Wallis-et-Futuna


Wallis-et-Futuna
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Territoire de Wallis-et-Futuna
France
Blason de Wallis-et-Futuna
(détaillé) Armoiries
Carte de localisation de Wallis-et-Futuna
Administration
Statut politique Collectivité d'outre-mer de la France
Chef-lieu Mata-Utu
13°18′S 176°10′W / -13.3, -176.167
Gouvernement
- Président de la République
- Administrateur supérieur
 - Prés. de l'Ass. territoriale
 - Rois coutumiers :
   • Uvéa
   • Alo
   • Sigave

Nicolas Sarkozy

Michel Jeanjean
Victor Brial


Kapeliele Faupala
Petelo Vikena
Visesio Moeliku
Géographie
Superficie 274 km2
Démographie
Population  (2008[2]) 13 445 hab.
Densité 49,06 hab./km2
Langue(s) français, wallisien, futunien[1]
Économie
PIB (2004)
 · PIB/hab.
60 millions de $
3 800 $
Monnaie Franc CFP (XPF)
Autres
Fuseau horaire UTC +12
Domaine internet .wf
Indicatif téléphonique +681

Wallis-et-Futuna[3] ou les îles Wallis et Futuna[4] est une collectivité d'outre-mer située dans l'hémisphère sud. Son chef-lieu est Mata-Utu.

Composé de trois îles principales, Wallis, Futuna et Alofi, l'archipel se trouve entre la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. Il est situé en Océanie polynésienne (océan Pacifique occidental).

Son code postal et INSEE commence par 986.

Sommaire

Géographie

Carte de Wallis et Futuna

Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récif, sont difficiles d'accès. Wallis et Futuna possèdent 106 km de côtes au total[5].

Topographie

Wallis et Futuna sont deux groupes d'îles, distants d'environ 260 km, d'histoire géologique et d'aspect très différent :

  • Les îles Wallis, au nord-est, composées d'une île principale, Uvéa (qui s'étend sur 96 km²), et de plusieurs îlots coralliens, est un ancien volcan qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l'océan par quatre passes dont seule une est navigable. Son point culminant, le mont Lulu, est peu élevé (151 mètres). Bien que dépourvue de ruisseaux, l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac de Lalolalo, d'environ 400 mètres, et qui constituent de précieuses réserves d'eau douce pour l'île.
  • Les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn), au sud-ouest, composées de deux îles principales, l'île de Futuna (qui s'étend sur 64 km²) et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne comportant pas de récif corallien), sont ouvertes sur l'océan Pacifique. En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur point culminant, le mont Puke sur Futuna, est à 522 mètres environ. Traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce, elles sont par contre ceinturées de récifs.

Climat

Le climat est chaud et humide (tropical).

Biodiversité


Histoire

Il y a environ 5 000 ans (3000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taiwan. Vers 2000 avant J.-C., des migrations ont lieu de Taiwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, vers les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, vers les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.

Article détaillé : Peuplement de l'Océanie.
Ruines du fort Talietumu

Le premier contact de Futuna avec des Européens a lieu en 1616 : les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, sur l'Eendracht (350 tonneaux) et le Hoorn (100 tonneaux), jettent l'ancre le 21 mai 1616 dans l'embouchure de la rivière Futuna et abordent en chaloupe le 22 mai 1616. Ils baptisent les deux îles Futuna et Alofi îles de Hoorn en référence à leur port d'embarquement. Ils restent environ 8 jours sur l'archipel avant de repartir vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Moluques. Louis Antoine de Bougainville atteint Futuna le 11 mai 1768 et la nomme l'enfant perdu du Pacifique.

L'île de Wallis n'est visitée par les Européens qu'en 1766, 150 ans après Futuna, par le capitaine britannique Samuel Wallis, à qui l'île doit son nom actuel. Les autochtones la nomment Uvéa, nom encore très utilisé.

L'appellation "archipel" appliqué à Wallis et Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d'environ 250 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Les îles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. La présence européenne n'est significative qu'au XIXe siècle avec l'arrivée de missionnaires catholiques.

Les royaumes d'Uvéa à Wallis, d'Alo et de Sigave à Futuna signent un traité de protectorat avec la France (demandé par la reine Amélia et ratifié en 1887) avant de devenir un territoire d'outre-mer (TOM) en 1961 après référendum. Le roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), est signataire de cet accord. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, les îles Wallis et Futuna deviennent une collectivité d'outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne change.

Politique

La vie politique de Wallis et Futuna a longtemps été dominée par le RPR gaulliste, incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et Sosefo Makape Papilio. Il faudra attendre 1989 pour voir la gauche, avec le Parti radical de gauche, être à nouveau portée au pouvoir sur place, avec l'élection du député Kamilo Gata (décédé en 2004). Celui-ci est à son tour battu en 1997 par Victor Brial (neveu de Benjamin), nouveau chef du RPR local et également président de l'Assemblée territoriale de Wallis et Futuna de 1997 à 1999. Ce dernier est battu en juin 2007, contre toute attente, par le socialiste Albert Likuvalu. Celui-ci avait auparavant été brièvement président de l'Assemblée territoriale du 22 février au 24 novembre 2005, bénéficiant alors d'une alliance éphémère entre l'opposition de gauche (7 élus sur 20) et quelques élus divers droites.

Lors des élections territoriales de 2002, la droite locale (encore RPR alors, futur UMP, remporte le scrutin avec 9 élus sur 20 et complète sa majorité avec les 5 représentants divers droite de l'Alliance pour Wallis et Futuna. Toutefois, le leader de celle-ci, Albert Likuvalu, se rapproche de l'opposition locale, formée de 4 élus de l'Union pour Wallis et Futuna (gauche socialiste) et 2 non inscrits. Ces trois formations (Alliance, Union et non-inscrits) forment donc une majorité éphémère de 11 membres sur 20 du 22 février au 24 novembre 2005, l'UMP étant relégué dans l'opposition et Lukuvalu prenant la présidence de l'Assemblée. Le 24 novembre 2005, sur fonds de conflits coutumiers à Wallis entre les partisans du roi local et les « rénovateurs », les 4 autres élus de l'Alliance s'éloignent d'Albert Likuvalu et reforment une majorité avec l'UMP. Likuvalu reste quant à lui dans l'opposition, et participe en 2006 à la création de la fédération locale du Parti socialiste. Du 24 novembre 2005 à avril 2007, la nouvelle majorité de droite porte à la présidence de l'Assemblée Erménégilde Simete, membre de l'UMP.

Pour les élections locales du 1er avril 2007, 26 listes s'étaient portées candidates pour 20 sièges. Parmi les élus, 12 se sont finalement rangés dans la majorité UMP-UDF-divers droite qui a porté Pesamino Taputai, représentant local de l'UDF-MoDem, à la présidence de l'Assemblée territoriale. L'opposition, composée de 8 élus, est quant-à-elle organisée autour du PS local d'Albert Likuvalu qui, deux mois plus tard, est élu député contre le sortant Victor Brial. Il est à préciser que parmi les 5 candidats présents au 1er tour, 3 étaient des élus de la majorité à l'Assemblée territoriale : outre Victor Brial pour l'UMP, Pesamino Taputai représentait le MoDem et l'ancien président de l'Assemblée et désormais président de sa commission permanente, Erménégilde Simete, candidat divers droite.

Donc, en théorie la vie politique à Wallis et Futuna est dominée par les représentants locaux des grands partis métropolitains, le FN y étant également présent depuis les élections présidentielles de 2002 et est représenté par Gaston Lui qui fut candidat aux législatives de 2002 mais pas en 2007.

Cependant, comme pour le reste des collectivités françaises ultramarines, la pratique politique à Wallis et Futuna correspond davantage à un affrontement de personnalités, et plus particulièrement ici de chefs coutumiers. Dans les faits, les programmes politiques sont à peine mis en avant, les débats sont secondaires, les campagnes électorales s'organisant au rythme de fêtes coutumières.

La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle qu'il s'agit avant tout de voter pour le candidat proposé par le chef coutumier.

La coutume est omniprésente et se reflète dans la vie politique locale.

Institutions

Wallis et Futuna sont constituées de trois monarchies traditionnelles : Uvéa (à Wallis), Alo et Sigave (à Futuna), dont les rois gouvernent avec des conseils élus et le représentant de l'État français, qui porte le titre d’administrateur supérieur. Le pouvoir judiciaire en matière pénale et civile est détenu par l'unique tribunal de première instance qui est compétent pour tout le territoire et dont le siège est à la préfecture de Mata-Utu (à Wallis).

Contrairement à la métropole, aux départements d'outre-mer et aux autres collectivités d'outre-mer, le territoire n'est pas divisé administrativement en communes, mais en circonscriptions, le chef de la circonscription ayant des pouvoirs équivalents à ceux d'un maire.

À Futuna, deux royaumes (à qui reviennent les fonctions juridictionnelles des arrondissements départementaux et sous-préfectures, administratives des mairies et une partie des attributions des conseils généraux) coexistent et regroupent des villages. À Wallis, 3 districts coutumiers (gérant aussi les fonctions administratives des mairies et regroupant plusieurs villages) existent sous l'autorité du même roi (à qui revient la présidence des fonctions juridictionnelles civiles).

Aussi, sur le plan territorial, les îles sont divisées en trois circonscriptions territoriales recouvrant exactement chacun des trois royaumes : la circonscription territoriale de Wallis (pour le royaume d'Uvéa), la plus grande et la plus peuplée des trois, les circonscriptions territoriales d'Alo (qui comprend aussi l'île inhabitée d'Alofi) et celle de Sigave, la plus petite, à Futuna. Chacune jouit de la personnalité morale avec un budget propre géré par un conseil de circonscription composé des chefs coutumiers et présidé par le roi.

Le royaume wallisien d'Uvéa et les deux royaumes futuniens de Sigave et d'Alo ne sont pas des monarchies héréditaires mais aristocratiques : ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent les rois.

Le pouvoir coutumier est important mais toutefois assez décentralisé, les rois locaux devant négocier avec les chefs de village, et répondre aux demandes des alikis qui les élisent et dont l'autorité morale s'appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l'État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

  • À Wallis, le roi d'Uvéa (portant le titre de lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d'un premier ministre (kivalu) et de 5 ministres. Il nomme encore, sur proposition de la population, 3 chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d'intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d'assemblées générales de village (fono) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono).
  • À Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave) disposent aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur roi facilement.

Les rois disposent pour couvrir leurs frais d'une dotation annuelle de la République qui indemnise aussi les ministres royaux et les chefs coutumiers de districts et de villages.

Toutefois, la définition et la délimitation des villages n'est pas aussi stricte que les communes françaises, le territoire étant plutôt délimité de façon informelle par les royaumes (et districts à Wallis) et le droit coutumier, y compris pour le domaine royal ou public, et la propriété privée incessible appartenant en fait en commun aux villages avec un droit d'usage accordé aux chefs de familles.

L'archipel a accédé au statut de territoire d'outre-mer en 1961. La loi du 29 juillet 1961 « garantit aux populations du territoire le libre exercice de leur religion, ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes tant qu'elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit ».

Depuis la révision constitutionnelle de 2003, qui abandonne le concept général de territoire d'outre-mer, Wallis et Futuna est une collectivité d'outre-mer disposant d'une assez large autonomie au sein de la République française, un système politique propre et original, et proche de celui en vigueur en Nouvelle-Calédonie, où le droit français côtoie le droit coutumier local.

Sur le plan administratif, les archipels sont divisés en cinq circonscriptions électorales, reprenant le découpage des 3 royaumes et des trois districts coutumiers du royaume wallisien d'Uvéa, qui élisent au suffrage universel 20 représentants à l'Assemblée territoriale de Wallis et Futuna qui désignent alors parmi eux une commission permanente composée de 2 représentants de Wallis et 2 représentants de Futuna (un pour chacun de ses royaumes). Toutefois, l'Assemblée territoriale a un rôle limité en matière de droit civil et de gestion du budget territorial, ses décisions nécessitant l'approbation de l'administrateur supérieur représentant la France.

Par ailleurs, l'Assemblée territoriale doit approuver les 3 membres du Conseil territorial nommés par l'administrateur supérieur (qui préside ce conseil), les 3 autres membres du conseil étant les rois traditionnels (tous vice-présidents du conseil). En pratique, ce conseil n'a qu'un rôle consultatif sur la gestion locale exercée surtout par les chefs de village, dans la hiérarchie coutumière, et l'administrateur supérieur.

Le territoire est représenté à l'Assemblée nationale par un député (élu au suffrage universel), actuellement Albert Likuvalu (apparenté au groupe SRC et chef du PS local) et au Sénat par un sénateur (élu indirectement par les représentants locaux siégeant à l'Assemblée territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie coutumière des chefs de districts et de villages), actuellement Robert Laufoaulu (apparenté au groupe UMP).

Sur le plan éducatif, le territoire a le statut de vice-rectorat[6]. Toutefois, l'enseignement primaire est totalement concédé par l'État, dans le cadre d'une mission de service public, au diocèse catholique de Wallis et Futuna au travers d'une convention où l'État finance l'ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des rois qui définit l'usage foncier. A noter l'existence de l'University de Wallis[7] qui n'est en aucun cas un établissement d'enseignement superieur, mais une officine qui vend des diplômes sans aucune reconnaissance, affiliée au prétendu collège Robert de Sorbon.

Jurisprudence

Tribunal administratif de Mata-Utu, 12 mars 2007, n° 06-01, Halagahu (conclusions Briseul à l'AJDA n°22/2007, 18 juin 2007, pp. 1184-1189): l'article 3 de la loi du 29 juillet 1961, « qui a notamment pour effet d'interdire toute immixtion des institutions de la République dans le fonctionnement des institutions coutumières, ne donne compétence à aucune autorité administrative, qu'elle agisse au nom de l'État ou du territoire, pour connaître des questions coutumières, notamment en intervenant dans la désignation des autorités coutumières et traditionnelles par des actes qui, contrairement aux termes qu'ils emploient, ne se bornent pas à constater l'accomplissement de procédures coutumières de nomination ou de destitution, auquel cas ils seraient superfétatoires, mais comportent par eux-mêmes un tel effet et entraînent en outre des conséquences d'ordre pécuniaire dès lors qu'il conditionnent le bénéfice de diverses indemnités imputées sur les budgets de l'État, du territoire, et de la circonscription territoriale »

Crise politique de 2005

En 2005, le territoire fait parler de lui à la suite d'une crise politique ayant eu lieu à Wallis. La crise débute quand le petit-fils du roi Tomasi Kulimoetoke II d'Uvéa (en place depuis 46 ans) est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d'ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d'abord aux demandes d'arrestation de son petit-fils. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l'économie du territoire dépend des aides de l'État et l'administration emploie de nombreuses personnes).

Une partie des chefs de village décident alors d'introniser un nouveau roi et recherchent la reconnaissance de l'administrateur français Xavier de Fürst, qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant les griefs de ces chefs coutumiers. Mais, à l'approche de la cérémonie d'intronisation, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à l'affrontement avec les partisans du roi, qui occupent l'aéroport et édifient des barrages. La situation s'arrange finalement grâce à l'intervention d'un médiateur français qui reconnaît l'autorité du roi. La cérémonie d'intronisation est alors annulée.

Toutefois l'affaire laisse des traces et juin 2006, les tensions peuvent encore se faire sentir au sein de la population locale avec quelques incidents ponctuels dans le district du nord, Hihifo. Des palabres de réconciliation sont toujours en cours entre les deux chefferies.

Le 12 mars 2007, le Tribunal administratif de Mata'utu a examiné une cinquantaine de recours qui avaient été présentés par le royaume d'Uvéa pour annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst (en).

Le Tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises par M. de Fürst et condamné l'État français à verser des indemnités à la Circonscription territoriale d'Uvéa (ce qui correspond à l'entité coutumière du royaume d'Uvéa) et aux membres de la chefferie du Lavelua  (en).

Les incidents sur l'île, mêlant droit coutumier et instances républicaines, continuent lorsque le roi Kapeliele Faupala et ses partisans s'emparent d'EEWF (Électricité et Eau de Wallis et Futuna), une filiale de GDF-Suez. Cette action[8] a pour origine le licenciement d'un employé d'EEWF et a eu pour principale conséquence des coupures d'approvisionnement en eau et électricité pendant plusieurs jours en juillet 2010[9].

Économie

La population très pauvre n'a majoritairement pas accès à l'économie monétaire (70% des actifs), et près de 70% des autres travaillant pour l'administration publique locale. Moins de 1 000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou privées (notamment l'artisanat de la nacre destiné à l'exportation et issu de la pêche de coquillages).

Depuis 1976, l'emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400 emplois publics pour 4000 actifs à plus de 1 070 sur 1 800 emplois. Si plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il n'y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi ce chômage important est compensé par le système de partage communautaire qui est la seule satisfaction des besoins élémentaires d'équipement puisque l'acquisition d'une propriété n'est pas pratiquée sur ces îles où la propriété est essentiellement collective. Ainsi, la plus grande partie de l'activité n'est pas monétisée.

Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique aussi que l'île voisine d'Alofi n'est pas habitée. Cette carence ne permet qu'une économie essentiellement rurale axée sur la pêche lagonaire artisanale et l'agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels, l'environnement régional étant encore plus démuni qu'elles. Un exemple de retard de Futuna est que la télévision n'y est arrivée que le 24 décembre 1994.

La dangerosité et les difficultés d'accès maritime aux îles, liées à leur environnement naturel dangereux, l'absence de port en eaux profondes combinée à l'éloignement des grandes routes commerciales avec les pays plus riches comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître le coût des importations de produits manufacturés) ou même l'insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement touristique contraignent ces îles à un développement difficile et nécessitant un apport constant de capitaux publics.

Une partie des recettes publiques est constituée par la taxe annuelle forfaitaire sur des sociétés extraterritoriales, qui n'ont aucune activité sur le Territoire de Wallis et Futuna, appelées aussi sociétés "offshore". Il n'est pas certain que ces recettes perdurent. En effet les niches fiscales étant remises en cause, ces sociétés ont de manière certaine un caractère délictueux, du fait qu'il s'agit de sociétés fictives ou société écran (coquille vide) dont le seul but est de frauder l'impôt et les taxes en France ou dans d'autres pays. Il faut rappeler que le code pénal et le code de commerce sont applicables à Wallis et Futuna, la résultante de cette applicabilité constitue les délits de blanchiment, d'abus de biens sociaux et de recel d'abus de biens sociaux.

Toujours dans le même registre de sociétés fictives, Wallis et Futuna est spécialisé dans les pavillons de complaisance. L'immatriculation de navires marchands dans des paradis fiscaux "spécialisés" aux travers de sociétés fictives, permet d'échapper (de manière illégale) aux obligations sociales et fiscales des États, d'où les mises en garde de l'ONU et OCD et autres organismes de régulation internationale.

Le tourisme sur l'île de Wallis est faiblement développé avec seulement quatre établissements hôteliers offrant 44 chambres et 3 bungalows. Il existe quelques restaurants à Mata-Utu ainsi qu'un supermarché. Les produits frais tels que la viande arrivent essentiellement par transport aérien de Nouméa[10]. Certaines activités ne sont disponibles que par le biais d'associations locales (tennis, plongée sous-marine, ULM,...)[11]. L'île de Futuna ne dispose que de deux hôtels offrant 11 chambres[12].

Il n'y a sur le territoire qu'une seule banque, la Banque de Wallis et Futuna ; la BWF est une filiale de BNP Paribas. Le Trésor public n'ouvre plus de comptes et La Poste n'y a pas de services financiers. La banque sur Futuna n'est ouverte que deux jours par mois[12].

Le service des postes et télécommunication de Wallis-et-Futuna a une activité d'émission de timbres qui peut intéresser les philatélistes[13].

Démographie

En 2008, on compte 13 445 habitants à Wallis et Futuna dont 4 238 à Futuna (31,52%) et 9 207 à Wallis (68,47%). Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, la population de cette collectivité décroit par rapport au recensement précédent (2003) qui comptait 14 944 habitants[2]. Pendant cette période intercensitaire, la population a reculé de 10 % (-8,6 % à Wallis et -13% à Futuna). L'île d'Alofi, voisine de Futuna, n'est pas habitée. Tous les districts furent touchés par une décroissance démographique.

La plupart des habitants sont d'origine polynésienne (97,3%). On compte aussi quelques habitants d'origine européenne. La quasi totalité est de confession catholique.

1969 1976 1983 1990 1996 2003 2008
8 546 9 192 12 408 13 705 14 166 14 944 13 445
Chiffres officiels des derniers recensements[14].

Émigration

L'accroissement naturel de Wallis et Futuna ne compense plus son émigration.[réf. nécessaire]

De nombreux habitants quittent les îles, si bien qu'il y a plus de Wallisiens et de Futuniens à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (17 763 personnes) que sur les îles. Certains résident aussi en France métropolitaine (beaucoup comme joueurs de rugby) et en Polynésie française.[réf. souhaitée]

Culture

Drapeau non-officiel de Wallis et Futuna.
Article détaillé : Musique polynésienne.

Notes et références

  1. Le français a valeur de langue officielle.
  2. a et b Dossier statistique de l'INSEE sur le recensement de Wallis et Futuna en 2008
  3. Comporte des traits d'union comme Corse-du-Sud malgré les erreurs de typographie[réf. nécessaire] qui figurent : (fr) L'Outre-mer - Wallis et Futuna. Consulté le 12 janvier 2011
  4. (fr) Commission nationale de toponymie, conseil national de l'information géographique, Pays indépendants et capitales du monde : Entités géopolitiques dépendantes au 01.06.2006, 24 avril 2006, 10 p. [lire en ligne], p. 6 
  5. IGN magazine, n° 54, juillet-août 2009, p. 8. Lire en ligne [PDF]
  6. http://www.ac-wf.wf/
  7. University de Wallis®
  8. http://www.rue89.com/2010/08/06/wallis-et-futuna-un-roi-sempare-de-la-filiale-de-gdf-suez-161269
  9. http://www.lnc.nc/pacifique/wallis-et-futuna/229056-wallis-senfonce-dans-la-crise.html
  10. http://www.wallis.southpacific.org/islands/wallisbasics.html
  11. http://www.adsupwf.org/wallis-et-futuna/economie.html
  12. a et b http://www.wallis.southpacific.org/islands/futunabasics.html
  13. http://www.spt.wf/philatelie/7-DSY.html
  14. Les populations des circonscriptions du territoire des îles Wallis et Futuna, www.insee.fr

Annexes

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Bibliographie

  • Odon Abbal et Marc Soulé, « Violences futuniennes », in Frédéric Angleviel (sous la dir. de), Violences océaniennes, L'Harmattan, 2004
  • Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à 'Uvea (Wallis), L'Harmattan, 2004
  • Frimigacci, Bernard Vienne, Aux temps de la terre noire- ethnoarchéologie des îles Futuna et Alofi, 1990.
  • Daniel Frimigacci, Muni Keletaona, Claire Moyse Faurie, Bernard Vienne, Ko Le Fonu Tu'a Limulimua =- La tortue au dos moussu : textes de tradition orale de Futuna, 1995.
  • Eric Rau, La vie juridique des indigènes des Iles Wallis [1935] réédition l'Harmattan (préface Régis Lafargue), Paris, 2007.

Liens externes



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Wallis-et-Futuna de Wikipédia en français (auteurs)

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