Erich von manstein

Erich von manstein

Erich von Manstein

Erich von Manstein
Erich von Manstein
Naissance 24 novembre 1887
Berlin (Allemagne)
Décès 9 juin 1973 86 ans)
Munich (Allemagne)
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of Germany 1933.svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichshe
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer, Panzer
Grade Generalfeldmarschall
Service 1906 - 1944
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Faits d’armes Campagne de Pologne
Bataille de France
Opération Barbarossa
Siège de Leningrad
Bataille de Stalingrad
Bataille de Koursk
Bataille du Dniepr
Distinctions Croix de fer
Autres fonctions Conseiller de l'armée de l'Allemagne de l’Ouest
Image : Erich von Manstein

Erich von Manstein (24 novembre 1887 - 9 juin 1973) fut un militaire allemand.

Considéré comme l'un des plus brillants généraux allemands de la seconde guerre mondiale, Manstein est célèbre pour avoir conçu le plan d'attaque de la France en 1940 et pour ses victoires en Russie. Il s'est opposé à Adolf Hitler en plusieurs occasions, surtout lors des retraites suivant la bataille de Koursk. Ses mémoires ont grandement contribue au mythe d'une Wehrmacht « propre ».

Sommaire

Jeunesse et carrière

Manstein est né Erich von Lewinski à Berlin, dixième enfant d'un aristocrate prussien, le général d'artillerie Edouard von Lewinski, peut-être d'origine juive polonaise[1] d'après ses propres déclarations. Orphelin, il fut adopté par son oncle le général Georg von Manstein. Il était destiné à devenir un militaire dès la naissance. Il passa six ans dans le corps des cadets puis s'enrôla dans les 3e gardes à pied en tant qu'enseigne. En 1913, il entra à l'académie militaire et fut promu lieutenant en 1914.

Au début de la Première Guerre mondiale, il servit brièvement sur le front ouest en Belgique, puis fut envoyé en Pologne. Là, il fut blessé et retourna au service en 1915 avec le grade de capitaine. Il demeura officier d'état-major jusqu'à la fin de la guerre. Il se porta volontaire pour un poste de cadre dans la défense de la frontière à Breslau (Wrocław) et servit jusqu'en 1919.

Il prit ensuite part au processus visant à créer la Reichswehr. Promu commandant de compagnie en 1920, puis commandant de corps en 1922, il atteignait en 1927 le grade de major et fut affecté à l'état-major, visitant les autres pays pour recueillir des informations sur leurs forces armées. En 1933, il était colonel. Considéré comme non coopératif par Hitler, il fut envoyé en Silésie pour commander la 18e division.

Seconde Guerre mondiale

Pendant la campagne de Pologne, il servit dans l'état-major sud de Gerd von Rundstedt. Il fut le premier à opérer dans la banlieue de Varsovie et, alors que les restes de l'armée polonaise allaient vers l'est, il ferma l'encerclement et fut à la tête de la principale force dans la destruction totale de la poche.

En 1940, il travailla avec Blumentritt et von Tresckow à un plan d'invasion de la France. Il suggéra que l'armée attaque à travers les forêts des Ardennes, où personne ne l'attendait. Il court-circuita la voie hiérarchique pour présenter ses idées a Hitler, qui en approuva une version modifiée. Manstein ne participa pas à la phase décisive campagne. Son approche fut tellement efficace qu'il fut récompensé par la croix de chevalier.

En mai 1940, Manstein commandait le 38e corps d'armée allemand, composé de la 1re Division de Cavalerie (Gen Kurt Feldt), des 6e (Gen von Biegeleben), 27e (Gen Friedrich Bergmann) et 46e (Gen Paul von Hase) Divisions d'Infanterie. Ce corps d'armée ne participa pas au début de la Bataille de France mais fut incorporé à la fin du mois de mai à la 4e Armée. Avec celle-ci, le 38e corps, positionné sur la Somme, traversa la Seine et la Loire, allant d'Abbeville a Angers en 14 jours[2]. Après la campagne, Manstein se déplaça à Sancerre sur la Loire, du 19 juin au 24 juillet 1940, où il se chargea de restructurer des divisions en divisions blindées et divisions motorisées.[3]

En février 1941, Manstein fut nommé commandant du 56e corps Panzer. Lors de l'opération Barbarossa, il servit dans le groupe d'armées nord sous les ordres du général Erich Hoepner. Attaquant le 22 juin 1941, il avança de plus de 170 km en deux jours et fut capable de saisir les ponts importants de Dvinsk. Durant les mois suivants, il occupa Demyansk et Torzhok[4].

Manstein fut nommé commandant de la 11e Armée, en septembre 1941 après le décès du Général von Schobert, avec la tâche de conquérir la Crimée. Il captura la forteresse de Sébastopol après une première campagne en Décembre 1941 et une seconde en Juin 1942. Sa victoire lui valu d'être promu maréchal. Il fut ensuite envoyé sur le front de Léningrad ou il résista aux attaques russes tout en préparant un assaut de la ville.

Fall Gelb, l'autre plan jaune concocté par Manstein à la veille de la bataille de France.

En novembre 1942, pendant la bataille de Stalingrad, Hitler nomma Manstein commandant du Groupe d'Armées Don (Heeresgruppe Don) avec la mission de sauver la 6e Armée de Friedrich Paulus, encerclée dans la ville. Placé en charge d'un groupe d'hommes et de trois divisions blindées fatigués, Manstein tenta de briser l'encerclement par une attaque venant du sud-ouest. Il avança à moins de 50 km des assiégés mais du cesser devant les très fortes réserves russes amenées dans le secteur. Manstein aurait demandé de manière non officielle que la 6e Armée tente de le rejoindre, mais son commandant, Friedrich Paulus, refusa de désobéir aux ordres ordonnant la défense de la ville.

Dans la retraite qui suivit Stalingrad, Manstein parvint à se recréer une réserve d'unités blindées, en partie grâce aux unités rapatriées du Caucase. Les russes, qui tentaient alors d'atteindre le Dniepr et la Mer Noire pour encercler l'ensemble du groupe d'armées allemand, avaient trop étendu leur lignes de communication et étaient usés par les derniers mois de campagne. Manstein les contre-attaqua sur un front sud-nord jusqu'à reprendre Kharkov (Troisième bataille de Kharkov). Ce "coup de revers" est parfois considérée comme le coup de maître de Manstein.

Manstein fut charge de la pince sud de l'opération Citadelle destinée à écraser le saillant de Koursk en Juillet 1943 (Bataille de Koursk). Cette opération risquée fut l'occasion de débats au sein du commandement allemand, les russes ayant fortement défendu le lieu même de l'assaut. La décision d'attaque semble avoir été prise de manière collégiale avec Hitler, sans que Manstein ne s'y oppose expressément. [5]

Pendant l'opération Citadelle, disposant de la meilleure concentration de matériel et de troupes possible à ce moment de la guerre, Manstein parvint à franchir les premières lignes de défense russe, sans obtenir néanmoins de percée. Suite à l'échec rapide de la pince nord, à la contre-attaque russe sur le saillant d'Orel et au débarquement des Alliés en Sicile (opération Husky), Hitler décida d'arrêter cette offensive. Manstein protesta en affirmant que la victoire était presque à portée de main. Après Citadelle, les Soviétiques lancèrent une contre-attaque massive sur les forces allemandes épuisées.

Manstein géra ensuite les retraites allemandes en Ukraine, tentant de boucher les trous successifs créés par les attaques russes. En septembre 43, il fit retraite sur la rive ouest de la rivière Dniepr. D'octobre 1943 à la mi-janvier 1944, Manstein « stabilisa » la situation mais fut ensuite obligé de reculer. À la mi-février 1944, il ordonna aux 11e et 42e corps (forts de 56 000 hommes dans six divisions du Groupe d'Armées Sud), encerclées, de sortir de la poche de Korsun. Hitler accepta a posteriori cette action et en donna l'ordre alors qu'elle était déjà réalisée.

Pendant tout ce temps, Manstein argumenta avec Hitler à propos de la stratégie générale, suggérant en particulier que l'ensemble du front de l'est soit confié à un commandant unique - lui-même. En mars 1944, Hitler le mit en disponibilité, et le remplaça par Walther Model.

Manstein fut soigné près de Breslau pour un problème à l'œil et récupéra près de Dresde, puis prit sa retraite. Bien qu'il ne participât pas au complot de juillet 1944, il semble qu'il en ait deviné l'existence, et pris soin de s'éclipser à la campagne pour ne pas être soupçonné de la moindre action politique. Croyant toujours en la victoire de l'Allemagne, il acheta un domaine en Prusse Orientale à l'automne 1944. À la fin de janvier 1945, il rassembla sa famille qui habitait à Leignitz et l'installa dans l'ouest de l'Allemagne.

En 1956, il devint conseiller pour la nouvelle armée de l'Allemagne de l'Ouest, la Bundeswehr, puis s'installa en Bavière.

Crimes de guerre

Après la guerre, Manstein fut accusé et jugé coupable de crimes de guerre.

Il avait participé activement en tant que commandant de la 11e Armée en Crimée aux massacres des populations locales. En novembre 1941, il avait ordonné à ses troupes de participer aux opérations d'« épuration » à Simferopol, aidant au massacre de 11 000 civils juifs[6]. Il avait ajouté aux ordres d'élimination des « indésirables » que « toutes actions devaient être menées sans arbitraire, égoïsme, sauvagerie et indiscipline, et plus généralement sans mettre en péril l'honneur du soldat ».

Pierre Montagnon, dans son livre La Grande Histoire de la Seconde Guerre mondiale[7], rappelle un ordre sans équivoque de Von Manstein, produit à Nuremberg : « Le système judéo-bolchevique doit être exterminé. Le soldat allemand qui entre en Russie doit connaître la nécessité et la valeur du sévère châtiment qui sera infligé à la juiverie... La situation alimentaire de l'Allemagne exige que les troupes soient ravitaillées sur le territoire ennemi, et qu'elles mettent à la disposition de la patrie le plus vaste stock de ravitaillement qu'elles pourront. Dans les villes ennemies, une grande partie de la population devra avoir faim. Aucun témoignage erroné d'humanité ne devra être donné aux prisonniers de guerre ni à la population, à moins qu'ils ne soient au service de l'armée allemande. »

Manstein fut jugé coupable et condamné à 18 ans de prison. Cependant, pour des raisons médicales, il fut libéré le 6 mai 1953.

Mémoires

La réputation de Manstein a grandit encore après-guerre suite aux travaux de Liddell Hart et à la publication de ses propres mémoires de guerre, Victoires perdues[8] en 1955. Ce dernier texte est, avec celui de Heinz Guderian, un des principaux documents à l'origine du mythe d'une Wehrmacht « propre ». Manstein s'abstient de tout témoignage autre que militaire, détaillant par exemple les centaines de milliers de prisonniers faits par ses troupes tout en ignorant le sort qui leur serait réservé. Il blâme Hitler pour l'essentiel des erreurs allemandes, et ne met jamais en cause ni les qualités des troupes et du matériel allemands, ni le professionnalisme du commandement.

Cette version de l'histoire, largement répandue au début de la guerre froide, et restant d'actualité dans l'esprit de certains, visait à démontrer qu'Hitler était seul responsable, que les généraux s'étaient bornés à obéir aux ordres et que la Wehrmacht n'avait jamais pris part aux crimes contre l'humanité.

Notes et références

  1. Erich von Manstein. Le stratège de Hitler
  2. [Erich von Manstein, page 167 et suiv., Bruno Lemay, Perrin 2006]
  3. Untitled Document
  4. Lost Victories, p. 175 et suiv., Eric von Manstein, Methuen 1958
  5. Koursk, les quarante jours qui ont ruiné la Wehrmacht, Jean Lopez, ed. Economica
  6. Voir le chapitre « La 11e armée en Crimée et la Solution finale », dans l'ouvrage de Benoît Lemay : Erich von Manstein, le stratège de Hitler)
  7. Voir le chapitre 9
  8. Titre original : Verlorene Siege (ISBN 3763752536)

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