de la France passe sous la coupe des Anglais. Trois ans plus tard, le dauphin, futur Charles VII quitte précipitamment Paris, chassé par Jean sans Peur et se réfugie en Berry, devenant « le petit roi de Bourges », titre donné avec beaucoup de dérision. La présence du dauphin et de la cour va stimuler la ville sur le plan des échanges et du commerce.

Jean Bochetel, secrétaire de Charles VII, arrière-grand-père de Guillaume Bochetel, épouse l’une de ses sœurs. L’un de ses frères est évêque de Luçon et l’autre le père de Perrette qui épouse Jean de Village[9], Chambellan du duc de Calabre, capitaine général de mer, par lettres de Louis XI du 8 janvier 1453; viguier de Marseille en 1473 et 1474. Ce maître des galères de Jacques Cœur lui reste fidèle et le libère de son incarcération à Beaucaire[Laquelle ?]. Il participe à la conquête de Naples[10].

Très jeune, Jacques Cœur gère un des douze changes de la ville. Considéré comme un homme des plus industrieux et des plus ingénieux, il se marie en 1420, ou 1418[8], avec la fille d'un ancien valet de chambre du duc Jean Ier de Berry, Lambert de Léodepart, devenu prévôt de Bourges[5]. La belle-mère de Jacques Cœur, Jeanne Roussart, est la fille d'un maître des monnaies du Bourges, et c’est sans doute son mariage qui être à l’origine de sa carrière au service du roi de France.

Pourtant, il se retrouve, jeune encore, impliqué dans un procès qu'a provoqué la fabrication de monnaies faibles de poids, gracié moyennant une légère amende[11]. En effet, en 1427, associé avec un sieur Pierre Godart, changeur, il afferme la monnaie de Bourges, et fabrique au nom de Ravau le Danois, maître titulaire de ladite monnaie. Deux ans après il est accusé d'avoir fait affiner trois cents marcs d'argent au-dessous du titre, ce qui lui aurait procuré un bénéfice de six à sept vingt écus. Ravau le Danois sollicite en 1429 des lettres de rémission pour ce fait, et le roi les accorde moyennant une amende de 1 000 écus d'or[5]. D’autres ont été ou seront envoyés dans une basse fosse ou sur une galère pour le même délit.

Son ascension sociale : négociant, banquier, armateur, etc.

Un des bateaux de Jacques Cœur. Ce dernier pourrait être représenté sur ce vitrail, en jaune.

Jacques Cœur dirige ses vues vers le négoce international et forme une société avec les frères Pierre et Barthomié Godart. Cette association dure jusqu'à la mort des frères Godart, en 1439. Il conçoit un plan grandiose, plein d'audace, et d'une exécution difficile, mais qui doit lui apporter gloire et profit. Il ne s'agit de rien moins que de se porter rival des Vénitiens, des Pisans et des Génois pour le commerce du Levant. Afin de poser les bases de ses relations futures avec les nations orientales, Jacques Cœur se rend en Égypte et en Syrie dans le courant de l'année 1432. Un écuyer de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, dans le récit d'un pèlerinage qu'il fait à cette époque, dit l’avoir rencontré à Damas. Il se rend ensuite à Beyrouth, et s'y embarque sur une galère de Narbonne. De retour en France, Jacques Cœur établit des comptoirs à Montpellier, qui jouissent de privilèges spéciaux pour commercer avec les infidèles[5].

Le début des opérations du hardi négociant est presque instantanément couronné de succès inouïs, d’où des légendes sur sa découverte du secret de la pierre philosophale grâce à sa rencontre avec le fameux alchimiste Raimond Lulle, mort 120 ans plus tôt en 1316. Pierre Borel, dans Recherches et antiquités gauloises et françaises en 1655 écrira très sérieusement que « le père de Jacques Cœur était si pauvre qu'il n'avait pas de quoi louer boutique, mais qu'ayant fait la connaissance de Raimond Lulle, majorquin, celui-ci lui communiqua le secret pour faire de l'or, secret qu'il transmit à son fils, qui feignant d’avoir beaucoup gagné dans le commerce, couvroit, par ce moyen, l'origine de sa richesse »[12]. Cet historien est aussi à l’origine de la naissance de Jacques à Montpellier, de ce père orfèvre, indigent puis fabricant d’or.

Les échelles de Barbarie se situent dans le Maghreb actuel. Les échelles du Levant longent la côte depuis l'Égypte jusqu'à l'Anatolie.

En réalité, Jacques a plus de douze navires sillonnant la Méditerranée en tous sens, et « à lui seul », dit le chroniqueur Matthieu de Coucy, « il gagne chacun an plus que l’ensemble de tous les autres marchands du royaume ». Ses agents sont répandus au nombre de trois cents dans tous les ports et dans les villes principales de l'intérieur. Il a su les choisir intelligents et habiles, et a le talent de les stimuler et de les intéresser à la prospérité de son commerce. Au surplus, il met une grande loyauté et une extrême bonne foi dans ses transactions ; et des témoignages de générosité habilement répandus auprès des princes d'Orient lui donnent autorité et un grand crédit auprès d'eux[5]. Il reçoit le monopole d’importation des épices et du transport des marchandises françaises vers les ports musulmans.

Portrait de Jacques Cœur (auteur inconnu).

Jacques Cœur transporte aussi, mais contrairement aux lois, (car l'exportation des matières d'or et d'argent constitue un grave délit), des monnaies françaises, toujours fort recherchées dans les échelles du Levant. Cela lui sera reproché lors de son procès[13].

En 1432, de retour de Damas, Jacques Cœur débarque dans un Languedoc ravagé par la peste. Il vient de jeter les bases du commerce avec le Levant : bientôt sa flotte desservira toute la Méditerranée. Pour centre de ses affaires, il choisit Montpellier, attiré par le rayonnement culturel de la cité et par ses liens avec les pays arabes. Entre ses mains s’amasse une prodigieuse fortune : il achète de splendides hôtels, une trentaine de seigneuries, et prête de l’argent au roi lui-même…

Pour mener sa politique commerciale méditerranéenne, Jacques Cœur s'appuie sur Aigues-Mortes, Montpellier et Marseille. Il installe un chantier naval à Aigues-Mortes, organise ses propres écuries pour le transport de ses marchandises[14]. Au XVe siècle, Montpellier se redresse économiquement grâce à l'activité du port voisin de Lattes et au génie mercantile de Jacques Cœur, qui devient le grand argentier du roi Charles VII.

La présence à Pézenas et à Montagnac[Laquelle ?] de Jacques Cœur, attiré ici après son installation à Montpellier en 1442, par la richesse des foires annuelles, lieu privilégié de spéculation pour les marchands montpelliérains, est avant tout un témoignage de l'éminence du rôle économique de Pézenas dans le royaume de France. La demeure, construite pour le facteur du négociant et qui servait aussi d'entrepôt de marchandises, a été très remaniée depuis le XVe siècle. Cette maison de Jacques Cœur arbore des blasons aux motifs animaliers. Le futur Grand Argentier du roi qui a établi le centre de ses opérations commerciales à Montpellier en 1432, créé une factorerie à Pézenas réputée pour son activité de négoce. En 1436, il fut envoyé par Jean Beloysel, maître des comptes et maître de la Chambre aux deniers du roi et de la reine à Montpellier et à Pézenas pour toucher une délégation de mille moutons d’or faite au nom de la reine sur ses comptables du Languedoc[15].

Un personnage très important

Au service du roi (1439-1440)

Même le destin de ce fils de pelletier s’est joué en 1418, quand son mariage avec la petite-fille du maître de la monnaie de Bourges l’a introduit à la cour du futur Charles VII, l'attention du roi Charles VII est surtout attirée sur l'heureux commerçant. Malgré les abus qui lui sont reprochés, on le retrouve maître des monnaies à Bourges en 1435. L'année suivante, après la reddition de Paris, l'hôtel des monnaies de celle ville lui est également confié, et il y fait fabriquer les écus d'or à la couronne, dont la valeur réelle ne tarde pas à concurrencer les monnaies anglaises. Charles VII croit pouvoir demander plus encore à l'activité du maître des monnaies : il rétablit la charge d'argentier, et la lui confère. Le 2 février 1439[réf. nécessaire] : Jacques Cœur devient grand argentier du royaume de France. Cette charge consiste à recevoir tous les ans des trésoriers généraux une certaine somme affectée aux dépenses de la maison du roi, et dont il devait faire connaître l'emploi à la chambre des comptes. Entre les mains de Jacques Cœur ces fonctions prennent un caractère d'une utilité beaucoup plus générale. En régularisant l'emploi des finances du roi, livrées au désordre, et en créant des ressources nouvelles, il contribue puissamment à fournir les moyens dont Charles VII a besoin pour délivrer la France du joug anglais. La taille et le fouage (impôts directs), les aides et la gabelle (impôts indirects) sont progressivement institués à l'aide de Jacques Cœur, grand argentier du roi. La levée de ces impôts entraîne la création de nouvelles institutions[5].

Un écu d'or à la couronne.

« Cet homme intelligent », dit Jules Michelet, « rétablit les monnaies, invente en finances la chose inouïe, la justice, et croit que pour le roi, comme pour tout le monde, le moyen d'être riche, est de payer ». Il comprend les bienfaits de la statistique pour établir l'assiette de l'impôt et l'évaluation des ressources, et présente au roi un dénombrement sommaire de la population et du revenu du royaume ; de plus, des instructions pour policer la Maison du roi, le royaume de France. Ces services signalés méritent un témoignage de reconnaissance[5].

Au mois d'avril 1441, Charles VII accorde à son argentier des lettres d'anoblissement pour lui, sa femme et ses descendants. Le marchand est devenu homme d'État, le roturier devient noble, et prend armoiries : D'azur à la fasce d'or, chargées de trois coquilles de sable, allusion à saint Jacques, et accompagnées de trois cœurs de gueules, avec cette devise : A vaillans cuers riens impossible.

Conseiller, marchand et pourvoyeur de monnaies

Statue de Jacques Cœur à Bourges.

Mais le noble ne nuit pas au marchand, et tout en administrant les monnaies et les finances du roi, Jacques Cœur dirige son commerce avec les ports du Levant et de l’Italie, exportant draps, fers, toiles, vins et cuivre, et prenant eu échange soieries, draps d’or, fourrures, maroquins, tapis et pierres précieuses. Il faisait vendre même en l’ostel du roy les marchandises de luxe venues des pays lointains. Ainsi il se trouve parvenu à la plus haute position de considération et de fortune qu’un homme peut envier à cette époque[5].

En 1442, il devient le conseiller du roi de France. Le 25 septembre 1443, la Grande Ordonnance de Saumur, à l’instigation de Jacques Cœur fait que les finances de l’État vont être assainies. Le conseil du roi de 1444, dirigé par Dunois, est composé presque exclusivement de roturiers (Jacques Cœur, Jean Bureau, Étienne Chevalier, Guillaume Cousinot, Jouvenel des Ursins, Guillaume d'Estouteville, Tancarville, Blainville, Beauvau et le maréchal Machet). La France se relève et connaît la prospérité.

Charles VII lui donne de nombreuses marques de confiance. Il lui confie plusieurs missions diplomatiques. En 1444, il le charge, avec l'archevêque de Toulouse, de procéder à l'installation du nouveau parlement du Languedoc. La même année, en septembre, Jacques Cœur figure au nombre des commissaires chargés de présider au nom du roi les États généraux de cette province. Il remplit chaque année ces fonctions jusqu'à sa disgrâce[5].

Porte du Palais Jacques-Cœur, à Bourges. La statue équestre représente le roi Charles VII. Cette statue équestre sera détruite en 1792 par des Amis de la liberté et de l’égalité[16].

Ces États de Languedoc votent à diverses reprises des sommes importantes pour Jacques Cœur, en témoignage de reconnaissance pour les services qu'il rend au pays.

Eu 1446, l'argentier est chargé d'une mission à Gênes, où s'est formé un parti qui demandait l'annexion de cette ville à la France. L'année suivante, il est envoyé à Rome, à l'occasion du schisme que menace d'introduire dans l'Église l'élection par le concile de Bâle d'Amédée de Savoie, contre Eugène IV, candidat de la France. Dans toutes ces occasions il fait preuve de grande habileté.

Le 27 juillet 1447, Jacques Cœur, grand argentier du roi Charles VII, est l’instigateur d’une ordonnance décidant, pour la première fois depuis 1370, la frappe de pièces d'argent de bon aloi, à 92 % d’argent fin, ce qui créait ce que l’on a appelé le Gros de Jacques Cœur.

Les mines d'argent de la montagne de Pampailly, sur la commune de Brussieu, sont rachetées à cette époque par Jacques Cœur, qui les développe. Ces mines existaient depuis des temps très anciens et Hugues Jossard, homme de loi lyonnais, les avait acquies en 1388 pour y réaliser une extraction industrielle[17]. Jacques Cœur va ouvrir dans le Beaujolais et le Lyonnais des mines d'argent, de fer, de plomb, de cuivre. Il prend à ferme pour douze ans le droit que le roi levait sur toutes les mines. Il fonde une compagnie avec un maître mineur, un fondeur, un marchand de Beaujeu. Jacques Cœur a là une possibilité reconnue de se procurer du métal d'argent, alors que les ordonnances royales interdisent l'exportation des pièces monnayées. Désormais, où qu'il rafle des pièces d'argent, il pourra prétendre, en les embarquant pour le Levant, fondues en lingots, avoir extrait cet argent de ses mines[18].

Le roi entretient souvent son argentier avec abandon et intimité, ainsi que le dit plus tard ce dernier dans le cours de son procès. Jacques Cœur aime sincèrement Charles VII, et c’est dans une de ces conversations intimes que l'argentier, énumérant ses richesses, et en reportant l'origine plutôt à la protection royale qu'à son propre mérite et à son travail, dit : Sire, sous ombre de vous, je reconnois que j'ai de grands biens, profits et honneurs.... Et puis, il ajoute ces nobles et simples paroles : Sire, ce que j’ai est vostre. Alors le roi expose son désir de reconquérir la Normandie sur les Anglais. Jacques avance aussitôt deux cent mille écus. Le 6 août 1449 la guerre contre l’Angleterre reprend. Dunois et le duc de Bretagne conduisent l’opération.

Aussi, lors de l'entrée du roi à Rouen, le lundi 27 juillet 1447, l'argentier a une place d’honneur dans le cortège, marchant à côte de Dunois et vêtu comme lui. Il est devant les plus hauts membres de la noblesse et du clergé. Ces derniers ne protestent pas, car ils sont les obligés de Jacques Cœur. Ils ont tous recours à la bourse de l'argentier[5].

Ses châteaux

Le légitime orgueil de l'argentier se complait particulièrement dans la possession de biens immobiliers considérables, des terres et des maisons dans toutes les provinces. Les seigneurs ruinés par les guerres ou leurs veuves font argent de leur patrimoine. Les seigneuries et châtellenies passent entre les mains de Jacques. Il en a plus de vingt, comprenant quarante paroisses. Il a en outre des habitations dans un grand nombre de villes, deux à Paris, où il fonde et fait d’importants dons au collège des Bons-Enfants, de l'ancienne université de Paris. À Montpellier, il a deux hôtels, dont l'un construit à l'italienne, est recouvert d'une terrasse d'où l'on aperçoit la mer, et d'où Jacques peut signaler l'arrivée de ses navires. L'argentier a encore des maisons à Lyon, Marseille, Béziers, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Sancerre ; mais la plus remarquable de ses habitations est le palais Jacques-Cœur à Bourges[5].

Ainay-le-Vieil, ce château est construit au XIVe siècle et devient l’un des fiefs de Jacques Cœur.

En 1450, la terre de Saint-Fargeau est vendue à Jacques Cœur et c'est à cette occasion, que le fils du sire de la Trémouille, désireux de rester propriétaire de Saint-Fargeau, garde un tenace ressentiment envers le nouveau propriétaire. Jacques Cœur, arrêté en 1451 et emprisonné pendant 22 mois, meurt en 1456 sans avoir fait aucune construction dans le château. Saint-Fargeau est saisi au profit du juge qui le condamne Antoine de Chabannes et le château de Saint-Fargeau est reconstruit en 1453 sur les bases de l'ancienne forteresse par cet Antoine de Chabannes, après la disgrâce de Jacques Cœur.

Au XVe siècle, faute d'entretien et du fait des pillages, le château d'Augerville devient une ruine que rachète Jacques Cœur qui, en tant que grand argentier du roi Charles VII, a coutume de racheter les fiefs abandonnés après la guerre de Cent Ans pour les remembrer à sa guise. L'achat du château d'Augerville par Jacques Cœur en 1452 correspond à l'apogée du ministre, mais il n'aura pas le temps d'y séjourner. En effet, traduit devant la Justice royale pour malversations, il est condamné à l'exil, où il meurt, et voit ses biens confisqués en 1453.

Le palais Jacques-Cœur

Nous présentons (35) une vue cavalière de cet hôtel, le palais Jacques-Cœur, prise du point P'...[19]

Jacques Cœur fait construire un fastueux palais à Bourges. Sa devise, A vaillans cuers riens impossible, est encore très connue de nos jours, transformée en À cœur vaillant, rien d'impossible.

L'hôtel de Jacques Cœur est bâti dans l'espace des années 1443 et 1453, et sa construction coûte la somme de deux cent quinze mille francs, sans les accessoires. Jacques-Cœur, ayant acquis l'une des tours des remparts de Bourges vulgairement appelée la tour de la Chaussée, du fief de ce nom, fait construire en 1443 une autre tour sur la même ligne, mais d'une structure beaucoup plus belle que cette dernière, et entre ces deux tours il fait élever son hôtel, qui porte alors le nom d'hôtel de la Chaussée. Il se sert en partie pour sa construction des pierres tirées des anciens fondements des murs élevés sur son emplacement sous la domination romaine, et que l'on avait commencé à démolir en grande partie en vertu d'une charte donnée par Louis VIII, en 1224, et par laquelle il a permis de bâtir sur les remparts et les fortifications[20].

Le palais Jacques-Cœur, situé à Bourges, est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique tardive. Cet édifice naît de la volonté de Jacques Cœur de bâtir une grant’maison dans sa ville natale. Il préfigure les hôtels particuliers qui fleuriront à la Renaissance. Toutefois, l’argentier de Charles VII n’y habite pas, même si ce palais passe pour l'une des plus belles maisons particulières du royaume. Lorsque Jacques Cœur est arrêté. Le palais est alors confisqué avec tout son mobilier par la couronne.

Sculpture de Jacques Cœur sur la façade de l’hôtel Jacques Cœur.

La maîtrise d'œuvre est assurée par deux hommes de Jacques Cœur, Pierre Jobert et Jacquelin Culon, aidé à partir de 1447 de Guillot Trépan et de personnes d'expérience qui avaient travaillé à la construction du palais du duc Jean Ier de Berry. C'est dans la mouvance de Beauneuveu et Dammartin que ce chantier se déroule, mais l'homme de la situation est Colin Le Picard, maître des œuvres du roi, qui habite à Bourges depuis 1413[21].

Cet ensemble est l'un des plus curieux monuments d'architecture que nous a laissé cette époque. Il est remarquable par le luxe de ses sculptures, au milieu desquelles on retrouve sans cesse des coquilles et les cœurs ainsi que le navire, symboles de la fortune de Jacques Cœur. Les devins abondent dans les bas-reliefs. Antoine Asti, poète contemporain, qui visite le palais, écrit qu'il a du coûter déjà cent mille écus et il n'est cependant pas terminé encore[5].

Ce vaste hôtel, élevé entre les rues des Arènes et de Jacques-Cœur, a sa principale entrée sur cette dernière rue. Sa façade, composée d'un pavillon et de deux ailes, est remarquable par la richesse de sa structure. Elle présente au premier étage sept grandes croisées, dont une est pratiquée dans le pavillon du centre; toutes sont carrées et accompagnées de balcons décorés de trèfles découpés à jour, dans lesquels sont alternativement sculptés des cœurs et des coquilles[22].

La façade arrière est bâtie sur le rempart gallo-romain, en réutilisant les tours, son aspect est rude, à l'inverse de la façade donnant sur la rue, qui est un bijou de raffinement[21].

Agnès Sorel

Portrait d'Agnès Sorel.

En cette année 1444, le roi offre à Agnès Sorel vingt mille six cents écus de bijoux dont le premier diamant taillé connu à ce jour. Pour se procurer ces atours précieux, elle devient la meilleure cliente de Jacques Cœur, marchand international et grand argentier du roi, qui a amassé des trésors venus d’Orient dans son palais de Bourges. Elle consomme de grandes quantités d'étoffes précieuses et, bien sûr, toutes les femmes de la cour l’imitent.

Une amitié va les lier, elle protège Jacques Cœur, et cela lui permettra de monter dans l'honorabilité et favorise son commerce. Il est l’un de ses trois exécuteurs testamentaires avec Étienne Chevalier et le médecin d'Agnès, cela donne une idée des liens entre elle et Jacques Cœur. Certains auteurs ou romanciers feront d'une liaison entre Jacques Cœur et Agnès Sorel la clé des malheurs du grand argentier[23].

Elle meurt à l’âge de vingt-huit ans au Mesnil-sous-Jumièges, le 9 février 1450. L'enfant meurt quelques semaines après elle. Sa mort est si rapide qu’on croit tout d’abord à un empoisonnement. On accuse même Jacques Cœur, de l’avoir fait assassiner, mais il fut lavé de ce chef d’inculpation. Les soupçons se portèrent alors jusqu'au XXIe siècle sur le dauphin, le futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutient. L'accusation d'empoisonnement tombe d'elle-même. Agnès Sorel est morte en couches, et son enfant a vécu six mois. Aussi, Jeanne de Vendôme, convaincue de calomnie, est condamnée à faire amende honorable. Jacques Cœur étant très jalousé pour sa grande fortune, ses ennemis et ses envieux parviennent à le perdre. Après la mort d'Agnès Sorel qui le protégeait, Charles oublie ses services et l'abandonne à l'avidité des courtisans, qui se partagent ses dépouilles. Accusé de crimes imaginaires, il est arrêté pour malversation en 1451.

Sa disgrâce

Son procès

Portrait de Jacques Cœur.

Le 31 juillet 1451, après avoir entendu le Grand Conseil, le roi Charles VII, au château de Taillebourg près de Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime), décide d'imputer à Jacques Cœur le crime de lèse-majesté, ce qui a pour conséquence l'arrestation immédiate du Grand Argentier, astreint à tenir prison fermée, et entraîne la mise sous séquestre de ses biens. Antoine de Chabannes participe au procès de Jacques Cœur, partie par devoir, partie par jalousie, et bénéficie largement du dépeçage de ses biens, se voyant octroyer en fief une bonne partie de la Puisaye, et le château de Saint-Fargeau.

Jacques Cœur eut la satisfaction d'assister au Grand Conseil du château de Taillebourg, sans aucune information préalable. Le roi prend aussitôt cent mille écus pour la guerre de Guyenne. Le Florentin Otto Castellain a pour sa part les fonctions d'argentier. Mais ce qui est particulièrement odieux, c'est que ceux même qui s'enrichissaient des dépouilles de l'inculpé furent ses geôliers, les commissaires de son procès et ses juges. Mais les ennemis sont nombreux. Il y a trop de gens intéressés à ne pas laisser déclarer innocent un homme dont ils ont déjà en partie partagé les biens : ceux à qui il a prêté de l'argent sans intérêt, et dont la liste est longue, se trouvent tout d'un coup quittes de leurs dettes par la condamnation de leur bienfaiteur; ainsi il ne faut pas s'étonner s'il s'élève contre lui tant d'ennemis qui lui cherchent des crimes pour le rendre coupable. Ils obtiennent donc du roi une autre commission pour faire informer sur de nouvelles accusations ; les principales est qu'il avait fait sortir du royaume de l'argent et du cuivre en grande quantité ; qu'il avait renvoyé à Alexandrie un esclave chrétien qui s'était réfugié en France, et avait abjuré le christianisme depuis son retour en Egypte ; qu'il avait contrefait le petit scel du secret du roi et ruiné le pays de Languedoc par des exactions sans nombre, par d'affreuses concussions colorées de différents prétextes propres à faire retomber sur le prince tout le mécontentement des peuples. On l'accuse enfin d'avoir, sans la permission du roi et du pape, transporté chez les Sarrasins une grande quantité d'armes qui n'avait pas peu contribué, disait-on, au gain d'une victoire remportée par ces infidèles sur les chrétiens[24].

En octobre, Jacques Cœur, emprisonné depuis 1451, torturé, dépossédé de ses biens, s’évade de la prison de Poitiers avec la complicité du pape qu’il rejoint à Rome.

Jacques Cœur face à la justice fait amende honorable.

Charles de Culant, Grand Maître de l'Hôtel de France, frère de Philippe de Culant, maréchal de France, en mars 1451, est une autre des victimes du procès de Jacques Cœur. Il est accusé d'avoir détourné à son profit la solde des gens d'armes. Sur les comptes, il mentionne la solde des francs archers alors qu'il s'agit d'écuyers, la différence de cette solde finit dans sa poche. Il a, quelque temps plus tôt, ourdi un complot contre son oncle l'amiral Louis de Culant (1360–1444). Ses offices lui sont supprimés Charles VII de Georges Minois

Le 14 juin 1452, une réunion générale se tient au château de Chissay, à proximité de Tours, pour faire le point sur l'affaire Jacques Cœur, savoir s'il convient de poursuivre l'instruction et de lever le secret.

À tout il répond avec simplicité et précision. Il explique et justifie tout, protestant qu'il avait servi constamment le roi sans lui avoir fait aucune faute d'avoir pris larcineusemeut aucun de ses deniers. On lui demande ses preuves, et on le met dans l'impossibilité de les fournir. On éloigne de lui tous ceux qui peuvent lui être utiles, et on n'accueille que les dépositions de ses ennemis, gens paillards, perdus, indignes, accusés de meurtre et décriés par leurs crimes, disent dans leurs plaintes les cinq enfants de Jacques Cœur. Ceux-ci tiennent mémoire sur mémoire, et n'obtiennent rien. L'évêque de Poitiers, Jacques Jouvenel des Ursins, et l'archevêque de Bourges réclament l'argentier, comme clerc tonsuré, au nom de la juridiction ecclésiastique. Le pape lui-même écrit à Charles VII en faveur de l'argentier, et envoie un ambassadeur ; tout est inutile. Le procès traîne en longueur, pendant que le prisonnier est conduit de château en château, de château de Taillebourg au château de Lusignan, de Lusignan à Maillé, puis à Tours et à Poitiers[5].

La commission dont Castellain fait partie décide de faire donner la question à Jacques Cœur. Celui-ci dépouillé de ses vêtements et garroté, sent son cœur faiblir à l'aspect de la torture. Une vie toute de bonheur et de luxe n'a pas affermi son âme contre les souffrances. Il renonce à son appel à la juridiction ecclésiastique, et s'en rapporte au témoignage de qui l'on veut. C'est au milieu de ces peines de corps et d'esprit que Jacques apprend que sa femme venait de mourir, à Bourges[5]. En effet, Macée de Leodepard est morte de chagrin dans le cours de son procès[25].

Le 29 mai 1453, après avoir entendu le Grand Conseil, le roi Charles VII, au château de Lusignan, décide d'imputer à Jacques Cœur le crime de lèse-majesté, ce qui a pour conséquence l'arrestation immédiate du Grand Argentier, astreint à tenir prison fermée, et entraine la mise sous séquestre de ses biens. Jacques Cœur est reconnu coupable sur tous les chefs, flétri, condamné à quatre cent mille écus d'amende et à confiscation du reste de ses biens au profit du roi. Il doit rester en prison jusqu'au paiement de l'amende et ensuite être banni hors du royaume[5].

Sur le fait seul de l'empoisonnement d'Agnès Sorel, l'arrêt ne reconnaît pas la culpabilité de Jacques, mais aussi il ne proclame pas son innocence, disant simplement : « pour ce que du procès n'est pas en état de juger pour le moment, il n'est fait aucun jugement, et pour cause. » Ce trait peint la bonne foi des juges et du roi.

Jacques Cœur reçoit, le 2 juin 1453, à Poitiers, commandement de payer la somme de quatre cent mille écus. Trois jours après un échafaud est dressé sur la grande place de cette ville, et en présente d'une foule immense, Jacques à genoux, sans ceinture ni chaperon, une torche de dix livres de cire au poing, doit faire amende honorable. Le procureur général Jean Dauvet met incontinent l'arrêt à exécution, quant aux biens. Maisons, châteaux, seigneuries, mines, marchandises, galères, tout est saisi. Quant aux créances des tiers sur les biens, on refuse, par ordre du roi, d'en reconnaître aucune[5].

Tout ce que la reconnaissance peut inspirer à Charles VII est d'accorder cinq cents livres aux enfants de l'argentier; et nous voyons l'état de détresse de l'un d'eux, Ravant, peint dans ce fait que le procureur général doit lui faire faire deux robes noires fourrées d'agneau, un chaperon et un pourpoint, « le tout jusqu'à vingt-huit livres tournois en déduction des cinq cents livres ». Ensuite on remet à Ravant vingt-cinq livres, mais seulement après qu'il a juré qu'il n'a pas un seul denier pour vivre.

Vieille porte de l'enceinte de Beaucaire.

L'arrêt qui frappe Cœur est si évidemment inique, qu'il ne trouve pas un seul panégyriste parmi les gens désintéressés. Les dires de tous les chroniqueurs sont unanimes à ce sujet et conformes à l'opinion de La Thaumassière, qui écrit : Ses richesses furent le plus grand de ses crimes, et donnèrent envie à des vautours de cour d'en poursuivre la confiscation. Et en effet, ces vautours se les partagent, avec autorisation du roi, moyennant des simulacres d'enchères[5].

Cependant Jacques Cœur se trouve transféré au mois de janvier 1455 dans le couvent des Cordeliers de Beaucaire. Il n'y est ni libre ni à l'abri des atteintes de ses ennemis ; car il fait parvenir à l'un de ses agents, réfugié à Marseille, une lettre dans laquelle il lui dit que, pour Dieu, il est pitié de lui en trouvant moyen de le tirer hors de là, et de lui sauver la vie. Il faut savoir que ce Jean de Village est neveu de Jacques Cœur, ayant épousé sa nièce ; et lors de la condamnation de son oncle, il s'est, ainsi que plusieurs autres agents, conduit noblement et courageusement. Il a sauvé une partie des biens de l'argentier par l'énergique opposition qu'il fait lors de la saisie; ensuite pour soustraire à la vengeance des gens du roi. Il s’est retiré à Marseille. Au reçu de la lettre de Jacques Cœur, il prend la résolution de le sauver. Il se rend d'abord à Tarascon, ville qui n'est séparée de Beaucaire que par le Rhône. Il se loge chez les cordeliers de Tarascon, et gagne l'un de ces religieux ; celui-ci va visiter ses confères de Beaucaire, peut voir le prisonnier, et établit des relations entre lui et son neveu. Jean de Village fait dire à son oncle qu'il a espoir et courage, et ensuite revient à Marseille pour y faire les préparatifs de l'enlèvement. Il s'adjoint Guillaume Gimart et Gaillard, autres agents de Jacques Cœur, et de plus ses compatriotes ; il choisit encore vingt marins, hommes de confiance et déterminés, et tous ces gens, armés et munis des objets nécessaires, se rendent à Tarascon. Dès le jour de leur arrivée, Jacques est averti qu'il va sortir du couvent de Beaucaire aussitôt après les matines qui se disent à minuit. L'un des compagnons de Jean de Village connaît une brèche dans les hautes murailles qui entourent Beaucaire. À l'heure dite, une barque traverse le Rhône en silence, portant les libérateurs de Jacques Cœur. La troupe aborde, élargit et escalade la brèche. Elle rejoint le prisonnier, qui a franchi l'enceinte du couvent. On reprend ensuite le même chemin, à travers les rues silencieuses, et peu après l'on traverse de nouveau le fleuve sans encombre[5].

Enfin libre

Jacques Cœur meurt en commandant une flotte du pape essayant d'arrêter le déferlement des Ottomans sur la chrétienté, illustré par cette toile montrant l'entrée de Mehmed II dans Constantinople.

Jacques Cœur s'évade donc en 1454 avec l'aide de complices arlésiens et marseillais[26], après un peu moins de trois ans de prison. Le plus périlleux est fait ; mais Jacques Cœur et son escorte ne s'arrêtent pas à Tarascon. Ils gagnent, à travers la Crau, le petit port de Bouc où une embarcation les attend. On navigue jusqu'à Marseille, et de là Jacques se rend à Nice, par la route terrestre. Une de ses galères le transporte de Nice, d'où il parvient heureusement à Rome. Le pape Nicolas V, qui apprécie beaucoup Jacques Cœur depuis le voyage diplomatique que celui-ci a fait Rome en 1447, veut qu'il demeure en son prорrе palais, et le fait soigner par ses médecins. Miné par la maladie qu'il fait à la suite des mauvais traitements endurés, Jacques Cœur passe l'année 1455 à Rome, à recueillir les débris de sa fortune, car tout n'était pas en France : nombre de galères se trouvaient en mer pendant son procès, et il a des biens qui sont entre les mains de ses correspondants d'Italie et du Levant. De plus, il reçoit des bénéfices qui ont pu être mis à l'abri par certains ses agents demeurés fidèles. Jean de Village vient lui rendre des comptes.

En 1456, il s'embarque sur une flotte que le pape Calixte III a armée et lui a confiée pour porter secours aux chrétiens menacés par les Ottomans, alors maîtres depuis peu de Constantinople. Jacques Cœur devient le conseiller et le financier de l’expédition. Il a le titre de capitaine général de l'Église et commande la flotte sous la direction du patriarche d'Aquilée. L'expédition passe par Rhodes, puis aborde à Chios[27]. Pendant son séjour dans cette île, le capitaine général tombe malade ou est blessé, et meurt le 25 novembre  1456. Il est enseveli au milieu du chœur de l'église des Cordeliers. Avant d'expirer il écrit au roi Charles VII pour l'implorer en faveur de ceux de ses enfants qui sont séculiers, afin qu'ils puissent vivre sans nécessité.

L'obituaire de Saint-Étienne de Bourges lui donne le titre de capitaine-général de l'Église contre les infidèles, et Charles VII, auquel il recommande ses enfants en mourant, déclare dans des lettres du 5 août 1457, que Jacques Cœur étoit mort en exposant sa personne à l'encontre des ennemis de la foi catholique[25]. Le pape fait allusion à des combats contre les Turcs, ce qui est intéressant. Il écrit en effet : « inibi actibus bellicis contra eosdem Infideles insistendo ».

Famille et descendance

Statues de Chrestienne Leclerc Du Vivier et de Louis XI. La statue est entrée au musée du château de Versailles sous le nom d’Isabelle Bureau, femme de Geoffroy Cœur, échanson de Louis XI, fils de Jacques Cœur.

Charles VII, par lettres patentes datées du 5 août 1457, restitue à Ravant et à Geoffroy Cœur une faible partie des biens de leur père. Sous Louis XI, Geoffroy, qui est maître d'hôtel de ce roi, obtient la réhabilitation de la mémoire de son père et des lettres de restitution plus complètes; mais les contestations qui s'élèvent à ce sujet entre la famille Cœur et le comte Antoine de Chabannes ne prendront fin que sous Charles VIII, au moyen d'une transaction entre Isabelle Bureau, la veuve de Geoffroy, et le fils d’Antoine de Chabannes[5].

Après 10 ans de séquestre, en 1463, son fils Geoffroy loue une partie du fief, privé qu'il est de l'héritage paternel. Geoffroy Cœur est mort en 1488, léguant le château d'Augerville à son fils Jacques II Cœur, qui ayant accès à l'héritage de son grand-père, dilapide sa fortune. Quand il meurt en 1505 sans descendance, la lignée directe des Cœur s'éteint dans sa personne. Néanmoins, sa sœur Marie Cœur hérite du château d'Augerville grâce à la création d'un marché et de deux foires à Augerville-la-Rivière par le roi Louis XII, dès 1508.

Jacques Cœur ne néglige aucune occasion d'établir sa famille dans des postes importants, et d'ajouter à sa puissance personnelle celle que donnent des alliances considérables. Nicolas Cœur, son frère, est chanoine de la Sainte-Chapelle à Bourges ; déjà, en 1441, Jacques Cœur l'avait fait nommer évêque de Luçon. Jacques Cœur a aussi une nièce et une sœur : la première, Perrette, est mariée à Jean de Village, qu'il avait associé à son commerce, et qui était chargé de la direction de ses affaires à Marseille; l'autre épouse Jean Bochetel, secrétaire du roi, dont quelques descendants seront secrétaires d'État et ambassadeurs. L'argentier a cinq enfants, avec Macée de Léodepart, quatre fils et une fille[28] :

...Au XVe siècle, des armoiries, des emblèmes, des scènes rappellent certains événements de la vie des seigneurs ou bourgeois qui faisaient bâtir...[29]
  • Jean Cœur (1421-1483), même avant d'avoir atteint l'âge canonique, est élu par le chapitre de cette ville pour succéder à l'archevêque de Bourges Henry d'Avangour (1421-1446), à l’âge de 25 ans. Cependant son élection, bien que fortement appuyée par Charles VII, n’est pas approuvée immédiatement par le Saint-Siège. Plusieurs lettres sont écrites sans succès à Eugène IV pour le décider à confirmer cette nomination. Celui-ci temporise, soit à cause de la jeunesse de Jean Cœur, soit peut-être dans l'espoir d'obtenir de meilleures conditions dans l'arrangement des affaires de l'Église. Une nouvelle lettre du chancelier de France, Guillaume Jouvenel des Ursins, vient le supplier, au nom du roi, d'accorder l'investiture au fils de son argentier. On prévient en même temps Eugène IV qu'il trouvera la France d'autant mieux disposée à son égard. Enfin, après quatre ans d'attente, toutes les difficultés sont levées. Le jeune archevêque de Bourges, en même temps métropolitain, patriarche et primat des Aquitaines, fait son entrée solennelle dans cette ville au mois de septembre 1450. Il n'avait pas plus de vingt-neuf ans. Rien ne donne mieux, sans doute, une idée du crédit dont jouit alors Jacques Cœur. Ses principaux amis, parmi lesquels on remarquait Jean de Bar, conseiller du roi, les évêques d'Agde, de Carcassonne et de Nevers, et une foule de nobles chevaliers assistent à cette entrée, à l'occasion de laquelle Jacques Cœur donne dans son hôtel de La Chaussée, alors bien près d'être complètement terminé, une fête splendide[30]. Les enfants de Jacques Cœur, surtout son fils aîné, archevêque de Bourges, ne cessent de solliciter la réhabilitation de sa mémoire et la restitution de ses biens[25].
  • Henri Cœur(1429-14??) chanoine de la Sainte Chapelle de Bourges. Après la mort de l'argentier, il obtient du Pape l'autorisation de ramener le corps de son père en France[31]. Jean d'Auton , historien de Louis XII, et qui a vécu avec les enfants de Jacques Cœur, dit qu’il y est enterré dans l'église des cordeliers[25].
  • Ravant Cœur, après ses gros soucis pécuniaires, il n’est plus cité dans les actes.
  • Perrette Cœur, mariée en juin 1447 avec Jacques Trousseau, écuyer, seigneur de Saint-Palais et Marville, fils d’Arthaud Trousseau, vicomte de Bourges, propriétaire du château de Bois-Sir-Aimé, lieu de résidence de Charles VII et d'Agnès Sorel. Ce château qui est en très mauvais état est réparé par l'argentier sur son argent propre[31]. La dot de sa fille est de dix mille livres en monnaie courante[28] (3 petits-enfants).
  • Geoffrette Cœur, mariée avec Jean de Cambrai, seigneur de La Tour de Clamecy, Panetier de Charles VII[32].

Ses descendants ne sont pas restés gens d'affaires car ils sont tous désormais soit seigneurs, soit membres de l’Église. Après la mort de Jacques Cœur aucun homme d’affaires n’a la puissance politique des maîtres de Lisbonne ou d’Amsterdam. Toutefois la Provence qui échoit au royaume de France, va lui permettre grâce à la bourgeoisie de Marseille de refonder sa fortune méditerranéenne[33].

Marie-Madeleine de Castille, femme de Nicolas Fouquet, lui-aussi victime d'un roi ingrat, est la fille de Charlotte Garrault de Belle-Assise[34]. Son arrière-grand-mère, Marie Balue est la nièce du cardinal Jean Balue et de Geoffroy Cœur, fils de Jacques Cœur[35].

Hommage et postérité

Honoré de Balzac lui rend hommage dans Splendeurs et misères des courtisanes, 1844, comme un négociant exemplaire, en opposition aux financiers et banquiers dont les faillites frauduleuse nuisent à l'économie :

« Les fortunes colossales des Jacques Cœur, des Médici, des Ango de Dieppe, des Aufrédy de La Rochelle, des Fugger, furent jadis loyalement conquises (...); mais aujourd'hui, (...) la concurrence a si bien limité les profits, que toute fortune rapidement faite est : ou l'effet d'un hasard et d'une découverte, ou le résultat d'un vol légal[36]. »

Il est aussi le sujet principal du billet de la Banque de France de 50 francs type 1941.

Notes et références

  1. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours : avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Firmin Didot frères, fils et cie, 1855, v. 11, p. 49 à 58 et Jacques Cœur et Charles VII l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises: l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts..., Pierre Clément, Didier et cie, 1866, page 6.
  2. La Loire historique pittoresque et biographique de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'Océan, 1851, p. 98.
  3. Jacques Cœur et Charles VII l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises: l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts..., Pierre Clément, Didier et cie, 1866, page 6.
  4. Histoire du Berry depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1789, Louis de Raynal, 1881, p. 53.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours : avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Firmin Didot frères, fils et cie, 1855, v. 11, p. 49 à 58.
  6. a et b Jacques Cœur, les jeunes années
  7. Aujourd’hui église Notre Dame
  8. a et b Jacques Cœur et Charles VII l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises: l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts ... Pierre Clément, Didier et cie, 1866, p. 8.
  9. Bibliothèque nationale, PO 799, cabinet d’Hozier 99 no 2640, dossiers bleus 201 et Gauchery P. et Grossouvre, Notre vieux Bourges, Dequand, 1980, p. 93.
  10. BN Dossiers bleus 671 et Artefeuil.
  11. Jacques Cœur et Charles VII l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises: l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts ... Pierre Clément, Didier et cie, 1866, page i.
  12. Jacques Cœur et Charles VII l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle ; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises: l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts..., Pierre Clément, Didier et cie, 1866, page 7n.
  13. Jacques Cœur et Charles VII l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle ; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises: l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts..., Pierre Clément, Didier et cie, 1866, page 11.
  14. Dictionnaire d’histoire de France, Perrin, André Castelot, Alain Decaux, 1981, p.218.
  15. Vallet de Viriville, Histoire de Pézenas, Une ville d’États, p22.
  16. Gauchery P. et Grossouvre, Notre vieux Bourges, Dequand, 1980, p. 93.
  17. http://www.brussieu.com/maison_de_la_mine/
  18. http://medieval.mrugala.net/Jacques%20Coeur/Jacques%20Coeur.htm
  19. La construction est partout traitée avec un soin extrême et la sculpture d'un charmant style, appropriée à chacun des services, entremêlée d'emblèmes, de devises, de cœurs, de plumes et de coquilles. Ainsi, au-dessus des trois baies de l'escalier de la chapelle, dans les tympans, le sculpteur a placé un prêtre revêtu de l'aube, se disposant à la bénédiction de l'eau; derrière lui un jeune clerc sonne la messe; puis vient un mendiant, appuyé sur une béquille, comme pour indiquer que le lieu saint est accessible à tous. Le second bas-relief représente des clercs préparant l'autel. Le troisième, des femmes qui arrivent à l'office, précédées d'un enfant qui ouvre une porte. En haut de l'escalier est un quatrième bas-relief représentant le Père Éternel avec deux anges en adoration. Au-dessus de la porte de l'escalier, côté des cuisines, est sculptée une large cheminée devant laquelle pend un coquemard ; un enfant tourne la broche, une femme lave des plats, et un cuisinier pile des épices dans un mortier ... Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1856, Eugène Viollet-le-Duc.
  20. Mémoires, Société nationale des antiquaires de France, Maximilien de Béthune Sully, Paul de Gondi Retz, 1836, ser. 2 : t.2 (1836), p. 262.
  21. a et b Le Palais Jacques Cœur de Bourges
  22. Mémoires, Société nationale des antiquaires de France, Maximilien de Béthune Sully, Paul de Gondi Retz, 1836, ser.2 : t.2 (1836), p. 263.
  23. Agnès Sorel et Jacques Cœur.
  24. Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet, Enguerrand de Monstrelet, J A Buchon, François Noël Alexandre Dubois, Verdière, 1826, p. 358 et 359.
  25. a, b, c, d et e Histoire de la rivalité de la France et de l'Angleterre, Gabriel-Henri Gaillard, Blaise, 1818, v.4, p. 115 et 116.
  26. Lecoy de La Marche, Albert (1839-1897) - Le roi René, sa vie, son administration, ses travaux artistiques et littéraires : d'après les documents inédits des archives de France et d'Italie, page 297 :
    Un peu plus tard, l'argentier lui-même (NDLR / il s’agit de Jacques Cœur), ayant réussi à s'évader, trouva un refuge momentané sur le territoire provençal. Repris par les gens du Roi à Beaucaire, qui dépendait de la couronne, il fut délivré, la nuit, par quelques amis venus d'Arles et de Marseille. Charles se plaignit aux consuls et aux viguiers de ces deux villes. On lui répondit que les coupables et le prisonnier lui-même avaient disparu. Malgré de nouveaux messages comminatoires, le secret de jour retraite ne fut pas trahi, et, peu de temps après, ils se trouvaient en sûreté en Italie. La femme et les enfants de Jean de Village (NDLR / le neveu de Jacques Cœur) purent seuls être arrêtés et emprisonnes, ainsi que les fils de Jacques Coeur. La généreuse protection (NDLR : celle du roi René) qui avait sauve la personne des deux proscrits ne s'étendait pas assez loin pour garantir entièrement leur famille et leurs biens.
    L'année suivante, le 30 mars 1455, un conseiller du roi de France, Charles VII se plaint auprès des syndics d'Arles de la complicité des arlésiens.
  27. J A Buchon Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet, 1826, p. 389
  28. a et b Le Correspondant : religion, philosophie, politique, histoire, sciences, économie sociale, voyages, littérature, beaux arts, Bureaux du Correspondant, 1852, t. 31 (1852-53), p. 48.
  29. Ainsi, dans le charmant hôtel de Jacques Cœur, à Bourges, derrière une armoire détruite il y a quelques années, on a découvert un cul-de-lampe fort curieux. Ce cul-de-lampe est placé dans la salle qui passe (non sans raison) pour avoir été le trésor, le cabinet de Jacques Cœur. En effet, cette salle est bien fermée par une porte en fer, et elle se trouve dans l'une des tours anciennes contre lesquelles le palais est bâti. Il semblerait même que l'armoire, qui masquait le cul-de-lampe, avait été placée là dès l'origine de la construction, car le carrelage ancien n'existait pas au-dessous d'elle... Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1856, Eugène Viollet-le-Duc.
  30. Le Correspondant : religion, philosophie, politique, histoire, sciences, économie sociale, voyages, littérature, beaux arts, Bureaux du Correspondant, 1852, t. 31 (1852-53), p. 48 et Gauchery P. et Grossouvre, Notre vieux Bourges, Dequand, 1980, p. 93.
  31. a et b Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours : avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Firmin Didot frères, fils et cie, 1855, v. 11, p. 49 à 58. et Les Enfants de Jacques Cœur
  32. Sources : document manuscrit du père Hubert (conservé à la Bibliothèque d'Orléans), "La France Pontificale", Mémoires de Michel de Castelnau (1731) établies par Jean Le Laboureur, La Gallia Christiana,Dictionnaire de la Noblesse de François Aubert de la Chesnaye-Desbois, cités par Les Enfants de Jacques Cœur.
  33. La France et la Méditerranée: vingt-sept siècles d'interdépendance, Irad Malkin, BRILL, 1990, p.126.
  34. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances, Adolphe Chéruel - p. 355.
  35. Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, Auguste Vallet de Viriville, Vve J. Renouard, 1865, v.3, p. 273n.
  36. Édition Furne, 1845, vol. XI, p. 488

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jacques Cœur » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878  (Wikisource)

Bibliographie

  • Georges Bordonove, Jacques Cœur et son temps, Pygmalion, 1977.
  • Jacques Heers, Jacques Cœur, Perrin, 2008.
  • Jean-Yves Ribault, Le palais Jacques-Cœur, Éditions du Patrimoine, 2001, ISBN 978-2-85822-609-2.
  • Robert Guillot, La Chute de Jacques Cœur. Une affaire d'État au XVe siècle, L'Harmattan 2008.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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