Premiere guerre judeo-romaine


Premiere guerre judeo-romaine

Première Guerre judéo-romaine

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La Première Guerre judéo-romaine qui s'est déroulée entre 66 et 73, parfois appelée la Grande Révolte (en hébreu: המרד הגדול, ha-Mered Ha-Gadol), fut la première des trois révoltes des juifs de la province de Judée contre l'Empire Romain, telle que relatée principalement par Flavius Josèphe.

Elle débuta en 66, à la suite des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs[1]. Elle s'acheva lorsque les légions romaines de Titus assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d'Hérode en 70, puis les places fortes des Juifs (principalement Gamla en 67 et Massada en 73).

Sommaire

La Judée, province romaine

Les affrontements de 66 à 69

source primaire

La guerre de 66 à 70 dans la province de Judée est narrée par l'historien Flavius Josèphe.

La révolte de 66

Un jour de shabbat, en l'an 66, à Césarée, un homme sacrifie des oiseaux à l’entrée de la synagogue, ce qui provoque la colère des Juifs. Il s’ensuit des batailles de rue entre Juifs et païens. Une délégation de Juifs se rend à Sébaste auprès du procurateur Gessius Florus qui fait la sourde oreille. Les troubles atteignent Jérusalem. Florus choisit ce moment pour prendre 17 talents dans le trésor du Temple, ce qui entraîne une réaction en chaîne de révoltes et de représailles. Après avoir essayé de réprimer la révolte dans le sang, Florus se retire à Césarée tandis que les insurgés s’emparent de l’esplanade du Temple.

Un essai de conciliation d’Agrippa II et de Bérénice est rejeté. À l’instigation d’Eléazar, fils du grand-prêtre Ananie, les révoltés s’emparent de Massada et font cesser les sacrifices quotidiens pour l’empereur. Sous la direction d’Agrippa II et des Hérodiens, des familles des grands-prêtres et des notables pharisiens, les partisans de la paix essayent de réduire les révoltés par la force. L’armée d’Agrippa II est battue dans Jérusalem, Ananie est assassiné, les palais royaux sont incendiés et les derniers Romains exécutés. Une rébellion éclate à Césarée. Le mouvement se répand à toute la Palestine où Juifs et Gentils s’affrontent. Plusieurs milliers de Juifs périssent dans les émeutes à Alexandrie.

Échec de la première intervention romaine

Le gouverneur de Syrie Cestius Gallus attaque Jérusalem avec la XIIe légion Fulminata. Il s’empare du faubourg nord mais échoue devant le Temple et se retire, puis tombe dans une embuscade près de Beth-Horon. Il perd plus de cinq mille fantassins et presque quatre cents cavaliers. Cette victoire change la révolte en guerre d’indépendance à laquelle se rallient les autorités traditionnelles : grands-prêtres, leaders pharisiens, sadducéens et esséniens. La révolution s’organise et le pays divisé en sept districts : Joseph ben Gorion et le grand-prêtre Anne sont chargés de Jérusalem, Jésus ben Sapphias et Eléazar ben Ananias de l’Idumée, Joseph fils de Mattathias (Flavius Josèphe) organise la Galilée.

En 67, le général Flavius Vespasien est envoyé par Néron avec trois légions. Il occupe Sepphoris en Galilée (printemps), assiège Flavius Josèphe dans Yotpata qui est prise. Flavius Josèphe se rend. Vespasien fait la jonction avec Agrippa II, s’empare de Tibériade et de Tarichée, puis de Gamala et du mont Thabor. À la fin de l’année, le nord de la Palestine et la région côtière au sud de Jaffa sont soumis.

L'extension de la révolte

La révolte se durcit face à la menace romaine. La guerre civile éclate à Jérusalem où Jean de Gischala et les Zélotes prennent le pouvoir et imposent comme grand-prêtre Pinhas de Habta, probablement sadocide. Appuyés par un groupe d’Iduméens, les Zélotes liquident les notables et les membres des grandes familles sacerdotales.

En 68, Vespasien soumet la Pérée (mars), occupe Antipatris, Lydda, Jamnia, Emmaüs, traverse la Samarie et descend sur Jéricho. Il cesse les opérations militaires à l’annonce de la mort de Néron (9 juin).

Un sage, Rabban Yohanan ben Zakkaï quitte alors Jérusalem secrètement et se rend au camp de Vespasien pour lui demander asile. Il est envoyé dans un camp de réfugié dans la ville de Yavné (Jamnia). Après la destruction de Jérusalem, il constitua autour de lui un groupe de sages qui se réunissent pour donner à la Bible hébraïque sa forme finale, instituer des lois, rétablir le calendrier. La cour de Yabneh remplaça ainsi le Sanhédrin de Jérusalem et diffusa la culture rabbinique.

Au printemps 69, Vespasien s’approche de Jérusalem (mai-juin). À l’exception de la capitale, de l’Hérodium, de Massada et de Machéronte, la Judée est pratiquement soumise au Romains. Vespasien, choisi comme empereur par les légions de l’Est (juillet), laisse son fils Titus achever de la soumettre.

La prise de Jérusalem

Simon Bar-Giora, rival de Jean de Gischala, prend alors position dans Jérusalem pendant que les Romains assiègent la ville.

Les troupes de Titus attaquent Jérusalem par le nord (30 mai 70), prennent la première puis la seconde muraille. Jean de Gischala défend l’Antonia et le Temple et Simon Bar-Giora la ville haute. Titus renforce le siège (juillet). La famine se fait sentir. Le 6 août, les sacrifices quotidiens dans le Temple cessent. Titus s’empare de l’Antonia et brûle les portes extérieures du Temple, puis attaque le Temple qui est complètement brûlé (28 août). Il s’empare enfin de la ville haute où s’étaient réfugiés Simon Bar-Giora et Jean de Gischala. Jérusalem est rasée, sauf les trois tours du palais d’Hérode (Hippicus, Phasaél et Mariamne) et une partie de la muraille.

Les Romains créent la province de Judée, distincte de la Syrie. Le Sanhédrin est dissout. Le culte sacrificiel cesse d’être célébré. À l’automne 70, des centaines de milliers de prisonniers juifs sont tués dans des spectacles publics à Césarée.

En 71, Titus part célébrer son triomphe à Rome. Il laisse au nouveau gouverneur de Judée, Lucilius Bassus le soin de réduire les dernières forteresses (Hérodion, Machéronte et Massada).

Le siège de Massada

En 73, le gouverneur de Judée Lucius Flavius Silva assiège Massada, dernière place de résistance juive. La forteresse est défendue par des Sicaires dirigés par Éléazar, fils de Yaïr, descendant de Judas le Galiléen. Les défenseurs de la ville se suicidèrent plutôt que de se rendre aux Romains (avril 74).

les conséquences de la défaite

Le butin tiré du pillage de Jérusalem et de son temple fut présenté au peuple romain à l'occasion du triomphe de Vespasien et Titus et représenté sur l'arc de triomphe de ce dernier

La destruction du second Temple marque la fin de l’État hébreu à l’époque ancienne. Cependant les Samaritains, en grande partie épargnés par la guerre civile s’établissent dans de nombreuses villes côtières avec pour sanctuaire le mont Garizim (jusqu’en 484). Les Sadducéens, en partie massacrés, perdent toute influence. Les Esséniens semblent disparaître. Leur influence continue peut-être à se faire sentir dans la Diaspora où elle a pu marquer certaines communautés chrétiennes. La plupart des Zélotes disparaissent dans les combats de 66-74.

Les Pharisiens se réorganisent rapidement, instituant une école et un grand conseil à Jamnia (Yabneh), près de Jaffa. Ce conseil remplace le Sanhédrin et réorganise le judaïsme autour de la Torah. Cette branche engendre le judaïsme rabbinique.

Les conséquences sur la Diaspora. Les combats et surtout la victoire romaine entraînèrent des déplacements de populations : avec la victoire de nombreux juifs furent faits prisonniers et réduits en esclavage. La province de Judée changea de statut et reçu une garnison plus forte.

Notes et références

  1. Joseph, La guerre des Juifs II.8.11, II.13.7, II.14.4, II.14.5

Bibliographie

Annexes

Article connexe

Liens externes

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