Phuntsok Wangyal


Phuntsok Wangyal
Photo prise à Pékin en 1955, de gauche à droite : Tsering Dolma, Gyalyum Chenmo, le 14e dalaï-lama, un inconnu, Phuntsok Wangyal, Lobsang Samten

Phuntsok Wangyal ou Bapa Phuntsok Wangyal ou Phünwang est un homme politique tibétain né en 1922 à Bathang (en) (district de Batang), dans la province tibétaine du Kham (Tibet oriental) et actuelle préfecture autonome tibétaine de Garzê de la province du Sichuan. (Bapa ou Bapa est la désignation traditionnelle des habitants de Bathang) [1]. Selon Jeff Bendix, si la région est peuplée principalement de gens d’ethnie tibétaine, elle n'est pas considérée comme faisant partie du « Tibet polilitique »[2]. Phuntsok Wangyal a commencé son militantisme à l'école, où il a fondé le Parti communiste tibétain en secret en 1939. Il fut arrêté en 1960 et incarcéré pendant 18 ans à la prison de Qincheng en République populaire de Chine.

Sommaire

Contexte de sa naissance à Bathang

Phuntsok Wangyal est né en 1922 à Bathang, capitale de la province du Kham, ville ethniquement tibétaine, géographiquement proche de la Chine. Au début du XVIIIe siècle, la dynastie mandchoue établit un protectorat informel au Tibet, délimitant les frontières par le fleuve Drichu (Yangtsé supérieur) et Dzachu. Les Mandchous intégrèrent Bathang à la Chine, sans toutefois y exercer le pouvoir laissé aux chefs khampas. Au début du XXe siècle, les Mandchous décident d'intégrer le Kham et le Tibet central à la Chine, entraînant des résistances et des guerres. Quand le gouvernement tibétain reprend le Tibet central et une partie du Kham, Bathang resta sous contrôle chinois. L'effondrement de la dynastie mandchoue laisse place à la République mais aussi aux seigneurs de la guerre que des Tibétains comme Kesang Tsering tentèrent d'éradiquer de Bathang. Phuntsok Wangyal fut le témoin de conflits entre sa famille, dont son père Kalsang Tséring, avec les seigneurs de la guerre, et il s'était promis de libérer Bathang de l'emprise chinoise[3].

Années de formation

Phuntsok Wangyal débuta son éducation en tant que moine dans un monastère qu'il dut quitter à la mort de son oncle et tuteur[3].

Selon Roland Barraux, Phuntsok Wangyal a été élève dans une école missionnaire chrétienne à Bathang, où il apprit l'anglais[4],[5]

Dans un compte rendu de lecture de l'ouvrage A Tibetan Revolutionary: The Political Life and Times of Bapa Phuntso Wangye, A. Tom Grunfeld écrit qu'enfant, Phunwang fréquente une école financée par le gouvernement chinois à Bathang, école censée former les Tibétains pour qu’ils servent le gouvernement du Guomindang (GMD). A mesure qu’il avance dans ses études, il est de plus en plus déçu par le GMD et, n’ayant guère d’affinités, en tant que Khampa, avec le gouvernement tibétain à Lhassa, il s’intéresse à d’autres idéologies. Un de ses professeurs à l'Académie gérée par la Commission des affaires mongoliennes et tibétaines de Chiang Kaishek, lui prête des livres communistes russes, comme On Nationalities de Joseph Staline, dont la lecture l’amène à professer le communisme[6],[7]

A 16 ans, Phuntsok Wangyal rejoint l'école pour les minorités de Nankin, en Chine. C'est dans cette école, instituée par Chiang Kaishek et dirigée par la Commission des affaires mongoles et tibétaines ayant pour but de former les cadres des minorités éthniques qu'il découvre les idées communistes par ses camarades de classes et certains professeurs. La lecture de Lénine et de Staline lui permet d'identifier l'oppression des Tibétains de Bathang, et les positions de ces auteurs sur le droit à l'identité et à l'autodétermination des minorités l'impressionnent. En 1939, il fonde le parti communiste tibétain clandestinement avec quelques amis, se promettant de consacrer leur vie à la révolution et la démocratie au Kham et au Tibet. Il est finalement exclu de l'école où ses idées déplaisent[3].

Fondation du parti communiste tibétain (1939)

Il fonde le Parti communiste tibétain en secret en 1939 avec cinq autres camarades[8].

Selon A. Tom Grunfeld, ils passent la décennie suivante à essayer vainement de déclencher la révolution dans le Tibet oriental dans l’espoir de créer un grand Kham socialiste puis un grand Tibet socialiste[9].

La stratégie du Parti communiste tibétain sous sa direction pendant les années 1940 est double : prendre le dessus sur les éléments progressistes parmi les étudiants et l'aristocratie du Tibet politique pour mettre en place un programme de modernisation et de réforme démocratique (c'est-à-dire communiste), tout en soutenant une lutte de guérilla pour renverser dans le Kham le régime de Liu Wenhui, un des seigneurs de la guerre chinois, aligné sur le Guomindang. Son but ultime est un Tibet indépendant unifié, et la transformation fondamentale de sa structure sociale féodale[10].

Phunwang voit d'un œil critique l'arrogance de certains membres de l'élite traditionnelle, la cruauté de certains moines rencontrés dans ses périples et la pauvreté des paysans – pire qu'en Chine – ployant sous les taxes et les corvées[11].

Il doit cependant fuir à Lhassa, où pendant une courte période, il donne des cours de chinois à l'école républicaine chinoise sise au Tromzikhang (en), dans le quartier du Barkhor[12]. On lui permet également de tenir, sans révéler son engagement communiste, un salon non-officiel d’intellectuels et d’aristocrates progressifs[13].

Mises en garde contre une invasion communiste chinoise (1946-1949)

Selon une publicité mise en ligne sur un site d'exilés tibétains Phayul, après son expulsion en 1940 et jusqu'en 1949, il a travaillé à organiser un soulèvement de guérilla contre les Chinois qui contrôlaient sa patrie[14].

En 1946, à Lhassa, Phuntsok Wangyal met en garde le gouvernement du Tibet de l'époque contre les risques d’une invasion et d'une libération par les communistes chinois une fois la guerre civile terminée et en l’absence de changements au Tibet. La seule issue passe par l'aide de l’armée britannique. Le gouvernement ne leur prête aucune attention : sans nom connu, sans titre, ils ne sont rien à ses yeux. Phuntsok se rend alors à Kalimpong, en Inde, pour rencontrer Gergan Dorje Tharchin, fondateur du Miroir du Tibet, un journal mensuel en tibétain qui informe l'élite tibétaine de ce qui se passe dans le monde. Phuntsok, qui souhaite rencontrer un représentant britannique, est mis en rapport par Tarchin avec Sir Basil Gould à Gantok, à qui il remet une note personnelle de 12 pages, dont un exemplaire est envoyé à Lhassa. Comprenant que l’Angleterre fera la sourde oreille, Wangyal cherche l’appui des communistes indiens en contactant Jyoti Basu à Calcutta, mais les promesses de ce dernier sont vagues et non suivies d’effet»[15].

Après avoir soumis sa note personnelle, Phuntsok Wangyal dit en plaisantant à Tarchin «  Si le gouvernement tibétain ne m’écoute pas, j’amènerai l’armée chinoise au Tibet. Alors, je vous écrirai. » Début 1951, Tarchin reçoit un télégramme indiquant « Arrivé sain et sauf à Lhassa - Phuntsok Wangyal »[16].

Appel à la transformation de la société féodale

Si l'on en croit la journaliste française Maria Pia Medina Luna, la proclamation de la République populaire de Chine en juillet 1949 incite Phuntsok Wangyal à prendre la parole pour demande des réformes, la démocratisation du système et la transformation de la société féodale. Il est rapidement expulsé de Lhassa et forcé de retourner à Bathang par le gouvernement tibétain qui lance une « chasse aux sorcières » contre les Chinois et leurs sympathisants[17],[18].

Fusion du parti communiste tibétain avec le parti communiste chinois (1949)

Selon A. Tom Grunfeld, Phunwang et ses camarades abandonnent leur objectif d’un Tibet indépendant et font cause commune avec les communistes chinois[19]. Il rejoint la guérilla des communistes chinois contre le Kuomintang mais doit fusionner le Parti communiste tibétain avec le Parti communiste chinois de Mao Zedong à la demande des militaires chinois, et donc abandonner son projet d'un Tibet communiste indépendant autogouverné[20].

Rôle et activités au sein du parti communiste (1949-1957)

De retour dans sa ville natale, son engagement, ses capacités d’organisateur sont immédiatement repérées par le Front Uni si bien qu’au bout de quelques mois il est nommé membre du Comité de travail du Tibet, l’organisation qui régit le Tibet de 1951 à 1959, membre Conseil politico-militaire du Sud-ouest, directeur du Département de la propagande militaire de la région et directeur adjoint du Front Uni du Tibet central[21].

Il joue un rôle administratif important dans l'organisation du parti à Lhassa et sert de traducteur au jeune 14e dalaï-lama pendant les célèbres rencontres de ce dernier avec Mao Zedong en 1954-1955. Dans les années 1950, Phünwang est le responsable tibétain le plus haut placé du Parti communiste chinois[14].

La purge de 1957

Fin 1957, le dalaï-lama confie à Phuntsok Wangyal une lettre à l’attention du président Mao Zedong, d’autres envoyées précédemment étant restées sans réponse[4]. À Pékin, le dalaï-lama, qui a un grand respect pour Phuntsok Wangyal, demande qu’il soit nommé secrétaire du parti communiste chinois au Tibet[4],[22]. Cette requête, présentée au général Chang Ching-wu, est acceptée, mais fin 1957, un fonctionnaire chinois informe le dalaï-lama que Phuntsok Wangyal ne reviendra plus au Tibet, car on le juge dangereux. On lui reproche principalement d’avoir fondé et organisé, lorsqu’il vivait dans le Kham, un parti communiste tibétain séparé[22]. En 1958, le dalaï-lama apprend que Phuntsok Wangyal a été déchu de son poste et mis en prison. Désolé de cette nouvelle, il en déduit que les dirigeants chinois de l’époque ne sont pas réellement des marxistes soucieux d’un monde meilleur, mais des nationalistes évoquant le chauvinisme Han[22].

Selon Robert Barnett, dès 1957, Phuntsok fait les frais d’une purge lors de la campagne anti-droitiste ayant pour cible les dirigeants du Front Uni et leur chef Li Weihan[23].

Années de détention (1958-1978)

Selon une publicité mise en ligne sur le site d'exilés tibétains Phayul, bien qu'il parlât chinois couramment, habitué à la culture chinoise, et dévoué au socialisme et au Parti communiste, l'engagement profond de Phünwang pour le bien-être des Tibétains l'aurait rendu suspect aux yeux de ses puissants collègues[14].

En 1958, qualifié de « nationaliste local » (expression désignant une personne plaçant les intérêts d'un groupe éthnique avant ceux de l'Etat), Phuntsok Wangyal est confiné, ou mis au secret[14], à Pékin. En 1960, à la suite au soulèvement tibétain de 1959, il est emprisonné à la prison de Qincheng à Pékin. Il y passe 18 années en isolement cellulaire[24].

Selon Swarn Lata Sharma, tous les membres de sa famille, y compris sa fille âgée de 2 ans furent mis en prison. Sa femme y est morte. Il fut maintenu dans un isolement tel qu’il ignorait avant sa libération que son frère avait été incarcéré dans la même prison que lui pendant 14 ans[25].

Selon Kim Yeshi, pour détruire leur volonté et leur moral, les prisonniers politiques ont été soumis à diverses tortures physiques et psychiques en Chine. Comme Phuntsok Wangyal s'inquiétait pour ses enfants, des bébés en pleurs furent placés sous sa fenêtre. Les gardiens crachaient dans sa nourriture et venait le passer à tabac la nuit. On lui administrait une substance qui lui provoqua des acouphènes[3]. Il eut plusieurs accès de folie. La pire des tortures dont il se souvient fut d'être bombardé d'« ondes électroniques » dans sa cellule, ce qui lui occasionna d'atroces migraines. Les mois qui suivront sa libération, il ne pourra pas s'empêcher de baver[26].

Libération et réhabilitation (1978)

En 1978, il est libéré mais reste à Pékin sans contact avec l'extérieur pendant plusieurs années[27],[28]. Plus tardivement, il retourna fréquemment au Tibet[29].

Progressivement réhabilité[30], il occupe de hauts postes mais de nature surtout honorifique[31].

Aujourd’hui, resté fidèle à ses idéaux socialistes, Phuntsok est convaincu que la pensée de Lénine et de Staline peut être bénéfique au développement de la société tibétaine[32].

Il vit dans une résidence pour hauts responsables gouvernementaux à la retraite[33].

Phuntsok s'est marié à une Tibétaine musulmane[4]. Pour obtenir la permission de l'épouser, il s'était converti, sans grande difficulté, à la religion musulmane, étant davantage marxiste que bouddhiste[34].

Son épouse est décédée alors qu'il était en prison. Quand ses enfants rendirent visite à leur père en hôpital psychiatrique en 1975, il n'osèrent pas lui dire qu'elle avait eu une mort effroyable quelques années plus tôt[3].

Rencontre avec la délégation tibétaine du gouvernement tibétain en exil de 1979

En 1979, Phuntsok Wangyal qui n'occupait alors qu'un modeste poste administratif sans grand pouvoir, rencontra les membres de la première mission d'enquête au Tibet du dalaï-lama (entre le 24 août et le 24 décembre 1979), en visite en Chine et au Tibet, dont Juchen Thupten Namgyal[35]. La délégation composée de cinq personnes était conduite par Lobsang Samten[36].

Lettres à Hu Jintao

Selon le site TibetInfoNet, au début des années 2000, Phuntsok Wangyal aurait écrit plusieurs lettres à Hu Jintao, dont l'agence Reuters affirme avoir obtenu des copies. Aucune de ces lettres toutefois n'avait été rendue publique jusqu'en mars 2007[37]. Elles ont été publiées courant 2007 par les éditions Paljor Publications, une branche de la Library of Tibetan Works and Archives, dans un ouvrage intitulé Witness to Tibet’s History[38]. Dans sa lettre du 29 octobre 2004, il a écrit : « [...] quand le gouvernement central et le Dalaï Lama auront atteint un stade de compréhension mutuelle sur les principes de la souveraineté nationale, des ajustements appropriés à la politique de répartition administrative et sur l'application du droit à l’autodétermination, les deux parties devraient déclarer dans un rapport politique officiel que des relations amicales ont été restaurées entre eux »[39]. Il a aussi écrit que Hu Jintao devrait permettre le retour du dalaï-lama au Tibet, suggérant que cela serait « [...] bien pour stabiliser le Tibet ». Dans une 3e lettre, datée du 1er août 2006, il a écrit : « Si la solution de la question du Tibet continue à être retardée, il est tout à fait probable que cela aboutira à la création d'un "Vatican oriental du bouddhisme tibétain" à côté du Gouvernement tibétain en exil. La "question du Tibet", au niveau national ou international, deviendra alors plus compliquée et plus dérangeante[40].

Selon le site TibetInfoNet, dans une lettre adressée en 2007 au président Hu Jintao, Phuntsok Wangyal critiqua les faucons du Parti communiste chinois qui, rivalisant pour soutenir les adeptes de Dordjé Shugden, « gagnent leur vie, sont promus et s'enrichissent en s'opposant au séparatisme » [41].

Œuvre

  • Liquid Water Does Exist on the Moon, Beijing, China, Foreign Languages Press, 2002, (ISBN 7-119-01349-1)
  • Witness to Tibet's History, Baba Phuntsok Wangyal, New Delhi, Paljor Publication, 2007, (ISBN 81-86230-58-0)

Notes et références

  1. (en) Robert Barnett, The Babas are Dead: Street Talk and Contemporary Views of Leaders in Tibet, in Proceedings of the International Association of Tibetan Studies (ed. Elliot Sperling), University of Indiana, Bloomington, p. 5 : « Babas are Tibetans from Bathang, the town in eastern Kham on the main route that runs through western Sichuan (or Xikang, as it was known between 1935 until 1955 when it was a separate province) to the eastern border of central Tibet ».
  2. (en) Jeff Bendix Case anthropologist tells story of Tibet Communist Party founder, New book is oral history, autobiography titled "A Tibetan Revolutionary", July 2, 2004 : « Born in 1922, Phunwang grew up in a region inhabited mainly by ethnic Tibetans but not considered part of "political" Tibet ».
  3. a, b, c, d et e Kim Yeshi, Tibet. Histoire d'une tragédie, Édition La Martinière, février 2009, chapitre sur Phuntsok Wangyal (p 200-207) - (ISBN 978-2-7324-3700-2).« En 1975, on le transféra dans un hôpital psychiatrique où il rencontra ses enfants. Il ne les avait pas vu depuis quinze ans et ceux-ci ignoraient que leur père était toujours vivant [...] Ils ne lui dire pas qu'ils avaient eux aussi terriblement souffert et que leur mère avait connu une mort effroyable quelques années plus tôt. »
  4. a, b, c et d Roland Barraux - "Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions", Albin Michel, 1993. Réédité en 2002, Albin Michel, (ISBN 2226133178).
  5. Roland Barraux, op. cit., p. 336 : « Originaire du Kham, marié avec une Tibétaine musulmane, Phuntsog Wangyal avait étudié dans une école missionnaire chrétienne à Bathang et avait appris l'anglais. »
  6. (en) A. Tom Grunfeld, compte rendu de A Tibetan Revolutionary: The Political Life and Times of Bapa Phuntso Wangye (Melvyn C. Goldstein, Dawei Sherap, and William R. Siebenschuh), in China Review International, Vol. 11, 2004, pp. 351-354 : « As a child Phunwang attended a Chinese government-sponsored school in Batang that had been established to prepare ethnic Tibetans for work in the Guomindang (GMD) government. As his education progressed Phunwang became increasingly disillusioned with the GMD and, coupled with a traditional Khampa (a person from Kham) disenchantment with the Tibetan government in Lhasa, he sought alternative ideologies. It was one of his teachers who introduced Phunwang to socialist ideas, lending him Russian communist books such as Joseph Stalin's On Nationalities, and it wasn't long before Phunwang had embraced communism ».
  7. Tserin Shakya, The Prisoner, in New Left Review, July-August 2005 : « It was a teacher, Mr Wang, at the special academy run by Chiang Kaishek’s Mongolian and Tibetan Affairs Commission, who first introduced the sixteen-year-old Phünwang to Lenin’s Nationality and the Right to Self-Determination ».
  8. (en) A. Tom Grunfeld, op. cit. : « He founded the Tibetan Communist Party in 1939 along with five comrades. »
  9. (en) A. Tom Grunfeld, op. cit. : « they spent the next decade in a vain attempt to spark a revolution in eastern Tibet in the hopes of creating a greater socialist Kham, and ultimately a greater socialist Tibet. »
  10. (en) Tsering Shakya, The prisoner, New Left Review, 34, July-August 2005 : « The strategy of the tiny Tibetan Communist Party under his leadership during the 1940s was twofold: to win over progressive elements among the students and aristocracy in ‘political Tibet’— the kingdom of the Dalai Lama — to a programme of modernization and democratic reform, while building support for a guerrilla struggle to overthrow Liu Wenhui’s rule in Kham ».
  11. (en) Tsering Shakya, The prisoner, New Left Review, 34, July-August 2005 : « Phünwang gives a lively critical account of the arrogance of certain members of the traditional elite, the cruelty of some of the monks he encountered during his travels and the poverty of the peasants — worse than in China itself — under the heavy taxes and corvée labour system. »
  12. (en) Hartley, Lauren R.,Schiaffini-Vedani, Patricia, Modern Tibetan literature and social change, Durham, Duke University Press, 2008, poche (ISBN 978-0-8223-4277-9) (LCCN 2007047887) [lire en ligne], p. 37  : « The Republican school started enrolling students in 1938 and was in the Tromzikhang, on the north side of the Barhor. The staff comprised Chinese, Hui, and Tibetan teachers. Baba Püntsok Wanggyel, a progressive pro-Communist Tibetan from Batang (Kham), also taught for a short period in that school. »
  13. Robert Barnett, op. cit., p. 7 : « In the late 1930s and early 1940s he had tried to establish a communist party among Tibetans in Kham, but later had to flee to Lhasa, where he had been allowed to teach Chinese and to head, without revealing his commitment to communism, an informal salon of progressive intellectuals and aristocrats ».
  14. a, b, c et d Biography of a Tibetan Revolutionary Highlights Complexity of Modern Tibetan Politics, Phayul.com 19 juin 2004.
  15. Thubten Samphel, op. cit. : « in 1946, two visitors from Tibet landed at Tharchin Babu's doorstep: Baba Phuntsog Wangyal and his friend. (...) Earlier the two had visited Lhasa to warn the Tibetan government that unless it brought about changes in Tibet, the country would succumb to an imminent Chinese invasion after the Chinese civil war. (...) They warned Lhasa that the only way out was to obtain British military aid. The two said Lhasa had ignored them. They were 'nobody', had no names, no titles. So they came to Kalimpong in the hope of directly approaching the British government in India. Tharchin Babu travelled with them to Gangtok and introduced them to Sir Basil Gould, the British Political Officer (...). The 12-page memorandum, which Baba Phuntsog Wangyal wrote, was transmitted to London through the office of the Political Officer. A copy was sent to Lhasa. Realising Britain would ignore his pleas for help, Baba Phuntsog Wangyal made a trip to Calcutta and met with Jyoti Basu for Indian communist help in securing arms. But his promises of help then were vague and in the end not forthcoming. »
  16. Thubten Samphel, Virtual Tibet: The Media, in Exile as challenge: the Tibetan diaspora (sous la direction de Dagmar Bernstorff, Hubertus von Welck), Orient Blackswan, 2003, 488 pages, en part. p. 172-175 (ISBN 81-250-2555-3 et 978-81-250-2555-9).
  17. Maria Pia Medina Luna, 1949 : le tournant chinois, sur le site L'intern@ute Histoire, mars 2008 : « La prise de pouvoir de Mao Tse Toung encourage un jeune communiste tibétain, Phuntsok Wangyal, à prendre la parole pour demande des réformes, la démocratisation du système et la transformation de la société féodale. Il est rapidement expulsé du territoire. Le gouvernement tibétain lance une "chasse aux sorcières" contre les Chinois ».
  18. Robert Barnett, op. cit., p. 7 : « he had been forced to return to his hometown when the declaration of the PRC in July 1949 led the Tibetan government to expel all Chinese and their sympathisers from Lhasa and from as much of Tibet as it administered. »
  19. A. Tom Grunfeld, op. cit. « It was only in 1949 that he and his fellow Tibetan communists abandoned their goal for an independent Tibet and joined up with the Chinese communists ».
  20. Tsering Shakya, op. cit. : « Forced to abandon his goal of ‘self-rule as an independent communist Tibet’ ».
  21. Robert Barnett, op. cit., p. 7 : « Back in Bathang his organisational skills and commitment were immediately recognised by the United Front, so that within months he had been appointed to the 15-member Tibet Working Committee, the shadow body that in reality controlled Tibet for nine years after the 1950 invasion. (…). Phuntsog Wangyal was also placed on the South-west Military-Political Council, appointed a director of the Military Propaganda Department in the region, and named as a deputy director of the United Front in Central Tibet. »
  22. a, b et c Dalaï Lama, Au loin la liberté, autobiographie, Livre de poche, 1993 (ISBN 225306498X).
  23. Robert Barnett, op. cit., p. 8 : « by 1957 Phuntsog Wangyal had been purged, an early victim of the anti-Rightist campaign and its particular targetting of the United Front leadership under Li Weihan ».
  24. (en) Jeff Bendix, op. cit. : « In 1958 he was labeled a "local nationalist" (someone who put the interests of his ethnic group above the interests of the state) and ordered to remain in Beijing. Two years later, following the Tibetan uprising against the Chinese, he was arrested and spent the next 18 years in solitary confinement ».
  25. Tibet, self-determination in politics among nations, Swarn Lata Sharma – 1988, Criterion Publications, 1988, p 193, « Mr. Phuntsok Wangyal — one of the first Tibetan communists to collaborate with the Chinese had been put in prison in 1957 because he had opposed their treachery in Tibet. Every member of his family including his two years old daughter was put in prison. His wife died there and since he was released only about a year and a half ago, he said he found it very difficult to speak in Tibetan because he had never been allowed to talk during his imprisonment. He was kept in such isolation that he did not know until released that his brother had been in the same prison for fourteen years. »
  26. Tsering Shakya, op. cit. : « When he was finally released from the ‘Beijing Bastille’, after several periods of insanity, he was fifty-seven. The worst of many tortures he recalled was being bombarded by ‘electronic waves’ in his cell, which produced excruciating headaches. For months after his release he could not stop himself drooling ».
  27. Fabienne Jagou, compte rendu de A Tibetan Revolutionary. The Political Life and Times of Bapa Phüntso Wangye, Lectures critiques, in China perspectives, No 58 (march-april 2005).
  28. Claude Arpi, Le dernier caravanier. La vie d’Abdul Wahid Radhu, La Revue de l'Inde n°7 (2007).
  29. Jeff Bendix, op. cit. : « After his release he was rehabilitated and continues to live in Beijing, although he frequently visits Tibet ».
  30. Jeff Bendix, op. cit. : « Finally, in 1978, Phunwang was released from prison and gradually rehabilitated in the Chinese Communist Party ».
  31. Robert Barnett, op. cit., p. 8: « even when finally released in 1978 he had to remain in the Chinese capital, fulfilling senior but largely honorary positions, some of which he still holds ».
  32. Fabienne Jagou, op. cit. : « Today, Phünwang is still faithful to his socialist ideals and convinced that the thinking of Lenin and Stalin may benefit the development of Tibetan society. »
  33. Jeff Bendix, op. cit. : « he lives in a residence of retired high government officials. »
  34. Hisao Kimura, Scott Berry, Japanese agent in Tibet: my ten years of travel in disguise, Serinda Publications Inc, 1990, p. 206 : « Her only objection to my friend was that he was not of their faith. More of a Marxist than a Buddhist anyway, Phuntsok Wangyel found a change of religion no great problem, and he quickly arranged to meet four Muslim elders of Wobaling to undergo the necessary initiation ceremony. »
  35. Claude Arpi, Interview with Kasur Thubten Juchen Namgyal, 15 mars 1997
  36. Stéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international, p. 52
  37. (en) “Hawks blocking Dalai Lama’s return”, TibetInfoNet (TIN), 7 mars 2007 : « Phuntsog Wangyal, the 84-year-old Tibetan Communist veteran, has written to President Hu Jintao and condemned "hawks" for blocking the Dalai Lama's return and criticised them as they "make a living, are promoted and become rich by opposing splittism". Phuntsog Wangyal's three letters to Hu have never been made public, however, Reuters has obtained copies of the letters ».
  38. Witness to Tibet's History
  39. (en) CTA's response to Chinese government allegations: Part One, 15 mai 2008, « [...] after the Central Government and the Dalai Lama have reached a mutual understanding on the principles regarding national sovereignty, appropriate adjustments to the domestic administrative division policy and implementing the right to self-determination, both sides should officially declare in a political statement that friendly relations between them have been restored. ».
  40. (en) Baba Phuntsok: Witness to Tibet's History, Where Tibetans Write , 26 décembre 2007 : « [...] Hu should welcome back the Dalai Lama to Tibet which Phunwang suggests will be "…good for stabilizing Tibet". In his Third Letter of August 1 2006, Phunwang writes: "If the inherited problem with Tibet continues to be delayed, it is most likely going to result in the creation of ’The Eastern Vatican of Tibetan Buddhism’ alongside the Exile Tibetan Government. Then the ’Tibet Problem’, be it nationally or internationally, will become more complicated and more troublesome." »
  41. (en) Allegiance to the Dalai Lama and those who "become rich by opposing splittism", TibetInfoNet (TIN), 7 mars 2007 : « The worship of the deity has the ostensible support of both the regional and central party leadership, which have been generous with both financial and administrative support to the pro-Shugden groups and programmes. The rush in championing the Shugden cause gives those cadres supporting it privileged access to funds and enhances their personal stature. In a recently publicised letter to Chinese president Hu Jintao, Communist Party veteran Phuntsog Wangyal spoke of these cadres as people who "make a living, are promoted and become rich by opposing splittism" ».

Bibliographie

  • Melvyn Goldstein, Dawei Sherap, William Siebenschuh, A Tibetan Revolutionary. The political life of Bapa Phüntso Wangye, University of California Press, 2004

Autre lecture

Voir aussi

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