Cinéma Algérien


Cinéma Algérien

Cinéma algérien

C'est au cœur de la « guerre de libération » que le cinéma algérien vit le jour. Malgré de faibles échos dans les programmations occidentales, il recèle des œuvres pourtant dignes de renommée. Considérons notamment celle de Mohamed Zinet, Tahyia Ya Didou ou Alger l’insolite et le film de Mohammed Lakhdar-Hamina, Chronique des années de braise, palme d'or 1975 au festival de Cannes. Le septième art algérien mène son développement via les festivals et autres activités culturelles.


Sommaire

Cinéma colonial en Algérie

L'arrivée du cinéma en Algérie s'est fait sous la domination française. Le cinéma était principalement utilisé à des fins de propagande auprès de la population algérienne. Le cinéma colonial servait soit à justifier les politiques établies, soit à gagner la sympathie des Algériens. Le colonisateur, empêchait le développement de l'industrie algérienne au profit de la production française et faisait obstacle à l'édification d'une industrie nationale de production de films. Bien qu'un quinzaine de films fussent tournées par année, il n'y avait aucune industrie sur place et toute la postproduction était fait en France. Ces films dressaient généralement un portrait caricatural des Algériens et des Arabes en général.Les personnages arabes étaient sans profondeur, interchangeables et intemporels, et étaient toujours joués par des acteurs français. Le film "Le Désir" (1928) d'Albert Durec, qui aborde le sujet de la polygamie, est un parfait exemple de l'approche superficielle du cinéma colonial. Les décors sont tout aussi caricaturaux: palmier, chameau, femmes lascives...

Naissance du cinéma algérien

  • 1957

An III de la lutte de Libération Nationale. Wilaya I Zone V : quatre ou cinq djounoud ( qui tomberont pour la plupart au champ d'honneur ) se constituent après avoir appris quelques rudiments du métier, en équipe de tournage cinématographique.

Cette équipe va produire 4 émissions pour la télévision qui seront portées à la connaissance de l'opinion internationale par le canal des télévisions des pays socialistes. Parmi ces émission spéciales retenons une émission sur cette "cellule cinématographique de l'A.L.N", un document spécial sur le rôle des infirmières de l'A.L.N., des images d'une attaque des moudjahidine (maquisards) contre les mines de l'OUENZA, fief de la colonisation.

  • 1960-1961

Le cinéma algérien entame son organisation par le constitution d'un comité de cinéma (lié au G.P.R.A.) puis par la création d'un SERVICE du CINEMA du G.P.R.A., enfin par la mise sur pied d'un SERVICE du CINEMA de l'A.L.N. pour des raisons de sécurité et de conservation, les négatifs des films tournés dans les maquis, sont évacués vers la Yougoslavie pays ami solidaire de la cause du peuple Algérien.

Ainsi se créent les premières archives du Cinéma Algérien.

Les premières réalisations

  • 1956-1957

"Les réfugies". Court métrage 16 mm réalisé par Cécile CUJIS (tourné en Tunisie) ce film valut à son réalisateur deux années de détention dans les prison françaises.

  • 1957

Films court métrage tourné par les élèves de l'Ecole de Formation du Cinéma. "L'Ecole de Formation de Cinéma". "Les Infirmières de l'A.L.N.". "L'Attaque des mines de l'Ouenza".

  • 1957-1958

"L'Algérie en flammes". Court métrage 16 mm couleurs réalisé par VAUTHIER, produit par R.VAUTIER et la D.E.F.A. (R.D.A.).

  • 1958

"Sakiet Sidi Youssef". Court métrage réalisé par Pierre CLEMENT. "Les réfugies". Court métrage produit et réalisé par P.CLEMENT.

  • 1960-1961

"Djazairouna". Long métrage basé sur des images de "Une Nation, l'Algérie" réalisé par R.VAUTHIER en 1955 et des images de Djamel CHANDERLI prises au maquis. Réalisation: Docteur CHAULET. Djamel CHANDERLI. Mohamed LAKHDAR HAMINA. Producteur: Service Cinéma G.P.R.A.

  • 1961

"J'ai Huit Ans". Court métrage réalisé par YANN et Olga LE MASSON et R.VAUTHIER. La préparation du film fut confiée à Frantz FANON et R.VAUTIER. Producteur: Comité Maurice AUDIN. "Yasmina". Court métrage réalisé par Djamel CHANDERLI et Mohamed LAKHDAR HAMINA. Producteur: Service Cinéma G.P.R.A. "La voix du peuple". Réalisé par: M. LAKHDAR HAMINA. D. CHANDERLI. Producteur: Service Cinéma G.P.R.A. "Les fusils de la liberté". Réalisé par: D. CHANDERLI et M. LAKHDAR HAMINA. sur un Scénario de: Serge MICHEL. Producteur: Service Cinéma G.P.R.A.

  • 1960-1961

"Cinq hommes et un peuple". Réalisation: R. VAUTHIER.

Structures du cinéma algérien depuis l'indépendance (1962) et principales décisions se rapportant à la réglementation de l'art et de l'industrie cinématographiques

  • 1962

Création de C.A.S.B.A.H.-Films. Société privée de production et de distribution cinématographiques. Constitution d'un centre Audio Visuel sous l'impulsion du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

  • 1963

Création du "Centre de Diffusion Populaire" (C.D.P). Décret N.°63-15, du 9 juillet 1963. Création de "L'Office des Actualités Algérien" (O.A.A). Décret N.°63-15, du 9 janvier 1963.

  • 1964

Création du "Centre National du Cinéma Algérien" (C.N.C). Décret N.°64-164, du 8 juin 1964. (modifié et complété par Décret N.°64-261, du 31 août 1964).

Nationalisation de l'exploitation cinématographique

Décret N.°64-241, du 19 Août 1964. Création de "L'Institut National du Cinéma" (I.N.C.), place sous l'autorité du C.N.C Création de la "Cinémathèque Nationale Algérienne". Décret N.°64-164, du 8 juin 1964.

  • 1967

Dissolution du C.N.C. et de l'I.N.C. Ordonnance N.°67-49, du 17 mars 1967. Création du "Centre Algérien du Cinéma" (C.A.C) Ordonnance N.°67-50, du 17 mars 1967 (réorganisé par ordonnance N.°68-611, du 15 novembre 1968).

Création de l'Office national pour le commerce et l'industrie cinématographiques (O.N.C.I.C.)

Réglementation de l'art et de l'industrie cinématographique Ordonnance N.°67-52, du 17 mars 1967, modifiée et complétée par ordonnance N.°68-612, du 15 novembre 1968, modifiée par ordonnance N.° 69-34, du 22 mai 1969 (monopole de l'importation et de la distribution confiés exclusivement à l'ON.C.I.C.). Arrêté du 15 mai 1970 fixant la date d'entrée en vigueur (1 juin 1970) du monopole attribué à l'O.N.C.I.C. dans le domaine de la co-production.

  • 1968

Création de "Centre de Diffusion Cinématographique" (C.D.C) Décret N.° 68-623, du 15 novembre 1968 (modifié par décret N.°69-95, du 8 juillet 1969.

  • 1974

Intégration de l'O.A.A à l'O.N.C.I.C. Ordonnance N.°74-47, du 31-1-1974 L'O.N.C.I.C. est chargé de la production de la Presse Filmée.

Restructuration du secteur audio-visuel.

Historique

Une équipe de cinéastes quasi amateurs, vu la précarité de leur formation, produit pour la télévision de 1957 quatre émissions. L'une a pour sujet des infirmières, l'autre capture des images de maquisards en pleine attaque du fief de la colonisation, Ouenza.

Le cinéma s'organise alors selon une structure plus cohérente, par les constitutions successives d'un comité de cinéma et de Services du cinéma. Afin d'être protégés, les négatifs des prises dans les maquis sont expatriés en Yougoslavie, solidaire de la cause algérienne.

En conclusion, un climat d'insécurité plane sur la création des premières archives du cinéma algérien.

Filmographie générale

Filmographie en coproduction

  • 1982 : Les sacrificies, de Okacha Touita
  • 1983 : Les sacrifiés, de Okacha Touita
  • 1999 : Les cris des hommes, de Okacha Touita
  • 2005 : Bab el web, de Merzak Allouache
  • 2007 : Le cri des hommes, de Okacha Touita
  • 2007 : Morituri, de Okacha Touita

Les Plus Grands Prix

- Prix spécial du jury à Cannes en 1969 - Oscar du meilleur film politique étranger à Los Angeles en 1970 - Oscar du Festival du film à Los Angeles en 1970

- Palme d'Or au Festival de Cannes en 1975.

- Prix de la première Œuvre au festival de Cannes ; - Prix du meilleur scénario ; - Grand prix de l'Union des Ecrivains soviétiques ; - Gazelle d'Or à Tanger (Maroc) en 1968.

- Tanit d'argent au Festival de Carthage en 1972 ; - Prix de la Critique Internationale du 7eme art à Ouagadougou en 1973 ; - Sélection au prix Georges Sadoul en 1973 ; - Prix de l'Office Catholique International de Berlin en 1974.

- Médaille d'Argent à Moscou en 1977 ; - Sélection à Cannes en 1977 ; - Prix à Karlovyvary en 1978.

- Tanit d'Or eu Festival de Crthage en 1978.

- Prix de la fiction au 7ème Festival du Court Métrage et du Documentaire à Lille (France) décembre 1979 ; - Prix de Critique. Venise 1981 ; - Sélection par le Festival Panafricain du cinéma à Ouagadougou 1979.

- Epée d'Or Grand Prix du Festival de Damas 1983 ; - Prix du Syndicat de l'Union des Artistes. Festival de Damas ; - Sélection au Festival International de Moscou 1983.

Source


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