Classification Des Sinogrammes


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Classification des sinogrammes

Sinogramme
漢字 - 汉字

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Bibliographie

Il existe plusieurs types de caractères chinois, parmi lesquels quelques rares pictogrammes, un petit nombre d'idéogrammes (simples ou composés) et une écrasante majorité de composés nommés idéo-phonogrammes, principalement. L'écriture chinoise, à ses débuts, est initialement de nature pictographique: le caractère est une représentation directe de la chose. Rapidement, le système devient combinatoire: le dessin ne s'interpréte plus de manière isolée, mais est construit en s'appuyant sur d'autres, par transformation ou par composition. On se trouve très rapidement devant un système cohérent et signifiant. C'est une rationalisation de l'écriture qui permet de diminuer le nombre d'éléments qui peuvent constituer les graphèmes, tout en augmentant la capacité d'expression.

De sorte, pour ce qui est de leur origine sémantique, les caractères peuvent être :

  • formés d'un radical sémantique seul utilisé comme pictogramme ;
  • formés de plusieurs radicaux tous utilisés sémantiquement et dont l'association forme un idéogramme ;
  • formés d'un radical sémantique accompagné d'un indice sonore (qui est aussi un radical graphique) permettant d'en deviner plus ou moins bien la prononciation (ou idéo-phonogramme.

L'écriture chinoise ne comportant en fait qu'un petit nombre d'idéogrammes (au sens strict), il est erroné d'appeler ainsi ses caractères.

Soit la série de caractères suivants : 妞, 媽, 她, 好, 姓 et 妾. On remarque qu'ils ont tous en commun l'élément graphique 女 , plus ou moins déformé afin de ne pas dépasser du carré fondamental. 女 constitue aussi un caractère pictographique autonome. La valeur sémantique de ce radical, celui de « femme » et « féminin » se retrouve par ailleurs dans chacun des dérivés. L'autre partie du caractère est soit un élément phonétique privé du sens qu'il a en tant que caractère autonome (le cas échéant) soit un autre radical sémantique.

Sommaire

Quels sont les différents types de caractères chinois ?

Il existe selon la nomenclature chinoise six catégories de caractères. Cette nomenclature, décrite la première fois par 許慎/许慎 Xú Shěn (58-147 de notre ère) dans son 說文解字/说文解字 Shuōwén jiězì, bien qu'ancienne et maintenant dépassée, reste cependant pratique et simple à comprendre. Elle suffira pour cet exposé.

Les plus anciens caractères ont été écrits par des oracles sur des carapaces de tortue ou des omoplates de bœuf pour la scapulomancie. On les appelle jiǎgúwén 甲骨文. Il s'agissait alors de purs pictogrammes et de quelques idéogrammes. Leur formes ont plusieurs fois évolué, ainsi que leur utilisation. Au cours des siècles, les sinogrammes se sont grandement diversifiés, tant quant à leur tracé qu'à leur signifié.

Actuellement, la grande majorité des caractères chinois (plus de 90%) sont des idéo-phonogrammes. Toutefois, comme la prononciation du chinois a changé depuis que l'écriture a été créée, le lien entre prononciation et graphie a disparu pour certain d'entre eux. La prononciation du chinois archaïque est l'objet d'une branche de la phonétique historique qui se nomme en chinois, yīnyùnxué 音韻學.

Pictogrammes

象形 xiàngxíng « imitation de la forme ».

En minorité dans l'écriture (environ six cents), les pictogrammes représentent directement une chose concrète par un dessin. Ce sont généralement les caractères les plus anciens. Certains, indiqués ici par leur graphie archaïque, peuvent être attestés à partir de 1600 avant notre ère sur des supports variés : os d'omoplates de buffles ou carapaces de tortues pour la divination par scapulomancie (qui consiste à écrire une question sur un tel support et passer le tout par le feu. Les craquelures apparaissant alors révèlent, selon leur configuration par rapport aux caractères, la réponse des dieux), stèles etc.

L'usage de ces graphies (dites maintenant « sigillaires ») s'étend jusqu'à 200 avant notre ère (et continue d'évoluer par la suite) ; elle sert encore aux sceaux et les calligraphes la pratiquent encore. La graphie simplifiée, indiquée le cas échéant, est utilisée en République populaire de Chine, principalement, et ce depuis 1958 (voir plus haut). Ces caractères simplifiés sont, pour la plupart, attestés depuis des périodes anciennes en tant que variantes calligraphiques. D'autres sont inventés.

Archaïques Ren arch.png U5973-radical-38 early-form.svg Zi arch.png Ri arch.png Yue arch.png Shan arch.png Chuan arch.png
Sigillaires Ren sigil.png Nuu sigil.png Zi sigil.png Ri sigil.png Yue sigil.png Shan sigil.png Chuan sigil.png
Modernes


rén












yuè



shān



chuān
Simplifiés
Sens homme femme enfant soleil lune montagne rivière


Archaïques Shui arch.png Yu arch.png Zhu arch.png Mu arch.png Ma arch.png Niao arch.png Gui arch.png Long arch.png
Sigillaires Shui sigil.png Yu sigil.png Zhu sigil.png Mu sigil.png Ma sigil.png Niao sigil.png Gui sigil.png Long sigil.png
Modernes


shuǐ






zhú









niǎo



guī



lóng
Simplifiés



Sens eau pluie bambou arbre cheval oiseau tortue dragon


Notes :

  • représente une femme agenouillée devant son époux par déférence. Les pictogrammes les plus anciens la représentent de face, tandis que c'est de profil qu'elle apparaît dès la graphie sigillaire ;
  • est un enfant emmailloté, ainsi que le voulait la pratique ancienne, dont les jambes ne sont donc pas visibles ;
  • chuān, « rivière » est aussi présent, dans sa graphie moderne, sous d'autres formes en composition, comme 巛 ou 巜 ;
  • le pictogramme à l'origine de 水 shuǐ, « eau » représente une cascade dont le courant central est entouré de tourbillons ou d'éclaboussures. Bien que proche du pictogramme pour « rivière », il doit en être distingué.

Remarquez que les caractères modernes ne peuvent utiliser qu'un nombre défini de traits (au rang desquels la courbe est exclue), ce qui explique les différences notables entre les graphies anciennes et le résultat actuel ; il existe vingt-quatre (ou vingt-et-un, selon les exégètes) traits fondamentaux.

Les pictogrammes ont été classés depuis longtemps en huit groupes (corps, homme, voyager, village, pinceau, dragon, jade et jaune), par affinités sémantiques ou par association d'idées ; deux cent quatorze d'entre eux constituent les « clefs » du chinois, élément primordial de tout caractère. Chaque caractère, en effet, doit être composé d'au moins une de ces clefs.

Idéogrammes simples (indicateurs)

指事 zhǐshì « indicateurs »

Les idéogrammes traduisent directement une idée abstraite au moyen d'un signe explicite ou bien en complétant un pictogramme préexistant. La plupart du temps, ce sont des points ou des traits placés sur un pictogramme qui indiquent ce qu'il faut regarder. Ainsi, en se servant d'un à trois traits, l'on peut commencer à compter et en plaçant un trait sur le pictogramme pour l'arbre, on en désigne des parties.







èr



sān



shàng



xià



běn



un deux trois dessus dessous racine cime

Notes :

  • běn, « racine », représente un arbre, 木 , dont on désigne la base au moyen d'un trait ;
  • , « cime », à l'inverse de 本 běn, représente un arbre dont on indique le sommet.


Idéogrammes composés (ou agrégats logiques)

會意 huìyì « réunion sémantique »

Plusieurs caractères juxtaposés indiquent un nouveau sens découlant de l'association engendrée ; remarquez que tout sinogramme devant s'inscrire dans un carré idéal, les éléments de tels caractères sont réduits ; ainsi :

  • 人 (humain) → 亻 ;
  • 水 (eau) → 氵 ;
  • 艸 (herbe) → 艹, etc.

Plusieurs formes réduites sont possibles pour un même caractère.

Ces idéogrammes se distinguent des indicateurs en ce sens qu'ils mettent en jeu la réunion de deux sens pour en obtenir un troisième, alors que dans le cas des idéogrammes simples l'idée est représentée directement. Le résultat obtenu par agrégation, cependant, ne mérite pas réellement le qualificatif de logique. En effet, le caractère 明, réunion du soleil et de la lune, signifie « lumière ». On pourrait très facilement imaginer qu'une telle alliance eut pu tout aussi bien désigner la marée.

Voici quelques exemples de tel idéogrammes composés.


×2 =

lín

×3 =

sēn

+ =

xiū
deux arbres
bois
trois arbres
forêt
un homme contre un arbre
se reposer



+ =


×2 +=

shuāng

+ =

hǎo

+ =

cǎi
un oiseau sur un arbre
se rassembler
deux oiseaux + à la fois
paire
une femme et un enfant
bon/bien
une main sur un arbre
cueillir



+ =

dōng

+ =

míng

+ =

fén

+ =

qiū
le soleil derrière un arbre
Orient
soleil et lune
brillant
le feu sous un bois
brûler
la céréale et le feu
automne


Le lecteur pourra compléter sa lecture par celle de Radicaux des sinogrammes.

Idéo-phonogrammes

形聲 xíngshēng « forme et son »

De loin la catégorie la plus représentée en chinois (plus de 90% des caractères), il s'agit cette fois de l'association d'un caractère utilisé pour le sens (la clef) et d'un autre pour le son. L'existence de tels composés doit beaucoup à la structure syllabique de la langue, dans laquelle existent nombre d'homophones.

Par exemple, il faut représenter le verbe « se laver les cheveux », qui se dit  ; or, le caractère de « l'arbre » se prononce de la même manière ; ainsi, écrire « arbre » tout en accompagnant le caractère de celui (dénommé ici « clef sémantique ») pour « eau », qui renvoie à l'idée principale de lavage, permet de créer un nouveau mot tout en distinguant les sens des homophones.

Notes :

  • ce procédé est favorisé par la structure phonologique du mandarin, qui ne peut former, à peu de choses près, que 400 syllabes différentes, si l'on omet les tons. Une telle structure rend le chinois très riche en homophones. À titre indicatif, il existe environ 110 caractères se prononçant shi en chinois moderne) ;
  • d'autre part, le principe d'ajout d'une clef pour distinguer les homophones est tardif ; dans l'Antiquité chinoise, deux homophones, dont l'un utilisait la graphie d'un autre, n'étaient pas nécessairement distincts, et seul le contexte permettait de comprendre quel sens attribuer au caractère. Ainsi, « bois » et « verser », tous deux dits lín, pouvaient être écrits 林. Seul le contexte permettait de les différencier.


Idée Son Résultat



eau






= « se laver les cheveux »



eau



lín



lín = « verser »



herbe



cǎi



cài = « légume »


Il est évident que l'élément phonétique n'est pas choisi au hasard et s'avère souvent sémantiquement motivé, ce qui n'apparaît parfois qu'a posteriori, mais permet une analyse interne des caractères.

Ainsi, 認 rèn « connaître (quelqu'un) » est composé de trois pictogrammes :

  • yán « parole » (une langue sortant de la bouche) ;
  • dāo « couteau » (noter le trait sur le couteau, ce qui signifie qu'il faut considérer sa lame et prononcer le caractère 刃 rèn) ;
  • xīn « cœur ».

Le caractère se prononce alors comme 刃 rèn, qui fournit le composant phonétique. Le choix de 刃 rèn, cependant, n'est pas gratuit ; il est possible de comprendre l'agrégat idéographique ainsi : connaître quelqu'un, c'est se servir de la parole comme d'une lame pour trancher le cœur, l'intimité, et ainsi avoir accès à ce qu'est réellement cette personne au fond d'elle-même.

Plus simplement, 菜 cài « légume » est composé de la clef de l'herbe pour le sens de « végétal » et de 采 cǎi « cueillir » pour le son. Mais la notion de « cueillette » n'est pas étrangère à celle de « légume ». On retrouve, en dernière analyse, le caractère 木 « arbre », qui connote aussi la sphère du végétal. L'interprétation sémantique des composants d'un caractère idéo-phonogrammatique est ainsi souvent prétexte aux jeux poétiques. Il ne faut pas perdre de vue qu'elle reste, dans la majorité des cas, secondaire et a posteriori.

En outre, la partie phonétique d'un idéo-phonogramme a souvent été déterminée à une époque où la langue, phonétiquement, était différente de la langue actuelle : or, de tels changements peuvent masquer le lien censé exister entre la prononciation réelle et la prononciation indiquée par la partie phonétique. Ainsi, nombreux sont les idéo-phonogrammes dont la partie phonétique ne correspond plus au son désigné.

Emprunts

假借 jiǎjiè « emprunter »

Il s'agit de caractères dont le sens a changé en raison d'une homophonie fortuite avec d'autres caractères. Par exemple, le caractère 來 lái signifiait, anciennement, « blé ». Le verbe venir étant homonyme de ce mot, on a emprunté le caractère en question pour noter le verbe venir. La prononciation du mot « blé » a changé aujourd'hui (mài) ainsi que le caractère (麥) : l'homophonie a disparu.

Défléchis

轉注 zhuǎnzhù « échange réciproque »

Ce sont des caractères dont le sens et parfois la graphie divergent, qui sont cependant l'évolution d'un même étymon (souvent un pictogramme). Il s'agit de doublets historiques (voire de triplets ou de quadruplets), au même titre, mutatis mutandis, que chance et cadence en français, qui dérivent tous deux du même étymon latin cadentia(m), « chute » ; des défléchis gardent un lien sémantique (parfois lointain)

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