Yamato-e

Yamato-e
Attribué à Tosa Mitsuoki (1617–1691) : Gengi monogotari

Le yamato-e (大和絵?) est un style de peinture japonais qui se développe au début de l'époque de Heian (VIIIe-IXe siècle) dans la peinture profane de la cour impériale et la peinture bouddhique. Ce mouvement artistique et pictural est né de l’émergence d'une esthétique nationale japonaise, plus décorative, détaillée et inspirée de l'homme et de son quotidien au Japon, en opposition aux styles continentaux plus grandioses (surtout chinois) qui influençaient fortement tous les arts japonais depuis environ le IVe ou Ve siècle. Intimement lié au goût des aristocrates de Heian, qui appréciait le raffinement, la poésie, la mélancolie, ou encore la retenue, le style induit plusieurs évolutions techniques et picturales, avec notamment la peinture profane sur porte coulissante (shōji) et sur longs rouleaux de papiers (emaki).

Par la suite, on le considère comme le style japonais traditionnel, en opposition au style plus moderne de l’ukiyo-e. Au XVe siècle, l'école Tosa a repris les thèmes du yamato-e, dont elle se réclame. Le yamato-e a également eu une grande influence sur l'école Rimpa (琳派) et l’ukiyo-e (浮世絵), ainsi que sur le Nihon-ga (日本画).

Sommaire

Définition

Il n'est pas forcément facile de définir le yamato-e. Étymologiquement, ce sont les images (, e) du Japon ancien (大和, Yamato).

Cependant, de même que l'on peut définir le nihon-ga, la peinture japonaise, en l'opposant au yo-ga, la peinture occidentale, on peut de la même façon définir le yamato-e comme étant la peinture de l'ancien Japon, par opposition au kara-e, « image des Tang », d'origine chinoise, qui domine fortement l'art de l'époque de Nara[1].

En ce sens, le yamato-e est un art du quotidien, faisant appel à des thèmes japonais, par opposition à l'art chinois, perçu comme une forme d'art savante, faisant appel à des thèmes chinois.

En pratique, on peut retenir une acception large du terme yamato-e, couvrant toute la peinture de genre sur des thèmes japonais, y compris en particulier les rouleaux peints e-makimono.

Histoire

Même si le terme de peinture du yamato-e n'apparait probablement qu'à l'époque de l'empereur Uda (889-897), il existait déjà auparavant un style de peinture au Japon, dès les périodes Jōmon et Yayoi. C'est dès ces époques que l'on peut chercher l'origine du yamato-e.[réf. nécessaire]

Le début de l'art du yamato-e en tant que tel remonte donc sans doute au milieu du IXe siècle.

On peut y voir une réaction au kara-e, d'origine chinoise, qui n'irriguait guère qu'une toute petite partie de la haute société japonaise : après une période où le souci du Japon avait été de découvrir la culture chinoise, et de se mettre à l'étude de son organisation, de son art, et de ses sciences (y compris l'écriture) est venu le moment de l'assimilation, ou plutôt de la redécouverte de la culture nationale, à la lumière de la découverte de la culture chinoise.

C'est ce qui s'est passé pendant toute l'ère Heian, où le yamato-e a proliféré.

Principaux thèmes

  • Beautés de la nature, « Quatre saisons » (en pratique, lieux célèbres).
  • Portraits : l'art du portrait n'est venu qu'assez tardivement, après l'époque Heian, notamment le portrait réaliste ou nise-e.
  • Contes classiques : Genji monogatari, Murasaki Shikibu nikki (tiré du célèbre journal de Murasaki Shikibu), Nezame monogatari.
  • Thèmes bouddhistes : Kako Genza Inga-kyo (Sūtra des Causes et des Effet, dans le passé et dans le présent), Gaki zōshi (Rouleau des fantômes affamés), Jigoku Zoshi (Rouleau des enfers).
  • Peintures « d'actualité » : Gunki Monogotari (Contes militaires), Hogen Monogotari (Contes de la rébellion Hogen), Heiji Monogotari (Contes de la rebellion Heiji).

Quelques œuvres marquantes en particulier

Parmi les œuvres marquantes du yamato-e qui ont survécu, on peut mentionner les peintures suivantes, qui sont le plus souvent des rouleaux, et dont l'auteur n'est pas toujours connu :

  • Peinture murale polychrome, tumulus de Takamatsu-zuka, Asuka, préfecture de Nara, fin du VIIe siècle ;[réf. nécessaire]
  • Rouleaux illustrés du Dit du Genji (Genji Monogotari Emaki), début du XIIe siècle. Musée Gotō (Tōkyō) et musée d'art Tokugawa (Nagoya) ;
  • Rouleau des animaux et des gens folâtrant (Choju Jimbutsu Giga), attribué à Toba Sojo (première moitié du XIIe siècle). Kozan-ji, Kyōto ;
  • Portrait de Minamoto Yoritomo (Minamoto Yoritomo Zo), attribué à Fujiwara Takanobu (fin du XIIe siècle). Jingo-ji, Kyōto ;
  • Rouleau des enfers (Jigoku Zoshi), fin du XIIe siècle. Version Anju-in, Musée National de Tōkyō ;
  • Rouleau des maladies (Yamai no sōshi), fin du XIIe siècle. Musée national de Kyōto, et musée Matsunaga, Odawara, préfecture de Kanagawa ;
  • Biographie illustrée du moine itinérant Ippen (Ippen hijiri-e), daté de 1299. Kankikō-ji, Kyōto ;
  • Rouleaux illustrés du Dit de Heiji (Heiji monogotari emaki), seconde moitié du XIIIe siècle. Musée national de Tōkyō et musée des Beaux-Arts de Boston ;
  • Le rouleau des miracles de Kasuga Gongen (Kasuga Gongen Kenki), de Takashina Takakane, daté de 1309. Collection de la Maison impériale ;
  • Rouleau de la biographie de Saint Honen (Honen Shonin Gyojo), début du XIVe siècle. Chion-in, Kyōto ;
  • Rouleau de la vie du prêtre Kakunyo (Boki Emaki), daté de 1351. Nishi Hongan-ji, Kyōto.

Notes et Références

  1. Saburo Ienaga - The Heibonsha survey of Japanese art : "Painting in the Yamato style", page 9, ISBN 0-8348-1016-6

Bibliographie

Voir aussi



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