Partition de Chypre


Partition de Chypre
Partition de l’île de Chypre
Ledra-street-nikosia.jpg
La rue Ledra à Nicosie, symbole des prémices d'ouverture entre les deux parties de l'île.
Les drapeaux hissés représentent respectivement certaines des parties présentes dans le cadre de l'hypothétique résolution du différend.
Informations générales
Date 5 novembre 1914 - non résolu
Lieu Île de Chypre
Casus belli Annexion de l'île par les Britanniques en 1914.
Rivalité entre les communautés grecques et turques depuis 1950.
Changements territoriaux République de Chypre et République turque de Chypre du Nord
Issue Indépendance totale de l'île le 16 août 1960.
Partition de l'île en 1974.
Belligérants
Forces en présence
Forces armées présentent à Chypre lors de la Première Guerre mondiale, puis forces coloniales 14 000 (en 1974)
(2 000 militaires grecs et 12 000 miliciens de l’EOKA)
60 000 (en 1974)
(40 000 militaires turcs et 20 000 miliciens du TMT)
Pertes
88 militaires grecs et 309 miliciens 498 militaires turcs et 340 miliciens
Batailles
Oktovriana
Opération Attila

La partition de l'île de Chypre (grec moderne : Κυπριακό πρόβλημα, turc : Kıbrıs Sorunu) correspond à la division de facto de celle-ci en deux entités distinctes ; géographiquement, culturellement et politiquement ; par une ligne verte de démarcation, avec au sud, la seule république chypriote reconnue internationalement et membre de l'Union européenne : la République de Chypre, dont la majorité des habitants appartient au groupe ethnolinguistique des Chypriotes grecs et parle le grec chypriote[Note 1] ; et au nord, la république « turque », appelée République turque de Chypre du Nord, seulement reconnue par son voisin turc et composée en majorité de Chypriotes turcs parlant le turc et le turc chypriote.

Sommaire

Historique

Article détaillé : Histoire de Chypre.

Les origines

Statue de Makarios III à Nicosie.

Le 5 novembre 1914, suite aux déclarations de guerres successives entre la Triple Alliance et la Triple-Entente, la Grande-Bretagne annexe totalement l'île de Chypre, qu'elle administrait depuis 1878 avec le consentement des Ottomans[1].

Chypre devient une colonie britannique au mécontentement des insulaires grecs ; le 21 octobre 1931, une première révolte des Chypriotes grecs contre l'occupation a lieu, elle est aujourd'hui connue sous le nom d'Oktovriana et mena à une période sombre où les Britanniques régnèrent sur l'île avec l'appui de l'armée : la Palmerokratia. Un premier référendum sur le futur de l'île a lieu le 15 janvier 1950, soutenu par l'Église orthodoxe sous l'égide de l'archevêque Makarios III. 96 % des Chypriotes grecs se prononcent alors en faveur du rattachement à la Grèce[1],[2].

Le contentieux entre la Grèce et le nouvel État turc prend une ampleur internationale en 1954, lorsque la Grèce dépose aux Nations unies une motion sur l'autodétermination de l’île ; c'est le début d'un conflit inter-communautaire. En 1955, avec la création de l'EOKA, une organisation armée indépendantiste en faveur du rattachement de Chypre à la Grèce, débute une période de violences contre les Britanniques et les Chypriotes turcs qui dure quatre ans[1].

Ce n'est qu'en 1959 que Chypre devient une république indépendante au sein du Commonwealth, avec un président chypriote grec (l'archevêque Makarios avec 67 % des voix exprimées[3],[2]) et un vice-président chypriote turc (le docteur Fazil Kutchuk). Mais les tensions inter-communautaires ne cessent pas, malgré la présence des casques bleus de l'ONU. En février de cette même année, les dirigeants chypriotes des deux communautés rencontrent les dirigeants turcs, grecs et britanniques lors de deux conférences à Zurich et à Londres[4]. Les Britanniques élaborent une nouvelle constitution[5] garantissant la souveraineté de l'île par la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni[Note 2] acceptée par la population d'origine turque mais rejetée par la population grecque.

Chypre accède à l'indépendance le 16 août 1960 et le 24 mai 1961, la totalité de l'île devient membre du Conseil de l'Europe. Cependant, les troubles politiques internes, les tensions entre communautés et la montée de la violence (notamment entre les membres de l'EOKA, pro-Énosis et du TMT, l'organisation de défense turque pro-Taksim[6]) pousse la Turquie à exprimer une ancienne revendication : la partition de l'île entre les deux communautés. Cette partition de l'île se renforce avec les mouvements des deux populations ; à Nicosie, un millier de Grecs sont déplacés (essentiellement du nord vers le sud de la ville) et 25 000 réfugiés chypriotes turcs quittent les villages mixtes ou à majorité turque, où ils vivaient, vers les grandes villes les plus proches. La séparation géographique entre les deux communautés s'amorce et, en 1964, Chypre sombre dans le chaos[7]. Des opérations d'épuration ethnique sont commises par la partie grecque, provoquant des représailles du côté turc. Les Chypriotes grecs profitent de la politique de la « chaise vide », décidée en janvier 1964, par les représentants chypriotes turcs, dans toutes les instances représentatives, pour faire passer des lois rééquilibrant les pouvoirs conformément au prorata démographique[Note 3]. Les Chypriotes turcs s'enfoncent quant à eux dans la logique de la séparation, le Taksim et fournissent au gouvernement de Nicosie les conditions de leur mise à l'écart. Si, en théorie, Chypre est gouvernée sur la base de la constitution datant de 1960[Note 2] qui partageait le pouvoir entre les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs, dès 1963, les Chypriotes turcs se retirent du gouvernement[8].

Faisant suite à la poursuite des violences inter-communautaires, le Conseil de sécurité adopte, le 4 mars 1964, à l'unanimité la résolution 186[9], aux termes de laquelle est recommandée la création de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP). Durant la campagne de l'élection présidentielle de 1968, Makarios ne se positionne pas en faveur de l'Énosis, mais préfère une indépendance de Chypre, à la fois de la Turquie et de la Grèce[2].

Rivalités de la guerre froide

Alliances militaires en Europe durant la guerre froide.

Dans le contexte de guerre froide qui envenime les relations internationales dans les années et poussent les pays à se positionner dans le bloc de l’Ouest, avec les américains, ou dans celui de l'Est avec les soviétiques. Chypre se positionne en pays neutre, entre la Turquie et la Grèce, membres de l'OTAN, et la Syrie et l'Égypte alliés de l'URSS[10]. Dans la continuité de la politique d'Énosis, lancée avant l’indépendance, la Grèce estime que Chypre doit lui revenir, car traditionnellement et culturellement liée. De son côté, la Turquie, alliée à la Grande Bretagne dans le cadre du pacte de Bagdad, et limitée par le Traité de Lausanne de 1923, concernant ses revendications territoriales, ne sort de sa réserve que sous l'impulsion britannique qui cherche à conserver un rôle de médiateur entre grecs et turcs, lui garantissant un pouvoir sur la politique chypriote[11]. La montée des tensions entre la Grèce, soutenue par une majorité de la population chypriote grecque, d'une part, et la Turquie, d'autre part, fait craindre au bloc occidental, un affrontement direct entre deux de ses membres. En même temps l'espace politique, libéré progressivement de la domination britannique voit la montée de groupes pro-Énosis tels que l'EOKA, et de Makarios qui n’est pas dupe de la tentative d'impérialisme menée par la Grèce[10].

Son élection en 1960 conduisit cependant à un rapprochement des deux pays, et à divers attaques contre les Chypriotes turcs et les intérêts turques sur l'île[12]. En réponse, les responsables politiques turcs chypriotes menés par le Dr Kütchük, vice-président de 1a République, mettent en place une campagne anticommuniste à l’encontre du parti communiste chypriote qui apportait son soutien à Makarios depuis son élection[10]. Cette prise de position d'une partie de la classe politique chypriote dépasse les frontières européennes et l’envoi d'une force militaire de l'OTAN[Note 4] est proposée mais ce sera finalement l'ONU qui pourra envoyer des casques bleus afin de maintenir la paix dès 1964. La même, année, le 5 juin 1984, le président Johnson, pour prévenir toute invasion turque de l'île qui pourrait compromettre l'unité des pays de l'alliance atlantique, envoi une lettre à son homologue turc, İsmet İnönü, lui enjoignant de n'effectuer aucne intervention militaire à Chypre[13]. De leur côté, les soviétiques, sont contre le rapprochement de Chypre avec la Grèce, qui conduirait l'île à intégrer l'OTAN, préférant le statut quo et que Chypre demeure un pays non-aligné, plutôt qu'un allié des américains[14] ; ils sont successivement sollicités pour intervenir en faveur des Chypriotes grecs puis de la Turquie, mais ne prennent pas part directement aux négociations entre les deux pays[14].

Situation en Grèce

Article détaillé : Dictature des colonels.
Localisation des trois États ayant joué un rôle majeur dans la partition de Chypre.

En 1967, Geórgios Papadópoulos, un militaire de carrière prend le pouvoir et contraint le roi Constantin II de Grèce à s'exiler à Rome ; le coup d'État des colonels mené le 21 avril 1967 aboutit à la mise en place d'un régime autoritaire. Favorable à l'Énosis, il enverra des troupes sur l'île de Chypre lors de l'invasion turque, mais elles n'entreront pas directement en action[15]. Durant l'été de 1974, l'archevêque Makarios exige le retrait des officiers grecs présents au sein de la Garde nationale chypriote. Le gouvernement d'Athènes lance alors un coup d'état en utilisant cette faction militaire et annonce à la radio que Makarios est mort, enseveli sous les décombres de son palais[16]. La Turquie, réalisant que le complot vise en fait à unir Chypre à la Grèce, envahis le Nord de l'île pour protéger la minorité turque. Les forces grecques prisent par surprise ne veulent pas intervenir sachant la défaite assurée[16]. Cet échec retentissant met fin à la période de dictature en Grèce et divise met en suspend les relations entre les gouvernements grecs et chypriotes[16].

Le coup d'état à Chypre

Le général Georges Grivas[Note 5], envoyé en 1954 par le gouvernement d'Athènes avait pour objectif de neutraliser la volonté d'autonomie politique voulue par Makarios et de maintenir Chypre sous la domination politique de la Grèce[17], fonde en 1972 l'EOKA-B[Note 6] et bien qu'il partage l'idée de l'Énosis, il s'oppose aux ingérences du gouvernement militaire d'Athènes dans les affaires chypriotes. Sa mort, le 27 janvier 1974, laisse le champ libre aux dictateurs d'Athènes qui prennent le contrôle de l'EOKA-B et organisent le coup d'État contre le président Makários III[18],[19].

Le coup d'État échoue puisque le nouveau président nommé de facto par Athènes, Níkos Sampsón ne reste au pouvoir que neuf jours entre les 15 et 23 juillet[20]. Le 19 juillet 1974, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Makários accuse la Grèce de mener une invasion de Chypre[21]. Cette accusation « légitime » une intervention de la Turquie sous le prétexte du Traité de garantie signé en 1960[Note 2], celle-ci lance alors l'opération Attila.

Le 17 juillet, l'OTAN demande le retrait des officiers grecs et le retour de Makarios au pouvoir. Celui-ci s'envole d'Akrotiri, base anglaise, vers Londres où il essaie en vain d'obtenir l'aide du Royaume-Uni - signataire du traité de garantie. Sa demande est relayée par le premier ministre turc Bülent Ecevit qui demande aux Britanniques de se ranger du côté turc[22]. Le 18 juillet, Joseph Sisco, sous-secrétaire américain reçoit Ecevit à l'ambassade américaine de Turquie et apprend qu'il veut renverser Sampson afin de protéger les Chypriotes turcs de l'île[22].

Intervention turque

Article détaillé : Intervention turque .

Dès le 20 juillet 1974, l’intervention militaire de la Turquie, redoutant l'Énosis, est officiellement menée en réaction au coup d'État du 15 juillet par la garde nationale chypriote sous la direction d'officiers grecs[23]. Le 20 juillet 1974, les troupes turques débarquent 10 000 soldats au Nord de l'île et occupent en deux jours 38 % du territoire chypriote[24]. Dans le même temps, 200 000 chypriotes grecs sont contraints de quitter le nord pour le sud de l'île[25]. Pour Bülent Ecevit, premier ministre turc de l'époque, l'opération Attila était une opération de maintien de la paix[26].

Déroulement de l'opération

Les avancées des troupes turques
Article détaillé : Opération Attila.

Le 20 juillet 1974, à h 45, l'opération appelée « Attila I » est lancée, le gouvernement turc commence à déployer des troupes terrestres à bord de péniches de débarquement, ainsi que des parachutistes aéroportés à bord d'avions de transport C-130 entre Kyrenia et Nicosie[27].

À h 30, le Premier ministre turc, Bülent Ecevit annonce à la radio la décision de son gouvernement :

« L'intervention turque à Chypre a été faite en réponse au coup d'État qui a avait été commis quatre jours plus tôt contre le président chypriote, l'archevêque Makarios[Note 7] »

— Allocution de M.Bülent Ecevit, premier ministre turc, Radio Ankara, le 20 juillet 1974.

Au total, ce sont 40 000 soldats turcs et 20 000 miliciens chypriotes turques armés de 200 tanks, des avions et des navires qui affrontent 12 000 Chypriotes grecs équipés de 35 tanks[Note 8]. Le 23 juillet 1974, un cessez-le-feu est signé et l'armée turque occupe 3 % de l'île[19]. Du 13 au 16 août, une deuxième opération appelée « Attila II » est lancée par l'armée turque sur Lefke et Famagouste, afin d'assurer le contrôle sur la frontière entre les deux communautés, les forces pro-turques contrôlent 38 % de l'île[28].

Compte rendu de l'opération Attila

Les forces armées turques ne rencontrent qu'une résistance dispersée et désorganisée des forces chypriotes grecques et de l'EOKA-B, elles prennent le contrôle du couloir entre Nicosie et Kyrenia[27].

En réponse à l'offensive de la Turquie, le gouvernement du général Dimitrios Ioannidis annonce que la Grèce prépare la mobilisation générale de ses forces armées en accord avec son statut de garant de l'équilibre constitutionnel et le droit des trois nations à une intervention militaire sur l'île[Note 2]. L'armée grecque n'est pas déployée à Chypre, mais la crainte d'une confrontation directe entre les armées turques et grecques persiste jusqu'aux élections législatives de novembre 1974 et le Metapolítefsi[29]

On dénombre de nombreuses pertes :

Camp argentin des forces de l'ONU.
Zone tampon des Nations unies

Bilan humanitaire

De la prise de pouvoir par les membres de l'EOKA-B à la fin de l’invasion turque, deux vagues d'épuration ethnique ont eu lieu, se mêlant aux affrontements armés entre les mouvements de résistances chypriotes grecs et les forces turques[32]. On dénombre plus de 15 000 civils morts ou blessés[31] ; auxquels s'ajoutent 1 493 Chypriotes grecs et 502 Chypriotes turcs disparus[33] et 278 corps enterrés, retrouvés et identifiés par le Comité sur les personnes disparues à Chypre de l'ONU[34].

Près de 210 000[35],[16] réfugiés grecs sont déplacés vers le sud, dans des camps construits dans l'urgence, par le Service spécial pour les soins et la réadaptation des personnes déplacées chypriote[36]. Les infrastructures de l'île sont sévèrement touchées, notamment les axes reliant la partie sur à la partie nord et 22 000 hectares de forêts brûlent dans le massif du Troodos[32].

Résultats politiques

Le 22 juillet, suite à la résolution 353 de l'ONU[37], un cessez-le-feu est signé entre la Turquie et le nouveau régime de Chypre, le 23, la junte militaire qui avait pris le pouvoir en Grèce s'effondre et Níkos Sampsón est contraint de démissionner. Les Chypriotes grecs perdent ainsi le soutien direct de la Grèce à l'Énosis et à la domination chypriote grecque sur la totalité de l'île[10].

Le président de la Chambre des représentants, Gláfkos Klirídis, assure l'intérim de la présidence de la partie sud de l'île, comme prévu dans la Constitution. Pendant ce temps, Makarios III préside les négociations cinq-partite aux Nations unies avec les représentants turcs, grecs, britanniques, et des deux communautés chypriotes qui se tiennent à Genève. Ce dernier revient sur l'île pour accéder au poste de président de la République de Chypre avec l'appui de nombreux Chypriotes grecs ; cependant son autorité n'est effective que dans la partie sud de l'île après la proclamation unilatérale, le 13 février 1975, de la création de l'État fédéré turc de Chypre par le leader des Chypriotes turcs, Rauf Denktaş[25].

Maintien de la paix

Les forces de l'UNFICYP, agissant sous mandat de l'ONU, sont mises en place, dès 1964, pour prévenir toute poussée de violence entre les deux communautés. En 1974, suite aux opérations militaires turques, une « ligne verte », constituant une zone démilitarisée et une barrière physique entre les deux entités sépare l'île de Chypre, et sa capitale Nicosie[38].

En 2010, cette unité d'interposition n'est plus constituée que par un millier d'hommes, cependant ceux-ci ont eu à déplorer 180 pertes (dont 170 soldats, 3 policiers civils et 7 membres du personnel civil) au cours de leur mandat[39].

Division de l'île

Les deux entités chypriotes et la ligne verte tenue par les forces de l’ONU.

Division géographique

Article détaillé : Île de Chypre.

Depuis 1975, le territoire de la République de Chypre (Kypros, en grec) couvre la partie sud de l’île, c’est-à-dire les deux tiers de sa superficie totale. Cette partie du pays compte 780 500 habitants dont 94,9 % des habitants sont d’origine grecque, 0,3 % d’origine turque et 4,8 % d’origine arabe maronite ou arménienne[40]. Les plus grandes villes sont Nicosie-Sud (166 000 habitants, côté grec), Limassol (143 400), Larnaka (64 000) et Paphos (34 200).

La République turque de Chypre du Nord turc : Kuzey Kibris Türk Cumhuriyeti couvre la partie nord de l’île, c’est-à-dire le tiers de sa superficie totale. Cette partie du pays compte 265 100 habitants dont 97,7 % des habitants sont d’origine turque, 2,1 % d’origine grecque et 0,2 % d’origine arabe maronite ou arménienne[41]. Les plus grandes villes sont Nicosie-Nord (côté turc), Famagouste, Lefke et Kyrenia.

La ville de Nicosie, appelée en grec Lefkosia (grec moderne : Λευκωσίαturc : Lefkoşa) d’après le nom de son fondateur Lefkon, est devenue la seule capitale européenne à être de jure capitale de deux États et à être partagée militairement par une force d'interposition, l'UNFICYP placée sur la zone tampon[Note 10].

L'île est séparée d'est en ouest par une zone démilitarisée et contrôlée par l'ONU ; des deux côtés de cette zone, les armées chypriotes et turques ont installé des barrières, des murs, des barbelés et des postes de garde[42]. Seuls quelques rares passages sont ouverts entre les deux entités, deux passages piétonniers à Nicosie, et quatre passages routiers répartis sur la frontière et permettant de communiquer via d'anciens axes routiers[43].

Division culturelle

Église transformée en mosquée à Nicosie.
Église grecque orthodoxe à Nicosie.

La constitution de 1960 étant toujours appliquée, le turc demeure langue officielle au même titre que le grec et l'anglais au sein de la République de Chypre ; cependant il n'est plus utilisé du fait de l'absence des chypriotes turcs au sein du gouvernement chypriote grec[40]. Il en est de même pour l'enseignement où seules quelques écoles proposent des enseignements dans d'autres langues que le grec, en anglais, en français ou en allemand[44]. Les minorités[Note 11] sont libres d'utiliser leurs langues au sein des cercles privés, mais elles doivent cependant utiliser le grec pour leurs activités publiques. La partie sud de l'île est à majorité de confession grecque orthodoxe[45] et a sa propre juridiction religieuse, l'église orthodoxe de Chypre. La constitution est garante de la liberté de culte, c'est pourquoi des mosquées et des synagogues ont pu être bâties de ce côté de la frontière[46].

De son côté, la République turque de Chypre du Nord n'admet comme seule langue officielle que le turc[41]. De même, l'enseignement, la justice, les médias sont essentiellement en turc. La politique du gouvernement chypriote turc, au cours des trente dernières années, a été de reconvertir ou détruire les traces de civilisation hellénistique[47] et d'assimiler les minorités, parfois par la force, afin d'avoir un territoire unilingue et uniculturel[41]. La partie nord de l'île est à majorité de confession musulmane sunnite[45] et composée principalement de Chypriotes turcs et de colons turcs venus d'Anatolie après 1974, ainsi que de quelques Chypriotes grecs demeurés dans la partie nord de l'île.

L'anglais constitue la troisième langue utilisée dans l'île, notamment par certains médias locaux et internationaux, les universités ou encore les tribunaux, comme cela est prévu dans la Constitution. Les habitants parlent également certains dialectes tels que le grec chypriote, le turc chypriote ou langues tels que l'arabe et l’arménien[46], mais dans des proportions différentes qu'ils soient d'un côté de la frontière ou de l'autre.

Différences économiques

Le développement économique de la RTCN a profondément été entravé par l'embargo international dont elle fait l'objet depuis 1974[48]. En 2009, la majorité des biens exportés étaient des agrumes (25 %) et du lait (25 %) destinés principalement au marché turc ou à la réexportation[Note 12],[49],[50]. En réponse, un embargo à l’encontre de la partie sud de l'île a également été mis en place dans les ports turcs[51] et la partie nord, sous la domination économique de la Turquie, reçoit plusieurs millions d'euros chaque année (635 millions d'euros en 2011)[48] sous la forme d'aides au développement et d'aides pour les dépenses de l'État.

L'isolement géopolitique a conduit à l'apparition de situations très contrastées entre l'économie de la partie sud qui bénéficie du tourisme et de capitaux étrangers[52] et la partie nord dont le produit intérieur brut par habitant est quatre fois moins élevé que celui des Chypriotes grecs[50].

Inversement, la partie sud de l'île a réussi à se développer et à atteindre les standards européens, le PIB par habitant est supérieur à celui de la Grèce et du Portugal, et comparable à celui de l'Espagne, en 1997, 81 % des ménages disposaient d'au moins un véhicule et environ le tiers en possédait au moins deux[50]. Par ailleurs, Chypre est une destination touristique réputée et un pavillon de complaisance important, elle représente ainsi la 10e flotte mondiale de navires marchands en termes de tonnage[53],[54]. Ainsi, la répartition de la population active occupée en 1996 des Chypriotes grecs était sensiblement différente de celle des Chypriotes turcs :

Répartition des actifs occupés[55]
(1996)
République de Chypre RTCN
Secteur primaire 10,5 % 21,2 %
Secteur secondaire 15,3 % 9,3 %
Secteur tertiaire 65 %
Dont 13,1 % fonction publique.
55,9%
Dont 21,3 % fonction publique[Note 13],[50].

Division politique

Les zones de peuplement en 1973.
Tassos Papadopoulos

Avec les négociations précédent l'élargissement de l'Union européenne de 2004, les pourparlers entre les autorités du Sud et du Nord de l'île sur la question d'une république bicommunautaire ; entre le président chypriote grec Gláfkos Klirídis puis Tassos Papadopoulos et le dirigeant chypriote turc Rauf Denktash ont redémarré sous l'égide des Nations unies. Les deux représentants n'ayant pu s'entendre et aucun accord n'ayant pu aboutir, Kofi Annan proposa que son plan de réconciliation soit directement soumis à référendum dans les deux parties de l'île[56].

L'échec de cette solution de réconciliation des deux communautés fut, selon les observateurs internationaux, en partie imputable au fait que les dirigeants politiques grecs rejetèrent le plan avant même sa présentation aux populations.

M. Papadopoulos déclara le 7 avril 2004 à la communauté grecque :

« Mon peuple chypriote grec, je te prie de refuser le plan Annan. Je te prie de dire fortement « non » le 24 avril. Je te prie de défendre ton droit, ta dignité et ton histoire[56] »

— Allocution de M.Tassos Papadopoulos, président de Chypre, le 7 avril 2004.

Argumentant sur des éléments historiques : la colonisation britannique, puis l'invasion turque ou sur le fait que le plan ne permettrait pas de réunifier la société, l’économie ou les institutions de l’île ; le gouvernement alla jusqu'à censurer les discours du commissaire européen à l’élargissement Günter Verheugen et le représentant des Nations unies Alvaro de Soto[56]. Le peuple chypriote grec rejeta l'idée d'une confédération avec son voisin turcophone pour divers raisons : le besoin de sécurité[Note 14], la concurrence des Chypriotes turcs[Note 15] ou encore l'absence d'une « identité chypriote commune ».

Autour du problème

Relations entre Chypre et la Turquie

De jure, la République turque de Chypre du Nord est indépendante de la Turquie, cependant des liens étroits existent dans tous les domaines entre les deux États. La Turquie entretient un contingent de 35 000 hommes[57] sous couvert de protéger la partie nord de l'île. De nombreux colons turcs sont venus peupler la partie Nord de l'île, représentant une part de la population plus importante que les Chypriotes turcs eux-mêmes ; on estimait à 87 600 le nombre de Chypriotes turcs et à 115 000 le nombre de colons[58] en 2001[Note 16].

L'ingérence de la Turquie dans la vie chypriote fut déjà critiquée lors de la prise de pouvoir sur la partie Nord par Özker Özgür :

« Que je le croie ou non, que je le trouve juste ou pas, je fais ce que dit la Turquie[59],[Note 17]. »

— Allocution de M.Özker Özgür, politicien chypriote turc, en 1974.

C'est pourquoi le nouveau président chypriote turc, M. Derviş Eroğlu, en faveur d'une partition de l'île[60], devrait suivre les recommandations d'Ankara et poursuivre les efforts de négociations de son prédécesseur M. Ali Talat[60], afin de faciliter les négociations d'adhésion de la Turquie au sein de l'UE[57]. Cette ingérence politique permet cependant de passer outre aux problèmes de non-reconnaissance mutuelle des deux républiques puisque les deux présidents élus entretiennent des relations, parfois directes, parfois interposées, mais continues et permettant d'espérer dans le processus de réconciliation[60].

La Turquie ne reconnaît pas l'existence de la République de Chypre mais seulement celle de la République turque de Chypre du Nord. La République de Chypre est reconnue internationalement par tous les membres des Nations unies sauf par la Turquie[Note 18].

Inversement, Chypre et l'ensemble de la communauté internationale ne reconnaissent pas l'existence de la République turque de Chypre du Nord[Note 18], mais les négociations visant au rapprochement des deux communautés de l’île tendrait à une reconnaissance d'un gouvernement chypriote, à condition que les deux parties y siègent[61]. La reconnaissance de la République de Chypre (membre de l'Union européenne) est un point essentiel du processus d'adhésion de la Turquie[62]. Celle-ci a d'ailleurs annoncé son intention de geler ses relations avec l'Union européenne si aucune solution n’avait été trouvée avant la prise de fonction de Chypre[63].

Relations entre la Grèce et la Turquie

Si la Grèce est longtemps intervenu dans la politique chypriote et a envoyé des troupes lors de la prise de contrôle de la partie Nord de l'île en 1974[Note 2], des points de tensions dans les relations gréco-turques existaient déjà avant l'indépendance de l'île ; notamment les revendications territoriales dans la mer Égée. En outre, si le gouvernement grec de l'époque de la dictature des colonels tentait d'instaurer l'Énosis avec les Chypriotes grecs, les gouvernements démocratiques se sont concentrés sur les questions internes et ont délaissé le problème chypriote aux soins de l'ONU et des Chypriotes eux-mêmes[64].

Les bases britanniques

Article détaillé : Akrotiri et Dhekelia.
La base d'Akrotiri.

Les deux bases militaires britanniques d'Akrotiri et Dhekelia, datant de l'indépendance de l'île demeurent sous contrôle britannique avec l'autorisation du gouvernement chypriote. Cependant un point de discorde persiste sur la volonté du gouvernement chypriote d'obtenir une rétribution pour l'occupation de ses terres. Si ces zones militaires constituent elles-mêmes des enclaves sur l'île, des micro enclaves chypriotes, notamment des villages et des zones agricoles, sont également situées au sein de la base de Dhekelia[65]. Les militaires britanniques participent également aux opérations de maintien de la paix au sein de l'UNFICYP[65].

Rôle de la Russie

La Fédération de Russie appuie les efforts menés par le Secrétaire général de l'ONU et la délégation chargée d'assister les deux communautés dans le règlement du différend qui les opposent depuis plus de trente ans pour régler le problème de Chypre[66]. Cependant, alliée depuis l'époque soviétique du gouvernement chypriote grec pour des raisons religieuses[Note 19], elle avait opposée son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies lors du vote sur le plan Annan, arguant que c'était aux populations chypriotes de régler le problème d'elles même. Suite à l'échec du référendum, sa position a légèrement changé, elle soutient désormais un accord onusien[67], tout en prônant une résolution du problème par les deux parties de l’île[68]. La Russie a par ailleurs développé ses relations avec les deux communautés, la Turquie et la Grèce, en envoyant un émissaire spécial afin de recueillir les doléances de chacune des parties les délégations turques[69] et chypriotes[67] ; or, si elle ne reconnait par l'existence de la RTCN pour des raisons de politique interne[Note 20], elle reconnait à la partie turque de l'île, le droit de commercer en toute liberté[68].

Vers une résolution du différend

Article détaillé : Réunification de Chypre.

Onusienne

Article détaillé : Plan Annan.
Kofi Annan, instigateur du plan Annan.

L'ONU, qui par ailleurs entretien une mission d'interposition via l'UNFICYP, a proposé, en 2004, le plan Annan du nom de l'ancien secrétaire des Nations unies, Kofi Annan. Ce plan proposait de réunifier les deux États chypriotes au sein d'une même République chypriote unie fonctionnant sur la base d'un système fédéral où les deux communautés seraient représentées[70]. Cependant, soumis à un référendum des deux communautés, il a été largement rejeté par les Chypriotes grecs, remettant la situation dans l'impasse.

Suite à une série de négociations entre mai et septembre 2008, les dirigeants chypriotes grecs et turcs se sont engagés sous l'égide des Nations unies à résoudre point par point les problèmes liés à la spécificité chypriote. S'engageant à suivre les paramètres établis par les Nations unies[71], Dimitris Christofias et Mehmet Ali Talat ont mis conjointement en place six groupes de travail et sept comités techniques portant sur des questions spécifiques[Note 21].

L'Australie, dont les forces armées participent au maintien de la paix sur la ligne de démarcation, a accepté d'envoyer une mission diplomatique menée par Alexander Downer, ancien ministre des affaires étrangères australiennes et médiateur international reconnu, dans le but de faciliter les négociations entre les dirigeants chypriotes turcs et grecs[72]. Cette équipe de médiation reçoit également le concours du ministère des Affaires étrangères australiennes, de l'ONU et de l'Union européenne.

En date du 24 septembre 2010, le président turc, Abdullah Gül, a confié être confiant sur la possibilité d’arriver à un accord prochain entre les leaders des deux communautés turque et grecque[73]. Il rejoint les propos du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, et poursuit les appels tournés vers la communauté internationale et notamment l'Union européenne à mettre fin à l’isolement dont fait l’objet la communauté turque de Chypre[73]. Parallèlement, le nombre d'acteurs internationaux (responsables politiques et organismes) et leur implication dans le processus de résolution du différend est en augmentation[74], la preuve en est, l'augmentation du nombre de soldats de la force onusienne, porté à 926[73] à la fin de l'été 2010 et les visites de différents partenaires du processus[74],[Note 22].

Les dirigeants chypriotes grec et turc ont rencontré le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le 18 novembre 2010 à New York, afin d'étudier divers point dans une réunion tripartite ; notamment sur la question des propriétés foncières et l’ouverture de nouveaux points de passages dans la ligne verte[75]. Ces négociations viseraient à terme à la réunification de Chypre, sous un système fédéral bicommunautaire où chypriotes grecs et turcs seraient égaux en droit et en pouvoir[Note 23], ; comme envisagée dans le plan Annan, la résolution des différends aboutirait à une théorique République chypriote unie ou entité supra communautaire, basée sur le modèle de la Suisse ; où les deux parties auraient une réelle autonomie et une représentation politique paritaire[76].

Européenne

Lors de l'intégration de la République de Chypre, il a été établi de jure que c'était toute l'île qui faisait partie de l'Union européenne ; de facto, seule la partie Sud, officiellement reconnue, est intégrée au sein des institutions de l'UE[77].

La Commission européenne a commencé, dès 2004, à développer une politique d'ouverture entre les deux communautés ; elle a œuvré dans le sens de l'ouverture de points de passage dans la ligne verte, aux échanges de marchandises chypriotes turcs, ainsi qu'à l'ouverture des ports et aéroports turques aux passagers et marchandises chypriotes grecques[77]. Une aide au développement de 260 millions d'euros a été débloquée par l'UE à destination de la partie Nord de l'île[78].

Turque

La volonté turque de résoudre la question chypriote est principalement motivée par sa volonté d'entrer dans l'Union européenne ; de son côté la Turquie a formulé la demande de cesser les mesures d’isolement économiques et commerciales de la partie nord de l'île mises en place par les pays européens. Le protocole d'Ankara, ratifié en juillet 2005 par la Turquie, prévoyait l'ouverture des ports et aéroports turcs aux passagers et marchandises en provenance de la partie sud de l'île de Chypre. Cependant, le refus turc de reconnaître officiellement la République de Chypre a conduit à l'arrêt des négociations sur ce sujet et au blocage, par l'Union européenne, du processus d'adhésion de la Turquie[79].

Le président turc en personne, Abdullah Gül, a appelé, dans la même mouvance que l'ONU, les dirigeants chypriotes à trouver un accord autour de la division de l’île avant la fin de l’année[74] ; et hypothétiquement, à un nouveau référendum[80],[Note 24].

Chypriote

Alexander Downer, l'émissaire de l’ONU à Chypre.

Le rejet du plan Annan par la communauté chypriote grecque abouti à la définition d’une nouvelle approche des négociations directes approuvée en 2006, cette fois, par M. Tassos Papadopoulos et le nouveau représentant de la communauté chypriote turque élu en 2005, M. Mehmet Ali Talat. L’accord du 8 juillet 2006 comporte des engagements sur les principes de la réunification de l’île, d’un règlement global, du refus du statu quo et du lancement de discussions bicommunautaires. Il prévoit la mise en place de comités techniques sur les questions de la vie quotidienne sous l’égide de l’ONU[81].

Dès 2008, Dimitris Christofias, nouvellement élu premier ministre chypriote grec, démarrent les discussions promises lors de sa campagne électorale[82] avec son homologue chypriote turc, Mehmet Ali Talat, les deux hommes sont des interlocuteurs qui se connaissent depuis longtemps et qui partagent la même idéologie en faveur d’une réunification de l’île[82]. Cependant, les données et les problèmes restent les mêmes qu'en 2004, à ceci près que Chypre est rentrée dans l'Union européenne et que la situation internationale est devenue plus complexe[79].

Dans un rapport, daté de mai 2010, de l'envoyé spécial de l'ONU, Alexander Downer[Note 25], il est fait état du changement de position du dirigeant chypriote turc, Derviş Eroğlu ; passant d'une solution à deux États à celle d'un seul État fédéral unifié, comme le propose les médiateurs européens et onusiens[83].

Soutenu par le gouvernement d'Ankara et par les « colons turcs » ; Eroglu prônait jusqu'alors une solution négociée de « partenariat de deux États souverains »[84], conservant, de fait, la souveraineté chypriote turque sur la partie Nord de l'île, mais permettant de réunifier sur de nombreux points les deux entités (liberté de mouvements, ouverture des ports et aéroports, fin des restrictions imposées par l'Union européenne, développement économique…)[84].

Ce revirement de situation, constitue un espoir pour les deux populations chypriotes en faveur de ce rapprochement ; poursuivant ainsi et de manière inattendue, les efforts de son prédécesseur Mehmet Ali Talat. M. Downer, par son action d'inter-médiation a permis la rencontre de MM. Eroğlu et Christofias lors d'une réunion saluée par Ban Ki-moon, comme « un nouveau pas vers la réunification »[85]. Sa volonté de ne pas imposer le point de vue de l'ONU, par des contraintes de temps et de résultats, a permis de conclure la discussion sur une note positive puisque tous les points sur lesquels portaient la négociation sont arrivés à leur terme[85].

Sources

Bülent Ecevit en 2002.

Notes

  1. De jure, la République de Chypre englobe la totalité de l'île, des sièges du parlement chypriote sont réservés à la communauté turque et le turc est reconnu comme co-langue officielle.
    De facto, cela n'est pas appliqué et si la communauté des Chypriotes grecs représente la majorité ethnique de l'île, on ne peut pas parler d'une communauté chypriote homogène, fondée sur des caractères ethniques ou linguistiques communs.
  2. a, b, c, d et e Par le Traité de garantie, le Royaume-Uni, la Turquie et la Grèce deviennent les États garants de l'équilibre constitutionnel. Le traité accorde, en particulier, un droit d'intervention militaire, sous certaines conditions, aux trois puissances garantes, pour rétablir l'ordre constitutionnel si celui-ci venait à être modifié.
    (en)(fr) Texte officiel du Traité de garantie.
  3. La constitution garantit à la minorité chypriote turque un poids politique important (30 % des postes dans la fonction publique et 40 % dans la police) et un droit de véto sur les décisions du Parlement, en comparaison avec son poids démographique (18 % de la population). Selon la partie grecque, ces quotas se révèlent si disproportionnés que, durant la période 1960-1962, le nouvel État chypriote eut certaines difficultés à les remplir, par manque de candidats chypriotes turcs.
  4. Depuis l'élection de Makaros à la tête de l'état chypriote, les américains n'avaient pas apprécié sa tolérance et sa proximité avec les communistes chypriotes, ni sa politique de non-alignement, ni son appel à l'aide soviétique en 1964 ; ils voyaient dans son régime un « futur Cuba de la méditerranée ».
  5. Créateur de l'EOKA en 1955 et commandant de la garde nationale chypriote après l'indépendance de l'île ; il lutta en Grèce contre les communistes et à Chypre pour l'indépendance de son île et la souveraineté des Chypriotes grecs.
  6. Organisation généralement classée comme terroriste, visant à l'unité de l'île, et opposée aux négociations inter-communautaires soutenues par l'ONU, la junte militaire d'Athènes et la Turquie. Son nom est une référence à l'EOKA dissoute en 1959.
  7. « Les forces armées turques ont commencé à atterrir à Chypre. Que cette opération soit favorable à notre nation et à tous les Chypriotes. Nous pensons qu'en agissant de cette manière, nous aurons rendu un grand service à l'humanité tout entière et à la paix. J'espère que nos forces ne rencontreront aucune résistance et qu'un affrontement sanglant sera évité. Nous allons en fait apporter la paix et non la guerre sur l'île, et pas seulement pour les Turcs mais aussi pour les Grecs. Nous avons dû prendre cette décision suite à l'épuisement de tous les recours diplomatiques et politiques. Je tiens à exprimer ma gratitude à mes amis et alliés, en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont affiché leurs intentions et engagé leurs efforts afin que le différend puisse être réglé par des méthodes diplomatiques. »

    — Allocution de M.Bülent Ecevit, premier ministre turc, Radio Ankara, le 20 juillet 1974.

  8. Informations basées sur les données officielles du haut commandement de la garde nationale chypriote : (he) Site officiel de la garde nationale chypriote.
  9. Pertes recensées après la fin des opérations turques.
  10. Les Nations unies contrôlent ainsi de jure, 1 % de l'île de Chypre.
  11. Les minorités ne représentent que 5% de la population de la partie grecque.
  12. [En 2009, près des deux tiers des exportations de la RTCN se faisait avec la Turquie.]
  13. Le déficit public de la RTCN est élevé (environ 20 % du PIB en 1999) et est en partie financé par les aides turques, de l'ordre de 20 % du PIB par an, ce qui permet de couvrir environ 40 % des dépenses publiques.
  14. Les forces armées turques constituaient encore une force de 35 000 soldats protégeant la République turque de Chypre du Nord ; et le plan Annan ne préconisait pas démilitarisation totale de l'île.
  15. Les Chypriotes turcs accusent un retard de développement, un fort taux de chômage et un niveau de vie moins élevé que leurs voisins grecs.
  16. On parle aujourd'hui de chiffres compris entre 30 000 et 115 000 colons selon les sources : presse, agences gouvernementales chypriotes, turques, européennes.
  17. « Le peuple sait parfaitement que les forces de police ne dépendent pas du pouvoir exécutif ; que les forces de sécurité ne dépendent pas du ministère de la Défense ; que les services de la radio et de la télévision ne sont pas autonomes et qu’un conseiller de l’ambassade turque participe aux réunions du Conseil des Ministres. »

    — Allocution de M.Özker Özgür, politicien chypriote turque, en 1974.

  18. a et b Voir les parties concernées dans l’article : Liste des pays du monde.
  19. Chypre est le seul pays du Moyen-Orient dont la population soit à majorité orthodoxe.
  20. La Russie a elle même des problèmes de territoires aspirant à une indépendance politique vis-à-vis de Moscou.
  21. Les groupes de travail porteront sur les questions de gouvernance, de partage du pouvoir, des propriétés, de l’économie, des affaires liées à l’Union européenne ainsi que la sécurité du territoire.
    Les comités techniques travailleront sur l’environnement, la santé, les questions humanitaires, la gestion de la crise, l’héritage culturel, les questions économiques et commerciales ainsi que les questions relatives à la criminalité.
  22. On peut citer le président russe, Dimitri Medvedev, le ministre slovaque de la Défense, Lubomir Galko ou le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon.
  23. « Une fédération bi-communale et bizonale basée sur l'égalité politique, comme défini dans les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. »

    — Citation de M. Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies, 30 octobre 2010.

  24. « Les pourparlers ne peuvent durer éternellement et j’espère qu’on ne manquera pas l’opportunité d’un référendum à cause d’un échec des négociations. »

    — Citation de M.Abdullah Gül, président turc, 19 juin 2010.

  25. « Ceci est un accord à la portée des dirigeants, mais la question est de savoir si le peuple veut, ou non [d'une réunification], et non seulement les dirigeants. »

    — Citation de M. Alexander Downer, envoyé spécial de l'ONU, 5 juin 2010.

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Annexes

Articles connexes

Liens externes



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  • chypre — [ ʃipr ] n. m. • 1771; du nom de l île de Chypre ♦ Parfum à base de bergamote et de santal Adj. CHYPRÉ, ÉE . Chypre (en grec Kipriakê Dêmokratia; en turc Kibris Cumhuriyeti) état insulaire de la Médit. orientale dont le Nord a fait sécession (… …   Encyclopédie Universelle


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