Bufo periglenes


Bufo periglenes

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Crapaud doré
Bufo periglenes
Bufo periglenes
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Amphibia
Sous-classe Lissamphibia
Super-ordre Salientia
Ordre Anura
Sous-ordre Neobatrachia
Famille Bufonidae
Genre Bufo
Nom binominal
Bufo periglenes
Savage, 1967
Statut de conservation IUCN :

EX  : Éteint
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Statut CITES : Cites I.svg Annexe I ,
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Le crapaud doré ou crapaud de Monteverde (Bufo periglenes) est un petit crapaud (d'environ 5 centimètres) de la famille des bufonidés qui vivait dans une poignée d'endroits de la forêt de Monteverde, au Costa Rica, en Amérique Centrale[1]. Elle est classifiée par l'IUCN comme espèce éteinte depuis 2001. Pas un seul spécimen de crapaud doré n'a été aperçu depuis 1989. Cette espèce, qui fut découverte en 1960, était confinée à une petite région de haute altitude de la forêt de nuage de Monteverde, dans une zone de 10 km². L'extinction du crapaud doré est cité comme partie du déclin des populations d'amphibiens, et il est devenu l'emblème de ce dit déclin. Le changement climatique dû au réchauffement global est une des causes avancées pour expliquer sa disparition[2],[3].

Sommaire

Biologie

Le crapaud doré est une espèce du genre Bufo (famille Bufonidae) qui comprend plus de 250 espèces. Il vivait dans la réserve de la forêt des Nuages de Monteverde, au Costa Rica, dans une zone de 10 km² à 1500 m d'altitude moyenne[4].

Morphologie

Les adultes mâles mesurent à peine 5 cm en longueur. De couleur jaune orangé phosphorescent[5], ils se distinguaient de la plupart des crapauds par leur peau brillante et luisante. Son découvreur, Jay Savage, était si surpris quand ils les a vus pour la première fois, qu'il n'en croyait pas ses yeux ; il est cité disant : « je dois avouer que ma réaction quand je les ai vus pour la première fois était un mélange d'incrédulité et de soupçon, comme si quelqu'un les avait trempés dans de la peinture émaillée »[6]. La femelle de l'espèce était légèrement plus grande que le mâle, et son aspect était assez différent. Au lieu d'être brillante, les femelles étaient de couleur vert olive ou noires avec des taches écarlates entourées de jaune.

Reproduction

On sait peu de chose concernant le comportement des crapauds dorés. On pense qu'ils vivaient sous terre[2], puisqu'ils n'étaient pas visibles durant la majeure partie de l'année. En revanche, leur présence était plus évidente durant leur période d'accouplement, qui durait quelques semaines. Durant cette courte période en avril, après la saison sèche, quand la forêt devient plus humide, les mâles se réunissaient dans des mares en grand nombre dans l'attente de femelles. L'activité reproductrice durait environ une semaine. Les mâles se disputaient entre eux pour s'accoupler jusqu'à la fin de la saison de reproduction, à la suite de laquelle les crapauds retournaient à leurs tanières[2]. Les œufs étaient laissés dans des mares temporaires, dans des sacs, avec une moyenne de 228 œufs[7]. Les œufs se transformaient en têtards deux mois après la ponte[7].

En 1987, l'écologiste et herpétologue américaine, Martha Crump, a eu la chance de pouvoir observer les rituels d'appariement de ces crapauds. Dans son livre In Search of the Golden Frog, (À la recherche du crapaud doré), elle le décrivit comme la vision la plus incroyable qu'elle n'ait jamais eu, et dit qu'ils étaient semblables à « des statues, des joyaux éblouissants sur le sol de la forêt ». En avril 1987, Crump nota dans son journal, qu'elle avait compté 133 crapauds qui s'étaient accouplés dans un « bassin de la taille d'une cuisine ». Cinq jour plus tard, Crump témoigna de l'assèchement des mares de la zone. Phénomène qu'elle expliqua par les effets d'El Niño, « laissant les oeufs desséchés couverts de moisissures ». Les crapauds essayèrent de s'accoupler de nouveau en mai. Sur 43 500 œufs que Crump a trouvés, seuls 29 têtards survécurent à la sècheresse que connut le sol de la forêt.

Histoire

Habitat du crapaud doré dans la réserve de la forêt de nuage de Monteverde pendant la saison sèche.

Jay Savage a découvert le crapaud doré en 1966. Entre 1966 et juillet 1987, plus de 1500 crapauds adultes ont été aperçus. Seul 11 ou 10 ont été vus en 1988, dont un par Crump, et aucun autre n'a été aperçu depuis le 15 mai 1989, quand Crump identifia le même mâle solitaire qu'elle avait vu l'année précédente. Durant la période entre sa découverte et sa disparition, le crapaud doré apparaissait fréquemment sur les affiches qui faisaient la promotion de la biodiversité au Costa Rica. Un crapaud doré aurait été signalé dans les montagnes du Guatemala près de Chichicastenango. Mais ce signalement anecdotique n'a pas été confirmé. De plus il existe des espèces comparables au crapaud doré dans la même zone de son habitat au Costa Rica comme c'est le cas du Bufo holdridgei.

Extinction

Jusqu'à la fin de l'année 1994, cinq ans après le dernier signalement, les chercheurs espéraient encore que le crapaud doré eût survécu dans des refuges souterrains, comme d'autres espèces de crapauds chez lesquels le cycle de vie est supérieur à douze ans. En 2004, l'IUCN lista l'espèce comme éteinte, après une évaluation impliquant Savage, l'herpétologue qui avait découvert l'espèce 38 ans auparavant. L'annonce de l'IUCN reposait sur l'absence de signalement depuis 1989 et le manque de résultats positifs concernant la recherche extensive qui avait été menée à son terme depuis.

Tim Flannery décrit l'extinction du crapaud doré comme la première extinction au Costa Rica due au réchauffement global, mais ce dernier n'est pas la seule explication concernant l'extinction du crapaud doré. Jennifer Neville, de la Northern Ohio Association of Herpetologists, passe en revue les différentes hypothèses qui pourraient expliquer la disparition du crapaud dans son article The Case of the Golden Toad: Weather Patterns Lead to Decline. Neville arrive à la conclusion que l'hypothèse du courant El Niño est la plus probable, en fonction des données disponibles. L'IUCN donne un certain nombre de raisons possibles dans sa description des dernières menaces de l'espèce, parmi elles : l'aire limitée de l'habitat du crapaud doré, le réchauffement global, des maladies comme chytridiomycosis et la pollution de l'air. Neville mentionne également d’autres possibles facteurs qui ont contribué à l'extinction du crapaud comme l'augmentation du rayonnement UV-B, des champignons ou des parasites et un pH acide.

Références

  1. Pounds & Savage (2004). Bufo periglenes. 2006 IUCN Red List of Threatened Species. IUCN 2006. Retrieved on 11 May 2006
  2. a , b  et c Flannery, Tim (2005). The Weather Makers. Toronto, Ontario: HarperCollins, 114-119. ISBN 0-87113-935-9
  3. J. Alan Pounds, Michael P.L. Fogden, and John H. Campbell (1999). Biological response to climate change on a tropical mountain. Nature 398: 611-615.
  4. Neville, Jennifer J. "The Case of the Golden Toad:Weather Patterns Lead to Decline". North Ohio Association of Herpetologists online. URL accessed July 27 2006.
  5. Crump, Marty. In Search of the Golden Frog (1998) quoted in Flannery.
  6. Savage, Jay quoted in Neville, Jennifer J.
  7. a  et b Jacobson, S. K. and J.J. Vandenberg. 1991. Reproductive ecology of the endangered golden toad (Bufo periglenes). Journal of Herpetology 25(3):321-327. cited in Neville.
  • Savage, Jay M. (1966) : An extraordinary new toad from Costa Rica. Revista de Biología Tropical 14: 153–167.
  • Pounds & Savage (2004). (en) Bufo periglenes. 2006 IUCN Red List of Threatened Species. IUCN 2006. Retrieved on 11 May 2006. Database entry includes a range map and a brief justification of why this species is listed as extinct.

Voir aussi

Références taxonomiques

Liens externes

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