Liste de locutions latines


Liste de locutions latines


Cet article contient une liste de locutions latines présentée par ordre alphabétique.

Pour des explications morphologiques et linguistiques générales, consulter l'article : Expression latine.

Sommaire

 A   B   C   D   E   F   G   H   I   L   M   N   O   P   Q   R   S   T   U   V 

Références

A

A bene placito 
« À votre bon cœur ; selon votre bon plaisir. »
A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto 
« Prends garde au bœuf par devant, à l'âne par derrière, à l'imbécile par tous les côtés. »
A bove majore discit arare minor 
« Du vieux bœuf, le jeune bœuf apprend à labourer. »
A cælo usque ad centrum 
« Du ciel au centre (de la Terre). » Principe de droit selon lequel Cuius est solum eius est usque ad coelum et ad inferos : « Au propriétaire du sol revient tout ce qui est jusqu'au ciel et tout ce qui est jusqu'au centre de la Terre. » Ce principe est toujours appliqué aux États-Unis mais n'est pas valable en France, par exemple.
A cane non magno sæpe tenetur aper 
« Souvent le sanglier est arrêté par le petit chien. » Ovide, Remèdes à l'amour, 422.
A capite ad calcem 
« De la tête au talon ; de haut en bas. » En français, la locution correspondante est « De la tête aux pieds. » Voir A pedibus usque ad caput.
A contrario 
« À l'inverse. » D'une forme similaire, mais d'hypothèse et de conclusion inverses (pour un raisonnement). Traduit parfois improprement par “au contraire”.
A Deucalione 
« Depuis Deucalion ; au temps de Deucalion. » Depuis très longtemps ; dans un temps très ancien. Gaius Lucilius, Satires, 6, 284.
A divinis 
« Hors des choses divines. » Un prêtre suspendu a divinis ne peut plus dire la messe.
A falsis principiis proficisci 
« Qui résulte de principes faux. » Terme de droit romain. Voir Cicéron, De finibus, 4, 53.
A fluctibus opes 
« La richesse vient de la mer. » Devise de Sarzeau, commune française du Morbihan, en Bretagne.
A fortiori 
« À plus forte raison. » Introduit dans un raisonnement un argument plus fort que le précédent.
A latere 
« À côté ; auprès. » Cardinal a latere : cardinal plénipotentiaire envoyé extraordinaire du pape auprès d'un souverain, d'un État, d'une institution.
A mari usque ad mare 
« Depuis la mer jusqu'à la mer. » Devise du Canada ; traduction officielle : "D'un océan à l'autre". Locution tirée du Livre des Psaumes, 72, 8.
A minima 
« Du plus petit. » Plus petite valeur que prend, que doit prendre ou que devrait prendre une grandeur. En droit, lorsque le ministère public trouve le châtiment trop peu sévère, il a le droit d'en appeler a minima, c'est-à-dire d'une peine trop légère.
A mundo condito 
« Depuis la création du monde. »
A parte 
« À part ; aparté. » Dans une pièce de théâtre, paroles que prononce un personnage à part des autres personnages, à l'intention du public. L’aparté est très utilisé dans le vaudeville.
A pedibus usque ad caput 
« Des pieds à la tête. » En français, la locution correspondante est "De la tête aux pieds." Voir aussi A capite ad calcem.
A posse ad esse non valet consequentia 
« De la possibilité d'une chose on ne doit pas conclure à son existence. » Formule de rhétorique scolastique abrégée de la formule Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia.
A posteriori 
« En partant des données de l'expérience. » Voir aussi Ex-post.
A priori 
« Au premier abord ; avant toute expérience. » Voir aussi Ex-ante.
A quia 
« À… parce que. » Lorsqu'un interlocuteur assène un argument auquel son contradicteur ne sait que répondre, celui-ci est "réduit a quia", c'est-à-dire à répéter "à… parce que… parce que…" Formule d’époque scolastique.
A silentio 
« Par le silence. » Voir Argumentum a silentio.
A.E.I.O.U. = Austria Est Imperare Orbi Universo 
« Il est donné à l'Autriche de commander au monde entier. » Devise des Habsbourg ; en allemand, la traduction Alles Erdreich Ist Oesterreich Untertan (« Tout, dans le Monde doit être soumis à l'Autriche ») permet de conserver l'abréviation formée de la succession des cinq voyelles de l'alphabet latin.
A.M.D.G. Ad Maiorem Dei Gloriam.
Ab abrupto 
« Brusquement ; sans préambule. » Voir Ex abrupto, plus fréquemment utilisé.
Ab absurdo 
« Par l'absurde. » Genre de raisonnement rhétorique ou mathématique consistant à prouver la fausseté d'une hypothèse en montrant qu'elle conduit nécessairement à des conséquences contradictoires ou absurdes.
Ab æterno 
« Depuis l'éternité. » C'est-à-dire "depuis des temps immémoriaux" ; « depuis l'origine des temps ». Souvent utilisé en théologie pour qualifier ce qui a été créé hors du temps, comme l'Univers.
Ab agendo 
« Hors d'état ; obsolescent ; retraité. »
Ab ante 
« À l'avance ; précédemment. »
Ab antiquo 
« Des temps anciens. »
Ab amicis honesta petamus 
« À un ami, on ne doit demander que ce dont il est capable. » Ciceron, De Amicitia, 13, 44.
Ab epistulis 
« Des lettres ; depuis la correspondance. »
Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia 
« De l'existence d'une chose on conclut à sa possibilité ; de la possibilité d'une chose, on ne peut conclure à son existence. » Formule scolastique. Voir : A posse ad esse non valet consequentia.
Ab extra 
« D'au-delà. » Terme de droit romain pour qualifier des motifs de droit extérieurs au cas jugé. Contraire : Ab intra.
Ab hinc 
ou Abhinc : « D'ici, de ce point de vue. »
Ab hoc et ab hac 
« De ci et de là. » C'est-à-dire “À tort et à travers.”
Ab igne ignem capere 
« Laisser prendre un feu à son feu. » Ciceron, Des devois, 1, 16, 52. Accorder normalement un service ; se comporter civilement. Voir ici le texte de Cicéron en contexte.
Ab imo pectore 
« Du fond du cœur. » Formule fréquente chez Virgile. Exemple d'emploi : Fundique preces rex pectore ab imo : « Le roi tire ces prières du fond de son cœur. » Virgile, l’Énéide, 6, 55.
Ab inconvenienti 
« Fondé sur l'inaptitude. » Latin moderne. En droit anglo-saxon, désigne un argument qui montre que la ligne suivie par l'adversaire conduit à des contradictions ou à des inconvénients qui la disqualifient.
Ab incunabulis 
« Depuis le berceau ; depuis l'enfance. »
Ab initio 
« Depuis le début. »
Ab intestat 
« Sans testament. » L'héritier d'une personne morte ab intestat, sans testament, est appelé “l'héritier ab intestat.”
Ab irato 
« Par la colère ; dans un mouvement de colère. »
Ab Jove principium 
« Commençons par Jupiter. » Virgile, Les Bucoliques, 3, 60. Locution équivalente en français : “À tout seigneur tout honneur.”
Ab origine fidelis 
« Fidèle à ses origines. Ne pas oublier d'où l'on vient. » Voir aussi Semper fidelis.
Ab ovo 
« Depuis l'œuf. » C'est-à-dire : « Depuis l'origine. » Horace, Art poétique, 147. Allusion aux long enchaînement d'événements ayant conduit à la chute de Troie depuis l'œuf dont Hélène était issue. Même sens que “Remonter au Déluge.”
Ab ovo usque ad mala 
« De l'œuf aux pommes ; du début à la fin. » Les repas romains commençaient souvent par des œufs et finissaient par des fruits.
Ab uno disce omnes 
« Et qu'un seul vous apprenne à les connaître tous. » Virgile, l'Énéide, 2, 65. Énée, rappelant la perfidie du Grec Sinon qui permit l'entrée dans Troie du fameux cheval, prévient ses interlocuteurs contre la duplicité de tous les Grecs. Employé en mauvaise part lorsqu'il s'agit de juger un groupe, un peuple d'après les méfaits d'un seul individu.
Ab urbe condita 
« Depuis la fondation de la Ville », c'est-à-dire de Rome. S'abrège en AUC. Par convention fixée au 21 avril de l'an 753 av. J.-C.. Une année AUC s'obtient en ajoutant 753 au millésime de l'ère commune. Ainsi, l'an 1 de l'ère commune est l'an 754 AUC.
Aberatio ictus 
« Coup qui n'atteint pas le but visé. » Adage juridique. Si l'action est légitime mais qu'elle entraîne des dommages par inadvertance, la responsabilité de l'auteur est engagée.
Abistis, dulces caricæ 
« Vous êtes finies, douces figues. » Pétrone, Satyricon, 64. Comprendre : « Les beaux jours s'en sont allés ! »
Abrogata lege abrogante non reviviscit lex abrogata 
« Une loi qui a été abrogée ne renaît pas du seul fait de l’abrogation de la loi abrogative. » Adage juridique..
Absens hæres non erit 
« L'absent n'héritera pas. » En français, sous une forme plus faible : "Loin des yeux, loin du cœur".
Absentem lædit, qui cum ebrio litigat 
« Celui qui se querelle avec un ivrogne frappe un absent. » Publius Syrus, Sentences.
Absit invidia (verbo) 
« Qu'il n'y ait pas d'impopularité contre ce mot. » C'est-à-dire : “Sans offenser personne”, ou plus exactement : “Que l'on soit impartial”. Tite-Live, Histoire romaine, 9, 19, 15. Voir ici le texte source.
Absit omen 
« Que cela ne soit pas une malédiction ; n'appelle pas le mal. » Emploi faible : « Que cela ne soit pas un outrage ; une injure. » Cette formule ne relève pas du latin classique ; elle est certainement plus récente, peut-être médiévale.
Absit reverentia vero 
« Ne craignons pas de dire la vérité. » Ovide, Les Héroïdes, 5, 12. Voir ici le contexte.
Absolutum dominium 
« Pouvoir, souveraineté absolu. »
Abstulit qui dedit 
« Est ôté ce qui est donné. » Équivalents français : “Donner, c'est donner”, ou “Donner, c'est donner ; reprendre, c'est voler.”
Absque argento omnia vana 
« Sans argent, tout effort est vain. »
Abundans cautela non nocet 
« L'excès de prudence ne peut nuire. » Locution proverbiale. En français : “On n'est jamais trop prudent” ou “Prudence est mère de Sureté”.
Abusus non tollit usum 
« L'abus n'exclut pas l'usage. » Principe de droit romain signifiant que l'abus que l'on peut faire d'une chose ne doit pas conduire à en proscrire l'usage.
Abyssus abyssum invocat 
« L'abîme appelle l'abîme. » Psaumes, 42, 8. Signifie qu'un malheur entraîne un autre malheur, mais surtout qu'une faute entraîne une autre faute qui s'ensuit inéluctablement.
Accessorium sequitur principale 
« L'accessoire suit le régime juridique du principal. » Adage juridique.
Accipe quam primum, brevis est occasio lucri 
« Agis de suite, les chances de réussite durent peu. » En français : “Il faut frapper tant que le fer est chaud”.
Acta fabula est 
ou Acta est fabula « La pièce est jouée. » Dernières paroles d'Auguste. C'est ainsi que, dans le théâtre antique, on annonçait la fin de la représentation. “La farce est jouée” aurait dit aussi Rabelais sur son lit de mort.
Acta sanctorum 
« Actes des Saints. » ou, au singulier, Acta Sancti « Actes du Saint. » Titre fréquent de textes hagiographiques.
Actibus immensis urbs fulget massiliensis 
« La ville de Marseille brille par ses hauts faits. » Devise de la ville de Marseille.
Actio personalis moritur cum persona 
« Une action liée à la personne meurt avec elle. » Adage juridique.
Actore non probante, reus absolvitur 
« Si le demandeur n’apporte pas la preuve qui lui incombe, le défendeur doit être relaxé. » Adage juridique. Variante de Actori incumbit probatio.
Actori incumbit probatio 
« C'est au demandeur de prouver ses allégations. » Adage juridique. Variante de Actore non probante, reus absolvitur.
Actum est de republica 
« C'en est fait de la République. » [réf. nécessaire])
Actus dicatur bonus qui est conformis legi et rationi 
« Un acte est dit bon lorsqu'il est conforme à la loi et à la raison. » Adage juridique.
Ad arbitrium 
« À volonté, selon le bon plaisir. » Voir Ad libitum.
Ad astra 
« Jusqu'aux cieux. » Dans l’Énéide, 9, 641, Virgile fait dire à Apollon s'adressant au jeune Ascagne : Macte nova virtute, puer, sic itur ad astra ! : « Honneur à ton jeune courage, enfant, c'est ainsi qu'on atteint les cieux. » L'expression figure dans la devise de nombreuses universités anglo-saxonnes, signifiant que l'université mènera jusqu'aux cieux (jusqu'aux sommets) les étudiants qui feront preuve de courage. Voir aussi Sic itur ad astra et Per aspera ad astra.
Ad augusta per angusta 
« Vers les sommets par des chemins étroits. ». La gloire ne s'acquiert pas facilement. Mot de passe des conjurés d’Hernani de Victor Hugo, acte IV.
Ad gloriam 
« Pour la gloire. » Travailler "pour la gloire” c'est travailler gratuitement, pour l'estime que cela rapporte. Voir aussi Ad honores.
Ad hoc 
« À cet effet ; qui convient. » Argument ad hoc : argument forgé précisément (et, généralement, de mauvaise foi) pour contrer une objection. Commission ad hoc : constituée spécialement pour examiner un sujet précis.
Ad hominem 
« Contre la personne. » Argument ad hominem : dans une controverse, argumentation rhétorique consistant à s'en prendre à son contradicteur (à sa logique, à sa bonne foi, à son honnêteté, à son intelligence, etc.) Voir : Schoppenhauer, L'Art d'avoir toujours raison.
Ad honorem 
« Pour l'honneur. » Qualifie un diplôme, une médaille, un titre remis “pour l'honneur”, en récompense des services rendus, sans qu'il soit question d'argent.
Ad honores 
« Pour les honneurs ; gracieusement. » Un président d'association exerce généralement ses fonctions ad honores. Voir aussi Ad gloriam.
Ad impossibilia nemo tenetur 
« À l'impossible nul n'est tenu. »
Ad infinitum 
« À l'infini ; indéfiniment. » Utilisé pour dire “continuer toujours, indéfiniment” et pour décrire, entre autres, un processus indéfini, un processus répété indéfiniment, un jeu d'instructions de programme à répéter à l'infini. Voir aussi et coetera.
Ad interim 
« Pour l'instant. » Locution française courante : “par intérim”.
Ad kalendas græcas 
« Aux calendes grecques. » Les calendes sont propres au calendrier romain ; il n'y a pas de calendes grecques ; renvoyer aux calendes grecques, c'est donc renvoyer à la Saint Glinglin.
Ad libitum 
« Au choix ; à volonté. » Abrégé en : ad lib. Utilisé (en abrégé) dans les partitions musicales pour dire que l'interprète peut reprendre le motif ou la note et poursuivre à volonté.
Ad litteram 
« À la lettre. » Indique que des propos, des écrits, sont rapportés exactement.
Ad lucem 
« Pour la lumière. » Devise de l'Université de Lisbonne.
Ad maiorem Dei gloriam 
(écrit aussi Ad majorem Dei gloriam) : « Pour la plus grande gloire de Dieu. » (Souvent abrégée en A.M.D.G.). Devise de la Compagnie de Jésus.
Ad multos annos ! 
« Pour de nombreuses années ! » Vœu prononcé lors d'une fête d'anniversaire.
Ad nauseam 
« Jusqu'à la nausée. » Voir, entre autres exemples d'emploi : Argumentum ad nauseam.
Ad oculos 
« Selon les yeux. » Témoin ad oculos : témoin “oculaire”.
Ad patres 
« Auprès des ancêtres. » Envoyer ad patres signifie ironiquement “tuer”.
Ad pedem litteræ 
« Au pied de la lettre. » Exactement, littéralement, au premier degré.
Ad perpetuam rei gloriam 
« À la gloire éternelle de la chose. » Formule initiale des bulles papales qui énoncent la doctrine de l'Église sur un point de controverse qui lui a été soumis.
Ad rem 
« À la chose ; telle qu'est la chose. » C'est-à-dire : nettement, catégoriquement, sans détour, sans ambages.
Ad undas 
« Aux vagues ; aux flots. » Virgile, l'Énéide, 4, 253-256. S'emploie lorsque, suite à un échec, tout est à jeter "aux flots". (Expression très populaire en Norvège.) Voir ici le texte de Virgile.
Ad unguem 
« Sur l'ongle. » Horace, Art poétique, 294. Métaphore tirée de l'usage des ouvriers passant l'ongle sur le marbre pour s'assurer de son parfait poli. En français : “Parfaitement, au plus près”, ou mieux, familièrement : “Au petit poil.”
Ad usum Delphini 
« À l'usage du Dauphin. » Initialement : éditions des auteurs anciens à l'usage du Dauphin, fils de Louis XIV, soigneusement expurgés des passages qui ne respectaient pas la plus stricte chasteté. Ironiquement : tous les ouvrages épurés et, par extension, toutes les publications arrangées pour les besoins de la cause.
Ad valorem 
« Selon la valeur. » Dans l'ancien droit fiscal, les marchandises pouvaient être imposées selon leur nature, indépendamment de leur valeur ; on parlait de “droit spécifique” ; par exemple, les ferrailles étaient imposées tant la tonne, quelle que soit leur valeur marchande. On parle de taxe ad valorem si ces ferrailles sont imposées à tant % de leur valeur marchande. Les taxations modernes sont généralement ad valorem.
Ad victoriam ! 
« Vers la victoire ! » Plus généralement traduit : « Pour la victoire ! » Cri de guerre des soldats romains .
Ad vitam æternam 
« Vers la vie éternelle ; vers l'éternité. » Formule extraite du Credo, prière chrétienne (voir ici). Le sens donné dans le langage courant (pour l'éternité) est une approximation du sens latin ; voir In vitam æternam.
Adæquatio intellectus et rei 
« Adéquation de l'esprit à la chose. » Une des définitions de la vérité : lorsque l'esprit a la même forme que la réalité alors il pense la vérité. On trouve aussi Adæquatio rei et intellectus.
Adæquatio intellectus nostri cum re 
« Correspondance de notre pensée avec les faits. » Formule épistémologique relative à la nature de la connaissance.
Adde parvum parvo magnus acervus erit 
« Ajoute peu à peu et tu auras beaucoup. » Ovide, Les Tristes, 1, 9, 5-6. Autrement dit : "Petit à petit, l'oiseau fait son nid" ou bien "Un sou, c'est un sou".
Addendum 
(pluriel addenda) : « Chose(s) à ajouter. »
Adeo in teneris consuescere multum est 
« Tant de nos premiers ans l'habitude a de force ! » Quintilien, Les institutions oratoires, 1, 3, 13. "L'éducation fondamenale est essentielle à la formation du caractère." Voir ici le texte original de Quintillien.
Adhuc tua messis in herba est 
« La moisson ne fait encore que poindre. » Ovide, Les Héroïdes, 17, 263. "Ne te presse pas trop d'espérer".
Adhuc sub judice lis est 
« Le procès est encore devant le juge. » Abréviation du vers Grammatici certant et adhuc sub judice lis est, Horace, Art poétique, 78. Voir le contexte ici.
Adsum 
« Je suis ici. » Équivalent de "Présent !" ou "Ici !". Contraire : Absum « Absent. »
Adversus periculum naturalis ratio permittit se defendere 
« Face au danger, la raison naturelle permet de se défendre. » Gaïus. Adage juridique.
Adversus solem ne loquitor 
« Ne parle pas contre le Soleil. » Ne défend pas une cause évidemment fausse.
Ægroto dum anima est, spes est 
« Tant que le malade a un souffle, il y a de l'espoir. » Erasme, Adages, 2, 4, 12.
Æquam memento servare mentem 
« N'oublie jamais de garder une âme toujours égale. » Horace, Odes, 2, 3, 1.
Æquo pulsat pede 
« La mort frappe d'un pied indifférent. » Horace, Odes, 1, 4, 13. Abréviation du vers : Pallida Mors æquo pulsat pede pauperum tabernas regumque turris. : « La pâle Mort frappe d'un pied égal les tavernes des pauvres et les tours des rois. » Horace invite son ami Sestius à jouir de l'heure présente. Voir Carpe diem.
Ære perennius exegi monumentum 
« J'ai érigé un monument plus durable que l'airain. » Voir : Exegi monumentum ære perennius.
Æs triplex 
« Triple airain. » Horace, Odes, 1, 3, 9, pour qualifier le courage. Voir le texte ici.
Ætatis suæ 
« Dans l'âge de… » Figure sur les sépultures, sous les portraits pour indiquer l'âge à auquel la personne en décédée, figurée. Abrégé en ætat. ou æt. Exemple : ÆT. XXXVI « Âgé de 36 ans. »
Æternum vale 
« Adieu éternel. » Ovide, Métamorphoses, 10, 60. Mots d'Eurydice lorsqu'elle meurt une seconde fois à la sortie du Tartare après qu'Orphée a levé les yeux sur elle. Le texte exact est : supremumque 'vale', quod iam vix auribus ille acciperet, dixit revolutaque rursus eodem est. « Elle lui dit un suprême 'adieu' qu'il entendit à peine, et elle rentra dans les abîmes du trépas. »
Ævo rarissima nostro simplicitas 
« La simplicité, si rare de nos jours. » Ovide, L'Art d'aimer, 1, 241-242.
Affidavit 
« Il a juré. » Terme de droit médiéval. Personne qui a juré fidélité envers une autre personne, une institution, un règlement, etc… (Dérivé en français, souvent pris en mauvaise part : affidé).
Affirmanti incumbit probatio 
« La preuve incombe à celui qui allègue. » Adage juridique.
Age quod agis ! 
« Fais ce que tu fais ! » C'est-à-dire : “Tiens toi à ce que tu fais.” On dit en français “On ne peut pas être à la foire et au moulin” ou “Quand on chasse deux lièvres à la fois, on risque de n'en prendre aucun.”
Agenda 
« Choses à faire. » Du verbe latin ago : « j'agis, je fais. »
Agere sequitur (esse) 
« L'action suit l'existence. » Principe métaphysique et moral qui indique les lien entre ontologie, responsabilité et éthique.
Agnosco veteris vestigia flammæ 
« Je reconnais la trace de mes premiers feux. » Virgile, l’Énéide, 4, 5, 23. Aveu par Didon de son amour pour Énée, où elle reconnaît la passion qu'elle avait éprouvée pour son premier époux Sachée. Vers repris par Racine : “De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace.” (Racine, Andromaque, Acte I, scène 1, Oreste.)
Agnus Dei 
« Agneau du Seigneur. » Bible, Évangile de Jean, 1, 36. Désignant Jésus, Jean le Baptiste proclame : Ecce Agnus Dei « Voici l'agneau de Dieu », pour signifier l'innocence et la victime du sacrifice.
Ait praetor : si non habebunt advocatum, ego dabo 
« Le préteur dit : à ceux qui n’auront pas d’avocat, j’en donnerai un. » Adage juridique.
Albo lapillo diem notare 
« Marquer un jour d'une pierre blanche. » Le blanc était chez les Romains marque de bonheur, le noir de malheur.
Alea jacta est 
« Les dés sont jetés ! » On traduit souvent par “le sort en est jeté”, ce qui n'a aucun sens. Parole de Jules César franchissant le Rubicon, (Suétone, César, 32). (Les lois de la République proscrivaient qu'un général franchisse le Rubicon avec une troupe armée.) Selon Plutarque, César aurait en fait prononcé ces mots en grec : “Ἀνερρίφθω κύβος”.
Aliam vitam, alio mores 
« Autre vie, autres mœurs. » Plus souvent traduit par "Autres temps, autres mœurs". Voir aussi : O tempora, o mores.
Alias 
« À un autre moment, ailleurs. » Synonyme moderne de "pseudonyme". Plus précisément, aujourd'hui : nom utilisé en d'autres temps, ailleurs. Renvoie à un autre nom plutôt qu'à un alter ego, un "autre moi".
Alibi 
« Ailleurs. » En langage juridique : preuve qu'un personne se trouvait ailleurs au moment des faits évoqués.
Aliis si licet, tibi non licet 
« Que d'autres aient un droit ne veut pas dire que tu l'aies. » Térence, L'Héautontimorouménos, 4, 15, 49.
Aliquid stat pro aliquo 
« Une chose tient lieu d'une autre. » Principe fondamental de la sémiotique.
Aliquis non debet esse judex in propria causa 
« Nul ne peut être juge dans sa propre cause. » Adage juridique.
Alis aquilæ 
« Sur les ailes de l'aigle. » Bible, Livre d'Isaïe, 40. Voir ici le texte original.
Aliud est celare, aliud tacere 
« Cacher est une chose, taire en est une autre. » Adage juridique.
Alius et idem 
« Autre chose et la même chose. » Une meilleure traduction relève du français familier : "Plus ça change, plus c'est la même chose".
Alma mater 
« Mère nourricière. » Désigne couramment, dans les pays anglo-saxons, l'université dont on est issu.
Alma parens 
« Mère nourricière. » Voir Alma mater.
Alpha et Omega 
« Alpha et Oméga. » “Du commencement à la Fin”, alpha est la première lettre de l'alphabet grec et oméga la dernière. Apocalypse de Jean, 22, 13 : “Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin."
Alta alatis patent 
« Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes. » [réf. nécessaire].
Alter ego 
« Un autre moi-même. »
Alterius non sit, qui potest esse sui 
« Qu'il se garde d'appartenir à un autre, celui qui peut être lui-même. » Devise de Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse. La formule, improprement attribuée à Cicéron serait due d'abord à Ésope dans la fable Les grenouilles qui demandent un roi.
Alterum non lædere 
« Ne pas blesser autrui. » L'un des trois principes de droit de Justinien Ier.
Alumnus 
« Pupille. » Aux États-Unis : Ancien élève d'une institution d'enseignement, d'un collège, d'une université.
Alumni 
Pluriel de Alumnus.
Ama nesciri 
« Aimez être inconnu et ne compter pour rien. » Imitation de Jésus-Christ, 2, 3.
Amant alterna camenæ 
« Les Muses aiment les chants de deux voix qui s'alternent. » Virgile, Les Bucoliques, 3, 59. Pour défendre une thèse, il est plus agréable d'entendre plusieurs interlocuteurs qui alternent le ton, le style, les thèses et les arguments.
Amare et sapere vix deo conceditur 
« Aimer et demeurer sage, même un dieu le pourrait à peine. » Publius Syrus, Sentences.
Ambitiosa recidet ornamenta 
« Il retranchera les ornements pompeux. » Horace, Art poétique, 447. Selon Horace, le bon critique doit conseiller à son ami de supprimer de son œuvre les parties faibles, dures ou affectées et de “retrancher les ornements pompeux”.
Amici, diem perdidi 
« Amis, j'ai perdu ma journée. » Suétone, Vie de Titus, 8, 1. Formule de Titus, selon Suétone, pour qualifier une journée ou il n'avait pas fait le bien.
Amicus certus in re incerta cernitur 
« C'est dans le malheur qu'on reconnaît ses amis. » Phrase du poète latin Ennius, rapportée par Cicéron dans De l'amitié, 64, 8. C'est la traduction latine d'une maxime de Ménandre[réf. nécessaire] : “Κρίνει φίλους ὁ καιρός.” « C'est aux circonstances de la vie qu'on connaît ses amis. »
Amicus humani generis 
« Ami du genre humain ; philanthrope. »
Amicus optima vitæ possessio 
« Un ami est le plus grand trèsor de la vie. » Devise de l'empereur Albert de Habsbourg.
Amicus Plato, sed magis amica veritas 
« J'aime Platon, mais j'aime mieux la vérité. » Locution latine traduite du grec "Φίλος μεν Πλάτων, φιλτέρα δε ἀλήθεια" Aristote, Éthique à Nicomaque, 1, 4. Il ne suffit pas qu'une opinion soit celle d'un maître, encore faut-il qu'elle soit conforme à la vérité.
Amor et melle et felle fecundissimus es 
« L'amour est fécond en miel et en venin. »
Amor fati 
« Aime ta destinée. » Devise proclamée de Nietzsche entre autres dans Le Gai Savoir et dans Ecce Homo : Selon Nietzsche, tout ce qui advient à chacun, en bien ou en mal, est une étape de son propre accomplissement.
Amor mundum fecit 
« L'amour a fait le monde. »
Amor omnibus idem 
« L'amour est le même pour tous. » Phrase complète : Omne adeo genus in terris hominumque ferarumque et genus æquoreum, pecudes pictæque uolucres, in furias ignemque ruunt: amor omnibus idem. , « Oui, toute la race sur terre et des hommes et des bêtes, ainsi que la race marine, les troupeaux, les oiseaux peints de mille couleurs, se ruent à ces furies et à ce feu: l'amour est le même pour tous. » Virgile, Géorgiques, 3, 244.
Amor patitur moras 
« L'amour est patient. » Imitation peu sensée de Odit verus amor nec patitur moras.
Amor patriæ nostra lex 
« L'amour de la patrie est notre loi. » Devise des hussards ailés polonais, inscrite au fronton de la bibliothèque Krasiński à Varsovie.
Amor tussisque non celatur 
« L'amour et la toux ne se peuvent celer. »
Amor vincit omnia 
« L'amour est toujours vainqueur. » Généralement cité sous cette forme ; l'original est Omnia vincit amor, Virgile, Bucoliques, 10, 69. Voir aussi Labor omnia vincit improbus.
Amore, more, ore, re 
« L'amour, les mœurs, les paroles, les actes. » Formule abrégée de Verus amicus amore more ore re cognoscitur : « Le véritable ami se reconnaît a son amour, ses manières, ses paroles, ses actes. ». La formule est très fréquemment attribuée à Virgile, mais sans aucune référence précise. En fait, l'exploration systématique des textes vigiliens ne permet pas de découvrir cette locution ; de nombreux arguments (Voir ici) conduisent à conclure que l'auteur n'en est certainement pas un classique latin et qu'elle est selon toute vraisemblance très postérieure, probablement médiévale. Exit, donc, la référence à Virgile.
An nescis, mi fili, quantilla prudentia mundus regatur 
« Tu ne sais pas, mon fils, avec combien peu de sagesse le monde est gouverné. » Axel Oxenstierna, lettre de 1648 à son fils. Parfois attribué aussi au Cardinal de Richelieu.
Anguis in herba 
« Le serpent est sous l'herbe. » Sous le charme et la beauté se cachent les déceptions et les chagrins. Sens voisin de “Méfiez-vous des apparences.”
Anima sana in corpore sano 
« Une âme saine dans un corps sain. » Voir Mens sana in corpore sano.
Animo deliberato 
« Délibérément. »
Animus imperat corpori 
« L'esprit commande au corps. » La phrase complète est Cur igitur Deus homini, animus imperat corpori, ratio libidini ceterisque uitiosis animi partibus ? : « Pourquoi donc Dieu commande-t-il à l'homme, l'âme au corps, la raison aux passions et à toutes les parties mauvaises de notre nature ? », Saint Augustin, La Cité de Dieu, 29, 24.
Animus meminisse horret 
« À ce souvenir, mon âme frémit d'horreur. » Virgile, l’Énéide, 2, 12. Cri que lance Énée alors qu'il commence le récit de la chute de Troie. Imité d'Homère : dans l’Odyssée, Ulysse commence par un cri semblable le récit de ses voyages.
Annibal ad portas 
« Hannibal est à nos portes. » Cri des Romains après la bataille de Cannes. Formule employée par Tite-Live, Florus, Juvénal, Valère-Maxime dans les moments de grand péril.
Anno Domini 
ou plus exactement Anno Domini Nostri Iesu Christi : « An du Seigneur ; An de notre Seigneur Jésus-Christ », abrégé AD par les anglo-saxons. Cette indication des années étant utilisée dans les cultures non chrétiennes, on utilise aussi la notion d'ère commune, abrégée EC ou CE (Common Era en anglais).
Annus horribilis 
« Année horrible. » Formule utilisée par la reine Elisabeth II pour décrire ce qu'elle avait vécu en 1992.
Annus mirabilis 
« Année merveilleuse. » Utilisé en référence à l'année 1665-1666 pendant laquelle Isaac Newton fit de nombreuses découvertes ; la locution fait également référence au poème de John Dryden, écrit à la même période.
Ante cibum 
« Avant la nourriture. » Locution médicale indiquant qu'un médicament doit être pris avant de manger (quel que soit le repas). Voir Ante prandium.
Ante litteram 
« Avant la lettre. » Locution employée pour dire qu'on utilise, pour décrire une situation passée, un mot ou une expression anachronique.
Ante domino 
ou plus exactement Ante domino nostro Iesu Christo « Avant notre seigneur Jésus Christ. » Spécifie les années avant l'ère commune. Abrégé av. JC en français, 'BC (« Before Christ ») par les anglo-saxons, AEC ("avant l'ère commune") dans les écrits attachés à la neutralité de point de vue.
Ante meridiem 
« Avant midi. » Les heures de minuit à midi. Dans les pays anglo-saxons qui utilisent la notation horaire sur douze heures on distingue les heures avant midi (de 0h00 à 12h00) par l'abréviation AM - "ante meridiem" des heures après midi (de 12h00 à 24h00) par l'abréviation PM - Post meridiem.
Ante mortem 
« Avant la mort. » Voir Post mortem.
Ante prandium 
« Avant le déjeuner. » Avant le premier repas qui rompt le jeun de la nuit. Indication médicale spécifiant qu'un médicament doit être pris avant le premier repas qui rompt le jeun. Voir Ante cibum ; voir aussi Post prandium.
Aperietur vobis 
« On vous ouvrira. » Bible, Évangile de Matthieu, 7, 7-8. “Demandez et on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira.”
Aperto libro 
« À livre ouvert. ». Au Moyen-Âge, une personne capable de lire aperto libro un écrit d'un auteur ancien était non seulement capable de le déchiffrer mais aussi d'en comprendre les sens historique, philosophique et le sens caché. Un lecteur aperto libro est donc un lecteur d'une grande culture. « Racine lisait le grec aperto libro. »
Aperit et nemo claudit 
« Elle ouvre et personne ne ferme. » Devise de la ville de Saint-Nazaire. Cette devise tient à la situation de Saint-Nazaire qui ouvre le chenal conduisant au port de Nantes.
Apparatus criticus 
« Outils de la critique ; appareil critique. » Ensemble des outils philologiques : notes ; commentaires ; notices historiques, biographiques, sociales ; lexiques ; cartes ; index, etc. qui accompagnent un texte dans le but de sa complète compréhension.
Aqua et igne interdictus 
« Interdit d'eau et de feu. » Formule de droit romain signifiant le bannissement.
Aqua fortis 
« Eau forte. » Acide nitrique.
Aqua regia 
« Eau régale. » Nom donné par les alchimistes à un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique.
Aqua vitæ 
« Eau de vie. »
Aquila non capit muscas 
« L'aigle n'attrape pas les mouches. » Érasme, Adages, 3, 2, 65. Signifie : « L'élite ne s'occupe pas des détails. » Pour le même sens, voir De minimis non curat prætor.
Arbiter elegantiarum 
« Arbitre des élégances ». Personne admise comme juge en matière de goût et de manières. Le titre fut attribué à Pétrone dans la Rome décadente.
Arcades ambo 
« Arcadiens tous deux. » Virgile, Les Bucoliques, 7, met en scène deux aulètes, ambo florentes selatibus, Arcades ambo, « tous deux jeunes, Arcadiens tous deux. » L'Arcadie était connue pour ses ânes. Cette formule est utilisée pour désigner deux sots ou un couple prêtant à la plaisanterie.
Arguendo 
« Pour en discuter. » Terme de rhétorique signifiant que l'on concède un point seulement pour en discuter : "Supposons, arguendo, que vous ayez raison."
Argumentum a silentio 
« Argument du silence. » Raisonnement fallacieux qui consiste à accuser son interlocuteur de l'ignorance d'un sujet parce qu'il se tait là-dessus. On trouve aussi l'expression Argumentum ex silentio.
Argumentum ad antiquitatem 
« Argument de la tradition. ». Raisonnement qui soutient que les idées plus traditionnelles valent mieux que les nouveautés.
Argumentum ad captandum 
« Argument pour surprendre, tromper. » La formule complète est Argumentum ad captandum vulgus : « Argument pour duper la foule. » En rhéthorique : Raison faussement évidente destinée à tromper les naïfs, le plus grand nombre. En français : “argument captieux”. D'usage courant chez les politiques.
Argumentum ad consequentiam 
« Argument par la conséquence. » En logique, consiste à démontrer que les prémisses, conduisant à des conséquences contradictoires ou évidemment érronées, sont par conséquent fausses ; c'est le raisonnement par l'absurde des mathématiciens. En rhétorique : discours fallacieux qui conclut à la vérité des prémisses selon que les conséquences sont ou non désirables. Cette sorte de discours s'adresse d'abord à la subjectivité des auditeurs.
Argumentum ad crumenam 
« Argument de la bourse ». La raison du plus riche, du plus populaire, du mieux doté…
Argumentum ad feminam 
« Argument à la femme. » Discours consistant à réfuter les arguments d'une femme à raison de son sexe. Exemples : “Chérie, tu es dans ta mauvaise période” ou “Ah ! voilà bien les femmes”. Néologisme latin forgé en 1963 à l'imitation de Ad hominem.
Argumentum ad hominem 
« Argument contre l'homme. » Voir Ad hominem.
Argumentum ad ignorantiam 
« Argument de l'ignorance. » Argument fallacieux consistant à conclure que les prémisses sont vraies puisqu'on n'a pas démontré la fausseté des conclusions (ou l'inverse). Ce type de raisonnement est logiquement erroné : de la fausseté (ou de l'indétermination) des conclusions, on ne peut rien dire des prémisses. Voir A posse ad esse non valet consequentia.
Argumentum ad judicium 
« Argument du sens commun. » Argument fallacieux où il est fait appel au sens commun et au jugement de la foule.
Argumentum ad lazarum 
« Argument de la pauvreté. » Consiste à poser qu'une raison est plus solide parce que celui qui la pose est pauvre, ou bien qu'il l'est moins parce que celui-ci est riche. D'après l'histoire du pauvre Lazare, Évangile de Luc 16, 19-31.
Argumentum ad logicam 
« Argument du sophisme. » Consiste à monter que le raisonnement de l'interlocuteur étant erroné, ses sont conclusions fausses. C'est un argument fallacieux, car un raisonnement erroné peut conduire à des conséquences vraies.
Argumentum ad metum 
« Argument de la peur. » Raisonnement fallacieux par lequel on tente d'obtenir l'approbation par l'évocation de menaces ou par la peur. D'un usage constant en politique. Voir aussi Argumentum in terrorem.
Argumentum ad misericordiam 
« Argument de la pitié. » Appel à la miséricorde, à la pitié des auditeurs.
Argumentum ad nauseam 
« Argument de la nausée. » Argumention qui ne cède pas, au point que les contradicteurs, lassés, finissent par abandonner le débat. En français : "Avoir raison par forfait."
Argumentum ad novitatem 
« Argument de la nouveauté. » Raison selon laquelle les choses, les idées nouvelles sont supérieures aux anciennes.
Argumentum ad numerum 
« Argument du nombre. » Argument d'autorité. Voir Argumentum ad populum.
Argumentum ad odium 
« Argument de la hargne. » Argument sophistique consistant à rendre odieuse la thèse adverse en la reformulant et en la connotant de façon péjorative.
Argumentum ad personam 
« Argument contre la personne. » Voir Ad hominem.
Argumentum ad populum 
« Argument du peuple. » Argument d'autorité selon lequel une thèse serait vraie puisqu'une multitude la croit telle. Voir Argumentum ad numerum.
Argumentum ad temperantiam 
« Appel à la modération. » Argument fallacieux selon lequel la vérité se situerait à mi-chemin de deux thèses opposées. Voir : Virtus in media stat.
Argumentum ad verecundiam 
« Argument du respect. » Argument d'autorité.
Argumentum baculinum 
« Argument du bâton ». Dans Les Fourberies de Scapin de Molière. Latin macaronique et ironique.
Argumentum ex silentio 
Voir Argumentum a silentio.
Argumentum in terrorem 
Voir Argumentum ad metum.
Argumentum e contrario 
Raison par laquelle une proposition est vraie puisqu'aucune autre raison ne vient la contredire. Par exemple : "J'ai le droit de siffler mon air favori dans la rue", puisqu'aucune loi ou règlement ne m'interdit cela. L'argumentum e contrario est un des fondements des droits de tradition civiliste, selon lesquels tout ce qui n'est pas expressément interdit est autorisé.
Arma potentius æquum 
« L'équité l'emporte sur les armes. ». Ovide, Les Fastes, 3, 282. Voir ici le contexte.
Ars [est] celare artem 
« L'art consiste à dissimuler l'art. ». C'est-à-dire "l'art consiste à dissimuler l'artifice". Formule médiévale attribuée fréquemment, et improprement, à Ovide et parfois à L'Art poétique d'Horace.
Ars gratia artis 
« L'art pour l'art. » La formule résume les principes de l'Esthétisme, mouvementt intellectuel britannique et français, défini sur le plan théorique par Théophile Gautier dans la préface à Mademoiselle Maupin, 1835 ; développé dans les année 1880-1900 par des artistes tels que Joris-Karl Huysmans, Henrik Ibsen, Oscar Wilde ; selon lequel l'art est indépendant de toute considération morale, utilitaire, réaliste, sociale, didactique ou économique. La formule “Ars gratia artis” est inscrite dans le bandeau circulaire qui entoure le lion Leo du studio hollywoodien MGM.
Ars longa, vita brevis 
« L'art est long, la vie est courte. » Traduction du 1er aphorisme d'Hippocrate - en grec : Ὁ μὲν βίος βραχύς, ἡ δὲ τέχνη μακρά. Il faut comprendre : “L'apprentissage est long, la vie est brève.” Autrement dit : “il reste peu de temps pour réaliser ses talents.”
Ars similis casus 
« L'art ressemble au hasard. » Ovide, L’Art d’aimer, 3, 155.
Artem quævis alit terra 
« En tout lieu, le métier nourrit son homme. » Érasme, Adages 1, 7, 33.
Asinus ad lyram 
« Un âne à la lyre. » Érasme : Adages. Pour désigner un individu balourd ou maladroit.
Asinus asinorum in sæcula sæculorum 
« L'âne des ânes dans les siècles des siècles. » Formule peu flatteuse.
Asinus asinum fricat 
« L'âne frotte l'âne. » Se dit de deux personnes se complimentant de façon exagérée. Sens voisin de : “Qui se ressemble s'assemble.”
Asinus equum spectat 
« L'âne regarde le cheval. » C'est-à-dire : “L’âne envie le cheval.”
Asinus in tegulis 
« L'âne sur les toits. » Quelque chose d'extraordinaire, qu'on ne voit pas tous les jours.
At spes non fracta 
« Mais tout espoir n'est pas perdu. » Devise de la banque et compagnie d'assurance néerlandaise Hope & Co. fondée en 1720.
Atqui, e lotio est 
« Eh oui ! ça vient de l'urine. » Réponse de Vespasien à son fils Titus qui se plaignait des taxes sur les urinoirs : Voir : Pecunia non olet « L'argent n'a pas d'odeur. ».
Audaces fortuna juvat 
« La chance sourit aux impudents. » Imité de Virgile, l’Énéide, 10, 284 : Audentes fortuna juvat « La chance sourit aux courageux. ». Formule dépréciative contrairement à l'usage qu'on en fait habituellement. Attention aux deux faux sens : audax signifie en français « impudent, insolent » et fortuna « chance, hasard ».
Audax Japeti genus 
« Le rejeton audacieux de Japhet. » Prométhée, ravisseur du feu des Dieux, fils de Japhet, frère de Titan et de Saturne. Horace, Odes, 1, 3, 27.
Audere est facere 
« Oser, c'est faire. » Devise du club de football anglais de Tottenham.
Audi, vide, tace, si vis vivere 
« Écoute, observe et tais-toi, si tu veux vivre. »
Audi alteram parte 
Voir Audiatur et altera pars.
Audiatur et altera pars 
« Qu'on entende l'autre partie également. » Se dit lors d'un procès ou d'une contestation. Voir aussi Audi alteram parte.
Aura popularis 
« Le vent (inconstant et variable) de la faveur populaire. » Métaphore utilisée de multiples fois chez les Latins.
Auri mediocritas 
« Médiocrité de l'or. » Formule abrégée des vers d’Horace, Odes, 2, 10, 5-9. Voir ici.
Auri sacra fames 
« Exécrable faim de l'or ! » Virgile, l’Énéide, 3, 57. Texte original : Quid non mortalia pectora cogis, auri sacra fames ? « À quels forfaits pousses-tu le cœur des hommes, soif sacrée de l'or ! »
Auribus teneo lupum 
« Je tiens le loup par les oreilles. » Térence, Phormion 506. Étre dans le plus grand embarras, voire dans le plus grand danger. Cette expression latine n'a pas vraiment d'équivalent en français. En anglais, on dit "To have a tiger by the tail." Une expression français proche est "Tenir le taureau pas les cornes", mais celle-ci sous-entend qu'on maîtrise la situation, ce qui n'est pas le cas de l'expression latine.
Aut agere aut mori 
« Agir ou mourir. » Devise du clan écossais Barclay.
Aut amat aut odit mulier, nil est tertium 
« La femme aime ou hait, il n'y a pas d'alternative » Publius Syrus, Sentences.
Aut bibat aut abeat 
« Buvez ou retirez-vous. » Cicéron, Les Tusculanes, 5, 41. Voir ici la formule en contexte.
Aut Cæsar, aut nihil 
« Empereur ou rien. » Devise de César Borgia.
Aut dedere aut punire 
« Rendre ou punir. » Adage juridique. Règle de droit international stipulant que l’auteur de faits relevant d’une incrimination pénale soit jugé par le pays où il a trouvé refuge lorsqu’il n’est pas livré au pays qui demande son extradition.
Aut disce aut discede 
« Étudie ou retire-toi. » Formule scolastique, devise de nombreux collèges et universités anglo-saxons.
Aut dosce, aut disce, aut discede 
« Enseigne, étudie ou retire-toi. » Formule scolastique, variation sur la précédente.
Aut nunc, aut numquam 
(écrit aussi Aut nunc, aut nunquam) : « Maintenant ou jamais ». Latin moderne. Devise lapidaire et populaire de nombreuses organisations, surtout anglo-saxonnes.
Aut omnia, aut nihil 
« Tous ou aucun ». Latin moderne. Devise lapidaire et populaire de nombreuses organisations, surtout anglo-saxonnes.
Aut pati aut mori 
« Souffrir ou mourir ». La formule Domine, aut pati aut mori « Seigneur, il nous faut souffrir ou mourir » était, selon les témoignages, une expression de Thérèse d'Avila (1515-1582).
Aut viam inveniam aut faciam 
« Je trouverai le chemin ou je le percerai. » Formule attribuée à Hannibal lors de sa traversée des Alpes vers Rome.
Aut vincere, aut mori 
« La victoire ou la mort ». Latin moderne. Devise bravache qui a encore plus d'allure lorsqu'elle est dite en latin.
Autobi passebant completi 
« Les autobus passaient complets. » Parodie en latin macaronique qui constitue l'un des chapitres des Exercices de style publiés par Raymond Queneau en 1947.
Avaro omnia desunt, inopi pauca, sapienti nihil 
« À l'avare, tout manque ; au pauvre, peu ; au sage, rien. »
Avarus nisi cum moritur, nil recte facit 
« La seule bonne action que puisse accomplir un avare, c'est mourir. »
Avaritia facit bardus 
« La cupidité rend stupide. » Proverbe latin traduit du grec.
Ave atque vale 
« Salut et bonne route. » Catulle, Carmina, 101. Paroles adressées à son frère mort.
Ave Cæsar, morituri te salutant 
« Salut César, ceux s'attendent à mourir te saluent. » (La traduction traditionnelle : "Salut César, ceux qui vont mourir te saluent." est erronée.) Formule de salutation supposée, probablement à tort, des gladiateurs avant leur combat : l'empereur n'assistait pas à tous les combats de gladiateurs et la formule n'est citée par Suétone, Vie de Claude, 21, 13, que dans des circonstances particulières. Voir Morituri te salutant.
Ave Maria 
« Salut Marie. » Premiers mots de cette prière chrétienne. Un "ave Maria" désigne une pièce musicale composée sur cette prière.
Ave Verum (Corpus) 
« Salut Vrai (Corps). » Premiers mots d'une prière chrétienne célébrant le corps du Christ. Voir ici le texte latin et sa traduction en français. Un "ave verum" désigne une pièce musicale composée sur cette prière.

B

Barba tenus sapientes 
« Sage à mesure de la barbe. » Sage en apparence seulement.
Barba non facit philosophum 
« La barbe ne fait pas le philosophe. » Équivalent de : “L'habit ne fait pas le moine.” Locution latinisée attribuée à Plutarque, mais dont on trouve des formes plus ou moins voisines chez Ammien Marcellin, Antipater de Sidon, Julien antécesseur, Lucien.
Beata Virgo Maria 
« Bienheureuse Vierge Marie. » Expression courante dans le rituel de l'Église catholique romaine pour désigner la mère de Jésus.
Beatæ memoriæ 
« Au souvenir heureux de… » Voir In memoriam.
Beati hispani, quibus vivere bibere est 
« Heureux les Espagnols pour qui vivre c'est boire. » Moquerie sur l'accent en latin des Espagnols, Basques, Gascons, Aquitains qui prononçaient "v" comme "b", c'est-à-dire vivere (« vivre ») comme bibere (« boire »).
Beati monoculi in terra cœcorum 
« Les borgnes sont heureux au pays des aveugles. » Proverbe latin dont le forme française est : « Au pays des aveugles les borgnes sont rois. »
Beati pauperes in spiritu 
« Bienheureux les pauvres en esprit. » Extrait du Sermon sur la montagne de Jésus. (Voir Bible, Évangile de Matthieu, V, 3). Ne signifie pas “Heureux les pauvres d'esprit (les idiots)”, mais “Heureux ceux qui ont l'esprit de pauvreté”, c'est-à-dire ceux qui sont détachés des biens matériels et n'aspirent qu'à la richesse spirituelle.
Beati possidentes 
« Heureux ceux qui possèdent. » Adage affectionné, paraît-il, de Bismarck (? [réf. nécessaire]). Attribué parfois, de façon douteuse, à Euripide. Voir aussi Guizot.
beatus homo qui invenit sapientiam 
« Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse. » Bible, Proverbes, 3, 13. Le proverbe complet est : “Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, Et l'homme qui possède l'intelligence.” (Trad. Louis Second, 1910).
Beatus ille qui procul negotiis 
« Heureux qui, loin des affaires… » Horace, Épodes, 2, 1. Début d'une ode où le poète vante le charme des campagnes, loin du bruit de la ville. Voir le texte ici.
Beatus qui prodest quibus potest 
« Heureux qui vient se rendre utile à ceux qu'il peut aider. » Adapté de Cicéron, De Officiis, 3.64. Voir le texte complet ici.
Bella gerant alii 
« Laisse les autres faire la guerre. » Ovide, Héroïdes, 13, 84 : Laodamie écrit à son époux Protésilas engagé à la guerre de Troie. Elle le supplie de se garder du danger et de laisser les autres guerroyer, mais il est l'un des premiers Grecs tués à Troie. Formule utilisée lors de mariages de Habsbourg en 1477 et 1496, par la voix du roi Matthias : Bella gerant alii, tu felix Austria nube. « Les heureux Autrichiens se marient au lieu de faire la guerre. » Allusion à l'ancienne politique de la maison d'Autriche qui nouait systématiquement des alliances maritales avec les autres maisons royales d'Europe.
Bella matribus detestata 
« La guerre, dont les mères ont horreur. » Horace, Odes, 1, 1, 24-25.
Bellum omnium contra omnes 
« La guerre de tous contre tous. » Formule utilisée par le philosophe britannique Thomas Hobbes pour décrire l'état de nature.
Bellum se ipsum alet 
« La guerre se nourrit d'elle-même. » Autrement dit, "l'armée se nourrit sur le pays." Tite-Live, Histoire romaine, 34, 9, 12. Voir le contexte ici.
Bene diagnoscitur, bene curatur 
« Bien diagnostiquer, c'est bien soigner. »
Bertha rosas, Heotrud violas dat 
« Berthe donne des roses, Heotrud des violettes. » Extrait d'un poème de Théodulphe, évêque d'Orléans (760-821) qui fut promoteur, avec d'autres, auprès de Charlemagne, de la renaissance carolingienne. Théodulphe décrit une scène charmante entre l'Empereur et ses filles. Voir ici un extrait de ce récit. Théodulphe donne une image des relation particulières de l'Empereur avec les femmes (filles, sœurs) de son entourage ; les relations incestueuses du souverain sont à peu près avérées et sa fille Gisla (Gisèle selon l'orthographe moderne) aurait été la mère de son prétendu neveu Roland.
Bene qui latuit bene vixit 
« Vivre ignoré, c'est vivre heureux. ». Ovide, Les Tristes, 3, 4, 25.
Bis dat, qui cito dat 
ou Bis dat qui dat celeriter : « Donner rapidement, c'est donner deux fois. » Érasme, Adages, 1, 8, 91, repris de Publius Syrus, Sentences.
Bis repetita placent 
« Ce qui est répété, redemandé plaît. ». Horace, Art poétique, 365. Souvent utilisée ironiquement et par antiphrase pour faire remarquer à un orateur qu'il se répète inutilement.
Bis repetita non placent 
« Ce qui est répété ne séduit plus. ». Plate imitation de la locution précédente.
Bona fide 
« De bonne foi, sincèrement. »
Bona fides contraria est fraudi et dolo 
« La bonne foi s'oppose à la fraude et au dol. » Adage juridique.
Bona valetudo melior est quam maximæ divitiæ 
« Une bonne santé vaut mieux que les plus grandes richesses. » Cicéron, Post Reditum, 2, 5.
Boni pastoris est tondere pecus, non deglubere 
« Le bon pasteur tond ses brebis, il ne les écorche pas. » Recommandation de Vespasien à ses préfets, leur intimant de ne pas accabler le peuple d'impôts.[réf. nécessaire].
Bonum ex malo non fit 
« D'un mal ne peut naître un bien. » Sénèque, Lettres à Lucilius, 9, 87, 22. Voir ici le texte en question. Le sermon 61 de Saint Augustin affirme le contraire : voir Ex malo bonum.
Bonum vinum lætificat cor hominis 
« Le bon vin réjouit le cœur des hommes. » Cette formule tirée de l’Ecclésiaste 10, 19 semble un lieu commun. Pourtant l'Ecclésiaste véhicule une pensée plutôt pessimiste et sombre ; brièvement : “tout est vanité” ; “rien ne sert à rien”. Pour comprendre la formule, il faut la replacer dans le contexte du chapitre X de l'Ecclésiaste. Voir ici.
Brevitatis causa 
« Dit brièvement ».

C

c. 
Abréviation de circa.
ca. 
Abréviation de circa.
Cacoethes scribendi 
« Soumis à un urgent besoin d'écrire. » Monomane porté sur l'écriture, graphomane.
Cadavera vero innumera 
« Des cadavres vraiment innombrables. » Formule de l'auteur inconnu du Panégyrique latin, 311-312, après la bataille des Champs catalauniques de 274.
Cædite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius 
« Tuez-les tous. Dieu reconnaîtra les siens. » Attribué sans justification à l'évêque Arnaud Amalric, avant le massacre de Béziers, lors de la Croisade des Albigeois (1209), par César d'Heisterbach, trente ans après les faits.
Cælum non animum mutant qui trans mare currunt 
« Ceux qui courent par les mers ne changent que le ciel au-dessus de leur tête ; ils ne changent pas leur âme. » Héxamètre d'Horace, Épîtres, 1, 11, 27. Voir ici le texte original.
Cætera desunt 
Graphie médiévale. Voir Cetera desunt.
Camera obscura 
« Chambre noire. »
Canes pugnax 
« Chien d'attaque ; chien méchant. »
Canis canem edit 
« Le chien mange le chien. » "Chacun pour soi". (Proverbe ? [réf. nécessaire]).
Canis sine dentibus vehementius latrat 
« Un chien sans dents aboie plus vigoureusement. » “Chien qui aboie ne mord pas.”
Cantabit vacuus coram latrone viator 
« Le voyageur aux poches vides chantera au nez du voleur. » Juvénal, Satires, 10, 22. Voir ici le contexte.
Canularium 
Pseudo-latin forgé à l'École Normale supérieure pour désigner les épreuves de bizutage, en particulier les lavements administrès avec une canule. Une personne ennuyeuse est aussi qualifiée de canule. L'expression s'est répandue en français, sous la forme canular pour désigner des blagues ou des mystification plus ou moins élaborée et de plus ou moins bon goût.
Capax Infiniti 
« Capable (d'accueillir) l'infini » Latin théologique de l'époque de la Réforme. Expression de Luther exprimant que l'Homme, fini, est susceptible d'accueillir l'Infinité divine. Relié aussi à l'hérésie docétique.
Captatus, bene judicatus 
« Dès qu’il a été capturé, un accusé peut être jugé. » Adage juridique.
Caput inter nubila 
« La tête dans les nuages. » Ovide, l’Énéide, 4, 2, 175. Voir ici le texte latin original. "La Rumeur, si haut qu'elle se répand, indifférente."
Caput-mortuum 
« Tête de mort. » Terme d'alchimie : restes solides, dont on ne peut plus rien tirer, d'un corps soumis à la distillation. Figuré et ironiquement : ce qui reste d'efforts, de travaux, de projets, de combinaisons, de théories qui promettaient beaucoup et n'ont pas donné grand-chose.
Caritas in veritate 
« L'amour dans la vérité. » Troisième encyclique du pape Benoît XVI.
Carpe diem 
« Cueille le jour. » Horace, Odes, 4, 11, 8. “Mets à profit le jour présent.” Voir ici le texte original. Voir aussi Æquo pulsat pede.
Carpent tua poma nepotes 
« Tes arrière-neveux cueilleront ces fruits. » Virgile, Églogues, 9, 50. Vers imité par La Fontaine : “Mes arrière-neveux me devront cet ombrage.” (La Fontaine, Fables, 9, 8, Le Vieillard et les trois jeunes Hommes).
Carthago delenda est 
« Il faut détruire Carthage. » Caton l'Ancien. Voir Delenda Carthago.
Castigat ridendo mores 
« (La comédie) corrige les mœurs en riant. ». Formule forgée par le chanoine de Saint-Victor, Jean de Santeul (1630-1697), poète en vers latins, à l'intention de l'arlequin Dominique pour qu'il la mette sur la toile de son théâtre. Phrase piège proposée par des professeurs de latin facétieux riant d'avance de la version absurde des cancres : "La chasteté fait rire les Maures." (Pour une autre phrase piège, voir Si napo leo viveret, hominem non esset.)
Casus belli 
« Cas de guerre. » Situation, événement susceptible d'entraîner une guerre.
Causa latet, vis est notissima 
« Si la cause est cachée, on ne peut méconnaître l'effet. » Ovide, Métamorphoses, 4, 287.
Causa mortis 
« Cause de la mort. »
Cave canem 
« Attention au chien. » Inscription trouvée à l'entrée d'une maison de Pompéi sur une mosaïque de sol représentant un chien.
Cave ne cadas 
« Prends garde à la chute. » Phrase traditionnellement proférée par l'esclave se tenant derrière l’imperator lors du triomphe.
Cave nil vino 
« Prends garde à manquer de vin. » (Proverbe ? [réf. nécessaire]).
Caveant consules ne quid detrimenti respublica capiat 
Lorsqu'au temps de la République, dans les temps d'extrême péril, le Sénat de Rome accordait aux consuls des pouvoirs dictatoriaux, la formule d'investiture était : Caveant consules ne quid detrimenti respublica capiat « Que les consuls prennent garde que la République éprouve aucun dommage. »
Caveat emptor 
« Que l'acheteur soit vigilant. » C'est à l'acheteur de s'assurer que le bien acquis correspond à ses besoins.
Cedant arma togae 
« Les armes cèdent à la toge. » Cicéron, Des Devoirs, 1, 22, 77. "Le pouvoir militaire s'incline devant le pouvoir civil." Voir ici le texte source.
Celerius quam asparagi cocuntur 
« En moins de temps qu'il n'en faut pour cuire les asperges. » Formule prisée d'Auguste pour dire que les choses avaient été accomplies promptement. En français, on dirait : "En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire". Autre forme : Velocius quam asparagi coquantur.
Cessante causa legis, cessat lex
« Là où cesse la raison pour laquelle la loi a été adoptée (causa legis), là cesse son domaine d’application. » Adage juridique.
Cetera desunt
« Tout ce qui manque. »
Ceteris paribus (sic stantibus) 
« Toutes choses égales (par ailleurs). »
cf. 
Abréviation de « Confer. »
Christianos ad leones 
« (Qu'on livre) les Chrétiens aux lions. » Formule attribuée fréquemment à Marc Aurèle mais qui se trouve dans Tertullien (Apologétique, 40, 2) dans un sens tout différent : voir ici.
Christus nos liberavit 
« Le Christ nous a libérés. » Victor Hugo, Les Misérables, titre du Volume I, Livre v, ch. 9.
Christus Rex 
« Christ Roi. » Une des titulatures de Jésus.
Cibi condimentum est fames 
« La faim est l'épice de tout plat. » Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 28, 90. Formule attribuée par Cicéron à Socrate. Voir le texte ici.
Circa 
« Vers, environ, approximativement. » Abrégé généralement "c." ou "ca." Employé le plus souvent avec une date : "ca. 1930" = "vers 1930".
Circulus in probando 
« Raisonnement circulaire. » Même sens que Circulus vitiosus.
Circulus vitiosus 
« Cercle vicieux » En logique : raisonnement dont les prémisses contiennent, en partie au moins, les conclusions. (Un cercle vicieux ne résulte pas nécessairement d'une volonté de tromper : il peut s'agir d'une erreur de raisonnement.) Voir aussi Circulus in probando.
Citius, Altius, Fortius 
« Plus vite, plus haut, plus fort ! » Devise des Jeux olympiques forgée par Pierre de Coubertin.
Cito, Longe, Tarde 
« (Pars) vite, loin et (reviens) tard. » Expression utilisé pendant la Grande peste, aussi connue sous le nom d'électuaire des trois adverbes. A donné son titre au roman de Fred Vargas, “Pars vite et reviens tard”.
Claves Sancti Petri 
« Les clés de Saint Pierre. » Un des symboles du Saint-Siège.
Clavis aurea 
« Clé d'Or. » Procédé permettant de percer les sens mystérieux de textes alchimiques ou théologiques.
Clericus vagans 
« Clerc vagabond. » (Au pluriel : Clerici vagantes.) Nom donné au XIIe siècle aux goliards, sorte de “hippies” avant l'heure, faisant la route ; chantant légendes saintes, textes d'Ovide ou de Catulle ; rimaillant paillardises ou parfois d'admirables ballades.
Codex Iuris Canonicis 
« Recueil du droit canonique. » Nom donné à l'ensemble des textes qui constituent le droit ecclésiastique canonique de l'Église catholique romaine.
Cœtera desunt 
Graphie médiévale. Voir Cetera desunt.
Cœteris paribus 
Graphie médiévale. Voir Ceteris paribus.
Cogitationis poenam nemo patitur 
« Nul ne peut être puni pour de simples pensées. » Adage juridique. Voir De internis non judicat praetor.
Cogito ergo sum 
« Je pense donc je suis » Descartes, Le Discours de la méthode, 4, (1637). Traduction en latin de la célèbre formule. Descartes a exprimé les mêmes idées dans ses Meditationes de prima philosophia (Méditations métaphysiques), 1641, en latin, mais sous une forme un peu différente. Voir ici comment Descartes y exprime ses idées en latin (avec traduction française).
Coitus interruptus 
« Accouplement interrompu ». Moyen rudimentaire et frustrant de contraception consistant à retirer le membre masculin du vase féminin avant l'éjaculation. En toute rigueur, ce procédé devrait être appelé onanisme. (Voir ici). La raison pour laquelle ce dernier terme en est venu à signifier masturbation est mystérieuse.
Coitus more ferarum 
« Accouplement à la manière des bêtes ». Position d'accouplement usuellement dite "en levrette".
Collige virgo rosas 
« Cueille les roses, jeune fille. » Le poème De rosis nascentibus ("Les boutons de roses"), dont ce vers est extrait, autrefois attribué à Virgile est maintenant généralement considéré comme dû à Ausone. Voir ici l'intégralité du poème en latin et ici la traduction de ce vers. Celui-ci a été adaptpé par Ronsard sous la forme suivante :
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
Voir aussi Carpe diem.
Combinatio nova 
« Nouvelle combinaison » ou « Nouvelle dénomination ». Utilisé sous la forme abrégée "Comb. nov." dans la littérature spécialisée des sciences de la vie (bactériologie, botanique, mycologie, zoologie, etc.) pour signaler un nom, une désignation nouvelle.
Communibus locis 
« Lieux communs. » Latin moderne ; vocabulaire de la dialectique et de la philosophie.
Communis opinio 
« Opinion commune. » Latin moderne ; vocabulaire de la dialectique et de la philosophie.
Compos mentis 
« Maître de son esprit. » Désigne par antiphrase un "faible d'esprit".
Concordia civium murus urbium 
« La concorde entre les citoyens, voilà la muraille des villes. » (Proverbe ? [réf. nécessaire]).
Condemnant quod non intellegunt 
« Ils condamnent ce qu'ils ne comprennent pas » ou « Ils condamnent parce qu'ils ne comprennent pas. » (Dans l'expression latine quod est ambigu.) (Proverbe ? [réf. nécessaire]). Voir aussi Damnant quod non intelligunt.
Conditio sine qua non 
« Condition absolument nécessaire. » Voir Sine qua non.
Confessio est regina probatio 
« L'aveu est la reine des preuves. » Adage juridique.
Confer 
« Compare à… ; réfère-toi à… ; rapporte-toi à… » Généralement abrégé en cf.
Confœderatio Helvetica 
« Confédération helvétique. » Nom officiel de la Suisse, d'où l'abréviation CH pour les plaques minéralogiques, le domaine Internet, etc.
Conjunctis viribus 
« Forces unies. »
Consuetudinis vis magna est 
« La force de l'habitude est puissante. » Cicéron, Les Tusculanes, II, xvii, 40. Le texte complet du paragraphe est ici
Consuetudo altera natura est 
« L'habitude est une seconde nature. » Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, 5, 25, 74. Voir le texte du paragraphe ici.
Consuetudo est jus quodam moribus institutum, quod pro lege usurpatur ubi deficit lex 
« La coutume est une variété du droit établie par les mœurs ; elle tient lieu de loi là où la loi fait défaut. » Adage juridique.
Consummatum est 
« Tout est accompli. » Derniers mots de Jésus sur la croix, selon l’Évangile de Jean, 19, 30. Voir le contexte ici.
Contemptus saeculi 
« Mépris du monde, du siècle, de la mode. » Formule employée par le sage qui méprise les vanités du monde. [réf. nécessaire]
Contra bonos mores 
« Contre les bonnes mœurs. »
Contra factum non datur argumentum 
« Contre un fait il n'est point d'arguties. » Adage juridique.
Contra legem 
« Contre la loi. »
Contra principia negantem non est disputandum 
« Inutile de discuter lorsqu'on ne s'accorde pas sur les principes. »
Contra spem in spem credidit 
« Celui qui a crû contre toute espérance. » Référence au sacrifice d'Abraham. Voir ici la référence biblique (Romains, 4, 18-19.)
Contra vim mortis non est medicamen in hortis 
« Il n'y a dans le jardin aucun remède à la puissance de la mort. » (Proverbe ? [réf. nécessaire]).
Contradictio in terminis 
« Contradiction dans les termes. » En rhétorique, on dit aussi oxymore.
Contraria contrariis curantur 
« Les contraires se guérissent par les contraires. » Fondements de la médecine de Galien, opposés à ceux d'Hippocrate. Voir allopathie et homéopathie.
Cor ad cor loquitur 
« Le cœur parle au cœur. » Devise du cardinal John Henri Newman, fréquemment attribuée à Saint Augustin mais qui apparaît d'abord dans une lettre de Saint François de Sales sous la forme Cor cordi loquitur (qui a le même sens).
Cor unum 
« D'un seul cœur. » Devise de nombreuses institutions catholiques.
Coram Deo 
« En présence de Dieu. » Formule de liturgie chrétienne signifiant qu'une action, un sacrement, accompli en la présence de Dieu, est particulièrement solennel.
Coram populo 
« En présence du peuple, publiquement. » Formule affirmant la solennité d'une manifestation effectuée "en présence du peuple", "sous les yeux de tous".
Corpus Christi 
« Le corps du Christ. » L'Eucharistie.
Corpus delicti 
« Le corps du délit. » Latin médiéval. Terme de jurisprudence encore en usage, issu du droit médiéval et désignant la constatation légale d'un délit ou d'un crime, c'est-à-dire la qualification d'un fait comme objet de droit. (D'après Encyclopédie des Gens du Monde ; Répertoire universel des sciences, des lettres et des arts, Paris, 1836.)
Corpus Juris Canonici 
« Compilation du droit canon de l'Église catholique. » Graphie classique : Codex Iuris Canonici.
Corpus Juris Civilis 
« Recueil des lois civiles. » Compilation de lois établie en 529-534 sous l'autorité de l'empereur d'Orient Justinien 1er. Graphie classique : Codex Iuris Civilis.
Corrigenda 
« Choses à corriger. »
Corruptio optimi pessima 
« La corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire. » Grégoire I, pape (~540-604) (? [réf. nécessaire]).
Corruptissima re publica plurimae leges 
« C'est lorsque la république est la plus corrompue que les lois se multiplient le plus. » Tacite, Annales, 3, 27. Voir ici le contexte.
Cras amet qui nunquam amavit ; quique amavit, cras amet 
« Qu'il aime demain celui qui n'a jamais aimé, et que celui qui a aimé aime demain encore. » Refrain du poème “Pervigilium Veneris” dû à l'auteur inconnu, vraisemblablement du IVe siècle, du Panégyrique latin.
Credat Judaeus Apella 
« Que le Juif Apelle le croit. » En français familier "À d'autres", ou "Tu l'as dit bouffi". "Apelle" est un nom juif de fantaisie. Le nom "Apelle" (c'est-à-dire "Sans peau") renvoie à la circoncision, qui était, chez les Romains comme chez les Grecs, source d'étonnement, de dégoût et de dérision.
Credo in Unum Deum 
« Je crois en un seul Dieu. » Premier verset de la prière chrétienne du Credo.
Credo quia absurdum 
« Je le crois parce que c'est absurde. » Formule attribuée à Saint Augustin ([réf. nécessaire]). Celui-ci enseigne que le propre de la foi est de croire en la vérité divine, sans avoir besoin de comprendre.
Crimen laesae majestatis 
« Crime de lèse-majesté. » Dans l'ancien droit, on confondaitt les crimes contre l'État et les crimes contre la personne du souverain. Ce n'est qu'en 1832 qu'en droit français, les atteintes à la personne du Chef de l'État furent clairement distinguées des crimes contre l'État.
Cui bono ? 
« Pour quel profit ? » Cicéron, Pro Milone, 12, 32. Voir le texte ici.
Cui prodest 
« Qui en tire profit. » Forme raccourcie du vers Cui prodest scelus is fecit « Le crime est à celui qui en recueille les fruits. » Sénèque, Médée, 500, ou “À qui profite le crime.” Voir Cui bono ?.
Cuique suum reddere 
« À chacun son dû. »
Cuius regio, eius religio 
« Tel prince, telle religion. » La religion du Prince est celle de ses sujets. Principe établi lors de la paix d'Augsbourg pour régler le problème religieux.
Cuiusvis hominis est errare 
« Il appartient à tout homme de se tromper. » Cicéron, Philippiques, 12, 2, 5. Voir le texte source ici. Voir aussi Errare humanum est.
Culpa lata dolo aequiparatur 
« La faute lourde équivaut à un dommage. » Adage juridique. Lorsqu’elle est particulièrement lourde, la faute d’imprudence ou de négligence est assimilée au dol : la conséquence ne ressortit plus des dommages involontaires mais des dommages volontaires.
Cum grano salis 
« Avec un grain de sel. » C'est-à-dire : “Avec recul, avec ironie.” Cette expression mérite quelques observations :
  • Elle est assez commune dans le monde anglo-saxon, dans les langues germaniques ainsi qu'en italien ;
  • Elle est inutilisée dans le monde francophone. (Mais la locution mettre son grain de sel a peut-être quelque rapport) ;
  • L'expression se trouve dans Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 23, 77, 2 ; voir ici;
  • Toutefois, ni le style de Pline en général, ni le texte ci-dessus ne prêtent particulièrement à l'ironie. Il est donc vraisemblable que la formule a une origine différente ou plus ancienne et qu'on a trouvé dans ce texte de Pline une référence de circonstance. Certaines sources font référence à l'Ancien Testament [réf. nécessaire].
Cum laude 
« Avec louange. » La plus petite des mentions honorifiques décernées dans le cursus universitaire.
Cum tacent, consentiunt 
« Qui ne dit mot consent. » (Proverbe ? [réf. nécessaire]).
Cura ut valeas ! 
« Prends soin de toi. »
Curriculum vitæ 
« Cours de la vie. » Le Curriculum vitae résume l'expérience.
Custos morum 
« Gardien des mœurs, censeur. »

D

Da mihi factum, dabo tibi ius 
« Dis-moi les faits, je te dirai le droit. » Principe de droit romain : les faits doivent être exposés au juge pour que celui-ci puisse dire le droit.
Damnant quod non intelligunt 
« Ils condamnent ce qu'ils ne comprennent pas. » ou « Ils condamnent parce qu'ils ne comprennent pas. » (« Quod » est ici ambigu.) Voir aussi Condemnant quod non intellegunt.
Damnatio memoriae 
« Proscription de la mémoire. » Arrêt formulé par le Sénat de Rome selon lequel certains citoyens disgraciés (en particulier d'anciens empereurs) étaient supposés n'avoir jamais existé.
Damnum absque injuria 
« Dommage sans intention. » En droit romain, personne n'est responsable d'un dommage causé sans intention. Toutefois, ce principe n'exonère pas les dommages dus à la négligence ou à la folie.
Dat veniam corvis, vexat censura columbas 
« La censure pardonne aux corbeaux et poursuit les colombes. » Juvénal, Satires, 2, 63. Formule incompréhensible hors contexte ; voir ici.
Data venia 
Littéralement « Excuses étant données », c'est-à-dire « Sauf votre respect » ou « Excusez-moi ». Utilisé avant d'exprimer son désaccord avec un contradicteur.
Davus sum, non Œdipus 
« Je suis Davus, pas Œdipe. », c'est-à-dire « Je ne suis pas sorcier ; je n'ai pas de pouvoirs surnaturels. » Davus est un nom commun d'esclave dans les comédies.
De commodo et incommodo 
Littéralement « Sur les avantages et les inconvénients ». Dans le cas d'un projet d'implantation d'un ouvrage (pylone électrique, voie ferrée, usine, etc), il est procédé à une enquête De commodo et incommodo destinée à juger des avantages et inconvénients du projet.
De dicto 
« Ce qui est dit. » En logique, on distingue les propositions de re (concernant la chose) et les propositions de dicto (sur les assertions concernant la chose). Voir De dicto et de re. Voir aussi De re.
De facto 
« De fait ; dans les faits. » Exprime l'idée de contingence : le PDG étant souffrant, le sous-directeur de l'usine en est de facto le dirigeant. Voir De jure.
De gustibus coloribusque non disputandum 
« On ne discute pas des goûts et des couleurs. » Les discussions sur les préférences et les goûts personnels ne mènent à rien.
De integro 
« Encore ; de nouveau ; une seconde fois. »
De internis non judicat praetor 
« Le juge ne doit pas condamner pour de simples pensées. » Adage juridique. Voir Cogitationis poenam nemo patitur.
De jure 
« De droit ; par le droit ; par la loi. » Exprime l'idée d'impératif légal, parfois d'impératif nécessaire. Souvent opposé à de facto. Elizabeth II, Reine du Canada, est chef d'État du Canada de jure ; le Premier Ministre du Canada est chef d'État de facto.
De jure uxoris 
« Par le droit de la femme. » Terme de droit romain et médiéval utilisé pour désigner un titre, une possession acquise par un homme simplement par mariage avec une femme qui était en détentrice. En droit romain et médiéval, la femme n'a pas d'existence juridique. Lorsqu'elle dispose ou hérite de titres ou possessions, ceux-ci deviennent ipso facto la propriété de son époux.
De minimis non curat lex 
« La loi ne s'occupe pas de petites choses. » Une affaire doir avoir une certaine importance pour être soumise au juge. Adage juridique. Voir De minimis non curat prætor.
De minimis non curat prætor 
« Le juge ne s'occupe pas de petites choses. » Pour un sens équivalent, voir Aquila non capit muscas.
De mortuis aut bene aut nihil 
« Des morts, on dit du bien ou on se tait. »
De mortuis nihil nisi bene 
Abréviation de la formule de mortuis nil nisi bonum dicendum est, c'est-à-dire « Des morts, on ne doit parler qu'en bien. » Variante de la précédente.
De nilo nil 
Voir Ex nihilo nihil fit.
De nobis fabula narratur 
« Cette histoire est la nôtre. » Faisait dans l'Antiquité référence à la chute de l'Empire romain. Utilisé aujourd'hui pour dire que la narration d'une histoire, d'un événement est une métaphore de notre propre histoire.
De non vigilantibus non curat prætor 
« Le juge n'a cure des insouciants. » Voir aussi De minimis non curat prætor.
De novo 
« Renouvelé ; rafraîchi ; recommençant. » Dans divers domaines qualifie un savoir, un procédé, un produit nouveau qui n'est pas une simple amélioration ou modification d'un savoir, d'un procédé, d'un produit existant. Voir aussi Ex novo.
De omni re scibili 
« De toutes les choses qu'on peut savoir. » La formule complète est De omni re scibili et quibusdam aliis « De toutes les choses qu'on peut savoir et aussi de quelques autres. » Devise de Jean Pic de la Mirandole, qui, dans l'esprit de la Renaissance, croyait qu'il était possible de maîtriser l'ensemble des connaissances ; il composa un recueil de neuf cents thèses intitulé De omni re scibili qui synthétisait les thèses philosophiques et théologiques de son temps.
De omnibus dubitandum 
« Doute de tout. » Maxime favorite de Karl Marx.
De primis socialismi germanici lineamentis apud Lutherum, Kant, Fichte, Hegel et Marx 
« Des premiers aspects du socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte, Hegel et Marx ». Titre de la seconde thèse de philosophie en Sorbonne de Jean Jaurès en 1892.
De profundis clamavi 
« Du fond de l'abîme j'ai crié ; des profondeurs, j'ai crié. » Début du psaume 129 (130). Voir ici le texte. Exprime un appel désespéré. Formule mainte fois reprise, le plus souvent dans un contexte religieux mais pas uniquement : Josquin des Prés, Mozart, Baudelaire, Oscar Wilde… En musique, un « De Profundis » est une pièce exprimant un désespoir métaphysique.
De re 
« Sur la chose. » En logique, on distingue les propositions de re (concernant la chose) et les propositions de dicto (assertions concernant la chose). Voir De dicto et de re. Voir aussi De dicto.
De stercore Enii 
« Tiré du fumier d'Ennius. » Ennius est un ancien poète latin dont la rudesse et le manque d'élégance est compensé par la fermeté d'expression. Ovide, entre autres, à copié ou paraphrasé nombre de ses vers. Voltaire écrit que Racine, imitant Corneille, a tiré ses pépites du fumier d'Ennius.
De te fabula narratur 
« C'est de toi que parle ce récit. » Horace, Satires, 1, 64-79. Horace ayant peint l'avare et sa déraison, s'interrompt et dit à son interlocuteur : Quid rides ? mutato nomine, de te fabula narratur. « Tu ris ? change le nom, ce sera ton histoire. » Voir ici le texte d'Horace.
De viris 
« À propos des hommes. » Premiers mots du titre de l'ouvrage de Charles François Lhomond : De viris illustribus urbis Romae : "À propos des hommes illustres de la ville de Rome", lequel servit longtemps de manuel élémentaire de latin.
De visu 
« De ma propre vue ; pour l'avoir vu. »
Debellare superbos 
« Renverser les puissants. » Virgile, l’Énéide, 6, 852. Voir ici le contexte.
Decet imperatorem stantem mori 
« L'empereur doit mourir debout. » Dernières paroles de Vespasien rapportées par Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Vespasien, 24, 2. Voir le texte de Suétone ici).
Decipimur specie recti 
« Nous somme trompés par l'apparence du bien. » Horace, Art poétique, 25. C'est-à-dire par l'apparence du beau, du vrai, du grand.
Dei Gratia Rex 
« Roi par la Grâce de Dieu. » Voir Rex Dei Gratia.
Delectatio morosa 
« Délectation morose. » Dans la théologie chrétienne, pensées, rêves coupables, tels que la rumination d'images érotiques. Se distingue du désir sexuel proprement dit et suppose un “abandon volontaire et complaisant à des fantaisies coupables, sans tenter de les repousser”.
Delenda Carthago 
« Il faut détruire Carthage. » (Caton l'Ancien). Exprime une idée fixe : Caton l'Ancien était un citoyen romain conservateur et borné qui se posait en défenseur des vertus romaines les plus radicales. Bien qu'il ait toute sa vie prôné la vertu, il fut, sur sa vieillesse, accusé de multiples vices et malversations. Esprit étroit, passant du coq à l'âne, il terminait toujours ses harangues, quel qu'en soit le sujet, par “Il faut détruire Carthage”. Autre formes latines de sens voisin (« Il faut détruire Carthage » ; « Carthage sera détruite ») : Delendam est Carthago; Carthago delendam est Carthago delenda est, Carthago est delenda, etc.
Delicta juventutis meæ 
« Les fautes de ma jeunesse. » Formule extraite du psaume 25, 7. Avec le même sens, la formule de la Vulgate est une peu différente : peccatores adulescentiae meae. Le psaume 25 supplie l'Éternel de pardonner les fautes de la jeunesse.
Deliriant isti Romani 
« Ils sont fous ces Romains. » Formule répétitive dans la bouche d'Obelix, compagnon d'Asterix, dans les albums éponymes de René Goscinny et Albert Uderzo.
Dente superbo 
« D'une dent dédaigneuse. » Horace, Satires, 2, 6, 87. Horace peint le tableau du rat des champs qui, recevant le rat des villes, honore celui-ci des mets qu'ils peut offrir ; le rat des villes, méprisant, goûte à tout mais laisse tout tomber, d'une dent dédaigneuse. Voir ici le texte charmant d'Horace. L'image a été reprise par La Fontaine dans Le Héron (Fables, 7, 4) :
Après quelques moments l’appétit vint ; l’Oiseau
S’approchant du bord vit sur l’eau
Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s’attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le Rat du bon Horace.
Deo gratias 
« Dieu merci. »
Deo juvante 
« Avec l'aide de Dieu. » Devise de Monaco.
Deo Optimo Maximo (D.E.O.) 
« Au meilleur et plus grand des Dieux. » Dérivé de la formule païenne Iupiter Optimo Maximo « Jupiter, le meilleur et le plus grand ». Figure sur les bouteilles de Bénédictine.
Deo volente 
« Avec la volonté de Dieu. » Terminait souvent des serments ou des lettres, souhaitant que les volontés exprimés s'exaucent avec la volonté de Dieu. Voir aussi Inch Allah.
Desiderata 
« Choses désirées, dont on regrette l'absence. » A pris, dans l'emploi moderne, le sens plus fort d’« exigences ».
Desinit in piscem mulier formosa superne 
« Un buste de femme qui finit en poisson. » Horace, Art poétique, 4. L'œuvre d'art, selon Horace, ne saurait être composée de membres incohérents ; elle est soumise à la loi de l'unité du sujet et de l'harmonie des parties. Voir ici le texte d'Horace.
Desipere est juris gentium 
« Extravaguer est un droit des gens. » Terme de droit romain. Bien utilisé, ce principe peut servir d'artifice rhétorique ; voir L'Art d'avoir toujours raison d'Arthur Schoppenhauer.
Desipere in loco 
« Oublier quelquefois la sagesse. » Horace, Odes, 4, 12, 28 enseigne à Virgile qu'il est bon, quelquefois, d'oublier la sagesse.
Deus dedit, deus abstulit, sit nomen domini benedictum 
« L'Éternel a donné et l'Éternel a ôté ; que le nom de l'Éternel soit béni. » Bible, Livre de Job, 1, 21. Job, sur son tas de fumier proclame sa foi en l'Éternel. Texte complet du verset 21 (traduction Louis Second, 1910) :
Je suis sorti nu du sein de ma mère,
et nu je retournerai dans le sein de la terre.
L'Éternel a donné et l'Éternel a ôté ;
Que le nom de l'Éternel soit béni.
Deus ex machina 
« Dieu sorti de la machine. » Formule de latin moderne décrivant les apparitions sur le théâtre, grâce à d'ingénieuses et coûteuses machineries, de dieux ou de déesses qui, à la fin des pièces à grand spectacle, dénouaient merveilleusement les intrigues les plus embrouillées. Par analogie, toute personne, tout événement dont l'intervention inattendue permet de résoudre une situation inextricable.
Deus caritas est 
« Dieu est amour. » Première encyclique du pape Benoît XVI.
Deus vult 
« Dieu le veut. » Cri de ralliement des Croisés.
Di meliora piisi 
« Dieux, donnez un meilleur sort aux hommes pieux. » Virgile, Géorgiques, 3, 513. Dans un passage célèbre, Virgile décrit les effets de la peste. On lira ici l'extrait du texte de Virgile d'où provient cette citation.
Diem perdidi 
Voir Amici, diem perdidi.
Dies iræ 
« Jours de colère. » Séquence de la messe des morts (Requiem). Voir ici le texte du « Dies irae ». Désigne aussi une pièce musicale animée, partie d'un Requiem. Les Dies irae les plus connus sont ceux de Mozart et de Verdi.
Difficiles nugae 
« Bagatelles laborieuses. » Abréviation de la formule Turpes est difficiles habere nugas « Il est honteux de s'appliquer laborieusement à des niaiseries ». Cathédrales en allumettes et châteaux de cartes : dans son épigramme II, Martial se gausse (voir ici) de ces tours de force patients, obstinés et inutiles.
Dignus est intrare 
« Il est digne d'entrer. » Formule empruntée à la cérémonie burlesque du Malade imaginaire de Molière et qui s'emploie toujours par plaisanterie quand il s'agit d'admettre quelqu'un dans une corporation ou une société.
Dilige et quod vis fac 
« Aime et fais ce que tu veux. » Augustin d'Hippone, Iohannis Epistulam ad Parthos tractatus decem., 8, VIIe Homélie sur la première épître de Jean. Voir ici le texte latin et sa traduction. Augustin a prononçé cette célèbre formule dans l'homélie prêchée aux nouveaux baptisés et aux fidèles d’Hippone, le matin du samedi de Pâques 407. Augustin y proclame le primat de la charité qui doit se trouver à la racine de tout acte chrétien ; mais il ajoute aussitôt une précision des plus importantes pour la pratique : cette charité peut inspirer au cœur du fidèle des comportements aussi différents que la miséricorde ou la sévérité, le silence ou la protestation, la correction ou l’indulgence qui, tous cependant, doivent être commandés par l’amour véritable du prochain, tenant compte, chaque fois, des personnes, des situations et des moments.
Dis aliter visum 
« Les Dieux en ont ordonné autrement. » Virgile, l’Énéide, 2, 428. Exprime un profond pessimisme sur le destin des hommes. En français, entre autres : "ce sont les meilleurs qui partent les premiers". Voir ici le texte de Virgile.
Dis manibus sacrum (D.M.S.) 
« Aux mânes sacrées de… » Formule romaine pour « À la mémoire de… » Sur les sépultures romaines, on lit en tête les abréviations "D.M." ou "D.M.S.", suivi, souvent en abrégé, du nom du défunt. La formule D.M./D.M.S. est parfois précédée , sur les sépultures anciennes, de l'abréviation "H.S.E." hic situs est « ici repose ».
Disjecta membra 
« Membres dispersés. » Paraphrase sur la formule d'Horace (Satires, 1, 4, 62) : Disjecti membra poetæ « Les membres du poète dispersés. » Voir ici le contexte.
Distinguo 
« Je distingue. » Terme scolastique que l'on emploie aujourd'hui pour se moquer de raisonnements où les distinctions entre cas sont si subtiles qu'elles en deviennent absurdes.
Divide et impera 
« Diviser pour régner. » (Variante : Divide ut imperes). La maxime, formulée avec rigueur par Machiavel, avait déjà largement mise en pratique par Rome. C'est un des fondements élémentaires de la stratégie. Formalisée, elle constitue un principe majeur en mathématiques appliquées et en algorithmique.
Dixi 
« J'ai dit. » Concluait habituellement un argumentaire ou une démonstration. Signifiait que l'interlocuteur avait complètement développé son point de vue.
Dixit 
« Il a dit. » Aprés une citation, indication, souvent entre parenthèses ou en italiques, que les termes rapportés sont authentiques, sans intervention ni modification de celui qui les rapporte. Voir aussi Ad pedem litteræ. Voir aussi Sic.
Do ut des 
« Je donne pour que tu donnes. » Expression accompagnant les sacrifices, ex-voto, mortifications, etc, espérant que la divinité invoquée réponde par un don.
Docendo discitur 
« On apprend en enseignant. » Attribué (surement de façon impropre) à Sénèque[réf. nécessaire].
Doctus cum libro 
« Savant avec le livre. » L'expression se dit de ceux qui étalent un savoir d'emprunt.
Dolus an virtus quis in hoste requirat ? 
« Ruse ou courage, qu'importe contre l'ennemi ? » Virgile, l’Énéide, 2, 390. Voir ici le texte.
Dominus vobiscum 
« Le Seigneur soit avec vous. » Dans le rite de la messe catholique, salut donné par le célébrant à l'assemblée des fidèles. Celle-ci répond : ...et cum Spiritu tuo. « ...et avec ton Esprit. »
Domus accipere debemus, non proprietatem domus, sed domicilium 
« Par domicile on entend, non pas la maison dont on est propriétaire, mais le bâtiment où l’on habite. » Adage juridique.
Dona nobis pacem 
« [Seigneur], donne-nous la paix. » Formule souvent mise en musique, soit seule, soit conjointement à l'Agnus Dei.
Donec eris felix, multos numerabis amicos 
« Tant que tu seras heureux, tu compteras beaucoup d'amis. » Ovide, Tristes, 1, 9, 5. Vers d'Ovide exilé par Auguste et abandonné de ses amis. On ajoute d'ordinaire le second vers : Tempora si fuerint nubila, solus eris : « Si le ciel se couvre de nuages, tu seras seul. » Cette réflexion convient à ceux qu'une foule d'amis entourent dans la prospérité et abandonnent dans le malheur.
Dramatis personae 
« Les masques du drame. » C'est-à-dire : « Distribution des rôles. »
Ducunt volentem fata, nolentem trahunt 
« Les destins conduisent celui qui se soumet à leurs arrêts ; ils entraînent celui qui résiste. » Sénèque, Lettres à Lucilius, 16, 107, 11. Voir ici le contexte. Exprime le point de vue stoïcien que le destin (fatum) est inexorable.
Dulce bellum inexperti 
« La guerre est douce aux jeunes gens. » Érasme. Voir, en réponse : Bella matribus detestata.
Dulce et decorum est pro patria mori 
« Il est doux et beau de mourir pour la patrie. » Horace, Odes, 3, 2, 13. Vers d'Horace s'adressant aux jeunes Romains pour leur conseiller d'imiter les vertus de leurs ancêtres et en particulier leur courage guerrier.
Dulce et utile 
« Doux et utile. » Horace, Art poétique, 343-344. Dans l'Art poétique, Horace prône qu'une œuvre littéraire doit joindre l'utile à l'agréable. Voir ici le paragraphe complet.
Dum Roma deliberat Saguntum perit 
« Rome délibère quand Sagunt est en péril. » Formule proverbiale pour exprimer qu'à une demande urgente, on répond avec lenteur, prudence et réflexion.
Dum spiro, spero 
« Tant que je respire, j'espère. » (Attribution fréquente et douteuse à Cicéron[réf. nécessaire]).
Dum vita est, spes est 
« Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir. »
Dum vitant stulti vitia in contraria currunt 
« Pour fuir un défaut, les maladroits tombent dans le défaut contraire. » Horace, Satires, 1, 2, 24.
Duos habet et bene pendentes ! 
« Il en a deux, et elles pendent bien ! » Formule prétendument utilisée lors de l'intronisation d'un nouveau pape, depuis la Papesse Jeanne, pour vérifier qu'il n'est pas une femme.
Duplex legum incertudino ; altera ubi lex nulla praescribitur, altera ubi ambigua et obscura 
« L'incertitude de la loi peut avoir deux causes ; dans les deux cas ses dispositions sont inopérantes, qu'elle soit ambiguë ou qu'elle soit obscure. » Adage juridique.
Dura lex, sed lex 
« La loi est dure, mais c'est la loi. »
Dura mater 
« Dure-mère. » Anatomie : membrane externe protégeant le cerveau.
Dura necessitas 
« La dure nécessité. »
Dux bellorum 
« Chef de guerre. »

E

E fructu arbor cognoscitur 
« On reconnaît l'arbre à ses fruits. »
E Pluribus Unum 
« De plusieurs est un. » Ou mieux : « De plusieurs, faisons un. » Devise des États-Unis d'Amérique.
Ecce panis angelorum 
« Voici le pain des anges. » Paroles inscrites parfois à proximité de l'autel des églises catholiques et qui fait référence à l'Hostie, à la Cène, au Corps du Christ et à l'Élévation.
Ecce Homo 
« Voici l'homme. » Paroles de Pilate présentant Jésus à la foule, selon l'Évangile de Jean, 19, 5.
Ecclesia abhorret sanguinem ou Ecclesia abhorret a sanguine 
« L'Église a horreur du sang. » Cette expression ne figure dans aucun texte de l'Église catholique. Sa première référence se trouve dans un ouvrage de François Quesnay de 1744 ayant pour sujet l'histoire de la chirurgie en France. Voir ici le fac-simile de la page de cet ouvrage où se trouve cette locution.
Editio princeps 
« Édition originale. » Première édition d'un ouvrage imprimé.
Ego non 
« Pas moi. » Voir Etiamsi omnes, ego non.
Ego sum qui sum 
« Je suis celui qui est. » Bible, Exode, 3, 14. Dans l'épisode du Buisson ardent, Moïse demande à Dieu de lui révéler son nom. Celui-ci répond : "Je suis יהוה". Ce nom est une conjugaison antique du verbe hébreu "être", qui signifie « Celui qui est ». Selon la tradition hébraïque, ce tétragramme sacré, transliterré "YHWH", ne saurait être prononcé. Sa prononciation exacte est donc inconnue. Toutefois, les Humanistes l'ont transcrit Jehovah (à prononcer "Iéhwah") ; dans les éditions modernes, on trouve aussi les transcriptions "Yahvé", "Yahweh", "Iahvé"… (Dans les langues sémitiques, les voyelles ne sont pas notées, ce qui en autorise des lectures différentes.) Une traduction plus compréhensible (mais moins littérale) du texte biblique pourrait être : « Mon nom est Yahweh, ce qui signifie "Celui qui est". »
Ego te absolvo 
« Je t'absous. » ou « Je te pardonne. » Abréviation de la formule Dominus noster Jesus Christus te absolvat ; et ego auctoritate ipsius te absolvo ab omni vinculo excommunicationis et interdicti in quantum possum et tu indiges. Deinde, ego te absolvo a peccatis tuis in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen. c'est-à-dire « Que Notre Seigneur Jésus Christ te pardonne ; et sous son autorité je t'absous de toute excommunication ou interdiction, dans la mesure de mon pouvoir et pour autant que tu en aies besoin. Par là, je t'absous de tes péchés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen. » Formule utilisée par le prêtre lors de la confession dans la liturgie catholique.
Eheu fugaces labuntur anni 
« Hélas, les ans s'enfuient, éphémères. » Horace, Odes, 2, 14.
Ejusdem generis 
« Du même genre. » Expression juridique. Indique qu'une liste non limitative ne s'applique toutefois qu'aux choses du même genre.
Ejusdem farinae 
« De la même farine. » S'emploie pour faire une comparaison péjorative. (Toutefois Balzac l'emploie dans Le Père Goriot avec un sens mélioratif.) L'expression aurait son origine chez le poète latin Perse, Épîtres, 5, 115.
Ejusdem furfuris 
« Du même son*. » (* enveloppe du grain de blé.) Même sens que Ejusdem farinae.
Ens causa sui 
« Existant par soi-même. » Traditionnellement : dont l'existence ne résulte d'aucun autre principe ; tel que Dieu ou l'Être suprème. Voir aussi Sui generis.
Entitas ipsa involvit aptitudinem ad extorquendum certum assensum 
« La réalité suppose le pouvoir d'obtenir l'assentiment commun. » Expression de la philosophie occidentale sur le nature de la Vérité.
Eo ipso 
« Par soi-même ; lui-même ; exactement. » Par exemple : Eo ipso die « Ce jour-là précisément. »
Epicuri de grece porcum 
« Pourceau du troupeau d'Épicure. » Horace, Épîtres, 1, 4, 16. La philosophie du juste milieur d'Horace est excédée par l'autérité des Stoïciens : il enchérit ironiquement sur leur langage en se ravalant lui-même au rang de brute et de pourceau.
Equo ne credite 
« Ne faites pas confiance au cheval. » Virgile, l’Énéide, 2, 48-49. Par allusion au cheval de Troie. Voir ici les vers de Virgile.
Erga omnes 
« Opposable à tous, aux tiers. » Expression juridique.
Ergo 
« Donc ; par conséquent. » Conclut un raisonnement logique. Voir Cogito ergo sum.
Ergo glu capiuntur aves 
« C'est pourquoi les oiseaux se prennent à la glu. » Expression burlesque par laquelle on se moque de grands raisonnements qui ne mènent à rien.
Eritis sicut dii 
« Vous serez comme des dieux. » Paroles du Serpent (Genèse, 3, 5) qui s'adresse ainsi à Éve pour la décider à manger du fruit défendu. Voir ici le récit biblique.
Errata 
« Erreurs. » Dans un ouvrage, liste des erreurs à corriger.
Erratum 
« Erreur. » Erreur à corriger. Dans un ouvrage : souvent dans un feuillet inséré ou, lors d'une réédition, en note de bas de page ou en annexe.
Errare humanum est, perseverare diabolicum 
« Il est humain [dans la nature de l'Homme] de se tromper, mais persévérer [dans l'erreur] est diabolique. » La formule est une amplification de l'expression plus brève Errare humanum est. Celle-ci est fréquemment – et surement de façon incorrecte – attribuée à Sénèque. On ne la trouve pas, par une exploration systématique, dans la quinzaine de ses œuvres les plus connues. De plus, l'adjectif diabolicus ne relève pas du latin classique mais plutôt au latin médiéval.
Error communis facit jus 
« Une erreur commune fait naître une apparence de droit. » Adage juridique.
Esse quam videri 
« Être plutôt que paraître. » Devise d'usage répandu. Fréquemment attribuée à Cicéron (Des Devoirs, 26, 97) ; mais la formule y est employée dans un sens si différent qu'il s'agit d'un contre-sens. (Voir ici le texte de Cicéron). La source de la formule est plus surement dans Salluste, Guerre de Catilina, 54. (Voir ici le texte de Salluste)
Et alibi 
« Et en autres lieux. » Abrégé : et al. Variante de et cetera. Expression ajoutée après une liste de noms de lieux pour indiquer des lieux non cités.
Et alii 
« Et les autres. » (Souvent abrégée en et al. ou e.a.) Expression ajoutée après le nom du ou des principaux auteurs d'un ouvrage pour désigner collectivement les collaborateurs secondaires.
Et campos ubi Troja fuit 
« Et les champs où fut Troie. » Virgile, l’Énéide, 3, 12. Troie est en flammes. Tous ceux qui ont échappé au désastre sont réunis autour d'Énée. « Alors, dit-il, je quitte en pleurant les rivages de la patrie, le port hospitalier et les champs où fut Troie. » Ce vers plein de tristesse et de mélancolie, est resté l'expression éloquente de la douleur des peuples chassés de leur patrie.
Et cetera 
« Et toutes les autres choses. » (Abrégée en etc.) Ajouté après une liste de chose pour spécifier toutes les autres choses du même genre.
Et cœtera 
Variante orthographique de Et cetera.
Et facta est lux 
« Et la lumière fut. » Voir Fiat lux !
Et in Arcadia ego 
« Je suis aussi en Arcadie. » L'Arcadie est, pour les Anciens, le lieu des félicités. Mais la Mort personnifiée dit : "Je suis aussi en Arcadie". Cette formule est le titre de deux tableaux de Nicolas Poussin, plus connus comme Les bergers d'Arcadie, dans lesquels des bergers sont réunis autour du sombre bloc d'un tombeau. Formule équivalente : Memento mori.
Et lux in tenebris lucet 
«  La lumière luit dans les ténèbres » Évangile de Jean, 1, 5. Voir ici les versets en contexte.
Et nunc reges, intelligite… erudimini, qui judicatis terram 
«  Et maintenant, vous les grands de ce monde, instruisez-vous, vous qui décidez du sort du monde ! » Psaumes, 2, 10 (voir ici). Cité par Bossuet dans son oraison funèbre de la reine Henriette d'Angleterre (Madame se meurt, madame est morte…) pour signifier que les malheurs des rois sont pour les hommes la plus éclatante et la plus instructive des leçons.
Et sequentes 
« Et suivantes. » Abrégé en et seq. : Utilisé pour renvoyer à une page et suivantes d'un ouvrage cité en référence.
Et seq. 
Abréviation de et sequentes.
Et suppositio nil ponit in esse 
« Supposer une chose ne lui confère pas l'existence. » Principe de scolastique médiévale. Voir A posse ad esse non valet consequentia.
Et tu Brute 
«  Et toi aussi, Brutus. » Expression par laquelle Shakespeare rend dans sa tragédie Jules César le Tu quoque mi fili prononcé par César au moment de sa mort. Expression généralement utilisée dans le monde anglo-saxon là où les francophones disent "Et toi aussi, mon fils !".
etc. 
Voir et cetera.
Etiam innocentes cogit mentiri dolor 
«  La douleur force à mentir même les innocents. » Montaigne, Essais, 2, 15. Voir le texte ici.
Etiam periere ruinæ 
«  Les ruines même ont péri. » Lucain, La Pharsale, 9, 969. Paroles mélancoliques du Lucain racontant la visite de César aux ruines de Troie.
Etiamsi omnes, ego non 
Littéralement : « Pas moi, même contre tous les autres. » Évangile de Matthieu, 23, 33. Paroles de Pierre à Jésus. Voir ici le contexte. A servi de thème de résistance, en particulier dans l'Allemagne nazie (Philipp von Boeselager ; Joachim Fest, dont la biographie porte le titre Ich Nicht - traduction allemande de Ego non.)
Ex abrupto 
«  Brusquement ; sans préambule. » Voir aussi Ab Abrupto.
Ex abstracto 
« À partir de l'abstrait ; dans l'abstrait. »
Ex æquo 
« À égalité.»
Ex Africa semper aliquid novi 
«  D'Afrique surgira toujours du neuf. » Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 8, 17, 42. Voir ici l'intégralité du paragraphe, qui explicite le contexte.
Ex animo 
Littéralement : « Venant de mon âme », c'est-à-dire « sincèrement. »
Ex-ante 
« Au préalable. » En économie, une analyse "ex-ante" est une analyse prévisionnelle intervenant avant la survenance des faits étudiés. Voir Ex-post ; voir aussi A priori.
Ex cathedra 
« De la chaire. » Un enseignement ex cathedra se réfère, dans la théologie catholique, à un enseignement du pape dont on considère qu'il a l'intention d'invoquer l'infaillibilité. Expression utilisée couramment pour qualifier l'enseignement d'un maître supposé incontestable, voire, plus péjorativement, d'un enseignement magistral excluant toute question ou contestation, qui ignore l'auditoire et sa compréhension du sujet.
Ex dolo malo 
« Par fraude ». Dolus malus est le terme romain désignant la fraude ou la tromperie. Le principe de droit romain est : ex dolo malo non oritur actio, c'est-à-dire « aucune poursuite judiciaire ne saurait résulter de la fraude ou de la tromperie. »
Ex dono 
« Provenant du don, de la donation de… » où suit le nom du donateur. Se lit dans les musées sous les œuvres provenant d'une donation.
Ex falso sequitur quod libet 
« Du faux découle ce que l'on veut. » Principe de raisonnement logique selon lequel d'une proposition fausse on peut déduire n'importe quelle proposition.
Ex gratia 
« Par bonté. » Désigne une action, un don effectué par bonté, sans attendre de gain ou de récompense. Selon le droit romain, un don ex gratia exclut toute autre responsabilité ou obligation.
Ex hypothesi 
« Par hypothèse. »
Ex infra 
« Comme il résulte de ce qui est dit plus loin. » Référence dans des écrits universitaires.
Ex libris 
« Faisant partie des livres de… » Mention apposée sur la page de garde d'un livre pour en indiquer le propriétaire.
Ex-libris 
Gravure personnalisée, accolée en tête d'un livre, pour en désigner le propriétaire.
Ex malo bonum 
« Du mal peut naître un bien. » Augustin d'Hippone, Sermon LXI. [Référence nécessaire, Texte original nécessaire, Traduction en Domaine Public nécessaire]. Voir Bonum ex malo non fit.
Ex mea sententia 
« À mon avis. »
Ex nihilo nihil 
« De rien rien ne nait. » Version abrégée de Ex nihilo nihil fit.
Ex nihilo nihil fit 
« De rien rien ne nait. » Cette formule – ou une formule voisine – serait due d'abord à Empédocle [réf. nécessaire] et aurait été reprise par Lucrèce [réf. nécessaire]. Toutefois, ces deux références partout recopiées sont suspectes et demandent à être vérifiée. On trouve l'expression dans Perse, Satires, 3, 84 : voir ici le contexte. À l'origine, elle signifiait : « On n'a rien sans rien. » Elle a pris par la suite un sens philosophique plus vaste pour dire que « tout effet a une cause » (voir Causalité). Enfin, plus récemment encore, en physique contemporaine, elle est associée aux lois de conservation et de symétrie (voir Emmy Noether).
Ex novo 
« De neuf. » Se dit de quelque chose qui a été élaboré de neuf, à partir de rien. Voir De novo.
Ex officio 
« De sa fonction. » En vertu de sa position ou de son rang.
Ex opere operantis 
« Par l'œuvre de l'opérant. » Proposition de théologie catholique qui s'oppose à la proposition Ex opere operato. Cette proposition signifie que la grâce d'un sacrement dépend de l'état ou des disposition de celui qui l'administre / de celui qui le reçoit.
Ex opere operato 
« Par le fait que le rite est accompli. » Proposition de théologie catholique attribuée à Saint Thomas. Cette proposition signifie que la grâce d'un sacrement ne dépend que de Dieu ; mais ni de celui qui administre le sacrement, ni de celui qui le reçoit. Le rite du sacrement porte en lui-même sa propre efficience. Le Concile de Trente à posé la thèse du caractère ex opere operato des sacrements.
Ex pede Hercule 
« Par la mesure du pied d'Hercule vous aurez sa taille toute entière. » La connaissance de la partie donne accès au tout. Application des lois de proportionnalité découvertes pas les pythagoriciens et transmise sous cette forme par Aulu-Gelle.
Ex-post 
« Après coup. » En économie, une analyse "ex-post" est une étude intervenant après la survenance des faits étudiés. Voir Ex-ante ; voir aussi A posteriori.
Ex silentio 
« Par le silence. » Un argument qui ne reçoit ni réplique ni réfutation est supposé admis. Argumentum ex silentio : argument admis comme vrai puisque le contradicteur n'a su y trouver d'objection.
Ex situ 
S'oppose à In situ.
Ex supra 
« Comme il résulte de ce qui a été dit ci-dessus. » Référence dans un ouvrage universitaire.
Ex tempore 
« À l'instant ; tout de suite ; immédiatement. »
Ex tenebris lux 
« Des ténèbres viendra la lumière. » Devise de la ville de Genève, Suisse.
Ex ungue leonem 
« On reconnaît le lion à sa griffe. » On reconnaîtrait, selon l'adage, l'artiste à sa "patte".
Ex vi termini 
« Par la force du terme. » Par définition.
Ex vulgus scientia 
« La sagesse populaire. »
Ex vivo 
« En dehors de l'organisme vivant. » En biologie, expression employée pour ce qui est relatif aux cellules cultivées en milieu artificiel. Voir In vivo.
Ex voto 
« En conséquence d'un vœu. » Voir Ex-voto.
Ex-voto 
Offrande faite à un dieu en demande d'une grâce ou en remerciement d'une grâce obtenue.
Exceptio est strictissimae interpretationis 
« L'exception doit être interprétée de la façon la plus stricte. » Adage juridique.
Exceptio firmat regulam in casibus non exceptis 
« L'exception confirme la règle quant aux cas non exceptés. » Adage juridique.
Excusatio non petita accusatio manifesta 
« Une excuse non demandée est un aveu de culpabilité. » En français : "Qui s'excuse s'accuse."
Exeat 
« Qu'il sorte. » Permission de sortir ; billet de sortie ; autorisation d'exercer dans un autre établissement, une autre institution.
Exegi monumentum ære perennius 
« J'ai érigé un monument plus durable que l'airain. » Horace, Odes, 3, 30, 1. Voir Ære perennius exegi monumentum. Le poète, terminant le recueil de ses trois premiers livres, promet à son œuvre l'immortalité. Voir le texte ici.
Exempli gratia 
« Par exemple. » Souvent abrégé en e.g. La forme e.g. est encore très employée dans quelques langues, comme l'anglais, y compris à l'oral.
Exemplum est argumentatio in qua ex uno singulari infertur, quod fieri potest a pari, vel a contrario, vel a fortiori 
« L'argument par l'exemple est celui par lequel, en partant d'un cas particulier, on conclut à ce qui peut être fait par équivalent, au contraire, ou à plus forte raison. » Adage juridique.
Exeunt 
« Ils sortent. » Parfois utilisé au théâtre en didascalie pour indiquer que les personnages sortent de la scène.
Exit 
« Il sort. » Parfois utilisé au théâtre en didascalie pour indiquer que le personnage sort de la scène.
Exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor 
« Qu'un vengeur naisse un jour de ma cendre ! » Virgile, l’Énéide, 4, 626. Imprécation de Didon mourante. Virgile fait remonter à Didon la haine qui divisa Rome et Carthage. Le vengeur futur qu'évoque Didon, c'est Annibal, ennemi irréconciliable et terrible des Romains.
Experimentum crucis 
« Expérience cruciale. » Preuve décisive d'une théorie scientifique.
Extra ecclesiam nulla salus 
« Hors de l'Église, point de salut. » Mots de Saint Cyprien de Carthage, évêque du IIIe siècle, exprimant que la doctrine de l'Église catholique est indispensable au salut.
Extra omnes 
« Tous dehors ! » Expression employée lors d'un conclave pour faire sortir de la Chapelle Sixtine ceux qui ne participeront pas à l'élection du prochain pape.

F

Fabricando fit faber 
ou Fabricando fabri fimus : « La pratique fait l'ouvrier. » Équivalent français : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron."
Fac simile 
« Fait à l'identique. » Fax est une contraction de fac simile utilisée pour désigner un télécopieur.
Fama volat 
« La rumeur vole. » Virgile, l'Énéide, 3, 121. Voir ici cette métaphore dans le texte de Virgile.
Felix culpa 
« Heureuse faute. » La formule compléte est O felix culpa, quœ talem ac tantum meruit habere redemptorem ! « Ô heureuse faute qui nous a donné un si grand rédempteur ». Elle trouve son origine dans une homélie de Saint Augustin et a été intégrée dans l'hymne du samedi pascal Exultet jam angelica turba cœlorum « Que la troupe angélique tressaille de joie dans les cieux. », pour la bénédiction des cierges. Saint Augustin appelle heureuse faute le péché originel, qui a mérité aux hommes la gloire d'être rachetés par le Fils de Dieu.
Felix qui potuit rerum cognoscere causas 
« Heureux celui qui a pu pénétrer le fond des choses. » Virgile, Géorgiques, 2, 490. Souvent cité pour vanter le bonheur de ceux dont l'esprit vigoureux pénètre les secrets de la nature et s'élève ainsi au-dessus des superstitions du vulgaire. Voir ici le texte de Virgile.
Fere libenter homines id quod volunt credunt 
« Généralement, les hommes croient ce qu'ils veulent croire. » César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, 3, 18.
Festina lente ! 
« Hâte-toi lentement !» Agis avec obstination mais sans précipitation.
Fiat lux ! 
« Que la lumière soit !» Bible, Genèse, 1, 3. Parole de Dieu lors de la Création du Monde. La phrase complète est : Fiat lux, et lux fit « Que la lumière soit, et la lumière fut ». Variante Et facta est lux.
Fiat voluntas tua 
« Que ta volonté soit faite. » Mots tirés de l’Oraison dominicale chrétienne, qui résument l'obéissance du croyant à la volonté divine.
Fide, sed cui vide 
« Fais confiance, mais prends garde à qui. »
Fidei Defensor 
« Défenseur de la Foi. » Latin moderne. Abrégé (Fid Def) ou (fd). Titre attribué le 17 octobre 1521 à Henry VIII d'Angleterre par le Pape Léon X avant qu'il devienne hérétique. Ce titre est toujours revendiqué par les souverains britanniques et figure, en abrégé, sur les pièces de monnaie.
Finis coronat opus 
« La fin couronne l'œuvre. » S'emploie en bonne ou en mauvaise part. Peut se comprendre, par exemple comme In cauda venenum, ou comme La fin justifie les moyens.
Flagellum Dei 
« Fléau de Dieu. » Attila le Hun.
Flagrante delicto 
« En flagrant délit. » (Terme de droit).
Florebo quocumque ferar 
« Je fleurirai partout où je serai porté. » Devise de la Compagnie française des Indes occidentales aux XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd'hui devise de l'île de la Réunion.
Fluctuat nec mergitur 
« Elle tangue mais ne sombre pas. » Devise de la ville de Paris.
Fontes aquarum 
« La source des eaux. ». Bible, Psaume 41, 1 : Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus. « Ainsi que le cerf altéré cherche la source, mon âme te cherche, Seigneur. »
Fortes fortuna juvat 
« La chance favorise les courageux. ». Voir Audaces fortuna juvat.
Fortissimi sunt belgae 
« Les plus braves sont les Belges. » César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, 1, 1, 3. Voir Horum omnium fortissimi sunt Belgae.
Fortuna caeca est 
« La fortune est aveugle. » Cicéron, De Amicita, 15, 54. Voir le contexte ici.
Fragrans feminæ 
« Odeur de femme. »
Fraus omnia corrumpit 
« La fraude entache de nullité tout acte accompli sous son couvert. » Adage juridique.
Fugit irreparable tempus 
« Le temps s'enfuit, perdu pour toujours. » Ovide, Géorgiques, 3, 284. Vers imité ou paraphrasé par La Fontaine, Boileau, Walter Scott
Furor arma ministrat 
« La fureur fournit des armes » Virgile, l'Énéide, 1, 150. Voir ici le texte de Virgile.

G

Gaudeamus hodie 
« Réjouissons-nous aujourd'hui. » Titre d'un célèbre gospell, musique de Rainer Butz.
Gaudeamus igitur 
« Réjouissons-nous. » Chanson estudiantine datant du XVIIIe siècle.
Gaudium in veritate 
« La joie dans la vérité. » Expression utilisée dans les écrits catholiques. On trouve aussi Gaudium de veritate : « Joie de la vérité. »
Generalia specialibus non derogant 
« Les cas généraux ne dérogent pas aux cas spécifiques. » (Locution de droit anglo-saxon.) Lorsque dans une affaire un cas général et un cas particulier peuvent être invoqués, c'est le cas particulier qui s'applique.
Generis virtus nobilitas ! 
« La vertu de la race c'est la noblesse ! » La formule est due d'abord à Aristote, dans un ouvrage sur la noblesse, aujourd'hui perdu mais dont un long fragment a été conservé par Stobée. Celui-ci rapporte, en latin, la formule nobilitas idem est quod virtus generis « La noblesse est la vertu de la race. » C'est-à-dire qu'une race (une lignée) n'est noble que dans la mesure ou elle pratique la vertu. La devise de l'empereur Claude, Generis nobilitas, virtus « les vertus sont le propre des races nobles » a le sens réciproque, c'est-à-dire, évidemment, bien différent, voire spécieux.
Genius loci 
« Le génie du lieu. » Les aspects distinctifs, l'atmosphère particulière d'un lieu, tels qu'ils peuvent être célébrés dans les arts, la littérature, les légendes… À l'origine, le genius loci était un esprit protecteur particulier, représenté sous forme d'un serpent.
Gens humana ruit per vetitum 
« La race des humains se précipita dans le crime. » Horace, Odes 1, 3, 26. Voir ici le vers dans son contexte.
Genus irritabile vatum 
« La race irritable des poètes. » Horace, Épîtres, 2, 2, 102. Voir ici le vers dans son contexte.
Gesta non verba 
« Moins de mots, des actes. » Formule déjà populaire à Rome contre les politiciens. Paraphrasée ironiquement en mai 1968 : Assez d'actes, des mots.
Gladius legis custos 
« Le glaive gardien de la loi. » Devise gravée au fronton du Palais de justice de Paris : La force est au service du droit.
Gloria in Excelsis Deo 
« Gloire à Dieu au très haut des Cieux. » Premiers mots de la prière chrétienne du Gloria.
Gloria Patri 
« Gloire soit au Père. » Premiers mots de la doxologie Gloria Patri et Filio et Spirito Sancto.
Gloria Patri et Filio et Spirito Sancto 
« Gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit ». Dans le rite catholique, doxologie, c'est-à-dire court hymne ou chant de louange, pouvant être proclamée ou chantée en divers moments de la liturgie.
Gloria victis 
« Gloire aux vaincus ! » Titre d'un monument sculpté d'Antonin Mercié dont l'original se trouve à Washington aux États-Unis et une copie sur la place Jean-Moulin de Bordeaux, célébrant les soldats tués lors de la guerre franco-prussienne de 1870. (S'oppose au Væ victis ! du chef celte Brennus après la conquête de Rome.)
Graecia capta ferum victorem cepit 
« La Grèce soumise soumit son vainqueur. » Horace, Épîtres, 2, 1, 156. La culture des Grecs, soumis par les Romains, s'imposa au vainqueur. Voir ici le vers dans son contexte.
Graecum est, non legitur 
« C'est du grec, ça ne se lit pas. » Formule des scribes peu instruits du Moyen-Âge lorsqu'ils devaient recopier un mot ou un passage en grec dans un texte latin.
Grammatici certant 
« Les savants ne sont pas d'accord entre eux. » Abréviation de la formule plus complète : Grammatici certant et adhuc sub judice lis est. « Les savants ne sont pas d'accord entre eux et la question demeure à juger. » Au Moyen-Âge, le terme grammatici désigne les savants ; quant aux questions examinées, elles sont essentiellement d'ordre logique et théologique.
Gratis pro deo 
« Pour l'amour de Dieu. » S'emploie pour désigner toute action désintéressée, de façon éventuellement ironique. En français : travailler « pro deo » travailler « pour le Roi de Prusse » ; travailler « pour les beaux yeux de… »
Graviora manent 
« Le pire est à venir. » L'expression se trouve dans l’Énéide de Virgile 6, 1, 2, 84. Voir ici le texte virgilien.
Grosso modo 
Littéralement : « De manière grossière. » En gros ; approximativement.
Gutta cavat lapidem (non vi sed saepe cadendo) 
« La goutte fait un trou dans la pierre (pas par force, mais en tombant souvent). »

H

Habemus papam 
« Nous avons un pape. » Proclame en latin le cardinal protodiacre à l'issue d'un conclave, depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre au Vatican, pour annoncer l'élection d'un nouveau pape, l'identité de l'élu et le nom de règne qu'il s'est choisi. Voir Duos habet et bene pendentes !.
Habent sua fata libelli 
« Les livres ont leur propre destin. » Térence le Maure écrit au vers 1286 de son ouvrage De litteris, De syllabis, De Metris « Sur les lettres, les syllabes et les mètres » : Pro captu lectoris habent sua fata libelli « Par l'esprit du lecteur, les livres acquièrent leur propre destin. »
Hannibal ad portas ou Hannibal ante portas 
« Hannibal vient à nos portes » ou « Hannibal est devant nos portes. » La seconde formule est plus pressante que la première. Les deux expriment la terreur qu'inspira Hannibal aux Romains et sont proverbiales pour désigner un danger immédiat et extrême. Voir aussi Annibal ad portas.
Hic et nunc 
« Ici et maintenant. »
Hic et ubique terrarum 
« Ici et partout sur la Terre. » (Devise de la Sorbonne.)
Hic jacet lupus 
« Ici est le loup. » "Le loup" : la cause, le nœud d'un problème, d'une difficulté. Expression toujours utilisée en français contemporain.
Hic Rhodus, hic salta 
« Voici Rhodes : saute ! » Formule d'une fable d'Ésope. Un athlète vaniteux assure qu'il a fait un saut extraordinaire alors qu'il se trouvait à Rhodes, et qu'il peut en produire des témoins. Un de ses auditeurs réplique que ce n'est pas nécessaire ; il suffit qu'il refasse le saut là où il est.
Hoc signo vinces 
« Par ce signe, tu vaincras ». Peu avant la bataille du pont Milvius (28 octobre 312), Constantin aurait reçu la vision du labarum (étandard figurant le chrisme) et entendu une voix miraculeuse lui faire cette prédiction. Variante : In hoc signo vinces.
Hodie mihi, cras tibi 
« Aujourd'hui pour moi, demain pour toi. » Traduit aussi : “Aujourd'hui mon tour, demain le tien.”
Homines quod volunt credunt 
« Les hommes croient ce qu'ils veulent croire. » La citation littérale est : Fere libenter homines id quod volunt credunt.
Homo homini lupus 
« L'Homme est un loup pour l'Homme. » L'expression est initialement dans la pièce de Plaute Asinaria « L'Asinaire » ou « La comédie des ânes », 494. Voir le texte ici
Homo sum, humani nil a me alienum puto 
« Je suis un homme ; rien de ce qui est humain ne m'est étranger » Souvent attribué à Térence (L'Héautontimorouménos), mais plus vraisemblablement dû à Sénèque (Lettres à Lucilius, 14, 45, 53). Voir ici le texte de Sénèque.
Honoris causa 
« Pour l'honneur ; de façon honorifique. »
Hora fugit, stat jus 
« L'heure fuit, le droit demeure. »
Horas non numero nisi serenas 
« Je ne compte les heures que si elles sont sereines. » (Inscription de cadran solaire.)
Horum omnium fortissimi sunt Belgae 
« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves. » César, Commentaires sur la guerre des Gaules, 1, 1, 3. Voir ici le texte de César.
Horresco referens 
« Je frémis en le racontant. » Exclamation d'Énée racontant la mort de Laocoon. Virgile, l’Énéide, 2. Souvent utilisée ironiquement.
Horribile dictu 
« Horrible à dire. »

I

Nota : La lettre "J" n'existe pas en latin classique. Elle a été inventée par les humanistes du XVIe siècle pour distinguer le i-voyelle du i-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "I" en latin classique ; avec un "J" dans les éditions modernes.
I 
« Va. » (L'impératif du verbe eo « je vais » permet d'écrire la plus petite phrase latine.)
I tego arcana dei 
« Va ! je possède l'enseignement de Dieu. » (Anagramme de Et in Arcadia ego.)
i.e. 
Abréviation de id est.
Ibi deficit orbis 
« Ici finit le monde. » Sentence gravée, selon la légende ancienne, sur les Colonnes d'Hercule.
Ibid. 
Abréviation de Ibidem.
Ibidem 
« Au même endroit. » (Abréviation : Ibid.)
Id est 
« C'est-à-dire. » (Abréviation : i.e. surtout dans la littérature anglo-saxonne.)
Idem 
« La même chose. » (Abréviation : id.)
Idus Martiæ 
« Ides de Mars. » Le 15e jour de mars ; historiquement : jour où César fut assassiné en 44 AEC.
Iesus Nazarenus Rex Iudæorum 
« Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs. » (Traduit aussi souvent : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. ») Voir INRI.
Ignorantia iuris nocet (Ignorantia juris nocet) 
« L'ignorance du droit porte préjudice. » Adage juridique.
Ignorantia juris non excusat 
« L'ignorance de la loi n'est pas une excuse. » Adage juridique.
Ignorantia iuris neminem excusat (Ignorantia juris neminem excusat) 
« Nul n'est censé ignorer la loi. »
Ignorantia legis non excusat 
« L'ignorance de la loi n'est pas une excuse. »
Ignoti nulla cupido 
« On ne peut désirer ce qu'on ne connaît pas. » Ovide, L'Art d'aimer, 3, 397. Dans l'Art d'aimer, Ovide représente aux femmes qu'elles ne sauraient se faire aimer si elles ne se font connaître. Voir ici le texte d'Ovide.
Ignotum per ignotius 
« L'obscur par le plus obscur. » Une explication moins claire encore que ce qu'elle est censée expliquer.
Imitatio dei 
« Imitation de Dieu. » Principe partagé par plusieurs religions selon lequel le croyant doit s'efforcer de ressembler à Dieu. Dans le christianisme, on trouve le thème chez Saint Paul (Ep. 5.1), Hobbes ; dans le judaïsme, chez Gersonide, Maïmonide ; voir aussi les rapports avec le dharma bouddhiste.
Imperium in imperio 
« État dans l'État. »
Imperium sine fine 
« Un empire sans fin. » Virgile, l'Énéide, 1, 279. Selon Virgile, Jupiter prédit à Énée, avec la fondation de Rome, un empire sans fin.
Impossibilia nulla tenetur 
« À l'impossible nul n'est tenu . » Adage juridique. On ne peut se voir reprocher un délit d'inaction si l'action, en considération de la personne, est impossible. Par exemple, on ne peut vous reprocher de ne pas tenter de sauver une personne qui se noie si vous ne savez pas nager.
Imprimatur 
« Qu'il soit imprimé. » Autorisation d'imprimer délivrée par un évêque pour un ouvrage traitant de la foi catholique.
In 
« Dans. »
In absentia 
« En l'absence de… » Formule utilisée dans de nombreuses circonstances, par exemple lorsqu'une condamnation est prononcée en l'absence de l'accusé.
In actu 
« Ena acte » Dans l'acte lui-même, en réalité.
In articulo mortis 
« À l'article de la mort. » C'est-à-dire : "mourant".
In cauda venenum 
« Dans la queue le venin. » Pour décrire un argument, un discours, un propos polémique où "le mot qui tue" se trouve rejeté à la toute fin, comme par surprise.
In dubio pro reo 
« Le doute profite à l'accusé. »
In duplo 
« En double. »
In extenso 
« En intégralité ; en entier. »
In extremis 
« En dernière extrémité ; de justesse. »
In fine 
« À la fin ; en dernier ; finalement ; en conclusion. »
In girum imus nocte et consumimur igni 
« Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu. » C'est un palindrome et le titre d'un film de Guy Debord.
In hoc senso ou In sensu hoc 
« En ce sens. »
In hoc signo vinces 
Voir Hoc signo vinces.
In hunc effectum 
« À cet effet. » Désigne une mesure destinée à régler une problème précis ; une assemblée réunie pour traiter d'un sujet défini.
In illo tempore 
« En ce temps-là…. » Début de nombreux récits, de nombreuses fables.
In loco 
« Sur le lieu même. » Voir In situ.
In manus tuas commendo spiritum meum 
« [Père], je remets mon esprit entre tes mains. » Derniers mots de Jésus sur la croix, selon l'Évangile de Luc, 23, 46.
In medias res 
« Au milieu des choses. » Technique narrative qui consiste à débuter un récit en cours d'action ou lorsque l'intrigue est parvenue ou presque parvenue à conclusion.
In medio stat virtus 
« La vertu est au milieu. » Maxime latine au parfum radical-socialiste fréquemment et improprement attribuée à Horace. Adaptée de la sentence grecque μηδεν αγαν (mêdén ágan) « Rien de trop ! », devise de Solon d'Athènes, l'un des sept sages de la Grèce antique.
In memoriam 
« À la mémoire de… » Locution évoquant la mémoire d'un défunt. Mention apparaissant sur des monuments dédicatoires ou figurant en tête ou en fin d'œuvres de toutes natures (livres, écrits divers, films, etc.) et dédiant l'ouvrage à une personne défunte. Voir Beatæ memoriæ.
In naturalibus 
« En l'état de nature. » Totalement nu ; sans vêtements.
In nocte consilium 
« La nuit port conseil. »
In nuce 
« Dans la noix. » C'est-à-dire : en germe ; potentiel : à développer.
In omnia paratus 
« Paré à tout, à toute éventualité. »
In partibus infidelium 
« Dans les terres infidèles. » (Abrégé en in partibus.) Siège titulaire confié à un évêque sur lequel il ne peut avoir de juridiction effective. De fait, un "évêque in partibus" est un évêque "mis au placard."
In pectore 
« Dans le cœur. » Un cardinal in pectore est un cardinal nommé en secret par le pape. Voir Ab imo pectore.
In personam 
« À la personne. » Destiné à, dirigé vers, contre une personne.
In principio erat Verbum 
« Au commencement était la Parole. » Évangile de Jean, 1, 1. Voir ici le texte des cinq premiers versets.
In rerum natura 
« Dans la nature des choses. » Voir aussi Lucrèce, De natura rerum (« Sur la nature des choses. »)
In silico 
« Dans le silicium ; par ordinateur. » Expression pseudo-latine forgée à la fin du XXe siècle, à l'imitation de in vivo et in vitro. Certaines expériences, plutôt que d'être effectuées sur des objets réels (in vivo ou in vitro) peuvent être modélisées sur ordinateur (in silico).
In situ 
« Sur le lieu même. »
In toto 
« Entièrement, en totalité. »
In utero 
« Dans l'uterus. »
In utroque jure 
« Dans les deux droits. » Un doctorat in utroque jure est un doctorat en droit civil et en droit canon.
In vacuo 
« Dans le vide. »
In varietate concordia 
Devise de l'Union européenne. Traduction officielle en français : « Unis dans la diversité. »
In vino veritas 
« La vérité est dans le vin. »
In vitam æternam 
« Pour la vie éternelle ; pour l'éternité. » Voir : Ad vitam æternam.
In vitro 
« Dans le verre. » Signifie qu'une expérience est menée sur un objet dans des conditions de laboratoire (dans le verre d'une éprouvette). Utilisé surtout en biologie lorsqu'une expérience est conduite sur un objet vivant (cellule, organe, être) dans des conditions de laboratoire. Opposé à In vivo (et à In silico).
In vivo 
« Dans le vif. » Signifie qu'une expérience est menée sur un objet vivant dans les conditions de naturelles. Utilisé surtout en biologie lorsqu'une expérience est conduite sur un objet vivant (cellule, organe, être) dans ses conditions de vie naturelle. Opposé à In vitro (et à In silico). Voir aussi Ex vivo.
Incredibile dictu 
« Incroyable à dire ; chose qu'on a peine à croire. » Cicéron, 2e Philippique, Contre Marc-Antoine, 41, 106. Voir ici l'extrait correspondant du texte de Cicéron.
Index Librorum Prohibitorum 
« Liste des livres interdits. » Liste des livres dont la lecture est interdite par l'Église catholique.
Infandum, regina, jubes renovare dolorem 
« Reine, vous m'ordonnez de rouvrir de cruelles blessures. » Ovide, l'Énéide, 2, 3. Voir ici' le texte de Virgile.
INRI 
Abréviation de Iesus Nazarenus Rex Iudæorum et de In Nomine Romanum Imperium : « Au nom de l'empire romain. »
Intelligenti pauca 
« À ceux qui comprennent, peu de mots suffisent. » Proverbe latin.
Inter alia 
« Entre autres choses ; entre autres. »
Inter arma silent leges 
Traduction courante : « En temps de guerre, les lois sont muettes. » La maxime se trouve dans Ciceron, Pro Milone, 4 sous la forme : Silent enim leges inter arma, avec un sens assez différent : Cicéron défend Milon qui a tué dans une situation de légitime défense ; il pose qu'en cas d'agression, la victime a le droit à se défendre ; que les lois sont muettes sur le sujet et que c'est au juge de décider en fonction des intentions et des circonstances. Voir ici le texte de Cicéron.
Inter fæces et urinam nascimur 
« Nous naissons entre la merde et l'urine. » Formule attribuée fréquemment et faussement à Saint Augustin. On cite, parmi les auteurs possibles, Porphyre de Tyr et Bernard de Clairvaux.
Into Vinceres 
« C'est toi-même qu'il faut vaincre. » Maxime stoïcienne.
Intra muros 
« Dans les murs. » Dans les murs d'une ville fortifiée.
Intuitu personæ 
« Dépendant de la personne. » Un contrat de travail dépend de la personne avec laquelle il est conclu : c'est un contrat intuitu personnæ.
Imperium in imperio 
« État dans l'État. »
Iovis erepto fulmine per inferna vehitur Promethei genus 
« Grâce à la foudre ravie à Jupiter, la race issue de Prométhée est transportée dans les antres souterrains. » Devise du métro parisien, rédigée par son ingénieur en chef, Fulgence Bienvenüe, réputé bon latiniste. La « foudre ravie à Jupiter », c'est l'électricité ; la « race issue de Prométhée » ce sont les Hommes - Prométhée déroba le feu aux Dieux pour le donner aux Hommes ; les « antres souterrains », ce sont les tunnels du métro…
Ipsa scientia potestas est 
« La science même est source du pouvoir. » Francis Bacon, 1597. La locution complète est Nam et ipsa scienta potestas est.
Ipse dixit 
« Lui-même l'a dit. » Dans les débat de scolastique médiévale, argument fondé sur l'affirmation : "Aristote lui-même l'a dit." Qualifie un argument d'autorité. Voir Magister dixit.
Ipso facto 
« Par le fait même. » Voir aussi Eo ipso.
Ira furor brevis est 
« La colère est une courte folie. » Horace, Épîtres, 1, 2, 62.
Irritare crabrones 
« Irriter les frelons. » Jeter de l'huile sur le feu.
Is fecit, cui prodest 
« Celui qui l'a fait, c'est celui qui en profite. » À qui profite le crime ?
Is pater est quem nuptiæ demonstrant 
« Le père, c'est celui que le mariage désigne comme tel. »
Is qui tacet non fatetur, sed nec utique negare videtur 
« Qui se tait ne nie pas. » Adage juridique.
Ita diis placuit ! 
« Ainsi il a plu aux dieux. » : la chose est faite, accomplie ; il n'y a plus à y revenir.
Ite missa est 
Littéralement : « Allez, elle (la supplication) est envoyée (vers le Seigneur). » Paroles par lesquelles le prêtre clos la messe (en latin). Cette formule liturgique est à l'origine du terme français "messe".
Iunctis viribus 
« Par des forces unies. » : L'union fait la force.
Iurare in verba magistri 
« Jurer selon les paroles du maître. » Se conformer aux arguments d'autorité.
Iure uxoris 
« Par le droit de la femme. » Droit exercé par un époux en vertu des pouvoirs détenus par son épouse.
Iuventus stultorum magister 
« La jeunesse est le professeur des fous. »
Ius in bello 
« "Lois" da la guerre. » Limitations généralement acceptées quant aux armes autorisées, au traitement des prisonniers, etc.
Ius primae noctis 
« Droit de la première nuit. » Droit du seigneur ; droit de cuissage.
Ius sanguinis 
« Droit du sang. » Droit de la nationalité fondé sur la filiation.
Ius soli 
« Droit du sol. » Droit de la nationalité fondé sur le lieu de naissance.

J

Nota : La lettre "J" n'existe pas en latin classique. Elle a été crée par les humanistes du XVIe siècle pour distinguer le i-voyelle du i-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "I" en latin classique ; avec un "J" dans les éditions modernes.
Jesus Nazarenus Rex Judæorum 
Voir Iesus Nazarenus Rex Iudæorum.
Jovis erepto fulmine per inferna vehitur Promethei genus 
Voir Iovis erepto fulmine per inferna vehitur Promethei genus.
Junctis viribus 
Voir Iunctis viribus.
Jurare in verba magistri 
Voir Iurare in verba magistri.
Jure uxoris 
Voir Iure uxoris.
Juris praecepta sunt haec : honeste vivere, alterum non laedere, suum cuique tribuere 
« Les principes fondamentaux du droit sont les suivants : vivre honnêtement, ne pas faire de tort à autrui, donner à chacun ce qui lui revient. » Adage juridique.
Juventus stultorum magister 
Voir Iuventus stultorum magister.
Jus est ars boni et aequi 
« Le droit est l'art du bien et de l'équité. » Adage juridique.
Jus gentium 
« Droit des gens. » (Droit international coutumier.)
Jus in bello 
Voir Ius in bello.
Jus primae noctis 
Voir Ius primae noctis.
Jus sanguinis 
Voir Ius sanguinis.
Jus soli 
Voir Ius soli.
Justicia omnibus 
« La justice est la même pour tous. » Adage juridique.

L

Labor omnia vincit improbus 
« Le travail opiniâtre vient à bout de tout. » Virgile, Géorgiques 1, 145 Le texte original est au passé : Labor omnia vicit improbus « Tous les obstacles furent vaincus par un travail opiniâtre. » Voir ici le texte de Virgile. Voir aussi Amor vincit omnia.
Laborare est orare 
« Travailler, c'est prier. » Formule probablement dérivée (et déformée) de la devise de l'ordre monastique chrétien de Saint-Benoît (Bénédictins) : Ora et labora « Prie et travaille. »
Lacrimis struit insidias cum femina plorat 
« Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes. » Dionysius Cato.
Lapsus calami 
« Trébuchement de plume ; erreur de plume. » (Le calame est une pointe de roseau servant à écrire.) Version moderne : "Faute de frappe."
Lapsus linguæ 
« Trébuchement de la langue. » Abrégé en "lapsus".
Lassata sed non satiata 
« Lasse mais non repue. » La formule exacte est lassata uiris necdum satiata recessit « Fatiguée des hommes, mais non pas rassasiée, elle s'en. » Juvenal, Satires, 6, 130, à propos des mœurs débauchées de Messaline. Voir ici le texte de Juvénal. Lassata sed non satiata est le titre du poème XXVI des Fleurs du mal de Charles Baudelaire.
Lata sententia judex desinit esse judex 
« Dès le jugement rendu, le juge cesse d’être juge. » Adage juridique.
Lato sensu 
« Au sens large. »
Laudator temporis acti 
« Laudateur du temps passé. » Horace, Art poétique, 173. Le vieillard loue le temps passé par jalousie de la jeunesse. Voir ici le contexte.
Laus Deo 
« Dieu soit loué. »
Leges instituuntur dum promulgantur 
« Les lois ne sont instituées qu'après avoir été promulguées. » Adage juridique. Voir Lex non promulgata non obligat.
Lex cessat, si finis adaequatus cessat, non vero si particulari 
« La loi cesse là où cesse son objet ; elle ne s'applique pas aux cas qui lui sont étrangers. » Adage juridique.
Lex moneat priusquam feriat 
« La loi doit avertir avant de frapper. » Adage juridique exprimant la prohibition des lois rétroactives. Voir : Moneat lex priusquam feriat.
Lex naturalis non scribitur, sed profluit quodam naturali fonte in singulis exprimititur 
« La loi naturelle n'est pas écrite ; elle s'épanche en chacun de nous comme une source naturelle. »
Lex non promulgata non obligat 
« Une loi non promulguée ne s’impose pas au justiciable. » Adage juridique. Voir Leges instituuntur dum promulgantur.
Lex non scripta 
« Loi non écrite. »
Lex parsimoniae 
« Loi de parcimonie. » Latin médiéval : les meilleures explications sont celles qui nécessitent le moins d'hypothèses. Voir "Rasoir d'Occam".
Lex ratio perfecta a rerum natura 
« La loi est une prescription de la raison qui dérive de la nature des choses. » Interpolé de Cicéron, Des Lois, 2, 4, 29. Voir ici le texte de Cicéron.
Lex talionis 
« Loi du talion. »
Libera nos a malo 
« Délivre-nous du mal. » Dernier verset de la prière chrétienne du Notre Père.
Libera te tutemet ex inferis 
« Sauve-toi toi-même de l'enfer. » Voir aussi Liberate me ex inferis. Les deux formules semblent être du latin moderne.
Liberate me ex inferis 
« Sauvez-moi de l'enfer. » Voir Libera te tutemet ex inferis.
Libidini nihil inhonestum 
« En amour, il n'est rien de déshonnête. » Formule sans attestation ancienne (la référence parfois faite à Épicure est très suspecte).
Libido imperandi 
« Désir de commander. »
Libido sciendi 
« Désir de savoir. »
Loc. cit. 
Abréviation de Loco citato.
Loc. laud. 
Abréviation de Loco laudato.
Loco citato 
« Au Passage cité. » (Forme à l'ablatif.) Renvoi fait à un passage déjà cité d'un ouvrage en référence. S'abrège loc. cit..
Loco laudato 
« Au passage approuvé. » (Forme à l'ablatif.) Dans un ouvrage en référence indique qu'un passage cité est approuvé (par la censure, par une autorité religieuse, etc.) S'abrège loc. laud.
Locus regit actum 
« Règle de droit international selon laquelle tout acte juridique est régi par la loi du lieu où il est accompli. » Adage juridique.
Loqui cum grano salis 
« Parler ironiquement. » Voir Cum grano salis.
Lux in tenebris 
« La lumière dans les ténèbres. » Voir Et lux in tenebris lucet.

M

Macte animo ! generose puer, sic itur ad astra 
« Courage noble enfant ! C'est ainsi qu'on s'élève vers les étoiles. » Virgile, l'Énéide, 9, 641. Parole prophétiques qu'adresse Apollon au jeune Ascagne, fils d'Énée et petit-fils de Priam. Voir ici l'extrait du texte de Virgile. Voir aussi : Ad astra ainsi que Sic itur ad astra.
Magister dixit 
« Le maître l'a dit. » Dans les débat de scolastique médiévale, argument fondé sur l'affirmation : "Aristote lui-même l'a dit." Qualifie un argument d'autorité. Voir Ispe dixit.
Magna cum laude 
« Avec grande louange. » Mention honorifique décernée dans le cursus universitaire. Supérieure à Cum laude et inférieure à Summa cum laude.
Magna est vis consuetudinis 
« Puissante est la force de l'habitude. ».
Magno cum gaudio 
« Avec grande joie. ».
Magnum opus 
« Grand Œuvre. » Chef-d'œuvre d'un artiste. En alchimie : transmutation du plomb en or.
Major e longinquo reverentia 
« De loin, l'admiration est plus grande. » Tacite, Annales, 1, 47.
Major poena minorem absorbat 
« La peine la plus grave absorbe la peine la moins grave. » Adage juridique.
Majores pennas nido 
« Déployer des ailes plus grandes que le nid natal. » Horace, Épîtres, 1, 20, 21.Voir ici un extrait du texte d'Horace.
Mala malus mala mala dat 
« Un mauvais pommier donne de mauvaises pommes. » Jeu de mots : les mots latins mālus, « pommier » et mălus, « mal » s'écrivent identiquement mais le premier se prononce avec un"a" long et le second avec un "a" bref.
Malitiis non est indulgendum 
« Il ne faut montrer aucune indulgence envers ceux qui sont de mauvaise foi. » Adage juridique.
Malum discordiae 
« Pomme de discorde. » Allusion à la pomme remise à Aphrodite par Pâris, ce qui provoquera la guerre de Troie. Association entre les mots mālus, « pommier » et mălus, « mal ».
Manu militari 
« Par la main militaire. » C'est-à-dire "par la force armée".
Manus dei 
« La main de Dieu. »
Manus manum lava 
« Une main lave l'autre ». Au sens figuré : "fais-moi une faveur et je te la rendrai" ou encore "passe-moi la rhubarbe, je te rendrai le séné".
Mare nostrum 
« Notre mer. » La Méditerranée, considérée comme un lac intérieur par l'Empire romain.
Margaritas ante porco 
« Jeter des perles aux cochons. » On dit aussi "donner de la confiture aux cochons".
Mater Dei 
« Mère de Dieu. » Dans la religion chrétienne : autre nom de Marie qui mit au monde le Messie.
Maxima debetur puero reventia 
« Le plus grand respect est dû à l'enfance. » Juvénal, Satires, 14, 47. Voir ici le texte de Juvénal.
Mea culpa 
« C'est ma faute. » Expression tirée de la prière chrétienne du Confiteor et fréquemment utilisée dans le langage courant.
Medicus curat, natura sanat 
« Le médecin soigne, la nature guérit. » Proverbe.
Medice, cura te ipsum 
« Médecin, soigne-toi toi-même. » Bible, Nouveau testament, Évangile de Luc, 4, 23. Parabole de Jésus Christ.
Memento mori 
« Souviens-toi que tu es mortel ; souviens-toi que tu mourras. » Voir aussi : Et in Arcadia Ego et Memento quia pulvis es.
Memento audere semper 
« Souviens-toi de toujours oser. » Formule latine adoptée pour devise par l'écrivain et poète italien Gabriele D'Annunzio.
Memento quia pulvis es 
« Souviens-toi que tu es poussière. » Bible, Genèse, 3, 19 : "C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras dans la poussière. »
Mens sana in corpore sano 
« Un esprit sain dans un corps sain. » Juvénal, Satires, 10, 356. Voir ici le texte de Juvénal.
Mihi cura futuri 
« Moi, je m'occupe de l'avenir. » Ovide, Métamorphoses, 13, 363. Dans une joute oratoire opposant Ajax et Ulysse, réclamant tous deux la gloire d'Achille après le combat contre Troie, Ulysse reproche à Ajax de n'être qu'une force brute quand lui-même ménage l'avenir. Voir ici le texte d'Ovide.
Minima de malis 
« De deux maux [choisit] le moindre. »
Minimum minimorum 
« Le plus petit des plus petits. »
Miserere nobi 
« Prenez pitié de nous. » Formule extraite de la prière chrétienne du Gloria et utilisée en divers moments de la liturgie.
Missi dominici 
« Envoyés du maître. »
Moderatio in omnibus 
« De la mesure en toute chose. » L'expression dérive de la formule Modus omnibus rebus, de même sens, que l'on trouve dans la comédie de Plaute Pœnulus, ou le jeune Carthaginois 1, 2, 238. Voir ici l'extrait de la comédie de Plaute.
Modus operandi 
« Mode opératoire ; manière d'agir. »
Modus vivendi 
« Moyen de vivre. » Arrangement permettant de faire cohabiter, collaborer, des personnes, des organisations en désaccord sur certains points. Au Canada, le modus vivendi a pris la forme juridique de l’'accommodement raisonnable.
Moneat lex priusquam feriat 
« La loi doit avertir avant de frapper. » Adage juridique exprimant la prohibition des lois rétroactives. Voir : Lex moneat priusquam feriat.
More ferarum 
« À la manière des bêtes. » Position sexuelle. Voir Position de la levrette.
Mors, ubi est victoria tua 
Voir Ubi est, mors, victoria tua.
Morituri te salutant 
« Ceux qui s'attendent à mourir te saluent. » Cette expression, dont on a fait une sorte d'emblème des combats de gladiateurs, n'est citée qu'une seule fois par les historiographes : chez Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Claude, 21, 13 et dans des circonstances très particulières. Voir ici le texte de Suétone. Comme l'indique la forme "morituri", les combats de gladiateurs n'étaient pas nécessairement mortels et bien moins sanglants que nous l'a transmis la tradition. Voir Ave Cæsar, morituri te salutant.
Motu proprio 
« De son propre chef. » Lorsque le Saint-Père de l'Église catholique romaine publie un texte de son propre chef, sans demande des évêques ou du peuple catholique, sans réponse à un jugement ou à une demande d'avis, il est dit motu proprio.
Multa paucis 
« Beaucoup de choses en peu de mots. » La concision, idéal du style latin, illustrée entre autres par Térence.
Multa remittuntur ei peccata quia dilexit multum 
« Il lui est beaucoup pardonné car elle a beaucoup aimé. » Bible, Nouveau testament, Évangile de Luc, 7, 47.
Multi sunt vocati, pauci vero electi 
« Il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. »
Mutatis mutandis 
« En changeant ce qui doit l'être. » En politique, en économie, en histoire, certaines situations sont comparables et peuvent éclairer les processus, l'avenir, etc., à condition d'effectuer les changements nécessaires. Ainsi, les deux situations seront comparables mutatis mutandis – en ayant changé ce qui doit l'être. (Bien entendu, l'exercice ne relève pas de la science, mais de la rhétorique).

N

N.B. 
Abréviation de Nota bene.
Nam et ipsa scienta potestas est 
« Car le savoir lui-même est pouvoir. » Francis Bacon, De Haeresibus, 1597. Aujourd'hui souvent paraphrasé Scienta potestas est ou Scienta potentia est « Savoir c'est pouvoir. »
Natare piscem doces 
« Tu apprends au poisson à nager. » Francis Ponge, Prôèmes, 1948.
Natura abhorret a vacuo 
« La nature a horreur du vide. » Formule probablement médiévale [réf. nécessaire].
Natura nihil frustra facit 
« La nature ne fait rien inutilement. » Leucippe aurait écrit : "Tout ce qui arrive a une cause et une raison".
Natura non contristatur 
« La nature est indifférente ; la nature ne s'afflige pas. » Schoppenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, 4, 54.
Natura non facit saltus 
« La nature ne fait pas de sauts. » Linné, Philosophia Botanica (1751). Vision gradualiste de Linné de l'évolution des espèces.
Naturam expelles furca, tamen usque recurret 
« Chasse le naturel à coups de fourche, il reviendra toujours. » Horace, Épîtres, 1, 10, 24. Traduit par Destouches : "Chassez le naturel, il revient au galop."
Ne bis in idem 
Voir Non bis in idem.
Ne quid nimis 
« Rien de trop. » C'est-à-dire "L'excès en tout est un défaut". Sentence proverbiale grecque adaptée en latin.
Ne varietur 
« Qu'il n'y soit rien changé. » Mention apposé sur un un contrat, un accord pour qu'il n'y soit rien changé ; mention sur une partition musicale pour qu'elle soir exécutée telle qu'écrite.
Nec Hercules contra plures 
« Il n'y a pas d'Hercule qui tienne contre une foule. » Traduction latine d'un proverbe polonais.
Nec plus ultra 
« Rien de mieux. »
Nec pluribus impar 
« Non inégal à plusieurs. » Devise de Louis XIV, roi de France. Double négation signifiant : "Supérieur à tous".
Nec spe, nec metu 
« Sans espoir et sans crainte. »
Nec ut emat melius, nec ut vendat, quidquam simulabit aut dissimulabit vir bonus 
« Ni pour acheter ni pour vendre au mieux, un homme de bien ne simulera ou ne dissimulera quoi que ce soit. » Cicéron, De Officiis (Traité des Devoirs), 3, 15, 62.
Necessitas reducit ad moerum jus naturae 
« L'état de nécessité réduit le droit aux instincts de la nature. » Adage juridique.
Neminem laedit qui suo jure utitur 
« Ne saurait blesser autrui celui qui ne fait qu’user de son droit. » Adage juridique.
Nemo admittitur sibi nocere 
« Nul n’est admis à exercer une action en justice pouvant lui nuire. » Adage juridique.
Nemo auditur propriam turpitudinem allegans 
« Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. » Adage juridique.
Nemo censetur ignorare legem 
« Nul n'est censé ignorer la loi. » Adage juridique. Autre forme : Nemo legem ignorare censetur.
Nemo damnatus sine judicio 
« Pas de condamnation sans procès. » Adage juridique. Voir aussi : Nulla poena sine lege.
Nemo est supra legis 
« Nul n'est au-dessus des lois. » Adage juridique.
Nemo judex in causa sua 
« Nul ne peut être à la fois juge et partie. » Adage juridique.
Nemo judex sine lege 
« Nul ne peut être juge sans loi. » Adage juridique. Autrement dit : "Nul ne peut s'instituer juge d'autorité, hors de la légalité", ce qui prohibe l'instauration de tribunaux populaires.
Nemo legem ignorare censetur 
« Nul n'est censé ignorer la loi. » Adage juridique. Autre forme : Nemo censetur ignorare legem.
Nemo plus juris ad quiam transfere potest quam ipse habet 
« Nul ne céder à autrui plus qu'il ne possède. » Adage juridique.
Nemo tenetur se ipsum accusar 
« Nul n'est tenu de s'accuser lui-même. » Ce ancien principe de droit romain est ignoré des droits qui accordent une valeur à l'aveu.
Neque ignorare medicum oportet quæ sit ægri natura 
« Le médecin ne doit pas ignorer la nature de la maladie. »
Nigro notanda lapillo 
« À marquer d'une pierre noire. ». Dans l'Antiquité, le noir est signe de jours néfastes ; le blanc de jours fastes. [Nota : de façon répétée et inexacte, cette locution est attribuée à Catulle. Elle ne se trouve pas chez ce poète. La locution la plus voisine que l'on trouve dans Catulle est : lapide illa dies candidiore notat « jour qui mérite d'être marqué d'une pierre blanche » Catulle, Poèmes, 58, 150. Voir ici le texte de Catulle.]
Nihil conveniens decretis ejus ! 
« Rien qui soit conforme à sa doctrine. » Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 31, 99. Voir ici le texte de Cicéron. Cicéron note que, dans ses lettres, Épicure contredit sa propre doctrine. Dans l'album Astérix et les Pirates de Goscinny et Uderzo, la formule est traduite plaisamment par "Que le Ciel lui tombe sur la tête".
Nihil lacrima citius arescit 
« Rien ne sèche plus vite qu'une larme. » Anonyme, La Rhétorique à Herennius, 2, 50. Formule fréquemment et faussement attribuée à Cicéron.
Nihil novi sub sole 
« Rien de nouveau sous le soleil. » Bible, Ecclésiaste, 1, 9. Voir ici le texte de l'Ecclésiaste.
Nihil obstat 
« Rien ne s'y oppose. » Approbation conférée par le censeur de l'Église catholique (censor librorum) pour diffuser un ouvrage traitant de la foi catholique.
Nil desperandum 
« Il ne faut désespérer de rien. »
Nil mortalibus ardui es 
« Rien n'est impossible aux mortels. » Horace, Odes, 1, 3, 35.
Nil nisi bonum 
« [Des morts] on ne doit parler qu'en bien. » Abréviation de la formule De mortuis nihil nisi bene.
Nil sine numini 
« Rien n'advient sans la volonté des dieux. » Proverbe.
Nil volentibus arduum 
Littéralement « Rien n'est impossible à qui le veut », plus joliment traduit : « À cœur vaillant rien d'impossible. »
Nolens, volens 
« Bon gré, mal gré. »
Noli me tangere 
« Ne me touche pas. » Bible, Nouveau testament, Évangile de Jean 20, 19. Marque aussi le respect dû à l'intégrité humaine et à l'inviolabilité du corps humain.
Noli turbare circulos meos 
« Ne perturbe pas mes calculs. » Apostrophe attribuée à Archimède au soldat qui, malgré les ordres, tua le célèbre savant lors de la conquête de Syracuse.
Nolite mittere margaritas amte porcos 
« Ne jette pas de perles aux pourceaux. » Voir Margaritas ante porcos.
Nomen est omen 
« Le nom [d'une personne] est un présage. »
Nomina si nescis, perit et cognito rerum 
« Si tu ignores le nom des choses, leur connaissance même disparaît. » Carl von Linné, Critica botanica, 1736.
Non ædificandi 
« Non constructible. »
Non bene olet qui semper bene olet 
« Il ne sent pas bon, celui qui sent toujours bon. » C'est-à-dire "Trop de perfection sent la tromperie." Martial, Épigrammes, 2, 12, 4.
Non bis in idem 
« Pas deux fois pour la même chose. » Principe général de droit : "Nul ne peut être poursuivi, jugé ou puni deux fois à raison des mêmes faits", transcrit à peu près sous cette forme dans la Déclaration européenne des droits de l'Homme.
Non fui, fui, non sum, non curo 
« Je n'existais pas, j'ai existé, je n'existe plus, cela m'est indifférent. » Inscription d'inspiration stoïcienne sur les pierres tombales ; souvent abrégée : NFFNSNC.
Non licet omnibus adire Corinthum 
« Il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe. » Traduction latine d'un proverbe grec : dans l'Antiquité, Corinthe était une ville chère ; il fallait beaucoup d'argent pour y vivre et il n'était pas permis à tout le monde d'y séjourner. Se dit des choses auxquelles on doit renoncer faute de moyens.
Non nisi parendo vincitur 
« On ne le/la soumet qu'en lui obéissant. » La locution conplète est Natura enim non nisi parendo vincitur : « On ne soumet la nature qu'en lui obéissant. » Francis Bacon, Novum Organum, 1620.
Non nobis, Domine, non nobis, sed Nomini Tuo da gloriam 
« Pas à nous, Seigneur, non pas à nous / Mais à Ton Nom seul donne la gloire. » Bible, Psaumes, 105, 1-2. Devise de l'Ordre du Temple.
Non omne quod licet honestum est 
« Tout ce qui n'est pas illicite n'est pas pour autant convenable. » Différence entre la loi et la morale du moment.
Non omnia possumus omnes 
« Nous ne pouvons tous faire toutes choses. » Ovide, Bucoliques, 8, 75. On donne de cette locution des traduction très profondes et philosophiques ; dans le texte de Virgile, le sens est beaucoup plus simple : le poète, après avoir chanté, constate qu'il n'a pas séduit son auditoire et dit : "on fait ce qu'on peut !".
Non possumus 
« Nous ne pouvons pas. » Formule utilisée par l'Église catholique, en particulier dans ses relations diplomatiques, pour exprimer un refus motivé par la foi. On donne à la formule deux origines différentes :
  • Dans la Bible, Nouveau testament, Actes des Apôtres, 4, 20, Pierre et Jean, sommés par les autorités de cesser leur enseignement, répondent : "Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu". Voir ici le texte.
  • Une autre version trouverai son origine dans l'histoire des Martyrs d'Abitène, interdits, par un arrêt de Dioclétien d'enseigner les Écritures, de disposer de lieux de cultes, de se réunir, en particulier le dimanche, pour célébrer l'Eucharistie. La formule complète serait : Sine dominico non possumus « Sans dimanche, non ne pouvons pas [vivre]. » Cette explication paraît faible et quelque peu sollicitée.
Non scholæ, sed vitæ discimus 
« Nous n'apprenons pas pour l'école mais pour la vie. » Formule médiévale attribuée parfois et improprement à Sénèque.
Non ut edam vivo, sed ut vivam edo 
« Je ne vis pas pour manger, mais je mange pour vivre. »
Non vestimentum virum ornat, sed vir vestimentum 
« Ce n'est pas l'habit qui embellit l'homme, mais l'homme qui embellit l'habit. »
Non vini vi no, sed vi no aquæ 
« Je ne nage pas grâce au vin, je nage grâce à l'eau. » (Jeu de mots.)
Nondum amabam, et amare amabam 
« Je n'aimais pas encore, mais je brûlais d'aimer. » Augustin d'Hippone, Confessions, 3, 1. Célèbre formule d'Augustin. Voir ici le texte.
Nosce te ipsum 
« Connais-toi toi-même. » Traduction latine de la formule grecque γνώθι σεαυτόν (gnôthi seautón).
Nota bene 
« Note bien. » Pointe une remarque importante. Abrégé "N.B."
Nulla dies sine linea 
« Pas de jour sans écrire une ligne. » Formule attribuée, de façon probablement erronée, à Pline l'Ancien à propos du peintre grec Apelle. Adoptée pour devise par Émile Zola et inscrite sur le linteau de cheminée de sa maison de Médan (voir : Histoire de Médan, la maison de Zola).
Nulla est medicina sine lingua latina 
« Nulle médecine sans latin. » Formule médiévale ayant pour objet de défendre la "médecine savante" contre la "médecine populaire".
Nullum crimen, nulla poena sine lege 
« Il n'est de crime sans une loi qui l'établit ; il n'est de peine sans une loi qui l'intitue. » Adage juridique.
Nulla poena sine lege 
« Il n'est de peine sans une loi qui l'intitue. » Adage juridique. Voir Nullum crimen, nulla poena sine lege.
Nulla regula sine exceptione 
« Pas de règle sans exception. »
Nulla res tam necessaria est quam medicina 
« Il n'est rien d'aussi nécessaire que la médecine. »
Nulla tenaci invia est via 
« Nulle route n'est infranchissable. »
Nullum crimen, nulla poenan nullum judicium sine lege 
« Nul crime, nulle peine, nul procès sans loi. » Principe du droit selon lequel aucune infraction n'existe, aucune procédure ne peut être engagée, aucune peine prononcée sans qu'une loi le prévoie expressément. Voir Principe de légalité en droit pénal.
Nullus idoneus testis in re sua intelligitur 
« Nul ne peut être entendu comme témoin dans sa propre cause. » Adage juridique.
Nunc est bibendum 
« C'est maintenant qu'il faut boire. » Horace, Odes, 1, 37, 1. Invitation à boire d'Horace dans une ode composée à l'occasion de la victoire d'Actium.
Numero deus impare gaudet 
« Un chiffre impair plaît aux Dieux. » Virgile, Les Bucoliques, 8, 75.
Numerus clausus 
Limite imposée par une autorité au nombre de récipiendaires d'un concours, d'une distinction, d'une charge, quel que soit le nombre d'impétrants.
Nullus idoneus testis in re sua intelligitur 
« Jamais une pluralité de délits ne doit assurer l’impunité de l’un d’entre eux. » Adage juridique.
Nutrisco et extinguo 
« Je m'en nourris et je l'éteins. » Devise de François Ier, Roi de France, en référence à la salamandre de son blason.

O

O altitudo 
Abréviation de la formule : O altitudo divitiarum sapientiæ, et scientiæ Dei : quam incomprehensibilia sunt judicia ejus, et investigabiles viæ ejus ! « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! » Bible, Nouveau Testament, Saint Paul, Épître aux Romains 11, 33. [Traduction : Louis Second, 1910.]
O et præsidium et dulce decus meum ! 
« Toi mon appui, toi mon honneur !. » Horace, Odes, 1, 1, 2. Affection manifestée par Horace à son ami et protecteur Mécène.
O fortunatos nimium, sua si bona norint, agricolas 
« Ô trop heureux s'il connaissent leur bonheur, les hommes des champs. » Virgile, Géorgiques, 2, 458-459.
O homines ad servitutem paratos 
« Ô hommes prêts à tout esclavage. » Tacite, Annales, 3, 65. Propos de Tibère, révulsé par l'attitude servile des sénateurs, rapportés par Tacite. Voir ici le récit de Tacite.
O tempora, O mores 
« Ô temps, ô mœurs ! » Ciceron, Catilinaires, 1, 1. Cicéron s'élève contre les mœurs de son temps qui laissent le séditieux Catilina défier le Sénat. Voir ici le texte de Cicéron. La formule est parfois traduite à contre-sens par "autre temps, autres mœurs".
O tempus edax ! 
Abréviation de la formule Tempus edax rerum « Le temps détruit toutes choses. » Ovide, Métamorphoses, 15, 234. Voir ici le texte d'Ovide.
O ubi campi ! 
« Ô la campagne ! » Virgile, Géorgiques, 2, 486.
Obiit 
« Il est mort/elle est morte. » Abrégé en ob. sur les pierres tombales.
Oculi plus vident quam oculus 
« Plusieurs yeux voient mieux qu'un seul. »
Oculos habent et non videbunt 
« Ils ont des yeux mais ne voient pas. » Bible, Psaume 115. La formule a pour sujet les idoles qui "ont des yeux mais ne voient pas". Voir ici l'extrait du psaume 115.
Oderint dum metuant 
« Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent. »
Formule reprise par de nombreux auteurs latins : Accius, Tragœdiarum fragmenta, Atrée, 8 ; Cicéron, Philippiques contre Marc Antoine, 1, 14, 34 ; Ciceron, Plaidoyer pour P. Sextus 48, 102 ; Ciceron, Des Devoirs, 1, 28, 97 ; Sénèque, De la clémence, 1, 12, 4 et 2, 2, 1 ainsi que De la colère 1, 20, 4.
Tibère et Domitien en auraient fait leur devise, mais, à la suite de Suétone, Vie des douze césars, Vie de Caligula, la formule est surtout attribuée à Caligula.
Odi et amo 
« Je hais et j'aime. » Catulle, Poèmes, 85. Voir ici le poème de Catulle.
Odit verus amor nec patitur moras 
« Le véritable amour hait et ne supporte aucun délai. » Sénèque, Hercules Furens, « Hercule furieux », 588.
Oleum camino 
« [Jeter] de l'huile sur le feu. » Erasme, Adages.
Oleum perdidisti 
« Tu as perdu ton huile. » L'huile qui a servi à éclairer tes nuits de labeur : "Tu as perdu ton temps, tes efforts." On disait d'un ouvrage laborieux qu'il "sentait l'huile".
Omne ignotum pro magnifico 
« Tout ce qui est inconnu est fascinant. » L'inconnu prend dans l'imagination une importance sans rapport avec la réalité : trop admirable ou trop terrifiant.
Omne ignotum pro terribili 
« Tout danger inconnu est terrible. » Variante de la formule précédente.
Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci 
« La perfection, c'est de joindre l'utile à l'agréable. » Horace, Art poétique, 343.
Omnes enim qui acceperint gladium, gladio peribunt 
« Tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée. » Bible, Nouveau testament, Évangile de Matthieu, 26, 52. Épisode de l'arrestation de Jésus au Mont des Oliviers ; paroles de Jésus au garde qui a sorti son glaive.
Omnes vulnerant, ultima necat 
« Toutes blessent, la dernière tue. » Formule affichée sur les cadrans d'horloge et les cadrans solaires en référence aux heures qui passent.
Omnia dicta fortiora si dicta Latina 
« Un propos prend plus de force lorsqu'il est dit en latin. » Pour le même sens, voir Quidquid Latine dictum sit altum videtur.
Omnia mea mecum porto 
« Je transporte avec moi tous mes biens. » Selon Cicéron, Bias, l'un des sept sages, fuyant Priène prise pas l'ennemi, à ceux qui s'étonnaient qu'il n'emporte aucun bien, ni meubles ni argent, répondait qu'il les portaient tous avec lui : la droiture, l'honnêteté et la vertu. Voir ici le texte de Cicéron.
Omnia mutantur, nihil interit 
« Tout change, rien ne meurt. » Ovide, Métamorphoses, 15, 165.
Omnia vincit amor 
« L'amour triomphe de tout. » ou L'Amour victorieux. Virgile, Bucoliques, 10, 69 : Omnia uincit Amor et nos cedamus Amori. « L'Amour soumet tout et toi aussi, cède à l'Amour. » Voir aussi, dans la même veine Labor omnia vincit improbus.
Omnibus viis Romam pervenitur 
« Tous les chemins mènent à Rome. »
Omnis homo mendax 
« Tout homme est menteur. » Ce qui conduit inévitablement au paradoxe d'Épiménide.
Omnium artium medicina nobilissima est 
« De tous les arts, la médecine est le plus noble. »
Onus probandi incumbit actori 
« La charge de la preuve d’un fait incombe à celui qui l’allègue. » Adage juridique.
op. cit. 
Abréviation de Opere citato.
Opera omnia 
« Œuvres complètes [d'un auteur]. »
Opera posthuma 
« Œuvres posthumes [d'un auteur]. »
Opere citato 
« Dans la source citée. » (Forme à l'ablatif.) Dans les écrits universitaires : ouvrage cité précédemment. Abrégé op. cit.
Optimum medicamentum quies es 
« Le meilleur médicament est le repos. » Formule médiévale.
Ora et labora 
« Prie et travaille. » Devise de l'ordre monastique chrétien de Saint-Benoît (Bénédictins).
Ora pro nobis 
« Priez pour nous. » Verset de la prière catholique O Sanctissima, très populaire chez les fidèles catholiques, invoquant la Vierge Marie.
Ordo ab chao 
« L'ordre né du désordre ; l'ordre issu du chaos. » Serait une devise de l'Ordre maçonnique de rite écossais [réf. nécessaire]. Locution moderne, prétendument latine, de sens plus ou moins obscur.

P

Panem et circenses 
« Du pain et des jeux. » Juvénal, Satires, 10, 81. Reproche adressé par Juvénal à l'abâtardissement du peuple romain qui ne réclamne plus que "du pain et des jeux". Voir ici le texte de Juvénal.
Para bellum 
« Prépare la guerre. » Abréviation de la formule Si vis pacem, para bellum. Désigne parfois une arme ironiquement et familièrement : "pour aller dans ce repaire de bandits, j'ai pris mon parabellum".
Pargere subjectis et debellare superbos 
« Épargner les faibles, abattre les superbes. » Virgile, l'Énéide, 6, 852. Formule employée ironiquement pour dire qu'on renonce à écraser complètement un malheureux adversaire que l'on a déjà terrassé.
Pari passu 
« D'un pas identique. » Tous ensemble, simultanément.
Passim 
« Ici et là ; partout ; en tous sens. » Dans les références d'un texte universitaire, indique un mot, une expression, une notion apparus déjà plusieurs fois dans les citations précédentes.
Pater familias 
« Père de la famille. » En droit romain, le Pater familias était un chef de clan jouissant d'un droit absolu sur la famille (au sens étendu) et les esclaves, seul propriétaire de tous les biens et disposant du droit de vie et de mort sur les membres du clan.
Pater omnipotens 
« Père tout puissant. » L'une des dénominations de Dieu dans la religion catholique.
Pater Patriae 
« Père de la Patrie. »
Pater peccavi 
« Mon père, j'ai péché. » Introduction de la confession dans le rite de l'Église catholique romaine.
Patere aut abstine 
« Endure ou t'abstiens. » La version moderne est due à Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne. »
Patere legem quam ipse fecisti 
« Souffre la loi que tu as faite toi-même. » Une autorité ne peut déroger à une loi qu'elle a elle-même édictée. C'est un des fondements de l'État de droit.
Pauca sed bona 
« Peu mais bon. » En petite quantité mais de bonne qualité, par exemple pour des aliments.
Pauca sed matura 
« Peu mais mûr. » Peut s'entendre à double sens. Aurait été la formule favorite du mathématicien Carl Gauss.
Pax æterna 
« Paix éternelle. » Épitaphe courante.
Pax Christi 
« La paix du Christ. » Vœu avant la communion dans ma messe catholique.
Pax Deorum 
« La paix des Dieux. » Vœu des Romains désirant obtenir la paix des Dieux plutôt que leur colère (Ira Deorum).
Pax in terra hominibus bonae voluntatis 
« Paix sur terre aux hommes de bonne volonté. » Formule extraite de la prière catholique du Gloria ou elle figure sous la forme Et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Pax Romana 
« Paix romaine. » Période de prospérité et de calme relatif des débuts de l'Empire romain.
Pax melior est quam iustissimum bellum 
« La paix est meilleure que la plus juste des guerres. »
Pax tecum 
« Que la paix soit avec toi. » Formule de salutation. Lorsque la salutation s'adresse à plusieurs personnes, on emploie pax vobiscum.
Pax vobiscum 
« Que la paix soit avec vous. » Formule de salutation en usage lors de diverses cérémonies chrétiennes et présente sous diverses formes dans l'Écriture sainte.
Pecunia non olet 
« L'argent n'a pas d'odeur. » Réponse de Vespasien à son fils Titus qui se plaignait des taxes sur les urinoirs : Voir : Atqui, e lotio est « Eh oui ! ça vient de l'urine. ».
Pede pœna claudo 
« Le châtiment suit le crime en boitant. » Horace, Odes, 3, 2, 32. La justice est lente mais inéluctable.
Per aspera ad astra 
« Par des sentiers ardus jusqu'aux étoiles ; dans l'adversité jusqu'aux étoiles. » Voir : Ad astra.
Per capita 
« Par tête. »
Per contra 
« Par contre ; au contraire. » Voir A contrario.
Per fas et nefas 
« Par le juste et l'injuste. » Par tous les moyens possibles, justes ou injustes, permis ou non.
Per inania regna 
« Dans le royaume des ombres. » Virgile, l'Énéide, 6, 269. Extrait d'un passage de l'Énéide ou l'auteur narre son voyage aux Enfers. Voir ici l'extrait du texte de Virgile.
Per os 
« Par la bouche. » Terme médical : médicament administré per os.
Per scientiam ad salutem ægroti 
« Le salut du malade passe par la science. »
Per se 
« En soi. » Sans référence à toute autre chose : négligence per se, faire le mal per se.
Perinde ac cadaver 
« Tel un cadavre. » Expression de la littérature de théologie ascétique illustrant l'obéissance parfaite à la volonté de Dieu.
Perpetuum mobile 
« Mouvement perpétuel. » Terme musical.
Persona non grata 
« Personne indésirable. »
Petitio principii 
« Pétition de principe. » Raisonnement fallacieux où la conclusion est contenue dans les prémisses.
Pia mater 
« Mère pieuse. » Terme médical : "Tendre mère". Des trois membranes qui protègent le cerveau et la moelle épinière, la dernière et la plus mince, en contact avec les tissus nerveux.
Pinxit 
« Peint par… » Abrégé Pinx. Le Portrait de monsieur Bertin de Ingres est signé et daté J. INGRES PINXIT 1832 en haut et à gauche.
Plaudite, cives ! 
« Applaudissez, citoyens ! » Formule par laquelle les comédiens romains sollicitaient les applaudissements du public à la fin du spectacle.
Plenus venter non studet libenter 
« On étudie mal lorsque le ventre est plein. »
Plures crapula quam gladius perdidit 
« L'ivresse est plus périlleuse que le glaive. »
Plurimae leges pessima respublica 
« Plus les lois sont nombreuses, pire est l’État. » Interpolé de Corruptissima re publica plurimae leges.
Plus ultra 
« Encore et au-delà. » Devise de l'Espagne.
Poena est malum passionis propter malum actionis 
« La peine est un mal causant une souffrance à raison du mal causé par une action. » Principe de droit.
Pons asinorum 
« Pont-aux-ânes. » Obstacle apparent qui ne rebute que les imbéciles.
Pontifex maximus 
« Grand Pontife. »
Post aut propter 
« Après cela ou bien à cause de cela. » La succession des événements n'implique pas la causalité. Voir Post hoc non est propter hoc.
Post cenam non stare sed mille passus meare 
« Après dîner ne reste pas, mais va flâner mille pas. »
Post cibum 
« Après les repas. » Terme médical : médicament à prendre post cibum, "après les repas". Voir Ante cibum.
Post coitum 
« Après le coït. » Après l'acte sexuel.
Post hoc ergo propter hoc 
« Après cela donc à cause de cela. » Sophisme selon lequel, lorsque deux événements se succèdent, le second est nécessairement la conséquence du premier.
Post hoc non est propter hoc 
« Après cela, mais pas à cause de cela. » S'oppose au sophisme Post hoc ergo propter hoc.
Post meridiem 
« Après midi. » Période de la journée comprise entre midi et minuit. Voir Ante meridiem.
Post mortem 
« Après la mort. » Voir Ante mortem.
Post mortem nihil est 
« Après la mort il n'y a rien. » Abréviation de Post mortem nihil est ipsaque mors nihil.
Post mortem nihil est ipsaque mors nihil 
« Après la mort il n'y a rien ; la mort elle-même n'est rien. » Sénèque, Les Troyennes, 2, 398. Voir ici le texte de Sénèque.
Post prandium 
« Après le déjeuner. » Après le repas qui rompt le jeun. Terme médical. Voir Ante prandium.
Post scriptum 
« Écrit après. » Abrégé en P.S. Utilisé aujourd'hui pour introduire une remarque, une note, un complément après la signature d'un document.
Post tenebras Lux 
« Après les ténèbres vient la lumière. » Devise du canton et de la république de Genève.
Praemonitus praemunitus 
« Celui qui est prévenu est prémuni », c'est-à-dire « Un homme averti en vaut deux. »
Præsente medico nihil nocet 
« Quand le médecin est là, pas de danger. »
Praesumptio sumitur de eo quod plerumque fit 
« Une présomption se tire de ce qui survient le plus souvent. » Adage juridique.
Prævenire melius est quam præveniri 
« Précéder vaut mieux qu'être précédé. »
Prima luce 
« À la première lumière. » À l'aube.
Primo occupanti 
« Droit du premier occupant. » Principe qui fonde, par exemple, au Canada, les droits territoriaux des peuples premiers.
Primum movens 
« Cause première. »
Primum non nocere 
« D'abord, ne pas nuire. » Un des principaux préceptes d'éthique médicale.
Primus inter pares 
« Premier entre les égaux. » Le primus inter pares jouit d'un rang honorifique ; sa voix est écoutée avec une particulière attention mais il ne dispose d'aucun pouvoir sur ses pairs.
Pro domo 
« Pour sa propre cause. » Littéralement : « Pour sa maison. » Expression courante : « Plaidoyer pro domo ».
Pro forma 
« Selon la forme requise. » Désigne le plus souvent un document respectant le minimum des formes requises.
Pro rata 
« Selon le rapport. » À proportion.
Pro tempore 
« Pour un temps limité. » Désigne souvent une fonction ou une charge temporaire.
Propria manu 
« De sa propre main. »
Prorata temporis 
« À proportion du temps écoulé. »
Punctum saliens 
« Point saillant. »

Q

Quæ sunt cæsaris, cæsari 
« À César ce qui est à César. » Bible, Évangile de Matthieu, 22, 21. Voir Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo.
Qualis artifex pereo ! 
« Quel artiste périt avec moi ! » (Néron au moment de sa mort.) Suétone, Vie des douze Césars, Néron.
Qualis pater, talis filius 
« Tel père, tel fils. »
Quandoque bonus dormitat Homerus 
« Quand le divin Homère sommeille. » Horace, Art poétique, 359. "Si, dans un mauvais poète, je trouve deux ou trois passages plaisants, je m'étonne et j'admire ; mais, plus exigeant, je me fâche quand le divin Homère sommeille." Pour dire que le plus grand génie aussi a ses moments de faiblesse, la plus grande œuvre ses parties plus médiocres.
Quantum libet 
Jargon médical : « À volonté. »
Quantum satis 
Jargon médical : « En quantité suffisante. »
Quantum sufficit 
Jargon médical : « Autant que nécessaire. »
Quaque hora 
Jargon médical : « À chaque heure. »
Quaque die 
Jargon médical : « Chaque jour. »
Quaque mane 
Jargon médical : « Chaque matin. »
Quaque nocte 
Jargon médical : « Chaque nuit. »
Quasimodo 
« De la même façon. » Premier mot de l'Introït de la messe du dimanche de l'octave de Pâques (huit jours après Pâques), dimanche de Quasimodo.
Quater in die 
Jargon médical : « Quatre fois jour. »
Quem di diligunt adulescens moritur 
« Ceux qu'aiment les dieux meurent jeunes. » Plaute, Les Bacchides, 4, 7, 18. Réplique sarcastique à son vieux maître d'un serviteur qui ajoute a parte « tant qu'ils sont forts, sensibles et sages. »
Qui bene amat, bene castigat 
« Qui aime bien châtie bien. »
Qui bene cantat bis orat 
« Qui chante bien prie deux fois. » D'après Saint Augustin, Commentaire du Psaume 74.1 : Qui enim cantat laudem, non solum laudat, sed etiam hilariter laudat ("Celui qui chante des louanges non seulement loue mais loue joyeusement.")
Qui cupit aut metuit liber non erit unquam 
« Qui désire ou craint ne sera jamais libre. » Formule forgée à partir de deux vers d'Horace :
  • Qui cupit aut metuit, iuuat illum sic domus et res… « À celui qui désire ou qui craint, sa maison et sa richesse font le même bien que… » Horace, Épître à Lullius ; Épîtres 1, 2, 51. Voir ici le vers et son contexte.
  • Qui metuens uiuet, liber mihi non erit umquam. « Celui qui vit dans la crainte, pour moi, ne sera jamais libre. » Horace, Épître à Quintius ; Épîtres, 1, 16, 66. Voir ici le vers et son contexte.
Qui dicit de omnibus dicit de singulis ; qui dicit de singulis non dicit de omnibus 
« Qui énonce des principes généraux y comprend les cas particuliers ; qui traite des cas particuliers ne dit rien des principes généraux. » Adage juridique.
Qui dicit de uno negat de altero 
« Qui affirme une chose nie son contraire. » Formulation élémentaire du tiers exclu en logique.
Qui est sine peccato, primum in illam lapidem mitat 
« Que celui qui est sans péché jette la première pierre. » Bible, Évangile de Jean, 8, 7
Qui habet aures audiendi audiat 
« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » Formule utilisée à de nombreuses reprises dans les évangiles (Évangile de Matthieu, 11, 15 ; 13, 43 ; Évangile de Marc, 4, 9, etc.) en conclusion de propos de Jésus, pour dire que l'on doit faire son profit de ce qui a été dit.
Qui nescit dissimulare nescit regnare 
« Qui ne sait dissimuler ne sait régner. » Formule médiévale qui aurait été la devise de Louis XI, roi de France.
Qui pro quo 
Équivalent approximatif : « Prendre un qui pour un quoi. » Ambigüité des pronoms latins "qui" et "quo" qui conduit à l'ambigüité des questions, des réponses et aux quiproquo.
Qui rogat non errat 
« Poser des questions n'est pas une erreur. »
Qui scribit bis legit 
« Celui qui écrit lit deux fois. » Écrire permet de mieux mémoriser.
Qui tacet consentire videtur 
« Qui ne dit mot semble consentir. »
Quia ego nominor leo 
« Parce que je m'appelle lion. » L'expression trouve son origine dans une fable d'Ésope traduite en latin par Phèdre : La vache, la chèvre, la brebis et le lion. Voir ici le texte de la fable. L'expression latine est une retraduction de la formule employée par La Fontaine dans sa version française de la fable (La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion). Cette fable est à l'origine de l'expression "se tailler la part du lion".
Quia nominor leo 
Voir Quia ego nominor leo.
Quia pulvis es et in pulverem reverteris 
« Parce que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière » Bible, Genèse, 3, 19.
Quia suam uxorem etiam suspiciore vacare vellet 
« Même la femme de César doit être insoupçonnable. » Plutarque, César, 10. La fête de Dea Bona, réservée exclusivement aux femmes, se tenait à la résidence du Grand Pontife, alors César. Elle était présidée par la seconde épouse de celui-ci, Pompéia. Un célèbre politicien, Clodius se présenta déguisé en femme ; démasqué par les femmes outragées, il s'enfuit avant d'être écharpé. Toutefois, on soupçonna que son comportement était motivé par une liaison avec Pompéia. Bien qu'aucune preuve n'ait été apportée à l'infidélité de son épouse, César répudia Pompéia avec les mots : « Même la femme de César doit être insoupçonnable. »
Quieta non movere 
« Il ne faut pas apporter le trouble là où règne la quiétude. » Adage juridique. Pose le principe de l'opportunité des poursuites.
Quid agis ? 
« Que se passe-t-il ? »
Quid est veritas ? 
« Qu'est-ce que la vérité ? » Bible, Évangile de Jean, 18, 38. Lors de son interrogatoire par Pilate, Jésus répond : "Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix". Pilate demande : "Qu'est-ce-que la vérité ?". Jésus ne répond pas. [Traduction : Louis Second, 1910.].
Quid novi ? 
« Quoi de neuf ? » Voir Quid novi sub sole ?.
Quid novi sub sole ? 
« Quoi de neuf sous le soleil ? » Question dérivée de la formule le l'Ecclésiaste : Nihil novi sub sole.
Quid pro quo 
Voir Qui pro quo.
Quidquid agis, prudenter agas et respice finem ! 
« Quoi que tu fasses, fais-le avec prudence, sans perdre de vue la fin. » Morale de la fable 45 d'Ésope ; formule des Proverbes dorés des pseudo-pythagoriciens (Βουλεύου δὲ πρὸ ἔργου, ὅπως μὴ μῶρα πέληται) présente aussi dans l'Ecclésiastique apocryphe de Jésus ben Sirach (7.36).
Quidquid discis, tibi discis 
« Quoi que tu apprennes, tu l'apprends pour toi-même. »
Quidquid latine dictum sit, altum sonatur 
« Quoi qu'on dise en latin, ça sonne profond. »
Quis custodiet ipsos custodes ? 
« Qui gardera les gardiens ? » Juvenal, Satires, 6, 345. Juvénal, dans sa Satire 6, raille les femmes de son temps, enragées d'impudeur et de lubricité : elles séduisent même leurs gardiens. Voir le contexte ici.
Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando ? 
« Qui, quoi, où, par quels moyens, pourquoi, comment, quand ?  », Questions auxquelles doit répondre toute enquête et toute œuvre littéraire.
Quod ad jus naturale attinet, omnes homines aequale sunt 
Pour ce qui touche au droit naturel, tous les hommes sont égaux. » Principe de droit romain.
Quo fata ferunt 
Littéralement « Où les destins emportent », c'est-à-dire : « Où nous emporte le destin. » Devise des Bermudes.
Quo vadis ? 
« Où vas-tu ? » Bible, Évangile de Jean, 13, 36. Question de Simon-Pierre à Jésus à l'issue de la Cène. Voir ici le contexte.
Quod ab omnibus, quod ubique, quod semper 
« Par tous, partout, toujours. » Selon les Anciens, preuve la moins contestable de la certitude d'une vérité.
Quod erat demonstrandum (Q.E.D.) 
Littéralement : « Ce qu'il fallait démontrer (CQFD). » Ponctue la fin d'une démonstration.
Quod medicina aliis aliis est acre venenum 
« Ce qui est un remède pour certains est poison violent pour d'autres.»
Quod scripsi, scripsi 
« Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit.» Bible, Évangile de Jean, 19, 22. Sur la croix de sacrifice de Jésus, Pilate a fait écrire : "Roi des Juifs". Au Grand Prêtre qui demande d'écrire : "Je suis le roi des Juifs", Pilate réponds : "Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit."
Quomodo vale ? 
« Comment vas-tu ? »
Quorum 
« D'entre eux. » Nombre minimum nécessaire des membres d'une assemblée pour que ses décisions doient valides.
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? 
« Jusqu'à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? » Cicéron, Conjuration de Catilina, 1, 1, 1.
Quot capita, tot sententiæ 
« Autant de têtes, autant d'avis différents. » Térence, Phormion, 454.
Quot homines tot sententiae 
« Autant d'hommes, autant d'avis différents. » Variante de la précédente.

R

Rara avis in terris 
« Oiseau rare sur la terre. » Juvénal, Satires, 6, 165. Voir ici le vers et son contexte. Origine de l'expression "oiseau rare".

Ratio legis

Re 
« Au sujet de la chose. » (Ablatif du latin res « chose ».) Cette formule latine que l'on trouve dans certains courriels signifie "au sujet de…"
Ratio legis 
« Raison de la loi. » Sens que le législateur a voulu donner à la loi. Formule juridique.
Rebus sic stantibus 
« Les choses demeurant en l'état. » Locution diplomatique ou contractuelle stipulant que les accords contractés demeurent valables dans la mesure où les conditions prévalant lors de sa ratification demeurent en l'état.
Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo 
« Rends à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. » Bible, Évangile de Matthieu, 22, 21. Réponse de Jésus aux Pharisiens qui lui demandaient s'il fallait payer le tribut à César.
Reductio ad absurdum 
« Raisonnement par l'absurde. » Méthode logique qui consiste à montrer qu'on aboutit à une contradiction si on admet pour vraie la négation de la proposition à démontrer. Voir Ab absurdo.
Reductio ad infinitum 
« Raisonnement à l'infini. » Type de raisonnement itérant à l'infini une certaine opération. Raisonnement aujourd'hui classique en mathématiques mais paradoxal en logique aristotélicienne.
Regis ad exemplar totus componitur orbis 
« L'exemple du monarque est la loi sur la terre. » Un des seuls vers du poète Claudien qui soit passé à la postérité.
Rem acu tetigisti 
« Tu as touché la chose de la pointe de l'aiguille. » Plaute, Rudens (Le Câble), 5, 2, 19. C'est-à-dire "Tu as mis le doigt dessus ; tu as deviné la chose."
Repetita juvant 
« La répétition plaît. » De même sens que Bis repetita placent et souvent utilisée ironiquement et par antiphrase pour faire remarquer à un orateur qu'il se répète inutilement.
Repetitio est mater studiorum 
« La répétition est la mère des études. » Attribué généralement à Saint Thomas d'Aquin.
Requiescat in pace 
« Qu'il repose en paix. » Verset de l'Office des morts figurant fréquemment en épitaphe apposée sur les tombes ou stèles mortuaires. L'abréviation R.I.P. est encore d'usage en domaine anglophone comme correspondant à la formule anglaise Rest In Peace de même sens.
Res ipsa loquitur 
« La chose parle d'elle-même. » En droit romain, circonstance accidentelle où le fait même entraîne la responsabilité des dommages, sauf à prouver par le responsable présumé que le dommage était inévitable. Par exemple, si un passant est blessé par la chute d'un pot de fleurs, le propriétaire du pot est présumé responsable sauf à prouver que l'accident était inévitable et hors de sa responsabilité.
Res judicata pro veritate habetu 
« La chose jugée doit être tenue comme le reflet de la vérité. » Adage juridique.
Res, non verba 
« Des actes, pas des mots. » Éternelle revendication des peuples à l'encontre des politiques.
Res nullius 
« Choses qui ne sont la propriété de personne. » Terres sans propriétaire, mais aussi l'air qu'on respire, les poissons dans la mer, les oiseaux dans le ciel…
Respice finem 
« Considère la fin. » Une forme de memento mori.
Reus in exceptione fit actor 
« Lorsque l'accusé soulève un point de défense, il lui appartient d'en faire la preuve. » Adage juridique.
Rex Dei gratia 
« Roi par la grâce de Dieu. » Titulature de nombreux souverains européens, figurant en particulier sur les pièces de monnaie. (Par exemple : "ELIZABETH II D. G. REGINA", c'est-à-dire "ELIZABETH II DEI GRATIA REGINA" sur les pièces de monnaie britanniques.)
Rex regnat sed non gubernat 
« Le roi règne mais ne gouverne pas. » Aphorisme politique en pseudo-latin du XVIIe siècle [réf. nécessaire].
Ridendo dicere verum quid vetat 
« Qu'est-ce qui empêche de dire la vérité en riant. » Horace, Satires, 1, 1, 24. Cette citation déforme passablement le texte original d'Horace : Quamquam ridentem dicere verum. « Bien que rien n'empêche de dire la vérité en riant. »
Rigor mortis 
« Rigidité cadavérique. » Des réactions chimiques rigidifient les membres des cadavres trois à quatre heures après la mort.
Roma invicta 
« Rome invincible. » Devise exaltante inscrite sous la statue de Rome.
Roma locuta, causa finita est 
« Rome a parlé, la cause est entendue. » Saint Augustin. Les décisions du Siège apostolique ne sont pas susceptibles d'appel.

S

Saepe morborum gravium exitus incerti sunt 
« Souvent, l'issue des maladies graves est incertaine. » Pléonasme (ou l'art de parler pour ne rien dire).
Saltus in demonstrando 
« Saut dans le raisonnement. » Omission ou résumé excessif dans un raisonnement, une démonstration, qui peut masquer des insuffisances ou des erreurs. L'exemple le plus célèbre est celui de la démonstration par Andrew Wiles du Grand Théorème de Fermat, où la correction d'un raccourci erroné dans une démonstration annexe demanda un an de travail acharné.
Salus aegroti suprema lex 
« La santé du malade est la loi suprême. » Glose de la formule ci-dessous.
Salus populi suprema lex esto 
« Le bien du peuple est la loi suprême. » Cicéron, Des Lois, 3, 3, 8.
Salvator Mundi 
« Sauveur du Monde. » Une des titulatures chrétiennes de Jésus.
Sancta Sedes 
« Saint Siège. »
Sancta simplicitas 
« Sainte innocence. » Employé ironiquement pour railler la crédulité ou la sottise de quelqu'un.
Sanctus sanctorum 
« Saint des saints. » Nom donné, souvent ironiquement, à tout lieu retiré, à tout sanctuaire réservé au seuls initiés.
Sapere aude ! 
« Ose savoir ! » Horace, Épîtres, 1, 2, 40.
Sapientia est potentia 
« Sagesse est pouvoir. » Dans le même registre, voir : Nam et ipsa scienta potestas est.
Satius esse impunitum relinqui facinus nocentis quam innocentem damnare 
« Mieux vaut laisser un crime impuni que de condamner un innocent. » La formule serait de Trajan.
Scienta potestas est 
« Savoir c'est pouvoir. » Voir Nam et ipsa scienta potestas est.
Scienta potentia est 
« Savoir c'est pouvoir. » Voir Nam et ipsa scienta potestas est.
Scio me nihil scire 
« Je sais que je ne sais rien. » Devise passée du grec au latin, attribuée à Socrate.
Sed satis est jam posse mori 
« Mais il suffit d'être mortel. » Lucain, La Pharsale (La Guerre civile), 2, 109. Formule de Lucain citée par Victor Hugo en tête de son poème « Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée » (in « Les feuilles d'automne », XVI.) Voir ici la formule de Lucain dans son contexte.
Sedes apostolica 
« Siège apostolique. » Synonyme de Sancta Sedes.
Semel in anno licet insanire 
« Une fois par an il est permis d'agir follement. » Formule que l'on trouve chez Horace, Sénèque, Saint Augustin et devenue proverbiale au Moyen-Âge.
Semper fidelis 
« Toujours fidèle. » Devise de nombreux corps d'armée souvent abrégée "Semper Fi".
Semper paratus 
« Toujours prêt. » Devise de nombreux corps d'armée.
Senatus Populusque Romanus (S.P.Q.R.) 
« Le Sénat et le Peuple de Rome. » Formule représentative de la République romaine et figurant (le plus souvent sous le sigle S.P.Q.R.) sur les arcs de triomphes, les enseignes des légions et divers édifices publics de la République romaine puis de l'Empire romain.
Si augur augurem… 
« Si un augure (voit) un autre augure (il ne peut s'empêcher de rire). » Formule de Caton l'Ancien reprise par Cicéron, De la Divination, 2, 24. Voir ici le texte de Cicéron.
Si napo leo viveret, hominem non esset 
« Si le lion vivait de navets il ne mangerait pas l'homme. » Phrase piège proposée par des professeurs de latin facétieux riant d'avance de la version absurde des cancres : "Si Napoléon vivait il ne serait pas un homme." (Pour une autre phrase piège, voir Castigat ridendo mores.)
Si tacuisses, philosophus mansisses 
« Si tu t'étais tu, tu serais resté un philosophe. » Formule attribuée à Boèce.
Si vales valeo (SVV) 
« Si tu vas bien alors je vais bien. » Formule d'introduction habituelle des lettres dans l'ancienne Rome. Une formule plus étendue est Si vales bene est ego valeo (SVBEEV) « Si tu vas bien, c'est bien ; je me porte bien. »
Si vis pacem, para bellum 
« Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Adage attribué à l'auteur latin du IVe ‑ Ve siècles Publius Flavius Vegetius Renatus dit Végèce dans son ouvrage De Re Militari 3.
Si vis pacem, para iustitiam 
« Si tu veux la paix, prépare la justice. » Adage forgé pour faire pièce au précédent.
Sic 
« C'est ainsi. » Dans l'édition, après la citation d'un mot ou d'une expression fautifs ou improbables, notifie qu'il ne s'agit pas d'une erreur ou d'une coquille mais de la transcription fidèle de la source.
Sic itur ad astra 
« C'est ainsi que l'on s'élève vers les étoiles. » Voir aussi : Ad astra ; Macte animo ! generose puer, sic itur ad astra ; Per aspera ad astra.
Sic transit gloria mundi 
« Ainsi passe la gloire du monde. » L'expression serait mieux rendue par la traduction non littérale "Ainsi passe la gloire en ce monde." Formule usitée lors de la consécration d'un nouveau pape pour lui rappeler le fragilité de la puissance humaine. Usage à rapprocher du Cave ne cadas sussuré par l'esclave à l'oreille de l'imperator lors du triomphe.
Sic vita est 
« C'est la vie ! »
Similia similibus curantur 
« Les semblables se guérissent par les semblables. » Principe de l'homéopathie.
Simplex sigillum veri 
« La simplicité est le sceau de la vérité. »
Sine anno 
« Sans année. » Utilisé en bibliographie pour indiquer que la date de publication d'un ouvrage est inconnue.
Sine die 
« Sans date précise. » En langage diplomatique, une négociation remise "sine die" est une négociation qui a échoué.
Sine ira et studio 
« Sans colère et sans partialité. » Formule judiciaire : "Impartialement". La formule française usuelle est, en matière criminelle : "sans haine et sans crainte".
Sine labore non erit panis in ore 
« Sans travail il n'y aura pas de pain dans ta bouche. » Pour conserver l'assonance : « Sans boulot, pas de fricot. »
Sine loco 
« Sans lieu. » Utilisé en bibliographie pour indiquer que le lieu de publication d'un ouvrage est inconnu.
Sine nomine 
« Sans nom. » Utilisé en bibliographie pour indiquer que l'éditeur d'un ouvrage est inconnu.
Sine nomine vulgus 
« La foule anonyme. » Expression latine pour désigner ce que nous appelons "le commun des mortels."
Sine poena nulla lex 
« Sans punition, il n'est pas de loi. » Adage indiquant qu'une loi est sans effet s'il n'est pas de moyen de réprimer ceux qui l'enfreignent.
Sine prole 
« Sans descendance. » Formule utilisée dans les ouvrages de généalogie.
Sine qua non 
« Sans quoi non. » Condition rigoureusement nécessaire pour qu'une chose existe, pour qu'un concept prenne corps, pour qu'un accord soit établi, etc.
Sinite parvulos venire as me 
« Laissez venir à moi les petits enfants. » Bible, Évangile de Matthieu, 19, 14 ; Évangile de Marc, 10, 14 ; Évangile de Luc, 18, 16. Paroles de Jésus selon les évangélistes.
Sit tibi terra levis 
« Que la terre te soit légère. » Inscription funéraire.
Sol lucet omnibus 
« Le soleil luit pour tous. » Pétrone, Satyricon 100, 3. Voir ici le sens de la formule dans son contexte.
Sola cogitatio furti faciendi non facit furem 
« La seule intention de commettre un vol ne fait pas le voleur. » Adage juridique.
Solem lucerna non ostenderent 
« On ne représente pas le soleil par une lanterne. » Pour pointer une évidence.
Soli sol soli 
« Du seul soleil au sol. » Jeu sur les mots, à comprendre comme : "La terre doit tout du seul Soleil".
Spes messis in semine au-dessus d'une entrée du Cégep de Chicoutimi.
Spes messis in semine 
« L'espoir de la moisson est dans la semence. » Latin moderne : devise inscrite au fronton du Grand Séminaire de Montréal ainsi qu'au-dessus d'une porte d'entrée du Cégep de Chicoutimi.
Spes salutis 
« Espérance du salut. » Devise héraldique : Galea spes salutis : "Heaume, espérance de salut."
Spiritus promptus est, caro autem infirma 
« L'esprit est prompt mais la chair est faible. » Bible, Évangile de Matthieu, 26, 41. Paroles de Jésus au Mont des Oliviers selon Matthieu.
Spoliatis arma supersunt 
« À qui est dépouillé, il reste les armes. » Devise héraldique.
sqq. 
Abréviation de sequunturque : « et suivantes ». Dans les références universitaires, "cf p. X sqq." veut dire "voir page X et suivantes".
Stat crux dum volvitur orbi 
« La croix demeure tandis que la terre tourne. » Devise de l'ordre des Chartreux.
Statim 
« Aussitôt. » Abrégé en "Stat." dans le domaine médical pour dire "Urgence immédiate".
Statu quo 
« En l'état. » Dans les domaines militaire, diplomatique, indique que la situation demeure ou doit demeurer "en l'état."
Statu quo ante bellum 
« Dans l'état qui prévalait avant la guerre. »
Stricto sensu 
« Au sens strict. »
Stultorum numerus est infinitus 
« Le nombre des sots est infini. » Cette formule est une glose moderne de la formule biblique Stultorum infinitus est numerus, Bible, Ecclésiaste, 1, 15 dont le sens est tout différent : « Ce qui manque ne peut être compté. »
Stude, non ut plus aliquid scias, sed ut melius 
« Étudiez, non pour en savoir davantage, mais pour mieux savoir. » Sénèque, Lettres à Lucilius 14, 89, 23.
Sub judice 
« En cours de jugement ; devant la justice. » Invoqué, entre autres, pour refuser de commenter une affaire "en cours de jugement".
Sub rosa 
« Sous la rose. » Au Moyen-Âge, cette expression signifiait "en secret", "en privé" ou "confidentiel" : lors des conseils secrets, une rose était suspendue du plafond pour dire que rien de ce qui serait dit dans la salle du conseil ne devrait en sortir. Cette pratique est issu de la mythologie grecque, selon laquelle Aphrodite offrit une rose à son fils Éros, lequel l'offrit à son tour à Harpocrate, dieu du silence, afin d'assurer que les indiscrétions de sa mère – et celles des autres dieux, en général – demeureraient cachées.
Sublata causa, tollitur effectus 
« La cause supprimée, l'effet disparaît. » Principe invoqué en matière logique, législative, comptable et financière.
Sufficit cuique diei malitia sua 
« À chaque jour suffit sa peine. » Bible, Évangile de Matthieu, 6, 34.
Sui generis 
« De sa propre espèce. » Désigne, d'une manière générale une chose ayant des caractéristiques propres, irréductibles au causes lui ayant donné naissance ni aux éléments la composant. Exemples : dans la sociologie de Durkheim, la Société, irréductible à ses composantes, est un concept sui generis ; en droit international, l'Union européenne est une entité sui generis.
Sum quod eris 
« Je suis ce que tu seras. » Épitaphe rappelant au lecteur l'inéluctabilité de la mort. Voir Memento mori.
Summa cum laude 
« Avec la plus haute louange. » La plus haute distinction honorifique décernée dans le cursus universitaire. Supérieure à Cum laude et à Magna cum laude.
Summum bonum 
« Souverain bien. » Locution du langage philosophique, particulièrement du langage philosophique médiéval et de celui d'Emmanuel Kant et désignant la finalité de toute existence humaine.
Summum jus, summa injuria 
« L'application excessive du droit conduit à l'injustice. » Adage rapporté par Cicéron, Des Devoirs, 1, 10, 33. Voir ici le texte de Cicéron.
Surge et ambula 
« Lève-toi et marche. » Bible, Évangile de Matthieu, 9, 6. Paroles de Jésus au paralytique miraculé. Expression reprise en français, parfois de façon ironique, dans des formules journalistiques, des titres de films ou d'œuvres littéraires (dont le roman d'Hervé Bazin, 1952).
Sursum corda 
« Élevons notre cœur ! » Expression d'introduction de la messe latine dans divers rites chrétiens. On traduisait autrefois par "Haut les cœurs !".
Sutor, ne supra crepidam 
« Cordonnier, pas plus haut que la chaussure. » Apelle (peintre grec) ayant demandé avis à un cordonnier sur une chaussure qu'il venait de peindre, le cordonnier voulut ensuite offrir ses conseils pour le reste de la peinture ; Apelle lui rappela par ces mots qu'il outrepassait ses compétences.

T

Tabula rasa 
« Table rase. » Les Romains écrivaient sur une planchette recouverte de cire appelée "tabula" ; faire "tabula rasa" c'était araser la cire pour en effacer tous les écrits. Le philosophe John Locke compare l'esprit des jeunes enfants à une "tabula rasa" où tout est à écrire.
Talis qualis 
« Tel quel. »
Tarde venientibus ossa 
« Aux retardataires, il reste les os. » Métaphore pour dire qu'il ne faut pas s'engager trop tard dans une affaire.
Temet nosce 
« Connais-toi toi-même. » Traduction latine de la formule grecque γνώθι σεαυτόν (gnôthi seautón). Une autre formule latine de même sens est Nosce te ipsum.
Tempora heroica 
« Temps héroïques. » Période de l'histoire de Grèce ancienne comprise entre les temps mythologiques de la Titanomachie et la période (relativement) historique de la Guerre de Troie.
Tempora mutantur et nos mutamur in illis 
« Les temps changent et nous aussi changeons avec eux. » La formule latine est un hexamètre.
Tempora si fuerint nubila, solus eris 
« Lorsque viendra l'orage, tu seras seul. » Ovide, Tristes, 1, 9, 5. La formule complète d'Ovide est la suivante : Donec eris felix, multos numerabis amicos ; tempora si fuerint nubila, solus eris. « Tant que tu seras heureux, tu compteras de nombreux amis ; mais que viennent les temps sombres, tu seras seul. »
Tempori servire 
« S'adapter, s'accomoder aux circonstances. »
Tempus edax, homo edacior 
« Le temps destructeur, l'homme plus destructeur encore. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, III, 1. Hugo écrit : "Sur la face de Notre-Dame de Paris, de cette vieille reine des cathédrales, à côté d'une ride, on trouve toujours une cicatrice : Tempus edax, homo edacior ; ce que je traduirais volontiers ainsi : « Le temps est aveugle, l'homme est stupide. »"
Tempus edax rerum 
« Le temps détruit toute chose. » Ovide, Les Métamorphoses, 15, 264-265.
Tempus fugit 
« Le temps s'enfuit. » Ovide, Géorgiques, 3, 284. Formule inscrite fréquemment sur les cadrans solaires, les horloges et les cloches.
Tempus fugit, hora volant 
« Le temps s'enfuit, les heures s'envolent. » Formule latine imitée par Lamartine (Le Lac, vers 21-22) : "Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! suspendez votre cours."
Tempus rerum imperator 
« Le temps, maître de toute chose. »
Teneo lupum auribus 
Littéralement : « Je tiens le loup par les oreilles. » C'est-à-dire : « Je suis dans l'embarras. » Térence, Le Phormion 506. Voir ici le texte de Térence qui explicite l'expression. L'expression est inusitée en français ; l'expression française voisine : "tenir le taureau par les cornes" a un sens différent ("maîtriser la situation").
Teneo te Africa 
« Je te tiens, Afrique. » Suétone, Vie des douze césars, Vie de Jules César, 59, 1. Selon Suétone, paroles de César lorsqu'il aborda les côtes d'Afrique. Voir ici le texte de Suétone.
Terminus a quo 
« Date à partir de laquelle. » Formule usitée en droit et dans les sciences historiques. Date à partir de laquelle un événement s'est nécessairement produit. Synonyme de Terminus post quem. Voir aussi Terminus ad quem
Terminus ad quem 
« Date jusqu'à laquelle. » Formule usitée en droit et dans les sciences historiques. Date jusqu'à laquelle un événement s'est nécessairement produit. Synonyme de Terminus ante quem. Voir aussi Terminus a quo
Terminus ante quem 
« Date avant laquelle. » Formule usitée en droit et dans les sciences historiques. Date avant laquelle un événement s'est nécessairement produit. Synonyme de Terminus ad quem. Voir aussi Terminus post quem
Terminus post quem 
« Date à partir de laquelle. » Formule usitée en droit et dans les sciences historiques. Date à partir de laquelle un événement s'est nécessairement produit. Synonyme de Terminus a quo. Voir aussi Terminus ad quem
Terra australis incognita 
« Terre du sud inconnue. » Premier nom donné à l'Australie.
Terra incognita 
« Terre, lieu inconnu ; à découvrir. » Métaphore – voire lieu commun – pour désigner un domaine du savoir inexploré ou encore inconnu : "Le fonctionnement du cerveau humain, terra incognita" ; une information manquante : "Le programme de M. X pour les prochaines élections : terra incognita".
Terra nullius 
« No man's land. » Zone neutre sur laquelle ne s'exerce l'autorité de personne.
Terribilis est locus iste 
« Terrible est ce lieu. ». Cette formule – tirée du Songe de Jacob, Genèse, 28, 17 – se complète par : Hic domus Dei est et porta Cæli « C'est ici la maison de Dieu et la porte du Ciel. » Elle figure à l'entrée de différentes églises, notamment l'église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château.
Tertium non datur 
Littéralement : « Le tiers n'est pas donné. » Mieux traduit : « Un tiers terme n'est pas admis. » Axiome de la Logique indiquant qu'une proposition logique ne peut avoir que deux valeurs : vraie ou fausse.
Testis unus, testis nullus 
« Un témoignage unique est un témoignage nul. » Adage de droit romain mieux traduit : « Un seul témoin, pas de témoin. ».
Timeo Danaos et dona ferentes 
« Je crains les Grecs, surtout quand ils portent des offrandes. » Virgile, l'Énéide, 2, 49. Cette locution qui, hors contexte, a l'apparence d'un cadavre exquis a survécu, dans les cours de latin, comme exemple traditionnel de l'emploi de et au sens de conjonction concessive : "quoique", "même", "surtout"…
Timeo hominem unius libri 
« Je crains l'homme d'un seul livre. » Formule attribuée à Saint Thomas d'Aquin. Celui qui ne connaît qu'un seul livre mais le possède parfaitement peut être un adversaire redoutable.
Trahit sua quemque voluptas 
« Chacun suit le penchant qui l'entraîne. » Virgile, Les Bucoliques, 2, 65.
Tres faciunt collegium 
« Il faut trois personnes pour faire une société. » Dans le droit de Justinien Ier, il faut trois personnes au moins pour former un collège ou une société admise à parler collectivement.
Treuga Dei 
« Trève de Dieu. » Décret de l'Église médiévale selon lequel tous les combats devaient cesser durant le Sabbat, c'est-à-dire du jeudi soir au lundi matin.
Tu quoque mi fili 
« Toi aussi mon fils ! » Mots traditionnellement attribués dans le monde francophone à Jules César tombant sous les coups de Brutus (traduction de Lhomond). Les anglo-saxons retiennent la formule de Shakespeare : Et tu Brute ?. L'épisode est relaté par Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Jules César 82, 3. César aurait dit, en grec : Καὶ σύ, τέκνον (Kaì sú, téknon). Voir ici le récit de Suétone.
Tu fui ego eris 
« J'ai été comme toi; tu seras comme moi. » Épitaphe figurant sur les pierres tombales destiné à rappeler au passant le caractère inéluctable de la mort ; forme de memento mori.

U

Nota : La lettre "V" n'existe pas en latin classique. Elle a été crée par les humanistes du XVIe siècle pour distinguer le u-voyelle du u-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "U" en latin classique ; avec un "V" dans les éditions modernes.
Ubi bene, ibi patria 
« La patrie est là où l'on se sent bien. » Une formule très voisine (mais de sens un peu différent) se trouve dans Cicéron, Tusculanes, 5, 37, 108 : Patria est, ubicumque est bene « Partout où je suis bien, j'y trouve ma patrie. »
Ubi concordia, ibi victoria 
« Là où est la concorde est la victoire. » Voir aussi Virtus unita fortior.
Ubi lex non distinguit, nec nos distinguere debemus 
« Là où la loi ne distingue pas, il n'y a pas lieu de distinguer. » Adage juridique.
Ubi est, mors, victoria tua 
« Mort, où est ta victoire ? » Paul, Première épître aux Corinthiens, 15, 55. Voir ici l'extrait correspondant de l'Épître aux Corinthiens.
Ubi maior, minor cessat 
« Le faible capitule devant le fort. »
Ubi plura nitent in carmine, non ego paucis offendi maculis 
« Quand le poème a des beautés, quelques taches ne me choquent pas. » Horace, Art poétique, 351. Voir ici le texte d'Horace.
Ubi societas, ibi jus 
« Où il y a une société, il y a un droit. » Adage juridique.
Ubi solitudinem faciunt, pacem appelant 
Littéralement : « Où ils font un désert, ils disent qu'ils ont fait la paix. » Mieux rendu par : « Leurs ravages on fait un désert et ils appellent cela la paix. » Tacite, Vie d'Agricola, 30. Tacite met cette formule dans la bouche de Galgagus, héros calédonien flétrissant les excès des Romains. Ces mots s'appliquent aux conquérants qui habillent leurs ravages d'un spécieux prétexte de civilisation.
Ubi tu Gaius, ibi ego Gaia 
« Là où tu seras Gaïus, je serai Gaïa. » Paradigme de la formule de fidélité prononcée par les époux romains lors des épousailles ; Gaius étant remplacé par le prénom de l'époux et Gaia par le prénom féminisé de l'époux. (Les femmes romaines n'ont pas d'existence légale et prennent, pour les patriciennes le nom de leur gens - par exemple les femmes de la gens Iulia ont toutes pour nom Iulia ; les plébéiennes prennent le nom féminisé de leur père ou de leur époux.)
Ultima cave 
« Craint la dernière heure. » Memento mori. Inscription fréquente sur les cadrans solaires.
Ultima ratio regum 
Littéralement : « [La force est] le dernier argument des rois. » Devise favorite de Richelieu, reprise par Louis XIV qui la fit inscrire sur ses canons.
Ultra posse nemo obligatur 
« À l'impossible nul n'est tenu. »
Ultra vires 
« Au-delà des pouvoirs. » Expression de droit romain encore en usage dans de nombreux droits signifiant qu'une personne ou une organisation dotée de certains pouvoirs par la loi (officier ministériel, fonctionnaire, société, administration) a outrepassé les pouvoirs que lui confère la loi. La formule est inusitée en droit français.
Una salus victis, nullam sperare salutem 
« Les vaincus n'ont qu'un seul espoir : n'espérer aucun salut ! » Virgile, l’Énéide, 2, 354. Dernière exhortation d'Énée à ses compagnons d'armes lors de la prise de Troie afin d'éveiller en eux le courage du désespoir.
Unitas virtute 
« L'union fait la force. » Voir aussi Virtus unita fortior.
Unum castigabis, centum emendabis 
« Si tu réprimes une erreur, tu en corrigeras cent. »
Urbi et orbi 
« À la Ville et au Monde. » La Ville, c'est Rome. "Bénédiction Urbi et Orbi" : « Bénédiction de Rome et du Monde », c'est-à-dire : « Bénédiction universelle. » Métaphoriquement "Proclamer urbi et orbi" : « Proclamer partout. »
Usque ad sideras et usque ad inferos 
« Des étoiles jusqu'aux enfers. » En droit romain, comme dans plusieurs droits modernes, le propriétaire d'un terrain possède tout ce qui se trouve au-dessus, jusqu'aux étoiles, et tout ce qui se trouve au-dessous, jusqu'au centre de la Terre.
Usus magister est optimus 
« La pratique est le meilleur des maîtres. » Voir Fabricando fit faber.
Ut ameris, amabilis esto 
« Pour être aimé, sois aimable. » Ovide, L'Art d'aimer, 2, 107.
Ut ameris, ama 
« Pour être aimé, aime. » Martial, Épigrammes, 6, 11, 10.
Ut sis nocte levis, sit cena brevis 
« Si tu veux passer une bonne nuit, ne dîne pas longuement. » Formule médiévale attribuée à Averroès.
Ut supra 
« Comme ci-dessus. »
Uti, non abuti 
« User mais ne pas abuser. » Voir Abusus non tollit usum.

V

Nota : La lettre "V" n'existe pas en latin classique. Elle a été crée par les humanistes du XVIe siècle pour distinguer le u-voyelle du u-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "U" en latin classique ; avec un "V" dans les éditions modernes.
V.I.T.R.I.O.L. 
Abréviation de Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem, soit en français : « Visite l'intérieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. ». Formule exprimant – de façon hermétique – l'un des fondements de l'alchimie : la purification de l'esprit doit précéder la purification de la matière (transmutation du plomb en or.)
V.S.L.M 
Abréviation de Votum Solvit Libens Merito : « Il s'est acquitté de son vœu, de bon gré, comme il se doit. » Dédicace fréquente sur les ex-votos à Rome.
Vade in pace 
« Va en paix. » Manière des Romains de dire "Au revoir".
Vade mecum 
« Viens avec moi. » Un vade-mecum est un aide-mémoire, un ouvrage indispensable que l'on garde à portée de main ou un petit bagage que l'on emporte avec soi.
Vade retro satana 
« Retire-toi, Satan ! » Bible, Nouveau testament, Évangile de Marc, 8, 33. Parfois orthographié Vade retro satanas. Voir ici l'extrait de l'évangile de Marc.
Væ soli 
« Malheur à l'homme seul. » Bible, Ecclésiaste, 4, 10. Voir ici le texte de l'Ecclésiaste.
Væ victis 
« Malheur aux vaincus ! » Paroles qu'aurait prononcées Brennus, chef des gaulois Sénons après la prise de Rome en 390 avant notre ère. Un texte du compilateur romain Festus, dans son ouvrage De Significatione Verborum « De la signification des mots » rapporte ce qui peut être un épisode historique ou légendaire : "On croit que cette exclamation a passé en proverbe lorsqu'après la prise de Rome par les Gaulois Senonais, comme on pesait l'or qu'on devait leur donner d'après les conventions et les traités pour obtenir leur retraite et comme Appius Claudius se plaignait de ce que les barbares employaient de faux poids, Brennus, roi des Gaulois, ajouta son glaive aux poids et s'écria : Væ victis ! Ensuite, Furius Camille l'ayant poursuivi, cerné et taillé ses troupes en pièces, et Brennus s'étant plaint de ce que cela se faisait contre les traités, Camille, dit-on , lui répondit par la même exclamation."
Vanum est vobis ante lucem surgere 
« Il est vain de se lever avant le jour. » Bible, Psaumes, 126 (127), 2. Voir ici le texte.
Vanitas vanitatum et omnia vanitas 
« Vanité des vanités, tout est vanité. » Bible, Ecclésiaste, 1, 2.
Varium et mutabile semper femina 
« La femme toujours varie et change. » Virgile, l'Énéide, 4, 569.
Velocius quam asparagi coquantur 
« Plus rapide que la cuisson des asperges. » voir : Celerius quam asparagi cocuntur.
Veni vidi vici 
« Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. » César. Selon Plutarque, mots de César, dans son rapport au Sénat de Rome, après sa victoire rapide sur Pharnace II du Pont à Zéla en 47 AEC.
Verba docent, exempla trahunt 
« Les mots enseignent, les exemples entraînent. » Dit autrement : « Un exemple vaut mieux que cent discours. »
Verba volant, scripta manent 
« Les paroles s'envolent, les écrits restent. »
Verbatim 
« Mot à mot. » Citation mot-à-mot ; transcription mot-à-mot d'un discussion.
Verbatim et litteratim 
« Mot à mot et lettre à lettre. » Désigne une transcription mot-à-mot des paroles et lettre-à-lettre des écrits d'une personne.
Veritas facit legem 
« La vérité fait la loi. » Adage juridique.
Veritas odium parit 
« La franchise engendre la haine. » Térence, L'Andrienne, 1, 1, 68. On dirait aujourd'hui : "Toute vérité n'est pas bonne à dire". Le vers complet de Térence est : Namque hoc tempore obsequium amicos, veritas odium parit. « Par les temps qui courent, la complaisance fait des amis, la vérité engendre la haine. »
Versus 
« En direction de. » Attention : dans la littérature anglo-saxonne, ce terme est utilisé comme abréviation de adversus avec le sens de « contre » ou « à l'encontre de ».
Veto 
« Je m’oppose. »
Via 
« Par la route de… » Exemple : "Aller de Golfe-Juan à Grenoble via la route Napoléon." Par extension : « En passant par… » : "Aller de Paris à Toulouse via Bordeaux."
Vice versa 
« Réciproquement. »
Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni 
« La cause du vainqueur a séduit les dieux, mais celle du vaincu a séduit Caton. » Lucain, La Pharsale (De la Guerre civile) 1, 128. Dans son épopée La Pharsale, le poète Lucain prend partie contre César et pour Pompée, préféré du vertueux Caton. La formule est utilisée pour qualifier la faveur que l'on peut avoir pour des causes perdues.
Vide infra 
« Voir plus bas. »
Vide supra 
« Voir plus haut. »
Video meliora proboque deteriora sequor 
« Je vois le bien, je l'aime et je fais le mal. » Ovide, Les Métamorphoses, 7, 20 Paroles de Médée exprimant son amour pour Jason. Voir ici l'extrait du texte d'Ovide.
Video sed non credo 
« Je le vois mais je ne crois pas. » Caspar Hofmann après que William Harvey lui a montré la réalité de la circulation sanguine.
Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt 
« Réprimer la violence par la violence est permis par tous les droits et toutes les lois. » Adage juridique.
Vince malum bono 
« Surmonte le mal par le bien. » Citation partielle de Paul de Tarse, Épître aux Romains, 12, 21. Le verset complet est : Noli vinci a malo, sed vince in bono malum. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. »
Vincere scis, Hannibal ; victoria uti nescis 
« Tu sais vaincre, Hannibal ; tu ne sais pas profiter de ta victoire. » Tite-Live, Histoire romaine, 22, 51. Paroles de Maharbal à Hannibal après sa victoire à Cannes, lui reprochant de ne pas poursuivre son offensive victorieuse. Tite-Live lui-même estime que le délai mis par Hannibal à attaquer sauva Rome qui, entre-temps, avait pu s'organiser.
Vincit omnia veritas 
« La vérité triomphe de tout. » Devise de nombreuses institutions religieuses et de nombreux établissements d'enseignement.
Vincit qui patitur 
« Il l'emporte celui qui souffre. » Formule attribuée à Perse.
Vincit qui se vincit 
« Il est vainqueur celui qui se domine. » Devise de nombreuses institutions.
Vinum aqua miscere 
« Mettre de l'eau dans son vin. »
Vir bonus, dicendi peritus 
« Un homme de bien qui sait parler. » Quintilien, L'institution oratoire, 12, 1, 1 Définition par Quintilien de l'orateur. Voir ici le texte de Quintilien.
Vir prudens non contra ventum mingit 
« Un homme prudent ne pisse pas contre le vent. » Métaphore à multiples sens.
Virtus in media stat 
« La vertu se trouve au milieu. » (Devrait s'écrire "Virtus in medio stat"). Sorte de morale molle qui assure sa tranquillité en fuyant les extrêmes.
Virtus junxit mors non separabit 
« Ce que la vertu/la bravoure a uni, la mort ne le séparera pas. » [Nota : le mot latin virtus désigne les qualités essentielles, morales et physiques de l'Être humain ; c'est-à-dire la vertu, la loyauté, la justice, mais aussi la force, le courage, la bravoure.] Devise maçonnique. Formule que l'on trouve parfois inscrite à l'intérieur des alliances de mariage.
Virtus unita fortior 
« L'union fait la force. » Devise de la Principauté d'Andorre.Voir aussi Unitas virtute.
Virtus post nummos 
« La vertu après l'argent. » Horace, Épîtres, 1, 1, 53. Le vers complet est : O cives, cives, quaerenda pecunia primum est ; virtus post nummos ! : « Citoyens, citoyens, il faut gagner de l'argent d'abord ; la vertu ne vient qu'après l'argent ! » Boileau a ainsi traduit la formule d'Horace :
L'argent, l'argent, dit-on ; sans lui tout est stérile,
La vertu sans argent n'est qu'un meuble inutile.
Vis comica 
« Force comique. » Talent particulier d'un auteur, d'un comédien à faire rire.
Vitam impedere vero 
« Consacrer sa vie à la vérité. » Juvénal, Satires, 4, 91 Formule reprise par Rousseau, par plusieurs journaux révolutionnaires et par Marat.
Vivere est cogitare 
« Vivre, c'est penser. » Cicéron, Tusculanes, 5, 38, 111. Le sens de cette formule, extraite de son contexte, est sans rapport avec celui qu'elle possède dans le texte de Cicéron. Voir ici le texte de Cicéron.
Vivere militare est 
« La vie est un état de guerre. » Sénèque, Lettres à Lucilius, 16, 96, 5. Voir ici le texte de Sénèque.
Volens nolens 
« Qu'on le veuille ou non. »
Volenti non fit iniuria 
« Celui qui a consenti à l’acte ne peut prétendre en être victime. » Adage juridique. [Cet adage ne concerne que ce dont il est permis de disposer, c'est-à-dire, essentiellement, les biens patrimoniaux.]
Votum Solvit Libens Merito 
« Il s'est acquitté de son vœu, de bon gré, comme il se doit. » Épitaphe fréquente sur les tombes romaines. Voir #Loc-V.S.L.M.
Vox clamantis in deserto 
« La voix qui crie dans le désert. » Réponse de Jean le Baptiste aux envoyés des Juifs venus lui demander "Qui es-tu". Bible, Nouveau testament, Évangile de Jean, 1, 23. Voir ici le texte de l'Évangile de Jean.
Vox populi vox Dei 
« La voix du peuple est la voix de Dieu. » L'expression française "vox populi" est une apocope de la formule latine.
Vulgum pecus 
« Le commun des mortels. » Par opposition aux puissants, aux experts.
Vulnerant omnes, ultima necat 
« Toutes blessent, la dernière tue. » En parlant des heures : inscription courante sur les cadrans solaires.
Vulpem pilum mutat, non mores 
« Le renard change d'apparence mais pas de mœurs. » Métaphore qui vise évidemment les personnes.
Vultus est index animi 
« Le visage est le miroir de l'âme. »

Références

Ab igne ignem capere

Ciceron, Des devoirs, 1, 16, 52. [Traduction : Charles Appuhn ; Cicéron, De la vieillesse, De l'amitié, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Ex quo sunt illa communia :
non prohibere
aqua profluente,
pati ab igne ignem capere,
si qui uelit,
consilium fidele deliberanti dare,
quae sunt iis utilia,
qui accipiunt, danti non molesta.

De là ces formules de bon sens :
ne pas interdire
de puiser à l'eau courante,
laisser prendre du feu à son feu,
conseiller de bonne foi
celui qui délibère ;
toutes manières
de rendre service sans frais.

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Absit invidia (verbo)

Tite-Live, Histoire romaine, 10, 19, 15. [Traduction : MM. Corpet, Verger et E. Pesseaunaux ; Histoire romaine de Tite-Live, t. II ; Paris, Garnier, 1904.]

Absit invidia verbo
et civilia bella sileant :
nunquam ab equite hoste,
nunquam a pedite,
nunquam aperta acie,
nunquam aequis,
utique nunquam
nostris locis
laboravimus

Que l'on soit impartial,
sans parler des guerres civiles :
on conviendra que jamais cavalerie ennemie,
jamais infanterie,
jamais bataille rangée,
que les positions
fussent ou non avantageuses,
ne nous causa
d'ambarras.

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Absit reverentia vero

Ovide, Les Héroïdes, 5, 12. [Traduction : Ovide, Œuvres complètes, avec la traduction en français, publiées sous la direction de M. Nisard, Maître de Conférence à l'École Normale ; Paris, J.-J. Dubochet et Cie, Éditeurs, Rue de Seine 33, 1838.]

Nondum tantus eras,
cum te contenta marito
edita de magno flumine nympha fui,
qui nunc Priamides
(absit reverentia vero)
servus eras.

Tu n'étais pas célèbre comme aujourd’hui
lorsque je me contentai de toi pour époux,
moi nymphe et fille d'un grand fleuve.
Maintenant, fils de Priam
(ne craignons pas de dire la vérité),
tu étais alors esclave.

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Ad undas

Virgile, l'Énéide, 4, 253-256, [Traduction : Université Catholique de Louvain.]
Hic primum paribus nitens Cyllenius alis constitit ; hinc toto praeceps se corpore ad undas C'est là que, déployant ses ailes, s'arrête d'abord Cyllénius ; puis, tête en avant, il plonge son corps entier vers les ondes,
misit, aui similis, quae circum litora, tel l'oiseau qui vole le long des côtes et rase le sol
circum piscosos scopulos humilis uolat aequora iuxta. autour des rochers poissonneux qui bordent de la mer.
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Ad vitam æternam

Extrait de la prière chrétienne du Confiteor :

Misereatur nostri omnipotens Deus
et dimissis peccatis nostris
perducat nos ad vitam aeternam
Amen

Que le Seigneur Tout Puissant et Miséricordieux
Nous accorde le Pardon, l'Absolution
Et nous conduise à la vie éternelle,
Ainsi soit-il.

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Adeo in teneris consuescere multum est

Quintilien, Les institutions oratoires, 1, 3, 13. [Traduction : Nizard ; Paris, 1842.]

Protinus ergo,
ne quid cupide,
ne quid inprobe,
ne quid inpotenter faciat,
monendus est puer,
habendumque in animo semper
illud Vergilianum :
adeo in teneris
consuescere multum est
.

On ne saurait donc
avertir trop tôt un enfant
de ne rien faire avec passion,
avec méchanceté,
avec emportement ;
et il faut se souvenir toujours
de ce mot de Virgile :
Tant de nos premiers ans
l'habitude a de force !

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Adhuc sub judice lis est

Horace, L'Art poétique, 73-79. [Traduction : Fr. Richard ; Paris, Garnier, 1944.]
Res gestae regumque ducumque et tristia bella quo scribi possent numero, monstrauit Homerus. Quel vers peut chanter les exploits des rois et des chefs, la guerre et ses tristesses, c'est Homère qui l'a montré.
Versibus impariter iunctis querimonia primum, Le distique a exprimé d'abord la plainte funèbre,
post etiam inclusa est uoti sententia compos. puis a été consacré à l'ex-voto.
Quis tamen exiguos elegos emiserit auctor, Qui a, le premier, fait servir ce mètre modeste à l'élégie,
grammatici certant et adhuc sub iudice lis est. les grammairiens en discutent encore, et le procès est toujours pendant.
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Æs triplex

Horace, Odes, 1, 3, 9. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle. Paris , A. Lemerre, 1911.]

Illi robur et aes triplex
Cirea pectus erat, qui fragilem truci
Commisit pelago ratem
Primus...

Un triple chêne, un triple airain couvrait le cœur
de celui qui confia une barque fragile
aux flots redoutables
le premier...

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Alis aquilæ

Bible, Vulgate, Livre d'Isaïe, 40. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Deficient pueri et laborabunt
et iuvenes in infirmitate cadent
Qui autem sperant in Domino mutabunt fortitudinem
adsument pinnas sicut aquilae
current et non laborabunt
ambulabunt et non deficient

Les adolescents se fatiguent et se lassent,
Et les jeunes hommes chancellent !
Mais ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leurs forces.
Ils prennent leur envol comme des aigles ;
Ils courent et ne se lassent point,
Ils marchent et ne se fatiguent point.

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Amore, more, ore, re

Cette formule ingénieuse est souvent attribuée à Virgile. Toutefois plusieurs arguments laissent penser que cette attribution est erronée :
  • l'exploration systématique de l'œuvre de Virgile ne permet pas d'en trouver trace ;
  • la métrique n'en n'est pas régulière ;
  • ce genre de formule amusante n'est pas virgilien, ni même dans l'esprit des classiques romains.
Il apparaît plus vraisemblable qu'elle soit d'origine médiévale.
Une intéressante discussion de cette formule peut être lue (en anglais) sur le site http://promagistris.blogspot.com (Consulté le 24 juillet 2010).
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Arma potentius aequum

Ovide, Les Fastes, 3, 277-289. [Traduction : M. Nisard ; Paris, 1857.]

Principio nimium promptos
ad bella Quirites
molliri placuit
iure deumque metu
Inde datae leges,
ne firmior omnia posset,
coeptaque sunt pure
tradita sacra coli.
Exuitur feritas,
armisque potentius aequum est,
et cum ciue pudet
conseruisse manus,
atque aliquis, modo trux,
uisa iam uertitur ara
uinaque dat
tepidis farraque salsa focis.

C'était le temps où il fallait enfin
soumettre au frein de la justice
et retenir par la crainte des dieux
ces Romains toujours prêts à saisir les armes.
Les lois sont proclamées
et remplacent le droit du plus fort ;
alors les divinités des ancêtres
sont l'objet d'un culte solennel.
La barbarie disparaît peu à peu ;
l'équité succède à la violence ;
le citoyen rougit
de combattre contre un citoyen,
et tel qui, furieux, allait assouvir sa colère,
s'apaise soudain, à l'aspect de l'autel,
et vient jeter sur la flamme
le vin, le sel et le froment.

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Auri mediocritas

Horace, Odes, 2, 10, 5-9. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Auream quisquis mediocritatem
diligit,
tutus caret obsoleti sordibus tecti,
caret inuidenda sobrius aula.
Saepius uentis agitatur ingens.

Celui qui aime la médiocrité dorée

évitera pour son repos les misères d'un toit délabré,
et, dans sa sobriété, le palais qu'on envie.
Le pin élevé est plus souvent agité par les vents.

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Aut bibat aut abeat

Cicéron, Les Tusculanes, 5, 41. [Traduction : M. Nisard ; Paris, Dubochet, 1841.]

Mihi quidem in vita, servanda videtur illa lex, quae in Graecorum conuiviis optinetur: "Aut bibat" inquit "aut abeat". Et recte. Aut enim fruatur aliquis pariter cum aliis voluptate potandi aut, ne sobrius in violentiam vinolentorum incidat, ante discedat. Sic injurias fortunae, quas ferre nequeas, defugiendo relinquas

Du moins je voudrais qu'à cet égard on suivit la loi reçue par les Grecs dans leurs festins : "Que tout convive boive, ou se retire". Loi sagement établie ; car il est juste que tous participent aux plaisirs de la table ou que le sobre la quitte, de peur qu'il n'éprouve la violence des têtes échauffées par le vin ; et de même, si vous ne vous sentez point assez fort contre la fortune, dérobez-vous a ses atteintes en renonçant à vivre.

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Ave Maria

Prière chrétienne.

Ave Maria,
gracia plena,
Dominus tecum :
benedicta tu in mulieribus,
et benedictus fructus ventris tui, Jesus.

Sancta Maria,
Mater Dei,
ora pro nobis peccatoribus,
nunc et in hora mortis nostrae.

Amen.

Je vous salue Marie,
pleine de Grâce,
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie,
mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.

Amen.

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Beatus ille qui procul negotiis

Horace, Épodes, 2, 1. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894), Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Beatus ille qui procul negotiis,
ut prisca gens mortalium,
paterna rura bubus exercet suis
solutus omni faenore

Heureux celui qui loin des affaires,
comme la race antique des hommes,
laboure avec ses bœufs les champs paternels,
libre de tout souci usuraire;

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Beatus qui prodest quibus potest

Cicéron, Des devoirs, 3, 15, 63-64. [Traduction : Charles Appuhn, Cicéron, De la vieillesse, De l'amitié, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]
Hecatonem quidem Rhodium, discipulum Panaetii, video in iis libris, quos de officio scripsit Q- Tuberoni, dicere, sapientis esse nihil contra mores, leges, instituta facientem habere rationem rei familiaris. Neque enim solum nobis divites esse volumus, sed liberis, propinquis, amicis maximeque rei publicae. Singulorum enim facultates et copiae divitiae sunt civitatis. Huic Scaevolae actum, de quo paulo ante dixi, placere nullo modo potest. Etenim omnino tantum se negat facturum compendii sui causa, quod non liceat. Je vois qu'Hécaton, de Rhodes, un disciple de Panétius, dit, dans l'ouvrage qu'il a dédié à Q. Tubéron : « Il est d'un sage d'avoir souci de son propre avoir sans rien faire de contraire aux coutumes, aux lois et aux institutions en vigueur. Ce n'est pas seulement pour nous-mêmes que nous voulons être riches, c'est pour nos enfants, nos proches, nos amis et surtout dans l'intérêt de l'Etat. Les ressources, les fortunes des particuliers font la richesse de la cité. » Ce moraliste n'aurait certes pas goûté le désintéressement qu'a montré Scévola dans l'affaire dont je parlais ci-dessus. Il ne s'interdit en effet, pour grossir son avoir, que ce qu'interdisent les lois et coutumes.
Huic nec laus magna tribuenda nec gratia est. Sed sive et simulatio et dissimulatio dolus malus est, perpaucae res sunt, in quibus non dolus malus iste versetur, sive vir bonus est is, qui prodest quibus potest, nocet nemini, certe istum virum bonum non facile reperimus. Numquam igitur est utile peccare, quia semper est turpe, et, quia semper est honestum virum bonum esse, semper est utile. Il n'y a pas là de quoi se glorifier et on ne peut lui en savoir beaucoup de gré. Mais si le dol consiste dans la feinte et la dissimulation, il y a bien peu d'affaires qui en soient exemptes et si l'honnête homme est celui qui fait du bien autant qu'il peut autour de lui et ne fait de mal à personne, nous aurons quelque peine à trouver un honnête homme. Pour conclure donc, il n'est jamais utile de mal faire et, parce qu'il est toujours beau d'être un honnête homme, cela est toujours utile.
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Bertha rosas, Heotrud violas dat

Théodulphe, évêque d'Orléans, (760-821) [in Orlando de Rudder, Aperto libro ; Larousse, Paris, 1988].

S'il s'assied, que ses filles incomparables lui donnent leurs cadeaux au milieu d'embrassements ardents et que l'objet de son amour et de sa tendresse lui en donne aussi. Que Berthe lui donne des roses, Heotrud des violettes, Gisla des lys. Que chacune lui apporte des présents de nectar et d'ambroisie. Heotrud des pommes, Hiltrud les présents de Cérès, Théodrade ceux de Bacchus. Que d'aspects différents ! Mais c'est la même beauté en toutes. C'est l'éclat des pierres précieuse chez l'une, la splendeur de l'or chez l'autre […] C'est la disposition d'une fibule ou l'ornement d'un bandeau. C'est la parure d'un bracelet ou l'agrément d'un collier. Telle est revêtue d'une robe gris-fer, telle autre de jaune safran; telle ceint sa gorge d'un linge blanc comme le lait, telle autre d'un rouge. Qu'elles fassent au roi la faveur de tendres propos ou de leur rire qu'elles charment leur père par leur démarche et leurs plaisanteries. Que si la très sainte sœur du roi se trouve là, elle donne de doux baisers à son frère et réciproquement. Mais qu'elle reste calme et modère ses joies pour garder dans son cœur celle que lui donne l'époux éternel.

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Bellum se ipsum alet

Tite-Live, Ab Urbe Condita (Histoire romaine), 34, 12. [Traduction : Collection des Auteurs latins sous la direction de M. Nisard, Œuvres de Tite-Live, t. II ; Paris, Firmin Didot, 1864.]

Id erat forte tempus anni ut frumentum in areis Hispani haberent; itaque redemptoribus uetitis frumentum parare ac Romam dimissis 'bellum' inquit 'se ipsum alet'. profectus ab Emporiis agros hostium urit uastatque, omnia fuga et terrore complet.

C'était le moment de l'année où les blés étaient déjà serrés dans les granges. Caton défendit aux fournisseurs de s'occuper des approvisionnements, et les renvoya à Rome en disant: "La guerre entretiendra la guerre." Il partit ensuite d'Emporiae, mit à feu et à sang le territoire ennemi, et répandit partout l'épouvante et la consternation.

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Bonus ex malo non fit

Sénèque, Lettres à Luculius, 11, 87, 22. [Traduction : MM. Charpentier & Lemaistre, Collection Panckoucke ; Paris, Garnier, 1860.]

« Bonum ex malo non fit ; diuitiae fiunt autem ex auaritia; diuitiae ergo non sunt bonum. » - Non est, inquit, uerum, bonum ex malo non nasci : ex sacrilegio enim et furto pecunia nascitur. Itaque malum quidem est sacrilegium et furtum, sed ideo quia plura mala facit quam bona ; dat enim lucrum, sed cum metu, sollicitudine, tormentis et animi et corporis. - Quisquis hoc dicit, necesse est recipiat sacrilegium, sicut malum sit quia multa mala facit, ita bonum quoque ex aliqua parte esse, quia aliquid boni facit : quo quid fieri portentuosius potest ?
Quamquam sacrilegium, furtum, adulterium inter bona haberi prorsus persuasimus.

« Le bien ne peut naître du mal : les richesses naissent de l'avarice : donc elles ne sont pas un bien. » - Il n'est pas vrai, objecte-t-on, que le bien ne puisse pas naître du mal : car du sacrilége et du vol il peut venir de l'argent. Aussi le sacrilège et le vol ne sont des maux que parce qu'ils font plus de mal que de bien ; car le profit qu'ils apportent est accompagné de craintes, d'inquiétudes, de tourments du corps et de l'âme. - Tenir ce langage, c'est admettre nécessairement que, si le sacrilège est un mal, en tant qu'il produit beaucoup de maux, il est, sous d'autres rapports, un bien, en tant qu'il produit quelque bien. Or, je le demande, est-il rien de plus monstrueux que ce raisonnement, quoique nous en soyons venus aujourd'hui à mettre le sacrilége, le vol et l'adultère au nombre des biens ?

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Bonum vinum lætificat cor hominis

Bible, Ecclésiaste, 10, 19. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Malheur à toi, pays dont le prince est un enfant
et dont les puissants mangent le matin !
Heureux-toi, pays dont le roi est de race illustre
et dont les princes mangent au temps convenable
pour contenir leurs forces et non pour se livrer à la boisson !
Quand les mains sont paresseuses, la charpente s'affaisse ;
et quand les mains sont lâches, la maison à des fuites ;
on fait des repas pour se divertir,
le vin rend le cœur de l'homme heureux
et l'argent répond à tout.

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Caelum non animum mutant qui trans mare currunt

Horace, Épîtres, 1, 11, 25-29. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894), Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Nam si ratio et prudentia curas, non locus effusi late maris arbiter aufert, caelum, non animum mutant, qui trans mare currunt. Strenua non exercet inertia; nauibus atque quadrigis petimus bene uiuere.

Car, si c'est la raison et la sagesse qui dissipent les soucis, et non les lieux qui dominent la vaste mer, en traversant celle-ci on change de ciel, non d'esprit ; et nous nous épuisons en une oisiveté laborieuse, montant pour vivre heureux sur des nefs et des quadriges.

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Cantabit vacuus coram latrone viator

Juvénal, Satires, 10, 19-27. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]
Pauca licet portes argenti uascula puri Si, avec le moindre vase d'argent uni,
nocte iter ingressus, gladium contumque timebis on sort la nuit, on craint le glaive et l'épieu ;
et mota ad lunam trepidabis harundinis umbra : l'ombre d'un roseau qui bouge au clair de lune fait frissonner,
cantabit uacuus coram latrone uiator. tandis que le voyageur aux poches vides chantera au nez du voleur.
Prima fere uota et cunctis notissima templis Le voeu le plus commun, qui s'entend dans tous les temples,
diuitiae, crescant ut opes, ut maxima toto c'est que nos richesses et ressources augmentent,
nostra sit arca foro. c'est que notre coffre-fort soit le mieux garni du Forum.
Sed nulla aconita bibuntur fictilibus ; Pourtant aucun poison ne se boit dans l'argile ;
tunc illa time cum pocula sumes au contraire, tremble, si tu prends en main
gemmata et lato Setinum ardebit in auro. une coupe décorée de pierreries et si le Sétine pétille dans l'or.
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Caput inter nubila

Ovide, l’Énéide, 4, 2, 174-190. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes — Fama, malum qua non aliud uelocius ullum ; mobilitate uiget, uiresque adquirit eundo, parua metu primo, mox sese attollit in auras, ingrediturque solo, et caput inter nubila condit. Illam Terra parens, ira inritata deorum, extremam ut perhibent Coeo Enceladoque sororem progenuit, pedibus celerem et pernicibus alis, monstrum horrendum, ingens, cui, quot sunt corpore plumae tot uigiles oculi subter, mirabile dictu, tot linguae, totidem ora sonant, tot subrigit aures. Nocte uolat caeli medio terraeque per umbram, stridens, nec dulci declinat lumina somno ; luce sedet custos aut summi culmine tecti, turribus aut altis, et magnas territat urbes ; tam ficti prauique tenax, quam nuntia ueri. Haec tum multiplici populos sermone replebat gaudens, et pariter facta atque infecta canebat.

Aussitôt, la Rumeur parcourt les grandes villes de Libye — la Rumeur, de tous les maux le plus véloce : la mobilité accroît sa vigueur et la marche lui donne des forces ; petite d'abord par peur, elle s'élève bientôt dans les airs, et, tout en foulant le sol, tient la tête cachée dans les nuages. La Terre sa mère, par colère contre les dieux, l'a mise au monde pour donner, selon la légende, une dernière sœur à Céus et Encélade ; rapide car dotée de pieds et d'ailes agiles, monstre horrible, gigantesque ; autant porte-t-elle de plumes sur son corps, autant possède-t-elle sous ces plumes d'yeux vigilants (étonnant à dire !), autant de langues, autant de bouches sonnantes, autant d'oreilles dressées. La nuit, elle vole entre le ciel et la terre, grinçant dans l'ombre, et ne ferme point les yeux pour se livrer au doux sommeil ; le jour, elle guette, postée au sommet d'un toit ou sur de hautes tours et sème la terreur dans les grandes cités, opiniâtre messagère d'inventions, de faux et de vérité. Elle se plaît à répandre partout les propos les plus divers, et diffuse tout à la fois ce qui est et ce qui n'est pas arrivé.

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Carpe diem

Horace, Odes, 1, 11, 8. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894), Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Tu ne quaesieris (scire nefas)
quem mihi, quem tibi finem di dederint,
Leuconoe,
nec Babylonios temptaris numeros.
Vt melius quicquid erit pati !
Seu pluris hiemes seu tribuit Iuppiter
ultimam, quae nunc oppositis
debilitat pumicibus mare Tyrrhenum,
sapias, uina liques et spatio breui
spem longam reseces.
Dum loquimur, fugerit inuida aetas :
carpe diem, quam minimum credula postero.

Ne cherche pas à connaître, il est défendu de le savoir,
quelle destinée nous ont faite les Dieux, à toi et à moi,
ô Leuconoé ;
et n'interroge pas les Nombres Babyloniens.
Combien le mieux est de se résigner, quoi qu'il arrive !
Que Jupiter t'accorde plusieurs hivers,
ou que celui-ci soit le dernier qui heurte maintenant
la mer Tyrrhénienne contre les rochers immuables,
sois sage, filtre tes vins et mesure
tes longues espérances à la brièveté de la vie.
Pendant que nous parlons, le temps jaloux s'enfuit.
Cueille le jour, et ne crois pas au lendemain.

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Christianos ad leones

Tertullien, Apologétique, 40, 2. [Traduction : J.-A.-C. Buchon, Choix de monuments primitifs de l'église chrétienne ; Paris, Delagrave, 1882.]
At e contrario illis nomen factionis accommodandum est, qui in odium bonorum et proborum conspirant, qui aduersum sanguinem innocentium conclamant, praetexentes sane ad odii defensionem illam quoque uanitatem, quod existiment omnis publicae cladis, omnis popularis incommodi Christianos esse in causam. Si Tiberis ascendit in moenia, si Nilus non ascendit in arua, si caelum stetit, si terra mouit, si fames, si lues, statim : "Christianos ad leonem !" acclamatur. Tantos ad unum ? Une assemblée de gens de bien, de gens vertueux, pieux et chastes, n'est point une faction, c'est un sénat : le nom de faction convient à ceux qui conspirent contre ces hommes vertueux ; qui demandent à grands cris leur sang ; qui prennent pour prétexte de leur haine que les chrétiens sont la cause de toutes les calamités publiques. Pitoyable prétexte ! Si le Tibre inonde Rome, si le Nil n'inonde point les campagnes, si le ciel est fermé, si la terre tremble, s'il survient une famine, une peste, on entend crier aussitôt : « Les chrétiens aux lions ! » Quoi ! tous les chrétiens aux lions !
Oro uos, ante Tiberium, id est ante Christi aduentum, quantae clades orbem et urbes ceciderunt ! Legimus Hieran, Anaphen et Delon et Rhodon et Co insulas multis cum milibus hominum pessum abisse. Memorat et Plato maiorem Asiae uel Africae terram Atlantico mari ereptam. Sed et mare Corinthium terrae motus ebibit, et uis undarum Lucaniam abscisam in Siciliae nomen relegauit. Mais dites-moi, je vous prie, avant Tibère, c'est-à-dire avant la naissance de Jésus-Christ, la terre, les villes n'ont-elles pas éprouvé les plus grands malheurs ? L'histoire ne nous apprend-elle pas que Hiérapolis, que les îles de Délos, de Rhode et de Cos ont été submergées avec plusieurs milliers d'hommes ? Platon assure que la mer Atlantique a couvert la plus grande partie du continent de l'Asie ou de l'Afrique. Un tremblement de terre a mis à sec la mer de Corinthe. La violence des flots a détaché la Lucanie de l'Italie, et en a fait l'île de Sicile.
Haec utique non sine iniuria incolentium accidere potuerunt. Ubi uero tunc, non dicam deorum uestrorum contemptores Christiani, sed ipsi dei uestri, cum totum orbem cataclysmus aboleuit uel, ut Plato putauit, campestre solummodo ? De tels changements dans le globe n'ont pu arriver sans faire périr quantité d'hommes. Où étaient, je ne dis pas les chrétiens, ces contempteurs de vos dieux, où étaient vos dieux eux-mêmes, lorsque le déluge a submergé toute la terre, ou du moins les plaines, comme Platon l'a prétendu ?
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Cedant arma togae

Cicéron, Des Devoirs, 1, 22, 77. [Traduction : Charles Appuhn, Cicéron, De la vieillesse, De l'amitié, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Illud autem optimum est, in quod invadi solere ab improbis et invidis audio "cedant arma togae concedat laurea laudi". Ut enim alios omittam, obis rem publicam gubernantibus nonne togae arma cesserunt? Neque enim periculum in re publica fuit gravius umquam nec maius otium. Ita consiliis diligentiaque nostra celeriter de manibus audacissimorum civium delapsa arma ipsa ceciderunt. Quae res igitur gesta umquam in bello tanta? qui triumphus conferendus?

Il n'est rien de plus beau que l'idée exprimée dans ce vers qui a donné prise à tant d'attaques des mauvais citoyens et des envieux : "que les armes le cèdent à la toge, les lauriers du soldat vainqueur à la louange du courage civique". Pour ne pas citer d'autres exemples, n'est-il pas vrai qu'au temps où je gouvernais, la république les armes l'ont cédé à la toge ? Jamais la république ne courut plus grand danger et jamais la paix ne fut plus profonde : par ma décision, par mon activité, les armes sont d'elles-mêmes tombées des mains des citoyens les plus audacieux. Quel fait de guerre eut jamais tant de grandeur, quel triomphe est comparable ?

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Cibi condimentum est fames

Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 28, 90. [Traduction : M. Guyau, Des suprêmes biens et des suprêmes maux, d'après Cicéron ; Paris, Delagrave, 1875.]

Sapientem locupletat ipsa natura, cuiusdiuitias Epicurus parabiles esse docuit. Haec bene dicuntur, nec ego repugno, sed inter sese ipsa pugnant. negat enim tenuissimo uictu, id est contemptissimis escis et potionibus, minorem uoluptatem percipi quam rebus exquisitissimis ad epulandum. huic ego, si negaret quicquam interesse ad beate uiuendum quali uteretur uictu, concederem, laudarem etiam; uerum enim diceret, idque Socratem, qui uoluptatem nullo loco numerat, audio dicentem, cibi condimentum esse famem, potionis sitim. sed qui ad uoluptatem omnia referens uiuit ut Gallonius, loquitur ut Frugi ille Piso, non audio nec eum, quod sentiat, dicere existimo.

Épicure nous apprend que le sage est assez riche des seuls biens de la nature, qui sont toujours sous notre main. Soit, et je pense comme lui ; mais voici encore une contradiction. Il soutient qu'il n'y a pas moins de volupté à se nourrir des choses les plus viles, et à ne boire que de l'eau, qu'à jouir de tout le luxe de la table. S'il disait que, pour vivre heureusement, il n'importe pas de quoi on vive, j'en ferais d'accord ; et je le louerais même, car il dirait vrai. Et quand Socrate, qui ne faisait nul cas de la volupté, dit que le meilleur assaisonnement du boire et du manger est la soif et la faim, je l'écoute ; mais je n'écoute pas un homme qui, rapportant tout à la volupté, parle comme le frugal Pison et vit comme Gallonius, car je ne puis croire qu'il exprime sa véritable pensée.

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Cogito ergo sum

René Descartes, Méditations métaphysiques, 2, 3, 1641.

Sed est deceptor nescio quis, summe potens, summe callidus, qui de industriâ me semper fallit. Haud dubie igitur ego etiam sum, si me fallit; & fallat quantum potest, nunquam tamen efficiet, ut nihil sim quamdiu me aliquid esse cogitabo. Adeo ut, omnibus satis superque pensitatis, denique statuendum sit hoc pronuntiatum, Ego sum, ego existo, quoties a me profertur, vel mente concipitur, necessario esse verum.

Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe ; et qu'il me trompe tant qu'il voudra il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu'après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit.

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Coitus interruptus

Texte de la Bible concernant Onan : Genèse, 38, 6-10. [Traduction : Louis Second, 1910.]

6. Juda prit pour Er, son premier-né, une femme nommée Tamar.
7. Er, premier-né de Juda, était méchant aux yeux de l'Éternel ; et l'Éternel le fit mourir.
8. Alors Juda dit à Onan : Va vers la femme de ton frère, prends-la comme beau-frère et suscite une postérité à ton frère.
9. Onan, sachant que cette postérité ne serait pas à lui, se souillait à terre alors qu'il allait vers la femme de son frère, afin de ne pas donner de postérité à son frère.
10. Ce qu'il faisait déplut à l'Éternel, qui le fit aussi mourir.

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Collige virgo rosas

De rosis nascentibus, « Les boutons de roses » attribué à Virgile et plus surement à Ausone. Vers 49-50.
Traduction versifiée non littérale.
collige, virgo, rosas dum flos novus et nova pubes, mignonne, tant que la rose et toi sont dans la fleur de l'âge,
et memor esto aevum sic properare tuum. cueille la rose et souviens-toi que comme elle tu te flétriras.
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Consuetudinis vis magna est

Cicéron, Les Tusculanes, 2, 17, 40. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiés sous la direction de M. Nisard ; Œuvres complètes de Cicéron, t. IV ; Paris, Dubochet, 1841.]
Ubi fortuna Hectoris nostram acrem aciem inclinatam - et cetera explicat in dolore. Sic est enim intemperans militaris in forti uiro gloria. Ergo haec ueteranus miles facere poterit, doctus uir sapiensque non poterit ? Ille uero melius, ac non paulo quidem. 40 Sed adhuc de consuetudine exercitationis loquor, nondum de ratione et sapientia. Aniculae saepe inediam biduum aut triduum ferunt. Subduc cibum unum diem athletae: iouem, iouem Olympium, eum ipsum cui se exercebit, implorabit, ferre non posse clamabit. Consuetudinis magna uis est. Pernoctant uenatores in niue, in montibus uri se patiantur, inde pugiles caestibus contusi ne ingemescunt quidem. Sed quid hos quibus Olympiorum uictoria consulatus ille antiquus uidetur ? gladiatores, aut perditi homines aut barbari, quas plagas perferunt! quo modo illi, qui bene instituti sunt, accipere plagam malunt quam turpiter uitare! quam saepe apparet nihil eos malle quam uel domino satis facere uel populo! mittunt etiam uulneribus confecti ad dominos qui quaerant quid uelint; si satis eis factum sit, se uelle decumbere. Quis mediocris gladiator ingemuit, quis uultum mutauit umquam ? quis non modo stetit, uerum etiam decubuit turpiter ? quis, cum decubuisset, ferrum recipere iussus collum contraxit ? "Hector, à qui les Dieux prêtaient leur assistance , voyant de nos guerriers mollir la résistance, etc." car il en vient au détail, malgré sa douleur; emporté par cette intempérance de gloire, dont un brave ne peut se défendre. Un homme éclairé, un philosophe ne pourra-t-il donc pas aussi bien qu'un vieux guerrier, montrer de la patience dans ses douleurs ? Oui sans doute il le pourra, et incomparablement mieux. Mais nous n'en sommes pas encore aux secours qui se tirent de sa raison : il s'agit présentement de ceux qui naissent de l'habitude. Une petite femme décrépite jeûnera sans peine deux et trois jours. Retranchez la nourriture à un athlète pendant vingt-quatre heures, il se croira mort et appellera Jupiter à son aide, ce Jupiter l'Olympien, à qui ses travaux sont consacrés. Telle est la force de l'habitude. Passer les nuits au milieu des neiges, et brûler toute la journée au soleil, c'est l'ordinaire des chasseurs. On n'entend pas même gémir ces athlètes, qui se meurtrissent à coups de cestes. Que dis-je ? Une victoire remportée aux jeux Olympiques est à leurs yeux ce qu'a été autrefois le consulat dans Rome. Mais les gladiateurs, des scélérats, des barbares, jusqu'où ne poussent-ils point la constance ? Pour peu qu'ils sachent bien leur métier, n'aiment-ils pas mieux recevoir un coup, que de l'esquiver contre les règles ? On voit que ce qui les occupe davantage, c'est le soin de plaire, et à leur maître, et aux spectateurs. Tout couverts de blessures, ils envoient demander à leur maître s'il est content : que s'il ne l'est pas, ils sont prêts à tendre la gorge. Jamais le moindre d'entre eux a-t-il, ou gémi, ou changé de visage ? Quel art dans leur chûte même, pour en dérober la honte aux yeux du public ? Renversés enfin aux pieds de leur adversaire, s'il leur présente le glaive, tournent-ils la tête ?
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Consuetudo altera natura est

Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, 5, 25, 74. [Traduction : Collection des auteurs latins publiés sous la direction de M. Nisard ; Œuvres complètes de Cicéron t. III ; Paris, Dubochet, 1840.]
Quin etiam ipsi uoluptarii deuerticula quaerunt et uirtutes habent in ore totos dies uoluptatemque primo dumtaxat expeti dicunt, deinde consuetudine quasi alteram quandam naturam effici, qua inpulsi multa faciant nullam quaerentes uoluptatem. Il n'y a pas jusqu'aux voluptueux qui ne cherchent des subterfuges et qui n'aient sans cesse le nom de la vertu à la bouche ; ils disent que c'est bien à la volupté que la nature se porte d'abord, mais que l'habitude est comme une seconde nature, par l'impulsion de laquelle on fait ensuite beaucoup de choses, sans avoir la volupté pour objet.
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Consummatum est

Évangile de Jean. Texte latin : Vulgate. [Traduction : Louis Second, 1910.]

28. Postea sciens Iesus quia
iam omnia consummata sunt
ut consummaretur scriptura dicit 'sitio'
29. vas ergo positum erat aceto plenum
illi autem spongiam plenam aceto
hysopo circumponentes
obtulerunt ori eius
30. cum ergo accepisset Iesus acetum
dixit 'consummatum est'
et inclinato capite tradidit spiritum.

28. Après cela, Jésus, qui savait que
tout était déjà consommé, dit,
afin que l'Écriture fût accomplie : « j'ai soif. »
29. Il y avait là un vase plein de vinaigre.
Les soldats en remplirent une éponge et,
l'ayant fixée à une branche d'hysope,
ils l'approchèrent de sa bouche.
30. Quand Jésus eut pris le vinaigre,
il dit : « Tout est accompli. »
Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.

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Contra spem in spem credidit

Vulgate, Romains, 4, 18-19. [Traduction : Louis Second, 1910.]

[Abraham] qui contra spem in spem credidit
ut fieret pater multarum gentium secundum
quod dictum est sic erit semen tuum.

Espérant contre toute espérance, [Abraham] crut,
en sorte qu'il devint père d'un grand nombre de nations,
selon ce qui lui avait été dit : Telle sera ta postérité.

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Corruptissima re publica plurimae leges

Tacite, Annales, 3, 27. [Traduction : Œuvres complètes de Tacite traduites en français avec une introduction et des notes par J. L. Burnouf ; Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, rue Pierre-Sarrazin, n°14, 1859.]
…Aduersum patrum factiones multa populus parauit tuendae libertatis et firmandae concordiae, creatique decemuiri et accitis quae usquam egregia compositae duodecim tabulae, finis aequi iuris : nam secutae leges etsi aliquando in maleficos ex delicto, saepius tamen dissensione ordinum et apiscendi inlicitos honores aut pellendi claros uiros aliaque ob praua per uim latae sunt […] Ac ne bello quidem Italico, mox ciuili omissum quin multa et diuersa sciscerentur, donec L. Sulla dictator abolitis uel conuersis prioribus, cum plura addidisset, otium eius rei haud in longum parauit, statim turbidis Lepidi rogationibus neque multo post tribunis reddita licentia quoquo uellent populum agitandi. Iamque non modo in commune sed in singulos homines latae quaestiones, et corruptissima re publica plurimae leges. …Le peuple, en vue d'assurer sa liberté et d'affermir la concorde, se donna, contre les entreprises des patriciens, de nombreuses garanties. Des décemvirs furent créés, qui, empruntant aux législations étrangères ce qu'elles avaient de meilleur, en formèrent les Douze Tables, dernières lois dont l'équité soit le fondement : car si celles qui suivirent eurent quelquefois pour but de réprimer les crimes, plus souvent aussi, nées de la division entre les ordres, d'une ambition illicite, de l'envie de bannir d'illustres citoyens, ou de quelque motif également condamnable, elles furent l'ouvrage de la violence […] Ni la guerre italique, ni la guerre civile, qui la suivit de près, n'empêchèrent d'éclore une foule de lois, souvent contradictoires ; jusqu'à ce que L. Sylla, dictateur, après en avoir aboli, changé, ajouté un grand nombre, fît trêve aux nouveautés, mais non pour longtemps ; car les séditieuses propositions de Lépidus éclatèrent aussitôt, et la licence ne tarda pas à être rendue aux tribuns d'agiter le peuple au gré de leur caprice. Alors on ne se borna plus à ordonner pour tous ; on statua même contre un seul, et jamais les lois ne furent plus multipliées que lorsque l'État fut le plus corrompu.
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Cui bono ?

Cicéron, Pro Milone, 12, 32. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiés sous la direction de M. Nisard ; Œuvres complètes de Cicéron, t. III ; Paris, Dubochet, 1840.]

Itaque illud Cassianum 'cui bono fuerit' in his personis valeat; etsi boni nullo emolumento impelluntur in fraudem, improbi saepe parvo.

Que le mot de Cassius : "A qui l'action a-t-elle dû profiter ?" nous dirige donc et nous aide dans nos recherches. Si nul motif ne peut engager l'honnête homme à faire le mal, souvent un léger intérêt y détermine le méchant.

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Cum grano salis

Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 23, 77, 2. [Traduction : Émile Littré ; Histoire naturelle de Pline t. II ; Paris, J.J. Dubochet, Le Chevalier et Comp., Paris, 1850.]

Après la défaite de Mithridate, puissant monarque, Cn. Pompée trouva dans ses archives secrètes une recette que ce prince avait écrite de sa propre main ; c'était un antidote ainsi composé : Prenez deux noix sèches, deux figues, vingt feuilles de rue ; broyez le tout ensemble, après avoir ajouté un grain de sel : celui qui prendra ce mélange à jeun sera pour un jour à l'abri de tout poison.

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Dat veniam corvis, vexat censura columbas

Juvénal, Satires, 2, 63. [Traduction : Jules Lacroix ; Satires de Juvénal et de Perse ; Paris, Firmin Didot, 1846.]
Juvénal, qui écrit entre la fin du Ier siècle et le début du IIe siècle, tempête contre le dépravation de Rome devenue, selon lui, un lupanar.

SATVRA II : HYPOCRYTAE
[…]
Hister liberto, dederit viuus cur multa puellae.
dives erit magno
quae dormit tertia lecto.
tu nube atque tace : donant arcana cylindros.
de nobis post haec tristis sententia fertur ?
dat veniam corvis, vexat censura columbas.

SATYRE II : DES HYPOCRITES
[…]
« Hister donne beaucoup à sa femme docile,
Et d’un affranchi seul emplit son codicille :
On sait pourquoi !… Discrète, elle aura des bijoux,
Celle qui veut dormir en tiers près d’un époux…
« Sur nous seules pourtant votre censure tombe :
Épargnant les corbeaux, elle atteint la colombe ! »

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De profundis

Bible, Psaume 129 (130). [Traduction : Louis Second, 1910.]

De profundis clamavi ad te Domine
Domine exaudi vocem meam
fiant aures tuae intendentes
ad vocem deprecationis meae
si iniquitates observabis Domine
Domine quis sustinebit
quia tecum est propitiatio
cum terribilis sis sustinui
Dominum sustinuit anima mea
et verbum eius expectavi
anima mea ad Dominum
a vigilia matutina usque ad vigiliam matutinam
expectet Israel Dominum
quia apud Dominum misericordia
et multa apud eum redemptio
et ipse redimet Israel
ex omnibus iniquitatibus eius.

Du profond de l'abîme, je t'invoque, ô Éternel !
Seigneur, écoute ma voix !
Que tes oreilles soient attentives
À la voix de mes supplications
Si tu gardais le souvenir des iniquités, Éternel,
Seigneur, qui pourrait subsister ?
Mais le pardon se trouve auprès de toi,
Afin qu'on te craigne.
J'espère en l'Éternel ; mon âme espère ;
Et j'attends Sa promesse.
Mon âme compte sur le Seigneur
Plus que les gardes ne comptent sur le matin.
Israël ! Mets ton espoir en l'Éternel !
Car la miséricorde est auprès de l'Éternel
Et la rédemption est auprès de lui en abondance.
C'est lui qui rachète Israël
De toutes ses iniquités.

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De te fabula narratur

Horace, Satires, 1, 64-79. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]
Ut quidam memoratur Athenis sordidus ac diues, populi contemnere uoces sic solitus : 'Populus me sibilat, at mihi plaudo ipse domi, simul ac nummos contemplor in arca.' Tantalus a labris sitiens fugientia captat flumina. Ceci rappelle un certain Athénien avare et riche qui avait coutume de mépriser les cris du peuple : "Le peuple me siffle ; mais moi je m'applaudis à la maison en contemplant mes écus dans mon coffre !" Tantale altéré veut saisir l'eau qui fuit ses lèvres.
— Quid rides ? mutato nomine de te fabula narratur : congestis undique saccis indormis inhians et tamquam parcere sacris cogeris aut pictis tamquam gaudere tabellis. Nescis, quo ualeat nummus, quem praebeat usum ? panis ematur, holus, uini sextarius, adde quis humana sibi doleat natura negatis. an uigilare metu exanimem, noctesque diesque formidare malos fures, incendia, seruos, ne te conpilent fugientes, hoc iuuat ? horum semper ego optarim pauperrimus esse bonorum. — Pourquoi ris-tu ? sous un autre nom c'est de toi que parle la fable. Tu t'endors, la bouche ouverte, sur tes sacs amassés de tous côtés, et tu n'y peux toucher comme s'ils étaient sacrés, et tu n'en peux jouir que comme d'une peinture. Ignores-tu ce que vaut l'argent et à quoi il sert ? Achète un pain, des légumes, un setier de vin, enfin ce dont la nature humaine souffre quand on le lui refuse. Veiller à demi mort de peur, redouter jours et nuits les voleurs, les incendies, ou que tes esclaves te pillent et s'enfuient, cela te plaît-il ? Puissé-je toujours rester très pauvre de ces biens-là !
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Debellare superbos

Virgile, l’Énéide, 6, 851-852. [Traduction : Université catholique de Louvain.]
Romane, memento : hae tibi erunt artes; pacisque imponere morem, parcere subiectis, et debellare superbos. Romain, souviens-toi — ce seront tes arts à toi — de gouverner les nations sous ta loi, d'imposer des règles à la paix, de ménager les vaincus et d'abaisser les superbes.
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Decet imperatorem stantem mori

Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Vespasien, 24, 2. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Consulatu suo nono temptatus in Campania motiunculis levibus protinusque urbe repetita, Cutilias ac Reatina rura, ubi aestiuare quotannis solebat, petit.Hic cum super urgentem valitudinem creberrimo frigidae aquae usus etiam intestina vitiasset, nec eo minus muneribus imperatoriis ex consuetudine fungeretur, ut etiam legationes audiret cubans, aluo repente usque ad defectionem soluta, imperatorem, ait statem mori oportere ; dumque consurgit ac mititur, inter manus sublevantium extinctus est VIIII. Kal. Iul. annum agens aetatis sexagensimum ac nonum, superque mensem ac diem septimum.

Pendant son neuvième consulat, il ressentit, en Campanie, de légères atteintes de fièvre. Il revint aussitôt à Rome, et se rendit à Cutilies et à Réate, où il avait coutume de passer tous les étés. Le mal augmenta par le fréquent usage de l'eau fraîche qui avait affaibli ses entrailles. Il n'en vaquait pas moins aux soins de son empire et donnait même des audiences dans son lit. Mais, saisi tout à coup d'une diarrhée épuisante : Il faut, dit-il, qu'un empereur meure debout et, tandis qu'il faisait un effort pour se lever, il expira entre les bras de ceux qui l'assistaient, le neuvième jour avant les calendes de juillet, âgé de soixante-neuf ans, un mois et sept jours.

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Delicta juventutis meæ

Bible, Vulgate, Psaume 25, 7. [Traduction : Louis Second, 1910.]
Delicta juventutis meæ est exprimé dans la Vulgate par le formule : Peccatorum adulescentiae meæ.

Peccatorum adulescentiae meæ et scelerum meorum ne memineris secundum misericordiam tuam recordare mei propter bonitatem tuam Domine.

Ne te souviens pas des péchés de ma jeunesse ni de mes transgressions. Selon ta miséricorde, souviens-toi de moi à cause de ta bonté, ô Éternel.

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Dente superbo

Horace, Satires, 2, 6, 80-89. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Olim rusticus urbanum murem mus paupere fertur accepisse cauo, ueterem uetus hospes amicum, asper et attentus quaesitis, ut tamen artum solueret hospitiis animum. Quid multa ? neque ille sepositi ciceris nec longae inuidit auenae, aridum et ore ferens acinum semesaque lardi frusta dedit, cupiens uaria fastidia cena uincere tangentis male singula dente superbo, cum pater ipse domus palea porrectus in horna esset ador loliumque, dapis meliora relinquens.

On dit que le rat des champs reçut autrefois le rat de ville dans son pauvre trou : vieil ami et vieil hôte ! Dur à lui-même et soigneux des choses acquises, pour ses hôtes il se relâchait cependant de son esprit étroit. Pour être bref, il ne refusa ni sa réserve de pois chiches ni son avoine allongée, et apportant à la bouche du raisin sec, des bribes de lard à moitié rongées, il cherchait, en variant le souper, à vaincre les dégoûts de celui qui touchait à peine aux choses d'une dent dédaigneuse, tandis que le propre maître de la maison, sur de la paille nouvelle, mangeait l'orge et l'ivraie, laissant les meilleurs mets.

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Desinit in piscem mulier formosa superne

Horace, Art poétique, 4. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Humano capiti ceruicem pictor equinam
iungere si uelit et uarias inducere plumas
undique collatis membris, ut turpiter atrum
desinat in piscem mulier formosa superne,
spectatum admissi, risum teneatis, amici ?

Supposez qu'un peintre ait l'idée d'ajuster à une tête
d'homme un cou de cheval et de recouvrir ensuite de
plumes multicolores le reste du corps, composé d'éléments
hétérogènes; si bien qu'un beau buste de femme se
terminerait en une laide queue de poisson
. À ce spectacle,
pourriez-vous, mes amis, ne pas éclater de rire ?

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Di meliora piis

Virgile, Géorgiques, 3, 498-517. [Traduction : Maurice Rat ; Virgile, Les Bucoliques et les Géorgiques ; Paris, Garnier, 1932.]

Labitur infelix studiorum atque immemor herbae uictor equus fontisque auertitur et pede terram crebra ferit ; demissae aures, incertus ibidem sudor et ille quidem morituris frigidus ; aret pellis et ad tactum tractanti dura resistit. haec ante exitium primis dant signa diebus : sin in processu coepit crudescere morbus, tum uero ardentes oculi atque attractus ab alto spiritus, interdum gemitu grauis, imaque longo ilia singultu tendunt, it naribus ater sanguis, et obsessas fauces premit aspera lingua. Profuit inserto latices infundere cornu Lenaeos ; ea uisa salus morientibus una. Mox erat hoc ipsum exitio, furiisque refecti ardebant, ipsique suos iam morte sub aegra (di meliora piis, erroremque hostibus illum !)

Il succombe, malheureux, oubliant la gloire et la prairie, le cheval vainqueur ; il se détourne des fontaines, et, du pied, frappe sans cesse la terre ; ses oreilles baissées distillent une sueur incertaine, qui devient froide quand la mort approche; sa peau est sèche, et, rugueuse, résiste à la main qui la touche. Tels sont, les premiers jours, les signes précurseurs de la mort. Mais, si en progressant la recrudescence du mal se fait sentir, alors vraiment les yeux sont enflammés, la respiration tirée du fond de la poitrine, appesantie parfois d'un gémissement ; un long hoquet tend le bas des flancs; un sang noir coule des naseaux ; la langue sèche presse sur la gorge qu'elle assiège. On eut de bons résultats d'abord en introduisant dans leur bouche avec une corne la liqueur lénéenne (c'était en apparence le seul moyen de sauver les mourants) ; mais bientôt ce remède même provoqua leur mort : ranimés, ils brûlaient de toutes les fureurs, et dans les angoisses de la mort (Dieux, inspirez de meilleures pensées à ceux qui sont pieux et réservez cet égarement à vos ennemis !)

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Dies irae

Séquence de la Liturgie des Morts (Requiem) de lÉglise catholique. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Dies iræ, dies illa,
Solvet sæclum in favílla,
Teste David cum Sibýlla !

Quantus tremor est futurus,
quando judex est venturus,
cuncta stricte discussurus !

Jour de colère, que ce jour là
Où le monde sera réduit en cendres,
Selon les oracles de David et de la Sibylle.

Quelle terreur nous envahira,
lorsque le juge viendra
tout examiner implacablement !

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Difficiles nugae

Martial, Épigrammes, 2, 86. [Traduction : Œuvres complètes de M. V. Martial avec la traduction de MM. V. Verger, N. A. Dubois et J. Mangeart. Nouvelle édition, revue avec le plus grand soin par MM. Félix Lemaistre pour la première partie du tome I et pour le tome II, N. A. Dubois pour la deuxième partie du tome I ; Paris, Garnier Frères Libraires-Éditeurs, 1864.]

Quid si per gracilis uias petauri
inuitum iubeas subire Ladan?
Turpe est difficiles habere nugas
et stultus labor est ineptiarum.
Scribat carmina circulis Palaemon,
me raris iuuat auribus placere.

Lada, qui de la course obtient toujours le prix
Voudrait-il s'abaisser à franchir le Pétaure ?
À pâlir sur des riens l'auteur se déshonore ;
Sur des futilités l'esprit se rétrécit,
Et dans des jeux d'enfants s'épuise et s'amortit.
Qu'un autre pour la foule écrive ses ouvrages ;
Moi, des seuls connaisseurs je brigue les suffrages.

La traduction, ancienne (1864), tentant de conserver la versification, est assez approximative. Les termes cités en italiques se traduisent plus précisément :
Turpe est difficiles habere nugas
Il est honteux de s'appliquer laborieusement à des niaiseries.
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Dilige et quod vis fac

Augustin d'Hippone, Iohannis Epistulam ad Parthos tractatus decem, 8.

Invenimus saevientem hominem factum de caritate ; et blandum factum de iniquitate. Puerum caedit pater, et mango blanditur. Si duas res proponas, plagas et blandimenta ; quis non eligat blandimenta, et fugiat plagas ? Si personas attendas, caritas caedit, blanditur iniquitas. Videte quid commendamus, quia non discernuntur facta hominum, nisi de radice caritatis. Nam multa fieri possunt quae speciem habent bonam, et non procedunt de radice caritatis. Habent enim et spinae flores : quaedam vero videntur aspera, videntur truculenta ; sed fiunt ad disciplinam dictante caritate. Semel ergo breve praeceptum tibi praecipitur : Dilige, et quod vis fac : sive taceas, dilectione taceas ; sive clames, dilectione clames ; sive emendes, dilectione emendes ; sive parcas, dilectione parcas. Radix sit intus dilectionis, non potest de ista radice nisi bonum existere.

Voici un homme que la charité rend féroce ; et un autre que l'iniquité rend excessivement affectueux. Un père bat un garçon et un dépravé le caresse. Si tu considéres les deux actions, les coups et les caresses, qui ne choisirait les caresses et ne condamnerait les coups ? Si tu considères les motifs, c'est la charité qui bat et l'iniquité qui caresse. Voilà sur quoi j'insiste : que les actes des hommes soient jugés sur le fondement de la charité. Car beaucoup de choses peuvent être faites qui ont une aimable apparence mais ne procèdent pas de l'amour. Les épines ont aussi des fleurs : certaines actions semblent brutales, violentes quoiqu'elles soient motivés par une discipline à l'aune de la charité. Une fois pour toutes, voici un précepte court : Aime et fait comme bon te semble : si tu tiens à ta tranquillité, par l'amour établis ta tranquillité; si tu pleurs, pleurs par amour ; si tu corriges, corriges par amour ; si tu économises, économises par amour. De tout fais de l'amour la racine ; de cette racine ne peut croître que le bien.

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Dis aliter visum

Virgile, l’Énéide, 2, 428. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Ilicet obruimur numero ; primusque Coroebus Penelei dextra diuae armipotentis ad aram procumbit ; cadit et Rhipeus, iustissimus unus qui fuit in Teucris et seruantissimus aequi : dis aliter uisum.

Aussitôt, nous sommes écrasés sous le nombre. Corèbe, le premier, succombe de la main de Pénélée, près de l'autel de la déesse, la puissante guerrière; Rhipée tombe aussi, qui fut juste entre tous, et, parmi les Troyens, le plus grand serviteur de l'équité. Les dieux en jugèrent autrement.

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Disjecti membra poetæ

Horace, Satires, 1, 4, 54-62. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Ergo non satis est puris uersum perscribere uerbis, quem si dissoluas, quiuis stomachetur eodem quo personatus pacto pater. His, ego quae nunc, olim quae scripsit Lucilius, eripias si tempora certa modosque, et quod prius ordine uerbum est posterius facias praeponens ultima primis, non, ut si soluas "Postquam Discordia taetra belli ferratos postis portasque refregit", inuenias etiam disiecti membra poetae ?

Donc il ne suffit pas d'écrire en vers corrects, si, ces vers étant dérangés, le père de théâtre parle comme tout autre père. Si tu ôtes à ce que j'écris, à ce que Lucilius écrivait autrefois, certains temps et mètres, rompant l'ordre des mots, mettant les premiers après et les derniers devant, tu ne produiras pas de meilleur effet que si tu changeais ceci : "Quand la noire Discorde rompit les montants de fer des portes de la guerre". Retrouverais-tu les membres du poète dispersé ?

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Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

Virgile, l’Énéide, 2, 385-390. [Traduction :Université catholique de Louvain.]
Virgile décrit ici la résistance des Troyens face aux Grecs.

Adspirat primo fortuna labori. Atque hic successu exsultans animisque Coroebus, « O socii, qua prima » inquit « fortuna salutis monstrat iter, quoque ostendit se dextra, sequamur mutemus clipeos, Danaumque insignia nobis aptemus : dolus an uirtus, quis in hoste requirat ? Arma dabunt ipsi. » Sic fatus, deinde comantem Androgei galeam clipeique insigne decorum induitur, laterique Argiuum accommodat ensem.

Le bon vent de la Fortune souffle sur notre premier engagement. Lors devant ce succès, Corèbe en son cœur exulte et dit : « Mes amis, pour la première fois, la Fortune nous montre une voie de salut, elle se montre bienveillante, suivons-la sur cette voie : échangeons nos boucliers et arborons les insignes des Danaens. Est-ce ruse ou bravoure ? Qui s'en soucierait devant un ennemi ? Eux-mêmes nous donneront des armes. » Après avoir ainsi parlé, il revêt le casque à panache d'Androgée, son beau bouclier ciselé, et à son flanc il attache une épée argienne.

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Ducunt volentem fata, nolentem trahunt

Sénèque, Lettre à Lucilius, 16, 107, 11. [Traduction : M. Charpentier, M. Lemaistre ; Œuvres de Sénèque le Philosophe avec la traduction française de la Collection Panckoucke, tome I ; Paris, Garnier, 1860.]

Duc, o parens celsique dominator poli,
quocumque placuit:

nulla parendi mora est ; adsum inpiger. Fac nolle, comitabor gemens
malusque patiar facere quod licuit bono.

Ducunt uolentem fata, nolentem trahunt.

Guide-moi, mon père, ô toi qui régis le ciel élevé,
j'obéis sans délai : je suis prêt. Si tes ordres contrarient mes désirs,
je te suivrai en gémissant ; méchant, je dois
au moins souffrir ce que l'homme de bien a pu souffrir.

Les destins conduisent celui qui se soumet à leurs arrêts ; ils entraînent celui qui résiste.

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Dulce et utile

Horace, Art poétique, 41-344. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Centuriae seniorum agitant expertia frugis,
celsi praetereunt austera poemata Ramnes.
Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci,
lectorem delectando pariterque monendo;

Les vieillards ne veulent pas d'un poème sans enseignement moral ;
les chevaliers dédaigneux ne vont pas voir un drame trop austère.
Mais il obtient tous les suffrages celui qui unit l'utile à l'agréable,
et plaît et instruit en même temps ;
son livre enrichit .

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Ecclesia abhorret sanguinem

François Quesnay, Recherches critiques et historiques sur l'origine, sur les divers états et sur les progrès de chirurgie en France, page 35. Paris, 1744.
Texte : Le sang a toujours effrayé l'Église, Ecclesia abhorret a sanguine ; L'Église a horreur du sang ; cette frayeur est naturelle ; le sang porte avec lui une horreur qui nous saisit malgré nous : notre instinct, notre faiblesse de l'enfance : ce n'est que pas des efforts redoutables sur nous-même que nous pouvons vaincre cette répugnance ou cette révolte que nous sentons à la vue du sang.
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Equo ne credite

Virgile, l’Énéide, II, 48-49. [Traduction : Université catholique de Louvain.]


Primus ibi ante omnis, magna comitante caterua, Laocoon ardens summa decurrit ab arce, et procul : "O miseri, quae tanta insania, ciues ? Creditis auectos hostis ? Aut ulla putatis dona carere dolis Danaum ? Sic notus Ulixes ?

Aut hoc inclusi ligno occultantur Achiui, aut haec in nostros fabricata est machina muros inspectura domos uenturaque desuper urbi, aut aliquis latet error; equo ne credite, Teucri. Quicquid id est, timeo Danaos et dona ferentis."

Lors, en tête d'une importante troupe qui l'escorte, Laocoon dévale, tout excité, du sommet de la citadelle, et de loin s'écrie : "Malheureux, quelle est cette immense folie, mes amis ? Croyez-vous les ennemis partis ? Pensez-vous que des Danaens un seul présent soit exempt de pièges ? Ne connaissez-vous pas Ulysse ?

Ou bien des Achéens sont enfermés et cachés dans ce cheval de bois, ou bien cette machine a été fabriquée pour franchir nos murs, observer nos maisons, et s'abattre de toute sa hauteur sur la ville, ou bien elle recèle un autre piège : Troyens, ne vous fiez pas au cheval. De toute façon, je crains les Danaens, même porteurs de présents."

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Eritis sicut dii

Bible, Vulgate de Saint-Jérôme, Genèse, 3. [Traduction Louis Second, 1910.]

(1) Serpens erat callidior cunctis animantibus terrae quae fecerat Dominus Deus qui dixit ad mulierem cur praecepit vobis Deus ut non comederetis de omni ligno paradisi

(2) cui respondit mulier de fructu lignorum quae sunt in paradiso vescemur

(3) de fructu vero ligni quod est in medio paradisi praecepit nobis Deus ne comederemus et ne tangeremus illud ne forte moriamur

(4) dixit autem serpens ad mulierem nequaquam morte moriemini

(5) scit enim Deus quod in quocumque die comederitis ex eo aperientur oculi vestri et eritis sicut dii scientes bonum et malum

(6) vidit igitur mulier quod bonum esset lignum ad vescendum et pulchrum oculis aspectuque delectabile et tulit de fructu illius et comedit deditque viro suo qui comedit

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu t'a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?


La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.

Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point de peur que vous ne mouriez.


Alors le serpent dit à la femme : Vous n'en mourrez point ;

mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.

La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son époux, qui était auprès d'elle, et il en mangea

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Esse quam videri (Cicéron)

Cicéron, De Amicita, [Traduction : Charles Appuhn ; Cicéron, De la vieillesse, De l'amitié, des Devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Omnino est amans sui uirtus ; optime enim se ipsa nouit, quamque amabilis sit, intellegit. Ego autem non de uirtute nunc loquor sed de uirtutis opinione. Virtute enim ipsa non tam multi praediti esse quam uideri uolunt. Hos delectat assentatio, his fictus ad ipsorum uoluntatem sermo cum adhibetur, orationem illam uanam testimonium esse laudum suarum putant. Nulla est igitur haec amicitia, cum alter uerum audire non uult, alter ad mentiendum paratus est. Nec parasitorum in comoediis assentatio faceta nobis uideretur, nisi essent milites gloriosi.

Certes la vertu se complaît à elle-même; elle se connaît fort bien et sait combien elle mérite qu'on l'aime. Mais ce n'est pas de la vertu véritable que je parle ici, c'est de la vertu qu'on s'imagine qu'on possède. Ceux qui en sont réellement pourvus sont beaucoup moins nombreux que ceux qui veulent en paraître pourvus. Ce sont ces derniers que charme l'approbation flatteuse et, quand on leur tient le langage artificieux qu'inspire le désir de leur plaire, ils prennent ces paroles vaines pour un témoignage de leur mérite.

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Esse quam videri (Salluste)

Salluste, Guerre de Catilina, 54. [Traduction : François Richard ; Paris, Garnier, 1933.]


At Catoni studium modestiae, decoris, sed maxime seueritatis erat ; non diuitiis cum diuite neque factione cum factioso, sed cum strenuo uirtute, cum modesto pudore, cum innocente abstinentia certabat ; esse quam uideri bonus malebat : ita, quo minus petebat gloriam, eo magis illum assequebatur.

Caton avait le goût de la modération, de la convenance, surtout de l'austérité ; il luttait, non d'opulence avec les riches, non d'intrigue avec les intrigants, mais de courage avec les braves, de retenue avec les modestes, de réserve avec les purs ; <uil aimait >mieux être honnête que de le paraître ; et ainsi, moins il recherchait la gloire, plus elle venait à lui.

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Et lux in tenebris lucet

Bible, Évangile de Jean, 1, 5. [Traduction Louis Second, 1910.]

1 Au commencement était la Parole,
et la parole était avec Dieu, et la
2 Parole était Dieu. Elle était
3 au commencement avec Dieu. Toutes
choses ont été faites par elle et rien
de ce qui a été fait n'a été fait sans
4 elle. En elle était la vie et la vie
5 était la lumière des hommes. La
lumière luit dans les ténèbres et les
ténèbres ne l'ont point reçue.

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Et nunc reges, intelligite

Bible, Psaumes 2, 10-11. [Traduction Louis Second, 1910.]

Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse !
Juges de la Terre, recevez instruction !
Servez l'Éternel avec crainte,
Et réjouissez-vous avec tremblement.

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Etiam innocentes cogit mentiri dolor

Montaigne, Essais, 4, 15.

C'est une dangereuse invention que celle des
géhennes, et semble que ce soit plutôt un essai de
patience que de vérité. Et celui qui les peut souffrir
cache la vérité, et celui qui ne les peut souffrir :
car, pourquoi la douleur me fera-t-elle plutôt
confesser ce qui en est, qu'elle ne me forcera de
dire ce qui n'est pas ? Et, au rebours, si celui
qui n'a pas fait ce de quoi on l'accuse est assez
patient pour supporter ces tourments, pourquoi ne
le sera celui qui l'a fait, une si belle récompense
que de la vie lui étant proposée ? Je pense que le
fondement de cette invention vient de la considération
de l'effort de la conscience : car, au coupable, il
semble que la torture aide pour lui faire confesser
sa faute, et qu'elle l'affaiblisse ; et d’autre
part qu'elle fortifie l'innocent contre la torture.
Pour dire vrai, c'est un moyen plein d'incertitude
et de danger : que ne dirait-on, que ne ferait-on
pour fuir à si graves douleurs ?

Etiam innocentes cogit mentiri dolor

d'où il advient que celui que le juge a géhenné,
pour ne le faire mourir innocent, il le fasse mourir
innocent et géhenné. Mille et mille en ont chargé
leur tête de fausses confessions, entre lesquels
se loge Philotas, considérant les circonstances du
procès qu'Alexandre lui fit, et le progrès de sa
géhenne. Mais tant y a que c'est, dit-on, le moins mal
que l'humaine faiblesse aie pu inventer : bien
inhumainement pourtant, et bien inutilement, à mon avis.

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Etiamsi omnes, ego non

Bible, Évangile de Matthieu, 26, 33-34. [Traduction Louis Second, 1910.]

Pierre, prenant la parole dit [à Jésus] : Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. Jésus lui dit : je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois

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Ex Africa semper aliquid novi

Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 50, 7, 17, 42. [Traduction Émile Littré, Éd. Nizard, Paris 1877.]

Leoni praecipua generositas tunc, cum colla armosque uestiunt iubae ; id enim aetate contingit e leone conceptis. Quos uero pardi generauere, semper insigni hoc carent ; simili modo feminae ; magna his libido coitus et ob hoc maribus ira. Africa haec maxime spectat, inopia aquarum ad paucos amnes congregantibus se feris. Ideo multiformes ibi animalium partus, uarie feminis cuiusque generis mares aut ui aut uoluptate miscente : unde etiam uulgare Graeciae dictum semper aliquid noui Africam adferre.

Le lion a le plus de noblesse quand une crinière couvre son cou et ses épaules. Avec l'âge, cet ornement vient à tous ceux qui ont été engendrés par un lion ; mais il manque toujours à ceux qui ont été engendrés par un léopard. Les femelles en sont également dépourvues. Ces animaux sont très ardents en amour, et le rut rend les mâles furieux. C'est l'Afrique qui est le principal théâtre de ces fureurs, la pénurie des eaux assemblant les animaux sur les bords d'un petit nombre de rivières. Aussi y voit-on se produire des formes diverses d'animaux, les femelles s'accouplant de gré ou de force avec des mâles de toute espèce ; de là vient cette façon de parler proverbiale en Grèce : "L'Afrique produit toujours quelque chose de nouveau."

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Ex nihilo nihil

Perse, Satires, 3, 84. [Traduction Louis-Vincent Raoul ; Imprimerie Bogaert-Dumortier, 1829.] Texte sur Wikisource. (La traduction, ancienne et rimée en alexandrins est très approximative.)

Mæenaque quod prima nondum defecerit orca.
Hic aliquis de gente hircosa Centurionum
Dicat ; quod sapio, satis est mihi ; non ego curo
Esse quod Arcesilas, ærumnosique Solones,
Obstipo capite, et figentes lumine terram,
Murmura cum secum, et rabiosa silentia rodunt,
Atque exporrecto trutinantur verba labello,
Æegroti veteris meditantes somnia ; gigni
De nihilo nihit, in nihilum nil posse reverti.
Hoc est quod palles ? Cur quis non prandeat, hoc est ?

Oh ! de tous vos savans, pour moi, je me défie
Tenez, j’ai bien assez de ma philosophie ;
Ainsi, gardez pour vous, car nous n’en voulons pas,
Celle de vos Solons, de vos Arcésilas,
Gens tristes, malheureux, d’humeur atrabilaire,
Qui, la lèvre en avant, les yeux fixés à terre,
Dans le sombre chagrin dont leur cœur se nourrit,
Dévorent en silence et rongent leur dépit.
Voyez-les enfoncés, absorbés en eux-mêmes,
Se creuser le cerveau, se forger des systèmes,
Se tuer à peser quelque sophisme ancien ;
Rien n’est créé de rien, rien ne retourne à rien.
Voilà donc, s’écriera ce docte personnage,
Si nous vous en croyons, ce qu’on nomme être sage !
Ce qui vous fait pâlir, supprimer vos repas !

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Exegi monumentum ære perennius

Horace, Odes, 3, 30, 1-15. [Traduction : Ch.M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, Traduction nouvelle ; Paris, A. LEMERRE, 1911.]

Exegi monumentum aere perennius
regalique situ pyramidum altius,
quod non imber edax, non Aquilo inpotens
possit diruere aut innumerabilis
annorum series et fuga temporum.
Non omnis moriar multaque pars mei
uitabit Libitinam; usque ego postera
crescam laude recens, dum Capitolium
scandet cum tacita uirgine pontifex.
Dicar, qua uiolens obstrepit Aufidus
et qua pauper aquae Daunus agrestium
regnauit populorum, ex humili potens
princeps Aeolium carmen ad Italos
deduxisse modos. Sume superbiam
quaesitam meritis et mihi Delphica
lauro cinge uolens, Melpomene, comam.

J'ai achevé un monument plus durable que l'airain,
plus haut que les royales pyramides,
que ni la pluie qui ronge, ni l'Aquilon
ne pourront détruire, ni l'innombrable
suite des années, ni la fuite des temps.
Je ne mourrai pas tout entier, et une grande part
de moi-même évitera la Déesse funèbre.
Je grandirai dans la postérité, rajeuni par la louange,
tant que le Pontife gravira le Capitolin avec la vierge silencieuse.
On dira de moi que là où retentit le violent Aufidus,
où Daunus, en un pays aride, régna sur des peuples agrestes,
j'ai, le premier, triomphant de mon humble origine,
transporté le chant Aeolien dans les mètres Italiques.
Prends un orgueil légitime,
et viens, Melpoméne, ceindre
ma chevelure du laurier Delphique.

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Fama volat

Virgile, l’Énéide, 3, 121. [Traduction : Université Catholique de Louvain.]

Fama uolat pulsum regnis cessisse paternis Idomenea ducem, desertaque litora Cretae hoste uacare domos, sedesque adstare relictas.

Le vent de la rumeur rapporte que le prince Idoménée est parti, expulsé du royaume de ses pères, que les rivages de Crète sont désertés, la place vide d'ennemis, et les demeures abandonnées disponibles.

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Felix qui potuit rerum cognoscere causas

Virgile, Géorgiques, 2, 490. [Traduction : Maurice Rat ; Virgile. Les Bucoliques et les Géorgiques ; Paris, Garnier, 1932.]

Felix qui potuit rerum cognoscere causas atque metus omnis et inexorabile fatum subiecit pedibus strepitumque Acherontis auari : fortunatus et ille deos qui nouit agrestis Panaque Siluanumque senem Nymphasque sorores. Illum non populi fasces, non purpura regum flexit et infidos agitans discordia fratres, aut coniurato descendens Dacus ab Histro,
non res Romanae perituraque regna ; neque ille aut doluit miserans inopem aut inuidit habenti.

Heureux qui a pu connaître les causes des choses
et qui a mis sous ses pieds toutes les craintes, et
l'inexorable destin, et le bruit de l'avare Achéron !
Mais fortuné aussi celui qui connaît les dieux champêtres et Pan et le vieux Silvain et les Nymphes sœurs ! Celui-là, ni les faisceaux du peuple, ni la pourpre des rois ne l'ont fléchi, ni la discorde poussant des frères sans foi, ni le Dace descendant de l'Ister conjuré, ni les affaires de Rome, ni les royaumes destinés à périr ; celui-là ne voit autour de lui ni indigents à plaindre miséricordieusement, ni riches à envier.

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Fortuna caeca est

Cicéron, De Amicita, 15, 54. [Traduction : Charles Appuhn ; Cicéron, De la vieillesse, De l'amitié, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Quis enim aut eum diligat quem metuat, aut eum a quo se metui putet ? Coluntur tamen simulatione dumtaxat ad tempus. Quod si forte, ut fit plerumque, ceciderunt, tum intellegitur quam fuerint inopes amicorum. Quod Tarquinium dixisse ferunt, tum exsulantem se intellexisse quos fidos amicos habuisset, quos infidos, cum iam neutris gratiam referre posset. Quamquam miror, illa superbia et importunitate si quemquam amicum habere potuit. Atque ut huius, quem dixi, mores ueros amicos parare non potuerunt, sic multorum opes praepotentium excludunt amicitias fideles. Non enim solum ipsa Fortuna caeca est sed eos etiam plerumque efficit caecos quos complexa est ; itaque efferuntur fere fastidio et contumacia nec quicquam insipiente fortunato intolerabilius fieri potest.

Comment aimer en effet celui qu'on redoute et de qui l'on doit penser qu'on est redouté ? On courtise, il est vrai, les tyrans mais ce n'est que par feinte et pour un temps. S'ils viennent à tomber, ce qui est leur destinée fréquente, on connaît alors combien pauvres ils étaient en amis. C'est ainsi que Tarquin, à ce qu'on rapporte, déclara n'avoir su qu'après son bannissement quels étaient ses amis fidèles, quels les infidèles, parce qu'alors il ne pouvait plus ni récompenser ni punir. Et encore je serais surpris qu'avec son orgueil insupportable il ait pu avoir un seul ami. Or si son caractère s'opposait à ce qu'il eût de vrais amis, dans bien des cas de même la haute situation des puissants exclut toute possibilité d'amitié fidèle, car, aveugle elle-même, la fortune rend en outre souvent aveugles ceux qu'elle comble de caresses : ils sont gonflés d'orgueil, pleins d'arrogance et il ne peut rien y avoir de plus insupportable qu'un sot gâté par la fortune.

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Gens humana ruit per vetitum

Horace, Odes, 1, 3, 26. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Audax omnia perpeti gens humana ruit per uetitum nefas ; audax Iapeti genus ignem fraude mala gentibus intulit ; post ignem aetheria domo subductum macies et noua febrium terris incubuit cohors semotique prius tarda necessitas leti corripuit gradum.

Audacieuse à tout braver, la race humaine se rua vers l'impiété défendue. L'audacieux fils de Japet, par une ruse mauvaise, donna le feu aux nations. Après que le feu eut été ravi à la demeure éthérée, la maigreur et la foule inconnue des maladies tomba sur la terre, et la nécessité autrefois tardive de la mort reculée hâta le pas.

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Genus irritabile vatum

Horace, Épîtres, 2, 2, 102. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911).

Multa fero ut placem genus inritabile uatum, cum scribo et supplex populi suffragia capto ; idem finitis studiis et mente recepta opturem patulas impune legentibus auris.

Je supporte beaucoup afin de plaire à la race irritable des poètes, tandis que, moi-même, j'écris et mendie les suffrages du peuple ; et je peux, ayant accompli ma tâche et recouvré l'esprit, fermer impunément mes oreilles aux lecteurs.

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Graecia capta ferum victorem cepit

Horace, Épîtres, 2, 1, 156. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Graecia capta ferum uictorem cepit et artes intulit agresti Latio ; sic horridus ille defluxit numerus Satrunius, et graue uirus munditiae pepulere; sed in longum tamen aeuum manserunt hodieque manent uestigia ruris.

La Grèce, soumise, soumit son vainqueur farouche et porta les arts au Latium sauvage. Ainsi s'amollit l'horrible mètre saturnien, et les élégances polirent sa rouille grossière ; mais les traces de sa rudesse subsistèrent longtemps et persistent encore aujourd'hui.

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Graviora manent

Virgile, l’Énéide, 6, 1, 2, 84. [Traduction : Université catholique de Louvain.]
Énée consulte la Sybille :

At, Phoebi nondum patiens, immanis in antro bacchatur uates, magnum si pectore possit excussisse deum ; tanto magis ille fatiga os rabidum, fera corda domans, fingitque premendo. Ostia iamque domus patuere ingentia centum sponte sua, uatisque ferunt responsa per auras : "O tandem magnis pelagi defuncte periclis ! Sed terrae grauiora manent. In regna Lauini Dardanidae uenient; mitte hanc de pectore curam ; sed non et uenisse uolent. Bella, horrida bella, et Thybrim multo spumantem sanguine cerno.

Mais, dans son antre, ne subissant pas encore de Phébus l'immense emprise, la prêtresse s'agite comme si elle pouvait secouer de sa poitrine le grand dieu qui, de plus belle, harcèle sa bouche écumante, dompte son cœur farouche et la maîtrise en la pressant. Et déjà les cent immenses portes de sa demeure se sont ouvertes d'elles-mêmes et transmettent à travers les airs les réponses de la prophétesse : "Ô toi qui as enfin triomphé des grands périls de la mer (mais sur terre le pire est à venir), les Dardanides parviendront au royaume de Lavinium (ôte ce souci de ton cœur), mais ils souhaiteront aussi n'y être pas venus. Je vois des guerres, d'horribles guerres, et le Thybris écumant d'un sang abondant."

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Homo homini lupus

Plaute, Asinaria « L'Asinaire » 490-494. [Traduction : Henri Clouard ; Plaute, Théâtre ; Paris, Garnier, 1933.]

LEONIDA
Sequere hac ergo. Praefiscini hoc nunc dixerim ; nemo etiam me adcusavit merito meo, neque me alter Athenis est alter hodie quisquam, quoi credi recte aeque putent.
MERCATOR
Fortassis ! sed tamen me numquam hodie induces, ut tibi credam hoc argentum ignoto. Lupus est homo homini, non homo, quom, qualis sit, non gnovit.

LÉONIDAS
Suis-moi donc. Soit dit sans me vanter, je n'ai jamais mérité un seul reproche, et l'on ne trouverait pas dans Athènes mon pareil pour la bonne réputation.
LE MARCHAND
Peut-être ; mais tu ne me persuaderas point de te livrer cet argent sans savoir qui tu es. L'homme qu'on ne connaît pas est un loup pour vous, et non un homme.

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Homo sum, humani nil a me alienum puto

Sénèque, Lettres à Lucilius, 15, 95, 53 [Traduction : M. Charpentier - M. Lemaistre ; Œuvres de Sénèque le Philosophe avec la traduction française de la Collection Panckoucke, t. I ; Paris, Garnier, 1860.]

Natura nos cognatos edidit, cum ex isdem et in eadem gigneret; haec nobis amorem indidit mutuum et sociabiles fecit. Illa aequum iustumque composuit; ex illius constitutione miserius est nocere quam laedi ; ex illius imperio paratae sint iuuandis manus. Ille uersus et in pectore et in ore sit : Homo sum, humani nihil a me alienum puto. Habeamus ! In commune nati sumus. Societas nostra lapidum fornicationi simillima est, quae, casura nisi in uicem obstarent, hoc ipso sustinetur.

La nature, en nous formant des mêmes éléments et pour les mêmes fins, nous a créés parents ; c'est elle qui nous a liés les uns aux autres par un attachement mutuel et nous a faits sociables ; elle qui a établi la justice et l'équité ; c'est la vertu de ses lois qu'il est plus fàcheux de faire que de recevoir du mal ; c'est d'après son ordre que nos mains doivent être toujours prêtes à secourir nos semblables. Ayons toujours, dans le cœur et à la bouche cette maxime : « Homme, je ne puis regarder comme étranger rien de ce qui touche les hommes ». Pénétrons-nous-en ; nous sommes certainement nés pour vivre en commun. Notre société ressemble à une voûte qui tomberait si ses diverses parties ne se prêtaient un support mutuel.

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Horum omnium fortissimi sunt Belgae

César, Commentaires sur la guerre des Gaules, 1, 1, 3 [Traduction : Collection des Auteurs latins publiés sous la direction de M. Nisard ; Salluste, Jules César, C. Velleius Paterculus et A. Florus ; Paris, Didot, 1865.]

Gallia est omnis diuisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt. Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana diuidit. Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate prouinciae longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt.

Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes et dans la nôtre Gaulois. Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux.

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Labor omnia vincit improbus

Virgile, Géorgiques, 1, 125-147. [Traduction : Maurice Rat. Virgile, Les Bucoliques et les Géorgiques. Garnier, Paris, 1932.]

Ante Iouem nulli subigebant arua coloni : ne signare quidem aut partiri limite campum fas erat ; in medium quaerebant, ipsaque tellus omnia liberius nullo poscente ferebat. Ille malum uirus serpentibus addidit atris praedarique lupos iussit pontumque moueri, mellaque decussit foliis ignemque remouit et passim riuis currentia uina repressit, ut uarias usus meditando extunderet artis paulatim, et sulcis frumenti quaereret herbam, ut silicis uenis abstrusum excuderet ignem. Tunc alnos primum fluuii sensere cauatas ; nauita tum stellis numeros et nomina fecit Pleiadas, Hyadas, claramque Lycaonis Arcton. tum laqueis captare feras et fallere uisco inuentum et magnos canibus circumdare saltus ; atque alius latum funda iam uerberat amnem alta petens, pelagoque alius trahit umida lina. Tum ferri rigor atque argutae lammina serrae (nam primi cuneis scindebant fissile lignum), tum uariae uenere artes. labor omnia uicit improbus et duris urgens in rebus egestas.

Avant Jupiter, point de colon qui domptât les guérets ; il n'était même pas permis de borner ou de partager les champs par une bordure : les récoltes étaient mises en commun et la terre produisait tout d'elle-même, librement, sans contrainte. C'est lui qui donna leur pernicieux virus aux noirs serpents, qui commanda aux loups de vivre de rapines, à la mer de se soulever ; qui fit tomber le miel des feuilles, cacha le feu et arrêta les ruisseaux de vin qui couraient çà et là : son but était, en exerçant le besoin, de créer peu à peu les différents arts, de faire chercher dans les sillons l'herbe du blé et jaillir du sein du caillou le feu qu'il recèle. Alors, pour la première fois, les fleuves sentirent les troncs creusés des aunes ; alors le nocher dénombra et nomma les étoiles : les Pléiades, les Hyades et la claire Arctos, fille de Lycaon. Alors on imagina de prendre aux lacs les bêtes sauvages, de tromper les oiseaux avec de la glu et d'entourer d'une meute les profondeurs des bois. L'un fouette déjà de l'épervier le large fleuve, dont il gagne les eaux hautes ; l'autre traîne sur la mer ses chaluts humides. Alors on connaît le durcissement du fer et la lame de la scie aiguë (car les premiers hommes fendaient le bois avec des coins) ; alors vinrent les différents arts. Tous les obstacles furent vaincus par un travail acharné et par le besoin pressant en de dures circonstances.

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Lassata sed non satiata

Juvenal, Satires, 6, 115-131. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]
Juvénal évoque les mœurs dissolues de Messaline, troisième épouse le l'empereur Claude.

Claudius audi quae tulerit. Dormire uirum cum senserat uxor, sumere nocturnos meretrix augusta cucullos ausa Palatino et tegetem praeferre cubili linquebat comite ancilla non amplius una. Sed nigrum flauo crinem abscondente galero intrauit calidum ueteri centone lupanar et cellam uacuam atque suam ; tunc nuda papillis prostitit auratis titulum mentita Lyciscae ostenditque tuum, generose Britannice, uentrem. Excepit blanda intrantis atque aera poposcit {continueque iacens cunctorum absorbuit ictus.} Mox lenone suas iam dimittente puellas tristis abit, et quod potuit tamen ultima cellam clausit, adhuc ardens rigidae tentigine uoluae, et lassata uiris necdum satiata recessit, obscurisque genis turpis fumoque lucernae foeda lupanaris tulit ad puluinar odorem.

Écoute les malheurs de Claude. Dès que sa femme le voyait endormi, assez folle pour préférer un grabat au lit impérial, l'auguste courtisane prenait deux manteaux de nuit et une servante. Ses noirs cheveux cachés sous une perruque blonde, elle arrivait au fétide et misérable lupanar, elle entrait dans la chambre vide qui était la sienne ; là, toute nue, les seins serrés dans une résille d'or, elle se prostitue sous le faux nom de Lycisca et elle expose le ventre qui t'a porté, ô généreux Britannicus. Elle reçoit avec des caresses tous ceux qui entrent et elle en réclame le salaire ; gisante, elle s'offre à des violences indéfiniment répétées. Bientôt le tenancier congédie ses femmes ; elle a peine à partir ; au moins s'arrange-t-elle à fermer la dernière sa chambre ; encore brûlante du feu de ses désirs, fatiguée des hommes, mais non pas rassasiée, elle s'en va. Les joues noircies par la lampe fumeuse, elle apporte l'odeur du mauvais lieu dans le lit impérial.

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Laudator temporis acti

Horace, Art poétique, 168-174. [Traduction : François Richard, Horece, Œuvres ; Paris, Garnier, 1944.]

Multa senem circumueniunt incommoda, uel quod quaerit et inuentis miser abstinet ac timet uti, uel quod res omnis timide gelideque ministrat, dilator, spe longus, iners auidusque futuri, difficilis, querulus, laudator temporis acti se puero, castigator censorque minorum.

Le vieillard est sujet à d'innombrables maux ; il amasse, puis, ô pitié ! met de côté son argent et n'ose pas s'en servir ; il administre ses affaires avec lenteur et timidité, remet au lendemain, a peu d'espoirs, peu d'activité, voudrait être maître de l'avenir ; il est difficile à vivre, grondeur, fait l'éloge du temps où il était enfant, ne cesse de critiquer et de reprendre les jeunes.

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Lex ratio perfecta a rerum natura

Cicéron, Des Lois, 2, 4, 26-33. [Traduction : Charles Appuhn. Cicéron, De la République, Des lois. Paris, Garnier, 1932.]

Nec si, regnante Tarquinio, nulla erat Romae scripta lex de stupris, idcirco non contra illam legem sempiternam Sext- Tarquinius uim Lucretiae, Tricipitin, filiae, attulit. Erat enim ratio perfecta a rerum natura, et ad recte faciendum impellens, et a delicto auocans ; quae non tum denique incipit lex esse, cum scripta est, sed tum cum orta est. Orta auteur simul est cum mente diuina. Quamobrem lex uera atque princeps, apta ad iubendum et ad uetandum, ratio est recta summi Iouis.

Et si, sous le règne de Tarquin, il n'y avait point de loi proscrivant l'adultère, Sextus Tarquin en a-t-il moins enfreint une loi éternelle en violant Lucrèce fille de Tricipitinus ? Il y avait en effet une règle fondée en nature, qui dirigeait au bien et détournait du mal, et cette règle n'avait pas besoin d'être écrite pour être une loi, elle l'était d'origine. Elle est contemporaine de l'esprit divin. Ainsi la loi véritable et primitive, celle qui a pouvoir d'obliger et de défendre, est la droite raison de Jupiter souverain.

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Labor omnia vincit improbus

Virgile, Géorgiques, 1, 125-147. [Traduction : Maurice Rat. Virgile, Les Bucoliques et les Géorgiques ; Paris, Garnier, 1932.]

Ante Iouem nulli subigebant arua coloni : ne signare quidem aut partiri limite campum fas erat ; in medium quaerebant, ipsaque tellus omnia liberius nullo poscente ferebat. Ille malum uirus serpentibus addidit atris praedarique lupos iussit pontumque moueri, mellaque decussit foliis ignemque remouit et passim riuis currentia uina repressit, ut uarias usus meditando extunderet artis paulatim, et sulcis frumenti quaereret herbam, ut silicis uenis abstrusum excuderet ignem. Tunc alnos primum fluuii sensere cauatas ; nauita tum stellis numeros et nomina fecit Pleiadas, Hyadas, claramque Lycaonis Arcton. tum laqueis captare feras et fallere uisco inuentum et magnos canibus circumdare saltus ; atque alius latum funda iam uerberat amnem alta petens, pelagoque alius trahit umida lina. Tum ferri rigor atque argutae lammina serrae (nam primi cuneis scindebant fissile lignum), tum uariae uenere artes. labor omnia uicit improbus et duris urgens in rebus egestas.

Avant Jupiter, point de colon qui domptât les guérets ; il n'était même pas permis de borner ou de partager les champs par une bordure : les récoltes étaient mises en commun et la terre produisait tout d'elle-même, librement, sans contrainte. C'est lui qui donna leur pernicieux virus aux noirs serpents, qui commanda aux loups de vivre de rapines, à la mer de se soulever ; qui fit tomber le miel des feuilles, cacha le feu et arrêta les ruisseaux de vin qui couraient çà et là : son but était, en exerçant le besoin, de créer peu à peu les différents arts, de faire chercher dans les sillons l'herbe du blé et jaillir du sein du caillou le feu qu'il recèle. Alors, pour la première fois, les fleuves sentirent les troncs creusés des aunes ; alors le nocher dénombra et nomma les étoiles : les Pléiades, les Hyades et la claire Arctos, fille de Lycaon. Alors on imagina de prendre aux lacs les bêtes sauvages, de tromper les oiseaux avec de la glu et d'entourer d'une meute les profondeurs des bois. L'un fouette déjà de l'épervier le large fleuve, dont il gagne les eaux hautes ; l'autre traîne sur la mer ses chaluts humides. Alors on connaît le durcissement du fer et la lame de la scie aiguë (car les premiers hommes fendaient le bois avec des coins) ; alors vinrent les différents arts. Tous les obstacles furent vaincus par un travail acharné et par le besoin pressant en de dures circonstances.

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Lassata sed non satiata

Juvenal, Satires, 6, 115-131. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]
Juvénal évoque les mœurs dissolues de Messaline, troisième épouse le l'empereur Claude.

Claudius audi quae tulerit. Dormire uirum cum senserat uxor, sumere nocturnos meretrix augusta cucullos ausa Palatino et tegetem praeferre cubili linquebat comite ancilla non amplius una. Sed nigrum flauo crinem abscondente galero intrauit calidum ueteri centone lupanar et cellam uacuam atque suam ; tunc nuda papillis prostitit auratis titulum mentita Lyciscae ostenditque tuum, generose Britannice, uentrem. Excepit blanda intrantis atque aera poposcit {continueque iacens cunctorum absorbuit ictus.} Mox lenone suas iam dimittente puellas tristis abit, et quod potuit tamen ultima cellam clausit, adhuc ardens rigidae tentigine uoluae, et lassata uiris necdum satiata recessit, obscurisque genis turpis fumoque lucernae foeda lupanaris tulit ad puluinar odorem.

Écoute les malheurs de Claude. Dès que sa femme le voyait endormi, assez folle pour préférer un grabat au lit impérial, l'auguste courtisane prenait deux manteaux de nuit et une servante. Ses noirs cheveux cachés sous une perruque blonde, elle arrivait au fétide et misérable lupanar, elle entrait dans la chambre vide qui était la sienne ; là, toute nue, les seins serrés dans une résille d'or, elle se prostitue sous le faux nom de Lycisca et elle expose le ventre qui t'a porté, ô généreux Britannicus. Elle reçoit avec des caresses tous ceux qui entrent et elle en réclame le salaire ; gisante, elle s'offre à des violences indéfiniment répétées. Bientôt le tenancier congédie ses femmes ; elle a peine à partir ; au moins s'arrange-t-elle à fermer la dernière sa chambre ; encore brûlante du feu de ses désirs, fatiguée des hommes, mais non pas rassasiée, elle s'en va. Les joues noircies par la lampe fumeuse, elle apporte l'odeur du mauvais lieu dans le lit impérial.

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Laudator temporis acti

Horace, Art poétique, 168-174. [Traduction : François Richard, Horace, Œuvres ; Paris, Garnier, 1944.]

Multa senem circumueniunt incommoda, uel quod quaerit et inuentis miser abstinet ac timet uti, uel quod res omnis timide gelideque ministrat, dilator, spe longus, iners auidusque futuri, difficilis, querulus, laudator temporis acti se puero, castigator censorque minorum.

Le vieillard est sujet à d'innombrables maux ; il amasse, puis, ô pitié ! met de côté son argent et n'ose pas s'en servir ; il administre ses affaires avec lenteur et timidité, remet au lendemain, a peu d'espoirs, peu d'activité, voudrait être maître de l'avenir ; il est difficile à vivre, grondeur, fait l'éloge du temps où il était enfant, ne cesse de critiquer et de reprendre les jeunes.

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Lex ratio perfecta a rerum natura

Cicéron, Des Lois, 2, 4, 26-33. [Traduction : Charles Appuhn. Cicéron, De la République, Des lois ; Paris, Garnier, 1932.]

Nec si, regnante Tarquinio, nulla erat Romae scripta lex de stupris, idcirco non contra illam legem sempiternam Sext- Tarquinius uim Lucretiae, Tricipitin, filiae, attulit. Erat enim ratio perfecta a rerum natura, et ad recte faciendum impellens, et a delicto auocans ; quae non tum denique incipit lex esse, cum scripta est, sed tum cum orta est. Orta auteur simul est cum mente diuina. Quamobrem lex uera atque princeps, apta ad iubendum et ad uetandum, ratio est recta summi Iouis.

Et si, sous le règne de Tarquin, il n'y avait point de loi proscrivant l'adultère, Sextus Tarquin en a-t-il moins enfreint une loi éternelle en violant Lucrèce fille de Tricipitinus ? Il y avait en effet une règle fondée en nature, qui dirigeait au bien et détournait du mal, et cette règle n'avait pas besoin d'être écrite pour être une loi, elle l'était d'origine. Elle est contemporaine de l'esprit divin. Ainsi la loi véritable et primitive, celle qui a pouvoir d'obliger et de défendre, est la droite raison de Jupiter souverain.

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Macte animo ! Generose puer, sic itur ad astra

Virgile, l’Énéide, 1, 638-644. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Aetheria tum forte plaga crinitus Apollo desuper Ausonias acies urbemque uidebat, nube sedens, atque his uictorem adfatur Iulum : "Macte noua uirtute, puer ; sic itur ad astra, dis genite et geniture deos. Iure omnia bella gente sub Assaraci fato uentura resident, nec te Troia capit."

Alors précisément, dans un coin du ciel, Apollon chevelu voyait d'en haut les armées ausoniennes et la ville ; assis sur un nuage, il s'adresse ainsi au victorieux Iule : "Honneur à ton jeune courage, ô enfant; c'est ainsi qu'on atteint les astres ; tu es né de dieux et tu engendreras des dieux. En toute justice, les guerres à venir sous la race d'Assaracus s'arrêteront, par la volonté du destin ; et Troie ne te suffit plus."

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Majores pennas nido

Horace, Épîtres, 1, 20, 18-22. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Cum tibi sol tepidus pluris admouerit auris, me libertino natum patre et in tenui re maiores pinnas nido extendisse loqueris, ut quantum generi demas, uirtutibus addas.

Quand le tiède soleil ouvrira beaucoup d'oreilles autour de toi, dis-leur que, né d'un père affranchi et n'ayant qu'un petit bien, j'ai étendu de grandes ailes hors de mon nid, et ajoute autant à mes vertus que tu ôteras à ma naissance.

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Maxima debetur puero reverentia

Juvénal, Satires, 14, 44-49. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse. Garnier, Paris, 1934.]

Nil dictu foedum uisuque haec limina tangat intra quae pater est. Procul, a procul inde puellae lenonum et cantus pernoctantis parasiti. Maxima debetur puero reuerentia, si quid turpe paras, nec tu pueri contempseris annos, sed peccaturo obstet tibi filius infans.

Que tout ce qui peut salir les oreilles et les yeux soit écarté des murs qui abritent un enfant ; loin de cette maison, bien loin, les courtisanes et les chansons d'un parasite noctambule ! Le plus grand respect est dû à l'enfance ; songes-y, en cas de perverse tentation ; et ne crois pas qu'il ne faille tenir compte d'un enfant très jeune : au contraire, au moment de mal faire, pense à ton fils au berceau et que cette pensée te retienne.

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Mea culpa

Confiteor, prière de la liturgie de l'Église catholique. [Traduction : version tridentine.]

Confiteor Deo omnipotenti
beatae Mariae semper Virgini
beato Michaele Archangelo
beato Joannni Baptistae
sanctis apostolis Petro et Paulo
omnibus Sanctis
et vobis Fratres
quia peccavi nimis cogitatione
verbo, opere et omissione.
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa
Ideo, precor beatam Mariam semper Virginem
beatum Michaelem Archangelum
beatum Joanem Baptistam
Sanctos apostolos Petrum et Paulum
omnes Angelos et Sanctos, et vos Fratres,
orare pro me ad Dominum Deum nostrum
Amen

Je confesse à Dieu Tout-Puissant,
à la Bienheureuse Marie toujours vierge,
à Saint Michel Archange,
à Saint Jean-Baptiste,
aux Saints Apôtres Pierre et Paul,
à tous les Saints,
et à vous, mon Père,
que j’ai beaucoup péché, par pensées,
par paroles et par actions.
C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute.
C’est pourquoi je supplie la Bienheureuse Marie toujours vierge,
Saint Michel Archange,
Saint Jean-Baptiste,
les Saints Apôtres Pierre et Paul,
tous les Saints et vous mon Père,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Ainsi soit-il.

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Mens sana in corpore sano

Juvénal, Satires, X, 350-364. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse. Classiques Garnier, Paris, 1934.]

Nos animorum inpulsu et caeca magnaque cupidine ducti coniugium petimus partumque uxoris, at illis notum qui pueri qualisque futura sit uxor. Ut tamen et poscas aliquid uoueasque sacellis exta et candiduli diuina tomacula porci, orandum est ut sit mens sana in corpore sano. Fortem posce animum mortis terrore carentem, qui spatium uitae extremum inter munera ponat naturae, qui ferre queat quoscumque labores, nesciat irasci, cupiat nihil et potiores Herculis aerumnas credat saeuosque labores et uenere et cenis et pluma Sardanapalli. Monstro quod ipse tibi possis dare; semita certe tranquillae per uirtutem patet unica uitae.

L'élan du cœur et la force aveugle du désir nous font souhaiter une épouse et des enfants : mais les dieux savent ce que seront ces enfants et ce que sera l'épouse. Tient-on néanmoins à faire des prières, à aller devant les autels, à offrir les entrailles et les boudins sacrés d'un cochon de sacrifice ? Ce qu'il faut alors implorer, c'est un esprit sain dans un corps sain. Demande une âme énergique, affranchie des terreurs de la mort et qui compte le terme de la vie au nombre des bienfaits naturels ; une âme qui ait la force de supporter toute peine, qui ignore la colère, qui n'ait point de passions, qui mette les travaux et les épreuves d'Hercule au-dessus des amours de Sardanapale, de ses festins et de ses lits moelleux. Je désigne là ce que chacun peut se donner à lui-même ; une vie tranquille n'a qu'un sentier, celui qui passe par la vertu.

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Mihi curat futuri

Ovide, Métamorphoses, 13, 362-369. [Traduction : G.T. Villenave ; Paris, 1806.]
Ajax et Ulysse s'affrontent dans une joute oratoire devant les vainqueurs grecs de Troie. Ajax accuse Ulysse de pusillanimité ; Ulysse rétorque qu'Ajax n'est qu'une force brute quand lui-même ménage l'avenir.

Tibi dextera bello utilis, ingenium est, quod eget moderamine nostro ; tu uires sine mente geris, mihi cura futuri ; tu pugnare potes, pugnandi tempora mecum eligit Atrides ; tu tantum corpore prodes, nos animo ; quantoque ratem qui temperat, anteit remigis officium, quanto dux milite maior, tantum ego te supero.

Ton bras peut servir dans les combats, mais il a besoin que mes conseils le dirigent. Tu n'as qu'une force aveugle, je prévois l'avenir. Tu peux combattre, mais le fils d'Atrée choisit avec moi le temps du combat. Le corps seul agit en toi, dans Ulysse c'est la sagesse ; et autant le pilote qui gouverne le vaisseau est au-dessus du rameur, et le chef d'armée au-dessus du soldat, autant je l'emporte sur toi.

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Modus omnibus rebus

Plaute, Pœnulus, ou le jeune Carthaginois, 1, 2, 217-239. [Traduction : Faute de version française complète, cet extrait est issu de la traduction en français de la version anglaise publiée par la Perseus Digital Library (Tuft Yniversity).]
Deux jeunes sœurs, Adelphasium et Anterastilis s'entretiennent des hommes, des soins de la maison et de leur mise.

ADELPHASIUM : Nam nos usque ab aurora ad hoc quod diei est, (postquam aurora inluxit, numquam concessamus) ex industria ambae numquam concessamus lavari aut fricari aut tergeri aut ornari, poliri expoliri, pingi fingi; et una binae singulis quae datae nobis ancillae, eae nos lavando eluendo operam dederunt, aggerundaque aqua sunt viri duo defessi. Apage sis, negoti quantum in muliere una est. Sed vero duae, sat scio, maxumo uni poplo cuilubet plus satis dare potis sunt, quae noctes diesque omni in aetate semper ornantur, lavantur, tergentur, poliuntur. Postremo modus muliebris nullust: numquam lavando et fricando scimus facere finem. (Nam quae lauta est nisi perculta est, meo quidem animo quasi inluta est.)
ANTERASTILIS : Miror equidem, soror, te istaec sic fabulari, quae tam callida et docta sis et faceta. Nam quom sedulo munditer nos habemus, vix aegreque amatorculos invenimus.
ADELPHASIUM : Ita est. Verum hoc unum tamen cogitato : modus omnibus rebus, soror, optimus est habitu. Mimia omnia nimium exhibent negoti hominibus ex se.

ADELPHASIUM : Nous deux, depuis l'aube jusqu'à cette heure, n'avons cessé de laver, récurer, frotter ; de nous habiller, de lisser, polisser, peindre, découper de toutes nos forces ; en même temps, les deux servantes procurées à chacune de nous n'ont cessé de nous assister dans le lavage et le nettoyage ; dans l'eau avec deux hommes d'appoint, elles se sont bien fatiguées. Croie-le! Une seule femme est une plaie ; mais s'il y a deux, elles sont en mesure de donner à la plus puissante nation plus de problèmes qu'il n'en faut ; d'être nuit et jour, toujours, à toute heure, à s'habiller, se laver, frotter, polir. Finalement, il n'y a pas de modération chez les femmes ; nous ne savons jamais mettre une limite au lavage et au nettoyage. Mais celle qui s'est lavée, sauf si elle est bien habillée, dans ma notion du moins, c'est comme si elle était sale.
ANTERASTYLIS : Je m’étonne, ma sœur, que vous parliez de cette façon, vous qui êtes si savante, discrète et habile ; car, malgré tout le soin que nous portons à notre travail, à peine trouvons-nous quelques admirateurs pitoyables.
ADELPHASIUM : Tel est le fait, mais à bien y réfléchir, il vaut mieux observer de la mesure en tout chose, ma sœur : l'excès apporte trop de troubles aux mortels.

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Morituri te salutant

Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Claude, 21, 12-16. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Quin et emissurus Fucinum lacum naumachiam ante commisit.

Sed cum proclamantibus naumachiariis : "Haue imperator, morituri te salutant !" Respondisset : "Aut non", neque post hanc uocem quasi uenia data quisquam dimicare uellet, diu cunctatus an omnes igni ferroque absumeret, tandem e sede sua prosiluit ac per ambitum lacus non sine foeda uacillatione discurrens partim minando partim adhortando ad pugnam compulit.

Hoc spectaculo classis Sicula et Rhodia concurrerunt, duodenarum triremium singulae, exciente bucina Tritone argenteo, qui e medio lacu per machinam emerserat.

Avant de faire assécher le lac Fucin, il y donna une naumachie.

Mais les combattants s'étant écriés : "Salut à l'empereur ! Ceux qui peuvent mourir te saluent !", il répondit: "Salut à vous !". Ils prirent ce mot pour une grâce, et aucun d'eux ne voulut plus combattre. Claude hésita longtemps : il ne savait s'il les ferait périr tous par le fer ou par le feu. Enfin il s'élança de son siège, et, faisant le tour du lac d'un pas tremblant et ridicule, moitié par menace, moitié par promesse, il les força à combattre.

Dans ce spectacle, on vit se heurter une flotte de Sicile et une flotte de Rhodes, chacune composée de douze trirèmes ; au bruit de la trompette un Triton d'argent mu par un ressort surgit au milieu du lac.

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Nigro notanda lapillo

Cette formule n'existe pas dans l'œuvre de Catulle. Le texte attesté est très différent : lapide illa dies candidiore notat « jour qui mérite d'être marqué d'une pierre blanche ». Voici le texte correspondant. Catulle, Poèmes, 58, 144-150. [Traduction : Maurice Rat ; Paris, Garnier, 1931.]

Ingratum tremuli tolle parentis onus. Nec tamen illa mihi dextra deducta paterna fragrantem Assyrio uenit odore domum, sed furtiua dedit mira munuscula nocte, ipsius ex ipso dempta uiri gremio. Quare illud satis est, si nobis is datur unis quem lapide illa dies candidiore notat.

Évitons d'être à charge comme un vieux père tremblant ! D'ailleurs, ce n'est pas son père qui l'a conduite par la main dans ma maison embaumée des parfums de l'Assyrie ; mais elle s'échappa furtivement des bras mêmes de son époux dans cette nuit d'ivresse où elle me prodigua tous les trésors de son amour. Ah ! n'est-ce pas assez pour moi d'obtenir d'elle un seul jour qui mérite d'être marqué d'une pierre blanche ?

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Nihil conveniens decretis ejus

Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 31, 99. [Traduction : M. Guyau. Des suprêmes biens et des suprêmes maux, d'après Cicéron. Paris, Delagrave, 1875.]

Huc et illuc, Torquate, uos uersetis licet, nihil in hac praeclara epistula scriptum ab Epicuro congruens et conueniens decretis eius reperietis. Ita redarguitur ipse a sese, conuincunturque scripta eius probitate ipsius ac moribus. nam ista commendatio puerorum.

Tournez-vous de tous côtés, Torquatus ; vous ne trouverez rien dans cette belle lettre d'Épicure qui s'accorde avec sa doctrine : au contraire, il s'y réfute lui-même ; et ce n'est que par l'opinion qu'il a laissée de sa probité et de ses mœurs, que ses écrits ont eu tant de cours.

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Nihil novi sub sole

Bible, Ecclésiaste, 1, 9. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Quod fuit, ipsum est, quod futurum est. Quod factum est, ipsum est, quod faciendum est : nihil sub sole novum.

Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

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Nondum amabam, et amare amabam

Augustin d'Hippone, Confessions, 3, 1. [Traduction : M. Moreau, 1868.

Veni Karthaginem, et circumstrepebat me undique sartago flagitiosorum amorum. nondum amabam, et amare amabam, et secretiore indigentia oderam me minus indigentem. quaerebam quid amarem, amans amare, et oderam securitatem et viam sine muscipulis, quoniam fames mihi erat intus ab interiore cibo, te ipso, deus meus, et ea fame non esuriebam, sed eram sine desiderio alimentorum incorruptibilium, non quia planus eis eram, sed quo insanior, fastidiosior. et ideo non bene valebat anima mea, et ulcerosa proiciebat se foras, miserabiliter scalpi avida contactu sensibilium. sed si non haberent animam, non utique amarentur. amare et amari dulce mihi erat, magis si et amantis corpore fruerer.

Je vins à Carthage, où bientôt j’entendis bouillir autour de moi la chaudière des sales amours. Je n’aimais pas encore, et j’aimais à aimer ; et par une indigence secrète, je m’en voulais de n’être pas encore assez indigent. Je cherchais un objet à mon amour, aimant à aimer ; et je haïssais ma sécurité, ma voie exempte de pièges. Mon cœur défaillait, vide de la nourriture intérieure, de vous-même, mon Dieu ; et ce n’était pas de cette faim-là que je me sentais affamé ; je n’avais pas l’appétit des aliments incorruptibles : non que j’en fusse rassasié ; je n’étais dégoûté que par inanition. Et mon âme était mal portante et couverte de plaies, et se jetant misérablement hors d’elle-même, elle mendiait ces vifs attouchements qui devaient envenimer son ulcère. C’est la vie que l’on aime dans les créatures aimées, être aimé m’était encore plus doux, quand la personne aimante se donnait toute à moi.

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O homines ad servitutem paratos

Tacite, Annales, 3, 65. [Traduction : J. L. Burnouf ; Œuvres complètes de Tacite ; Paris ; Librairie de L. Hachette et Cie, rue Pierre-Sarrazin, n° 14 ; 1859.]

Exequi sententias haud institui nisi insignis per honestum aut notabili dedecore, quod praecipuum munus annalium reor ne uirtutes sileantur utque prauis dictis factisque ex posteritate et infamia metus sit. Ceterum tempora illa adeo infecta et adulatione sordida fuere ut non modo primores ciuitatis, quibus claritudo sua obsequiis protegenda erat, sed omnes consulares, magna pars eorum qui praetura functi multique etiam pedarii senatores certatim exsurgerent foedaque et nimia censerent. Memoriae proditur Tiberium, quoties curia egrederetur, Graecis uerbis in hunc modum eloqui solitum "o homines ad seruitutem paratos !" scilicet etiam illum qui libertatem publicam nollet tam proiectae seruientium patientiae taedebat.

Mon dessein n'est pas de rapporter toutes les opinions : je me borne à celles que signale un caractère particulier de noblesse ou d'avilissement, persuadé que le principal objet de l'histoire est de préserver les vertus de l'oubli, et d'attacher aux paroles et aux actions perverses la crainte de l'infamie et de la postérité. Au reste, dans ce siècle infecté d'adulation et de bassesse, la contagion ne s'arrêtait pas aux premiers de l'État, qui avaient besoin de cacher un nom trop brillant sous l'empressement de leurs respects : tous les consulaires, une grande partie des anciens préteurs, et même beaucoup de sénateurs obscurs, se levaient à l'envi pour voter les flatteries les plus honteuses et les plus exagérées. On raconte que Tibère, chaque fois qu'il sortait du sénat, s'écriait en grec : "Ô hommes prêts à tout esclavage !" Ainsi, celui même qui ne voulait pas de la liberté publique ne voyait qu'avec dégoût leur servile et patiente abjection.

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Odi et amo

Catulle, Poèmes, 85. [Traduction : Maurice Rat ; Paris, Garnier, 1931.]
Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requiris.
Nescio, sed fieri sentio et excrucior.
Je hais et j'aime. – Comment cela se fait-il  ? demandez-vous peut-être.
– Je l'ignore ; mais je le sens, et c'est là un supplice.
Nota : texte mis en musique par Carl Orff (1943).
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O tempora, o mores

Ciceron, Catilinaires, 1, 1. [Traduction : Maurice Rat; Paris, Garnier, 1931.]

O tempora, o mores ! Senatus haec intellegit. Consul uidet ; hic tamen uiuit. Viuit ? Immo uero etiam in senatum uenit, fit publici consilii particeps, notat et designat oculis ad caedem unum quemque nostrum. Nos autem fortes uiri satis facere rei publicae uidemur, si istius furorem ac tela uitemus. Ad mortem te, Catilina, duci iussu consulis iam pridem oportebat, in te conferri pestem, quam tu in nos (omnes iam diu) machinaris.

O temps! ô mœurs ! tous ces complots, le Sénat les connaît, le consul les voit, et Catilina vit encore ! Il vit ; que dis-je ? Il vient au Sénat ; il est admis aux conseils de la République ; il choisit parmi nous et marque de l'œil ceux qu'il veut immoler. Et nous, hommes pleins de courage, nous croyons faire assez pour la patrie si nous évitons sa fureur et ses poignards ! Depuis longtemps Catilina, le consul, aurait dù t'envoyer à la mort et faire tomber ta tête sous le glaive dont tu veux tous nous frapper.

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O tempus edax !

Ovide, Métamorphoses, 15, 234-236. [Traduction : G.T. Villenave ; Paris, 1806.]

Tempus edax rerum, tuque, inuidiosa uetustas, omnia destruitis uitiataque dentibus aeui paulatim lenta consumitis omnia morte!

Temps, qui dévores ce qui existe ; et toi, Vieillesse envieuse, vous détruisez tout ; et ce que la lime de l'âge a sourdement usé, vous le consumez par une lente mort.

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Oculos habent et non videbunt

Oculos habent et non videbunt

Bible, Psaume 115. [Traduction : Louis Second, 1910.]

4. Simulacra gentium argentum et aurum, opera manuum hominum.
5. Os habent, et non loquentur ; oculos habent, et non videbunt.
6. Aures habent, et non audient ; nares habent, et non odorabunt.
7. Manus habent, et non palpabunt ; pedes habent, et non ambulabunt ; non clamabunt in gutture suo.
8. Similes illis fiant qui faciunt ea, et omnes qui confidunt in eis.

4. Leurs idoles sont de l'argent et de l'or. Elles sont l'ouvrage de la main des hommes.
5. Elles ont une bouche et ne parlent point ; Elles ont des yeux et ne voient point.
6. Elles ont des oreilles et n'entendent point ; Elles ont un nez et ne sentent point.
7. Elles ont des mains et ne touchent point ; Des pieds et ne marchent poin ; Elles ne produisent aucun son dans leur gosier.
8. Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent ; Tous ceux qui se confient en elles.

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Omnia mea mecum porto

Cicéron, Les Paradoxes, 1, 1, 8. [Traduction : Collection des auteurs latins publiée sous la direction de M. Nisard, tome I ; Paris, Dubochet, 1840.]

Ego umquam bona perdidisse dicam, si quis pecus aut supellectilem amiserit, nec non saepe laudabo sapientem illum, Biantem, ut opinor, qui numeratur in septem; cuius quom patriam Prienam cepisset hostis ceterique ita fugerent, ut multa de suis rebus asportarent, cum esset admonitus a quodam, ut idem ipse faceret, 'Ego uero', inquit, 'facio; nam omnia mecum porto mea'. Ille haec ludibria fortunae ne sua quidem putauit, quae nos appellamus etiam bona. Quid est igitur, quaeret aliquis, bonum ? Si, quod recte fit et honeste et cum uirtute, id bene fieri uere dicitur, quod rectum et honestum et cum uirtute est, id solum opinor bonum.

Je ne dirai jamais qu'en perdant un troupeau ou des meubles on perd des biens, et je citerai souvent avec éloge l'un des sept sages, Bias, à ce que je crois, dont la patrie, Priène, venait de tomber aux mains des ennemis. Tous ses concitoyens fuyaient, emportant avec eux le plus qu'ils pouvaient ; on l'engage à suivre leur exemple : « C'est ce que je fais, repart-il, car je porte tous mes biens avec moi.» Il regardait comme des jouets de la fortune tous ces "biens" selon notre langage. […] Ce qui est droit, honnête et vertueux, est, selon moi, le seul bien.

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Panem et circences

Juvénal, Satires, 10, 73…81. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]

Sed quid turba Remi ? sequitur fortunam, ut semper, et odit damnatos. […] Iam pridem, ex quo suffragia nulli uendimus, effudit curas ; nam qui dabat olim imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se continet atque duas tantum res anxius optat, panem et circenses.

Mais que fait donc le peuple issu de Rémus ? Il adhère au succès, comme toujours, et il maudit ceux qui ont perdu la partie. […] Depuis qu'il n'y a plus de suffrages à vendre, il se désintéresse de tout ; lui qui jadis disposa du commandement, des faisceaux, des légions enfin de tout, il n'a plus d'ambitions ; il n'éprouve plus qu'un double désir passionné : "Du pain et des jeux".

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Per inania regna

Virgile, l'Énéide, 6, 264-269. [Traduction : Université catholique de Louvain, légèrement modifiée.]

Di, quibus imperium est animarum, umbraeque silentes, et Chaos, et Phlegethon, loca nocte tacentia late, sit mihi fas audita loqui ; sit numine uestro pandere res alta terra et caligine mersas ! Ibant obscuri sola sub nocte per umbram, perque domos Ditis uacuas et inania regna.

Dieux, souverains des âmes, Ombres silencieuses,
Chaos et Phlégéthon, lieux muets étendus dans la nuit, permettez-moi de dire ce que j'ai entendu, accordez-moi de révéler les secrets enfouis dans les profondeurs obscures de la terre. Ils s'avançaient seuls, dans l'ombre d'une nuit obscure, à travers les demeures vides et le royaume inconsistant de Pluton.

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Post mortem nihil est ipsaque mors nihil

Sénèque, Les Troyennes, 2, 393-399. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiés sous la direction de M. Nisard, Le Théâtre des latins comprenant Plaute, Térence et Sénèque le Tragique ; Paris, Didot, 1855.]

Ut calidis fumus ab ignibus vanescit spatium per breue sordidus ; ut nubes grauidas, quas modo uidimus, Arctoi Boreae disiicit impetus ; Sic hic, quo regimur, spiritus effluet. Post mortem nihil est, ipsaque mors nihil, velocis spatii meta nouissima.

Comme la fumée sombre qui s'élève d'un foyer s'évanouit en peu de temps, comme ces nuages épais que dissipe dans l'air l'aquilon impétueux, ainsi s'évapore le souffle qui nous anime. Il n'y a rien après la mort ; la mort elle-même n'est rien : c'est le dernier terme d'une course rapide.

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Qui cupit aut metuit, iuuat illum sic domus et res…

Horace, Épîtres, 1, 2, 51-56. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Qui cupit aut metuit, iuuat illum sic domus et res ut lippum pictae tabulae, fomenta podagram, auriculas citharae collecta sorde dolentis.

À celui qui désire ou qui craint, sa maison et sa richesse font le même bien qu'un tableau peint à des yeux malades, des fomentations à un goutteux, et les sons de la cithare à des oreilles pleines d'humeur et douloureuses.

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Qui metuens uiuet, liber mihi non erit umquam

Horace, Épîtres, 1, 16, 65-69. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Qui cupiet, metuet quoque, porro qui metuens uiuet, liber mihi non erit umquam. Perdidit arma, locum uirtutis deseruit, qui semper in augenda festinat et obruitur re.

Celui qui désire craint aussi ; or celui qui vit dans la crainte, pour moi, ne sera jamais libre. Il a perdu ses armes, il a déserté le poste de la vertu, celui qui travaille et se tue à augmenter sans cesse sa richesse.

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Quia ego nominor leo

Phèdre, Fables, 1, 5. La vache, la chèvre, la brebis et le lion. [Traduction : Pierre Constant, Fables de Phèdre : Paris, Garnier, 1937.]

Numquam est fidelis cum potente societas. Testatur haec fabella propositum meum.

Vacca et capella et patiens ouis iniuriae socii fuere cum leone in saltibus. Hi cum cepissent ceruum uasti corporis, sic est locutus partibus factis leo : "Ego primam tollo nomine hoc quia rex cluo ; secundam, quia sum consors, tribuetis mihi ; tum, quia plus ualeo, me sequetur tertia ; malo adficietur si quis quartam tetigerit." Sic totam praedam sola improbitas abstulit.

Il n'y a jamais de sûreté dans l'association avec le puissant ; cette petite fable montre la vérité de ce que j'avance.

Une vache, une chèvre et une brebis habituée à l'injustice firent dans les bois société avec un lion. Comme ils avaient pris un cerf de grande taille, les parts faites, le lion parla ainsi : « C'est moi qui prends la première puisqu'on m'appelle roi, elle m'appartient ; la seconde, comme je suis vaillant, vous me la donnerez ; et parce que je suis le plus fort, la troisième me reviendra. Malheur à qui touchera à la quatrième ! » Ainsi, grâce à sa mauvaise foi, il emporta pour lui seul la proie tout entière.

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Quis custodiet ipsos custodes ?

Juvénal, Satires, 6, 325.
Les Romains n'étaient pas pudibonds ; ce texte de Juvénal sur la luxure féminine contient nombre d'évocations scabreuses. Les traducteurs, pudiques, tentent de contourner le sujet. C'est pourquoi on donne ici deux traductions du texte de Juvénal qui permettront d'approcher le sens du texte original. La traduction de 1934 est presque fidèle, mais incomplète ; la traduction de 1842, en vers, est approximative mais transcrit parfois mieux la vigueur du texte de Juvénal.
[Traduction : Henri Clouard. Juvénal et Perse. Classiques Garnier, Paris, 1934.]

Tunc prurigo morae inpatiens, tum femina simplex, ac ariter toto repetitus clamor ab antro "iam fas est, admitte uiros." Dormitat adulter, illa iubet sumpto iuuenem properare cucullo ; si nihil est, seruis incurritur ; abstuleris spem seruorum, uenit et conductus aquarius ; hic si quaeritur et desunt homines, mora nulla per ipsam quo minus inposito clunem summittat asello. Atque utinam ritus ueteres et publica saltem his intacta malis agerentur sacra ; sed omnes nouerunt Mauri atque Indi quae psaltria penem maiorem quam sunt duo Caesaris Anticatones illuc, testiculi sibi conscius unde fugit mus, intulerit, ubi uelari pictura iubetur quaecumque alterius sexus imitata figuras. Et quis tunc hominum contemptor numinis, aut quis simpuuium ridere Numae nigrumque catinum et Vaticano fragiles de monte patellas ausus erat ? Sed nunc ad quas non Clodius aras ? Audio quid ueteres olim moneatis amici, "pone seram, cohibe." Sed quis custodiet ipsos custodes ? Cauta est et ab illis incipit uxor. Iamque eadem summis pariter minimisque libido.

Et voici que le rut ne peut plus attendre, il n'y a plus à présent que la femelle toute pure, un cri unanime retentit dans tout le repaire : "C'est l'heure permise par la déesse, nous voulons les hommes !" L'amant est dans son lit, on lui fait dire qu'il ait à prendre son manteau pour accourir ; si l'amant fait défaut, on livre assaut aux esclaves ; faute d'esclaves, on appelle un porteur d'eau ; si enfin il n'y a pas moyen de trouver d'homme, on n'attendra pas davantage, on se couchera sous un âne. Plût aux dieux que les rites antiques et le culte public eussent échappé à de telles profanations ! Mais Maures et Indiens savent bien quel jeune homme osa, déguisé en joueuse de flûte, introduire un membre (de plus fort calibre que le rouleau des deux Anti-Caton de César) là même d'où le rat n'ose approcher s'il se sait mâle, là où c'est une loi de la peinture de faire pendre un voile. Et cependant quel homme en ce temps-là aurait osé blasphémer ? Lequel aurait raillé la coupe et le bassin noir de Numa et les fragiles assiettes fabriquées sur le mont Vatican ? Mais aujourd'hui quel autel n'a pas son Clodius ? Grandes dames ou plébéiennes, toutes se valent.

[Traduction : Louis-Vincent Raoul ; Wouters, Raspoet et cie, 1842.]

Tunc prurigo morae inpatiens,
tum femina simplex, ac ariter toto
repetitus clamor ab antro "iam fas
est, admitte uiros." Dormitat
adulter, illa iubet sumpto iuuenem
properare cucullo ; si nihil est,
seruis incurritur ; abstuleris spem
seruorum, uenit et conductus
aquarius ; hic si quaeritur et desunt
homines, mora nulla per ipsam quo
minus inposito clunem summittat
asello. Atque utinam ritus ueteres et
publica saltem his intacta malis
agerentur sacra ; sed omnes
nouerunt Mauri atque Indi quae
psaltria penem maiorem quam sunt
duo Caesaris Anticatones illuc,
testiculi sibi conscius unde fugit mus,
intulerit, ubi uelari pictura iubetur
quaecumque alterius sexus imitata
figuras. Et quis tunc hominum
contemptor numinis, aut quis
simpuuium ridere Numae nigrumque
catinum et Vaticano fragiles de
monte patellas ausus erat ? Sed
nunc ad quas non Clodius aras ?
Audio quid ueteres olim moneatis
amici, "pone seram, cohibe." Sed
quis custodiet ipsos custodes ?
Cauta est et ab illis incipit uxor.

Mais l’ardeur est au comble, et ne peut plus attendre.
De tous les coins de l’antre, un cri se fait entendre ;
Un cri de rage : "Ouvrez, Cybèle l’a permis ;
Ouvrez, et qu’à nos yeux les hommes soient admis."
Que vient-on m’annoncer ? quoi! mon amant sommeille !
Allez, que par mon ordre à l’instant on l’éveille,
Qu’il accoure. Il hésite ! esclaves soyez prêts.
Point d’esclaves ! eh bien, un rustre, un porte-faix.
Point d’homme ! En son dépit, Pasiphaé nouvelle,
Un époux mugissant pourrait approcher d’elle.
Plût au ciel que du moins ces transports odieux
N’eussent jamais souillé les autels de nos dieux !
Mais, des bords africains aux rivages du Gange,
Qui n’a point su comment une chanteuse étrange,
Du signe triomphant de sa virilité,
Surprit l’asile saint de la pudicité ;
Cet asile où, fidèle à de chastes usages,
D’un sexe différent on voile les images,
Et dont le rat timide et prompt à se cacher,
Avec un testicule aurait peur d’approcher ?
Quel mortel autrefois, quel railleur incrédule
Eût tourné de nos dieux le culte en ridicule ?
Quel impie eût osé du second de nos rois
Mépriser l’humble argile et les vases de bois,
Et la soucoupe noire, où, dans les sacrifices,
De la liqueur sacrée il versait les prémices ?
Maintenant quel autel n’a pas son Clodius ?
J’entends, mes vieux amis : "des barreaux, des argus !"
Mais par qui ferez-vous garder vos sentinelles ?
Une femme est adroite et commence par elles.

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Quo vadis ?

Bible, Évangile de Jean, 13, 33-38. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Filioli, adhuc modicum vobiscum sum. Quæretis me ; et sicut dixi Judæis, quo ego vado, vos non potestis venire : et vobis dico modo. Mandatum novum do vobis : ut diligatis invicem : sicut dilexi vos, ut et vos diligatis invicem. In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem. Dicit ei Simon Petrus : Domine, quo vadis ? Respondit Jesus : Quo ego vado non potes me modo sequi : sequeris autem postea. Dicit ei Petrus : Quare non possum te sequi modo ? animam meam pro te ponam. Respondit ei Jesus : Animam tuam pro me pones ? amen, amen dico tibi : non cantabit gallus, donec ter me neges.

Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme j'ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant. Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. Simon Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu ? Jésus répondit : Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard. Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi. Jésus répondit : Tu donneras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.

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Rara avis in terris

Juvénal, Satires, 6, 163-169. [Traduction : Henri Clouard, Juvénal et Perse ; Paris, Garnier, 1934]

Sit formonsa, decens, diues, fecunda, uetustos porticibus disponat auos, intactior omni crinibus effusis bellum dirimente Sabina, rara auis in terris nigroque simillima cycno, quis feret uxorem cui constant omnia? malo, malo Venustinam quam te, Cornelia, mater Gracchorum, si cum magnis uirtutibus adfers grande supercilium et numeras in dote triumphos.

Supposons une femme belle et bien prise, riche, féconde, qui affiche sous ses portiques les portraits de lointains aïeux, plus chaste que les Sabines qui se jetèrent tout échevelées dans le combat et mirent fin à une guerre, - ah ! voilà un oiseau rare en ce monde, un véritable cygne noir. Or, qui supporterait pour épouse cette femme accomplie ? J'aimerais mieux, oui ma foi, une paysanne de Venouse que toi, Cornélie, mère des Gracques, si tu m'apportes avec tes vertus sublimes de grands airs et que tu comptes dans ta dot les triomphes de ta lignée.

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Sed satis est jam posse mori

Lucain, La Pharsale 2, 98-119. [Traduction Marmontel, complétée par M. H. Durand, précédée d'une étude sur la Pharsale par M. Charpentier ; Paris, Garnier, 1935]

Pro fata, quis ille, quis fuit ille dies, Marius quo moenia uictor corripuit, quantoque gradu mors saeua cucurrit ! nobilitas cum plebe perit, lateque uagatus ensis, et a nullo reuocatum pectore ferrum. Stat cruor in templis multaque rubentia caede lubrica saxa madent. Nulli sua profuit aetas : Non senis extremum piguit uergentibus annis praecepisse diem, nec primo in limine uitae infantis miseri nascentia rumpere fata. Crimine quo parui aedem potuere mereri ? Sed satis est iam posse mori. Trahit ipse furoris.

O destin ! quel jour ! quel horrible jour que celui où Marius entra victorieux dans Rome ! avec quelle rapidité la mort étendit ses ravages ! La noblesse tombe confondue avec le peuple ; le glaive destructeur vole au hasard et frappe toute poitrine. Le sang séjourne dans les temples, les pavés en sont inondés et glissants. Nulle pitié, nul égard pour l'âge ; on n'a pas honte de hâter la mort des vieillards au déclin de l'àge ni de trancher la vie des enfants qui viennent d'ouvrir les yeux à la lumière. Hélas ! si jeunes encore, par quel crime ont-ils mérité de mourir ? Ils sont mortels, c'est assez. Impitoyable fureur !

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Sol lucet omnibus

Pétrone, Satyricon, 100, 3. [Traduction : Louis de Langle. L'œuvre de Pétrone : le Satyricon / Traduction nouvelle et complète, avec introduction et notes… ; Paris, Bibliothèque des curieux, 1923.]
Le narrateur, amant de Giton, admet dans son entourage Eumolpe, lui-même amoureux de l'enfant.

"Molestum est quod puer hospiti placet. Quid autem ? Non commune est, quod natura optimum fecit ? Sol omnibus lucet. Luna innumerabilibus comitata sideribus etiam feras ducit ad pabulum. Quid aquis dici formosius potest ? In publico tamen manant. Solus ergo amor furtum potius quam praemium erit ?…"

« Il t'est pénible, me disais-je, que cet enfant plaise à un autre. Mais dans ce que la nature a créé de meilleur, qu'y a-t-il qui ne soit commun à tous ? Le soleil luit pour tous. La lune, avec son cortège innombrable d'étoiles, guide la bête sauvage elle-même cherchant pâture. Que peut-on trouver de plus beau que les eaux ? Cependant elles coulent pour tout le monde. Et l'amour seul serait une propriété dont on ne pourrait s'emparer sans vol au lieu d'un don gratuit de la nature !… »

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Si augur augurem

Cicéron, De la Divination, 2, 24. [Traduction : Charles Appuhn, Cicéron. De la divination ; Du destin ; Académiques. ; Paris, Garnier, 1936.]

Vetus autem illud Catonis admodum scitum est, qui mirari se aiebat, quod non rideret haruspex, haruspicem cum uidisset. Quota enim quaeque res euenit praedicta ab istis ? Aut, si euenit quippiam, quid adferri potest cur non casu id euenerit ?

Il y a de Caton un mot qui reste plein de sens : il s'étonnait, disait-il, qu'un haruspice pût regarder sans rire un autre haruspice. Et en effet combien de fois leurs prédictions se sont-elles trouvées d'accord avec l'événement ? Et quand c'est arrivé, comment prouver qu'il n'y a pas eu coïncidence fortuite ?

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Summum jus, summa injuria

Cicéron, Des Devoirs (De officiis), 1, 10, 33. [Traduction : Charles Appuhn. Cicéron : De la vieillesse, De l'amitié, Des devoirs. Paris, Garnier, 1933.]

Existunt etiam saepe iniuriae calumnia quadam et nimis callida sed malitiosa iuris interpretatione. Ex quo illud "summum ius summa iniuria" factum est iam tritum sermone prouerbium. Quo in genere etiam in re publica multa peccantur, ut ille, qui, cum triginta dierum essent cum hoste indutiae factae, noctu populabatur agros, quod dierum essent pactae, non noctium indutiae.

Il y a fréquemment des injustices consistant à chercher chicane aux gens et à interpréter subtilement le droit. De là, cette maxime devenue proverbe : "summum ius, summa injuria". Beaucoup d'actes immoraux de cette sorte se commettent au nom de l'intérêt public : on cite un chef d'armée qui, après être convenu avec l'ennemi d'une trêve de trente jours, ravageait de nuit son territoire parce que, disait-il, le pacte conclu s'appliquait aux jours, non aux nuits.

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Tu quoque fili

Suetone, Vie des douze césars, Vie de Jules César 82, 3. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Atque ita tribus et uiginti plagis confossus est uno modo ad primum ictum gemitu sine uoce edito, etsi tradiderunt quidam Marco Bruto irruenti dixisse : "kai su teknon" ; exanimis diffugientibus cunctis aliquamdiu iacuit, donec lecticae impositum, dependente brachio, tres seruoli domum rettulerunt.

Il fut ainsi percé de vingt-trois coups. Au premier seulement, il poussa un gémissement, sans dire une parole. Toutefois, quelques auteurs rapportent que, voyant s'avancer contre lui Marcus Brutus, il dit en grec : "Et toi aussi, mon fils !" Quand il fut mort, tout le monde s'enfuit, et il resta quelque temps étendu par terre. Enfin trois esclaves le rapportèrent chez lui sur une litière d'où pendait un de ses bras.

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Teneo te Africa

Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Jules César, 59, 1. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Ne religione quidem ulla a quoquam incepto absterritus umquam uel retardatus est. Cum immolanti aufugisset hostia, profectionem aduersus Scipionem et Iubam non distulit. Prolapsus etiam in egressu nauis uerso ad melius omine : "Teneo te," inquit, "Africa."

Jamais un scrupule ne lui fit abandonner ou différer une seule de ses entreprises. Quoique la victime du sacrifice eût échappé au couteau, il ne remit pas son expédition contre Scipion et Juba. Bien plus, étant tombé en sortant de son vaisseau, il tourna dans un sens favorable ce présage et s'écria: "Afrique ! je te tiens".

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Teneo lupum auribus

Térence, Le Phormion, 506. [Traduction : Site de Philippe Remacle http://www.remacle.org)

Immo, id quod aiunt, auribus teneo lupum ; nam neque quo pacto a me amittam, neque uti retineam scio.

Oui, je tiens, comme on dit, le loup par les oreilles ; car je ne sais comment le lâcher, ni comment le retenir.

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Ubi est, mors, victoria tua

Bible, Nouveau testament, Saint-Paul, Épître aux Corinthiens, 15, 54-57. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Cum autem corruptibile hoc induerit incorruptelam, et mortale hoc induerit immortalitatem, tunc fiet sermo, qui scriptus est : “ Absorpta est mors in victoria.

Ubi est, mors, victoria tua ? Ubi est, mors, stimulus tuus ? ”.

Stimulus autem mortis peccatum est, virtus vero peccati lex.

Deo autem gratias, qui dedit nobis victoriam per Dominum nostrum Iesum Christum.

Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire.

O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ?

L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; et la puissance du péché, c'est la loi.

Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ !

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Ubi plura nitent in carmine, non ego paucis offendi maculis

Horace, Art poétique, 347-353. [Traduction : Université catholique de Louvain.]

Sunt delicta tamen quibus ignouisse uelimus ; nam neque chorda sonum reddit quem uolt manus et mens, poscentique grauem persaepe remittit acutum, nec semper feriet quodcumque minabitur arcus. Verum ubi plura nitent in carmine, non ego paucis offendar maculis, quas aut incuria fudit, aut humana parum cauit natura.

Il y a pourtant des fautes pardonnables. La corde de la lyre ne donne pas toujours le son que demandent la pensée et les doigts; on veut une note grave, trop souvent celle qu'elle renvoie est aiguë. La flèche n'atteint pas toujours son but. Mais si, dans un poème, les beautés l'emportent, quelques taches ne me choqueront pas: l'inattention ou la faiblesse humaine les a laissé échapper.

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Vade retro satana

Bible, Nouveau Testament, Évangile de Marc, 8, 29-34. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Et ipse interrogabat eos : “ Vos vero quem me dicitis esse ? ”. Respondens Petrus ait ei : “ Tu es Christus ”. Et comminatus est eis, ne cui dicerent de illo. Et coepit docere illos : “ Oportet Filium hominis multa pati et reprobari a senioribus et a summis sacerdotibus et scribis et occidi et post tres dies resurgere ” ; et palam verbum loquebatur. Et apprehendens eum Petrus coepit increpare eum. Qui conversus et videns discipulos suos comminatus est Petro et dicit : “ Vade retro me, Satana, quoniam non sapis, quae Dei sunt, sed quae sunt hominum ”. Et convocata turba cum discipulis suis, dixit eis : “ Si quis vult post me sequi, deneget semetipsum et tollat crucem suam et sequatur me.

“ Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ? ” Pierre lui répondit: “ Tu es le Christ. ” Jésus leur recommanda sévèrement de ne dire cela de lui à personne. Alors il commença à leur apprendre qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrît beaucoup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât trois jours après. Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l'ayant pris à part, se mit à le reprendre. Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit : “ Arrière de moi, Satan ! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensées humaines. ” Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : “ Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. ”

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Væ soli

Bible, Ecclésiaste, 4, 9-12. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Melius est duos esse simul quam unum : habent enim emolumentum in labore suo, quia si unus ceciderit, ab altero fulcietur. Vae soli! Cum ceciderit, non habet sublevantem se. Insuper, si dormierint duo, fovebuntur mutuo; unus quomodo calefiet ? Et, si quispiam praevaluerit contra unum, duo resistent ei. Et fu niculus triplex non cito rumpitur.

Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s'ils tombent, l'un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe sans avoir un second pour le relever ! De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud ; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ? Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister ; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement.

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Vanum est vobis ante lucem surgere

Bible, Psaumes, 126 (127) 1-2. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laborant, qui aedificant eam. Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat, qui custodit eam. Vanum est vobis ante lucem surgere et sero quiescere, qui manducatis panem laboris, quia dabit dilectis suis somnum.

Si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. Si l'Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard et mangez-vous le pain de douleur ; il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil.

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Video meliora proboque deteriora sequor

Ovide, Les Métamorphoses, 7, 10-20. [Traduction : G.T. Villenave ; Paris, 1806.]
Médée tombe en amour de Jason.
Et luctata diu, postquam ratione furorem uincere non poterat, "frustra, Medea, repugnas : nescio quis deus obstat," ait, "mirumque, nisi hoc est, aut aliquid certe simile huic, quod amare uocatur. nam cur iussa patris nimium mihi dura uidentur ? Sunt quoque dura nimis ! cur, quem modo denique uidi, ne pereat, timeo ? quae tanti causa timoris ? excute uirgineo conceptas pectore flammas, si potes, infelix ! si possem, sanior essem ! sed trahit inuitam noua uis, aliudque cupido, mens aliud suadet : uideo meliora proboque, deteriora sequor. quid in hospite, regia uirgo, ureris et thalamos alieni concipis orbis ? haec quoque terra potest, quod ames, dare. uiuat an ille occidat, in dis est. uiuat tamen! idque precari uel sine amore licet: quid enim commisit Iason ? Quem, nisi crudelem, non tangat Iasonis aetas et genus et uirtus? quem non, ut cetera desint, ore mouere potest? certe mea pectora mouit. At nisi opem tulero, taurorum adflabitur ore… Elle combat, elle résiste : mais, voyant enfin que la raison ne peut triompher de son amour : "Médée, s'écrie-t-elle, c'est en vain que tu te défends. Je ne sais quel dieu s'oppose à tes efforts. Le sentiment inconnu que j'éprouve est ou ce qu'on appelle amour, ou ce qui lui ressemble; car enfin, pourquoi trouvé-je trop dure la loi que mon père impose à ces héros ! loi trop dure en effet. Et d'où vient que je crains pour les jours d'un étranger que je n'ai vu qu'une fois ? D'où naît ce grand effroi dont je suis troublée ? Malheureuse ! repousse, si tu le peux, étouffe cette flamme qui s'allume dans ton cœur. Ah ! si je le pouvais, je serais plus tranquille. Mais je ne sais à quelle force irrésistible j'obéis malgré moi. Le devoir me retient, et l'amour m'entraîne. Je vois le parti le plus sage, je l'approuve, et je suis le plus mauvais. Eh ! quoi, née du sang des rois, tu brûles pour un étranger ! tu veux suivre un époux dans un monde qui t'est inconnu! Mais les états de ton père ne peuvent-ils t'offrir un objet digne de ton amour ? Que Jason vive, ou qu'il meure, que t'importe ! C'est aux dieux d'ordonner de son sort. Qu'il vive toutefois ! Sans aimer Jason, je puis former ce vœu. Car enfin, quel crime a-t-il commis ? Où donc est le barbare que ne pourraient émouvoir et sa jeunesse, et sa naissance, et sa vertu ? et n'eût-il pour lui que sa beauté, sa beauté suffirait pour intéresser et plaire; et, je l'avouerai, je n'ai pu me défendre contre sa beauté ! Mais si je ne viens à son secours, il sera étouffé par les flammes que vomissent les taureaux…
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Vir bonus, dicendi peritus

Quintilien, L'institution oratoire, 12, 1, 1-6. [Traduction : M.C.V. Ouizille et M. Charpentier, Œuvres complètes de Quintilien avec traduction de la Collection Panckoucke, t. III ; Paris, Garnier, 1863.]
Non posse oratorem esse nisi uirum bonum.

Sit ergo nobis orator quem constituimus is qui a M. Catone finitur uir bonus dicendi peritus, uerum, id quod et ille posuit prius et ipsa natura potius ac maius est, utique uir bonus.

On ne peut être orateur si l'on n'est homme de bien.

Mon orateur sera donc tel que le définit M. Caton : "un homme de bien, savant dans l'art de parler" ; et, remarquez-le : ce qu'il met en premier est aussi ce qui, de sa nature, est préférable et plus important : la qualité d'"homme de bien".

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Vivere est cogitare

Cicéron, Tusculanes, 5, 38,111. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiés sous la direction de M. NISARD, Œuvres complètes de Cicéron, T. 4. ; Paris, Dubochet, 1841.]
Primum enim horribilis ista caecitas quibus tandem caret uoluptatibus ? Cum quidam etiam disputent ceteras uoluptates in ipsis habitare sensibus, quae autem aspectu percipiantur, ea non uersari in oculorum ulla iucunditate, ut ea, quae gustemus olfaciamus tractemus audiamus, in ea ipsa, ubi sentimus, parte uersentur. In oculis tale nil fit ; animus accipit, quae uidemus. Animo autem multis modis uariisque delectari licet, etiamsi non adhibeatur aspectus. Loquor enim de docto homine et erudito, cui uiuere est cogitare. Sapientis autem cogitatio non ferme ad inuestigandum adhibet oculos aduocatos. Premièrement, de quels plaisirs est donc privé l'aveugle, qu'on croit si fort à plaindre ? Car, selon quelques physiciens, il n'en est pas de la vue comme des autres sens : ceux qui sont destinés au goût, à l'ouïe, à l'odorat, au toucher, sont le siège des plaisirs qu'ils procurent ; mais l'agrément qui est procuré par la vue, ce n'est point à l'œil qu'il se fait sentir, c'est à l'âme. Or l'âme jouit d'assez d'autres plaisirs, pour ne pas tant regretter celui de la vue. Je parle d'un homme lettré et savant, pour qui vivre c'est méditer. Quand il médite, il n'a guère besoin d'appeler ses yeux au secours.
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Vivere militare est

Sénèque, Lettres à Lucillius, 19, 96, 5. [Traduction : M. Charpentier - M. Lemaistre. Œuvres de Sénèque le Philosophe avec la traduction française de la Collection Panckoucke, t. I ; Paris, Garnier, 1860.]
Ipse te interroga, si quis potestatem tibi deus faciat, utrum uelis uiuere in macello an in castris.

Atqui uiuere, Lucili, militare est. Itaque hi qui iactantur et per operosa atque ardua sursum ac deorsum eunt et expeditiones periculosissimas obeunt fortes uiri sunt primoresque castrorum ; isti quos putida quies aliis laborantibus molliter habet turturillae sunt, tuti contumeliae causa.

Interrogez-vous vous-même, et demandez-vous : "Aimerais-je mieux, si Dieu m'en donnait l'option, vivre dans un marché, ou dans un camp" ?

Or, mon cher Lucilius, la vie est un état de guerre. Ainsi les hommes qui sont sans cesse les jouets de la fortune, qui montent et descendent toujours à travers des chemins difficiles et escarpés, qui accomplissent les expéditions les plus périlleuses, voilà les guerriers courageux, voilà les premiers du camp. Mais ceux qui se livrent à un honteux repos, tandis que les autres travaillent, sont des fainéants qui ne doivent leur sûreté qu'au mépris qu'ils inspirent.

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Vox clamantis in deserto

Bible, Nouveau testament, Évangile de Jean, 1, 19-27. [Traduction Louis Second, 1910.]
Et hoc est testimonium Ioannis, quando miserunt ad eum Iudaei ab Hierosolymis sacerdotes et Levitas, ut interrogarent eum : “Tu quis es ?”

Et confessus est et non negavit ; et confessus est : “Non sum ego Christus”.

Et interrogaverunt eum : “Quid ergo ? Elias es tu ?”. Et dicit : “Non sum”. “Propheta es tu ?”. Et respondit : “Non”.

Dixerunt ergo ei : “Quis es ? Ut responsum demus his, qui miserunt nos. Quid dicis de te ipso ?”.

Ait : “Ego vox clamantis in deserto : "Dirigite viam Domini", sicut dixit Isaias propheta”.

Et qui missi fuerant, erant ex pharisaeis ;

et interrogaverunt eum et dixerunt ei : “Quid ergo baptizas, si tu non es Christus neque Elias neque propheta ?”.

Respondit eis Ioannes dicens : “Ego baptizo in aqua ; medius vestrum stat, quem vos non scitis,

qui post me venturus est, cuius ego non sum dignus, ut solvam eius corrigiam calceamenti”.

Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander : “Toi, qui es-tu ?”

Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ.

Et ils lui demandèrent : “Quoi donc ? es-tu Elie ?” Et il dit : “Je ne le suis point.” “Es-tu le prophète ?” Et il répondit : “Non.”

Ils lui dirent alors : “Qui es-tu ? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même ?”

“Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : "Aplanissez le chemin du Seigneur", comme a dit Esaïe, le prophète.”

Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens.

Ils lui firent encore cette question : “Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Elie, ni le prophète ?”

Jean leur répondit : “Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas,

qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers.”

Jean le Baptiste fait référence à Ésaïe le prophète. On trouve dans la Bible, Ésaïe, , 40, 3 : Vox clamantis : “In deserto parate viam Domini, rectas facite in solitudine semitas Dei nostri” « Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Éternel. Aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. »
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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Liste de locutions latines de Wikipédia en français (auteurs)

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