Depeche Mode


Depeche Mode
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Depeche Mode
Depeche Mode 2006.jpg
Depeche Mode lors d'une prestation en 2006.

Pays d’origine Drapeau du Royaume-Uni Basildon - Royaume-Uni
Genre musical Synthpop New Wave Darkwave Rock électronique
Années d'activité Depuis 1980
Labels Mute Records
EMI
Site officiel Site officiel

Membres Martin L. Gore
Dave Gahan
Andrew Fletcher
Anciens membres Vince Clarke (1980-1981)
Alan Wilder (1982-1995)

DM logo.svg

Depeche Mode (DM) est un groupe de musique britannique originaire de Basildon formé en 1979. Toujours présent sur la scène internationale, il s'agit d'un des groupes les plus influents et les plus populaires nés au cours de l'ère new wave au sein du courant electro-pop. Son nom provient d'un magazine de mode français.

Après avoir été lancés par le manager de Soft Cell, ils sont repérés par Daniel Miller, qui les fait signer sur son label Mute Records en 1981. Depeche Mode connaît son premier succès aux États-Unis en 1984/1985 avec le single People Are People.

Le succès de leur synthpop au style très empreint de musique industrielle est constant jusqu'en 1990 avec l'album Violator incluant les titres Personal Jesus, Policy of Truth et surtout Enjoy the Silence. Les années 1990 sont marquées par l'addiction à la drogue, l'overdose et la tentative de suicide du chanteur principal, Dave Gahan, qui ne sera désintoxiqué qu'en 1996, mais aussi par le départ d'Alan Wilder en 1995. Le groupe, qui ne comporte plus que trois membres, continue à sortir des albums (Ultra en 1997, Exciter en 2001, Playing The Angel en 2005 et Sounds of the Universe en 2009).

La quasi-totalité des chansons du groupe est composée par Martin L. Gore, sauf celles du premier album (Speak and Spell) qui étaient majoritairement l'œuvre de Vince Clarke, rapidement parti fonder Yazoo puis Erasure. Depuis 2005, le chanteur Dave Gahan participe à l'écriture de certains morceaux. Martin Gore a beaucoup œuvré pour qu'on ne considère pas Depeche Mode uniquement comme un groupe « de synthés » en utilisant notamment la guitare.

Depeche Mode a eu quarante-cinq titres classés dans le UK Singles Chart, et plusieurs albums classés numéro un au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans d'autres pays européens. Selon EMI, le groupe a vendu 75 millions d'albums dans le monde[1], et plus de 100 millions en incluant les singles[2].

Sommaire

Composition du groupe

Membres actuels (depuis 1995)

Anciens membres

Musiciens additionnels (live)

  • Christian Eigner (batterie). Le batteur autrichien collabore avec le groupe depuis la tournée suivant la sortie de la compilation The Singles 86-98. Il a également collaboré avec Dave Gahan à la composition de six chansons sur Playing The Angel et Sounds of the Universe.
  • Peter Gordeno (synthétiseur, guitare et guitare basse) Musicien de studio et pianiste virtuose, Gordeno assure les parties les plus complexes au clavier lors des derniers lives du groupe (depuis 1998).
  • Samantha Smith et Hildia Campbell : Choristes sur les tournées Devotional tour, Exotic tour et Summer tour en 1993 et 1994.
  • Jordan Bailey et Janet Cooke : Choristes sur la tournée The Singles Tour en 1998.
  • Jordan Bailey et Georgia Lewis : Choristes sur la tournée Exciter Tour en 2001.

Histoire

La genèse

C’est à Basildon en 1977 (dans l'Essex), que Vince Clarke et Andrew Fletcher, alors adolescents, décident de créer un groupe et centrer leur créativité sur un nouvel instrument, le synthétiseur, peu utilisé à l'époque à l’heure où le Royaume-Uni résonne au son du punk rock.

Ils sont rejoints dès 1978 par un ami de lycée, Martin L. Gore et fondent « Composition of sound ». Le groupe trouve en Dave Gahan, repéré lors d'une audition alors que ni Gore ni Clarke ne se voient comme chanteur principal, la voix que le trio recherchait. Ce dernier est d’ailleurs à l’origine du nouveau nom du groupe inspiré par une revue française : « Dépêche Mode »[3]. Les Anglais, désireux d'en comprendre la signification s'amusent à traduire ce nom par « Fast Fashion » ou bien encore « Hurry up fashion », commettant ainsi une erreur certaine de sens car ils confondent alors le terme « dépêche » ("dispatch" en anglais, mot d'ailleurs issu de l'ancien français despeche) avec le verbe « se dépêcher » (« to hurry up » en anglais).

Leurs premières compositions se voient refusées par des maisons de disques qui n’apprécient guère la surcharge de synthétiseurs utilisés (instruments de prédilection du groupe à ses débuts).

Le temps de la construction : 1981-1983

Stevo Pearce, manager du groupe Soft Cell et fondateur du label Some Bizzare Records, les repère et sort le titre Photographic sur une compilation intitulée Some Bizzare Album (1981) où ils côtoient d'autres futurs groupes des années 1980 tels que The The et Soft Cell.

C’est lors d’un concert dans un club londonien que Daniel Miller repère le groupe et décide de le signer sous son nouveau label : Mute Records. En 1981, sort son premier single Dreaming of Me suivi de New Life qui devient un succès en Angleterre, et enfin le tube international Just Can't Get Enough. Ces premiers titres sont extraits de l’album Speak and Spell dont les compositions sont principalement de Vince Clarke (Martin L. Gore n’y est l’auteur que de deux chansons). Les synthétiseurs y tiennent une place privilégiée sur fond de boîtes à rythme. Mais aussitôt le succès acquis, Vince Clarke quitte le groupe et part fonder le duo à succès Yazoo avec Alison Moyet (une copine du lycée de Basildon), puis l'éphémère The Assembly, se stabilisant finalement en 1985 en créant son groupe Erasure qui, depuis, sort toujours régulièrement des albums.

Depeche Mode devient alors un trio sans parolier, et son avenir paraît bien compromis. Il décide néanmoins de poursuivre l'aventure : Martin L. Gore est désormais l'auteur/compositeur du groupe qui recrute finalement Alan Wilder en 1982 sur petite annonce parue dans le Melody Maker[4]. Celle-ci demande un homme de moins de 21 ans et un véritable musicien. Wilder, qui triche sur son âge, est un pianiste expérimenté. Il est avant tout engagé pour assurer les lives, c'est la raison pour laquelle il ne participe pas à l'élaboration de A Broken Frame, deuxième album de DM qui paraît en 1982 et est marqué par le single See You. Début 1983, paraît le single Get the Balance Right !, celui-ci propose un son plus mûr que les précédentes compositions de Gore, augurant un changement de direction musicale pour Depeche Mode.

L'apport artistique d'Alan Wilder est perceptible dans l'album Construction Time Again (1983) où il signe intégralement deux titres (The landscape is changing et Two minutes warning). Dans ce troisième opus du groupe, apparaissent les premiers samples nourris de la musique industrielle allemande et les sons deviennent plus travaillés. Quant aux paroles, elles prennent des tournures plus politiques : le tube Everything Counts traite par exemple, sur un mode ironique, des dérives du capitalisme notamment via les grandes majors du disque.

Succès international : 1984-1986

L’ennui, la religion et le sexe deviennent les thèmes de prédilection des compositions de Martin L. Gore. Les albums Some Great Reward (1984) et Black Celebration (1986) confirment ses goûts pour la musique industrielle allemande (notamment Kraftwerk) qui nourrit les samples : bruits lourds et métalliques, percussions froides martèlent des titres comme Master and Servant, Blasphemous Rumours ou Stripped ; mais c'est le 45 tours People Are People (extrait de Some Great Reward) qui permet à Depeche Mode de connaître un grand succès international (notamment aux États-Unis) en 1984/85. C'est à cette occasion que sort un mini album intitulé People Are People contenant le single du même titre (et d'autres chansons comme Get The Balance Right ! et Everything Counts) ; ce disque est réservé uniquement aux États-Unis, afin de mieux faire connaître sa genèse musicale au public américain, qui découvre alors le groupe.

Ce succès est renforcé par la parution mondiale, fin 1985, d'une première compilation officielle regroupant les singles édités depuis les débuts de DM, elle contient notamment le tube Shake the Disease, sorti plus tôt dans l'année et classé au Top 20 dans de nombreux pays[5],[6]. En Europe, de la Scandinavie à l'Italie, le groupe acquiert une grande popularité - comme notamment en France et en Allemagne - devenant l'une des formations new wave les plus plébiscitées du moment avec, entre autres, Tears For Fears, Duran Duran, Simple Minds, Talk Talk ou encore The Cure.

En 1986, l'album Black Celebration assoit la réputation de Depeche Mode au Royaume-Uni et lui donne le statut de groupe culte en Amérique du Nord, où DM est considéré comme une formation underground ; alors qu'elle est parfois perçue comme "commerciale" en Europe (ses singles sont édités en une multitude de remixes, pouvant accroître leurs ventes). Cela dit, l'approche électronique et expérimentale du groupe permet de développer de nombreuses variations de ses titres. DM collabore avec de nombreux arrangeurs/producteurs et DJs et offrent à ses fans une multitude de reflets sonores.

Le groupe sort un album par an et sa popularité s’accroît de manière importante. Cependant, le désir de s’affranchir de l'image de garçons coiffeurs à synthés, que certains critiques attribuent aux membres de DM, se fait sentir. C’est notamment pour cette raison qu’ils sollicitent le photographe hollandais Anton Corbijn pour refaçonner leur image. À partir de 1986, son intervention sur les clips et les photographies du groupe devient déterminante pour son imaginaire visuel. « Corbijn joue la carte d'une esthétique glacée à la manière d'un Wim Wenders ou d'un Werner Herzog. Systématiquement tournés en noir et blanc, les clips du Hollandais renvoient du groupe une image sans doute encore un peu figée mais débarrassée de tout contenu racoleur »[7].

Musique pour les masses : 1987-1989

1987 marque une étape de plus dans la carrière de Depeche Mode. L'unique album du groupe enregistré en France aux studios Guillaume Tell (à Suresnes) se concrétise sous la houlette de David Bascombe – Daniel Miller et Gareth Jones préférant s'éclipser. La nouvelle approche musicale du groupe donne naissance à Music for the Masses, lequel s'ouvre sur Never Let Me Down Again, un rock synthétique virant à l'onirisme noir, qui deviendra avec le temps l'hymne des concerts de Depeche Mode à travers le monde. Il donne le ton d'un album abouti qui entre pour la première fois de l'histoire du groupe dans le Top 40 américain, et devient "disque de platine". « De machine à tubes, Depeche Mode est définitivement passé au statut de groupe culte »[8]. L'album et ses singles (Strangelove, Never Let Me Down Again et Behind the Wheel) connaissent au niveau mondial, des scores de ventes très importants, faisant de Depeche Mode l'un des groupes les plus en vue du moment (avec U2, The Cure ou encore INXS). Cependant, et paradoxalement, cet album et ses singles ne reçoivent pas un aussi bon accueil dans le pays d'origine de DM, l'Angleterre.

Ce succès international autorise une grande tournée qui passe notamment par les États-Unis et que le cinéaste américain D.A. Pennebaker immortalise dans le documentaire 101, filmé le 18 juin 1988 au stade Rose Bowl de Pasadena devant 70 000 spectateurs[9]. Depeche Mode est devenu « le premier groupe de pop électronique à pouvoir remplir un stade »[10]. Le titre 101 (suggéré par Alan Wilder[11]) fait allusion aux 101 concerts donnés pendant cette tournée. Le documentaire de Pennebaker suit en parallèle un groupe de huit fans transportés pendant dix jours à travers les États-Unis dans un autobus fourni par la production, ainsi que le groupe lors de ces mêmes déplacements, des interviews, et lors de ses concerts. Un live intitulé également 101 sorti en mars 1989 devient « disque d'or en France en vingt-quatre heures [...] [et] offre au groupe son meilleur score de ventes en Angleterre depuis trois ans »[12].

Violator et consécration mondiale : 1989-1992

Depeche Mode connaît désormais un grand succès commercial, tout en finissant de convaincre une presse jusqu'alors plutôt réservée. Sitôt leur tournée 101 achevée, Martin L. Gore soumet ses nouvelles compositions de ce qui sera leur album le plus célèbre à ce jour.

En 1989, les quatre musiciens rentrent en studio à Milan pour travailler sur les maquettes très épurées de Martin L. Gore. David Bascombe n'étant pas disponible, le groupe fait alors appel au producteur Flood et enregistrent Violator où l’on retrouve les titres Personal Jesus, Policy of Truth, World in My Eyes, Halo, Waiting For The Night et surtout le single qui reste l'un des plus célèbres du répertoire de DM, et son plus gros hit à ce jour : Enjoy the silence. Initialement composé comme une ballade (la démo minimaliste de Martin L. Gore était composée sur un harmonium), Flood et Alan Wilder y ont tout de suite décelé un fort potentiel : ils ont alors demandé à Gore de composer une ritournelle mélodique supplémentaire à la guitare (qui sera déclinée à différents octaves et jouée également aux claviers), le rythme fut accéléré et un soin tout particulier fut apporté à la production de la chanson (pour preuve, le titre est le seul qui fut mixé par Daniel Miller et Flood et non par le DJ français François Kevorkian qui mixa le reste de l'album). En tant qu'auteur, Gore déclara durant cette période que ses dix thèmes favoris étaient : « les rapports humains, la domination, le désir, l'amour, le bien, le mal, l'inceste, le péché, la religion, l'immortalité »[13].

Le premier extrait de l'album, Personal Jesus, paraît sur les ondes dès août 1989, et détone. Avec une chanson rock construite autour d'un riff de guitare blues (façon John Lee Hooker), Depeche Mode est là où on ne l'attendait pas. Cet inattendu mélange au rythme lourd, à la mélodie simple et marqué d'un slogan – davantage qu'un refrain – « Reach out and touch faith » donne le ton. Ne perdant pas de vue le champ d'expérimentation électronique, Personal Jesus se conclut par une phrase instrumentale où les programmations semblent livrées à elles-mêmes, percutées par un rythme lourd. Ce titre est une idée de Gore qui, en lisant une biographie d'Elvis, a appris que Priscilla Presley appelait son mari « mon Jésus personnel ». Par ailleurs les couplets, évoquant une conversation téléphonique « lift up the receiver I'll make you a believer », font en fait écho à l'existence aux États-Unis d'une ligne téléphonique où l'on pouvait joindre un prêtre pour se confesser.

Mute n'espérait pas un tel engouement pour Personal Jesus, qui connaît un grand succès international (notamment en Europe et aux États-Unis), misant davantage sur la sortie d'Enjoy The silence, prévue stratégiquement au moment de la parution de l'album, début 1990. Propulsé par des ventes records de ses singles, Violator devient l'album le plus connu du groupe, écoulé à quelque 13 millions d'exemplaires à ce jour (dont plus de 4 millions pour les seuls États-Unis). Lors d'une journée de promotion à Beverly Hills le 20 mars 1990, 10 000 fans se pressent pour obtenir un autographe. Au bout d'une heure, les vitres de la boutique où se trouve le groupe cèdent sous la pression et les autorités, craignant une émeute, « envoient sur place plusieurs hélicoptères [et] quatre divisions de police » pour évacuer la foule[14].

Afin de promouvoir l'album, Depeche Mode s'embarque pour plusieurs mois dans le "World Violation Tour", qui démontre une fois de plus la grande popularité acquise par le groupe. Celui-ci joue par exemple dans plusieurs stades aux États-Unis : ainsi 42000 tickets sont vendus en l'espace de quelques heures pour un concert au Giants Stadium (dans le New Jersey) et 48000 tickets sont écoulés en seulement une demi-heure pour un show au Dodger Stadium (à Los Angeles).

En 1991, Depeche Mode contribue, avec son titre "The Death's Door", à la bande originale du film "Jusqu'au bout du monde", de Wim Wenders.

À ce moment-là de sa carrière, le groupe est au faîte de sa gloire, autant plébiscité par le public que par la critique ; les années qui suivent se révèlent cependant plus chaotiques.

De la lumière aux ténèbres : 1993-1996

Après l’immense succès de Violator, DM revient en 1993 avec l'album Songs of Faith and Devotion. Les titres I Feel You, Walking in My Shoes, Condemnation et In Your Room sont des morceaux encore plus rock, plus bruts, le tout produit de nouveau par Flood et Wilder. Choristes de gospels et sections de cordes interviennent sur un album que le groupe sait très attendu.

Et le succès est à nouveau au rendez-vous (le disque se classe dès sa sortie no 1 des ventes en Angleterre, dans de nombreux pays d'Europe ainsi qu'aux États-Unis), cependant il est à mitiger. Le premier extrait I Feel You ne marche pas autant aux États-Unis que sur le continent européen (où il devient l'un des singles les mieux classés de l'histoire du groupe), Depeche Mode décide alors de promouvoir la face B du maxi-single, One caress, sans grand résultat. C'est surtout en Europe que l'album connaîtra ses meilleures ventes, en s'écoulant tout de même à des millions d'exemplaires à travers le monde.

La tournée qui suit, « Devotional Tour » puis « Exotic Tour », qui dure quatorze mois s’avère très éprouvante[15] : énièmes tensions au sein du groupe, prises excessives de drogues et d'alcool, et Fletcher, victime d’une dépression, est remplacé pour quelques dates[16].

Le bilan au milieu des années 1990 n'est guère réjouissant malgré leur immense popularité : Gahan est devenu un véritable junkie vivant presque avec ses dealers, Gore s'isole, et Fletcher essaie de maintenir la cohésion d'un groupe qui voit l'un de ses membres quitter l'aventure. En effet, estimant que son travail n’est pas reconnu à sa juste valeur et éprouvé par les tensions qu’il ressent au sein du groupe, Alan Wilder décide de le quitter en 1995[17]. Il décide de se consacrer à plein temps à son projet solo Recoil. Le groupe perd son pilier technique et créatif.

La même année, Dave Gahan est hospitalisé à la suite d'une tentative de suicide[18]. Rétabli, il retrouve les deux membres restants début 1996 pour enregistrer un nouvel album mais, victime d’une overdose peu de temps après et condamné par la justice californienne à un an de mise à l'épreuve, il entreprend une nouvelle cure de désintoxication[19].

Le renouveau : 1997-2002

En 1997, Depeche Mode réapparaît avec le single Barrel of a Gun, qui annonce la sortie d'Ultra, un album du « retour sur certains acquis, un pont solide entre les recettes du passé et les opportunités du présent »[20]. Le producteur Tim Simenon est aux commandes et assure la continuité. Pour mener à bien la production, il fait appel à toute son équipe studio (ses acolytes de Bomb The Bass) pour pallier l'absence d'Alan Wilder qui occupait une place essentielle lors des précédents enregistrements studio. Les ventes d'Ultra sont bonnes, il se classe no 1 dans plusieurs pays dont l'Allemagne et l'Angleterre, et dans le Top 5 aux États-Unis.

En 1998, le groupe sort une compilation The Singles 86-98, assortie d'un single inédit (Only when I lose myself), ainsi qu'une réédition de The Singles 81-85. « Le disque réaffirme (si besoin est) l'importance "historique" acquise par le groupe au cours de la dernière décennie tout en lui offrant la légitimité d'un retour sur scène »[21]. Une tournée de soixante-cinq dates, baptisée « Singles Tour », est organisée, et le public est au rendez-vous[22].

En 2001, Depeche Mode revient avec l'album Exciter, qui se classe très rapidement en tête des ventes dans différents pays[23] et hormis « quelques commentaires sévères, la majorité des critiques rock saluent la sortie d'Exciter avec le respect traditionnellement alloué aux intouchables de la pop »[24]. Une tournée de quatre-vingt dates, baptisée « Exciter Tour », est organisée[25].

Un nouvel élan  : 2003-2010

En 2003, Martin L. Gore et Dave Gahan sortent respectivement leurs propres albums solos (Counterfeit² et Paper Monsters, ce dernier faisant son petit effet dans les charts internationaux) avant de se retrouver en janvier 2005 pour enregistrer Playing The Angel, qui constitue pour le groupe une nouvelle étape dans sa carrière, et un album salué par la critique pour lequel Dave Gahan, enhardi par son récent succès en solo, signe ses premières chansons (dont les musiques sont co-composées avec Christian Eigner et Andrew Philpott). En sollicitant Ben Hillier à la production (qui avait collaboré avec Blur), DM persiste à se forger un son drainant des guitares saturées et des synthétiseurs hors d'âge.

Quelques mois après la sortie de l'album, Depeche Mode se lance dans une nouvelle tournée mondiale, la plus grande de leur carrière : « Touring the Angel ». La tournée comporte 123 concerts dans 33 pays différents.

En 2006 sort une compilation intitulée Best Of : volume 1 (sur laquelle figure l'inédit Martyr, issu des chutes de Playing The Angel) puis en 2007 un nouvel album solo de Gahan, Hourglass, qui n'est pas suivi d'une tournée.

En mai 2008[26], Depeche Mode entre en studio pour enregistrer un douzième album, intitulé Sounds of the Universe qui sort le 20 avril 2009. Leur douzième album dissimule derrière son titre pompeux des sonorités audacieuses mettant en valeur les mélodies de Gore, mais aussi celles de Dave Gahan (toujours aidé par Eigner et Philpott pour la musique), obtenant ainsi définitivement sa légitimité d'auteur (qu'il avait entamé sur le précédent album ainsi que sur son album solo Hourglass). Ben Hillier (qui était déjà aux manettes du précédent album) en a assuré la production. Le premier extrait, « Wrong », est un single martial aux sonorités synthétiques massives, sans réel refrain (il se rapproche en cela de I Feel You) où Gahan scande le portrait d'un anti-héros à qui rien n'a jamais souri dans son existence. Le deuxième single, "Peace", est une ballade électronique sirupeuse qui divise les amateurs du groupe, qui semble se chercher un nouvel hymne pour ses concerts.

Une tournée, baptisée « Tour of the Universe 2009 » débute par un warm-up le 6 mai 2009 à la Rockhal d'Esch-sur-Alzette (Luxembourg) et inclut un concert au Stade de France le 27 juin 2009, un autre au Zénith de Nancy le 28 juin 2009, à Carcassonne le 6 juillet, à Lyon et à Liévin. Pour la Belgique, Depeche Mode est la tête d'affiche de l'édition 2009 du festival TW Classic Werchter se déroulant le 20 juin. Pour la Suisse, 3 concerts sont prévus, deux à Zurich et l'autre à Genève le 10 novembre 2009. La conférence annonçant cette tournée a lieu le lundi 6 octobre 2008 au Stade olympique de Berlin où le groupe joue le 10 juin 2009 devant 68 000 personnes.

Le début de cette tournée est marqué par l'annulation de plusieurs dates en raison de l'hospitalisation du chanteur Dave Gahan. En effet, quelques minutes avant de monter sur scène à Athènes (le 12/05/09, 2e véritable concert de la tournée), il est pris d'une violente gastro-entérite. Plus tard, les médecins vont déceler une tumeur bénigne à la vessie, et le groupe ne reprendra la route que début juin, annonçant des reprogrammations de certaines dates annulées et d'autres dates additionnelles pour l'hiver 2009 et début 2010, notamment au POPB (palais omnisport de Paris-Bercy) les 19 et 20 janvier 2010. Les concerts de Porto et Séville (11 et 12 juillet) font également l'objet d'annulation en raison d'une blessure à la jambe de Dave Gahan.

Mais le véritable événement de cette tournée survient le 17 février 2010 lors d'un concert de charité organisé au Royal Albert Hall à Londres quand Alan Wilder rejoint le groupe sur scène le temps d'un titre. Wilder n'était plus apparu sur scène avec le groupe depuis 1994, l'année précédant son départ de DM. Selon Alan « Dave m'a contacté il y a quelques semaines et m'a demandé si je serais prêt à les rejoindre sur scène. Il m'a assuré que tout le groupe était dans la même idée. J'ai été très heureux d'accepter, en particulier car tout cela se faisait dans de bonnes conditions et nous envisagions depuis longtemps une réunion de cette sorte. C'était génial de revoir tout le monde et de rattraper un peu le temps, et c'était aussi la première fois que j'ai fait "voir" Depeche Mode effectuer des performances ! ". La sortie du DVD de la tournée nommé "Tour Of The Universe : Barcelona 20/21.11.09" sort le 8 novembre.

Projets actuels

Des rumeurs indiquaient ensuite la sortie d'un album remix pour le début de l'année 2011. Ces rumeurs se révélaient être partiellement vraies, puisque le 23 mars 2011, le groupe confirme sur son site officiel la sortie d'un album remix pour le 6 juin de la même année[27]. Cinq jours après cette annonce, une version de Personal Jesus remixée par Alex Metric était alors dévoilée[28].

Hommages et apparitions

  • Dans la chanson Figli di Pitagora d'Eiffel 65, et dans le remix du DJ Gabry Ponte, le groupe Depeche Mode est souvent évoqué lors des refrains.
  • Pour le jeu Les Sims 2, la bonne affaire, Electronic Arts et Depeche Mode se sont entendus afin d'inclure Suffer Well, l'un des morceaux de l'album Playing the Angel. La version proposée est cependant un peu différente de celle du CD : les paroles ont été traduites en simlish (le langage incompréhensible parlé par Les Sims).
  • Dans le jeu vidéo Grand Theft Auto : San Andreas, la chanson Personal Jesus peut être entendue sur une des stations de radio virtuelles du jeu, Radio X, alors que dans Grand Theft Auto : Vice City Stories, c'est la chanson Everything Counts que l'on peut entendre sur une autre radio fictive du jeu, Wave 103.
  • Une seconde version de Viva la Vida met en scène le chanteur de Coldplay en tenue royale, à l'image de Dave Gahan dans Enjoy The Silence ; cette vidéo a été tournée par Anton Corbijn en hommage à Depeche Mode.
  • Kruder & Dorfmeister ont remixé la chanson Useless dans l'album K&D Session en 1998. Le morceau est plus rapide mais reste très fidèle à l'original.
  • Marilyn Manson a fait une reprise musclée du hit Personal Jesus.
  • Tori Amos a réinterprété à sa manière Enjoy the Silence sur son album de reprises Strange Little Girls.
  • Lacuna Coil, un groupe de métal gothique, a fait une reprise du célèbre titre Enjoy the Silence, dans leur album Karmacode, en 2006.
  • Johnny Cash a repris Personal Jesus dans l'album American IV: The Man Comes Around en 2002, accompagné par le guitariste des Red Hot Chili Peppers, John Frusciante.
  • Rammstein reprend en 1998 Stripped sur l'album For The Masses: A Tribute to Depeche Mode (avec d'autres artistes comme The Cure, Smashing Pumpkins, Gus Gus, etc.) et réalisent un clip du single en utilisant des extraits du film de propagande de la cinéaste Leni Riefenstahl Les Dieux du stade (Olympia) pour les jeux Olympiques de Berlin en 1936[29].
  • Le groupe norvégien de pop A-ha a repris un titre de Depeche Mode, A question of Lust au cours d'une émission radio de la BBC2 avec Dermot O'Leary diffusée le 25 juillet 2009 dans le cadre de la promotion de leur album Foot of the Mountain en Grande-Bretagne. Au cours d'un entretien avec le groupe, Magne Furuholmen, le claviériste du groupe, déclare, que parmi plusieurs grands noms des années 1980, il se sentait plus proche de Depeche Mode.
  • In Flames, groupe de death metal mélodique suédois reprend Everything Counts, dans leur album Whoracle sorti en 1997.
  • Sylvain Chauveau, compositeur et pianiste français rend hommage à Depeche Mode avec l'album Down To The Bone - An Acoustic Tribute To Depeche Mode (2005).
  • Dans le jeux vidéo Left 4 Dead 2 développé par le studio Valve, on peut voir un des survivants (Rochelle) porter un tee-shirt à l'effigie de Depeche Mode.
  • Placebo a fait une reprise de I Feel you en 2004.
  • Nouvelle Vague a repris en version bossa nova Just Can't Get Enough et Master and Servant respectivement sur les albums Nouvelle Vague et 3.
  • Michael Gregorio a repris Enjoy the silence dans son spectacle Michael Gregorio pirate les chanteurs.

Discographie

Article détaillé : Discographie de Depeche Mode.

Albums et compilations

Éditions originales

Rééditions remasterisées

Albums-hommage

Citations

« Kraftwerk, c'est les grands-pères. La génération d'après, c'est Human League et OMD. » (interview de Martin Gore par Philippe Blanchet in Rock & Folk (numéro 230, mai 1986))

Notes et références

  1. « Depeche Mode signs worldwide exclusive deal with EMI Music - to include the US for the first time », Communiqué de presse d'EMI, 7 octobre 2008.
  2. « Depeche Mode prepares for Tour of the Universe », Reuters, 21 mars 2009.
  3. « En fouillant une pile de revues dans son collège de Southend, Gahan tombe sur le magazine de mode français et le quatuor de se débaptiser dans la foulée [de son nom de Composition of Sound] » dans Sébastien Michaud, Depeche Mode : éthique synthétique, Camion Blanc, Malzéville, 2001, p. 12.
  4. Sébastien Michaud, op. cit., p. 34-35.
  5. [1]
  6. [2]
  7. Sébastien Michaud, op. cit., p. 115.
  8. Sébastien Michaud, op. cit., p. 111.
  9. Sébastien Michaud, op. cit., p. 117.
  10. Sébastien Michaud, op. cit., p. 118.
  11. interview DVD 101
  12. Sébastien Michaud, op. cit., p. 124.
  13. Robert Dimery. "Depeche Mode Violator" par Bruno MacDonald. Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie. P640 ISBN2082015394
  14. Sébastien Michaud, op. cit., p. 138-139.
  15. Sébastien Michaud, op. cit., p. 177.
  16. Sébastien Michaud, op. cit., p. 175-176.
  17. Sébastien Michaud, op. cit., p. 180-181.
  18. Sébastien Michaud, op. cit., p. 182-183.
  19. Sébastien Michaud, op. cit., p. 187-190.
  20. Sébastien Michaud, op. cit., p. 195.
  21. Sébastien Michaud, op. cit., p. 205.
  22. Sébastien Michaud, op. cit., p. 206.
  23. Sébastien Michaud, op. cit., p. 230.
  24. Sébastien Michaud, op. cit., p. 235.
  25. Sébastien Michaud, op. cit., p. 237.
  26. « Depeche Mode are back in the studio! », 7 mai 2008.
  27. (en) depechemode.com News - Depeche Mode "Remixes 2: 81-11" Coming June 6th
  28. (en) Facebook.com Page Depeche Mode - BandPage
  29. « Rammstein - Stripped - 1998 », article complet sur Rammstein World

Annexes

Bibliographie

  • Jugurtha Harchaoui, Martin L. Gore - Lays, éditions Normant, 2009, (ISBN 978-2-915685-41-1).
  • Steve Malins, Depeche Mode: A Biography, Cooper Square Press, 2001. (ISBN 978-0-8154-1142-0)
  • Sébastien Michaud, Depeche Mode : éthique synthétique, Camion blanc, Malzéville, 2001, (ISBN 978-2-910196-26-4). Réédition en novembre 2007 avec des modifications de chapitres (ajout de la période 2002-2007 entre autres).
  • Jonathan Miller, Stripped: The True Story of Depeche Mode, Omnibus Press, 2004. (ISBN 978-1-84449-415-6)

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