Pantalon


Pantalon
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Un pantalon
Pantalon de cachemire, 1831 (droit)

Un pantalon est un vêtement unisexe porté sur la partie inférieure du corps, les deux jambes étant couvertes séparément.

Il doit son nom à celui du personnage de Commedia dell’arte, Pantalone (en français: Pantalon), dont le costume comporte ces culottes longues typiques.

En argot : falzar, fendard (Genève), futal (ou fut’), froc, etc.

Il s’ouvre au milieu sur le devant par une braguette ou sur les côtés par un pont.

Historiquement, le pantalon est lié à l’histoire de la domestication du cheval, étant indispensable pour le monter. Le pantalon moderne sera adopté vers 1850 sous le surnom tuyau de poêle. Il n’évolue que sur des détails depuis comme l’adjonction d’un revers sous l’impulsion de Édouard VII du Royaume-Uni en 1909, par exemple. C’est le sport qui en popularisera le port chez les femmes[1].

Sommaire

Les types de pantalon

Les pantalons historiques

Au cours des siècles, certains termes, aujourd’hui désuets, ont été utilisés pour désigner le pantalon :

La longueur de jambe

Les pantalons peuvent être classés selon leur longueur de jambe. On parle de :

  • short, quand la jambe s’arrête mi-cuisses ;
  • bermuda, quand la jambe s’arrête au-dessus du genou ;
  • cuissard, pour un pantalon moulant dont la jambe s’arrête au-dessus du genou (comme pour les coureurs cyclistes).
  • corsaire, pour un pantalon étroit dont la jambe s’arrête entre le genou et le mollet.
  • pantacourt, quand la jambe s’arrête à mi-mollet ;
  • pantalon long, quand la jambe s’arrête entre la cheville et le sol.

La matière

Un grand nombre de matières peuvent être utilisés dans la confection d’un pantalon :

La taille

Un pantalon se classe selon trois hauteurs de tailles :

  • le pantalon taille haute, dont la ceinture arrive à hauteur de la ligne de taille ;
  • le pantalon taille descendue (ou abaissée), dont la ceinture arrive à 3 ou 4 cm sous la ligne de taille.
  • le pantalon taille basse, dont la ceinture arrive à 5 ou 6 cm sous la ligne de taille. Le baggy, couramment nommé pantalon taille basse, appartient à cette catégorie.

La forme et la coupe

De nombreux termes permettent de qualifier la forme et la coupe d’un pantalon :

  • Pantalon fuselé ou carrot : pantalon très ajusté dont le bas se rétrécit.
  • Pantalon regular fit : pantalon dont la coupe est droite.
  • Pantalon relaxed fit : pantalon dont les cuisses sont amples.
  • Pantalon slim ou cigarette : pantalon étroit.
  • Pantalon skinny : pantalon très étroit, s’apparentant presque à des leggings.
  • Pantalon oversize : pantalon très large.
  • Pantalon bootcut : pantalon dont les jambes sont évasées à partir du mollet.
  • Pantalon flare : pantalon dont les jambes sont évasées à partir du genou.
  • Pantalon extra-flare : pantalon plus évasé que le flare.
  • Pantalon à pattes d’éléphant : pantalon de la mode des années 1970, serré en haut et sur les cuisses, terminant en trompette assez large sur les chevilles, redevient à la mode des années 2010.
  • Pantalon à plis marqués : pantalon avec des plis faits au fer chaud.
  • Pantalon à pinces : pantalon avec une couture sur la hanche qui crée un pli sur toute la longueur, ou large avec des pinces sur le devant.

La fermeture

Un pantalon se ferme le plus souvent par une fermeture à glissière ou par des boutons, situés sur le devant.

Il peut aussi être fermé sur les côtés au moyen d’un pont, une pièce de tissu qui s’attache au niveau de la taille par boutonnage.

Enfin, certains pantalons se maintiennent par un élastique à la hanche. C’est le cas des pantalons de sport, comme le jogging.

La plupart des pantalons sont munis de passants, afin de pouvoir passer une ceinture.

Pantalons liés à des activités

  • Pantalon jodhpurs, pantalon d’équitation.
  • Pantalon de sport, le jogging.
  • Pantalon fuseau, pantalon extensible cintré et coupé près du corps, dont les jambes se terminent par un sous-pied.
  • Pantalon de treillis (d’origine militaire), pantalon à couture spécifique en U sur les fesses et avec de grands poches sur les cuisses.
  • Pantalon dit "Tatamousse" ou décontracté. Similaire à un jogging ou un pyjama.

Histoire

Dans l’Antiquité, l’histoire du pantalon est liée à la domestication du cheval. Le port du pantalon était d’usage chez les peuples cavaliers nomades telles que les Scythes iraniens et les Achéménides. Les Celtes et les Romains adoptèrent cette tenue appelée communément braies. Les Perses, quant à eux, portaient sous leur robe un pantalon, signe de leur rang social élevé.

En Chine antique, le pantalon n’était porté que par la cavalerie. D’après la tradition, il a été introduit par le roi Wu de Zhao en 375 av. J.-C., copiant la coutume de cavaliers turco-mongols de la frontière nordique de la Chine.

Le pantalon a été introduit en Europe occidentale à plusieurs reprises au cours de l’Histoire, notamment pas les Hongrois et les Turcs ottomans [réf. nécessaire], mais il est devenu courant seulement à partir du XVIe siècle.

Le pantalon pour homme

Le pantalon tire son origine des chausses portés par les hommes au XVe siècle. Les chausses étaient faciles à fabriquer et à fixer à un pourpoint avec des lacets. Mais peu à peu, les chausses furent jointes, d’abord dans le dos, puis sur le devant, tout en laissant une large ouverture pour les besoins sanitaires. Initialement, les pourpoints descendaient presque jusqu’aux genoux, couvrant le bassin. Mais avec l’évolution de la mode vestimentaire, le pourpoint devint plus court, et il devint nécessaire pour les hommes de couvrir leurs parties génitales avec une braguette, qui fut ajoutée au pantalon à la fin du XVIe siècle.

En 1788, au cours de la Révolution française, les porteurs de pantalons, travailleurs issus du peuple, se sont distingués sous le nom de Sans-culottes, par opposition aux porteurs de la culotte, aristocrates et bourgeois. C’est devenu une tendance politique révolutionnaire.

Mais ce n’est qu’à partir de 1830 que le pantalon fut véritablement accepté et porté couramment comme vêtement de ville. Il portait alors le sobriquet « tuyau de poêle ».

Ce style fut introduit en Angleterre au début du XIXe siècle, probablement par Beau Brummell, et devint le bas le plus porté par les hommes au milieu du siècle.

Les marins ont pu jouer un rôle dans la diffusion du pantalon à travers le monde. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les marins portaient des pantalons larges appelés galligaskins. Les marins ont également été les premiers à porter des jeans. Ces derniers devinrent plus populaire à la fin du XIXe siècle dans l’Ouest américain, en raison de leur résistance et de leur longévité.

Le pantalon pour femme

Mineuse de Wigan.

C’est en Perse que l’on rencontre les premiers pantalons féminins. En Europe, le pantalon pour femme est devenu courant au cours du XXe siècle. Auparavant, à cause des interdits religieux[2] et des valeurs attachées traditionnellement à chaque genre (courage pour l'homme, pudeur pour la femme) s'imposait la différence sexuée dans l'habillement, et le port du pantalon par la femme était interdit et condamné.

En France, durant la Révolution, une ordonnance du Préfet de Police de Paris du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) règlemente le port du pantalon pour les femmes, imposant à celle voulant s'habiller en homme dans les quatre-vingt-une communes du département de la Seine et les communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon de se présenter à la préfecture de police pour y être autorisées[3]. Cette autorisation ne pouvait être accordée que pour motif médical. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, aucune loi n'est venue généraliser cette restriction. Deux circulaires préfectorales (1892 et 1909) ont atténué l'interdiction et autorisé le port du pantalon féminin si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval. Pendant longtemps, les femmes ne portèrent pas de pantalon, suivant l’assertion populaire selon laquelle une fille qui porte des pantalons est une fille qui se conduit mal, car une femme honnête a les genoux sales. Cette réglementation n'a jamais été abrogée. En 1930 la championne olympique Violette Morris est déboutée de sa plainte contre la Fédération féminine sportive de France qui l'a radiée à cause de son comportement et son habillement masculin, à cause de l'exemple « déplorable » qu'elle donne à la jeunesse[4]. En 2003, un député, Jean-Yves Hugon[5], qui proposait de la faire abroger s'est vu répondre par la ministre déléguée à la Parité et l'Egalité professionnelle, Nicole Ameline, que dans ce genre de cas, laisser une loi désuète non appliquée vaut mieux que de faire adopter un texte l'abrogeant[6]. En septembre 2010 les conseils municipaux de Paris, à la demande des élus Verts et Communiste, a fait la même demande et s'est vu répondre par le préfet qu'il avait mieux à faire que de l'archéologie législative[7].

Le pantalon n'était toléré que pour les femmes faisant un métier d'homme. Ainsi, en Angleterre, les femmes travaillant dans les mines de charbon de Wigan furent parmi les premières à porter des pantalons pour accomplir leur travail dangereux. Elles portaient une jupe au-dessus du pantalon, mais cette jupe était enroulée jusqu’à la taille pour ne pas gêner leurs mouvements. Leur tenue choqua la société victorienne de l’époque. Dans l’Ouest américain, au XIXe siècle, les femmes travaillant dans les ranchs portaient le pantalon pour chevaucher.

Au début du XXe siècle, des aviatrices et des femmes actives se sont mises à le porter. Par ailleurs, trois actrices célèbres, Marlène Dietrich, Greta Garbo et Katharine Hepburn, portaient volontiers le pantalon à Hollywood dans les années 1930, ce qui choquait beaucoup dans l'Amérique puritaine et en crise, mais les deux premières étaient considérées par la presse féminine comme les représentantes d'une sophistication européenne un peu exotique, alors que l'anti conformisme de Katharine Hepburn était mal jugé[8]. Mais contribua très progressivement à démocratiser une tenue « masculine » pour les femmes « ordinaires ».

Durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les femmes travaillant dans les usines ou exécutant d’autres « travaux pour hommes », ont commencé à porter les vêtements civils de leurs maris mobilisés, y compris leurs pantalons. Dans l’après-guerre, le pantalon est devenu une tenue de détente acceptable pour le jardinage, la plage, et d’autres activés de loisirs.

Plus tard, dans les années 1960, André Courrèges a présenté le pantalon pour femmes comme vêtement de mode, menant à l’ère des jeans chics et des pantalons de tailleur. Par la suite, l’interdit social pour les femmes de porter un pantalon dans les écoles, sur le lieu de travail et dans les restaurants chics, a peu à peu disparu.

De nos jours, la loi soudanaise interdisant le port de tenue indécente est interprétée par les autorités soudanaises comme une interdiction du port du pantalon par les femmes, ce délit étant puni de 40 coups de fouets[9].

Culture

Surnoms

Les pantalons sont à l'origine de surnoms, par exemple en breton, Maryann ar Bragou ou « Marianne le pantalon », surnom d'une maîtresse-femme[10]. Comme « porter la culotte », « porter le pantalon » se dit d'une femme qui commande dans son foyer.

Notes et références

  1. Le Vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997. (ISBN 2-09-182472-0)
  2. Christine Bard,Nicole Pellegrin 1999, p. 24
  3. Ordonnance du Préfet de Police Dubois
  4. Christine Bard,Nicole Pellegrin 1999, p. 161
  5. Une loi française interdit aux femmes le port du pantalon…
  6. En France, le port du pantalon pour une femme est un délit…
  7. Cité par Christine Bard dans La fabrique de l'histoire sur France Culture, 2 février 2011
  8. Christine Bard,Nicole Pellegrin 1999, p. 172-173
  9. Une Soudanaise jugée pour avoir porté un pantalon, Le Monde. Consulté le 30-07-2009
  10. Mikael Madeg a sélectionné une vingtaine de surnoms de Bretons avec le mot bragou (pantalon) dans Le grand livre des surnoms bretons, p. 40.

Bibliographie

  • Christine Bard Une histoire politique du pantalon, Le Seuil, 2010
  • Christine Bard,Nicole Pellegrin, Femmes travesties : un "mauvais" genre, Presses Universitaire du Mirail, coll. « Clio », 1999, 299 p. (ISBN 9782858164837) [lire en ligne] 

Voir aussi

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