Salle Pleyel


Salle Pleyel
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Salle Pleyel
Salle Pleyel 2.jpg

Type Salle de concerts symphoniques
Lieu 252, rue du faubourg Saint-Honoré
(Paris)
Coordonnées 48° 52′ 37″ Nord
       2° 18′ 04″ Est
/ 48.876994, 2.301036
48° 52′ 37″ N 2° 18′ 04″ E / 48.876994, 2.301036
Architecte(s) Gustave Lyon
Inauguration 18 octobre 1927
Capacité 1913
Gestionnaire Cité Pleyel
Site web www.sallepleyel.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Salle Pleyel
Résidence
Orchestre de Paris
Orchestre philharmonique de Radio France

La salle Pleyel est une salle de concerts symphoniques située dans le VIIIe arrondissement de Paris, 252 Rue du Faubourg-Saint-Honoré, près de la Place des Ternes, et inaugurée en 1927. Depuis septembre 2006, elle accueille en résidence l’orchestre de Paris et l’orchestre philharmonique de Radio France. La Salle Pleyel est gérée par la Cité de la musique depuis 2006 et propriété de cette dernière depuis juin 2009.

De style art déco, elle est généralement considérée comme l’une des grandes salles du XXe siècle et comme un « passage obligé de la gent musicale internationale » (Trinques 2003, p. 147). Elle a contribué à l’animation de la vie musicale de la capitale française en accueillant depuis son ouverture environ vingt-cinq millions de spectateurs lors de vingt mille concerts[1]. Plusieurs fois rénovée, elle a rouvert en septembre 2006 après quatre années d’interruption.

C’est le seul auditorium spécifiquement construit pour la musique symphonique à Paris, les autres concerts avec orchestre ayant lieu notamment à la salle Olivier-Messiaen de la maison de Radio France et à la salle Gaveau, plus petites, ou au théâtre des Champs-Élysées et au théâtre du Châtelet, des salles à l’italienne. (M) Ce site est desservi par la station de métro Ternes.

Sommaire

Programmation

Depuis l’automne 2006, la salle Pleyel accueille en résidence permanente deux formations :

  • l’orchestre de Paris, qui y donne tous ses concerts, le mercredi et le jeudi, soit une cinquantaine de concerts par saison représentant une trentaine de programmes, et y tient également toutes ses répétitions ;
  • l’orchestre philharmonique de Radio France, qui donne à Pleyel une vingtaine de concerts pendant la première saison, le vendredi.

L’orchestre symphonique de Londres a par ailleurs signé une convention de résidence de trois ans dans le cadre de laquelle il donnera à Pleyel tous ses concerts parisiens, soit quatre ou cinq programmes par saison.

Pleyel accueille également durant la saison de sa réouverture :

Outre les concerts symphoniques qui constituent la majeure partie de sa saison de réouverture, Pleyel accueille des récitals vocaux, de la musique de chambre et des concerts de jazz. Au total, elle devrait programmer chaque saison cent cinquante soirées environ, dont la moitié assurée par les trois formations en résidence.

Histoire

Les anciennes salles Pleyel

La salle Pleyel trouve sa lointaine origine dans les deux salles de concert précédemment construites par Camille Pleyel, le fils d’Ignace Pleyel, fondateur en 1807 de la célèbre fabrique de pianos Pleyel.

Un salon, d’environ cent cinquante places, est d’abord ouvert le 1er janvier 1830 au nº 9 de la rue Cadet, dans le IXe arrondissement. Il accueille de grands pianistes de l’époque, dont Frédéric Chopin en 1832 et Franz Liszt en 1833.

La première salle Pleyel est construite en 1838–1839 au nº 22 de la rue Rochechouart, à côté de la manufacture, et inaugurée en décembre 1839. Dans cette salle de cinq cent cinquante places ont lieu des concerts de piano et de musique de chambre qui occupent une place importante dans la vie musicale parisienne du XIXe siècle. De nombreux grands musiciens s’y produisent : Chopin y donne son dernier concert en 1848, et elle voit les débuts, entre autres, de Camille Saint-Saëns, âgé de onze ans, en mai 1846, de César Franck, d’Anton Rubinstein etc.. Dans cette salle sont notamment créés[2] :

La construction

Façade

Au début des années 1920, l’ingénieur et architecte Gustave Lyon, directeur de la société Pleyel, décide de faire construire un grand centre musical avec en son cœur une salle de concert symphonique de trois mille places bénéficiant des dernières recherches en acoustique musicale, et intégrant des studios et des espaces d’accueil et d’exposition, permettant notamment de promouvoir les instruments produits par la société. En 1922, il confie la réalisation de son projet à l’architecte Jean-Marcel Auburtin, qui décèdera en 1926 ; deux de ses collaborateurs, André Granet et Jean-Baptiste Mathon, le remplaceront. Le chantier est lancé le 5 décembre 1924 sur le terrain situé au nº 252 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, à proximité de la place de l’Étoile, et achevé en 1927.

Le bâtiment comprend :

  • la grande salle, d’une capacité trois mille places environ ;
  • la salle Debussy, d’une capacité de cent cinquante places environ ;
  • la salle Chopin, d’une capacité de cinq cent neuf places environ, prévue pour la musique de chambre ;
  • des espaces d’accueil comme le grand hall, ainsi qu’un espace d’exposition et de démonstration de pianos Pleyel ;
  • des studios insonorisés ;
  • des espaces de bureau, des appartements.

L'inauguration

Le 18 octobre 1927, la salle Pleyel est inaugurée par un concert de l’orchestre de la Société des concerts du Conservatoire dirigé par Philippe Gaubert, avec en soliste Robert Casadesus et au cours duquel Igor Stravinski et Maurice Ravel dirigent également[3]. Y assistent le président de la République Gaston Doumergue, le président du Conseil des ministres Raymond Poincaré, le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts Édouard Herriot, ainsi que des compositeurs comme Paul Dukas, Manuel de Falla, André Messager et Reynaldo Hahn.

La critique musicale ainsi que l’architecte Le Corbusier saluent la réussite acoustique d’une salle alors considérée comme révolutionnaire, comme en témoigne l'article signé Henry Prunières et paru dans La Revue Musicale :

« Le 18 octobre 1927 a été solennellement inaugurée la nouvelle Salle Pleyel. II s'agit d'un évènement considérable et de nature à bouleverser toute la vie musicale de Paris. Jusqu'à ce jour, Paris demeurait dépourvu d'une grande salle de concert comme en possèdent toutes les autres capitales de l'Europe et souvent de simples villes de province en Allemagne, en Hollande, en Angleterre. La salle du Trocadéro peut bien contenir 5.000 auditeurs, mais l'acoustique en demeure si défectueuse qu'elle ne peut servir qu'à de vastes fêtes populaires. Entre cette salle gigantesque et la Salle Gaveau qui tient tout au plus 1.200 personnes, ou celle du Conservatoire, il n'y avait rien d'intermédiaire. Force était à nos orchestres de chercher refuge dans les théâtres où ils se laissaient tolérer entre deux répétitions. La Musique n'avait pas à Paris son temple. Elle l'a maintenant.

Cependant cet événement n'a pas seulement une haute importance pour le public mélomane de Paris, il intéresse les musiciens du monde entier. Paris en effet ne vient pas d'être doté d'une belle salle de concert de 3.000 places, comme il y en a déjà depuis longtemps à Vienne, à Berlin, à Amsterdam, aux États-Unis, mais d'une salle qui ne ressemble à aucune autre et qui marque, on peut du moins l'espérer, la prééminence de l'acoustique sur l'architecture en ces matières.

Pour la première fois, ce n'est pas un architecte qui a dressé les plans de la salle, mais un acousticien. Ce dernier a longuement calculé les divers problèmes qu'imposaient à son esprit les lois de la réflexion des ondes sonores et a établi un plan de salle où n'intervient aucune préoccupation d'ordre architectural. Je me rappelle l'impression de stupeur que l'on éprouvait il y a trois ou quatre ans, lorsque M. Gustave Lyon vous invitait à contempler dans son cabinet de travail une vaste maquette en carton de la future salle. Les murs au lieu de s'élancer verticalement, s'incurvaient bizarrement, le plafond au lieu de présenter aux yeux une surface plane ou une coupole, figurait une sorte de gigantesque escalier renversé. On sortait de là non sans inquiétude.

C'était en effet un lieu commun que de proclamer l'incertitude de la science acoustique. On savait bien que M. Lyon avait accompli des prodiges, parvenant à corriger par des moyens d'une incroyable simplicité, des salles à l'acoustique désastreuse, on n'en gardait pas moins un fond de scepticisme d'autant plus que M. Gustave Lyon ne se bornait pas à se référer à des lois physiques dûment connues et classées, mais faisait état de lois par lui découvertes au cours d'expériences personnelles. C'est ainsi qu'il avait fixé à 22 mètres l'espace maximum devant séparer deux instruments pour que les sons qu'ils émettent fussent perçus simultanément, à la suite d'expériences poursuivies à 3.800 mètres d'altitude, sur un glacier, le piolet en main.

Tous les musiciens étaient persuadés que les lois de l'acoustique demeuraient mystérieuses. On citait l'exemple de cet architecte chargé de veiller sur la salle du Conservatoire et qui n'osait déplacer une draperie de peur de détruire l'excellente acoustique de la salle obtenue par hasard !

Enfin les théories de M. Gustave Lyon paraissaient bien aventurées. Il prenait pour point de départ le théâtre antique qui consiste en une scène pour les acteurs devant un mur de fond réfléchissant le son sur les spectateurs. L'excellente acoustique qu'on observe sur presque tous les théâtres antiques provenait assurait-il de cette disposition et de l'absence de plafond. Or je me souviens avoir entendu à la Sorbonne de réputés professeurs s'étonner devant ce fait que 30.000 spectateurs écoutaient en plein air les vers d'Eschyle ou d'Aristophane. Ils supposaient que les acteurs hurlaient dans des porte-voix. S'ils avaient voyagé en Grèce et en Sicile, ils auraient su que le tintement d'une piécette sur le sol, au pied de la scène, est perçu distinctement du gradin le plus éloigné à Epidaure, comme à Syracuse, à Athènes comme à Delphes.

Sans aucun doute, les anciens avaient poussé très loin les recherches acoustiques et la disposition du théâtre antique atteint à la perfection. M. Gustave Lyon se proposait donc d'éliminer le plafond, ne lui laissant qu'un rô1e de protection de la salle, mais l'empêchant de réfléchir la moindre onde sonore. Il se proposait en outre de superposer trois salles, chacune recevant isolément les ondes qui lui étaient destinées grâce à trois « murs de fond » disposés à des hauteurs diverses.

Ce qui est prodigieux, c'est que le succès de cette conception hardie dépasse toutes les espérances. Aucune résonance intempestive, aucun écho. On entend aussi distinctement au premier rang qu'au dernier et au troisième étage qu'en bas. Le son est d'une précision et d'une finesse merveilleuses. On distingue des associations de timbres qu'on n'avait jamais perçues. Le moindre trait de flûte ressort. Le piano prend une importance toute nouvelle. Jamais il ne cesse de s'opposer à la masse des instruments et pourtant le son reste fluide et chaleureux.

Le 18 octobre, nous pûmes goûter à loisir les merveilleuses conditions acoustiques de cette immense salle de 51 m. 50 sur 30 m. 50, où 3.000 personnes tiennent l'aise, assises confortablement face à l'orchestre. Le magnifique orchestre du Conservatoire se surpassa sous la conduite habile de Philippe Gaubert. Tour à tour l'Ouverture des Maîtres Chanteurs, les Nocturnes de Debussy, Nuits dans les Jardins d'Espagne, de M. de Falla, l'Oiseau de feu, de Strawinsky, l'Apprenti Sorcier de Dukas, les Variations Symphoniques, de César Franck (avec l'excellent pianiste Robert Casadesus) enfin la Valse de Ravel, permirent d'apprécier la perfection de l'œuvre de M. Gustave Lyon en même temps que la qualité de cet orchestre qui est le meilleur de France et l'un des meilleurs de l'Europe. (Comment ne se trouve-t-il pas de mécènes pour permettre à cette phalange d'artistes de travailler et de répéter plusieurs fois par semaine. On abuse de leur désintéressement ! Périodiquement on entend parler de projets de création de nouveaux orchestres, ne ferait-on pas mieux d'encourager celui-ci et de le mettre à même de jouer dans les conditions de sécurité financière dont jouissent les grands orchestres en Allemagne, aux États-Unis, en Italie, en Hollande.

Le public où se reconnaissaient les plus hautes personnalités de la politique, des arts, des lettres et du journalisme, notamment quatre membres du Gouvernement : MM. Poincaré, Herriot, Barthou et Painlevé, fit une longue ovation à Philippe Gaubert et à l'orchestre ainsi qu'à Strawinsky et à Maurice Ravel qui avaient eux-mêmes conduit leurs œuvres.

On pensera sans doute qu'une salle de formes aussi irrégulières doit être d'un effet disgracieux. Il n'en est rien. Dès l'entrée on est séduit par la belle harmonie des proportions, par la puissance et la hardiesse des lignes. On ressent une grande impression de nouveauté et de force. On doit louer le décorateur M. Jaulmes d'avoir revêtu les murs et le plafond d'un si bel enduit doré, mais que ne s'est-il abstenu de décorer le bas des murs d'une large bande violette de l'effet le plus déplorable. Idée misérable et qui sent l'art de 1900 (cet art déjà plus loin de nous que celui de 1830), que d'aller peindre sur un mur des draperies en trompe-l'œil ! Ah ! qu'on nous délivre de ces peintures malencontreuses et que la grande vague d'or vienne déferler jusqu'au ras du plancher.

La salle Pleyel ne constitue qu'une partie du grand délice élevé par MM. Auburtin, Granet et Mathon et qui est en voie d'achèvement. Déjà on peut admirer le grand hall d'une ligne très pure et deux salles de concert, l'une appelée la salle Debussy, de 200 places, l'autre la salle Chopin, de 500 places. On doit être reconnaissant à la maison Pleyel d'avoir doté Paris du vaste Temple de la Musique qu'il réclamait depuis si longtemps, mais on doit surtout exprimer à M. Gustave Lyon les sentiments d'admiration que mérite son œuvre. Pour la première fois, il a démontré à la foule que l'acoustique était elle aussi une science exacte et non une connaissance plus ou moins empirique. »

Henry PRUNIERES[4]

Les premières années

Le 19 juillet 1928, la grande salle est ravagée par un incendie qui endommage également les salles Debussy et Chopin. Les réparations sont rapides et permettent au bâtiment de rouvrir dès la fin de l’année. Des matériaux ininflammables ont été utilisés, comme du métal pour les fauteuils. Cependant, la capacité de la salle a dû être réduite à 2 546 places.

Dès ses premières années, la salle Pleyel accueille des concerts de l’orchestre symphonique de Paris, de la Société philharmonique de Paris, et des orchestres Colonne, Lamoureux et Pasdeloup, des pianistes Cortot, Casadesus, François, Perlemuter, Rubinstein, Horowitz, Arrau, Nat, de Landowska, Enesco, Thibaud et Segovia. À son pupitre passent notamment Walter, Furtwängler, Pierné, et des compositeurs comme Honegger, Ravel, Schönberg, de Falla, Stravinski, Poulenc.

En 1929 est installé un orgue Cavaillé-Col de soixante-dix jeux à quatre claviers mobiles ; il est inauguré le 5 mars 1930 par Marcel Dupré.

La Grande Dépression entraîne la faillite de la société Pleyel en mars 1933. En mai 1935, la salle Pleyel, affaiblie financièrement par l’incendie de 1928 et incapable de rembourser ses emprunts, devient la propriété de sa banque, le Crédit lyonnais. La Société immobilière Saint-Honoré-Monceau, via laquelle Pleyel possédait la salle, est renommée en 1938 Centre artistique de Paris. La manufacture et la salle resteront séparées jusqu’en 2000.

L’architecte de l'immeuble, André Hamayon, est chargé en 1958 de retravailler l’acoustique de la grande salle, dont la réverbération semble trop importante.

La programmation des années 1940 à 1990

Durant la deuxième moitié du XXe siècle, la salle Pleyel reste un auditorium de renommée mondiale et accueille la plupart des grandes formations et des grands musiciens de l’époque[5].

À partir des années 1950, et dans les années 1960 dans le cadre du Paris Jazz Festival, Pleyel accueille la plupart des grands noms du jazz au XXe siècle : Louis Armstrong, Stéphane Grappelli, Art Tatum, Django Reinhardt, Ella Fitzgerald, Erroll Garner, Miles Davis, Keith Jarrett, Ray Charles, Michel Petrucciani. Quelques groupes de rock comme Lynyrd Skynyrd, y donneront même des concerts dans les années 70. S’y produisent également des chanteurs de variété, comme Maurice Chevalier, France Gall et Leonard Cohen.

Le Crédit Lyonnais, propriétaire de la salle, choisit cependant de ne pas en limiter l’usage à des concerts et la loue à l’occasion pour des congrès politiques, des conférences, des offices religieux, des projections, des concours de coiffure, des tirages de la Loterie nationale ou des galas de variétés.

En 1980, l’Orchestre de Paris, alors dirigé par Daniel Barenboim, quitte le palais des congrès pour prendre résidence à la salle Pleyel.

Le 31 octobre 1981, les cycles Piano ****, fondés en 1971[6], s’y installent avec un concert lors duquel Claudio Abbado et Rudolf Serkin jouent les Neuvième et Vingtième Concertos pour piano de Mozart.

En novembre 1999, le chanteur Charles Trenet donne salle Pleyel son dernier concert.

La rénovation des années 1980

En 1981, le Crédit lyonnais, qui développe une politique de mécénat culturel, décide d’une nouvelle rénovation de la salle Pleyel. Il en confie la maîtrise d’œuvre aux architectes Claude Hamayon et Xavier Rosset, associés à l’acousticien Abraham Melzer, à l’architecte et scénographe Bernard Guillaumot et au décorateur Noël Davoine.

La salle ainsi restaurée est inaugurée le 14 octobre 1981. Le résultat de cette rénovation a été critiqué en ce qui concerne l’acoustique ; de nouveaux travaux de moindre envergure sont menés en 1994 par Christian de Portzamparc.

Le rachat par Hubert Martigny et la location par l’État

En 1998, le Crédit lyonnais, alors en grave difficulté financière, met la salle en vente. L’industriel Hubert Martigny, cofondateur de la société de conseil en innovation Altran Technologies et mélomane, la rachète sur ses propres fonds pour 10 millions d’euros via la société IDSH et en confie la direction artistique à son épouse, le chef d’orchestre Carla Maria Tarditi.

En 1999, la salle est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.

En 2000, M. Martigny rachète également les pianos Pleyel et leur marque, et s’attache à redresser la fabrique.

Le 8 décembre 2003, le ministre de la Culture et de la Communication Jean-Jacques Aillagon conclut avec Hubert Martigny un accord en vertu duquel l’exploitation de la salle est confiée à l’État pour une durée de vingt ans. En raison du montant élevé du loyer, le ministère de l'Économie, des Finances et de l’Industrie refuse d’entériner l’accord[7].

Fin 2004, le successeur de M. Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres, autorise un accord plus avantageux pour l’État.

Voir la section Statut.

La rénovation des années 2000

Évaluation

L’acoustique de la salle Pleyel avait déjà fait l'objet de critiques, auxquelles les différentes rénovations n’avaient pas apporté de réponse. Le plafond parabolique conçu par Gustave Lyon provoquait en effet une redistribution du son uniforme et sans relief, et la forme de la salle, facteur primordial de son acoustique en particulier en ce qui concerne le volume, n’avait jamais été modifiée lors des différentes rénovations.

En 1989, une étude du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) mettait en évidence les problèmes acoustiques : temps de réverbération insuffisant, sensation d’enveloppement inexistante, manque d’équilibre, écho du mur arrière.

En février 1999, un rapport d’André Larquié, alors directeur de la Cité de la musique, au ministre de la Culture et de la Communication, fait une évaluation critique de la capacité de la salle Pleyel à devenir un auditorium symphonique de rang international[8] :

« Il faut pourtant constater que cette salle, au nom emblématique, n’a jamais été reconnue comme l’une des salles de référence de la vie musicale, et les professionnels interrogés soulignent tous les faiblesses qui la caractérisent :

  • Son acoustique ne saurait être considérée comme réellement satisfaisante. Notamment, pour les spectateurs, les pupitres de cordes paraissent « mats », et les cuivres tendent à écraser « le quatuor ». Ce problème paraît lié à la conception même de la structure de la salle. […]
  • Malgré les travaux effectués en 1981, la salle a vieilli ; la décoration de la salle elle-même, certes améliorable, apparaît aujourd'hui bien triste, et son confort très relatif.
  • La configuration même de son hall d’accueil, peu ouvert sur le quartier, n’y rend guère facile l’organisation d’une animation attractive permanente.
  • Enfin, sa localisation, certes à proximité des Champs-Élysées, la situe néanmoins dans un quartier peu animé, et surtout excentré par rapport à la vie musicale et culturelle de la capitale.

Significatif de cette situation, de nombreux orchestres étrangers de passage à Paris, et leurs chefs, ainsi d'ailleurs que les producteurs, préfèrent organiser leurs concerts, ou leurs récitals, au Théâtre des Champs-Élysées, malgré une jauge sensiblement inférieure (environ quatre cents places de moins) pour un prix de location équivalent (de l’ordre de 100 000 F hors taxes). »

François Ceria, l’architecte chargé de la rénovation, confirme ce jugement négatif : « Ce qui a été bidouillé après-coup est épouvantable[9]. »

Travaux

Le 13 octobre 2002, après le premier concert en France de l’orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de son nouveau chef Simon Rattle, la salle Pleyel est fermée pour des travaux de rénovation qui ne commencent finalement qu’en janvier 2005. Ils coûteront 30 millions d’euros, pris en charge par la société d’Hubert Martigny grâce à un prêt du groupe Caisse d’épargne.

Elle a été confiée à Artec Consultants, l’un des cabinets de conception de salles de concert les plus renommés du monde, et à l’architecte François Ceria. La réalisation en a été assurée par la Société d’études, d’aménagement et de réalisations immobilières et foncières (Sodéarif), filiale de Bouygues Construction. La livraison a lieu en juillet 2006.

La réouverture de 2006

La réouverture eut lieu le 13 septembre 2006, avec l’orchestre de Paris, dirigé par Christoph Eschenbach, qui joua la Deuxième Symphonie Résurrection de Gustav Mahler.

Architecture et acoustique

La salle de 1927

La salle conçue par Gustave Lyon et construite de 1924 à 1927 par Jean-Marcel Auburtin, puis André Granet et Jean-Baptiste Mathon est fortement marquée par l’architecture moderne, avec « la nudité des lieux, le plafond, immense voûte reliant d’un seul jet l’arrière-scène au sommet du second balcon, l’absence voulue de toute recherche décorative » (Trinques 2003, p. 148). Elle peut accueillir 3 000 spectateurs environ – 2 546 après les travaux consécutifs à l’incendie de 1928.

Gustave Lyon, dans sa recherche acoustique, a imaginé de baser la structure de la salle sur celle d’un entonnoir. La scène est l’endroit le plus réduit de la salle, et le plafond est lié au mur arrière environ 6 m au-dessus de l’orchestre ; il constitue une vaste voûte arrondie qui remonte et s’élargit au fur et à mesure qu’elle rejoint l’arrière de la salle. Devant la scène, un long parterre s’étend jusqu’aux deux balcons du fond. La hauteur du plafond au niveau des balcons est presque double que celle au niveau de l’orchestre.

La salle, aux couleurs dorées, est décorée de panneaux de Marc Jaulmes.

Le hall, de 24 m sur 12 avec en son centre une rotonde ouverte sur les étages supérieurs, est décoré dans le style art déco par des ferronneries de Raymond Subes, des médaillons de Le Bourgeois et des luminaires de la maison Baguès. Il comporte un magasin de pianos, de phonographes et d’appareils de radio, des vitrines d’exposition, une librairie, une galerie de peintures et un salon de thé.

Le bâtiment a huit étages, où sont installés des appartements, des salles d’exposition, des ateliers de montage, de service et de maintenance, une bibliothèque, et soixante studios.

La salle entre 1961 et 2006

Quelle qu’ait été la qualité de l’acoustique originelle, les réparations consécutives à l’incendie de 1928 ont fait apparaître un écho qui a été le principal défaut de la salle Pleyel. « L’ancien écho, c’est un peu le fantôme de Pleyel, note en 2006 la critique du Monde, Marie-Aude Roux. À certains endroits de la salle, le public avait deux concerts pour le prix d’un[10]. » La salle a connu trois rénovations en un tiers de siècle, qui, tout en modifiant sensiblement la configuration de la salle, n’ont pas pu apporter de solution à ce problème.

1958

Après la rénovation de 1958 par André Hamayon, la salle comporte cadre de scène, ce qui supprime sa continuité. L’acoustique est modifiée par un plafond plus bas et des réflecteurs en forme de pointes de diamants. Elle dipose également d’un plateau plus vaste.

Dans les espaces d’accueil, la rotonde est recouverte au niveau du hall d’une calotte sphérique qui la sépare des niveaux supérieurs. Au premier étage, un studio de danse remplace la galerie d’exposition.

1981

Après les nouveaux travaux de 1981, la grande salle a retrouvé sa concavité originelle grâce à un plafond de bois et à la suppression du cadre de scène. La décoration, retravaillée, allie les tons chauds du revêtements de bois d’orme au bleu des nouveaux sièges. Elle offre 2 370 places.

1994

Lors de la rénovation menée en 1994 par Christian de Portzamparc, la décoration de la salle est modifiée ; dans le hall, la mosaïque au sol de la rotonde est remplacée par du marbre blanc.

La salle en 2006

Salle Pleyel, 2008
Salle Pleyel, 2008
Salle Pleyel, 2008
Grande salle

La grande salle a été profondément transformée lors de la rénovation de 2005–2006, à tel point que le critique du Monde, Renaud Machart, considère qu’« il ne s’agit pas d’une réfection, mais d’une construction nouvelle au sein de la coque originelle du bâtiment[11]. » Sa jauge est réduite à 1 913 places – soit 1 760 pour le public lorsqu’un chœur est sur la scène :

  • Le faux plafond en bois et de la conque de scène ont été supprimés ; la nouvelle salle fait 44 m de long, 27 m de large et 19 m de haut, et le volume d’air par spectateur a été augmenté d’un tiers. La salle est moins longue et la scène se trouve ainsi plus proche du public.
  • Le nouveau parterre comporte 1 030 places, notamment en raison de la réduction des espaces sous les balcons. Les sièges sont disposés en trois blocs.
  • Les sièges des deux balcons – 397 au premier et 327 au deuxième – ont été réalignés.
  • Quatre balcons latéraux – ou plutôt des bergères, avec une seule rangée de sièges – ont été ajoutés pour améliorer la diffusion du son ; chacun peut accueillir 19 personnes.
  • La scène a été agrandie de moitié et redessinée ; une série de trappes et de plateaux réglables remplace les gradins.
  • Des banquettes sont aménagées derrière l’orchestre (arrière- scène), comme à la philharmonie de Berlin, pour accueillir 162 spectateurs ou, parfois, un chœur.
  • Les nouveaux sièges sont plus larges de dix centimètres et les rangées plus espacées, afin d’améliorer le confort pour les spectateurs.
  • La salle perd ses couleurs foncées et arbore désormais des murs peints en blanc légèrement teinté, du hêtre clair recouvert d’un tissu rouge bourgogne pour les fauteuils, du bois de chêne clair pour la scène et du hêtre pour le reste de l’habillage, et gagne ainsi en sobriété comme en chaleur.

Lors des répétitions de la semaine précédente, les musiciens de l’orchestre de Paris, qui avaient pris résidence au théâtre Mogador pendant les travaux, ont apprécié favorablement l’acoustique de la nouvelle salle. Pour le premier violon Philippe Aïche, « il y a une très belle définition du son notamment dans les graves, cela donne une grande clarté dans l’émission, la couleur passe bien et, surtout, il n’y a plus l’ancien écho ! […] On a aussi le sentiment d’une plus grande proximité avec le public. Nous espérons d’ailleurs redevenir un vrai orchestre de proximité ! » Le violoncelliste Éric Picard considère que « l’acoustique est très lumineuse, légère, souple, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit facile. Il manque peut-être un peu de réverbération, mais on s’entend jouer très bien entre musiciens, ce qui n’était pas le cas auparavant[10]. » Le critique du Monde, Renaud Machart, loue quant à lui la « parfaite lisibilité des plans sonores, des détails, des nuances » : « on entend mieux [la Deuxième Symphonie de Mahler] à la Salle Pleyel qu’au Concertgebouw d’Amsterdam, haut lieu de la tradition mahlérienne, mais salle très résonnante. » Le son du nouveau Pleyel « n’est pas sec, il est plutôt mat » ; « en dépit de la configuration “ramassée” de la salle, il n’est jamais agressif, frontal[11]. »

Il semble que l’acoustique exige d’un orchestre une grande homogénéité et une grande correction rythmique. Le percussionniste Frédéric Macarez juge la salle « très sonore et presque crue : il va falloir améliorer la rondeur du son, tout en gardant la même précision d’attaque. » Le directeur musical de l’orchestre, Christoph Eschenbach, confirme que « cette acoustique peu réverbérée exige une parfaite définition de la partition. On entend tout. C’est bien pour la discipline de l’orchestre, qui va pouvoir retrouver son naturel et perdre une certaine dureté acquise à Mogador, où il fallait constamment forcer le son[10]. » Renaut Machart avance que « cette acoustique ne cachera pas les défauts des formations qui y joueront ; les violons devront, sans l’aide “cosmétique” d’une bouée de sauvetage sonore, créer par eux-mêmes le sourire, la lumière et la caresse des aigus suspendus pianissimo. » La salle sera tout aussi bien adaptée, selon lui, à des concerts avec un moindre volume sonore : « on peut parier que les formations orchestrales plus réduites et les instruments anciens y seront chez eux tout autant, et l’on devine que les récitals de chant y trouveront un écrin presque intime[11]. »

Espaces d’accueil

Les travaux ont également concerné les espaces d’accueil : la façade, le hall et la rotonde ont été restaurés dans le style art déco des origines. La rotonde est de nouveau ouverte sur l’étage, dotant le hall d’un puits de lumière, et elle retrouve sa mosaïque au sol de pierres noires et blanches et de dallages dorés à l’or fin. Un vaste foyer de plus de 600 m², en fond de parterre et donnant sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré par de grandes baies vitrées, remplace les studios de danse au premier étage. Dans les autres étages, 3 000 m² de bureaux ont été restaurés.

Afin de pouvoir accueillir simultanément les deux orchestres en résidence et des orchestres invités, les salles Chopin et Debussy, dont l’architecture est restée en l’état, ont été transformées en deux vestiaires et un espace qui permettra aux chanteurs de chauffer leur voix avant d’entrer en scène. Un studio d’enregistrement a de plus été installé sous la grande salle pour permettre à Radio France d’assurer sa mission d’enregistrement et de diffusion de concerts ; la réalisation d’un enregistrement à Pleyel rendait auparavant nécessaire l’installation d’un groupe électrogène dans la rue Daru.

Organisation

Statut

La salle Pleyel est aujourd’hui la propriété de l’Immobilière Daru-Saint-Honoré (IDSH), présidée par Hubert Martigny, qui l’a rachetée en 1998 pour dix millions d’euros au Crédit lyonnais.

Le 8 novembre 2004, la Cité de la musique, avec l’autorisation du ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres, a conclu un contrat de bail en vertu duquel la salle Pleyel lui sera louée pour un loyer annuel d’un 1,5 million d’euros pendant une période de cinquante ans. Cité-Pleyel, une filiale de la Cité de la musique placée sous la responsabilité de son directeur musical Laurent Bayle et à laquelle la ville de Paris est associée pour 20 %, a été constituée pour en assurer la gestion. En 2054, la salle de concert et l’immeuble de la rue du Faubourg-Saint-Honoré deviendront la propriété de l’État pour un euro symbolique. L’accord est assorti de clauses de dénonciation avant terme ou d’acquisition anticipée. La marque « Salle Pleyel », propriété de M. Martigny, est gratuitement mise à disposition de l’État.

L’association de Pleyel à la Cité de la musique devrait permettre une organisation cohérente de la programmation des deux institutions, comme l’a laissé entendre Laurent Bayle le 6 mars 2006[12] :

« Il est important de fidéliser ces grands orchestres étrangers afin de travailler avec une meilleure souplesse. Pleyel et la Cité vont certes garder leur identité, mais je souhaite esquisser un modèle global qui mette en résonance la programmation thématique de La Villette avec le grand répertoire de chefs-d’œuvre symphoniques qui seront joués à Pleyel. »

Un grand auditorium devrait ouvrir en 2012 à la Cité de la musique, ce qui pourrait alors entraîner une redéfinition des missions de la salle Pleyel.

Financement

Cité Pleyel, l’organisme chargé de la gestion de la salle, est financé par[13] :

  • une subvention, provenant à 80 % de la Cité de la musique et à 20 % de la ville de Paris, et représentant 40 % du budget ;
  • son activité propre, c’est-à-dire la billetterie et la location à des producteurs externes et aux orchestres résidents ;
  • des partenariats avec le secteur privé, notamment la Société générale, qui devient en 2006 le « mécène principal » de la salle Pleyel à laquelle elle a versé 600 000 euros pour la première saison.

Direction

Laurent Bayle

Laurent Bayle, directeur général de la Cité de la musique, est également directeur général de Cité Pleyel, filiale de la Cité qui assure l’exploitation de la salle.

Arnaud Marion

Arnaud Marion est l’administrateur et secrétaire général d’IDSH, propriétaire de la salle.

Diplômé de l’institut d’études politiques de Paris et fondateur d’un cabinet spécialisé dans le sauvetage d’entreprises en difficulté, il a été chargé en 2002 du redressement des pianos et de la salle Pleyel, d’abord comme président du directoire de la Manufacture française de pianos. Il s’est notamment occupé de la location de la salle par l’État et du lancement des travaux de rénovation. Il a consacré deux ouvrages à la salle Pleyel.

Hubert Martigny

Hubert Martigny est propriétaire de la salle via la société IDSH, dont il est président.

Créations et enregistrements

Créations

Parmi les œuvres créées à Pleyel[2] comptent notamment :

Enregistrements

Pleyel accueille des musiciens de jazz ou de variétés, et certains concerts ont été enregistrés et publiés, notamment de Julian Cannonball Adderley (Salle Pleyel, 1960), Miles Davis ("Live in Paris", 1964) Count Basie (Concert - Salle Pleyel, 1972), Keith Jarrett (Over the Rainbow, C The Blues, 1992), France Gall (Pleyel, 1994, sorti en 2005), Oscar Peterson (Live at the Salle Pleyel, 1997), Charles Trenet (Charles Trenet à Pleyel, 1999), Etienne Daho (PLEYEL PARIS, 2008).

Notes et références

  1. « La nouvelle Salle Pleyel : le moment de vérité », Le Monde de la musique nº 308, avril 2006, p. 53 [lire en ligne]
  2. a et b Source partielle : Base de données Brahms de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique
  3. Voir le programme du concert inaugural sur l’ancien site internet de la salle
  4. « Inauguration de la salle Pleyel », par Henry Prunières, dans : La Revue Musicale, 9e année, n° 1, 1 novembre 1927, p. 59-62.
  5. Voir la liste d’artistes s’y étant produit, sur l’ancien site internet de la salle.
  6. On prononce « piano quatre étoiles ».
  7. Brève du magazine en ligne Forum Opéra, 24 septembre 2004
  8. André Larquié, Rapport concernant l’éventuelle réalisation d’un auditorium symphonique à Paris, Ministère de la Culture et de la Communication, 23 février 1999 : § 22–32
  9. « Pleyel rénovée », par Jérôme-Alexandre Nielsberg, L’Humanité, 14 mars 2006 [lire en ligne]
  10. a, b et c « La quatrième vie de Pleyel », par Marie-Aude Roux, Le Monde daté du 12 septembre 2006 [lire en ligne]
  11. a, b et c « La belle acoustique de la nouvelle Salle Pleyel », par Renaud Machart, Le Monde daté du 16 septembre 2006 [lire en ligne]
  12. « La Salle Pleyel rénovée ouvrira ses portes en septembre », par Renaud Machart et Marie-Aude Roux, Le Monde daté du 7 mars 2006 [lire en ligne]
  13. Conférence de présentation de la saison 2006–2007, Paris, Salon Hoche, 9 mars 2006

Bibliographie


Annexes

Articles connexes

Lien externe

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