Film D'horreur

Film D'horreur

Film d'horreur

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Le film d'horreur est un genre cinématographique dont l'objectif est de créer le sentiment de peur et d'angoisse de caractère morbide chez le spectateur. Parmi les films d'horreur les plus connus, nous trouvons Frankenstein (de James Whale), Dracula (de Tod Browning), L'Exorciste (de William Friedkin), Halloween (de John Carpenter), Vendredi 13 (de Sean S. Cunningham), Les griffes de la nuit (de Wes Craven), Scream (de Wes Craven), la célèbre série des Zombie (de George Andrew Romero), Shining de Stanley Kubrick ou Carrie au bal du diable de Brian de Palma.

Sommaire

Avant-propos

D'aucuns trouveront étonnante, voire hors-sujet, la présence de certains films dans cet article. En effet, des œuvres telles que King Kong ou Godzilla sont plus volontiers considérées aujourd'hui comme des films fantastiques ou de science-fiction. Il ne faut pas oublier qu'avec l'évolution des mœurs, la perception de l'horreur a changé au fil des générations, et a fatalement fait basculer un film d'un genre à l'autre.

Enfin, l'horreur est aussi affaire de sensibilité personnelle. Si certains films tels Vendredi 13 ou Massacre à la tronçonneuse ne souffrent pas de discussion, d'autres œuvres comme Les Dents de la mer, Délivrance ou encore Cannibal Holocaust sont plus volontiers sujets à caution, du fait de l'impact du film sur le spectateur.

Historique

Les films muets

Le Cabinet du Docteur Caligari

L' horreur cinématographique apparaît dès les débuts du cinéma. On considère communément Georges Méliès comme le créateur du genre, avec des films tel que Le Manoir du diable en 1896 et La Caverne Maudite en 1898.

Le genre sera véritablement lancé grâce au cinéma expressionniste allemand avec, pour les plus connus, Le Cabinet du docteur Caligari (Das Kabinett des Doktor Caligari, de Robert Wiene) et Le Golem (Der Golem, wie er in die Welt kam, de Carl Boese et Paul Wegener) en 1920. C'est en 1922 que sort Nosferatu le vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, de F.W. Murnau), probablement l'œuvre la plus importante dans l'émergence du genre. L'ambiance particulièrement morbide du film et la terrifiante prestation de Max Schreck dans le rôle de Nosferatu auront un impact considérable sur le cinéma d'horreur.

Aux États-Unis, Notre-Dame de Paris (The Hunchback of Notre-Dame, de Wallace Worsley) sort en 1923, et devient le premier film américain important du genre. En 1925, Le Fantôme de l'Opéra (The Phantom of the Opera, de Rupert Julian), produit par Universal Pictures, préfigure l'importance du studio dans l'essor du cinéma d'horreur durant les années 1930. Ces deux films ont pour acteur principal Lon Chaney, première vedette du genre.

Durant cette période, une horreur plus graphique apparaissait au détour de certaines scènes, telle une décapitation dans Intolérance de D. W. Griffith en 1916, ou la fameuse scène de l'œil tranché en gros plan dans Un chien andalou de Luis Buñuel en 1929. On peut y voir, dans un sens, les lointains ancêtres du gore.

Les années 30-40

En 1931, Universal Pictures produit trois films capitaux dans l'évolution du cinéma d'horreur : Dracula de Tod Browning (d'après le roman de Bram Stoker), Frankenstein de James Whale (d'après le roman de Mary Shelley) et Docteur Jeckyll et Mr. Hyde de Rouben Mamoulian (d'après le roman de Robert Louis Stevenson). Le succès de ces trois films pousse Universal à produire d'autres films de monstres - que l'on nommera les « Universal Monsters » - entre 1932 et 1948, dont certains sont aujourd'hui des classiques, tel que La Momie (The Mummy - 1932) de Karl Freund, L'Homme invisible (The Invisible Man - 1933) de James Whale (d'après le roman de Herbert George Wells), et surtout La Fiancée de Frankenstein (The Bride of Frankenstein - 1935) du même réalisateur.

En 1932 sort Docteur X de Michael Curtiz, premier film d'horreur en couleurs, et Les Chasses du comte Zaroff (The Most Dangerous Game) de Ernest B. Schoedsack (co-réalisé par Irving Pichel), premier film du sous-genre appelé survival. L'année suivante, nous retrouvons Curtiz aux commandes de Masques de cire (Mystery of the Wax Museum), et Schoedsack à la réalisation de King Kong (co-réalisé par Merian C. Cooper). Deux films qui rencontrerons un énorme succès et restent encore aujourd'hui des classiques du cinéma.

Durant les années 1940, RKO Pictures - déjà à l'origine des Chasses du comte Zaroff et de King Kong - produit nombre de séries B horrifiques, dont trois deviendront des classiques du genre : La Féline (Cat People - 1942) de Jacques Tourneur, Vaudou (I Walked with a Zombie - 1943) du même réalisateur et Le Récupérateur de Cadavres (The Body Snatcher - 1945) de Robert Wise.

Les années 50

Avec la Guerre froide, le maccarthisme, la peur du nucléaire et des expérimentations scientifiques, les années 1950 verront l'apparition de l'horreur dans le cinéma de science-fiction. La Chose d'un autre Monde (The Thing from another World de Christian Nyby d'après la nouvelle de John W. Campbell - 1951) et L'Invasion des Profanateurs de Sépultures (Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel d'après le roman de Jack Finney - 1956) sont des pamphlets anti-communistes, Des Monstres Attaquent la Ville (Them ! de Gordon Douglas - 1954) et Godzilla (Gojira de Ishirō Honda - 1954) voient des animaux mutés sous l'effet de radiations nucléaires, La Mouche Noire (The Fly de Kurt Neumann d'après la nouvelle de George Langelaan - 1958) montre un scientifique défiguré par une expérience ratée, etc.

C'est en 1957 que la Hammer Film Productions produit son premier film d'épouvante : Frankenstein s'est Echappé (The Curse of Frankenstein) de Terence Fisher. Le succès du film, ainsi que celui du Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula, toujours de Fisher) en 1958, mène la firme anglaise à sérieusement s'investir dans le genre (Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles) et La Malédiction des Pharaons (The Mummy) en 1959 de Terence Fisher). La Hammer règnera sur l'horreur gothique durant toutes les années 1960.

Enfin, deux classiques du genre seront produits en France : Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot en 1955 et Les Yeux sans Visage de Georges Franju en 1959.

Les années 60

Après avoir tourné plusieurs films pour le studio American International Pictures (A.I.P.) - dont le mythique La Petite Boutique des Horreurs (The Little Shop of Horrors - 1960) -, Roger Corman propose aux dirigeants de la firme une adaptation de la nouvelle d'Edgar Allan Poe, La Chute de la Maison Usher. Malgré les réticences, Corman tient bon et tourne son film, qui sort en 1960. Le succès étant au rendez-vous, il réalisera plusieurs autres adaptations de l'écrivain, dont La Chambre des tortures (The Pit and the Pendulum - 1961), Le Corbeau (The Raven - 1963) ou Le Masque de la Mort Rouge (The Masque of the Red Death - 1964) pour les plus fameux. Parallèlement, en Angleterre, la Hammer sort pléthore de films. On retiendra surtout Les Maîtresses de Dracula (The Brides of Dracula - 1960), La Nuit du Loup-Garou (The Curse of the Werewolf - 1961), La Gorgone (The Gorgon - 1964) et Dracula, prince des ténèbres (Dracula, Prince of Darkness - 1966), tous réalisés par Terence Fisher. En Italie, Mario Bava réalise en 1960 son premier film d'horreur, Le Masque du Démon (La Maschera del Demonio), qui rencontrera un succès international. Il tournera ensuite certains grands classiques de l'horreur à l'italienne, dont Les Trois visages de la peur (I Tre Volti della Paura - 1963), Le Corps et le fouet (La Frusta e il Corpo - 1963) ou encore Opération peur (Operazione Paura - 1966). L'horreur gothique est alors à son apogée, puis s'écroulera durant les années 1970.

Affiche du film La Nuit des morts-vivants

C'est en 1960 que sortent deux films qui vont révolutionner le genre en profondeur : Psychose (Psycho) d'Alfred Hitchcock et Le Voyeur (Peeping Tom) de Michael Powell. L'horreur s'ancre dans la réalité, s'affranchit de son aspect fantastique. Les monstres y sont des humains psychologiquement instables, assouvissant leurs pulsions névrotiques dans le meurtre. En 1963, Hitchcock persiste dans le réalisme avec Les Oiseaux (The Birds), où les monstres gothiques sont cette fois-ci remplacés par une nuées de volatiles.

La même année, Mario Bava pose les fondements du giallo avec La Fille qui en Savait trop (La Ragazza che Sapeva troppo). Il tournera le premier grand classique de ce genre en 1964 avec Six femmes pour l'assassin (Sei donne per l'assassino).

Toujours en 1963, Herschell Gordon Lewis réalise avec Blood Feast le premier film gore (ou « splatters » pour les anglo-saxons), genre qui aura des répercussions fondamentales sur le cinéma d'horreur. Les pires atrocités sont alors exposées au spectateur, de la trépanation à l'éviscération, en passant par l'énucléation, l'égorgement et autres joyeusetés. Lewis tournera une dizaine de films gores dans les années 1960 et 70, notamment 2000 maniaques en 1964.

En 1968 sort une œuvre majeure pour le cinéma d'épouvante - voire le cinéma dans son ensemble : La Nuit des Morts-Vivants (Night of the Living Dead, de George A. Romero). D'un pessimisme total, parsemé de scènes d'autant plus éprouvantes qu'elles sont traitées avec un grand réalisme, le film sera un choc et marque durablement les esprits. Au-delà de cela, La Nuit des Morts-Vivants est une œuvre politique et sociale, portant un regard sans concession sur la société de son époque.

La même année, Roman Polanski réalise Rosemary's Baby (d'après le roman d'Ira Levin), qui voit la religion utilisée comme élément horrifique. Fortes du succès du film, les grandes majors, qui commencent à sérieusement s'intéresser au genre, réemploieront la religion - essentiellement les principes du christianisme - à maintes reprises durant les années 1970.

Les années 70

En 1970, Dario Argento réalise son premier film avec L'Oiseau au Plumage de Cristal (L'Uccello dalle Piume di Cristallo - d'après le roman La Belle et la Bête de Fredric Brown), l'un des plus importants gialli. Il continuera l'exploration du genre avec Le Chat à Neuf Queues (Il Gatto a Nove Code - 1971), Quatre mouches de velours gris (4 mosche di velluto grigio - 1972), et surtout Les Frissons de l'Angoisse (Profondo Rosso - 1975). D'autres réalisateurs livreront d'excellents opus, dont Sergio Martino avec La Queue du Scorpion (La Coda dello Scorpione - 1971) et Torso (I Corpi Presentano Tracce di Violenza Carnale - 1973), Lucio Fulci avec La Longue Nuit de l'exorcisme (Non si Sevizia un Paperino - 1972) et L'Emmurée vivante (Sette Note in Nero - 1977) ou encore Mario Bava avec La Baie sanglante (Reazione a Catena - 1971).

Le premier long métrage de Wes Craven, La Dernière Maison sur la Gauche (Last House on the Left - 1972) est à l’origine du rape and revenge. Sous-genre du film d’horreur, le rape and revenge montre une femme subir des violences sexuelles, suivies de la vengeance de celle-ci contre ses agresseurs. Souvent complaisant et toujours à l’origine de houleux débats quant à l’immoralité de ces œuvres, le genre a tout de même ses « classiques » tel La Proie de l'Autostop (Autostop Rosso Sangue, de Pasquale Festa Campanile - 1976) ou Œil pour œil (Day of the Woman / I Spit on Your Grave, de Meir Zarchi - 1978).

En 1973, probablement inspirée par les excellents résultats de Rosemary's Baby, la Warner Bros. Pictures produit L'Exorciste (The Exorcist, d'après le roman de William Peter Blatty), réalisé par William Friedkin. Le film est un succès colossal. De ce fait, nombre de métrages traitant de satanisme verront le jour, dont le plus populaire reste La Malédiction (The Omen - 1976) de Richard Donner.

En 1974, Tobe Hooper réalise l'un des films d'horreur les plus mythiques de l'histoire du cinéma : Massacre à la Tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre). Malgré une violence jouant plus sur la suggestion que sur la démonstration, le film traîne toujours une réputation d'œuvre extrêmement sanglante, voir gore. La faute à une atmosphère lourde et étouffante, et surtout une mise en scène et un montage particulièrement réussi de Hooper. Massacre à la Tronçonneuse est aussi le chef de file du survival horror, sous-genre du cinéma d'épouvante, dont Délivrance (Deliverance de John Boorman) pose les bases dès 1972. On retiendra aussi La colline à des yeux (The Hills Have Eyes de Wes Craven - 1977), digne représentant du genre.

Les Dents de la Mer (Jaws de Steven Spielberg, d'après le roman de Peter Benchley) rencontre le succès que l'on connait en 1975. S'en suivront de nombreux ersatz mettant en scène des animaux tueurs, dont l'un des plus réussi reste Piranhas (Piranha - 1978) de Joe Dante, produit par Roger Corman.

En 1976, David Cronenberg réalise son premier film d'horreur avec Frissons (Shivers). Chez Cronenberg, l'horreur est viscérale et sexuelle, les mutations physiques de ses personnages représentant leurs troubles et névroses. Rage (Rabid - 1977) et Chromosome 3 (The Brood - 1979) sont les deux autres œuvres de son « triptyque médical » entamé par Frissons. La même année, Brian de Palma adapte le roman d'un jeune écrivain alors inconnu : Carrie de Stephen King.

Le slasher naît en 1978 suite à Halloween de John Carpenter. Ce sous-genre met en scène un tueur masqué utilisant des armes blanches et traquant principalement des adolescents. Il est généralement vaincu par un protagoniste féminin, appelé « final girl ». Le slasher engendrera un grand nombre d'œuvres cinématographiques durant les années 1980. La même année, George A. Romero, en association avec Dario Argento - qui réalise l'année précédente le sublime Suspiria - donne une suite à La Nuit des Morts-Vivants avec Zombie (Dawn of the Dead). Le film de Romero garde l'aspect social de La Nuit des Morts-Vivants avec sa critique de la société de consommation, mais est aussi un film d'action particulièrement efficace et extrêmement gore.

En réponse au succès de Zombie, Lucio Fulci réalise le gorissime L'Enfer des Zombies (Zombi 2 - 1979), premier film de sa trilogie des morts-vivants, avec Frayeurs (Paura nella Città dei Morti Viventi - 1980) et L'Au-Delà (E tu Vivrai nel Terrore ! L'Aldilà - 1981.). Apportant au genre une sensibilité toute personnelle et une surenchère dans la violence graphique, Fulci insuffle à sa trilogie des morts-vivants une atmosphère à la fois macabre et poétique, très éloignée de la vision critique de George Romero, où la caméra scrute au plus près la torture et la dégénérescence de la chair (thème récurrent au sein du cinéma italien, notamment chez Pasolini). Les producteurs italiens vont s'engouffrer dans la brèche et produirent nombre de films de morts-vivants durant les années 1980, pour la plupart de qualité assez médiocre.

En 1979, Ridley Scott réalise ' Alien, le 8ème passager ', film mêlant science-fiction et horreur. Son succès lui vaudra 4 suites de qualité parfois inégale selon les fans.

Les années 80

Pour surfer sur le succès d' Halloween, Sean S. Cunningham - producteur de La Dernière Maison sur la Gauche - réalise Vendredi 13 (Friday the 13th - 1980), autre œuvre fondamentale du slasher. Il donne ainsi naissance au personnage de Jason Voorhees, l'une des figures mythiques du cinéma d'horreur. Autre classique du genre, mais à tendance plus fantastique, Les Griffes de la Nuit (A Nightmare on Elm Street de Wes Craven) sort en 1984 et voit la première apparition de Freddy Krueger.

En 1980 sort Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. Le film se scinde en deux parties : la première voit un professeur partir à la recherche de jeunes journalistes disparus dans une forêt d'Amérique du Sud. Il retrouvera les bobines tournées par les reporters. La deuxième n'est autre que la diffusion desdites bobines. Réalisé caméra à l'épaule dans un style documentaire, cette partie du film créera un scandale, Deodato laissant entendre que les atrocités montrées n'y sont pas mises en scène, mais bien réelles. Il devra prouver auprès d'un tribunal que les acteurs de son film sont bel et bien vivants. Bien qu'il ne soit pas le premier du genre - il est communément admis qu' Au pays de l'exorcisme (Il Paese del sesso Selvaggio de Umberto Lenzi - 1973) en est l'instigateur - la production de films de cannibales s'accroît en Italie après la sortie de Cannibal Holocaust.

La même année, William Lustig réalise avec Maniac l'un des films les plus culte du genre. Emmené par un Joe Spinnell hallucinant dans le rôle du psychopathe Frank Zito, Maniac est une œuvre glauque et malsaine, aux effets gore particulièrement sordides de Tom Savini - déjà à l'origine des effets spéciaux de Zombie et Vendredi 13.

Toujours en 1980, Joe Dante révolutionne le thème du loup-garou avec Hurlements (The Howling). Le personnage central ne porte plus sa lycanthropie comme une malédiction, mais la vit pleinement, avec un plaisir certain. L'année suivante sort Le Loup-Garou de Londres (An American Werewolf in London de John Landis), au sujet plus proche du mythe initial que le film de Dante. Le regain d'intérêt pour les films de loup-garou sera à l'origine d'une autre réussite du genre : Wolfen (1981) de Michael Wadleigh (d'après le roman de Whitley Strieber).

En 1981 sort Evil Dead. N'ayant pourtant aucun intérêt pour le genre, Sam Raimi pousse à leur paroxysme les ficelles de l'horreur, en y ajoutant un style proche de la bande dessinée et une dose d'humour slapstick. Il en résulte une œuvre particulièrement efficace, laissant peu de temps mort au spectateur. Raimi donnera deux suites à son film avec Evil Dead II (Evil Dead II : Dead by Dawn - 1987) et L'Armée des Ténèbres (Army of Darkness - 1992).

En pleine apogée durant les années 1970, le giallo disparaît dans les années 1980. Trois réussites en sonneront le glas : le retour de Dario Argento au genre avec Ténèbres (Tenebrae - 1982), le gorissime L'Éventreur de New York (Lo Squartatore di New-York - 1982) de Lucio Fulci et un mélange réussi entre le giallo et le slasher avec Bloody Bird (Deliria - 1987) de Michele Soavi.

Après sa collaboration avec Stephen King pour Creepshow (1982), George A. Romero ajoute un opus à sa série des morts-vivants avec Le Jour des Morts-Vivants (Day of the Dead - 1985). Après la société de consommation dans Zombie, le militarisme et l'aveuglement scientifique deviennent les thèmes ciblés par Romero.

Après Scanners (1981) ayant pour thème les pouvoirs parapsychologiques, Videodrome (1983) et sa critique du pouvoir du média télévisuel, et une adaptation de Stephen King avec Dead Zone (1983), David Cronenberg réalise le comique et horrible La Mouche (The Fly, remake de La Mouche Noire) en 1986. Au-delà du thème de la mutation physique et psychologique cher au réalisateur, le film est aussi l'histoire tragique de l'amour face à la maladie. Certains verront dans La Mouche une allégorie sur le SIDA, propos démentis par Cronenberg.

En 1985 avec Underworld et en 1986 avec Rawhead Rex, George Pavlou adapte deux nouvelles de Clive Barker, nouveau génie de la littérature fantastique. Plus que mitigé face au résultat, Barker prend le problème à bras le corps et réalise Hellraiser (d'après son roman The Hellbound Heart) en 1987. Renouant avec une ambiance gothique typique du cinéma d'épouvante anglais des années 1960, l'auteur y insuffle des éléments plus personnels et modernes en prenant pour personnage principal un mort-vivant à la fois horrible et charismatique jouant le rôle d'un amant de vaudeville. Le scénariste Peter Atkins poursuivra la série avec divers réalisateurs et met l'accent sur les Cénobites, démons à l'imagerie gay et sado-masochiste. Le plus connu d'entre eux n'est autre que Pinhead, aujourd'hui une icône du cinéma d'horreur.

En 1989 Tom Holland réalise sur un scénario de Don Mancini Jeu d'enfant où apparait la célèbre poupée possédée par l'âme du psychopate Chucky, une comédie horrifique à l'humour très acide qui remportera un franc succès auprès du public.

Les années 1990

Fort du succès de son Hellraiser, Barker se voit confier un budget important par Morgan Creek Productions pour la réalisation de son nouveau film, Cabal (Nightbreed - 1990), film de morts vivants farfelus inspirés des tableaux de Jérôme Bosch et au propos anti eugéniste très proche de Freaks. Trop violent et trop torturé, le studio et la MPAA oblige le réalisateur à retourner plusieurs scènes pour éviter un classement X. Cabal sort dans l'indifférence et sera un échec retentissant.

En 1992, toujours adapté de Clive Barker, Bernard Rose réalise Candyman, l'un des films d'horreur les plus réussi des années 1990. Le Candyman, probablement l'un des monstres les plus touchant du cinéma d'épouvante, est une allégorie des légendes et peurs naissant dans un milieu urbain.

La même année, Peter Jackson réalise le film le plus gore de l'histoire du cinéma avec Braindead. Jackson n'en est pas à son coup d'essai, ayant réalisé Bad Taste - une comédie gore - en 1987 et Les Feebles (Meet the Feebles) - une parodie trash du Muppet Show - en 1989. À l'instar de Bad Taste, Braindead est avant tout une comédie utilisant le gore comme élément comique. Bien qu'extrêmement sanglant, le film ne crée jamais la peur ou le dégoût. Mais force est de constater que Braindead est une grande réussite.

Toujours la même année, le public découvre David Fincher pour la 3ème épisode de la série Alien, qu'il revisite de façon très personnelle en y insérant diverses références bibliques. Ce film est sorti en version lourdement censurée et que le director's cut est toujours indisponible.

En 1994, Michele Soavi tourne le chant du cygne du film d'horreur à l'italienne avec Dellamorte Dellamore (d'après le roman de Tiziano Scalvi). Si le film contient bien des éléments et scènes horrifiques, il est avant tout une œuvre éminemment poétique, ponctué de nombreuses scènes humoristiques.

En 1995 Clive Barker réalise son tout dernier film Lord of Illusions adapté de la nouvelle du même nom. La production jugeant le film trop violent et immoral l'obligea à le retourner dans une version d'une qualité discutable et le film connut le même échec que Nightbreed. Barker abandonne alors définitivement le cinéma. (il refera une tentative en 2004, abandonnée toujours pour des raisons de censure).

Après les classiques que sont The Thing (1982 - remake de La Chose d'un autre Monde) et Prince des Ténèbres (Prince of Darkness - 1987), John Carpenter donne une fin à sa « trilogie de l'Apocalypse » avec L'Antre de la Folie (In the Mouth of Madness - 1995). Proche des écrits de Lovecraft, le film bascule dans une dimension où les repères spatio-temporels ont disparu, favorisant l'apparition de créatures mythologiques et plongeant son héros dans les méandres de la folie.

En 1996 Peter Atkins tente de dégager la série Hellraiser de son aspect trop série B et fait réaliser le 4e épisode Bloodline par Kevin Yagher. Malhereusement, le film est jugé trop violent et sera coupé, retourné et remonté dans une version médiocre. Atkins abandonne la série et fait réaliser l'année suivante par Robert Kurtzmann Wishmaster, une comédie horrifique faite de grand guignol spectaculaire rendant hommage aux séries B des années 80, et dont la tonalité comique et légère permit une certaine tolérance de la part de la censure.

Lorsque sort le slasher comique des Wes Craven Scream en 1996, l'horreur est un genre en sérieuse perte de vitesse. Si les années 1970 et 80 furent prolixes tant en chefs-d'œuvre qu'en ratages, cette première moitié des années 1990 laisse l'aficionados sur sa faim. Les grandes majors s'étant éloignées du genre, la production a sérieusement chutée, laissant essentiellement aux studios indépendants les rênes de l'épouvante. D'excellents films ont bien sûr vu le jour, tels ceux cités ci-dessus. L'énorme succès de Scream (de Wes Craven) laisse donc espérer une relance du genre, ce qui sera effectivement le cas, mais pas de la façon attendu. Le film relancera avant tout le slasher, mais visant un public adolescent avec une violence atténuée et un second degré des plus mal venus, tel Souviens-toi... l'Eté Dernier (I Know what you Did last Summer de Jim Gillespie - 1997) ou Urban Legend (de Jamie Blanks - 1998).

En 1998 sort Ring (Ringu de Hideo Nakata), qui fait un carton au box-office. Même si le film est plus proche du thriller fantastique que du film d'horreur, il va tout de même populariser le cinéma d'épouvante asiatique, essentiellement en Europe.

En 1999, Le Projet Blair Witch (The Blair Witch Project de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez) devient le film le plus rentable de l'histoire, grâce à un budget dérisoire. Présenté comme un documentaire amateur, il montre le parcours de trois étudiants en cinéma partis tourner un reportage sur la sorcellerie dans une forêt.

Les années 2000

Après une vague de slashers post-Scream qui visait principalement un public adolescent (voir Années 90), les années 2000 marquent un retour à des films d'horreur plus violents, moins « second degré », et résolument plus adultes, rappelant la crudité visuelle des films des années 70 et début 80’s.

C'est en Espagne que le cinéma d'épouvante semble trouver la terre promise de sa renaissance. Le studio de production Fantastic Factory naît sous l'impulsion de Brian Yuzna, et sort trois films en 2001 : l'inégal Faust (Faust : Love of the Damned de Brian Yuzna), le mauvais Arachnid (de Jack Sholder) et le nettement plus réussi Dagon (de Stuart Gordon, d'après une nouvelle de H.P. Lovecraft). Malheureusement, seul Dagon tire son épingle du jeu, les productions suivantes du studio s'avérant de qualité assez médiocre.

Toujours en 2001, aux États-Unis cette fois, Victor Salva réalise Jeepers Creepers. Si la première partie du film est une grande réussite, avec sa poursuite rendant hommage au Duel de Steven Spielberg et la découverte du monstre et de ses méfaits, la deuxième partie sombre dans les divers clichés de l'horreur. Jeepers Creepers sera tout de même un succès au box-office.

Le tournant de 2002-2003

2002 verra le réveil du cinéma de genre, et plus particulièrement d'horreur, du côté de la Grande-Bretagne avec la sortie de 28 Jours plus tard, de Danny Boyle, et de Dog Soldiers, de Neil Marshall.

En 2003 sort le remake de Massacre à la Tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre de Marcus Nispel). L'annonce du projet est particulièrement mal accueillie, le nom du producteur - Michael Bay - laissant présager un film pour adolescents (teenage movie). Massacre à la Tronçonneuse s'avèrera être une œuvre adulte, à la violence sèche et sauvage. Son succès va entraîner la mode, chez les grandes majors, du remake des classiques du cinema d'horreur.

Encore en 2003 et toujours aux Etats-Unis, la rockstar Rob Zombie va enfin voir sortir son premier film : La Maison des 1000 morts (The house of 1000 Corpses). L'univers de sa musique s'inspirait très ouvertement du cinéma horrifique (voir le clip vidéo de sa chanson Living Dead Girl, dont les décors reprennent ceux du film allemand Le Cabinet du docteur Caligari), son film fait donc de nombreuses références, le tout mâtiné de nombreux effets propres au clip musical (accélérations, split-screen, effet « négatif », etc.). Ce film représente aujourd'hui les premiers pas d'un réalisateur phare de cette vague de radicalisation du film d'horreur des années 2000.

La même année, en France, Alexandre Aja réalise Haute Tension (produit par Luc Besson). Le film renoue avec un gore brutal et réaliste typique des années 1970-1980. Malgré un twist final totalement incohérent, le film est une réussite, et Aja se verra confier la réalisation du remake de La colline a des yeux (The Hills Have Eyes) en 2006.

En 2004, Zack Snyder réalise le remake du Zombie de George A. Romero, avec L'Armée des Morts (Dawn of the Dead). Exit la satire sociale de l'œuvre originale, le film de Snyder s'axe essentiellement sur une action quasi non-stop et des scènes gores spectaculaires. Autre différence fondamentale, les morts-vivants sont ici particulièrement vifs, courants et sautants, contrairement aux zombies de Romero, lents et dangereux surtout en groupe.

Toujours en 2004, deux fan boys anglais (Edgar Wright et Simon Pegg) profitant de la vague du cinéma de genre en Grande-Bretagne vont réaliser Shaun of the Dead (la réalisation étant attribué à E. Wright, Simon Pegg jouant dans le film aux côtés de l'excellent Nick Frost). Parfois considéré à tort comme une parodie, Shaun of the Dead apparait plutôt comme un film humoristique ayant pour toile de fond une invasion « zombiesque », et s'avère être un hommage respectueux fait au genre. Contrairement à Scary Movie-(2000), réelle parodie cette fois, qui avait sonné le glas de la déferlante de slashers post-Scream, Shaun of the Dead peu apparaitre comme l'emblême de la reconnaissance des grands maitres du genre (ici Romero) par les jeunes réalisateurs de cette nouvelle vague horrifique, dont les œuvres leurs font très fréquemment référence.

La même année sort Saw de James Wan, thriller horrifique au succès inattendu, dont la principale force reste les pièges mortels tendus par le tueur - Jigsaw - tous plus originaux les uns que les autres. Il connaîtra cinq suites : Saw II, III, IV et V. Saw VI sortira le 4 novembre 2009 en France. Saw VII et VIII sont déjà en projet.

L'apogée des années 2006-2007

Après un film de loups-garous (Dog Soldiers - 2002), Neil Marshall s'attaque au survival avec The Descent (2005). Remarquable de par son atmosphère claustrophobique - le film se déroule dans une grotte - et la parfaite maîtrise de l'obscurité, le film va lui aussi connaïtre le succès, aussi bien public que critique. Toujours en Grande-Bretagne, la sortie de Creep (2005), premier film de Christopher Smith au succès honorable, témoigne lui aussi de la vitalité du cinéma de genre britannique.

L’Australie va contribuer à cette vague horrifique en proposant un Wolf Creek (2005 – de Greg McLean) au style quasi-documentaire et à la violence sèche et réaliste.

Cette même année, deux réalisateurs vont assoir leur position de nouveaux « meneurs » de l’horreur cinématographique contemporaine. En effet 2005 verra la production par les États-Unis de Hostel réalisé par Eli Roth, ainsi que de The Devil's Rejects réalisé Rob Zombie. Ces deux films seront ceux de la maturité pour ces deux réalisateurs, Rob Zombie abandonnant les effets de clip de sa Maison des 1000 Morts pour lui donner une suite sanglante et poussiéreuse qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres de Sam Peckinpah, et Eli Roth livrant un film à l’histoire original, après ses débuts très référentiels (Cabin Fever en 2002, au pitch de base très proche de celui du Evil Dead de Sam Raimi). En 2007 Paco Plaza réalise le film [●REC] qui se distingue grace à sa manière de filmer innovante.

En 2006, outre la sortie à travers le reste du monde des 5 films suscités, le français Alexandre Aja, épaulé par son ami et co-scénariste Gregory Levasseur, va réaliser le remake du film de Wes Craven : La colline a des yeux (The Hills Have Eyes – 1977). Cette version 2006 sera un grand succès public et critique.

La vague d'épouvante asiatique, succès et limites d'un phénomène

De 2002 à 2006, l’horreur asiatique engagée par Ring de Hideo Nakata en 1998 (et auquel il aura fallu plusieurs années avant de rencontrer un succès mondial) va faire l’objet de nombreux remakes américains (The Ring en 2002 donc, The Grudge en 2004, Dark Water et Ring 2 en 2005, …), parfois réalisés par les réalisateurs de l’original, invités à venir tourner aux États-Unis (Nakata a réalisé Ring 2 en 2005, remake de son film japonais éponyme de 1999 ; Takashi Shimizu a fait The Grudge en 2003, le remake de son Ju-on – 2000).

Le point d’orgue de cette série de films de fantômes asiatiques ne sera cependant pas un remake, mais bel et bien le magnifique et troublant Dark Water (Honogurai Mizu no Soko Kara) de Hideo Nakata, réalisé en 2002, où l’épouvante laisse la place à un drame familial bouleversant. Nakata, qui n’a jamais caché son peu d’intérêt pour le genre horrifique, signe ici une œuvre personnelle et aboutie. Dark Water sera d’ailleurs couronné du grand Prix du Fantastic'Arts Festival de Gerardmer 2003 et fit l’objet d’un remake avec Jennifer Connelly en 2005. La Corée du Sud suit également le mouvement avec notamment Phone, Cello, APT., The Red Choes, The Wig, etc.

Même si le succès commercial est (quasiment) toujours au rendez-vous, le genre commence à s’essouffler, et les films d’épouvante asiatiques montrent leurs limites par leur absence de renouvellement thématique, voir visuel (ces films seront ironiquement appelés films de « filles aux cheveux sales » par la presse spécialisée, en référence à la figure du fantôme présentée dans Ring-(1998), et repris dans quasiment tous les ersatz qui en ont découlés, qui est une jeune femme aux cheveux noirs, longs et sales qui lui masquent le visage). De même, le recyclage des thèmes et visuels de ce genre de films finit par créer un véritable effet de saturation, lassant les spectateurs mais pouvant également faire du tort à des oeuvres de qualité qui sortent au milieu d'une avalanche de films moyens du même genre.

La première moitié de l’année 2007 s’est avérée plus calme en termes de production horrifique. On note cependant la récente sortie du français À l'intérieur, d’Alexandre Bustillo et Julien Maury, ainsi que la suite de Hostel, toujours réalisé par Eli Roth et sobrement titré Hostel - chapitre 2.

Aux États-Unis est sorti en août le remake attendu et controversé du classique Halloween de John Carpenter, mis en boîte par Rob Zombie qui, par son approche brutale et réaliste, a souhaité insuffler un second souffle à cette franchise en sérieuse perte de vitesse suite à l’échec retentissant qu’a été le dernier opus en date (Halloween 8, la résurrection).

Les films importants par année

Avant 1950

Les années 1950

Les années 1960

Les années 1970

Les années 1980

Les années 1990

Les années 2000

Les acteurs

Les réalisateurs

Voir aussi

Catégorie Cinéma d'épouvante et fantastique de l’annuaire dmoz

Bibliographie

  • Martine Roberge. L'art de faire peur: des récits légendaires aux films d'horreur; Presses universitaires Laval (PUL) 2004

Notes et références

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