FEMIS

FEMIS

Fondation européenne pour les métiers de l'image et du son

La fémis
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Nom original IDHEC (1943), La Fémis (1986), ENSMIS (1998), La Fémis (2000)
Informations
Fondation 1943 (IDHEC), 1986
Type École nationale supérieure d'art; Établissement public industriel et commercial (EPIC)
Budget 9,7 millions d'euro/an[1]
Localisation Paris, France
Régime linguistique Français
Président Claude Miller
Directeur Marc Nicolas
Personnel 60 salariés et 500 intervenants extérieurs par an
Étudiants 152
Site web lafemis.fr

La Fémis, administrativement École nationale supérieure des métiers de l'image et du son, anciennement Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC), est un établissement public d'enseignement supérieur français, relevant de la tutelle du Ministère de la Culture et du CNC, qui délivre un enseignement technique et artistique destiné à former des professionnels des métiers de l'audiovisuel et du cinéma.

Sommaire

Présentation

Créée en 1986 sous le nom de Fondation européenne pour les métiers de l’image et du son, cette école est l'héritière de l'ancien Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Ses locaux sont situés, depuis 1999, à Paris, au no 6 de la rue Francœur, dans les bâtiments des anciens studios Pathé[2].

Elle est avec l'École Louis-Lumière - placée, elle, sous la tutelle de l’Éducation nationale[3] - l'une des deux grandes écoles publiques de cinéma en France et fait partie du cercle restreint des écoles de cinéma de renommée mondiale au même titre que la Tisch School of the Arts de l'Université de New York, USC à Los Angeles, la NFTS de Londres, le Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome, la FAMU de Prague ou le VGIK de Moscou. La Fémis est membre du CILECT (Centre international de liaison des écoles de cinéma et de télévision)[4] et du GEECT (groupement européen des écoles de cinéma et de télévision)[5]. La Fémis entretient des liens privilégiés avec les grandes institutions culturelles : la Bifi, les Archives françaises du film, et les cinémathèques en régions. Elle cultive également un partenariat régulier avec les salles d’art et essai, l’agence du Court-Métrage, la CST, le GREC, la SCAM[6].

L'école est célèbre pour la difficulté de son concours d'entrée (le taux de réussite pour la section réalisation est de 1%) et pour les moyens techniques dont elle dispose[7].

Histoire

De l'IDHEC à la Fémis (1943-1988)

La Création d'une école d'État

L'IDHEC (ancêtre de la Fémis) est fondée le 4 septembre 1943[8][9], et ouvre ses portes le 6 janvier 1944[10][11]. L'école prend la suite du CATJC (Centre artistique et technique des jeunes du cinéma), créé à Nice en 1941[12],[13]. Mais en cette époque difficile, l'école peine à exister et la plupart de ses étudiants prennent le maquis pour échapper au S.T.O. En 1942, le réalisateur Marcel L'Herbier définit les missions de deux nouvelles écoles de cinéma : l'École Louis-Lumière et l'IDHEC. La première s'occupera de la formation des techniciens du cinéma, la seconde délivrera un apprentissage plus théorique et artistique, destiné aux métiers de création (réalisateurs et scénaristes). L'IDHEC devient, à son ouverture en 1944, la troisième grande école de cinéma au monde, après le VGIK de Moscou et le Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome[14]. Dans son discours d'inauguration, Marcel Lherbier précise le rôle de l'école : il s'agira pour elle de définir « le Cinématographe envisagé comme un Art »[15]. L'idée - assez répandue de nos jours - n'allait pourtant pas de soi : le cinéma reste encore largement considéré comme un divertissement, en opposition aux autres arts dits "sérieux" comme la peinture ou la musique. La formule préfigure également la notion de politique des auteurs chère à André Bazin et qui n'apparaîtra que dix ans après. L'école - qui permet à certains jeunes gens de se soustraire au S.T.O[16] - s'installe dans un hôtel particulier rue de Penthièvre à Paris et occupe les anciens bureaux exigus d'une société de produits chimique. Alain Resnais[17], Stellio Lorenzi, Yannick Bellon[18], Maurice Cazeneuve[19], Ghislain Cloquet ou encore René Vautier font partie de la première promotion, baptisée promotion Louis Delluc[20]. L'école jouit presque instantanément d'un certain intérêt dans le milieu de l'art et accueille dès les premières années des hôtes d'importance, tels que Maurice Merleau-Ponty, venu y faire une conférence en 1945[21] sur les rapports entre cinéma et "nouvelle psychologie"[22], ou Léon Chancerel qui y enseigne l'histoire du théâtre[23]. Des cinéastes de renom y donnent des cours, mais tous n'y restent pas. Jean Epstein, par exemple, quitte l'école faute de captiver ses étudiants[24]. L'école devient également un des hauts lieux des débats cinématographiques d'après-guerre : le Comité de défense du cinéma français s'y réunit en décembre 1947 pour protester contre l'accord Blum-Byrnes[25].

L'école est alors dirigée par Pierre Gérin. Léon Moussinac, membre du Parti communiste français depuis 1924 et co-directeur du comité de défense du cinéma français, lui succède en 1948[26]. L'école, clairement ancrée à gauche sur l'échiquier politique, est dans la ligne de mire des anticommunistes. À l'époque, le cinéma français est en effet accusé d'être aux ordres du Parti Communiste français et subit de nombreuses attaques sur ce sujet. En 1948, le journal L'Objectif remet en cause l'école en ces termes : « S'il y a un scandale de L'IDHEC, c'est celui de son existence même »[27]. Deux plus tard, le Cartel des syndicaliste libre des spectacles demande la suppression des subventions accordées à l'IDHEC, présentée comme « une pépinière d'agents staliniens (…) dont l'inutilité n'est plus à démontrer »[28]. En 1950, Léon Moussinac est remplacé par Marcel L'Herbier, dont la carrière de cinéaste avait considérablement faibli après la guerre[29]. Il restera à ce poste durant vingt-cinq ans[30].

Le rôle de l'école dans le milieu professionnel s'accroît rapidement : il devient presque nécessaire, dans les années 1950, d'avoir fait l'IDHEC pour devenir rapidement décorateur oui monteur de cinéma[31]. Mais cette domination de l'IDHEC sur les grands corps de métier du cinéma ne va pas sans poser problème. L'universitaire américain C. G. Crisp avance l'hypothèse selon laquelle la "qualité française" des années 1950, tant décriée par François Truffaut et ses confrères de la Nouvelle Vague, serait en partie due au corporatisme et à la professionnalisation de l'école, contrecarrant quelque peu la spontanéité ou l'invention de formes nouvelles[32]. Constat partagé par Marin Karmitz qui définira comme « formé par l'Idhec au cinéma classique, mais déformé par la Nouvelle vague », dont il préfèrera prendre le parti[33].

La formation des futurs cinéastes français comme étrangers

Comme les autres grandes écoles européennes, l'IDHEC joua un rôle prépondérant dans la formation des futures cinématographies des pays pauvres ou en voie de développement. En 1960, 273 des 617 diplômés de l'école sont étrangers[34]. À leur sortie de l'IDHEC, beaucoup de ces étudiants retourneront dans leur pays pour y exercer leur art. Beaucoup d'étudiants latino-américains, attirés par la tradition cinéphilique française (foisonnement des rétrospectives, des revues) et par la politique des auteurs suivent l'enseignement délivré par l'école[35]. Les cinéastes mexicains Felipe Cazals et Paul Leduc ont étudié à l'IDHEC[36], tout comme le cinéaste Pham Hien Dan, qui tourna en 1959 le premier film de fiction nord-vietnamien[37]. L'école permet également l'émergence de la première génération des cinéastes d'Afrique Noire, comme Paulin Soumanou Vieyra, Georges Caristan, Blaise Senghor, Yves Diagne. Ne pouvant obtenir l'autorisation ou les moyens nécessaires pour tourner dans leurs pays, la plupart d'entre eux choisissent de faire ce que l'on pourrait appeler « des films africains en France ». C'est ainsi que le guinéen Mamadou Touré tourne en 1953 Mouramani et que Vieyra, Jacques Melokane et Mamadou Sarr réalisent ce que les historiens du cinéma ont coutume de présenter comme le premier long-métrage d'Afrique Noire : Afrique-sur-Seine, dans lesquels ils dénoncent la colonisation française et la vie misérable des immigrés africains à Paris[38]. Beaucoup de cinéastes sénégalais préfèrent cependant retourner dans leur pays après leur sortie de l'école. Ils y deviennent fonctionnaires et travaillent au service des Actualités sénégalaises (le seul organisme audiovisuel du pays), avant de se regrouper dans diverses associations, comme « Cinéastes Sénégalais Associés », puis la « Société des réalisateurs sénégalais », aidés par le Bureau du cinéma du Ministère français de la Coopération (un ancien directeur de l'école, Jean-René Debrix, y est d'ailleurs nommé en 1963)[39]. Le premier film camerounais, Aventure en France, a été tourné en 1962 par Jean-Paul Ngassa, diplômé de l'école. Ne trouvant pas dans leurs pays les structures indispensables à la production de films, certains diplômés de l'IDHEC se détournent du cinéma pour la littérature, la poésie et le théâtre. C'est le cas de l'ivoirien Jean-Marie Adé Adiaffi, de Lofti Maherzi, d'Ahmed Belhachmi (premier Marocain diplômé de l'IDHEC, en 1951) et d'Ahmed Bouanani. La formation de ces étudiants étrangers aura sans doute permis ou suggéré l'éclosion de formes narratives inédites dans le paysage cinématographique de leurs pays. Le film Wechma (1970) d'Hamid Bennani, diplômé trois ans plus tôt comme Merzak Allouache et Moumen Smihi, est ainsi considéré comme un tournant dans le cinéma marocain en raison de ses innovations formelles et dramatiques[40]. L'Algérien Merzak Allouache fera, lui, des allers-retours constants entre son propre pays et la France pour y réaliser ses films. La Tunisienne Moufida Tlatli, diplômé en 1968, devient une des monteuses attitrées du cinéma marocain, puis travaille sur des films tunisiens, palestiniens et algériens[41]. Son premier film en tant que réalisatrice, Les Silences du palais (1994), reçoit une mention spéciale de la Caméra d'Or au Festival de Cannes.

Les années 1950 et l'essor de la télévision

Si la majorité des étudiants de l'IDHEC se destinent au cinéma, certains voient d'un œil curieux l'apparition d'un nouveau médium : la télévision. Celle-ci n'en est qu'à ses débuts et a besoin d'attirer à elle de nombreux professionnels. Marcel L'Herbier l'avait bien compris, lui déclarait lors de l'ouverture de l'école : « Ne devons-nous prévoir, si nous ne voulons pas nous faire devancer, l'installation à un rythme accéléré de postes particuliers de télévision ? Et combien de films faudra-t-il pour la consommation de ce nouvel ogre ? Dès lors, combien de créateurs, de techniciens supplémentaires exigera la profession pour préparer cette fabuleuse pâture ? »[42]. L'analyse de L'Herbier s'avérera juste : la télévision n'hésitera pas à puiser dans le vivier de l'école pour constituer ses troupes. Stellio Lorenzi et Maurice Cazeneuve, tous deux issus de la première promotion, deviendront réalisateurs de télévision. Suivront ensuite Pierre Badel, Ange Casta, Alain Boudet, Jean-Christophe Averty, qui intègreront l'ORTF à leur sortie de l'école[43]. Chacun de ses réalisateurs entraînera ensuite d'autres étudiants pour travailler à leurs côtés. C'est ainsi que Jean-Christophe Averty coptera Pierre Trividic[44]. Les pionniers de la fiction télévisuelle, qui connaît ses premiers succès au milieu des années 1950, ont donc souvent été formé à l'IDHEC[45].

Mai 68

Les étudiants, proches l'extrême-gauche et de la Jeunesse communiste révolutionnaire[46], occupent leur école à partir du 16 mai 1968, apportent leur soutien aux étudiants du Quartier Latin et mènent une fronde contre l'enseignement dispensé à l'école, jugé trop académique. Les cours sont suspendus et l'école adopte le 22 mai 1968 le principe de « grève active ». Ce mouvement conduit à la démission d'une grande partie de l'administration[47]. Les animateurs du comité d'occupation défendent une organisation de l'école inspirée du modèle des usines autogérées : ils se constituent ainsi en association, pour pouvoir "juridiquement" utiliser le matériel de tournage de l'IDHEC et soumettent chaque projet de films à l'Assemblée Générale des élèves. Marin Karmitz et d'autres y créent les États généraux du cinéma, projet radical de cinéma militant et tentative d'auto-gestion[48]. Les étudiants sont délogés des locaux le 10 juillet 1968[49].

Les étudiants de l'IDHEC ont tenu un rôle important dans la propagation des idées de Mai 68 : nombre d'entre eux ont participé à la réalisation et à la diffusion des films militants produits dans le sillage des manifestations étudiantes[50]. On peut en voir un exemple dans un film de neuf minutes, Reprise du travail aux usines Wonder, tourné en juin 1968 par deux étudiants de l'école[51]. Le film a été tourné le 10 juin 1968, jour où les dirigeants de l'usine Wonder de Saint-Ouen avaient convoqué les ouvriers pour leur demander de reprendre le travail. L'équipe ne possède alors qu'une boîte de pellicule et décide de tourner en plan séquence. À l'entrée de l'usine, la caméra saisit en plan-séquence la révolte d'une ouvrière qui refuse de retourner à son poste[52]. La bobine, intitulée « Wonder », est ensuite projetée en Assemblée Générale où il est décidé de la diffuser le plus vite possible, sans lui ajouter d'autres plans. Le film est présenté à l'été au Festival d'Hyères. Dans son numéro d'été, la revue Positif salue la forme « exceptionnellement concise, passionnée et authentique » de ces images. Le film rencontre une audience inattendue, si bien qu'il devient en 1970 le court-métrage d'avant-programme du film Camarades, de Marin Karmitz. Le film continuera d'être vu bien des années après, intégré sous forme d'extraits, dans différents documents comme Histoire de mai (1978) de Pierre-André Boutang et André Frossard, Mai 68, quinze ans après (1983) de Jean Labib, Génération (1988) de Daniel Edinger, Hervé Hamon et Patrick Rotman et dans Reprise (1996) d'Hervé Le Roux[53]. Jacques Rivette dira qu'il est le seul film « révolutionnaire », au sens strict, qu'il ait jamais vu « parce que c'est un moment où la réalité se transfigure à un tel point qu'elle se met à condenser toute une situation politique en dix minute d'intensité dramatique folle »[54]. Pour Serge Daney et Serge Le Péron, il est « la scène primitive du cinéma militant, La Sortie des usines Lumière à l'envers, un moment miraculeux dans l'histoire du cinéma direct »[55].

Le film continue d'être distribué par divers collectifs durant les années 1970 : on le trouve dans le catalogue de « Cinéma Rouge », un groupe trotskiste proche de la Ligue communiste révolutionnaire, dans celui de « Ciné Libre » et celui de « Cinélutte »[56]. Les étudiants de l'IDHEC sont très souvent à l'origine de ces nombreux groupes de cinéma militant, parfois initiés au sein même de l'école. Jean-Michel Carré, entré en 1969[57], fonde en 1974 « Les Films Grain de sable », d'abord sous la forme d'un collectif puis d'une maison de production cinématographique (toujours en activité aujourd'hui). Les films produits, inspirés des idées maoïstes, ont pour sujet le droit des femmes, le nucléaire, l'hôpital, ou encore l'éducation[58] : « A l’époque, explique Jean-Michel Carré, nous appliquions les principes maoïstes du centralisme démocratique et le cheminement dialectique ‘pratique-théorie-pratique’: aller sur le terrain, tourner, prendre l’avis d’intellectuels et de chercheurs sur notre travail, puis repartir vers le terrain. Le cinéma nous paraissait être l’art le plus adéquat pour l’activisme politique. Nous avions, au sein du groupe, chacun un diplôme de prise de vue, de montage ou de réalisation (obtenu à l’IDHEC), ce qui nous permettait une rotation des tâches, qui désacralisait le rôle du metteur en scène »[59]. Autre exemple de collectif : le collectif Cinélutte créé en 1973 par François Dupeyron, Alain Nahum, Guy-Patrick Sainderichin et Richard Copans, tous étudiants de l'école, avec le concours de Jean-Denis Bonan et de Mireille Abramovici[60]. Cet organisme prend la forme d’une association non subventionnée, né des mouvements lycéens et étudiants contre la « loi Debré » sur la conscription militaire. Celui-ci ne se revendique d'aucun parti ou organisation politique, mais produit durant 8 années des films militants, fortement impregnés de marxisme-léninisme et parfois du maoïsme, sur les luttes sociales et politiques des années 1970[61]. Le collectif continue à diffuser « Wonder » durant toute cette période[62].

Vers la Fémis

Après 1968, l'IDHEC connaît une période faste, où les fondamentaux de l'enseignement ont été remis en cause mais où l'émulation entre les élèves s'est accrue. « Tout de suite, on a fait grève parce qu'on n'avait pas assez de moyens et qu'on voulait tourner, explique le documentariste Jean-Michel Carré. Plus question d'accepter des professeurs à l'année nous racontant l'histoire du cinéma et son esthétique. On voulait que les gens de la profession viennent à l'IDHEC pour parler, pour travailler avec eux. Le directeur de l'école était alors complètement dépassé. Pour donner une idée de son ignorance, il ouvrait les boîtes de pellicule pour voir si la pellicule était imprimée. À la première assemblée générale, il a pris une chaise dans la figure et on ne l'a plus jamais revu. Louis Daquin l'a remplacé et, malgré son passé de vieux cinéaste au Parti communiste (nous étions tous d'extrême-gauche, de bords différents), il était ouvert. Il nous a dit dès le début : « Il faut faire des films, c'est comme ça qu'on apprend »[63]. Nommé en 1970, Louis Daquin reste directeur de l'IDHEC jusqu'en 1978.

De 1944 à 1985, l'Idhec forme 41 promotions et 1 439 professionnels du cinéma, français et étrangers. Au contraire de la future Fémis, l'école ne propose pas encore de départementalisation. Les étudiants, quel que soit le poste qu'ils souhaitent occuper à leur sortie de l'école, doivent choisir entre deux sections généralistes : image et montage. Si des théoriciens et analystes de cinéma, tels que Georges Sadoul et Jean Mitry enseignent à l'école, la pratique y est relativement libre et l'accès au matériel facilité. Tout le monde peut, peu ou prou, réaliser ses propres films, dans « une utopie pragmatique où chacun travaillait sur les films des autres », comme l'explique le cinéaste Laurent Cantet[64]. L'école devient ainsi un laboratoire de formes, et d'idées, et se veut ouverte à la société qui l'environne.

Les femmes restent néanmoins largement minoritaires à l'école. Il faudra attendre l'après 68 pour que les femmes y occupent une plus grande place[65]. L'interdiction de les voir intégrer l'ancienne section de mise en scène n'était pas formelle, mais il leur était fortement conseillé de rejoindre des sections considérées comme plus « féminines », comme le montage[66]. Mais les femmes ne sont encore, en 1973, que 4 sur 28 candidatures reçues[67]. L'école aura tout de même permis de former la chef opératrice Nurith Aviv, diplômée en 1967, souvent présentée comme la première femme française à accéder à ce poste[68], suivie de Dominique Le Rigoleur en 1971[69], de Caroline Champetier en 1976 ou d'Agnès Godard en 1980[70][71].

Les années passent et malgré sa réputation, l'IDHEC (installée, depuis janvier 1974 à Bry-sur-Marne, dans les locaux de l'INA) décline peu à peu, faute d'argent. Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, on songe à en redéfinir le rôle et le cadre. Un projet de « Palais de l'image » (qui inclurait l'art photographique) est lancé, suivi d'un autre, plus restrictif, nommé « Palais du cinéma ». Le projet tente d'associer une nouvelle école de cinéma et la Bibliothèque du Film[72]. Le rapport Bredin, en juin 1984, propose les règles de la future Fémis, fondée sur un enseignement pluridisciplinaire gratuit, un concours à bac+2, une durée des études de trois ans, la création de sept départements et une ouverture sur le monde professionnel. Jack Gajos, alors directeur de l'Agence pour le développement régional du cinéma, est choisi pour diriger l'institution[73]. En 1986, la droite revient au pouvoir : le secrétaire d'état à la Culture, Philippe de Villiers, reprend le dossier et inaugure la Fémis à la rentrée 1986. L'école s’installe au Palais de Tokyo, en face du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, sous la présidence de l'écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière. Les cinéastes Noémie Lvovsky, Arnaud des Pallières, Solveig Anspach, Christine Carrière, Emilie Deleuze, Manuel Pradal, Sophie Fillières comptent parmi les élèves de la première promotion[74]. Jean-Luc Godard, qui avait tenté le concours d'entrée à l'IDHEC en 1949[75], enseigne à l'école et le philosophe Gilles Deleuze y tient une conférence remarquée, intitulée « Qu’est-ce que l’acte de création ? ». L'école fonctionne sous statut associatif jusqu'en 1988.

Des débuts difficiles (1988-1996)

Une remise en cause du concours d'entrée

En 1988, le personnel de l'IDHEC rejoint La Fémis, dans une fusion de l'ancienne école avec la nouvelle. L'IDHEC disparaît donc officiellement le 24 mars 1988[76]. En 1990, le concours d'entrée à l'école recense un millier de candidats. Une filière scripte est créée en 1993. À l'automne 1993, des examinateurs du concours, parmi lesquels Laurent Vachaud et Serge Le Peron, s'aperçoivent que leurs notations sont fréquemment remaniées[77]. Les faits sont corroborés par l'ancien directeur des études Jacques Fraenkel, licencié en juillet de la même année. Soupçonnant des irrégularités dans la notation, il avait conservé la reproduction des notes de deux candidats reçus au concours de 1992. Il apparaît que huit candidats auraient vu leurs notes truquées en 1993 et que cette fraude aurait également bénéficié, en 1992, au fils de Bernard Faivre d'Arcier (conseiller culturel du premier ministre Laurent Fabius, directeur du Théâtre et des Spectacles dans le ministère de Jack Lang, et directeur du Festival d'Avignon)[78]. Jack Gajos – qui dirige alors le concours, en plus d'être délégué général et directeur des études - reconnaît avoir favorisé certains candidats, enfants de personnalités amies ou « haut placées » en en modifiant les notes. Pour ne rien arranger, Jean-Claude Carrière justifie maladroitement ces pratiques de repêchage en évoquant un « usage » fondé sur « le flair » du délégué général et regrette ce qu'il qualifie de « campagne de délation »[79]. La grogne monte parmi les professionnels embauchés par l'école, les élèves s'interrogent sur les méthodes de Gajos, de nombreux journaux se font le relais du scandale, auxquels s'ajouteront des rumeurs sur une supposée dérive de la gestion financière de l'établissement. Le journal L'Express résume ainsi la polémique : « à ce stade, la comédie prend la dimension d'une affaire d'Etat. Assortie d'un conflit cornélien. Comment ne pas nuire à l'excellente réputation de l'établissement? Comment réparer le préjudice subi par les candidats malheureux ? ». Jacques Toubon demande alors au chef de service de l’inspection générale une mission d’inspection sur la question[80]. Le ministère de la Culture condamne cet abus de pouvoir et Gajos, reconnaissant « une faute grave dont (il) assume toute la responsabilité », donne sa démission le 9 novembre 1993 à la suite du conseil d'administration.

Une nouvelle direction, et de nouvelles tensions

Alain Auclaire, membre du CNC, est nommé directeur de l'école, avec l'obligation d'assainir le concours d'entrée. Dès lors, la présidence du concours est donnée à une personnalité extérieure – Jean-Jacques Beineix en 1994 – et des mesures drastiques sont prises pour éviter toutes fraudes dans le déroulé du concours (anonymat absolu des copies, double ou triple correction, confidentialité renforcée quant au choix des sujets, etc.). Christine Juppé-Leblond, ancienne directrice de la Maison du geste et de l'image (MGI) et ex-épouse du chef de gouvernement d'alors, est nommée déléguée générale avec la mission, s'entend-elle dire par le Ministère de la culture, « de nettoyer les écuries d'Augias »[81]. Son style, volontariste et quelque fois maladroit, déplaît aux étudiants et aux intervenants professionnels : son désir de se débarrasser des « vieux gourous et des ayatollahs » (les rédacteurs des Cahiers du cinéma, souvent proches de l'école) ou celle d'enseigner la publicité au sein de l'école déclenchent des levées de bouclier. La direction passe en outre pour être plus familière du Ministère de l'éducation nationale que de celui du la Culture - entraînant quelques suspicions quant à sa possible fusion avec l'école Louis-Lumière et à son éloignement programmé des milieux cinématographiques. La grogne commence à monter chez les étudiants qui dénoncent un manque de dialogue avec la direction, un projet pédagogique flou, ainsi qu'une bureaucratie écrasante. Les élèves de la sixième promotion établissent alors un bilan collectif dans lequel ils critiquent « le manque de contact, de connaissance du milieu professionnel des principaux interlocuteurs directoriaux: responsable du 3e cycle, directeur des études, déléguée générale ». Le rôle de Maurice Failevic, directeur du département Réalisation et Pierre Baquet, directeur des études et adjoint de la déléguée générale, sont en outre remis en cause. Les ressources propres à l'école chutent également à cette même époque, ce qui rajoute à l'agitation générale[82]

Au mois de mai 1996, les cinéastes Pascal Bonitzer (ancien directeur du département Scénario, démissionnaire après que des élèves ont évoqué son absentéisme répété), Jean-Louis Comolli, Jean Douchet et André Téchiné publient une tribune dans le journal Libération, dans laquelle ils accusent l'école de "conformisme" : « il est à craindre que la Femis, par absence de projet pédagogique, par faiblesse de pensée, par ignorance des enjeux présents, ne cède à la tentation de privilégier ce qui gêne le moins : la fabrication d'objets audiovisuels supposés satisfaire un spectateur réduit au rôle de consommateur d'effets, éternel immature avide de sensations fortes ». Les quatre cinéastes estiment que l'école privilégie la professionnalisation et la formation technique à une pensée du cinéma - alors que cette dernière devrait être le privilège d'une école. Ils notent également que « l'actuelle ­et contestée direction de la Femis a laissé pour ainsi dire à l'abandon le département réalisation, clé et moteur de l'ensemble de l'école. Sans projet pédagogique, sans plan de travail élaboré, sans objectifs posés, les réalisateurs de la Femis ont été abandonnés à eux-mêmes et à la mauvaise fortune de l'école »[83]. Le cinéaste Emmanuel Mouret, élève à cette époque, se souvient : « Nous voulions l’école dont nous avions envie. Or, à l’époque, madame Juppé-Leblond, administratrice en 1994, faisait essentiellement venir l’un de ses amis réalisateurs à la télévision. À force de protestations, sont intervenus à sa place des gens comme Claude Miller ou Jean-Louis Comolli. »[84]. Un changement de statut est décidé à la même époque : l'école amorce un virage, passant d'association à un établissement public délivrant un diplôme public. Ce changement ne va pas sans tensions et c'est dans un climat délétère que la direction nommée après Gajos démissionne, en mai 1996.

Une « nouvelle Nouvelle Vague » ?

À la même époque, les premiers diplômés de l'école, entrés en 1986, ainsi que les derniers étudiants de l'IDHEC se font connaître auprès du public sous le terme de « Nouvelle Vague bis » ou de « Nouvelle Nouvelle Vague », expression inventée par l'hebdomadaire Télérama et repris ailleurs pour désigner cette génération de cinéastes apparue au début des années 1990[85],[86]. Un monde sans pitié d'Éric Rochant, puis La Sentinelle et Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) d'Arnaud Desplechin, Petits Arrangements avec les morts de Pascale Ferran, Rosine de Christine Carrière, Grande Petite de Sophie Fillières, Oublie-moi de Noémie Lvovsky, La Croisade d'Anne Buridan de Judith Cahen, En avoir (ou pas) de Laetitia Masson sortent sur les écrans : « Tous se démarquent du cinéma de la décennie précédente, qui ressemblait fâcheusement - par sa sclérose - à celui des années cinquante. Comme leurs ancêtres de la Nouvelle Vague, ils ont donc décidé de jouer l'invention contre la perfection; la liberté contre la qualité », écrit Claude-Marie Trémois dans Télérama[87]. Fait rare, et sans doute permis par l'existence de l'école : la plupart des films sont dirigés par des femmes[88]. Les premières promotions de la Fémis ont même compté plus de filles que de garçons, même si l'équilibre s'est rétabli en 1990[89]. Si certains décèlent dans ces premiers films un renouveau naturaliste et l'expression subtile d'un romanesque désabusé (mettant en scène « la précarité sentimentale de la jeunesse d'aujourd'hui »[90]), d'autres n'y voient qu'un cinéma parisianiste et nombriliste[réf. nécessaire]. C'est donc à cette époque qu'on commence à employer l'expression de « style Fémis » pour qualifier cette esthétique cinématographique.

Un établissement public industriel et commercial (depuis 1996)

De nouveaux statuts

René Bonnell, ancien directeur de la distribution chez Gaumont, directeur et vice-président du StudioCanal est nommé président de l'école, Patrice Béghain en est le directeur[91]. Carole Desbarat, venue de l'ESAV, devient directrice des études[92]. Le climat de tension s'apaise. L'école s'exile pour un an et demi dans les studios de la Plaine Saint-Denis[93], en attendant son emménagement rue Francoeur, dans les anciens studios Pathé qu'il faut mettre aux normes. Les nouvelles technologies numériques font leurs entrées à l'école. C'est à cette époque que l'école est transformée en EPIC, rattachée au Ministère de la culture. La Fémis devient officiellement l'ENSMIS (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son). Sous la houlette du centre national de la cinématographie, l'école obtient le statut d’établissement public industriel et commercial, ce qui lui permet de bénéficier à la fois des subsides de l’État (et donc de frais de scolarité modiques : 229 euros par an) et de la possibilité de développer une activité économique. La loi du 16 décembre 1996[94] et le décret du 13 mai 1998[95] et confient quatre missions à l'école : la délivrance d'une formation initiale et continue validée par un diplôme d'enseignement supérieur, la promotion et la diffusion de la culture cinématographique et audiovisuelle, la coopération avec des établissements français et étrangers, l'édition et la diffusion de documents pédagogiques intéressants les métiers du cinéma[96].

À la rentrée 1999, La Fémis prend ses quartiers définitifs 6 rue Francœur, dans les anciens studios de la société Pathé situés dans le 18e arrondissement de Paris, où ont été tournés de nombreux classiques du cinéma français comme Les Enfants du paradis ou Les Dames du bois de Boulogne. Les bâtiments, rachetés 55 millions de francs par la Régie immobilière de la ville de Paris et loués 5 millions de francs par an[97], sont rénovés par l'architecte Yves Lion[98]. L'identité graphique de l'école est confiée à Philippe Apeloig[99]. Les locaux flambants neufs sont inaugurés par Lionel Jospin, Premier ministre, et Catherine Trautmann, Ministre de la culture[100]. L'ENSMIS redevient La Fémis – dénomination connue et reconnue des professionnels français et étrangers, qu'il fallait conserver. Alain Auclaire prend la présidence de l'école. Gérard Alaux en devient le directeur. Marc Nicolas, proche collaborateur de Jack Lang et directeur adjoint du CNC, lui succédera en 2001. Des stages professionnels sont proposés, des partenariats avec le CNSAD et l'école allemande de Ludwigsburg sont créés, ainsi que des accord d'échange avec l'Université Columbia à New-York et la NFTS de Londres. La filière distribution-exploitation ouvre ses portes à la rentrée 2003. L'enseignement évolue : le journal Libération note qu'il est devenu avec le temps « plus pragmatique et ouvert aux expériences »[101]. Le cinéaste et metteur en scène Patrice Chéreau est nommé président de l'école en 2006 - poste dont il démissionnera quelques mois plus tard, en raison d'un emploi du temps surchargé[102]. Claude Miller prendra sa succession en 2007[103].

En mars 2009, la majorité des étudiants de l'école se met en grève[104]. Estimant que l'école se noie dans « son administration lourde et l’autosatisfaction de son fonctionnement bien rodé », les étudiants regrettent le manque d'ouverture vers l'extérieur, notamment les autres écoles d'art, et demandent la mise à disposition « des locaux et du matériel à des cinéastes et productions externes ». Le contenu des enseignements - jugé sclérosé, inhibant et trop éloigné du cinéma contemporain - est remis en cause, parce qu'il ne serait pas de nature « à stimuler l’inventivité ». Les étudiants regrettent également « l’élitisme, le cloisonnement des départements et l’individualisme » de leur école, qui dépeint sur leurs propres travaux et leur réputation dans le milieu du cinéma. Le mouvement durera plusieurs mois et sera appuyé par de nombreuses personnalités[105].

La deuxième génération de cinéastes

Comme durant les années 1990, une nouvelle génération de cinéastes issus de la Fémis émerge sur les écrans au début des années 2000. Plus discrète que la précédente (à la fois par leurs œuvres et la personnalité de leurs auteurs), cette génération rassemble des cinéastes comme Yves Caumon, Jean-Paul Civeyrac, Emilie Deleuze, Solveig Anspach, Arnaud des Pallières, Hélène Angel, Frédéric Videau, Orso Miret, Emmanuelle Bercot, Antony Cordier. Leurs films appartiennent à une veine plus contemplative, mélancolique, voire lyrique que leurs aînés[106]. Ces films ne sont pas non plus dominés par la figure de Paris et la description sociologico-affective d'une génération, mais s'ancrent dans une réalité plus large (le milieu rural ou ouvrier pour Caumon[107] et Cordier[108], la province pour Orso Miret[109] et Des Pallières[110], les paysages glacés de l'Islande pour Anspach[111]). En parallèle et au même moment, émergent des figures plus marginales - bien que « rattrapées », depuis, par une forme plus classique : François Ozon (5e promotion) avec Sitcom et Les Amants criminels[112], Marina de Van (9ème promotion) avec Dans ma peau[113], ou Delphine Gleize (9e promotion) avec Carnages[114] imposent dans leurs premiers films un univers plus déluré et fantaisiste, parfois potache ou provocant[115].

Formations

Les formations offertes par l'École s'organisent comme suit :

La formation initiale

Le cursus principal

Le cursus principal s'organise entre sept départements (réalisation, scénario, production, image, décor, son, et montage) et accueille environ 38 élèves par an (six élèves par département, sauf en décor, où on n'en compte que deux)[116]. Le concours d'accès est à la fois national et international : deux à quatre élèves étrangers sont généralement admis par promotion. La durée des études est de quatre ans[117]. Aucun redoublement n'est possible.

  • La première année

La première année (1er cycle) consiste en un enseignement général commun aux sept départements, durant lequel les élèves reçoivent une initiation aux différents métiers du cinéma et peuvent faire l'expérience de chacun des postes de la réalisation d'un film de fiction[118].

Le début de l'année est consacré au tournage d'exercices en vidéo, appelés « 3 minutes », écrits, tournés et montés en un temps extrêmement courts, avec l'obligation de respecter différentes contraintes techniques (utilisation du plan-séquence, forme « sonore » mais non « parlante », etc) ainsi que formelles (recours au flash-back, scénario devant contenir une course-poursuite, etc)[119].

Un exercice « Minute Lumière » est une première sensibilisation au documentaire, à travers le tournage d'un plan-séquence documentaire, fixe et en vidéo, inspiré du dispositif formel propre aux premiers films Lumière.

Un atelier créé en association avec le CNSAD, permet aux élèves de s'essayer à la direction d'acteurs. L'école ayant passé un partenariat avec le Conservatoire, les élèves de cinéma seront amenés à travailler, tout au long de leur scolarité, avec les élèves comédiens[120].

La seconde partie de l'année est consacrée à un exercice appelé « Fiction 16 »[121]. Chaque élève écrit, réalise et monte un film d'une dizaine de minutes en 16 mm. Les élèves sont libres de leur sujet mais il doit pouvoir correspondre à un cahier des charges techniques précis. Les élèves aident à la création du film de leurs collègues, en occupant sur chaque film un poste différent (ils sont ainsi à tour de rôle chef opérateur, cadreur, assistant caméra, électricien, machiniste, ingénieur du son, perchman, mixeur, scripte, décorateur, accessoiriste et régisseur)[122].

  • La deuxième et troisième année

A partir de la deuxième année les élèves suivent un cursus spécifique au département qu'ils sont choisi dès le concours, et qui comprend des cours théoriques, des exercices pratiques, des journées d'analyse de films, des séminaires de réflexion et la réalisation collective de plusieurs films[123][124]. L'équilibre entre cours et exercices varie selon les départements. Chaque département a sa propre logique et son propre rythme de formation, mais l'ensemble du dispositif pédagogique constitue un réseau professionnel où tous les métiers concourent à la réalisation d'une même œuvre et n'existent que par le travail en équipe[125].

  • Département Réalisation : Les étudiants en réalisation tournent chacun un film documentaire en vidéo en deuxième année. En troisième année, ils tournent un film de fiction en 35 mm auquel participent les autres élèves, au poste pour lequel ils sont formés. Cet exercice en 35 mm consiste à la fabrication d'un film de fiction au sujet libre. Une enveloppe budgétaire définie par l'école et évaluée en fonction d'un film de 10 mn est atteibuée à chaque élève réalisateur. Cette enveloppe inclut la fabrication de la copie 0 étalonnée, son optique Dolby SR. Les films sont tournés sur 6 jours au maximum. Des ateliers d'écriture, de jeu sont également proposés dans l'année.
  • Département Image : Les étudiants en image participent aux films des étudiants en réalisation en occupant les postes de chef opérateur, caméraman, assistant caméra, ou étalonneur numérique. Ils suivent également des cours théoriques et des exercices pratiques (optique appliquée, physique de la lumière, vidéo et numérique, analyse et perception, technologie des caméras film, technologie des sources lumineuses, sensitométrie, colorimétrie, technologie du laboratoire, transferts, banc-titre, dessin, trucages, Photoshop, After-effects, steadycam, maquillage, ateliers Caméra 35 scope, Digital Betacam et HD). Les étudiants suivent deux stages professionnels (en technologie des caméras et laboratoire)[126].
  • Département Son : Les étudiants en son participent aux films des étudiants en réalisation en occupant les postes de chef opérateur du son (ingénieur du son), perchman, monteur son, bruiteur, ou mixeur. Ils suivent également des cours théoriques et des exercices pratiques (enregistrement sur disque dur Cantar et sur carte mémoire Compact flash, DAT, magnétophones multipistes Dash et Prodigi, psychoacoustique, acoustique physique, électroacoustique, informatique, parcours du signal analogique et numérique, systèmes de synchronisation, monitoring, connaissance des outils, repiquage, autoconformation, machines de montage virtuels, connaissance de l'enregistrement en auditorium, des différents systèmes de reproduction, des standards de diffusion cinéma, des versions internationales et des normes de diffusion télévisuelles.
  • Département Montage : Les étudiants en montage participent aux films des étudiants en réalisation en occupant les postes de monteur ou monteur son. Ils suivent également des cours théoriques et des exercices pratiques (formation Avid, Première, Photoshop, After-effects, ProTools, DD1500 et montage analogique 35mm, ).
  • Département Décor : Les étudiants en décor participent aux films des étudiants en réalisation en occupant les postes de décorateur, constructeur ou ensemblier. Ils suivent également des cours théoriques et des exercices pratiques (histoire de l'art et du décor, Photoshop, Illustrator, X Press, Vector Works, 3DS MAX/MAYA)
  • Département Production :Les étudiants en décor participent aux films des étudiants en réalisation en occupant les postes de directeur de production. Ils suivent également des cours théoriques et des exercices pratiques (grammaires de la production, connaissance du secteur, exercices de tournages).
  • Département Scénario : Les étudiants en scénario participent aux films des étudiants en réalisation en occupant le poste de coscénariste. Ils suivent également des cours théoriques et des exercices pratiques (initiation à la dramaturgie, l'art de raconter une histoire, séminaires thématiques, analyses de films, écriture des formes documentaires, travail autour de la caractérisation et des dialogues d'un long-métrage, ré-écriture d'un scénario, l'adaptation cinématographique).

Des stages sont organisés à l'étranger en partenariat avec d'autres écoles de cinéma, notamment New-York pour les élèves en scénario (qui suivent un atelier d'écriture dirigé par l’auteur de cinéma et de théâtre Israël Horovitz à l'Université de Columbia), Londres pour les étudiants en décor (qui travaillent sur une maquette de décor de science fiction à la National Film and Television School), ou encore Lausanne pour les élèves en montage (qui montent durant 6 semaines les films documentaires des élèves réalisateurs de l’ECAL)[127].

  • La quatrième année

La quatrième et dernière année (3e cycle) est consacrée à un travail de recherche personnelle (TFE), qui est la plupart du temps un film (ou un mémoire pour le département production)[128], et à la participation aux TFE des autres élèves de la promotion[129].

La filière scripte

La filière scripte accueille 4 élèves[130]. Le concours d'entrée a lieu tous les deux ans. La durée des études est de 28 mois[131][132]. En première année, les élèves de cette filière participent à l'enseignement commun dispensé à l'ensemble des sept départements. En deuxième année, ils suivent des enseignements spécifiques et rédigent un mémoire au terme de leur scolarité, qu'ils présentent à un jury composé de professionnels en activité.

La filière distribution-exploitation

La filière distribution-exploitation accueille environ 10 élèves : 6 en distribution, 4 en exploitation[133]. Sa durée est de 16 mois[134]. Avec cette filière, ouverte en 2003, la Fémis conforte son rôle incontournable dans le cinéma français, devenant en même temps qu'une école d'art, une école commerciale de haut niveau pour la formation de cadres et dirigeants d'entreprises cinématographiques sensibilisés autant aux problématiques de l'entrepreneuriat que de la création.

La scolarité est organisée en trois séquences. Lors du premier trimestre, les élèves suivent l'enseignement général commun à tous les départements et filières. Ils suivent ensuite un enseignement spécialisé (un semestre) et à l'issue de ces enseignements, se consacrent à leur TFE et à un stage (un semestre)[135].

La formation continue

Depuis 1996, La Fémis propose des ateliers de formation continue aux professionnels de ce secteur qui souhaitent faire évoluer leur carrière ou élargir leur domaine d'intervention en explorant de nouveaux domaines artistiques et techniques. Ces formations ont été mises en place avec différents partenaires à l'échelon international (programme MÉDIA de l'Union européenne), national ou régional (Conseils Régionaux, Centre de production en région). Elles sont pour la plupart conventionnées par l'AFDAS[136].

Les domaines abordés sont :

  • le documentaire (Atelier documentaire et Atelier documentaire européen Achidoc à base d'archives)[137][138]
  • le scénario (Atelier scénario et Atelier réécriture)[139]
  • la production en Europe (Atelier / Masterclass)[140]
  • les fondamentaux de la réalisation, formation Initiation au cinéma[141]
  • la réécriture de scénario (atelier destiné aux scénaristes et aux auteurs-réalisateurs d'être accompagnés dans la réécriture de leur scénario de long-métrage de cinéma)[142]

En partenariat avec la Fondation Culture & Diversité, La Fémis a également mis en place un programme d’égalité des chances destiné à des candidats ayant effectué leurs études secondaires dans des lycées relevant de l’éducation prioritaire. Il prend la forme d’une action de sensibilisation aux métiers du cinéma pour les lycéens et d’un atelier durant l’été, consacré à la découverte du monde du cinéma et à la fabrication collective d’un petit film de fiction[143][144].

L'université d'été

Depuis 1989, la Direction de l’audiovisuel extérieur du ministère des Affaires étrangères et européennes et La Fémis proposent chaque année une « université d’été », ouverte à des étudiants étrangers en cinéma ou audiovisuel ou à de jeunes étrangers professionnels du cinéma de moins de 30 ans. Il s'agit d'un programme sur la pratique du documentaire, qui s’étend sur 9 semaines à raison de 5 jours de cours intensifs par semaine. Les stagiaires, au nombre de 12, sont issus du Maghreb, d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie (sauf Corée du Sud, Japon et Singapour), d’Europe centrale et orientale (hors pays de l’Union européenne), et du Moyen-Orient[145].

L'Atelier/Masterclass

Ce programme d'un an est destiné aux jeunes producteurs et distributeurs, titulaires d'un bac+3 au minimum, issus de l'Union européenne élargie. Les participants suivent 4 séminaires répartis entre Ludwigsburg (Filmakademie de Baden-Württemberg) et Paris (la Fémis). Cette formation inclut également des sessions de travail aux festivals Premiers Plans d’Angers, Cannes, Londres et Berlin[146].

L'Atelier rassemble chaque année 18 stagiaires : 1/3 de français, 1/3 d'allemands et 1/3 issus d'autres pays de l'Union européenne. À la fin de l’Atelier/Masterclass les participants produisent en collaboration avec ARTE, la Filmakademie de Baden-Württemberg et La Fémis des courts-métrages. Ces films projetés dans des festivals et diffusés sur ARTE[147].

Programme pour l'égalité des chances

En 2008, deux programmes dits « pour l'égalité des chances » sont lancés, d'une part, à destination des lycéens en cours d’orientation, et d'autre part aux futurs candidats. Une présentation de l'école est faite dans soixante-huit lycées français appartenant aux zones d’éducation prioritaires, suivis de rencontres avec les intervenants et les élèves de l'école[148]. L’idée, défendue par Claude Miller, est « de sensibiliser ces lycéens aux études artistiques, leur montrer que c’est à leur portée. Personne ne doit s’interdire de passer le concours de La Fémis (…) On ne peut plus se contenter de la méritocratie française. On en voit tous les jours les limites. C’est de notre devoir de cinéaste de faire en sorte que le métier soit plus ouvert socialement. »[149]. Si ce programme d'ouverture repose sur de bonnes intentions, certains doutes subsistent - comme l'exprime Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités - quant à sa véritable efficacité[150]. Le second programme permet aux futurs candidats de se familiariser avec l'histoire et les techniques du cinéma.

Moyens et équipements

Les services de l'école sont répartis sur trois bâtiments d'une surface totale de 9 700 m². Elle possède 4 plateaux de tournage de 220 m² en moyenne, qui furent les anciens plateaux de la société Pathé. Marcel Carné y tourna Les Enfants du paradis pendant la seconde guerre mondiale[151], tout comme Robert Bresson pour son film Les Dames du bois de Boulogne[152]. L'école possède également 2 auditoriums numérique de mixage et 3 salles de projections (la salle Jean Renoir de 170 places, la salle Jacques Demy de 60 places et la salle Alice Guy de 20 places), équipées en dolby, DTS, 16-35, double bande, vidéo et dvd[153]. Les étudiants disposent de 11 caméras 16 mm et Super 16, de 4 caméras 35 mm, de 5 caméras Betacam SP, de 5 caméras DSR 300 ou 400, de 29 salles de montage numérique, d'une salle d'essais caméra, d'un laboratoire photo et d'un studio de prise de son[1][154]. Une dizaine de salles de cours, une salle casting, une bibliothèque-vidéothèque, un foyer et des salles de production sont également à la disposition des élèves. Une menuiserie, employant deux salariés, permet la fabrication de décors[155]. L'école reçoit l'aide commerciale de Kodak, Fuji et Arriflex et le soutien d'organismes tels que l'ADAMI, la SCAM, la SACEM et Procirep[156]. Le bubget annuel de la Fémis s'élevait en 2006 à 9,76 millions d'euros[1].

100 films, de différents formats et répondant à différents enseignements, sont produits chaque année à la Fémis par les élèves. Un élève, quel que soit son département, réalise en moyenne 4 films durant sa scolarité (parfois nettement plus, s'il est inscrit dans le département réalisation, par exemple)[118].

L'école n'emploie pas d'enseignants permanents mais fait appel à des intervenants professionnels. 300 professionnels en activité sont donc ainsi appelés à encadrer, chaque année, le travail des élèves. Des cinéastes comme Jean-Jacques Annaud, Cédric Klapisch, Christophe Honoré, Tony Gatlif, Xavier Beauvois ou encore Danièle Thompson enseignent ou ont enseigné à La Fémis. L'école accueille aussi régulièrement des cinéastes étrangers, venus présenter leurs films et répondre aux questions des étudiants. Ce fut par exemple le cas d'Abbas Kiarostami[157] ou de Woody Allen[158].

Concours

L'école est accessible par un concours très sélectif : environ 7 % de taux de réussite pour l'ensemble des concours hors réalisation, et seulement 1 % de réussite pour le très convoité département réalisation (pour lequel s'inscrivent presque la moitié des candidats). La faible proportion d'élèves reçus à l'école est justifié, selon son président Claude Miller, par le fait que « le secteur du cinéma et de l'audiovisuel en général ne sont que peu créateur d'emplois nouveaux »[159]. Les candidats au concours se répartissent environ de la manière suivante : de 50 % en réalisation, 15 % en montage, 13 % en scénario, 10 % en image, 5 % en production et en Son et 2 % en décor[160].

Le concours est ouvert aux titulaires d'un diplôme sanctionnant deux années d'études après le baccalauréat (trois pour le concours distribution/exploitation), âgés de moins de 27 ans au 1er janvier de l'année du concours, ou aux candidats âgés de moins de 30 ans au 1er janvier de l'année du concours et pouvant justifier d'une activité professionnelle d'au moins quatre années. Dans les faits, les étudiants reçus ont souvent déjà atteint le niveau bac+3[161]. Les candidats doivent être francophones et ne peuvent se présenter plus de trois fois au concours.

Le concours de la Fémis est l'un des concours les plus "lourds" des grandes écoles françaises, tous domaines confondus. Il s'échelonne sur cinq mois environ, de mars à juillet[162], et nécessite plus de 200 correcteurs et jurés, choisis parmi les professionnels du cinéma en activité. Chaque candidat doit mentionner dès l'inscription le département qu'il souhaite intégrer. Le concours est ouvert aux élèves français et européens (qui passent dans ce cas les épreuves du concours national) ou étrangers hors Union Européenne (qui passent les épreuves du concours international, organisées dans les ambassades de France à l'étranger)[163].

Premier tour (pré-admissibilité)

Les deux épreuves sont communes à tous les candidats, quel que soit le département demandé.

  • Écriture d'un dossier d'enquête sur un thème imposé, parmi trois propositions. Ce document écrit, d'une quinzaine de pages, peut être accompagné d'images (dessins, photographies), de sons (bandes sonores) ou d'un film vidéo. La forme est laissée libre au candidat mais ne doit pas répondre à un travail de type universitaire[164].
  • Épreuve sur table d'analyse de séquence. Projection d'un court extrait de film (généralement les 10 premières minutes), description et analyse de la séquence[165].

Taux de réussite au 1er tour : de 10 % (candidats au département Réalisation) à 30 % (candidats au département Décor)[166].

Deuxième tour (admissibilité)

Les candidats admissibles au 2e tour passent les épreuves correspondantes au département demandé[167].

  • Réalisation

Épreuve de scénario : écriture d'un script ou d'un projet de scénario, sur un thème imposé parmi trois propositions.

Épreuve de tournage et de direction d'acteurs : Tournage d'une scène imposée, tirée au hasard, avec deux acteurs et un caméraman, sur un plateau de cinéma.

Épreuve de dérushage : Analyse des images tournées lors de la précédente épreuve et discussion.

  • Image

Épreuve écrite : connaissances techniques (physique, optique, mathématiques, électricité), culture générale, histoire de l'art et du cinéma.

Épreuve pratique et orale : réalisation d'une planche contacte photographique sur un thème imposé, discussion autour du travail rendu.

  • Scénario

Épreuve écrite : écriture d'un script et d'une scène dialoguée, sur un thème imposé parmi trois propositions

Épreuve orale : invention et développement d'un script ou d'un projet de scénario, développement à l'oral, sur un thème imposé parmi trois propositions.

  • Son

Épreuve écrite : connaissances techniques (acoustique, physique, mathématiques, électricité), culture générale, histoire de l'art et du cinéma.

Épreuve pratique et orale : réalisation d'un document sonore sur un thème imposé, et discussion.

Épreuve d'acuité et de sensibilité auditive : analyse technique et artistique de divers documents sonores.

  • Décor

Épreuve d'élaboration de décor : réalisation sur table d'un projet de décor (dessins, plans, maquettes) d'après un scénario imposé.

Épreuve orale : discussion ouverte sur les document fournis lors de la précédente épreuve.

  • Production

Épreuve unique orale : choix d'un projet parmi cinq propositions de longs-métrages (imposées), préparation d'un argumentaire relatif au choix, soutenance du projet, et propositions de production + même procédé concernant un court-métrage, pour lequel le candidat doit proposer un projet de direction de production.

Taux de réussite du premier au deuxième tour : de 30 % (candidats au département Réalisation) à 70 % (candidats au département Son)[168].

Troisième tour (admission)

C'est une seule épreuve orale et publique, avec le président et les membres du jury. Le jury est généralement composé de 7 membres (un réalisateur, un producteur, un scénariste, un mixeur ou ingénieur du son, un directeur de la photographie, un monteur et un décorateur). L'épreuve consiste en une discussion libre de 45 minutes sur les projets du candidat, ses motivations, son parcours, sa culture, ses expériences. Ces épreuves s'échelonnent sur une dizaine de jours[169].

A l'issue des entretiens, le jury choisit les reçus parmi les candidats du concours général, auxquels s'ajoutent les candidats du concours international. Les candidats reçus ne sont pas classés et n'ont pas connaissance de leurs notes aux épreuves. Ils peuvent les demander à la sortie de l'école, une fois diplômés. Les dossiers et les copies restent la propriété de l'école. Les candidats non reçus peuvent obtenir le détail de leurs notes quelques semaines après la fin des épreuves. L'âge moyen d'un élève admis est de 23 ans. Les promotions comportent généralement un peu plus de garçons que de filles, dans un rapport de 60-40. Les départements réalisation et son sont traditionnellement plutôt masculins, alors que les départements scénario et décor sont plutôt féminins[118].

Taux de réussite du deuxième au troisième tour : de 25 % (candidats au département Réalisation) à 50 % (candidats au département Production, Son ou Décor)[170].

Historique du concours

Année Film proposé à l'épreuve d'analyse de séquence Président du jury
1986 L'Aurore - Allemagne, Friedrich Wilhelm Murnau Henri Colpi (réalisateur)
1987 Monsieur Klein - France, Joseph Losey René Laloux (réalisateur, dessinateur)
1988 L'Argent - France, Robert Bresson Maurice Failevic (réalisateur)
1989 Voyage au bout de l'enfer - USA, Michael Cimino Anne Luthaud (dramaturge, romancière)
1990 Nouvelle Vague - France, Jean-Luc Godard Anne Luthaud (dramaturge, romancière)
1991 Gertrud - Danemark, Carl Theodor Dreyer Jack Gajos (président de la Fémis)
1992 Toni - France, Jean Renoir Jack Gajos (président de la Fémis)
1993 Les Nuits blanches - Italie, Luchino Visconti Jack Gajos (président de la Fémis)
1994 Cinq femmes autour d'Utamaro - Japon, Kenji Mizoguchi Jean-Jacques Beineix (réalisateur)
1995 Identification d'une femme - Italie, Michelangelo Antonioni Christine Pascal (réalisatrice)
1996 L'Impératrice rouge - Allemagne, Josef von Sternberg Robert Enrico (réalisateur)
1997 Monsieur Verdoux - USA, Charlie Chaplin Philippe Carcassonne (producteur)
1998 Val Abraham - Portugal, Manoel De Oliveira Jérôme Deschamps (metteur en scène, dramaturge)
1999 Le Grondement de la montagne - Japon, Mikio Naruse Humbert Balsan (producteur)
2000 Blade Runner - USA, Ridley Scott Otar Iosseliani (réalisateur)
2001 Good Men, Good Women - Taïwan, Hou Hsiao-hsien Cédric Kahn (réalisateur)
2002 La Captive - France, Chantal Akerman Olivier Assayas (réalisateur)
2003 Femme Fatale - USA, Brian De Palma Benoît Jacquot (réalisateur)
2004 Viridiana - Espagne, Luis Buñuel Emmanuèle Bernheim (romancière, scénariste)
2005 Van Gogh - France, Maurice Pialat Romain Goupil (réalisateur)
2006 Tigre et Dragon - Chine, Ang Lee Pierre Chevalier (producteur)
2007 De la vie des marionnettes, RDA, Ingmar Bergman Bruno Nuytten (directeur de la photographie, réalisateur)
2008 L'Enfant aveugle 2, Pays-Bas, Johan van der Keuken Abderrahmane Sissako (réalisateur)
2009 A History Of Violence, USA, David Cronenberg Raoul Peck (réalisateur)

Statut

Bien que cet établissement remplisse des missions de service public à caractère administratif (la formation initiale et continue), il a été constitué en établissement public à caractère industriel et commercial par le décret no 98-371 du 13 mai 1998. La Fémis devient alors École nationale supérieure des métiers de l'image et du son. Son statut a été modifié par la loi du 26 juillet 2005 et par le décret du 3 novembre 2006.

L'école est financée à 75 % par le ministère de la culture, à 14 % par la taxe d'apprentissage et à 15 % par des ressources propres[171]. En 1997, le budget global de fonctionnement de la Fémis s'est élevé à 44,9 millions de francs, dont 31,5 millions de francs de subventions de fonctionnement du CNC. Transformée en EPIC, elle a bénéficié en 1998 d'une subvention de fonctionnement du ministère de la culture de 31,50 millions de francs. Cette subvention a été inscrite au titre III du budget du ministère de la culture et non plus parmi les crédits du titre IV affectés au CNC[172][173]. Les dépenses de l'école et ses recettes sont contrôlées en permanence par un contrôleur financier dépendant du ministère du Budget[174]. La fémis est soumise pour ses achats à l'ordonnance no 2005-649 du 6 juin 2005 et à son décret d'application no 2005-1742 du 30 décembre 2005.

Le président de l'école est nommé par décret en conseil des ministres. Il exerce sa fonction à titre bénévole. Le directeur de l'école est nommé par arrêté du Ministre de la Culture.

Rachid Bouchareb (cinéaste), Roxane Arnold (distributrice-exploitante), Claire Denis (cinéaste), Pascal Breton (producteur), Radu Mihaileanu (cinéaste) et Caroline Champetier (directrice de la photographie) ont été nommé en 2008 par Christine Albanel membres titulaires du conseil d’administration de l'école. Pascale Ferran (cinéaste), Alain Attal (producteur), Céline Sciamma (cinéaste), Dominique Hennequin (mixeur), Jacques Bidou (producteur) et Emmanuel Giraud (producteur) en sont les membres suppléants[175].

Éditions La Fémis

Conformément à ses statuts, La Fémis est également une maison d'édition. Les ouvrages édités, vendus en librairie et à l'école, portent essentiellement sur la technique et la pratique cinématographique. Ils sont signés par des professionnels du cinéma ayant enseigné à l'école, comme le monteur Albert Jurgenson (Pratique du montage), le directeur de la photographie Arthur Cloquet (Initiation à l’image de film) ou le scénariste Jean-Claude Carrière (Raconter une histoire). La Fémis a également participé à des coéditions avec les Cahiers du Cinéma, la Cinémathèque Française ou Yellow Now. Elle publie tous les dix ans environ un annuaire de ses anciens élèves ainsi que les annales de son concours[176].

Anciens élèves

Parmi les anciens élèves de la Fémis ou de l'IDHEC, qui l'a précédée, on compte entre autres :

Palmarès

À ce jour, les trois prix les plus prestigieux du cinéma mondial que sont la Palme d'Or du Festival de Cannes, le Lion d'Or de la Mostra de Venise et l'Ours d'Or de la Berlinale ont été décernés dix fois à d'anciens élèves de l'IDHEC-FEMIS. Ceci en fait l'école de cinéma la plus récompensée au monde.

  • 1re - IDHEC-La fémis, Paris, France : 3 Lions d'Or, 1 Ours d'Or, 6 Palmes d'Or
  • 2e ex aequo - Beijing Film Academy, Pékin, République populaire de Chine : 2 Lions d'Or, 3 Ours d'Or, 1 Palme d'Or
  • 2e ex aequo - NYU Tisch School of the Arts, NY, USA : 2 Lions d'Or, 2 Ours d'Or, 2 Palmes d'Or
  • 4e - FAMU, Prague, République tchèque : 2 Lions d'Or, 3 Palmes d'Or
  • 5e - VGIK, Moscou, Fédération de Russie : 2 Lions d'Or, 3 Ours d'Or
  • 6e - École nationale de cinéma de Łódź (PWSFTViT), Łódź, Pologne : 1 Lion d'Or, 2 Ours d'Argent, 1 Palme d'Or
  • 7e - Centro Sperimentale di Cinematografia, Rome, Italie : 2 Ours d'Or, 2 Palmes d'Or
  • 8e ex aequo - Dansk Filmskole, Copenhague, Danemark : 2 Palmes d'Or
  • 8e ex aequo - UCLA, Los Angeles, USA : 2 Palmes d'Or
  • 10e - HFF Munich, Munich, Allemagne : 1 Lion d'Or, 1 Palme d'Or

Notes et références

  1. a , b  et c http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/lettre/141.pdf
  2. Site officiel de la Fémis
  3. ENS Louis Lumière : Francine Levy, directrice
  4. [1]
  5. [2]
  6. http://www.lafemis.fr/doc/presse.pdf
  7. Les enfants gâtés du septième art, par Véronique Radier dans Le Nouvel Observateur du 10 janvier 2008
  8. The classic French cinema, 1930-1960, par C. G. Crisp, Indiana University Press, 1993, p. 206
  9. French cinema: from its beginnings to the present, par Rémi Fournier Lanzoni, Continuum International Publishing Group, 2004, p. 49
  10. French national cinema, par Susan Hayward, Routledge, 2005, p. 37
  11. Selling Hollywood to the World: U.S. and European Struggles for Mastery of the Global Film Industry, 1920-1950, par John Trumpbour, Cambridge University Press, 2007, p. 263
  12. Histoire de la politique du cinéma français, Paul Léglise, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1970, p. 226
  13. The Liberation of France: Image and Event, Harry Roderick Kedward, Nancy Wood, Berg Publishers, 1995, p. 105
  14. Histoire du cinéma, Jean Mitry, Éditions universitaires, 1967, p. 31
  15. [3]
  16. La bataille du film: 1933-1945, le cinéma français entre allégeance et résistance, Alain Weber, éditions Ramsay, 2007, p. 179
  17. L'art d'Alain Resnais, Alain Fleischer, Centre Georges Pompidou, 1998
  18. Ciné-modèles, cinéma d'elles ; situations de femmes dans le cinéma français, François Audé, Éditions l'Age d'homme, 1981, p. 148
  19. L'art de la télévision, Gilles Delavaud, De Boeck, 2005, p. 48
  20. Ma vie racontée à mon chien cinéphile, Maurice Delbez, L'Harmattan, 2001, p. 253
  21. Hollywood, l'ellipse et l'infilmé, Jacqueline Nacache, L'Harmattan, 2001, p. 7
  22. "Gilles Deleuze: voir, parler, penser au risque du cinéma", Dork Zabunyan, Presses Sorbonne Nouvelle, 2006, p. 61
  23. Léon Chancerel: portrait d'un réformateur du théâtre français, 1886-1965, Maryline Romain, L'Age d'Homme, 2005, p. 377
  24. "Jean Epstein", Pierre Leprohon, Paris, Seghers, collection "Cinéma d'aujourd'hui", 1964, p. 60
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  27. L'Objectif, n°19-20, 22-30 octobre 1948
  28. Le Film français n°307, 22 septembre 1950
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  30. L'âge classique du cinéma français, Pierre Billard, Flammarion, 1995, p. 368
  31. The classic French cinema, 1930-1960, Colin G. Crisp, Indiana University Press, 1993, p. 207
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  39. Samba Félix Ndiaye, cinéaste documentariste africain, Henri-François Imbert, p. 141
  40. Postcolonial Images Par Roy Armes, p. 89
  41. Women making art, Marsha Meskimmon, p. 138
  42. Le cinéma: entre l'art et l'argent, Pierre-Jean Benghozi, L'Harmattan, 1989, p. 158
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  55. Serge Daney, Serge Le Peron, Les Cahiers du cinéma, mai 1981
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  62. La fiction éclatée: Études socioculturelles, par Association française des enseignants et chercheurs en cinéma et audio-visuel, dirigé par Jean-Pierre Bertin-Maghit et Geneviève Sellier, L'Harmattan, 2007, p. 95
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  65. "Coline Serreau", Brigitte Rollet, Manchester University Press ND, 1998, p. 22
  66. Genre et légitimité culturelle, Delphine Naudier, Brigitte Rollet, Editions L'Harmattan, 2007, ISBN 2296035124, p. 145
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Bibliographie

  • Françoise Zamour, La Femis - Années 86/00 : Annales du concours, La Fémis, 2000 (ISBN 2-8462-4639-4) 
  • Collectif, L'annuaire des anciens élèves de la Femis (promotions 1990-2006), La Fémis, 2007 (ISBN 978-2-907 114-35-6) 
  • René Prédal, Le Cinéma français depuis 2000, coll. « Fac Nathan », 2008, 344 p. (ISBN 978-2-2003-5316-2) 
  • Michel Marie, Guide des études cinématographiques et audiovisuelles, Armand Colin, coll. « 128 », 2006, 127 p. (ISBN 2-2003-4048-6) 
  • Rémi Fournier Lanzoni, French cinema: from its beginnings to the present, Continuum International Publishing Group, 2004, 498 p. (ISBN 978-0826413994) 
  • Susan Hayward, French national cinema, Routledge, 2005, 408 p. (ISBN 978-0415307826) 
  • John Trumpbour, Selling Hollywood to the World: U.S. and European Struggles for Mastery of the Global Film Industry, 1920-1950, Cambridge University Press, 2007, 400 p. (ISBN 978-0521042666) 
  • Maurice Delbez, Ma vie racontée à mon chien cinéphile, L'Harmattan, 2001, 314 p. (ISBN 2-7475-1528-1) 
  • Patricia Hubert-Lacombe, Le cinema francais dans la guerre froide: 1946-1956, L'Harmattan, 1996, 203 p. (ISBN 2738440428) 
  • Colin G. Crisp, The classic French cinema, 1930-1960, Indiana University Press, 1993, 512 p. (ISBN 978-0253211156) 

Voir aussi

Articles connexes

Glossaire technique du cinéma

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