Sous le ciel de paris (film)

Sous le ciel de paris (film)

Sous le ciel de Paris (film)

Sous le ciel de Paris
Image associée au film
Sous le ciel de Paris coule la Seine…

Titre original Sous le ciel de Paris coule la Seine
Réalisation Julien Duvivier
Acteurs principaux Brigitte Auber (Denise Lambert)
Sylvie (Mademoiselle Perrier)
Paul Frankeur (Milou)
Daniel Ivernel (Georges Forestier)
Scénario Julien Duvivier
Dialogues René Lefèvre
Musique Jean Wiener
Décors René Moulaert
Costumes Christian Dior
Photographie Nicolas Hayer
Montage André Gaudier
Production Pierre O'Connell
Arys Nissotti
Société de production Regina Films
Filmsonor
Société de distribution Filmsonor
Format Noir et blanc
1.33:1
Monophonique (Western Electric Sound System)
35 mm
Genre Comédie dramatique
Durée 105 min
Sortie 28 mars 1951 France France
Langue(s) originale(s) français
Pays d’origine France France

Sous le ciel de Paris est un film français réalisé par Julien Duvivier en 1950 et sorti en 1951.

Sommaire

Synopsis

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

Sous le ciel de Paris, durant une journée, nous assistons aux grands et petits évènements qui se produisent dans la vie de quelques personnes dont les destins vont s’interférer. Ainsi, une pauvre vieille demoiselle, après avoir cherché, en vain, toute la journée de quoi nourrir ses chats, reçoit la récompense inespérée d’une mère qui, grâce à elle, a retrouvé le soir sa petite fille égarée depuis le matin. Une jeune fille, rêvant au grand amour, refuse celui de son ami d’enfance pour finir sous les coups de couteau d’un sculpteur sadique. Ce dernier est abattu par un policier qui a accidentellement blessé un ouvrier qui rentrait chez lui après l'heureuse issue d'un mouvement de grève. Hospitalisé d'urgence, le blessé est sauvé grâce à la première opération à cœur ouvert pratiquée par un jeune chirurgien qui vient d'être recalé à son examen d'internat… Sous le ciel de Paris, tout finit comme le dit la chanson :

Mais le ciel de Paris
N'est pas longtemps cruel
Pour se faire pardonner
Il offre un arc-en-ciel…

Thèmes et contexte

Le film foisonne de tellement d’idées et d’innovations que, paradoxalement, cela semble l’avoir desservi. À vouloir montrer les multiples facettes de la capitale en recourant à une multitude d’expressions filmiques, Julien Duvivier provoque un flot trop frénétique d’images. Les commentaires écrits par Henri Jeanson et dits par François Perrier en voix off servent de fil rouge en même temps que l'on entend tourner la roue du Destin avec le bruit de celui de la roulette des jeux de hasard. Ces chroniques urbaines, tantôt poétiques, humoristiques, lyriques, gouailleuses et acerbes tentent, vainement, de lier les multiples aspects de la Ville lumière. Duvivier va du reportage artistique (Christian Dior, la haute couture, la mode) jusqu’au documentaire social et médical (l’occupation de l’usine par les ouvriers, la vie à l’Hôtel-Dieu) en passant par la narration fictive. En même temps, il utilise différents styles esthétiques : images lumineuses pour les scènes au Palais de Chaillot, aux Tuileries, sur la Seine et ses quais, grisaille pour les séquences ouvrières, clair-obscur pour les séquences nocturnes. Le spectateur est abasourdi par la virtuosité et l’avant-gardisme de Duvivier qui a tout inventé bien avant la Nouvelle Vague. Le film se déroule presque totalement en extérieurs. Caméra au poing, 26 ans avant Claude Lelouch (C'était un rendez-vous, 1976), le réalisateur déboule à toute vitesse en voiture écartant devant elle la circulation (fluide à l'époque) des rues pour rallier l’hôpital en temps record. On s’essouffle à courir d’un quartier à l’autre : du Champ-de-Mars en passant par Chaillot, Mouffetard, Le Marais, les Champs-Élysées, le village (disparu) de Bercy, Ménilmontant (hommage à Charles Trenet), les Invalides, Montmartre. Le spectateur ne sait plus où donner de la tête et a des difficultés à adhérer à chacun des sketches qui auraient pu faire l’objet d’un film spécifique. Mademoiselle Perrier et ses chats : Sylvie, incarnation de la solitude en pleine ville, aussi grande que la Tour Eiffel, aussi minuscule qu’une fourmi sur l’immense esplanade des Invalides. Denise, provinciale naïve et romantique éperdue, subjuguée et finalement foudroyée par la fulgurance des beautés et des dangers de la Ville (Brigitte Auber). La fillette fugueuse et son petit copain hâbleur, vrai titi, copie conforme de Gavroche, partent à l’aventure sur la Seine suivant la thématique du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud (poète qu'affectionnait Duvivier). Les deux gamins « voient », éblouis, avec leurs yeux innocents, les contrées invisibles et mystérieuses qui bordent le fleuve. Le cœur de l’ouvrier, symbole du cœur populaire de Paris (qui, selon Duvivier, doit survivre coûte que coûte) est amoureusement ramené à la vie par l’un des anges-gardiens de la capitale (le médecin Daniel Ivernel). La Seine, artère palpitante du corps de la Ville, draine vie (les enfants en canot) et mort (le cadavre dérivant). En même temps, Duvivier, documentariste et témoin de son temps, nous ramène à nos préoccupations écologistes actuelles : en 1950, les Parisiens se baignent et pêchent dans la Seine. On plonge depuis les quais du Louvre, on pique-nique sur les quais rive gauche (le bistrotier Paul Frankeur et sa famille) où Duvivier filme sa séquence d’anthologie : le chanteur Jean Bretonnière entonne avec ferveur, pour la postérité, pour la résistance du peuple de Paris, l’immortelle chanson Sous le ciel de Paris (juste avant l’apparition d’un déploiement répressif des forces de l’ordre, frais stigmates de l’occupation allemande). On comprend alors que l’autre chanson du film est de trop : Cœur de Paris, interprétée de façon guindée par André Claveau, arrive comme un cheveu sur la soupe en épilogue du film (et elle sera rapidement oubliée). Tout cela vient expliquer que c’est la chanson éponyme qui passera à la postérité et non le film sursaturé d’un réalisateur majeur du cinéma.

Fiche technique

Distribution

Répliques

Si René Lefèvre est crédité comme dialoguiste, nul doute que l’auteur des commentaires, Henri Jeanson, y est aussi allé de sa plume. On entend, à plusieurs reprises, des réparties qui ne sont pas sans rappeler quelques célèbres répliques entre Arletty et Louis Jouvet dans Hôtel du Nord de Marcel Carné (1938). Exemple :
Mathias, le sculpteur fou, qui danse avec Mado au bal en croyant faire la rencontre romantique de sa vie, ne distinguant pas que c’est une prostituée :
— Mathias : Voilà ce qui me plaît en vous, c’est cette sorte de poésie brutale…
— Mado : Mais je suis pas brutale, j’en ai peut-être l’air mais je ne le suis pas, au contraire…
— Mathias : Vous voulez rester avec moi, ce soir ?
— Mado : Pourquoi pas, si vous y mettez le prix…
— Mathias (tombant des nues en réalisant qui elle est) : Ce qui me gêne, c’est pas tellement que vous fassiez ce métier, mais c’est la manière dont vous le faites, qui est ignoble !
— Mado : Non, mais dites-donc vous, c’est pas parce que vous êtes fauché qu’il faut engueuler le monde ! Il râle parce que je lui ai dit qu’il avait une mauvaise mine, mais si j’avais pas été polie, j’y aurais dit qu’il avait une sale gueule ! Non, mais tu te rends compte, j’y en foutrais, moi, de la poésie brutale !

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