Sans-domicile fixes


Sans-domicile fixes

Sans domicile fixe

Un SDF à Paris
Une SDF à Washington

Un sans domicile fixe (SDF) est, dans le langage courant, une personne qui dort dans la rue ou dans des foyers d'accueil. On parle aussi de sans abri ou d'itinérant. Le mot clochard a tendance à tomber en désuétude à cause de sa connotation péjorative (« la Cloche » désigne parfois l'ensemble des clochards) [réf. nécessaire]. Juridiquement, une personne n'ayant pas de domicile fixe n'est pas forcément un « clochard » ou un « sans-abri », mais quelqu'un qui doit se doter d'un livret ou carnet de circulation. A noter que toute personne de nationalité française, même non locataire ni propriétaire (par ex. un squatter) a le droit d'obtenir une carte d'identité.

SDF est le nouveau nom en France depuis le milieu des années 1980 [réf. nécessaire]; ce nom succède à la notion de vagabond, ou chemineau (celui qui « fait le chemin »), si présent dans la vie en France au XIXe siècle. Les sans-abri sont souvent dits en situation d'exclusion sociale, bien que ce terme prête à débats. Beaucoup de sans-abri travaillent (CDDs ou intérim) et peuvent donc difficilement être qualifiés de « marginaux ».

Le terme SDF vient de la terminologie policière. Mentions notée dans les formulaires en lieux et place de l'adresse de la personne contrôlée. A l'origine il pouvait aussi s'agir d'une personne habitant "chez des amis" ou en transit.

Sommaire

Statistiques du sans-abrisme

France

Les statistiques que nous fournissons concernent essentiellement Paris qui est la ville de France la plus touchée par le sans-abrisme avec un peu plus de 8 000 SDF. On comptait environ 100 000 SDF en France en 2007.

Article détaillé : Sans domicile fixe en France.

Québec

États-Unis

Article détaillé : hobo.

Le phénomène des sans domicile fixe aux États-unis recouvre une réalité différente et complémentaire à celle rencontrée en Europe. Outre les sans domicile fixe économiques et "sédentaires" (appelés homeless), les hobos sont des travailleurs qui se déplacent de ville en ville et se différencient par le fait des premiers. Les hobos font partie de la culture américaine, entourés d'un certain romantisme dans l'appréciation qui est faite de ces itinérants. Aujourd'hui encore, certaines personnes choisissent de vivre la vie de Hobo. Certaines personnes ayant vécu la vie de hobo sont célèbres comme par exemple John Steinbeck, Jack London, George Orwell ou encore Robert Mitchum.

Interprétation des statistiques et des caractéristiques du sans-abrisme

Il est possible de noter une multitude de signes avant-coureurs au fait retrouver à la rue, cela permettant par la suite de tirer un profil statistique des sans-abris. Étant donné que toutes les sociétés modernes se trouvent confrontées à de tels problèmes, on comprend mieux que le sans-abrisme soit mondial. Le fait de rencontrer ces problèmes n'est pas nécessairement un signe de déchéance inexorable se soldant par le statut de SDF, mais il est par contre possible d'affirmer qu'une majorité de SDF se sont un jour ou l'autre retrouvés dans une telle situation.

Cela dit, il existe des explications volontaristes qui disent que les gens sont dans la rue principalement par choix. Le sans-abrisme est vu comme un style de vie qui est choisi et non imposé. En effet, les individus ont des options et ils sont en partie responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent. Un tel raisonnement sur le volontarisme tient une grande importance en politique et ce, en partie parce que cela exempte les hommes politiques, les structures politiques ainsi que les tendances auxquelles ils sont associés, de responsabilités directes vis-à-vis de certains problèmes sociaux auxquels ils sont confrontés. Le phénomène du sans-abrisme est donc, selon eux, une entreprise volontaire. Certains agents de la police urbaine possèdent un point de vue similaire, bien que moins charitable. Ils attribuent la mendicité non pas aux forces sociales, aux problèmes personnels ou à la malchance mais bien à un choix peu réfléchi. Quand on se retourne vers les sans-abri eux-mêmes, on trouve peu de soutien à cette explication volontariste. Ce n’est pas une des raisons les plus fréquemment données pour expliquer pourquoi ils sont dans la rue. Dans cette étude, seulement 6,3 % des sans-abri avec lesquels les auteurs de l’étude ont discuté le sont par choix.

Les groupes

Dans cet univers hostile, des groupes peuvent se former, mais leur cohésion est fragile. En effet, il s’agit plus de rassemblements d’individus que de groupes à proprement parler, étant donné l’absence de réels sentiments d’appartenance. Leur unique élément de stabilité ne viendrait que d’un lieu géographique : une table, un parc, un banc, etc.

La santé

Habitats de sans-abri sous un pont de Paris

Le monde du sans-abri détient également une conception pauvre de la santé. De ce fait, le sans-abri ne peut pas se permettre de tomber malade, étant donné la lutte qu’il mène quotidiennement pour survivre. Elle est également perçue comme dévastatrice, en raison d’une image de soi déjà dévalorisée. Lorsqu’elle est présente, le sans-abri tend à diagnostiquer lui-même son mal afin de garder ne serait-ce qu’un minimum de contrôle sur sa vie et sur lui-même. De nombreux syndromes sont liés à la vie dans la rue. Par ailleurs, le corps sert simplement d’outil pour subvenir aux besoins vitaux et, dans cette optique, doit être fonctionnel. Toutefois, une contradiction apparaît : la priorité n’est souvent pas accordée à la santé, alors que ceci permettrait au corps d’avoir un fonctionnement optimal et de remplir les fonctions nécessaires à la vie dans la rue. L’exemple suivant qui provient d’un texte intitulé Diogène de Horenbeek Bernard (1996), illustre cette problématique. « Un jeune homme qui vivait dans un squat s’était cassé le pied […]. Plâtré aux urgences, il avait du mal à se tenir sur ses jambes. Pour accéder à son squat, il devait monter des escaliers. […] Lassé de ces difficultés, il a retiré son plâtre après 3 jours (la durée d’immobilisation prévue était de 6 semaines). Il a boité longtemps et a toujours refusé une période de repos en maison d’accueil. »

Sur la contradiction évoquée ci-dessus, la priorité pour un SDF est l'estime de soi, de conserver ce qu'il en reste. Ensuite vient le refus du froid puis le refus de la faim. Ensuite vient la sécurité. Puis enfin il envisage la santé . Les priorités de survie d'une personne qui a plus de moyens sont exactement les mêmes mais elle oublie qu'il a déjà satisfait les plus urgentes.

Le soin

Les "Lits Halte Soins Santé" sont des structures d'hébergement temporaires qui s'adressent aux personnes sans domicile fixe, sans distinction de pathologie, quelle que soit leur situation administrative, et dont l'état de santé nécessite une prise en charge sanitaire (hors soins nécessitant une hospitalisation) et un accompagnement social.

La durée de séjour prévisionnelle est fixée à moins de deux mois en accord avec l'avis médical. Les personnes sont prises en charge par une équipe pluridisciplinaire qui assure les soins en continu.

Le décret n° 2006-556 du 17 mai 2006 [1] fixe les conditions d'organisation et de fonctionnement des structures « lits halte soins santé » (LHSS).

L’hygiène

L’importance accordée à l’hygiène varie selon les cas : certains utilisent des douches mises à disposition par des institutions ou des connaissances, alors que d’autres ne se lavent jamais. La plupart du temps, les vêtements ne sont pas entretenus, sont portés de jour comme de nuit et lorsqu’ils sont salis ou abîmés, sont jetés. Cependant, les sans-abri ont la possibilité de laver leurs habits grâce à des machines mises à leur disposition dans les centres d'hébergement. Ils peuvent se procurer des vêtements par l’intermédiaire d’œuvres caritatives qui achètent des vêtements sur leurs fonds propres ou « réutilisent » des habits donnés par ceux qui en ont. L'habillement n'a plus de fonction sociale mais constitue le seul rempart contre les aléas climatiques. Il convient de rappeler que les vêtements peuvent être la source de différents maux, s'ils ne sont pas lavés régulièrement.

L’alimentation

Les sans-abri sont également confrontés au problème de l’alimentation en ce qui concerne la qualité des aliments (dates de péremption dépassées, aliments trop cuits, conservation inadéquate), la diététique (trop de gras et trop de sucre), ainsi que dans l’absence de repas considéré comme événement social.

L’alcool est une substance très présente dans la vie de la rue, tout en étant la drogue la plus dangereuse à long terme.

Mortalité en France

Voir Sans domicile fixe en France.

Sociologie

Emploi et exclusion sociale

On voit souvent les personnes sans domicile fixe comme des personnes désocialisées, totalement exclues de la société. Or, on s'est aperçu au début des années 2000 que c'était loin d'être le cas général.

Une étude faite en 2004 par l'Insee[2] a montré qu'en France :

S'il n'y a pas double appartenance à ces deux catégories (conservation de l'inscription à l'ANPE en même temps que le bénéfice d'un emploi précaire), alors seuls 30 % des SDF en France sont réellement « désocialisés ».

Rectification : Il faut préciser que le mot « désocialisé » implique de ne plus être à même de vivre comme tout le monde et de ne plus pouvoir faire le cas échéant les démarches pour cela. Certains SDF ne sont pas inscrits à l'ANPE et ne cherchent pas d'emploi, non pas par désir de marginalité, mais parce qu'ils considèrent qu'on ne peut pas travailler lorsqu'on n'a pas de logement.

Par ailleurs, la crise du logement et le prix élevé de l'immobilier (en particulier en région parisienne) n'est que l'une des causes expliquant le phénomène des sans-abris. En effet, l'accès au logement, même pour celui qui peut payer, est restreint de nombreuses façons (nécessité d'avoir un garant, de pouvoir démontrer l'existence d'un salaire élevé et assuré, en général fondé sur un CDI, nécessité d'avoir des papiers, etc.) Ces contraintes demeurent considérables, au-delà même du coût du logement en lui-même.

la cloche »

Le phénomène des « grands exclus » est un phénomène social complexe à gérer. Il ne s'agit pas uniquement de pauvreté, mais surtout d'une désocialisation, d'une perte du lien social. En effet, une personne pauvre a en général des amis, de la famille qui peut l'héberger ; si la personne se retrouve dans la rue, c'est qu'elle a coupé ses liens avec ses amis et sa famille, ou l'inverse, ce qui arrive le plus souvent. Cela peut être en raison d'un déracinement (personne née à l'étranger ou ayant longtemps vécu à l'étranger, qu'elle soit de nationalité étrangère ou pas), de problèmes psychiatriques, d'un drame familial, d'un rejet de la part de l'entourage, d'une rupture voulue en raison de sévices subis. Dans un ouvrage récent [5], L. Thelen, chercheur belge ayant travaillé avec des acteurs institutionnels et des ONG d’aide aux personnes sans-logis ainsi qu’«en tant que» sans domicile fixe lui-même, cela en Belgique, en France et au Portugal, met en exergue la violence extrême qu’exerce l’environnement de la rue sur ses usagers principaux. Afin de survivre à ce milieu destructeur, ces derniers sont contraints à se soumettre à toute une série d’adaptations qui, à leur tour, vont encore renforcer la dépendance de l’individu vis-à-vis dudit milieu. Ce véritable cercle vicieux va mener le sans-abri à ce que l'auteur nomme «l’exil de soi», processus de désocialisation à ce point poussé que celui qui en est victime se trouve graduellement dépourvu de tout support social.

En sus d’apporter un certain nombre d’évidences montrant que le sans-abrisme peut conduire aux mêmes extrémités dans des milieux socioculturels très différenciés, cet ouvrage met également en lumière le fait que certaines institutions d’aide sociale, en ne prenant pas suffisamment en compte les contraintes environnementales auxquelles sont soumises les personnes souffrant d’extrême exclusion, participent au renforcement du processus d’exil de soi.

En effet, les personnes sans domicile fixe sont souvent réticentes à dormir dans les foyers : ceux-ci ne présentent pas des garanties de sécurité (notamment en ce qui concerne les vols), ils n'acceptent en général pas ceux qui ont des chiens, ni les couples de SDF.

Les chiens, outre le fait d'être des compagnons fidèles qui ne jugent pas, constituent également un moyen de défense contre l'agression, et empêchent de se faire arrêter par la police ou la gendarmerie lorsque celle-ci ne dispose pas d'un chenil.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Reportages sur l'itinérance au Québec sur le site Müvmedia, réalisés dans les villes de Rivière-du-Loup et de Rimouski
  • Facebook pour Sans abri Biographies de sans abri. Histoires touchantes et réalistes de sans-abri vivant à Montréal. Site Web créé par André Giguère en partenariat avec Les Oeuvres de La Maison du Père.
  • Qui a connu la rue [1]. Un ouvrage qui évoque cette vie à la rue .
  • 100 pour sans [2] Un collectif d'auteurs en faveur des sans, sans abri, sans papiers.


Filmographie

Bibliographie

Références

Ce document provient de « Sans domicile fixe ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Sans-domicile fixes de Wikipédia en français (auteurs)

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