Coup d'État

Coup d'État
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Un coup d’État est un renversement du pouvoir par une personne investie d'une autorité, de façon illégale et souvent brutale[1]. On le distingue d'une révolution en ce que celle-ci est populaire. Le putsch est un coup d'État réalisé par la force des armes.

D'un point de vue historique, et y compris dans l'époque contemporaine, le coup d'État a été l'un des moyens les plus fréquemment utilisés pour accéder au pouvoir[2].

Sommaire

Vocabulaire

Le terme français de « coup d'État », en référence au coup d'État du 18 brumaire, a été repris tel quel en anglais, sans la majuscule au mot « État », de rigueur en français. Le mot putsch, d'origine suisse allemande, est équivalent et est communément utilisé en français, plus rarement en anglais qui utilise la formule française ou sa version abrégée, coup. Le terme putsch a été popularisé par les coups d'État manqués de 1920 et 1923 en Allemagne (putsch de Kapp et putsch de Munich). À partir de l'anglais, l'expression « coup d'État » est passée notamment en indonésien (kudeta) et en japonais (クーデター, kūdetā). Le terme pronunciamiento, repris de l'espagnol, désigne quant à lui soulèvements militaires d'une typologie différente. Dans cette langue l'expression golpe de Estado traduit littéralement « coup d'État ».

Techniques

Prise des organes centraux du pouvoir

Le secret, non seulement vis-à-vis de l'extérieur mais aussi vis-à-vis des autres comploteurs, constitue la première arme des putschistes, celle sans laquelle les meilleures préparations risquent de s'effondrer.

Ainsi, l'une des raisons de l'échec du putsch de Kapp à Berlin en 1920, fut-elle le manque de discrétion du général von Luttwitz, chef militaire de l'opération, qui alla présenter le soir du 10 mars un ultimatum aux gouvernants socialistes, et leur laissa 48 heures pour se retourner, avant de déclencher le putsch militaire annoncé, dans la nuit du 12 au 13 mars 1920.

C'est ainsi que, lors de la préparation du putsch du 8 novembre 1942 à Alger (destiné à permettre le succès de l'Opération Torch), le jeune chef des groupes d'action d'Alger, José Aboulker, refusa, bien qu'il lui fît confiance, de donner à Henri d'Astier de la Vigerie, responsable de la conjuration pour l'Afrique du Nord, les noms de ses chefs de groupes avant les deux derniers jours précédant l'action. Lorsque les patriotes passèrent à l'action, la surprise fut si totale que ces 400 civils mal armés, commandés par leurs officiers de réserve, réussirent à neutraliser, à eux seuls, le corps d'armée vichyste d'Alger. En effet, les autorités vichystes, libérées au bout de quelques heures, s'efforcèrent, sans même y parvenir, de reconquérir complètement la ville au lieu d'attaquer les forces alliées sur les plages. Si bien que ces dernières purent débarquer sans résistance, encercler Alger et capturer ce grand port intact le soir même du débarquement.

La technique de base du coup d'État consiste à s'emparer des organes centraux de l'État ou à les neutraliser, en occupant leurs lieux de fonctionnement qui sont aussi les lieux symboliques du pouvoir. C'est ainsi que procéda Napoléon Bonaparte, lors de son coup d'État du 18 brumaire. Disposant de l'appui de l'armée, il lui fallait contrôler le pouvoir civil. Or, sous le Directoire, la France disposait d'un exécutif tournant formé de 5 directeurs qui se succédaient, à tour de rôle, pendant des périodes limitées à quelques semaines, si bien qu'il ne suffisait pas de contrôler cet exécutif tournant, car la réalité du pouvoir civil résidait dans un parlement affaibli lui-même par sa division en deux chambres. C'est pourquoi Bonaparte, en accord avec deux directeurs, Emmanuel-Joseph Sieyès et Roger Ducos, se préoccupa surtout de disperser ce parlement, dont l'une des chambres, le Conseil des Cinq-Cents, était présidée par son frère Lucien Bonaparte. Mais au lieu d'annoncer brièvement sa prise de pouvoir aux parlementaires, Bonaparte trouva le moyen de s'égarer dans un discours ampoulé, et se fit assaillir par plusieurs élus. Si bien que le coup d'État ne fut sauvé que par son frère, qui ordonna aux grenadiers de rétablir l'ordre en dispersant les élus récalcitrants. Bonaparte constitua alors un Conseil exécutif de 3 membres composé de lui-même, de Siéyès et de Ducos, que le Conseil des Anciens transforma le lendemain en Commission consulaire exécutive.

Mais il ne suffit pas de s'emparer des organes centraux de l'État. Il faut aussi arrêter les gouvernants, faute de quoi il sera loisible à ceux-ci d'organiser une riposte. C'est ce qui advint à Berlin, en 1920, où les ministres socialistes, avertis à l'avance, par l'ultimatum du chef militaire des putschistes, prirent le large avant l'arrivée du corps franc Ehrhardt. Après quoi, une fois réfugiés en province, ils appelèrent avec succès la population à une grève générale dont le succès leur permit de reprendre le pouvoir.

Régularisation des prises de pouvoir

À l'occasion d'un coup d'État, un « vide » constitutionnel et institutionnel apparaît. Il est donc nécessaire, généralement, de régulariser ce vide en créant une nouvelle Constitution, permettant ainsi l'exercice d'un nouveau pouvoir constituant originaire.

C'est ainsi que la Commission consulaire exécutive présidée par Bonaparte présenta, le 22 frimaire, son projet de constitution consulaire aux deux Conseils des Anciens et des Cinq-Cents qui l'entérinèrent, faisant ainsi rentrer le nouveau régime dans la légalité. La prise de pouvoir de De Gaulle en 1958, qui s'apparente sous certains aspects à un coup d'État, a conclu à la création de la Constitution de 1958, en vigueur en France.

Une autre solution de régularisation d'un coup d'État peut être trouvée par un plébiscite, comme ceux de Napoléon III, ou par des élections. Ainsi, leur action politique se retrouve légitimée a posteriori. Toutefois, cette solution se déroule souvent après l'établissement d'une nouvelle Constitution, de manière autoritaire, sans recours au suffrage universel et au principe démocratique.

Nouvelles cibles des coups d'État modernes

À la prise des bâtiments publics, sièges des organes du pouvoir, s'est ajouté la prise de contrôle des médias : la presse lors du coup d'État du 2 décembre 1851 en France, la radio, dont la détention peut permettre de donner à la population des informations propres à décourager toute tentative de riposte au coup d'État, puis la télévision.

En outre dans la période moderne, les auteurs de coups d'État ont pris l'habitude de couper ou d'accaparer les moyens de communication (téléphone, télégraphe), les arsenaux, les gares, etc. Mais le contrôle des communications téléphoniques joua surtout un rôle essentiel, lors du putsch du 8 novembre 1942 à Alger. En coupant le réseau téléphonique normal d'Alger, l'état-major rebelle, qui s'était installé au Commissariat central, prit le contrôle du réseau officiel, seul maintenu en service. Ainsi put-il suivre de là l'occupation des points stratégiques par les résistants entre 0 h 30 et 1 heure du matin, et garda-t-il ensuite le contact avec leurs chefs de groupe pendant toute l'opération. Mais surtout, c'est par ce réseau officiel, rendu seul utilisable, que les chefs de la résistance reçurent les appels alarmés des personnalités vichystes, réveillées par le duel d'artillerie du port survenu vers 3 heures du matin. Les résistants les convoquèrent alors au Commissariat central en leur faisant croire qu'on les y attendait pour organiser la résistance aux Alliés. Ainsi, pour la première fois dans l'histoire, les personnalités hostiles à un coup d'État vinrent-elles d'elles-mêmes se faire arrêter par les putschistes : Il en fut ainsi, notamment, de l'adjoint du gouverneur-général de l'Algérie Ettori, qui, la veille partisan arrogant et acharné de la collaboration, se répandit soudain en supplications et en sanglots.

Auteurs de coups d'État

Les coups d'État sont habituellement effectués par des militaires contre des gouvernants civils, par exemple Augusto Pinochet au Chili.

Les putschs effectués par des civils ont généralement échoué, comme le coup tenté par Adolf Hitler à Munich en 1923. Il y a au moins une exception, celle du Putsch du 8 novembre 1942 à Alger, mais les 400 civils algérois, commandés par un étudiant de 22 ans, José Aboulker, furent soutenus par des officiers de réserve et quelques officiers d'active, comme les colonels Jousse et Baril.

Les auteurs des coups d'État appartiennent le plus souvent, eux-mêmes, à l'appareil d'État, comme ce fût le cas de Siéyès, Paul Barras et Bonaparte. Certains coups d'État ont été organisés en Afrique par des individus soupçonnés de travailler pour les services secrets d'anciennes puissances coloniales, comme Bob Denard, afin de mettre en place un gouvernement qui leur soit plus favorable.

Accueil réservé aux coups d'État

Pour que les résultats du coup d'État soient acquis, il est préférable qu'ils annoncent qu’ils vont répondre aux vœux de la majorité de l'opinion publique et qu'ils soient compatibles avec le contexte international.

Accueil de l'opinion publique

Le coup d'État de Bonaparte le 18 brumaire répondait à la volonté de la majorité des Français, qui, lassés des agitations révolutionnaires en tous genres, souhaitaient un rétablissement durable de l'ordre, et auprès desquels Bonaparte jouissait d'une forte popularité.

Le putsch des Généraux d'avril 1961, perpétré par quatre généraux connus, bénéficiait lui aussi de l'appui d'une partie de l'opinion locale, car les Français, consultés précédemment par Charles de Gaulle sur l'autodétermination de l'Algérie, s'étaient prononcés massivement en faveur de sa politique. En outre, dans les forces d'Afrique du Nord elles-mêmes, les soldats du contingent métropolitain qui disposaient de nombreuses radios portatives, reçurent directement l'appel prononcé par de Gaulle contre les généraux et refusèrent de suivre leurs supérieurs dans la rébellion.

En sens inverse, le putsch de 1942, à Alger également, a été accompli certes en accord avec la majorité des Français de métropole devenus non-collaborationnistes, mais aussi en partie contre l'opinion locale, en majorité pétainiste sinon collaborationniste[réf. souhaitée]. Le coup n'en a pas moins réussi grâce au contexte international.

Contexte international

Le succès du coup d'État dépend aussi du contexte international : les pays voisins peuvent être favorables ou non à leur entreprise et y réagir ou non militairement.

C'est pourquoi l'un des premiers actes des auteurs modernes de coup d'État est d'affirmer que tous les accords internationaux seront respectés.

Le putsch du 8 novembre 1942, déclenché contre les aspirations du milieu local, n'a réussi que grâce au contexte international, c’est-à-dire celui de l'opération Torch, sur le point de se produire, ce dont les comploteurs étaient informés depuis quelques jours. Par contre le contexte international était résolument méconnu par les dirigeants vichystes, comme l'ont démontré les réactions de Darlan, qui, désinformé par son propre service de renseignements de la marine, estimait impossible que les États-Unis d’Amérique disposent, avant un an, des vaisseaux nécessaires à une telle intervention. De même, à Rabat, le général Charles Noguès, lorsqu'il fut encerclé par le général Émile Béthouart, dans la nuit du 8 novembre 1942, téléphona à l'amiral Frix Michelier pour l'interroger sur la menace d'un débarquement allié : ce dernier, connu pour son caractère borné et ses sympathies envers l'Axe, lui certifia que Béthouard était un menteur et qu'aucun débarquement n'était en cours, ni possible, car si cela était, le service de renseignements de la marine, qui aurait selon lui été informé de la moindre sortie d'un bateau de pêche du port de New York, le lui aurait appris. De même, à Alger, le colonel Jacquin, ancien attaché militaire à Washington avait-il certifié à l'état-major de Juin que les forces des États-Unis étaient inaptes à intervenir pour longtemps hors du continent américain.

Le coup d'État communiste de Prague en 1948 n'a pu intervenir que parce que la Tchécoslovaquie était située dans la zone d'influence soviétique, où les armées occidentales s'interdisaient d'intervenir.

Liste de coups d'État

Cette liste ne recense que les coups d'État et non les révolutions ou insurrections. Les coups d’État ayant échoué sont représentés en vert.

Afrique

Année Pays Auteur Cible Notes
1885 Transvaal Leander Jameson Gouvernement de la République d'Afrique du Sud Le Raid Jameson, tentative impérialiste britannique, échoua. Il est généralement considéré comme le casus belli de la Seconde Guerre des Boers
1952 Égypte Gamal Abdel Nasser Farouk Ier Le 23 juillet, le Mouvement des officiers libres mené par Nasser destitue le roi Farouk Ier et nomme le général Mohammed Naguib à la Présidence du Conseil de la Révolution. Le nouveau régime contrôle les moyens d’information et les principaux services publics, épure l’administration et abolit la constitution de 1923
1958 Soudan Ibrahim Abboud Abdallah Khalil Le 17 novembre, les militaires dissolvent le Parlement et suppriment l’alternance des partis à la présidence du Conseil. Le régime se maintient jusqu’en 1964. Abdallah Khalil, alors Premier ministre, fait partie du coup d'État contre son propre gouvernement.
1963 Togo Gnassingbé Eyadema Sylvanus Olympio Le 13 janvier, un coup d'État mené par les vétérans Togolais de l'armée française, dont Gnassingbé Eyadema, conduit à l'assassinat de Sylvanus Olympio par ce dernier. Sylvanus Olympio sera remplacé par un civil, Nicolas Grunitzky
1965 Algérie Houari Boumédiène Ahmed Ben Bella
1965 Zaïre Mobutu Sese Seko Joseph Kasa-Vubu
1966 Burundi Michel Micombero Ntare V
1966 Centrafrique Jean Bédel Bokassa David Dacko
1966 Nigeria Johnson Aguiyi-Ironsi Nnamdi Azikiwe
1966 Nigeria Yakubu Gowon Johnson Aguiyi-Ironsi
1966 Ouganda Milton Obote Edward Mutesa
1966 Ghana Joseph Arthur Ankrah Kwame Nkrumah
1967 Congo Marien Ngouabi Debat Massamba
1968 Mali Moussa Traoré Modibo Keïta
1969 Libye Mouammar Kadhafi Idris Ier
1969 Soudan Gaafar Nimeiry Ismail al-Azhari
1970 Ghana Ignatius Kutu Acheamphong Edward Akufo-Addo
1971 Ouganda Idi Amin Dada Milton Obote
1972 Maroc Mohamed Oufkir Hassan II Le coup d'État des aviateurs est un putsch raté qui a eu lieu le 16 août 1972 au Maroc contre le roi Hassan II, et mené par des aviateurs des Forces aériennes royales sous le commandement du général Mohamed Oufkir et le lieutenant-colonel Mohamed Amekrane. Ce coup d'État est le premier de son genre dans l'histoire militaire par sa particularité « air-air ». En effet, on avait utilisé des avions de chasse Northrop F-5 Freedom Fighter pour faire tomber l'avion royal de son retour de la France.
1973 Rwanda Juvénal Habyarimana Grégoire Kayibanda
1974 Éthiopie Aman Mikael Andom du Derg Hailé Sélassié Ier
1974 Éthiopie Mengistu Haile Mariam Aman Andom
1974 Niger Seyni Kountché Hamani Diori
1975 Comores Saïd Mohamed Jaffar Ahmed Abdallah
1975 Nigeria Yakubu Gowon Johnson Aguiyi-Ironsi
1975 Nigeria Murtala Mohammed Yakubu Gowon
1975 Tchad Noël Milarew Odingar François Tombalbaye
1976 Burundi Jean-Baptiste Bagaza Michel Micombero
1976 Comores Ali Soilih Saïd Mohamed Jaffar
1976 Nigeria Olusegun Obasanjo Murtala Mohammed
1976 Burundi Jean-Baptiste Bagaza Michel Micombero
1977 Congo Joachim Yhombi-Opango Marien Ngouabi
1977 Éthiopie Mengistu Haile Mariam Tafari Benti
1978 Comores Said Atthoumani Ali Soilih
1978 Mauritanie Mustafa Ould Salek Moktar Ould Daddah
1978 Ghana Frederick Fred William Kwasi Akuffo Ignatius Kutu Acheamphong
1979 Congo Denis Sassou-Nguesso Joachim Yhombi-Opango
1979 Centrafrique David Dacko Bokassa Ier
1979 Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo Francisco Macías Nguema
1979 Tchad Goukouni Oueddei Félix Malloum
1979 Ouganda Yusufu Lule Idi Amin Dada
1979 Ghana Jerry John Rawlings Frederick Fred William Kwasi Akuffo
1980 Burkina Faso Saye Zerbo Sangoulé Lamizana
1980 Guinée-Bissau João Bernardo Vieira Luis de Almeida Cabral
1980 Libéria Samuel Doe William Richard Tolbert
1981 Centrafrique André Kolingba David Dacko
1981 Ghana Jerry John Rawlings Hilla Limann
1982 Burkina Faso Jean-Baptiste Ouédraogo Saye Zerbo
1982 Tchad Hissène Habré Goukouni Oueddei
1983 Burkina Faso Thomas Sankara Jean-Baptiste Ouédraogo
1983 Nigeria Muhammadu Buhari Alhaji Shehu Shagari
1984 Guinée Lansana Conté Louis Lansana Beavogui
1984 Mauritanie Maaouiya Ould Taya Mohamed Khouna Ould Haidalla
1985 Ouganda Bazilio Olara Okello Milton Obote
1985 Soudan Swar al-Dahab Gaafar Nimeiry
1985 Nigeria Ibrahim Babangida Muhammadu Buhari
1986 Soudan Ahmed al-Mirghani Swar al-Dahab
1987 Burkina Faso Blaise Compaoré Thomas Sankara
1987 Burundi Pierre Buyoya Jean-Baptiste Bagaza
1987 Tunisie Zine El-Abidine Ben Ali Habib Bourguiba Habib Bourguiba est destitué pour « raisons de santé »
1989 Soudan Omar el-Béchir Ahmed al-Mirghani
1990 Libéria Prince Johnson Samuel Doe
1990 Tchad Idriss Déby Itno Hissène Habré
1991 Mali Amadou Toumani Touré Moussa Traoré
1992 Algérie Haut conseil de sécurité Chadli Bendjedid
1993 Nigeria Sani Abacha Ernest Shonekan
1995 Comores Ayouba Combo Said Mohamed Djohar
1996 Burundi Pierre Buyoya Sylvestre Ntibantunganya
1996 Niger Ibrahim Baré Maïnassara Mahamane Ousmane
1997 République démocratique du Congo Laurent-Désiré Kabila Mobutu Sese Seko 17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila s'empare du pouvoir à Kinshasa. Le chef des rebelles Laurent-Désiré Kabila s'empare de Kinshasa (capitale du Zaïre), chasse le dictateur Mobutu Sese Seko et s'autoproclame chef de l'État. Il rebaptisera le Zaïre "République démocratique du Congo" et mettra en place un régime autoritaire. L'année suivante, la guerre civile ravagera le pays. En 2001, Kabila sera assassiné et son fils, Joseph Kabila, deviendra président.
1999 Comores Azali Assoumani Tadjidine Ben Said Massounde
1999 Côte d'Ivoire Robert Guéï Henri Konan Bédié
1999 Guinée-Bissau Ansumane Mané João Bernardo Vieira
1999 Niger Daouda Malam Wanké Ibrahim Baré Maïnassara
2003 Centrafrique François Bozizé Ange-Félix Patassé
2003 Guinée-Bissau Verissimo Correia Seabra Kumba Yala
2005 Mauritanie Ely Ould Mohamed Vall Maaouiya Ould Taya
2005 Togo Faure Gnassingbé Fambaré Ouattara Natchaba Faure Gnassingbé empêche Fambaré Ouattara Natchaba président selon la constitution
2008 Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
2008 Guinée Moussa Dadis Camara Gouvernement Après la mort du Président Lansana Conté le 22 décembre 2008, Moussa Dadis Camara annonce la suspension de la Constitution et de toutes les institutions républicaines ainsi que la dissolution du gouvernement. Le 24 décembre, il s'auto-proclame président de la République de Guinée.
2009 Madagascar Andry Rajoelina Marc Ravalomanana
2010 Niger Salou Djibo Mamadou Tandja

Amérique

Année Pays Auteur Cible Notes
1913 Mexique Victoriano Huerta Francisco Madero
1924 Chili Luis Altamirano Arturo Alessandri Palma
1925 Chili Carlos Ibáñez del Campo Luis Altamirano
1943 Argentine Arturo Rawson Ramón Castillo
1953 Colombie Gustavo Rojas Pinilla Roberto Urdaneta Arbeláez (Laureano Gómez)
1954 Guatemala Carlos Castillo Armas Jacobo Arbenz Guzmán Opération PBSUCCESS, débutée en 1952, organisée par la Central Intelligence Agency pour renverser le président du Guatemala Jacobo Arbenz Guzmán
1954 Paraguay Alfredo Stroessner Federico Chávez
1959 Cuba Fidel Castro Fulgencio Batista
1963 Équateur Junte militaire des quatre hommes Carlos Julio Arosemena Monroy
1964 Brésil Humberto de Alencar Castelo Branco João Goulart
1936 Nicaragua Anastasio Somoza Garcia Juan Bautista Sacasa
1968 Pérou Juan Velasco Alvarado Fernando Belaúnde Terry
1970 Bolivie Hugo Banzer Juan José Torres Gonzáles
1973 Chili Augusto Pinochet Salvador Allende
1976 Argentine Jorge Rafael Videla Isabel Peron
1992 Venezuela Hugo Chavez Carlos Andrés Pérez Échec de la tentative de putsch, Hugo Chavez sera emprisonné deux ans.
2002 Venezuela Pedro Carmona Hugo Chavez Échec de la tentative de putsch, Pedro Carmora s´est éxilé en colombie.
2009 Honduras Armée Manuel Zelaya Expulsé du pays par l'armée hondurienne
2010 Équateur Police et Armée Rafael Correa Échec de la tentative de putsch

Asie et Océanie

Année Pays Auteur Cible Notes
1936 Japon Kodoha Hirohito Tentative de coup d'État de la part de la faction ultra-nationaliste de l'Armée impériale japonaise, la Kodoha, connu sous le nom de Incident du 26-Février
1943 Thaïlande
1952 Indonésie A. H. Nasution Soekarno Tentative de coup d'État de la part du chef d'état-major de l'armée de terre indonésienne, le général A. H. Nasution connu sous le nom de Affaire du 17 octobre 1952 en Indonésie
1954 Yanaon (Inde) Dadala Raphael Ramanayya George Sala Coup d'État connu sous le nom de Coup d'État de Yanaon
1961 Corée du Sud Park Chung-hee Yun Po-sun
1965 Indonésie Groupes de soldats (lieutenant-colonel Oentoeng) Conseil des généraux (Soeharto) "mouvement du 30 septembre 1965" que l'armée attribuera au Parti communiste indonésien, donnant le prétexte à sa dissolution et au massacre de 500 000 à 1 million de personnes
1966 Indonésie Soeharto Soekarno "Ordre du 11 mars" par lequel le général Soeharto considère que le président Soekarno lui a transféré le pouvoir
1970 Syrie Hafez el-Assad Noureddine al-Atassi
1970 Japon Tatenokai Gouvernement japonais Le Tatenokai mené par Yukio Mishima tente de renverser le gouvernement en place, après avoir sequestré le commandant en chef de la Force terrestre d'autodéfense japonaise. Devant l'échec du putsch, Yukio Mishima et Masakatsu Morita, un autre membre du Tatenokai, se suicident par seppuku.
1970 Oman Qabus ibn Said Saïd ibn Taimour
1973 Thaïlande Étudiants Armée (Thanom Kittikachorn) Suites aux manifestations massives exigeant la fin du régime militaire, le général Thanom Kittikachorn répond avec force. Cette intervention violente du régime militaire a incité le roi Rama IX à faire sa première intervention dans la politique thaïlandaise en retirant son appui au régime militaire
1978 Afghanistan Nour Mohammad Taraki Mohammed Daoud Khan
1979 Corée du Sud Kim Jaegyu Park Chung-hee
1987 Fidji Sitiveni Rabuka Timoci Bavadra Deux coups d'État successifs, en mai et octobre, menés par le colonel Sitiveni Rabuka, reversent le gouvernement démocratique du premier ministre Timoci Bavadra et aboutissent à l'abolition de la monarchie en faveur d'une république
2000 Fidji George Speight Mahendra Chaudhry Coup d'État de mai 2000 : L'homme d'affaires George Speight renverse et prend en otage le gouvernement démocratique du premier ministre Mahendra Chaudhry. L’armée dirigée par Frank Bainimarama impose alors la loi martiale et, malgré des tentatives de mutineries, rétablit l’ordre. Speight est arrêté et condamné.
2006 Thaïlande Sonthi Boonyaratglin Thaksin Shinawatra Coup d'État du 19 septembre 2006 en Thaïlande qui a renversé le premier ministre Thaksin Shinawatra
2006 Fidji Frank Bainimarama Laisenia Qarase Coup d'État de décembre 2006 : Le commodore Frank Bainimarama renverse le gouvernement démocratique du premier ministre Laisenia Qarase. Il s'agit du quatrième coup d'État aux Fidji en dix-neuf ans.

Europe

Année Pays Auteur Cible Notes
1762 Russie Catherine II de Russie Pierre III de Russie
1772 Suède Gustave III de Suède Le régime parlementaire
1784 Danemark Frédéric VII de Danemark Frédéric VI de Danemark
1797 France Paul Barras, Rewbell et La Réveillère François Barthélemy et Lazare Carnot Coup d'État du 18 fructidor an V
1798 France Paul Barras, Rewbell et La Réveillère Les jacobins Loi du 22 floréal an VI
1799 France Conseil des Cinq-Cents, Emmanuel-Joseph Sieyès et Paul Barras Le Directoire Coup d'État du 30 prairial an VII
1799 France Napoléon Bonaparte et Emmanuel-Joseph Sieyès Le Directoire de Paul Barras Coup d'État du 18 brumaire
1809 Suède Georges d'Adlersparre et Carl Johan Adlercreutz Gustave IV Adolphe de Suède
1812 France Claude François de Malet Napoléon Bonaparte
1820 Espagne Rafael del Riego La monarchie absolue de Ferdinand VII d'Espagne
1830 France Charles X de France Le régime parlementaire Les Trois Glorieuses
1840 Espagne Baldomero Espartero Marie Christine de Bourbon
1843 Grèce Andréas Metaxás Les Bavarois Coup d'État du 3 septembre 1843 qui donna au pays sa première Constitution
1851 Portugal João de Saldanha António da Costa Cabral
1851 France Louis-Napoléon Bonaparte Le régime parlementaire Coup d'État du 2 décembre 1851
1854 Espagne Leopoldo O'Donnell Luis José Sartorius
1856 Espagne Leopoldo O'Donnell Baldomero Espartero
1862 Grèce Constantin Kanaris Othon Ier de Grèce
1870 Portugal João de Saldanha Nuno de Moura
1874 Espagne Manuel Pavía et Francisco Serrano Emilio Castelar
1874 Espagne Martínez Campos Francisco Serrano Restauration bourbonienne en Espagne
1881 Bulgarie Alexandre Ier de Bulgarie Le régime parlementaire
1886 Bulgarie Stefan Stambolov Alexandre Ier de Bulgarie
1893 Serbie Alexandre Ier de Serbie Les régents du royaume
1894 Serbie Alexandre Ier de Serbie Le régime parlementaire
1899 France Paul Déroulède La Troisième République
1903 Serbie Alexandre Ier de Serbie La constitution libérale
1903 Serbie Dragutin Dimitrijević Alexandre Ier de Serbie Coup d'État de mai
1909 Grèce Nikolaos Zorbas et Eleftherios Venizelos Dimitrios Rallis Coup de Goudi
1914 Albanie Essad Pacha Mustafa Bej Ndroqi
1915 Portugal Joaquim Pimenta de Castro et Manuel de Arriaga Le régime parlementaire
1916 Grèce Eleftherios Venizelos Nikolaos Kalogeropoulos
1917 Russie Lavr Gueorguievitch Kornilov Alexandre Fedorovitch Kerensky
1917 Russie Lénine Alexandre Fedorovitch Kerensky Révolution d'Octobre
1917 Portugal Sidónio Pais Bernardino Machado
1919 Hongrie István Friedrich Gyula Peidl
1920 Albanie Essad Pacha Sulejman Bej Delvina
1920 Allemagne Wolfgang Kapp Friedrich Ebert Putsch de Kapp
1922 Grèce Nikolaos Plastiras Constantin Ier de Grèce
1922 Italie Benito Mussolini Victor-Emmanuel III d'Italie La Marche sur Rome
1923 Bulgarie Alexandre Tsankov Alexandre Stambolijski Coup d'État du 9 juin 1923
1923 Espagne Miguel Primo de Rivera Manuel García Prieto
1923 Grèce Ioánnis Metaxás Nikolaos Plastiras
1923 Allemagne Adolf Hitler La république de Weimar Putsch de la brasserie
1924 Estonie Jaan Anvelt et Karl Rimm Friedrich Akel
1924 Albanie Ahmed Zogu Fan Noli
1925 Grèce Theodoros Pangalos Andreas Michalakopoulos
1926 Grèce Theodoros Pangalos Le régime parlementaire
1926 Pologne Józef Piłsudski Stanisław Wojciechowski
1926 Portugal Manuel Gomes da Costa Bernardino Machado
1926 Grèce Geórgios Kondýlis Theodoros Pangalos
1926 Lituanie Antanas Smetona et Augustinas Voldemaras Kazys Grinius
1926 Portugal Óscar Carmona Manuel de Oliveira Gomes da Costa
1929 Lituanie Antanas Smetona Augustinas Voldemaras
1929 Yougoslavie Alexandre Ier de Yougoslavie Le régime parlementaire
1932 Finlande Vihtori Kosola et Kurt Martti Wallenius Pehr Evind Svinhufvud Rébellion de Mäntsälä
1933 Grèce Nikolaos Plastiras Panagis Tsaldaris
1934 Estonie Konstantin Päts Le régime parlementaire
1934 Lettonie Kārlis Ulmanis et Jānis Balodis Le régime parlementaire
1934 Bulgarie Kimon Georgiev et Damian Velchev Nicolas Muchanov
1934 Autriche Les nazis autrichiens Engelbert Dollfuss
1935 Grèce Nikolaos Plastiras et Elefthérios Venizélos Panagis Tsaldaris
1935 Grèce Anastasios Papoulas et Geórgios Kondýlis Panagis Tsaldaris et la République
1936 Grèce Ioánnis Metaxás Le régime parlementaire
1936 Espagne Emilio Mola Manuel Azaña Guerre civile espagnole
1941 Yougoslavie Pierre II de Yougoslavie Le régent Paul de Yougoslavie
1948 Tchécoslovaquie Klement Gottwald et Rudolf Slánský Edvard Beneš Coup de Prague
1960 Turquie Cemal Gürsel Celal Bayar Coup d'État du 27 mai 1960
1967 Grèce Yeóryos Papadópoulos Panagiotis Kanellopoulos Dictature des colonels
1971 Turquie Memduh Tağmaç Süleyman Demirel Coup d'État du 12 mars 1971
1980 Turquie Kenan Evren Ihsan Sabri Çaglayangil Coup d'État du 12 septembre 1980
1981 Espagne Antonio Tejero Molina Leopoldo Calvo-Sotelo Coup d'État du 23-F
1991 Union soviétique Guennadi Ianaïev Mikhaïl Gorbatchev Putsch de Moscou
1992 Géorgie Edouard Chevardnadzé Zviad Gamsakhourdia Guerre civile géorgienne

Notes et références

  1. Voir le Cornu et le lexique de droit constitutionnel de MM Avril et Gicquel
  2. (es) Javier Fernández López, Miltares contra el Estado, Madrid, Taurus, 2003, 1re éd., 303 p. (ISBN 84-306-0495-2), p. 245 . Il remarque ainsi que « en 1980, plus de la moitié des gouvernements du monde l'étaient devenus grâce à ce procédé. »

Voir aussi

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