Viticulture en France


Viticulture en France
Les principaux vignobles de France.

La viticulture en France trouve ses sources à l'époque de la colonisation grecque. La France étant l'un des pays de l'héritage latin, le vin fait partie intégrante de sa culture. La façon dont la culture française s'est investie dans l'élaboration de ses vins lui a même valu la réputation internationale d'être « le pays du vin ». Cependant la qualité d'un vin est partiellement subjective (relevant du goût), de plus l'Espagne et l'Italie rivalisent tous les ans avec la France pour ce qui est de la production de vin par an bien que quantité ne rime pas forcément avec qualité.

L'INAO recense officiellement en mai 2011 3 420 produits (vins) différents, produits regroupés en 1 434 dénominations, chacune d'elles appartenant à son tour à l'une des 460 appellations et indications (293 AOC, 16 AOVDQS et 151 IGP)[1]. En 2010, la France est le premier producteur mondial de vin devant l'Italie et l'Espagne[2], et le troisième exportateur mondial[3].

Sommaire

Histoire

Les premiers comptoirs grecs établis sur les rivages méridionaux de ce qu'aujourd'hui est la France furent fondés entre le VIIe et le VIe siècles av. J.‑C. par les Grecs phocéens, qui y apportèrent la culture de la vigne et du vin. Plus tard les Romains commencèrent à étendre la production et la consommation de vin à l'ensemble du territoire de la Gaule dès leur arrivée (Ier siècle av. J.‑C.) jusqu'aux derniers siècles de l'Antiquité. Au cours du Moyen Âge le paysage viti-vinicole français évolua et subit de profondes modifications, par exemple en Bretagne et en Normandie où la noblesse, séduite par le cidre importé du Pays basque par voie maritime, arracha entièrement ses vignes en les remplaçant par des pommiers. Dans les siècles qui suivirent, les vignobles français dessinaient peu à peu le paysage qui leur est actuellement connu : le Champenois produisait essentiellement des vins mousseux dès le XVIIe siècle, le Bergeracois découvrit la botrytisation, Napoléon III établit la Classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, le vignoble euskadien survécut à l'épidémie de phylloxéra de 1863, la loi d'août 1905 établit le système d'appellations, etc.

Terroirs

Carte des vins de France en 1905

Le nom du terroir dont le vin est issu est indiqué sur l'étiquette de la bouteille.

Le terroir viticole est une notion qui permet de reconnaître à chaque vin une personnalité de par les cépages utilisés, de par les terrains sur lesquels les vignes poussent, de par les microclimats dont ils profitent, de par le savoir-faire des vignerons qui le cultivent, le vinifient et l'élèvent, et même de choses qui paraissent insignifiantes comme la qualité de la cave ou celle des tonneaux de chêne.

En Bourgogne, le terroir, nommé « climat », est souvent délimité par les parcelles bien identifiées au cadastre et par des murets. Il en existe des centaines portant le nom des parcelles, on notera 34 « grands crus » et 562 « premiers crus ».

Dans le Bordelais, les terroirs portent le nom du propriétaire et l'étiquette ne cite que le nom du château et son classement en « premiers crus classés » établi en 1855.

Pour les vins classés en AOC, la mention « élevé en fût de chêne » indique une technique d'élevage qui permet d'apporter au vin un goût de boisé. La mention « vieilles vignes » indique un vin fait avec des raisins récoltés sur des vignes anciennes (parfois plus de quarante ou cinquante ans), qui présente en général une complexité aromatique intéressante et davantage de douceur ou de fruité (on fait par exemple ainsi le banyuls, ou le chablis vieilles vignes qui, contrairement à l'appellation principale, s'accorde avec le foie gras).

Les grands terroirs

Les terroirs de petite taille

Les terroirs disparus

Appellations

Le système d'appellations visant à protéger les produits agricoles (dont le vin) fut d'abord établi en France par la loi du 1er août 1905. Les autres pays du reste du monde commencèrent alors à l'imiter.

La France faisant partie de l'Union européenne, la classification de ses vins d'appellation doit s'harmoniser avec celle de l'UE qui distingue deux appellations :

Les vins français sont donc d'abord classés dans l'une de ces deux catégories. L'organisme responsable du contrôle des appellations est l'INAO, sous tutelle du Ministère de l'agriculture et de la pêche. La classification française est la suivante :

  • vins de table :
    • vin de table des pays de l'Union européenne : le moût d'origine est un mélange provenant de différents pays de l'Union
    • vin de table de France : les raisins proviennent de France exclusivement
    • vins de pays (ils sont effectivement dans la catégorie des vins de table)
      • vin de pays départemental : produit dans un département, comme le vin de pays de l'Aude
      • vin de pays local : ou « de zone », produit dans un territoire plus restreint que le département : un lieu-dit, des coteaux...
      • vin de pays régional : produit dans une « région » au sens non-administratif, comme les vins de pays d'Oc

Il y a en plus, chez les AOC, un système interne qui distingue entre « crus », « climats », « premiers crus » ou autres désignations, mais il diffère selon la région. Les bourgognes connaissent, par exemple, des « premiers crus ». Chez les bordeaux la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855 a été conservée et une liste différente d'échelons et de catégories a été établie.

Pour être reconnue, une appellation doit remplir des critères et des restrictions (limitation de la production ou du territoire, identité régionale liée au climat, aux cépages ou au sol, limitation de la teneur en sucre arrivé à un certain degré d'alcoolisation, etc.). Le seul critère pour les vins de table est d'être aptes à la consommation. Quand elle remplit ces critères une appellation qui a été demandée par les producteurs régionaux est alors établie par arrêté ou par décret par la réunion des comités régionaux de l'INAO. L'officialisation de l'appellation est alors publiée dans le Journal officiel.

Article détaillé : liste des vins AOC français.

Réglementation française

Le choix des cépages pour la production de vin de table n'est plus libre en France depuis la parution en 1953 d'un décret portant sur l'orientation de la production viticole.

En 1955 les cépages furent classés en trois catégories :

  • cépages recommandés ;
  • cépages autorisés ;
  • cépages tolérés.

Depuis 1970, la réglementation communautaire ne reconnaît que deux catégories : les cépages recommandés, issus de cultivars de Vitis vinifera adaptées à leur zone de culture, et les cépages autorisés, dont la culture n'est pas souhaitable (il est pratiqué un abattement des surfaces de 30 % en cas de replantation en cépage autorisé).

À noter qu'il existe aussi des cépages interdits, ne figurant pas dans le cahier des charges des appellations : le clinton, l'herbemont, l'isabelle, le jacquez, le noah et l'othello.

Le choix des cépages est très strictement réglementé pour les appellations d'origine contrôlée, et plus libre pour les vins de pays.

Selon les vignobles, les cépages peuvent être vinifiés seuls (vins mono-cépages) ou mélangés (vins d'assemblage). L'Alsace et la Bourgogne sont par exemple des vignobles traditionnels de vins mono-cépages alors que le châteauneuf-du-pape est l'illustration la plus flagrante du concept d'assemblage (jusqu'à treize cépages différents sont autorisés). Dans un même vignoble, les deux pratiques peuvent coexister : ainsi à Bordeaux, les médoc résultent souvent d'assemblage, alors que les saint-émilion et pomerol sont fréquemment de purs merlot.

Ces pratiques de vinification ne sont pas à confondre avec la notion récente de vins de cépages, qui correspond à des vins de pays mono-cépages dans lesquels est recherchée l'expression du cépage sans interférence du terroir : par exemple un château-grillet est un cru prestigieux élaboré à partir du seul cépage viognier sur le terroir de Château-Grillet, au sein de l'appellation du condrieu, tandis qu'un vin de pays de la Drôme viognier est un vin de cépage, dans lequel le consommateur s'attend à retrouver les caractéristiques du cépage viognier et elles seules.

Réforme de la filière viti-vinicole française

Le consommateur européen est devenu au cours des années, plus exigeant, plus sélectif, plus regardant sur la qualité et curieux des vins d'autres contrées. En France, la consommation moyenne a régressé de près de 10 % de l'an 2000 à 2005(référence ?).

En juillet 2004, le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard a lancé la réforme de filière viti-vinicole française en recevant les représentants des organisations professionnelles qui siègent au conseil de l'Onivins (Office national interprofessionnel des vins). Il s'agit de sortir d'une des plus grandes crises que le secteur ait connue de son histoire (la plus grave restant la crise phylloxérique qui a vu disparaître certains vignobles entiers), car pas une région n'échappe à la chute dramatique des ventes et aux faillites en nombre.

Trois causes sont responsables de la situation actuelle, une baisse constante de la consommation aux plans mondial et national (la France restant le premier pays consommateur au monde), la concurrence des vins étrangers, renforcée par un euro trop fort, mais également une complexité extrême de la production française et son inadéquation aux marchés étrangers. Pour mémoire il y a environ 160 vins de Pays et environ 453 vins AOC à dénomination dont à peu près 340 sont des AOC stricto senso. Le pire peut côtoyer le meilleur et les consommateurs sont décontenancés devant les étiquettes des vins français et leur classement entre les vins de table, les trois dénominations de vins de pays (départementale, de zone et régionale : il n'y a en fait que des vins de pays de département et des vins de pays de zone, mais il y a des grandes zones qui se superposent avec des petites, par exemple les vins de pays d'Oc ou les vins de pays de Portes de Méditerranée), les AOVDQS, les AOC et les crus.

Article détaillé : liste des vins AOC français.

René Renou, président du comité des vins et spiritueux de l'INAO, chargé des AOC et auteur d'un projet de réforme radical, annonce: « Si nous ne faisons pas le ménage nous-mêmes, le marché le fera à notre place (...). Le consommateur ne s'y retrouve pas, il faut regagner sa confiance et produire toujours de meilleurs vins ». Les exportations ont chuté de 3 % en 2003 et au premier trimestre 2004, elles enregistrent une baisse de 7 % en valeur et de 4,6 % en volume, par rapport au premier trimestre 2003.

La nouvelle organisation proposée s'articule autour de deux grands groupes de produits:

  • Ceux dont l'offre est bâtie sur le terroir et la typicité, comme les AOC (« marketing de l'offre »).
  • Ceux capables de répondre aux attentes de chaque catégorie de consommateurs et à même de s'adapter aux exigences des marchés internationaux (« marketing de la demande »), ceux où la concurrence est la plus dure, et où l'on va proposer des vins identifiables par leur cépage ou par leur marque, et qui pourront avoir accès à de nouvelles technologies, comme celle de l'utilisation des copeaux de bois, etc. Il s'agit notamment de la mention "Vin de France" [4] qui peut contenir aussi bien des vins mono-cépages que des vins d'assemblage, mais sans indication d'origine géographique : on parle alors de vins "Sans Indication Géographique" ou SIG. La mention Vin de France est représentée par L'Anivin de France, interprofessionnelle nationale qui a remplacé l'interprofession des vins de tables le 6 avril 2009[5].

Un livre blanc de la viticulture française a été présenté à l'Assemblée nationale. Le texte est disponible sur le site de la Documentation française[6].

La production française

En France, 2,1 % des zones cultivées étaient consacrées à la viticulture en 2006[7]. Celle-ci consommaient 20 % des pesticides utilisés en France.

La France produit 20% du vin de la planète [8] et reste le premier producteur mondial en 2010 avec 44,75 millions d'hectolitres [9] mais chaque année voit la production baisser dans des proportions variant entre 2 et 5% [10]

Les exportations de vin français représentaient 15.2 millions d'hectolitres en 2006-2007 pour 6,7 milliards d'euros. Principaux clients en volume, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Belgique. En valeur, en revanche, les États-Unis (1,08 milliards d'euros) talonnaient le Royaume-Uni (1.43 milliards d'euros)[11]. Cependant 2008 et 2009 ont connu une baisse importante (-16% sur le premier trimestre 2009)[12] Résultat, en 2010 le montant des exportations ne représentait plus que 6,2 milliards d'euros[8], le secteur des vins et spiritueux restant néanmoins le second secteur d'exportation bénéficiaire en France derrière l'aéronautique.

La consommation française

La consommation de vin par les Français a été divisée par un peu moins de la moitié en quarante ans, passant de 140 litres par habitant en 1960 à 80 litres en 1999. Cependant si la consommation a baissé en quantité, elle a beaucoup augmenté en qualité.

La consommation de vin en France est liée à un phénomène que les Anglo-saxons ont appelé french paradox (le paradoxe français): les Français sont les plus gros consommateurs de vin dans le monde et ils ont pourtant l'un des taux d'infarctus du myocarde les plus bas. Une explication rationnelle de ce phénomène serait, entre autres, que le vin rouge contient un antioxydant, le resvératrol, capable de protéger les artères.

Quelques données sur le vignoble français

Cartes de vignobles

Prix des vignobles

En 2006, le prix moyen d'un hectare de vigne en France était de 86 000 euros.[réf. nécessaire]

La cotation des millésimes

Cru 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
Alsace *** * ** *** * *** ** *** ** *  ?  ?  ?
Bordeaux rouge *** * * ** ** *** *** * *** **  ?  ?  ?
Bordeaux blanc **** * * * ** ** ** *** ** *  ?  ?  ?
Bourgogne rouge *** ** ** *** ** *** *** ** ** ***  ?  ?  ?
Bourgogne blanc *** ** *** *** *** *** *** ** ** *  ?  ?  ?
Champagne *** * ** * * ** *** * ** *  ?  ?  ?
vallée du Rhône *** ** ** * ** ** *** ** ** **  ?  ?  ?
Jura *** ** * ** ** ** ** **  ?  ?  ?  ?  ?
Languedoc-Roussillon *** ** * ** * ** *** * *** **  ?  ?  ?
vallée de la Loire *** * * ** ** ** *** *** ** **  ?  ?  ?
Provence *** ** * ** * ** *** *  ?  ?  ?  ?  ?

Les cépages cultivés en France

La législation française possède une « liste des variétés de vigne inscrites au catalogue officiel »[13]. Cette liste répertorie les cépages autorisés à la culture commerciale. Elle est séparée entre raisins de cuve et raisin de table.

Cépages de cuve

Cépages blancs

Cépages noirs

source : ONIVINS, statistique 2010[14].

Cépages de table

Divers

  • Le glossaire de la viticulture
  • La greffe en oméga, d'origine japonaise, a changé radicalement la pratique des greffes: avec le procédé en oméga, qui découpe greffon et support selon une courbe ayant l'allure de cette lettre majuscule grecque, il est devenu quasi impossible qu'une greffe ne prenne pas.
  • À la fin du XIXe siècle la catastrophe du phylloxéra (un puceron) menaça de rayer de la carte les vignobles européens. La solution fut de greffer les cépages français sur des porte-greffes américains résistants. Le phylloxéra a épargné une petite partie du vignoble du Languedoc car les sols sableux empêchent le déplacement de la forme souterraine du phylloxéra[15]. Pour les mêmes raisons, une partie du vignoble des Landes aurait été épargné.

Références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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