Osteopathie


Osteopathie

Ostéopathie

La pratique de l'ostéopathie inclut la palpation, la manipulation des os, des muscles, des articulations et des fasciae.

L'ostéopathie (du grec ὀστέον, ostéon, « os » et πάθος, páthos, « maladie ») est une médecine non conventionnelle qui se veut à la fois préventive et curative. Créée vers 1874 par le médecin américain Andrew Taylor Still (1828-1917), elle est essentiellement fondée sur des techniques manuelles visant à la conservation ou la restauration de la mobilité des différentes structures de l'organisme. Elle se base sur l'idée selon laquelle toute perte de mobilité naturelle des organes les uns par rapport aux autres apparaît au niveau des muscles, des tendons, des viscères, du crâne ou des enveloppes (fascia) et induit des dysfonctionnements.

Les tenants de l'ostéopathie considèrent que la remise en fonction de la mécanique corporelle - si elle est pratiquée assez tôt et si les atteintes ne sont pas trop importantes - peut corriger le désordre correspondant et mener l’organisme à l’auto-guérison. Les ostéopathes considèrent eux-mêmes qu'une médecine plus conventionnelle est nécessaire pour les maladies graves, purement organiques ou s’accompagnant d’états infectieux ou inflammatoires graves. Ils traitent plutôt certaines pathologies fonctionnelles, éventuellement psychosomatiques. Ils traitent parfois aussi le nourrisson (insomnies, correction de déformations crâniennes induites par l'utilisation de ventouses ou d’un forceps lors de l’accouchement).

Les principes fondamentaux de l'ostéopathie sont considérés comme dogmatiques par certains auteurs, qui mettent en doute le lien entre sa pratique et les guérisons constatées. Ils classent l'ostéopathie (au moins pour son aspect théorique) dans la catégorie des pseudo-sciences[1]. Par ailleurs, des inquiétudes ont été formulées vis-à-vis des risques liés aux techniques de manipulation, notamment vertébrales, pratiquées par certains ostéopathes ne possèdant pas de formation adéquate pour effectuer ce type de manipulation.

Sommaire

Principes fondateurs

L'ostéopathie est organisée autour de quatre principes de bases [réf. nécessaire]:

  1. Chaque structure du corps a une fonction physiologique, chaque fonction entretient une certaine structure et la structure gouverne la fonction. Par exemple, le tube digestif est considéré comme structure, la digestion comme fonction et la forme (ondulations, villosités, microvillosités, etc.) de l'intestin permet sa fonction (digestion, rôle dans l'immunité et le système hormonal…). Le squelette, en tant que charpente osseuse, et sa musculature ont une grande importance, en tant que support des autres systèmes et organes dont la mobilité naturelle est nécessaire pour un bon fonctionnement durable des systèmes nerveux, musculaire, circulatoire, respiratoire, etc.
  2. Concept d'unité et d'interrelations entre les différentes parties du corps (il est commun à bien des médecines) : toutes les parties du corps sont reliées, par la vascularisation, le système nerveux, le tissu conjonctif, le système lymphatique et hormonal), mais aussi de l'être humain dans sa globalité, rassemblant ses aspects physique, émotionnel, mental, intellectuel et spirituel. L'ostéopathie postule une interrelation entre la structure et la fonction : un organe ne pourrait fonctionner correctement que si sa configuration tridimensionnelle est conforme à ce qu'elle devrait être, et inversement.
  3. Principe d'auto-guérison : le corps dispose de nombreux systèmes de réparation, adaptation, défense ou compensation. Ce postulat de Andrew Taylor Still, créateur de l'ostéopathie, est considéré comme peu scientifique par certains. L'ostéopathe ne ferait que stimuler les facultés d'auto-guérison chez le patient. Les ostéopathes fondent leur réflexion sur les conditions qui ont mis ces moyens en défaut, et tentent de lever l'obstacle.
  4. Le rôle de l'artère est absolu : toute structure somatique non atteinte d'une lésion organique est capable de fonctionner normalement, pour peu que sa vascularisation soit correcte et que l'alimentation ait fourni des nutriments qualitativement et quantitativement suffisants.

Ces concepts sont appliqués à l'anatomie et à la physiologie humaines. « Le rôle de l'artère » est une manière particulière de voir les choses[pas clair]. Aujourd'hui, tous les ostéopathes n'y accordent pas la même importance. Les ostéopathes dits « scientifiques », considèrent que ce rôle n'est pas suffisant pour assurer une fonction normale.

Histoire

La médecine ostéopathique ou médecine des maladies de l'os, s'appuyant sur les bases anatomiques et physiologiques du corps, est apparue au XIXe siècle, sous l'impulsion de deux hommes dont l'esprit curieux et ouvert, permit de poser les premiers fondements d'un art diagnostique et thérapeutique consistant d'une part à examiner et traiter globalement un individu au lieu de traiter sa maladie, d'autre part à tenter de conserver sa santé à l'individu pour éviter qu'il ne contracte une maladie. Ces deux hommes sont Andrew Taylor Still et William Garner Sutherland.

La naissance de la médecine ostéopathique

L’ostéopathie fut fondée par A.T. Still. En automne 1874, pendant une épidémie, il guérit un enfant de la dysenterie puis dix-sept autres avec succès ; ce fut le premier traitement ostéopathique.[réf. nécessaire]

Le 22 juin 1874, il rompt définitivement avec la médecine traditionnelle qui n'a jamais vraiment répondu à ses espérances et expose ses théories et résultats sur l'ostéopathie. Il établit les grands principes de l'art ostéopathique : « Je lance au vent la bannière de l'Ostéopathie ! ». Jusqu'en 1878, il guérit avec ses mains, ce qui devient tout à fait inconvenant pour ses pairs[pas clair].

En 1892, l'American School of Osteopathy est créée à Kirksville. Il s'agit du premier collège d'ostéopathie au monde. Il consacre la reconnaissance officielle de l'ostéopathie dans l'état du Missouri. Les étudiants qui y sont formés reçoivent le titre de D.0. graduate (docteur en ostéopathie) et non pas de M.D. (docteur en médecine). Still tenait, dès le départ, à faire la différence entre deux activités professionnelles totalement différentes.

De 1892 à 1900, l'ostéopathie s'étend dans tout le Sud des États-Unis.

De 1894 à 1900, se développe une opposition violente des instances médicales officielles[réf. nécessaire]. L'ostéopathie acquiert pourtant le droit d'exercice dans la plupart des états, comme profession paramédicale, sans possibilité de prescription de médicaments, mais avec le droit de pratiquer l'obstétrique et la chirurgie. Des collèges de médecine s'ouvrent un peu partout aux États-Unis.

1905 est l'année de publication du Rapport Flexner. La médecine traditionnelle toujours prédominante, fortement organisée et structurée face à la toute jeune médecine ostéopathique, par le biais de la puissante Association de médecine américaine (AMA), exerça une énorme pression sur les pouvoirs publics qui nommèrent alors la commission Flexner. Celle-ci obtint, après inspection des institutions médicales privées, la fermeture de nombreux collèges et empêcha la création de ceux en cours de constitution. L'opinion publique en fut tellement scandalisée que des pétitions au niveau national obligèrent le président Theodore Roosevelt, dont la famille était traitée par ostéopathie, à autoriser l'ouverture de ces collèges en cours de constitution.

Le premier état à légitimer l'ostéopathie fut le Vermont en 1896. Il faudra près de 100 ans pour que la Californie, dernier état de l'Union, obtienne ce même droit par une lutte opiniâtre en 1974. Viola Fryman, à la tête d'une poignée de vieux ostéopathes, en dernier recours auprès du Juge du Tribunal suprême des États-Unis, obtient le droit de créer le College of osteopathic medicine of the Pacific à Pomona. La profession d'ostéopathe désormais reconnue, obtient en 1969 les droits et privilèges médicaux et chirurgicaux.

Naissance du concept crânien dans le domaine de l'ostéopathie

William Garner Sutherland était étudiant à Kirksville à la fin du XIXe siècle. Un jour, il se mit à observer un crâne désarticulé et fut frappé par la présence de biseaux sur l'os temporal. Ce biseau évoquait une mobilité articulaire analogue à celle des ouïes d'un poisson. Il pensa que cela n'avait pas vraiment de sens et pendant 10 ans, il s'efforça de ne plus y penser. Cependant, il repensait toujours à cette analogie avec les ouïes du poisson. Il décida finalement de se prouver que son raisonnement était une absurdité et qu'il n'y avait absolument aucun fondement rationnel et scientifique à ses propres idées. Au bout de 20 ans, c'est à dire 30 ans après sa première observation, il en était arrivé à des conclusions précises.

En 1939, il publie le résultat de ses recherches dans The cranial bowl (La boule crânienne), accueilli avec indifférence ou scepticisme. Un grand soutien lui est toutefois apporté par le Dr Kimberley, un neurochirurgien américain. Son élève, Harold Magoun, poursuivit son œuvre et publia en 1951 Osteopathy in the cranial field (Ostéopathie dans le champ crânien), le livre de référence de l'ostéopathie crânienne.

Développement de la médecine ostéopathique en Europe

Le britannique John Martin Littlejohn séjourne longtemps à Chicago et reçoit l'enseignement direct de Still. Avec l'accord reçu de celui-ci de son vivant, Littlejohn crée la British School of Osteopathy à Londres en 1918.

Elle restera la seule école anglaise jusqu'à la naissance de l'Osteopathic Institute of Applied Techniques à Maidstone, créé par John Werhnam, élève de John Martin Littlejohn.

L'École française d'ostéopathie est créée en 1957 sous la direction de Paul Geny. Elle délivre un enseignement privé pour médecins et kinésithérapeutes. Les difficultés répétées du pouvoir médical obligent l'expatriation[pas clair] de l'École française d'ostéopathie en Angleterre où elle devient l'École européenne d'ostéopathie de Maidstone en 1960.

En 1973, la Société internationale d'ostéopathie, siégeant à Genève, recommande des normes d'enseignement de l'ostéopathie de type universitaire en 3 cycles totalisant 5000 heures de cours en 6 années après le baccalauréat ou son équivalent national pour déboucher sur une profession compétente en matière de prévention et de conservation de la Santé, suivant les recommandations de l'OMS.

Outils thérapeutiques

L'ostéopathe dispose de différentes approches thérapeutiques qu'il considère adaptées aux besoins spécifiques du patient, à ses propres affinités et à ses propres connaissances [2]. On distingue parmi celles-ci [3] :

  • les techniques de mobilisation articulaire passive lente (technique générale ostéopathique, techniques fonctionnelles directes ou indirectes, etc.) ou rapide (technique haute vélocité basse amplitude, technique basse vélocité haute amplitude, etc.) ;
  • les techniques de mobilisation articulaires actives (technique de Mitchell, etc.) ;
  • les technique de mobilisation articulaire mixtes (techniques de Sutherland, etc.) ;
  • les techniques réflexes (traitements réflexes du tissu conjonctif, points de Knapp, points de Head, points triggers, traitements neuro-musculaires, etc.) ;
  • des techniques de mobilisation des structures molles et péri-osseuses (crânien, viscéral, facial, etc.) ;
  • des techniques psycho-cognitives (empathie, développement de la confiance en soi, positivisme, etc.).

Le texte Référentiel profession ostéopathe[réf. nécessaire], établi par cinq associations ostéopathiques conjointement avec les pouvoirs publics, reconnaît trois pratiques ostéopathiques : celle dite structurelle (incluant les manipulations vertébrales et articulaires) ou thrusts technics, l'ostéopathie viscérale (qui intéresse les organes) et l'ostéopathie crânienne.

La palpation recherche les dysfonctions somatiques au sein de tous les tissus du corps. En dehors de l'interrogatoire, la main représente l'outil essentiel tant du diagnostic que du traitement. Ici aussi, les concepts s'opposent. Pour certains ostéopathes, la main n'est rien ; c'est le système nerveux central du thérapeute qui est l'outil de traitement.

L'ostéopathie s'adresse au corps entier (cf. concept d'unité). L'action sur ces différents systèmes passerait par un lien physiologique majeur : le système nerveux. En effet, toutes les techniques auraient comme point commun d'émettre des informations aux éléments afférents du système nerveux périphérique et du système nerveux végétatif (sympathique et parasympathique). Ceci expliquerait pourquoi l'action de l'ostéopathie sur le corps n'est pas locale, mais toucherait l'ensemble de l'organisme.

Bien que non spécifiques et non démontrées, les techniques ostéopathiques auraient ainsi une action bénéfique sur les symptômes d'affections touchant les domaines suivants :

Efficacité

À ce jour, très peu d'études scientifiques ont évalué l'efficacité de l'ostéopathie. Elles sont sporadiques et leurs résultats parfois contradictoires.

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine et reprise par le Quotidien du médecin français, démontre l'efficacité des traitements ostéopathiques dans les cas de lombalgie subaigüe (patients souffrant depuis plus de trois semaines mais moins de six mois)[4].

Les rachialgies

Chez des personnes souffrant de rachialgies, un traitement ostéopathique en plus du traitement classique améliore l’état algique et psychologique à court terme (2 mois) et l’état psychologique à plus long terme (6 mois)[5].

Les lombalgies

L’étude du UK BEAM trial team[6] sur 1 334 patients lombalgiques a confirmé le bénéfice d’un traitement ostéopathique à 3 mois et à une année. Ces résultats semblent être améliorés par l’ajout d’exercices en plus des manipulations.

L’ostéopathie aurait également des effets bénéfiques chez les sujets souffrants de hernies discales vu que cette approche est plus efficace[7] et comporte moins de risques[8] que la chimionucléolyse.

Chez les patients présentant une lombalgie commune aigüe ou récidivante pour lesquels les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués, l’ostéopathie peut être une bonne alternative vu que les mêmes résultats cliniques sont obtenus en prenant moins d’anti-inflammatoires[9].

Le fait que l’ostéopathe prenne en considération l’aspect biopsychosocial de la rachialgie et les bénéfices qu’en tirent les patients peuvent expliquer la raison pour laquelle les patients lombalgiques continuent à consulter l’ostéopathe à plus long terme (de 1 à 4 ans) sans pour autant en tirer profit sur leur état physique[10],[11].

Il n’est pas exclu que les bénéfices du traitement ostéopathique soient d’avantage liés à la prise en charge du patient qu’aux seules manipulations[12]. Ceci semble être du moins applicable aux patients souffrant de lombalgie chronique car Licciardone et al.[13] ont montré que le fait de consulter un ostéopathe diminue la douleur, améliore l’état fonctionnel et diminue les recours aux autres traitements indépendamment du fait que le traitement ait été simulé ou non. La satisfaction des patients est apparemment identique qu’ils reçoivent le traitement placebo ou le traitement ostéopathique[14]. Pourtant Assendelft et al.[15] ont montré par une méta-analyse que la manipulation est plus efficace qu’un traitement placebo. La méta-analyse n’a toutefois pas mis en évidence la supériorité de la manipulation aux traitements habituels. L’analyse qualitative de Bronfort et al.[16] conclut qu’il existe une évidence modérée de l’efficacité des manipulations vertébrales par rapport aux traitements habituels en médecine physique (physiothérapie) et ceci principalement pour les lombalgies aigües. En ce qui concerne la lombalgie chronique, la manipulation seule n’est pas plus efficace que le traitement placebo ou les AINS selon la méta-analyse de Ferreira et al.[17]. Finalement, de nouvelles études sont nécessaires pour évaluer l’effet antalgique du traitement ostéopathique sur les lombalgies chroniques[18],[19]

Les cervicalgies

in, 2003 oct. 4 (8), pp. 417-21 ; discussion pp. 429-30.</ref> comportant moins de risques. Cleland et al.[20] ont montré que la manipulation d’autres structures avoisinantes (les dorsales hautes) apporte également des bénéfices sur les cervicalgies.

Les céphalées

Aucune étude évaluant l’efficacité du traitement ostéopathique lors de céphalées n’a été recensée. Bonfort et al. [21] ont déduit de la littérature que les manipulations cervicales réalisées sur les patients souffrant de céphalées seraient plus efficaces que le massage et qu’ils auraient des effets à court terme comparables à celui des traitements prophylactiques habituels pour les céphalées cervicogéniques ou les migraines.

Une étude plus récente[22] a montré l’efficacité des manipulations cervicales sur les céphalées cervicogéniques à plus long terme (1 année).

Malgré cela, d’autres études rigoureuses comprenant une période de suivi plus longue doivent être menées pour pouvoir se prononcer sur l’efficacité de l’approche ostéopathique pour les céphalées[23],[24].

En ce qui concerne l’approche cranio-sacrée, Green et al.[25] ont relevé que sur les sept études existantes, six étaient de mauvaise qualité et utilisaient des méthodes ne pouvant évaluer correctement l’efficacité de cette approche. La dernière[26] a relevé les effets péjoratifs de cette approche sur des sujets souffrant de lésion cérébrale post-traumatique.

Le système appendiculaire

Peu d’études existent dans ce domaine. Lors d’entorse de cheville, Eisenhart et al.[27] ont montré qu’un traitement ostéopathique effectué en urgence diminuait la douleur et l’œdème rapidement après la manipulation et améliorait l’amplitude de mouvement à une semaine.

L’épicondylite chronique pourrait être soulagée par un traitement ostéopathique. L’étude de Geldschlager[28] ne permet cependant pas de le confirmer. Des études utilisant un groupe de contrôle sans traitement manuel sont nécessaires pour mieux se prononcer.

Pour le syndrome du canal carpien, une étude pilote non-expérimentale évoque la possibilité que l’ostéopathie puisse être bénéfique à long terme (3 mois)[29]. Ces observations sont soutenues par les recherches effectuées sur cadavres[30],[31].

Le traitement du conflit sous-acromial est peu documenté. Il existe une évidence limitée[32] que la mobilisation, la manipulation ou la physiothérapie aient un effet bénéfique vu le peu d’études sur le sujet. La seule étude citée qui étudie la manipulation ou la mobilisation est celle de Winters et al.[33],[34] qui a montré que la thérapie manuelle semble avoir de meilleurs effets sur la durée des symptômes que les exercices (physiothérapie) mais que ces deux méthodes sont moins efficaces que l’infiltration.

En gynéco-obstétrique

L’ostéopathie soulagerait les douleurs musculosquelettiques des femmes enceintes et réduirait leur besoin en médication avant[35] et pendant l’accouchement[36].

Une étude rétrospective[37] évoque la possibilité que le traitement ait également un effet bénéfique sur le futur nouveau-né en diminuant le risque d’accouchement avant-terme et la présence de méconium dans le liquide amniotique.

Enfin, une étude pilote[38] évoque la possibilité que l’ostéopathie crânienne puisse favoriser l’apparition des contractions utérines chez les femmes à terme.

En pédiatrie

L’ostéopathie s’est montrée efficace pour diminuer les récidives d’otites[39].

Le traitement ostéopathique pourrait avoir un effet bénéfique du moins à court terme chez l’enfant asthmatique en augmentant ses valeurs de peak flow[40] alors qu’aucun bénéfice n’a pu être mis en évidence chez l’adulte[41]. Plus d’études dans ce domaine sont nécessaires pour pouvoir conclure[42].

L’intérêt de l’ostéopathie pour traiter les coliques du nourrisson, les reflux gastro-oesophagiens[43] et assurer le développement neurologique du nourrisson[44] reste controversé et demande à ce que des études cliniques randomisées soient effectuées. Une étude de compilation[45] met en doute l’utilité d’un traitement manuel pour les enfants souffrant du « KISS syndrome » (syndrome vestibulaire lié à un stress sous-occipital).

En postopératoire

Les bénéfices potentiels postopératoires en orthopédie d’un traitement ostéopathique ne sont pas clairement établis. En effet, deux études[46],[47] comprenant des lacunes méthodologiques aboutissent à une conclusion positive, alors que celle de Licciardone et al.[48] montre le contraire.

En gériatrie

En gériatrie, l’ostéopathie semble avoir un effet bénéfique sur la capacité de récupération des patients hospitalisés pour une pneumonie. Les patients ont pu arrêter leur antibiothérapie deux jours plus tôt et leur séjour a duré deux jours de moins que le groupe contrôle (SHAM)[49].

De même l’ostéopathie pourrait avoir un effet bénéfique sur la réponse immunitaire des patients âgés vaccinés contre la grippe[50].

Divers

Des études nécessitant de plus amples investigations laissent penser que l’ostéopathie pourrait être profitable pour améliorer la qualité de vie des patients souffrant de fibromyalgie[51], de dépression[52], de sclérose en plaque[53] ou de trouble fonctionnel digestif[54].

Finalement, tous motifs de consultation confondus, les patients sont très satisfaits de leur prise en charge ostéopathique aux États-Unis et constatent généralement une diminution de l’intensité de leur douleur et une augmentation de leur mobilité[55]. La satisfaction du patient n’est cependant pas nécessairement un bon indicateur de l’efficacité du traitement[56].

Statut selon les pays

Belgique

La spécialité est reconnue depuis 2007. Le titre d'ostéopathe est attribué aux personnes ayant suivi une formation d'ostéopathie.

Canada

La réglementation dépend des provinces. En Ontario, la pratique tombe sous le statut des « praticiens ne prescrivant pas de médicaments ». En Saskatchewan, l'ostéopathie est réglementée et réservée aux ostéopathes américains et aux médecins canadiens. Au Québec, il n'existe pas encore de réglementation concernant les pratiques ostéopathiques. Dans les autres provinces, les ostéopathes américains sont seuls autorisés à demander une accréditation.

France

Perception de l'ostéopathie et statut des ostéopathes

Des années 1970 à 1997, de nombreux procès pour exercice illégal de la médecine ont été intentés contre des ostéopathes, conduisant la plupart des ostéopathes exclusifs à une méfiance envers le corps médical.

Pour l'Académie nationale de médecine, l'ostéopathie fait partie des « doctrines irrationnelles et antiscientifiques » [57],[58]. Avant 2007, on pouvait lire sur le site de cette académie que les ostéopathes exclusifs étaient considérés comme des charlatans.

Un changement d'opinion s'est opéré petit à petit, au fur et à mesure de l'augmentation du nombre de français traités par l'ostéopathie, du nombre grandissant d'articles dans la presse, et de la publication d'une loi et d'un décret intervenant 10 ans après la décision européenne de reconnaître l'ostéopathie.

L'Académie nationale de médecine admet désormais la pratique de la médecine manuelle-ostéopathie si elle est exercée par des médecins. Elle est reconnue comme une orientation du médecin, qu'il soit généraliste ou spécialiste. La Sécurité sociale rembourse la consultation d'un médecin ostéopathe selon l'acte réalisé (manipulation du rachis, traitement manuel d'un membre, etc.). La consultation de l'ostéopathe non-médecin n'est évidemment pas prise en charge par la Sécurité sociale puisqu'il s'agit d'un praticien ni médical ni paramédical. En effet, les ostéopathes non médecins sont des professionnels autonomes, indépendants de toute instance législative ou ordinale, mais bien évidemment soumis au code civil et pénal comme tout citoyen. Le médecin ostéopathe quant à lui est soumis au Code de santé publique, au Code de déontologie médicale, au code de la Sécurité Sociale [59] et au conseil national de l'Ordre des médecins.

Depuis l'apparition d'un cadre légal en 2002, dans le cadre de contrats spécifiques, certaines assurances complémentaires remboursent les frais liés à la consultation d'un ostéopathe.

Législation

Le gouvernement français a proposé la définition administrative suivante de l'ostéopathie : « L’ostéopathie et la chiropraxie constituent un ensemble de pratiques manuelles ayant pour but d’identifier les dysfonctionnements de mobilité du corps et d’y remédier par des techniques appropriées.[réf. nécessaire] » Cette définition n'a pas été approuvée par les associations représentatives des ostéopathes et des chiropraticiens, ce qui semble normal vu que la chiropraxie et l'ostéopathie divergent sur bien des points[réf. nécessaire].

Des décrets récemment parus excluent strictement l'enseignement de ces deux derniers domaines hautement controversés dans les écoles d'ostéopathie françaises[60].

Depuis la loi Kouchner de mars 2002 (art. 75), qui reconnaît le titre d'ostéopathe et de chiropraticien, l'ostéopathie pratiquée par les non-médecins n'est plus illégale en France. La formation est cependant sous contrôle du Ministère de la Santé. Les médecins quant à eux peuvent la pratiquer comme une orientation d'exercice, tout comme un homéopathe ou un acupuncteur.

Le creuset de pratiques et les différences de statut professionnel (médecins, kinésithérapeutes, non-kiné non-médecin) ont conduit à des tractations serrées entre les différentes associations représentatives.

Ce n'est que le 27 mars 2007, après plusieurs manifestations d'étudiants en écoles privées d'ostéopathie non-médicale et un recours en Conseil d'État, que les décrets paraissent au Journal officiel. Les ostéopathes auront maintenant une pratique réglementée et pourront être consultés en première intention. L'art. 1er stipule : « Les praticiens justifiant d'un titre d'ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l'exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques »[61].

En d'autres termes, l'ostéopathie est admise en tant que médecine douce, mais ne doit pas se substituer au soin de pathologies nécessitant des interventions médicales poussées, notamment l'usage de médicaments ou l'intervention chirurgicale). De plus, la pratique de manipulations du rachis cervical ainsi que la pratique de manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois sont réservées aux titulaires d'un diplôme médical ou paramédical, ou nécessiteront un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie. En pratique, cette attestation est loin d'être évidente à obtenir pour le patient.

Formation

En Europe, les médecins voulant se former à la pratique de la médecine manuelle ostéopathie peuvent suivre, pendant leur internat (à partir de la 7e année d'étude de médecine) l'enseignement d'un diplôme inter-universitaire. La formation est assurée par des médecins professeurs d'anatomie, de rhumatologie, de neurologie, etc.

Pour les écoles privées destinées aux non-médecins, la commission d'agrément des établissements privés de formation en ostéopathie non-médicale a rendu ses conclusions au mois d'août 2007. Une commission de rattrapage s'est tenue le 4 septembre 2007, puis à de nombreuses reprises laissant présager de nombreuses pressions de toutes parts. Les établissements autorisés à délivrer un diplôme d’ostéopathie sont à l’heure actuelle au nombre de 49 entreprises, laissant ainsi un doute certain sur les débouchés pour les nouveaux étudiants [62]. Dans ces écoles privées, les étudiants sont diplômés après 1 ou 3 ans d'études, généralement à temps partiel. Les enseignants sont des ostéopathes non-médecins et des médecins, voire des chercheurs, en ce qui concerne l'apprentissage des disciplines médicales (anatomie, physiologie, pathologie, radiologie, etc.).

De nombreux ostéopathes formés en 5 ou 6 années dans des écoles existant avant la loi de 2002, quelle que soit leur formation d'origine (post-bac, paramédical ou médicale), ont déclaré leur inquiétude quant aux nombres d'écoles ayant été créées entre 2002 et 2007 (surtout celles créées en 2007). Pour les professionnels de santé (médecins, sage-femmes), on peut saluer depuis peu l'apparition du diplôme universitaire d'ostéopathie donnant un gage de qualité à une pratique trop souvent non rationnelle.

Pour les professions de santé, la loi définit un nombre minimal de 1 200 heures de formation pratique et théorique dans le cadre universitaire ou de formation médicale continue (ce chiffre est a comparer aux exigences européennes de 5000h ). Pour les personnes titulaires d’un baccalauréat, la formation légale est de seulement 2 660 heures d'enseignement des sciences fondamentales, de la biologie, de la théorie, et de pratique de l'ostéopathie. Les techniques se rapportant aux sphères crânienne et viscérale n'ont pas été supprimées par les décrets bien qu'une très forte pression fût exercée en ce sens. De nombreuses écoles-entreprises privées, soucieuses de respecter ces décrets ont pris l'initiative d'ajouter au cursus légal de 3 ans 2 années supplémentaires.

Il faut constater que la plupart des ostéopathes exerçant en France ne pourront jamais exercer dans d'autre pays de la communauté Européenne faute d'une formation suffisante. La baisse du niveau de formation consentie l'à été lors de tractation entre différent groupe soucieux de se partager une source de revenu potentiel, le bien être du patient n'a jamais été un problème, sans quoi l'ostéopathie française se serait conformée aux exigences européenne.

Suisse

En Suisse, la règlementation de la pratique de l'ostéopathie est du domaine des Cantons. Chaque Canton a pleine autonomie pour légiférer. Certains Cantons reconnaissent totalement l'ostéopathie alors que d'autres n'ont pas encore légiféré. L'ostéopathie est enseignée à l'École suisse d'ostéopathie à Lausanne et à la Libera università degli studi di scienze umane e tecnologiche à Lugano, seules écoles reconnues de Suisse.

La Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé[63] a émis des directives aux cantons pour réglementer l'ostéopathie et a défini les modalités pour recevoir un Diplôme intercantonal d'ostéopathie. La formation requise pour se présenter à l'examen intercantonal est de 5 ans d'études à plein temps plus 2 ans d'assistanat depuis le 1er janvier 2007. Une période transitoire courant jusqu'au 31 décembre 2012 permet aux ostéopathes actuellement en exercice formés selon la filière longue (profession médicale ou para médicale suivie d'études d'ostéopathie à temps partiel sur 5 ans, minimum 1800 heures) de passer le diplôme intercantonal.

En Suisse, l'ostéopathie plein temps est actuellement enseignée par deux écoles privées, l'École Suisse d'ostéopathie à Lausanne [64], et la Libera università degli studi di scienze umane e tecnologiche à Lugano[65]. La Fédération suisse des ostéopathes [66] réunit les ostéopathes exclusifs déconventionnés répondant aux critères de la CDS et est l'interlocuteur privilégié de la profession avec l'État.

Autres pays

Le Royaume-Uni reconnaît cette spécialité exercée par divers praticiens de toutes étiquettes. La formation est universitaire et les ostéopathes, reconnus depuis 1993, sont composés à plus de 90 % de non-médecins, non-kinésithérapeutes. Seuls les praticiens enregistrés à l'Ordre des ostéopathes (GOsC) peuvent porter le titre d'ostéopathe. La formation continue est obligatoire.

Historiquement de nombreux ostéopathes français ont suivi leur formation initiale en Angleterre.

La Suède, la Norvège et la Finlande reconnaissent depuis 1994 un tronc commun d'études médicales. Les étudiants peuvent ensuite choisir une formation officielle dans une médecine non conventionnelle.

Aux États-Unis, les ostéopathes portent le titre de Docteur en Ostéopathie (D.O.). Ils sont formés dans des écoles de médecine ostéopathique et ont les mêmes droits que les docteurs en médecine (Medical Doctors- M.D.s). Ils ne peuvent toutefois en porter le titre [67] sans avoir au préalable enregistré la modification de statut.

En Espagne, le statut d'ostéopathe n'est pas encore reconnu. Toutefois, il existe un Registre officiel d'ostéopathes[68].

Critiques et risques

L'ostéopathie a fait l'objet de critiques liées au fait que le lien entre sa pratique et la guérison n'est pas prouvé scientifiquement. En effet, certains tests montrent que l'ostéopathie n'est pas plus efficace qu'un traitement placebo (cf. supra). Pour certains, l'ostéopathie est basée sur des théories dogmatiques et des croyances contestables [58]. Selon un rapport de l'Académie nationale de médecine de janvier 2006, « Parmi les connaissances scientifiques exposées, certaines (par exemple, la mobilité des os du crâne chez l’adulte) sont totalement fantaisistes. Beaucoup d’autres, qui se rattachent à des notions plus classiques, sont teintées d’imaginaire. […] Comment peut-on, sur de telles bases, fonder une approche diagnostique ? […] Ériger en dogme qu’un système d’équilibre complexe tend à l’auto-régulation et à l’auto-guérison, sans préciser que, malheureusement et dans bien des cas, ce "système" reste inopérant, c’est mettre en péril la santé d’autrui »[1]

Par ailleurs, des inquiétudes ont été formulées vis-à-vis des risques liés aux techniques de manipulation utilisées par certains ostéopathes. Des manipulations mal indiquées ou mal faites peuvent en effet causer des troubles sérieux. Le « craquement du cou », obtenu par une poussée cervicale à haute vitesse et de faible amplitude, a retenu l'attention des médias en raison d'un risque possible d'occlusion artérielle et donc d'accident vasculaire cérébral(il est à noter que seule une technique de type rotation peut entrainer ce genre d'effet, les techniques en inclinaison bien que beaucoup plus difficile à maitriser sont exemptes de ce genre de risque). Bien que les données actuelles ne puissent pas fournir une estimation concluante des risques d'atteinte des artères cervicales, des chercheurs ont déclaré qu'on pouvait envisager un risque théorique d'AVC d'environ 1,3 pour 100 000 séance pour des individus âgés de 45 ans, avec un intervalle de confiance à 95 % de probabilités compris entre 0,5 et 16,7[69]. Ces données concernent principalement les visites de chiropratique, mais les ostéopathes peuvent aussi pratiquer des manipulations cervicales. Selon le professeur Louis Auquier, « Les manipulations vertébrales, surtout au rachis cervical, comportent des risques, très rares mais graves. Il convient qu’elles soient proposées aux malades à côté ou en plus d’autres traitements possibles. »[70]

Une synthèse des données disponibles dans la littérature fait état de 135 cas de complications sérieuses entre 1950 et 1980, dont 18 décès[71]. Ces cas semblent liés à une méconnaissance du diagnostic réel ou à une technique inadéquate. Un autre étude portant sur 4712 traitements recense 55 % d'effets secondaires (contractures musculaires, nausées, fourmillements, petites radiculalgies…) pouvant disparaître sans complication sévère dans 75 % des cas[72].

Voir aussi

Notes et références

  1. a  et b Ostéopathie - Chiropraxie, L’Académie de Médecine s’exprime sans ambiguïté, site de l'AFIS.
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Articles connexes

Bibliographie

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Liens externes

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