Môquet


Môquet

Guy Môquet

Guy Môquet, né le 26 avril 1924 à Paris, mort le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Inférieure[1]), est un militant communiste, célèbre pour avoir été le plus jeune des quarante-huit otages fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, Nantes et Paris en représailles après la mort de Karl Hotz[2].

Son nom, plus particulièrement associé à celui des vingt-sept fusillés du camp de Châteaubriant, est passé dans l'histoire comme un des symboles de la Résistance française. Le qualificatif de résistant, souvent utilisé à son propos, notamment dans les médias, est cependant l'objet d'un débat récent parmi quelques auteurs.

Sommaire

Sa famille

Guy Môquet était le fils de Prosper Môquet, cheminot, syndicaliste, député communiste du 17e arrondissement de Paris. Le Parti communiste ayant été dissous par Édouard Daladier en septembre 1939 en raison de son soutien au Pacte germano-soviétique, Prosper Môquet est arrêté le 10  octobre 1939, déchu de son mandat de député en février 1940 et déporté dans un camp de concentration français en Algérie. Le frère de Prosper, Henri, concierge au siège du parti communiste, est intégré au dispositif clandestin du parti à la fin de l'été 1940[3]. La sœur de Prosper Môquet, Rosalie, est une militante proche de la direction du parti. À partir de 1941, elle est la compagne de Robert Dubois qui succédera à Arthur Dallidet à la tête de la commission des cadres à partir du printemps 1942. Elle assure la liaison entre Robert Dubois et la direction du parti[4].

Biographie

Son adolescence

Guy Prosper Eustache Môquet, né le 26 avril 1924 dans le 18earrondissement de Paris[5], était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Le journaliste et écrivain Pierre-Louis Basse le présente comme un « titi », volontiers gouailleur tout en ne dédaignant pas d'écrire des poèmes, plaisant aux filles et doué dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival au lycée est Charles Éboué, fils de Félix Éboué[6].

Le PCF au début de la guerre

L'URSS ayant signé avec l'Allemagne hitlérienne un pacte de non-agression, la direction du PCF adopte une ligne d'opposition à la guerre, considérée comme une guerre impérialiste allant à l'encontre les intérêts de la classe ouvrière. De nombreux militants communistes, dont le père de Guy Môquet, sont arrêtés sur l'ordre du gouvernement français sous l'accusation de sabotage, démoralisation de l'armée, en un mot affaiblissement des arrières.

Après la défaite de la France en juin 1940, l'occupant maintient en détention les communistes incarcérés. Selon Denis Peschanski, à l'automne 1940, le PCF subit une vague de répression menée par la police française et facilitée par la politique de légalisation qui a prévalu pendant l'été 1940. Jusqu'en mars-avril 1941, la revendication nationale, anti-allemande, n'est pas prioritaire pour le PCF par rapport à la revendication sociale[7] (pour plus de détails, voir Histoire du Parti communiste français, Les premiers mois de l'occupation).

Activité militante de Guy Môquet

En ce qui concerne Guy Môquet, l'arrestation de son père en octobre 1939 est un événement marquant qui renforce son ardeur militante. D'abord réfugié avec sa mère et son frère Serge dans la Manche, il revient ensuite seul à Paris et milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes[8]. En novembre, il écrit une lettre à Édouard Herriot, président de la Chambre des députés demandant la libération de son père[9],[10] (voir « Ses écrits »).

À partir de l'occupation de Paris par les Allemands et de l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy Môquet déploie une grande ardeur militante pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique du PCF durant l'été 1940. Dans ces tracts, c'est avant tout la misère qui est épinglée : « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier [...]), tous, qu'ils soient Juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère [...] De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles [...] les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère...[11] ». Ils réclament également la libération des prisonniers communistes incarcérés depuis l'automne 1939[8].

Son camarade Georges Abbachi décrit les deux modes opératoires les plus utilisés : le collage de papillons sur les réverbères ou les becs de gaz et le lancer de tracts depuis les balcons des salles de cinéma[12].

Arrestation et incarcération

Guy Môquet est arrêté le 13  octobre 1940 (il a 16 ans)[13] au métro Gare de l'Est par trois policiers français dans le cadre d'un décret-loi d'Edouard Daladier du 26 septembre 1939[14] interdisant le Parti communiste. Il est incarcéré à la prison de Fresnes[15]. Le Tribunal pour enfants et adolescents de la Seine ordonne le 23 janvier 1941[14], qu'il soit « remis à sa mère, en liberté surveillée » et donc acquitté[16], une mention indique que : « rien ne s'oppose [...] à l'exécution immédiate de cette décision[16] ».

Mais il fait immédiatement l'objet d'un arrêté préfectoral d'internement administratif[17] en application de décrets pris à l'encontre des communistes[18]. Le 10 février 1941, il est transféré à la prison de la Santé[19]. Il passe ensuite à la prison de Clairvaux.

Enfin, le 16 mai 1941[20],[18] il est transféré au camp de Choisel, à Châteaubriant, où étaient détenus d'autres militants communistes généralement arrêtés entre septembre 1939 et octobre 1940. Il est placé dans la baraque 10, celle des jeunes, où il se lie d'amitié avec Roger Sémat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus âgé que lui, deviendra un des responsables FFI au moment de la Libération de Paris[21].

Avis du général von Stülpnagel, Paris, 21 octobre 1941
Avis paru dans L'Œuvre du 23 Octobre 1941 : liste des 48 fusillés du 22 octobre 1941

Octobre 1941

L'attentat de Nantes et ses conséquences

Le 20  octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation en Loire-Inférieure, est abattu à Nantes par un commando formé de trois jeunes communistes des bataillons de la jeunesse Spartaco Guisco, Gilbert Brustlein et Marcel Bourdarias. Suite à cet acte, qualifié de « terroriste » par les autorités allemandes d’occupation, compte tenu du grade élevé de l’officier abattu, un Avis (Bekanntmachung) du général von Stülpnagel, chef des forces d'occupation en France, annonce que cinquante otages seront exécutés immédiatement en représailles.

Les services du ministre de l'Intérieur du gouvernement de collaboration de Pétain, Pierre Pucheu, proposent une liste de 61 noms, des otages essentiellement communistes[22] « pour éviter de laisser fusiller cinquante bons Français »[23]. Sur les 27 fusillés de Châteaubriant, les listes de Pucheu en contiennent 17. Guy Môquet n'était pas dans les listes de Pucheu, ce sont les Allemands qui l'ont rajouté en fonction de leur propre politique des otages[24].

Quarante-huit otages sont fusillés : seize à Nantes, cinq au fort du Mont-Valérien et vingt-sept à Châteaubriant, dont Guy Môquet. La majorité d’entre eux sont des militants communistes et/ou syndicaux.

Les exécutions à Châteaubriant

Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les vingt-sept otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et s'écrient : « Vive la France ! » devant le peloton d'exécution. Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud et Jean Poulmarc'h avaient décidé de ne pas se révolter, car cela aurait conduit à un massacre, qu'il leur fallait aller à l'exécution dignement, et qu'ils iraient en chantant La Marseillaise :[25] « C'est ainsi et ainsi seulement que notre mort servira à quelque chose[26] ». De même, Guy Môquet avait écrit : « [...] mais ce que je souhaite de tout mon cœur c'est que ma mort serve à quelque chose. [...] »[27].

Guy Môquet est le plus jeune. Selon certains récits, à commencer par celui d'Aragon dans Le Témoin des martyrs (voir le chapitre « élaboration de la mémoire »), il a un évanouissement et il est fusillé dans cet état[28], mais cette version est contestée par le sous-préfet d'alors, Bernard Lecornu[29]. Il est abattu à 16 heures. Avant d'être fusillé, il avait écrit une lettre à ses parents.

Pour les nazis, l'exécution d'otages communistes est préférable pour convaincre les Français que seuls les Juifs et les communistes sont leurs ennemis. La sélection d'un otage si jeune est également délibérée, pour montrer qu'ils seront impitoyables avec tous les distributeurs de tracts, quel que soit leur âge. Mais l'exécution d'un otage si jeune a surtout pour effet de choquer la population française[18]. L'abbé Moyon, qui avait accepté d'assister les otages avant leur exécution, rapporte que Guy Môquet lui avait fait cette confidence montrant qu'il était conscient de l'émotion que sa mort devait susciter : « Je laisserai mon souvenir dans l'Histoire, car je suis le plus jeune des condamnés »[30],[31].

Les inhumations

Les corps des fusillés de Châteaubriant sont d’abord répartis, par groupes de trois, dans les cimetières des communes environnantes[32]. Celui de Guy Môquet au Petit-Auverné à quinze kilomètres au sud. La population a interdiction d’approcher les tombes, mais une note de la sous-préfecture adressée aux familles, indiquant les lieux d'inhumation, précise que s'il est interdit de déposer des plaques mentionnant le nom des fusillés, il est permis de fleurir les tombes[32]. Les 27 tombes sont fleuries dès le 24 octobre par le fils d'Henri Barthélémy[33],[32], un des fusillés. Une semaine plus tard, à la Toussaint, les tombes de Guy Môquet et de ses deux autres compagnons sont abondamment fleuries de bouquets de fleurs bleues, blanches et rouges (une couleur pour chacune des trois tombes, celle de Guy Môquet est au centre). Florence Aubenas, journaliste, en a rendu compte en recherchant des témoins locaux[34]. Les familles ont pu récupérer les corps après la guerre[35]. Le corps de Guy Môquet est transféré au Cimetière du Père-Lachaise.

Selon Pierre-Louis Basse, Serge, le jeune frère de Guy Môquet, meurt quelques jours plus tard, de chagrin et de peur, déguisé en fille par sa mère qui tente d'échapper à la Gestapo[36]. Mais Serge Môquet aurait été vu à quatre ou cinq reprises accompagnant sa mère sur la première tombe de Guy[34]. Selon la pierre tombale du caveau où il repose au cimetière parisien du Père-Lachaise, aux côtés de son frère et d'autres « héros et martyrs de la Résistance fusillés par les nazis », Serge Môquet est décédé le 19  avril 1944 à l'âge de 12 ans et demi, « victime de la Gestapo ». Selon la belle-fille de Prosper Môquet, Anne-Marie Saffray, Serge, traumatisé par l’emprisonnement de son père et par l’exécution de son frère, fragilisé par la disette et les rigueurs de la vie clandestine, mourut d’une méningite. Leur mère, Juliette, fit partie du Comité parisien de Libération et fut de 1945 à 1947 conseillère municipale communiste de Paris. Elle trouva la mort le 10 juin 1956 dans un accident de voiture[37], que conduisait son mari, Prosper[36].

Ses écrits

Réagissant à l'arrestation de son père, survenue le 10 octobre 1939[38], il écrit le 9 novembre 1939[39] une lettre au président de la Chambre des députés, Édouard Herriot[9],[10]:

« Monsieur le Président [...]
Je suis l'un des enfants d'un de ces députés
Qui sont tous en prison aujourd'hui enfermés
Je suis jeune Français, et j'aime ma patrie
J'ai un cœur de Français, qui demande et supplie
Qu'on lui rende son père, lui qui a combattu
Pour notre belle France avec tant de vertu
[...]
J'agis avec mon cœur, que j'appelle français
Agissez en bon père, agissez en Français [...] »


Quand Guy Môquet est arrêté, il a sur lui un poème engagé[40], évoquant trois de ses compagnons de lutte incarcérés avant lui :

« [...]
Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme
[...]
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme
[...] »

Le poème est parfois qualifié de « Poème de Guy Moquet ». Ce document, écrit de sa main sur une feuille de cahier d'écolier[41] sert de preuve à la police pour son inculpation d'infraction au décret Daladier du 26 septembre 1939[42].

Tout au long de sa détention, de Fresnes[43] à Châteaubriant, Guy Môquet répartit entre les membres de sa famille proche[44] le nombre maximum de lettres autorisées à un détenu[45], dont plus d'une centaine à sa mère[46].

Sa lettre la plus célèbre est celle qu’il écrit le jour de sa mort[47], dont on possède deux vestiges : un exemplaire écrit à la plume, retrouvé dans les affaires de son père et un exemplaire écrit au crayon retrouvé en 2002 dans les affaires de sa mère, qui sont entrés respectivement en 1992 et juillet 2007 dans les collections du musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne[48],[49],[50]. La version au crayon est l'original[40], la lettre à l'encre étant vraisemblablement une copie faite par la mère de Guy Môquet. La découverte de l'original permet d'éliminer la thèse selon laquelle la lettre aurait été écrite par Jacques Duclos et confiée à Louis Aragon pour qu'il la publie[51].

« Ma petite maman chérie,
Mon tout petit frère adoré,
Mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! [...]
Certes j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur c'est que ma mort serve à quelque chose.
[...] ma vie a été courte, je n'ai aucun regret si ce n'est de vous quitter tous.
[...) en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
[...]
Guy »
Fac-similé de la planche

La phrase : « Les copains / vous qui restez soyez dignes de nous ! Les 27 qui vont mourir »[52], généralement indiquée en post-scriptum comme « dernières pensées » dans les retranscriptions, mais qui ne figure pas dans la lettre de Guy Môquet à sa famille, est une inscription figurant sur une planche de la baraque 6 où furent consignés les otages juste avant leur exécution. À propos des premières étapes de la conservation des inscriptions sur les planches de la baraque, voir le chapitre : « élaboration de la mémoire ». Depuis 1948 les planches sont conservées par le musée de l'Histoire vivante à Montreuil[53].

Quarante-huit femmes étaient arrivées dans le camp de Châteaubriant dans le courant du mois de septembre 1941. Le camp des femmes est séparé de celui des hommes par une palissade, mais les contacts sont possibles. Le camp P1, celui avec les premiers arrivés, était séparé du camp P2 dans lequel avaient été installées les femmes, par une barrière (haute de 1,50 m) doublée d'un grillage. Les jeunes gens de chaque camp firent connaissance à travers cette « frontière » permettant les échanges et une très grande camaraderie se développa. Guy tombe amoureux de l'une d'entre elles âgée de 17 ans, Odette Lecland, qu’il surnommait « Épinard »[54]. Il lui écrit un billet à la veille de son exécution, qu'un gendarme lui remet par la suite.

Arrêtée le 13 août 1941 avec un groupe de dix-sept jeunes dont elle était la seule fille, elle parvient à s’évader trois ans plus tard. Actuellement, Madame Odette Nilès est présidente de l’Amicale de Châteaubriant[55]. Interviewée par Libe-Labo en octobre 2007[56], elle déclare que la lecture tous azimuts de la lettre de Guy à ses parents, c’est « dévaloriser la valeur de ce qu’était Guy Môquet » et que celui-ci « serait fou de voir tout ce que l’on peut faire en se servant de son nom. »

Histoire et mémoire

Comme on l'a vu plus haut, l'exécution d'otages, y compris celle d'un otage si jeune, était un symbole volontaire de la part des nazis[18]. Il se révélera finalement à double tranchant, retourné contre l'occupant par la Résistance. La distinction de Guy Môquet parmi les autres otages est liée surtout à sa jeunesse, mais aussi à son passé militant, et au fait qu'il était le fils d'un député communiste[57],[58]. Ce statut de symbole fait que sa mémoire devient vite elle-même un fait historique.

Octobre 1941 : Châteaubriant et Vichy

Message du maréchal Pétain

Des exécutions d'otages avaient déjà eu lieu depuis le début du mois de septembre (voir : Les Allemands et la politique des otages), mais l'annonce, après l'attentat de Nantes, des dix-sept exécutions de Nantes, des vingt-sept de Châteaubriant et des quatre de Paris, et surtout la menace d'une deuxième vague de cinquante nouveaux otages crée un choc énorme en France et dans le monde[59]. Le 24 au matin, Pétain confie à son chef de cabinet, Henri du Moulin de Labarthète, qu'il pense à se constituer prisonnier pour devenir le seul otage. Dans la journée, son entourage l'en dissuade[59]. L'historien Robert Aron, pourtant souvent indulgent vis-à-vis du maréchal commente « Il n'accomplit pas ce geste qui, selon certains, aurait fait de lui un personnage de légende [...] ce qui est certain, c'est que le silence officiel du maréchal, ne protestant pas contre de telles atrocités, a accentué le divorce entre l'opinion et Vichy[60]. »

Le 25 octobre également, de Gaulle déclare à la radio : « En fusillant nos martyrs, l'ennemi a cru qu'il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu'elle n'a pas peur de lui [...] J'invite tous les Français et toutes les Françaises à cesser toute activité et à demeurer immobiles, chacun où il se trouvera, le vendredi 31 octobre, de 4 heures à 4 heures 5 [...][61] ».

Les Français ont été tenus informés de l'événement et, le 29 octobre, les journaux annoncent que le Führer a renoncé à la deuxième vague de cinquante nouvelles exécutions. Selon Robert Aron, ils s'indignent que le maréchal n'ait pas protesté publiquement[60].

Réactions internationales

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Un tract daté du 25 octobre fut largué entre le 30 octobre et le 4 novembre 1941 sur la France. Il comportait d'un côté la déclaration de Winston Churchill au sujet des otages, et de l'autre côté celle de Franklin Roosevelt[62], ce qui est plus important car les États-Unis ne sont pas encore entrés en guerre. Sur le principe d'exécution d'otages qui n'étaient pas eux-mêmes combattants, Roosevelt déclare que « Les peuples civilisés ont depuis longtemps adopté le principe qu'aucun homme ne doit être puni pour les actes d'un autre homme. » Il déclare également qu'il pense lui-même que ces actions ne peuvent que renforcer l'opposition à l'Occupation : « Les nazis auraient pu apprendre de la dernière guerre l'impossibilité de briser le courage des hommes par la terreur. »

1941-1945 : élaboration de la mémoire

Quelque temps après le 22 octobre, Esther Gaudin, une jeune militante communiste de 15 ans et future mère de Pierre-Louis Basse[63], se voit confier la mission d'aller chercher le paquet de planches sur lesquelles les fusillés avaient écrit, en plus de leurs lettres, leurs dernières volontés. Les messages recopiés sont transmis à Jacques Duclos, responsable du parti clandestin qui expédie un paquet de documents à l'avocat communiste Joe Nordmann avec cette mention « Fais de cela un monument »[64].

Muni de tous ces témoignages, Nordmann traverse la France pour aller rejoindre Louis Aragon qui avait perdu le contact avec le parti. Aragon rédige Le Témoin des martyrs, un opuscule de quelques pages publié clandestinement aux Éditions de Minuit en février 1942 et qui fait rapidement le tour du monde. Il est lu à la radio de Londres par Maurice Schumann[65]. Il y met en exergue le député Charles Michels, les dirigeants de la CGT Jean-Pierre Timbaud et Jean Poulmarc'h mais plus encore que les autres, le lycéen Guy Môquet :

« [...] Quand s’ouvre la baraque 10, le sous-lieutenant Touya lance sans hésitation, avec un sourire pincé, un seul nom : Guy Môquet. Le nom est un couperet qui tombe sur chacun de nous, une balle qui perce chacune de nos poitrines. Il répond d’un seul : présent ! Et comme sans réfléchir, droit, plus grand que jamais, notre Guy s’avance d’un pas rapide et assuré, dix-sept ans, plein d’inconscience et de vie ! À peine éveillé aux premiers rêves de l’amour, il est parti, notre Guy, comme serait parti un peu de nous [...]
Guy Môquet, qui avait eu une faiblesse au départ, mais dont le courage avait été égal à celui des autres en chemin, s’est évanoui dans la carrière. Il a été fusillé évanoui. [...] »

Le récit de l'évanouissement est contesté : voir le chapitre « Biographie ».

Lorsque la presse clandestine du parti évoque les fusillés, les mêmes noms reviennent en exemple, et le benjamin est toujours mentionné[66].

En février 1943, un groupe de résistants de Larnod choisit de s'appeler « Groupe Guy Mocquet ».

En décembre 1944, lors de sa publication au sein du recueil La Diane Française, Louis Aragon dédie à Guy Môquet et trois autres résistants : Gabriel Péri, Honoré d'Estienne d'Orves et Gilbert Dru, soit deux chrétiens et deux communistes, le poème La Rose et le Réséda, qui avait été publié isolément et sans la dédicace le 11  mars 1943, dans les pages littéraires du journal marseillais Le Mot d'Ordre[67]. Il contient les célèbres vers : « Celui qui croyait au Ciel / Celui qui n'y croyait pas ».

Dès les premiers mois de la Libération, les fusillés de Châteaubriant deviennent un enjeu de mémoire dans la lutte qui oppose de façon latente communistes et gaullistes. Maurice Thorez, avant qu'il ne soit autorisé par de Gaulle à rentrer en France, s'insurge depuis Moscou contre l'interdiction faite aux communistes de célébrer, le 21 octobre, jour d'élections, leurs élus parisiens tombés sous l'Occupation, et il avance une explication à l'interdiction : « Peut-être parce que les martyrs de Châteaubriant n'avaient pas attendu la défaite et l'invasion pour dénoncer et combattre le complot hitlérien contre la France [...] La plupart des héros de Châteaubriant n'avaient-ils pas été frappés par la répression dès septembre 1939 ? [...] D'autres arrêtés en octobre 1940, n'avaient-ils pas été parmi les pionniers de la Résistance nationale contre les occupants et les traitres ? [...] »[68]. Pour Jean-Pierre Azéma[18], les fusillés de Châteaubriant ont été employés par les communistes pour faire oublier que jusqu'à l'invasion de l'Union soviétique en juin 1941, ils ne s'opposaient pas massivement aux Allemands.

1944-1946 : décoré à titre posthume

Le 28 décembre 1944, le Général de Gaulle signe le décret qui lui accorde la Croix de Guerre 1939-1945 et la Médaille de la Résistance. Le 9 février 1946, il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur[69],[70],[71],[72].

Parmi les otages de Châteaubriant, Guy Môquet est le seul à avoir été cité à l'ordre de la Nation[73]

Il semble que de Gaulle et Prosper Môquet entretenaient des relations privilégiées. Pierre-Louis Basse rapporte que Prosper se souvenait qu'à la Libération, de Gaulle, chef du gouvernement provisoire aimait à fendre la foule de l'hémicycle, afin de venir saluer en trombe « Môquet[74] ». Deux jours après la mort de Juliette, c'est à dire le 12 juin 1956, de Gaulle envoie une lettre manuscrite à Prosper : « Mon cher Môquet [...] de tout cœur, je m'associe à votre chagrin [...] je ne vous ai pas oublié depuis Alger, et je n'ai certes pas perdu le souvenir de votre fils Guy, mort si bravement et cruellement pour la France[2]. Madame Môquet, elle aussi, prit part à notre combat [...] »[37],[75].

Depuis 1944 : commémorations et hommages

Depuis la Libération les commémorations célèbrent les fusillés d'octobre 1941, mais en rangs dispersés : la ville de Nantes honore ses otages alors que le parti communiste rend hommage de son côté aux 27 de Châteaubriant avec une ferveur jamais démentie[76].

Le 22 octobre 1944, premier anniversaire de la fusillade après la Libération, le PCF organise la première cérémonie de souvenir à laquelle assiste l'ensemble des forces de la Résistance. Dorénavant, c'est chaque année que se tiendra cette sorte de pèlerinage, mais à partir de 1947, avec la guerre froide, l'unité qui avait prévalu est rompue : deux cérémonies ont lieu à Châteaubriant, l'une officielle et l'autre sous l'égide du Comité national du souvenir, mouvement d'obédience communiste. À partir de 1981, la nouvelle donne politique, l'union de la gauche contribue à unifier les deux manifestations, mais, comme le note Didier Guyvar'h, le PCF en est le maître d'œuvre[65].

Plaque sur la façade du domicile de la famille Môquet, rue Baron, présente dès janvier 1946[77]

À Paris, au lendemain de la guerre, des commémorations sont également organisées rue Baron devant le domicile de la famille Môquet. On peut y voir les dirigeants les plus emblématiques du parti, comme Marcel Cachin ou Jacques Duclos mais aussi Michel Debré[78].

Depuis 1946, le nom « Guy Môquet » a été conféré à de nombreux équipements. En son honneur, une rue du 17e arrondissement et une station du métro parisien portent son nom depuis 1946. De nombreux autres équipements municipaux ou voies à travers la France sont baptisés du nom de Guy Môquet, dont un lycée à Châteaubriant, un stade de Drancy, ville francilienne fortement marquée par son passé de collaboration à la déportation durant la Seconde Guerre mondiale, tandis que la municipalité de Nantes a renommé l'une des principales artères de la ville du nom de Cours des 50-Otages.

Controverse sur le qualificatif « résistant »

En 2000, alors que l'influence du PCF a continuellement baissé depuis la fin des années soixante-dix, un livre vient raviver le souvenir du lycéen de Châteaubriant. Guy Môquet, une enfance fusillée[79], ouvrage écrit par Pierre-Louis Basse, le fils d'Esther Garçon, raconte la courte vie du jeune militant communiste.

En 2002, deux historiens, Jean-Marc Berlière, spécialiste de l'histoire de la police, et Franck Liaigre, spécialiste de la lutte armée communiste, établissent un parallèle entre le culte dont bénéficient les fusillés de Châteaubriant en général et Guy Môquet en particulier, et l'ombre dans laquelle sont laissés les auteurs de l'attentat de Nantes et tous les autres jeunes communistes des Bataillons de la Jeunesse qui ont été recrutés lorsque le parti se lance résolument dans la résistance armée après le déclenchement des hostilités entre l'Allemagne nazie et l'URSS, en juin 1941.

« Si les otages de Châteaubriant monopolisent la lumière mémorielle, les auteurs de l'attentat de Nantes sont laissés dans un brouillard épais » écrivent les auteurs du livre Le sang des communistes, les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée qui soulignent que le parti n'a laissé filtrer la vérité sur l'attentat de Nantes qu'en 1950[80].

La thèse développée est, qu'à l'origine, le culte rendu aux fusillés de Châteaubriant a eu pour but d'occulter le fait que lorsqu'ils ont été internés, le parti des futurs fusillés n'était nullement sur une ligne de résistance à l'occupant :

« Ces martyrs propitiatoires proches de la direction nationale sont très tôt érigés en figures éponymes de la Résistance. Or, ce choix, à la lumière de l'Histoire est pour le moins étonnant. Que magnifie-t-on en effet ? Essentiellement leur précocité résistante, quand bien même la plupart des fusillés n'avaient pas « résisté » avant d'être arrêtés, n'avaient pas eu la possibilité de le faire du fait de la ligne alors suivie par le parti. Il n'est pas étonnant dès lors que les otages les plus révérés soient ceux qui ont été appréhendés en 1940 [...] Qu'espère-t-on de retour ? Gommer les errances de 1940, faire croire par le biais de la mort de ces martyrs, que le parti a résisté bien avant le 22 juin 1941[80]. »

Gilbert Brustlein, compagnon de Fabien lors de l'attentat du métro Barbès et membre du commando de Nantes qui avait abattu Hotz et provoqua le massacre des otages, fait scandale devant 15 000 personnes lors de la commémoration de 1991 inaugurée en grande pompe par Georges Marchais. Il brandit un panonceau sur lequel il a écrit : « Je suis le seul survivant du commando de Nantes, j'exige ma place à la tribune ». Et il invective : « Marchais, tu n'as pas ta place ici[81]. »

Les auteurs écornent en passant le livre de Pierre-Louis Basse et se justifient des coups de griffes qu'ils sont amenés à donner à la mémoire de Guy Môquet, lequel n'est pas le principal sujet de leur livre : «  Le travail des historiens consiste [...] à remettre en question des actes qui relèvent depuis soixante ans des domaines de la foi et du sacré[82]. »

Et pour illustrer le statut quasi sacré de Guy Môquet, ils citent Albert Ouzoulias :

« [...] La plupart des fusillés sont en prison ou au camp depuis un an, parfois plus. Et certains aujourd'hui ont l'audace de prétendre que les communistes ont commencé la Résistance en juin 1941 ! Ceux que nous pleurons seraient vivants s'il en avait été ainsi. Dire ou écrire ces infamies, c'est cracher sur les tombes des martyrs de Châteaubriant et de beaucoup d'autres lieux de la Résistance. C'est cracher sur la tombe de Charles Michels, 37 ans, député de Paris [...] Colporter ces mensonges, c'est cracher sur les tombes de Guy Môquet, 17 ans, lycéen, héros national, arrêté gare de l'Est [...][83]  »

Sous le titre « Non aux hargnes rancies de la guerre froide », l'écrivain Gilles Perrault s'en prend violemment sur ce point à Berlière et Liaigre dans une critique de leur dernier livre, par ailleurs modérée et parue dans l'hebdomadaire Marianne :

« [...] Résistant, Guy Môquet ? L'archive, la sacro-sainte archive démontre le contraire : les tracts qu'il distribuait lors de son arrestation n'appelaient nullement à résister. Ils continuaient à dénoncer imperturbablement le caractère impérialiste de la guerre [...] On saura désormais qu'un historien peut être niais et obscène [...] Ce que les auteurs semblent incapables de comprendre, c'est que pour tout communiste d'hier ou de demain, rien ne sépare, sinon le hasard des circonstances, le résistant Pierre Georges de l'otage Guy Môquet. [...][84]  »

L'écrivain Perrault, fin connaisseur de la période et proche du parti communiste, voulait ainsi signifier, en faisant le parallèle entre Pierre Georges, plus connu sous le nom de Fabien, colonel FFI à 24 ans et Guy Môquet, que les deux jeunes communistes les plus célèbres de leur génération, parce qu'ils partageaient le même idéal, étaient justement célébrés comme résistants par les communistes car toute célébration revêt un caractère subjectif. Selon Perrault, le combat anti-communiste qui consiste à renvoyer éternellement les communistes aux ambiguités de la période du Pacte est dépassé, il a des relents de guerre froide. Cette conception est confirmée par le résistant gaulliste Maurice Druon, qui déclare en octobre 2007 :

« Reportons-nous à l'époque : ce qui était important, c'était de résister. Ce n'était pas de savoir si l'on était communiste ou gaulliste. Il n'est pas inutile de rappeler, de temps en temps, à de très jeunes gens qui l'ont sans doute oublié ou qui ne l'ont jamais su que s'ils vivent aujourd'hui en République, c'est grâce à des garçons comme Guy Môquet[85]. »

2007 : célébrations

Élection présidentielle française

Pendant la campagne présidentielle française de 2007[86], Nicolas Sarkozy évoque la figure de Guy Môquet le 14 janvier 2007, au congrès de l'UMP. Ce faisant, il s'attire la réplique de Marie-George Buffet, candidate soutenue par les communistes : « Il a osé invoquer Jaurès, Blum et Guy Môquet ! J'interdis à ce ministre d'État qui fait la chasse aux enfants dans les écoles, qui veut emprisonner les mineurs, d'utiliser le nom de Guy Môquet [...] »[87]. Il l'évoque aussi le 18 mars, au Zénith de Paris : « Il était profond, il était grand Guy Môquet quand il fut fusillé par l’occupant [...] », ainsi que les 20 mars[88], 10[89], 11[90], et 24 avril[91].

Le jour de son investiture, lors d'une cérémonie au monument de la cascade du Bois de Boulogne, après avoir fait lire la dernière lettre de Guy Môquet par une lycéenne, le nouveau président annonce qu'il la fera lire dans tous les lycées du pays, en début d'année scolaire : « Un jeune homme de dix-sept ans qui donne sa vie à la France, c'est un exemple non pas du passé mais pour l'avenir [...] »[92]. Cette initiative provoque des controverses et des prises de positions marquées. Si d'un côté le PCF[93] et Libération[94] saluent le « message fort » et le « devoir de mémoire » que constitue cette initiative, d'un autre côté les critiques ne sont pas absentes, le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire estimant cette commémoration contraire à l'esprit de la pratique historique[95].

Septembre-octobre

Au cours des mois de septembre et octobre 2007, Guy Môquet, sa lettre, la lecture programmée de sa lettre dans les établissements scolaires et les polémiques que cette dernière suscitent occupent une place de premier plan dans les médias français.

C'est à la fin du mois d'août que la date du 22 octobre, jour anniversaire de l'exécution de Môquet et de ses camarades, choisie pour la commémoration, est communiquée aux enseignants[96]. Dans le numéro de septembre du magazine L'Histoire, Jean-Pierre Azéma revient sur l'affaire[18] et critique la « caporalisation mémorielle », d'une part pour son dirigisme envers les enseignants, d'autre part parce qu'Azéma estime que l'hommage occulte le rôle de la collaboration, en particulier de droite. Azéma souligne la rupture avec l'attitude du président Chirac, par exemple dans son discours sur la rafle du Vélodrome d'Hiver. Le 19 septembre, en compagnie notamment du député socialiste Jean-Marc Ayrault, d'une centaine d'anciens combattants, Nicolas Sarkozy se déplace à Châteaubriant et rend hommage aux fusillés dont Guy Môquet. Les réactions sont alors partagées entre les participants. Si pour un ancien maquisard, il s'agit d'un hommage important, la trésorière du comité des fusillés de Châteaubriant remarque que cela sert de « publicité » au président. Le vice-président de l'amicale nationale Châteaubriant-Voves-Rouillé dénonce, quant à lui, une « manifestation indécente » qui a tourné à la « sarkomania[97] ». Le 3 octobre, le SNES appelle les professeurs à boycotter la lecture en lycée[98].

Le 22 octobre, un court-métrage de deux minutes trente, La Lettre, réalisé par François Hanss et mettant en scène Jean-Baptiste Maunier dans le rôle de Guy Môquet, est diffusé sur différents médias audiovisuels publics[99],[100].

Guy Krivopissko, conservateur au musée de la Résistance nationale[101],[102], suggère que le poème dit « Poème Guy de Môquet » soit lu au même titre que la lettre, car il permettait de mieux comprendre son engagement[40].

La commémoration du 22 octobre 2007 s'accompagne de l'émission d'un timbre-poste dessiné et gravé par Yves Beaujard à partir d'une photographie de Guy Môquet[103], ainsi que la parution d'un document philatélique[104]. Cette émission est officialisée seulement un mois avant, dans un arrêté du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Emploi du 21 septembre 2007[105].

Le 26 octobre, face aux polémiques émises par la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les lycées, le gouvernement annonce qu'en 2008, la journée sera « consacrée à la jeunesse résistante »[106].

2008

En septembre 2008, une note de service parue au Bulletin officiel de l'Éducation nationale[107] associe la commémoration de Guy Môquet à la « Semaine de l'Europe à l'École », du 20 au 24 octobre, et propose aux enseignants de traiter « l'engagement de la jeunesse pendant les années noires de l'Europe ».

Le 21 octobre, France 2 diffuse le téléfilm Guy Môquet, un amour fusillé, réalisé par Philippe Berenger, avec Théo Frilet dans le rôle principal.

Honneurs

Bibliographie

  • Louis Aragon, Le Témoin des martyrs, Les Martyrs, Éditions de Minuit, 1944 Texte intégral des Martyrs
  • Alfred Gernoux, Châteaubriant et ses martyrs, Nantes, Éditions du Fleuve, 1946
  • Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant, Éditions Sociales, 1971
  • Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la Jeunesse, Éditions Sociales, 1972 (ISBN 2209053722)
  • Marie Granet, Les Jeunes dans la Résistance, Éditions France-Empire, 1985. 252 pages (ISBN 2-7048-0800-7)
  • Lettres des fusillés de Châteaubriant, Amicale de Châteaubriant Voves-Rouillé, 1989
  • Étienne Gasche, 50 otages, Mémoire Sensible, Éditions du Petit Véhicule, Nantes, 1991, (ISBN 2-906655-3)
  • Pierre-Louis Basse, Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2000 (ISBN 2-234-05271-8) ; rééd. Stock, 2007 (ISBN 978-2-234-05271-0)
  • Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Le sang des communistes - les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée Automne 1941, Fayard, coll. « Documents », Paris, 2004, 415 p. (ISBN 2213614873 et ISBN 978-2213614878)
  • Michel Etiévent, J'aurais voulu vivre..., Éditions Gap, 2007
  • Articles « Prosper Môquet », « Henri Môquet », « Charles Michels », « Jean-Pierre Timbaud » du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (le Maitron), Éditions ouvrières

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

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Notes et références

  1. Loire-Atlantique depuis le 9 mars 1957
  2. a , b  et c « [...] A été fusillé comme otage le vingt deux octobre mil neuf cent quarante et un [...] Mort pour la France, suivant décision de Monsieur le Secrétaire Général des anciens Combattants en date du quatorze novembre mil neuf cent quarante six ». Source : copie intégrale de l'acte de décès de Guy Prosper Eustache Môquet, Mairie de Châteaubriant
  3. Articles « Prosper Môquet », « Henri Môquet », « Charles Michels », « Jean-Pierre Timbaud » du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (le Maitron), Éditions ouvrières
  4. Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Liquider les traîtres, la face cachée du PCF, 1941-1943, Robert Laffont, 2007
  5. Note parvenue aux Archives centrales de la Préfecture de Police de Paris, le 16 octobre 1940, publiée par Patrick Thiébaut dans Guy Môquet, un symbole, Centre national de la documentation pédagogique, octobre 2007
  6. Pierre-Louis Basse, Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2000, p. 28
  7. Article « Parti communiste français », dans Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006, p. 202-203
  8. a  et b Maurice Ulrich, « Il s’appelait Guy Môquet, il avait 17 ans », L'Humanité, 24 mai 2007
  9. a  et b Basse, p. 39, p. 44-45
  10. a  et b Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, Môquet Guy, Témoignage pour les arrestations
  11. Basse, p. 43
  12. Témoignage de Georges Abbachi publié par Michel Etiévent dans Guy Môquet, J'aurais voulu vivre, Éditions Gap, 2007, cité dans « Une vie si brève », « Le Patriote résistant », Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes, octobre 2007, sur le site fndirp.asso.fr, consulté le 5 décembre 2008.
  13. Basse, p. 91
  14. a  et b Basse, op. cit., p. 110
  15. D'après Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la Jeunesse, (page à préciser), Guy Môquet aurait été passé à tabac pour l'obliger à révéler les noms des amis de son père, mais cette assertion manque d'éléments probants.
  16. a  et b Basse, op. cit., p. 111
  17. François Marcot, Guy Môquet, consulté le 24 octobre 2007 : «  [...] Mais il n'est pas libéré, victime d'une mesure d'internement administratif qui permet au préfet, en s'affranchissant de toute décision judiciaire, d'ordonner l'internement des personnes suspectes de nuire à la sécurité nationale, très souvent des communistes. »
  18. a , b , c , d , e  et f Jean-Pierre Azéma, « Guy Môquet, Sarkozy et le roman national », L'Histoire, no 323, septembre 2007, p. 6-11
  19. Gérard Denecker, Guy Môquet et le Devoir d'Histoire, consulté le 24 octobre 2007
  20. Basse, op. cit., p. 83
  21. Ouzoulias, Les Bataillons de la Jeunesse, Les Éditions sociales, 1971, p. 448
  22. Berlière et Liaigre, p. 83
  23. La formule prêtée à Pucheu se trouve rapportée dans Henry du Moulin de la Barthète, Le temps des illusions, éditions du cheval aîlé, 1946, p. 354-55
  24. Berlière et Liaigre, p. 86
  25. Basse, p. 168
  26. Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant, Éditions sociales, 1971
  27. Guy Môquet, extrait de : La lettre de Guy Môquet, Châteaubriant, 22 octobre 1941
  28. D'après le témoignage de l'abbé Moyon, curé de Saint Jean de Beré, appelé par l'autorité civile et militaire pour assister les victimes, « les condamnés ont refusé d'avoir les yeux bandés et de se laisser attacher au poteau. Un seul - le jeune homme de dix-sept ans - a eu un évanouissement. Lui seul a dû être attaché dans cet état, mourant ainsi dans cette triste condition. » (Mgr Jean-Joseph Villepelet, Un évêque dans la guerre, Éditions Opéra, 2006)
  29. « Le lendemain matin, je me rendais chez le « Kreiskommandant » [...] Certains chroniqueurs emportés par leur plume ayant écrit que Guy s'était évanoui à l'appel de son nom, je puis leur affirmer que les récits qui m'avaient été faits quelques instants après la tragédie, démentaient cette version des faits. » Extrait de « Un préfet sous l'occupation allemande », France-Empire, 1984, 1997, reproduit page 3 du supplément au no 58 de 22 Octobre - Bulletin de l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, 2e semestre 2007
  30. Alfred Gernoux, Châteaubriant et ses martyrs, Nantes, Éditions du Fleuve, 1946
  31. Basse, p. 180-182
  32. a , b  et c Basse, p. 127-129
  33. Accompagné par le chauffeur de taxi Marcel Charron
  34. a  et b Florence Aubenas, « Guy Môquet, L’affaire de la tombe », sur le site du Nouvel Observateur, 9 février 2008 [lire en ligne]
  35. À quelques exceptions près : Raymond Laforge, 43 ans, un instituteur de Montargis, enterré au cimetière de Moisdon-la-Rivière, voir ce site : moisdon-la-riviere.org, Jean-Pierre Timbaud à Saint-Aubin-des-Châteaux.
  36. a  et b Basse, p. 45
  37. a  et b Basse, p. 62-63, et la reproduction de la lettre manuscrite du général de Gaulle datée du 12 juin 1956, figurant à la dernière page du cahier hors-texte du même ouvrage
  38. Albert Ouzoulias, « Les Bataillons de la jeunesse », Éditions Sociales, 1967, p. 50
  39. Louis Rivière, « Ailleurs demain », Éditions Tirésias-AERI, 2004, extraits parus dans « Le Patriote résistant », Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes, octobre 2007, sur le site fndirp.asso.fr, consulté le 5 décembre 2008.
  40. a , b  et c contrejournal.blogs.liberation.fr, Karl Laske, « La contre lettre de Guy Môquet », 20 octobre 2007
  41. Basse, p. 92 : « Il l'a écrit sur ce qui lui reste de ses cahiers de Carnot [...] »
  42. Basse, p. 111
  43. Carte postale à son père du 14  décembre 1940 expédiée de la prison de Fresnes, reproduite en page 8 de Eric Brossard, Guy Krivopissko, Marie-Claude Angot Supplément « Résistance - 22 octobre » du Bulletin pédagogique du Centre départemental de documentation pédagogique du Val-de-Marne, octobre 2007
  44. Lettres des fusillés de Châteaubriant, Amicale de Châteaubriant Voves-Rouillé, 1989
  45. Guide de séance du spectacle Celui qui a dit non de Robert Hossein
  46. Basse, p. 118
  47. Texte complet dans « Guy Môquet, un symbole » Patrick Thiébaut, Centre national de la documentation pédagogique, octobre 2007
  48. Libération, Édouard Launet, « Guy Môquet en toutes lettres », 6 juin 2007
  49. Édouard Launet, « Les deux lettres de Guy Môquet », Libération, 1er octobre 2007, consulté le 24 octobre 2007
  50. Don « Môquet-Saffray » effectué en juillet 2007 selon crdp.ac-creteil.fr
  51. L'Histoire, no 326, p. 31
  52. Les premiers mots de la phrase sont transcrits différemment selon les auteurs. Pierre-Louis Basse transcrit « vous qui restez » dans Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2007, p. 185 (extrait diffusé par le Centre régional de la documentation pédagogique de Créteil), tandis que la photographie retouchée, page 2 et 3 du supplément au no 58 de 22 Octobre - Bulletin de l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, 2e semestre 2007 indique « les copains qui restez ». Comparer à la photographie, sans trace de retouche apparente, qui figure avec la mention « planche originale » sur la page museehistoirevivante.com, Môquet, Guy du site internet du musée de l'Histoire vivante, qui est le musée qui conserve cette planche.
  53. page « les27/montreuil » du site internet du musée, consultée le 2 novembre 2007
  54. Basse, p. 157
  55. Odette Nilès
  56. « Si Guy revenait, il serait fou », interview audiophonique sur le site Libe-Labo, recueilli par Didier Arnaud, 19 octobre 2007
  57. itinerairescitoyenneté.org : «  [...] et les deux adolescents, le jeune Émile David, âgé de 18 ans, fils d'un militant communiste emprisonné en zone non occupée et le jeune Guy Môquet, âgé de 17 ans, acquitté par le Tribunal et interné malgré son acquittement. Ce jeune martyr est le fils du député communiste Prosper Môquet, emprisonné à Alger. [...] » L'Humanité, no 135 du 1er novembre 1941
  58. Jean-Pierre Azéma, « Guy Môquet, Sarkozy et le roman national », L'Histoire, no 323, septembre 2007, p. 6-11 :
    « Guy Môquet avait le profil. Son père [...] membre du PCF [...] élu député en 1936 [...] déchu de ses fonctions [...] condamné à cinq ans de prison [...] incarcéré [...]. Guy Môquet, entré dans les Jeunesses communistes [...] »
  59. a  et b Eberhard Jäckel, Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg, Deutsche Verlag-Anstalg GmbH, Stuttgart, 1966 ; traduction : La France dans l'Europe de Hitler (préface de Alfred Grosser, traduction de Denise Meunier), éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1968, 554 p., p. 276
  60. a  et b Robert Aron, Histoire de Vichy, Fayard, 1954, p. 459
  61. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'appel : 1940-1942 (Tome I), éd. Plon, Paris, 1954 ; rééd. Pocket, 1999 (nouvelle édition 2007) (ISBN 2266095269 et ISBN 978-2-266-09526-6), p. 282-283
  62. Collections du mémorial de Caen
  63. Site de Pierre-Louis Basse
  64. Joe Nordman, Aux vents de l'histoire, Actes Sud, 1996 p. 121
  65. a  et b Didier Guyvar'h, article « Châteaubriant », in Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006
  66. Berlière et Liaigre, p. 260-264
  67. Xavier Affre, Le Mot d’Ordre, un journal « de gauche » à Marseille à l’époque de Vichy et sous l’occupation (août 1940 – février 1944), Université de Provence, Aix-Marseille I, début thèse : novembre 2003
  68. L'Humanité, 21 octobre 1945, cité par Berlière, p. 264-65
  69. Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé, Moquet Guy
  70. Chemins de mémoire, Guy Môquet (1924-1941)
  71. Patrick Thiébaut, « Guy Môquet, un symbole », Centre national de la documentation pédagogique, octobre 2007
  72. Quid.fr, « Guy Môquet »
  73. Basse, p. 142 : « Dès 1944, le général de Gaulle signe le décret [...] »
  74. Basse, p. 63
  75. Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé, Le texte de la lettre de Charles de Gaulle à Prosper Môquet
  76. Jean-Marc Berlière et Franck Liagre, Le sang des communistes, Fayard, 2004, p. 14
  77. Jean-Pierre Arthur Bernard, « Paris rouge, 1944-1964 », Champ Vallon, 1991, p. 66
  78. Le livre de Pierre-Louis Basse présente dans son livret photos une série de photos de commémorations datant des années d'après-guerre.
  79. Réédité complété en 2007 chez Stock
  80. a  et b Berlière et Liaigre, p. 14-15
  81. Berlière et Liaigre, p. 279
  82. Berlière et Liaigre, p. 17
  83. Albert Ouzoulias, Les Fils de la Nuit, Grasset, 1975, p. 188-189
  84. Marianne, 2 au 8 octobre 2004.
  85. « Maurice Druon : « Pourquoi je lirai cette lettre » », propos recueillis par Sophie Roquelle, Le Figaro, 22 octobre 2007 [lire en ligne]
  86. Le Figaro du 15 octobre 2007, p. 9, rappelle que le futur candidat avait une première fois évoqué Guy Môquet devant les jeunes de l'UMP le 3 septembre 2006 à Marseille. Le même article attribue à Henri Guaino, conseiller du candidat puis du président, l'idée d'utiliser dans la campagne électorale la lettre de Guy Môquet.
  87. Marie-George Buffet Discours au Zénith, Paris, 23 janvier 2007, consulté le 30 octobre 2007
  88. Discours de Nicolas Sarkozy à Villebon-sur-Yvette, consulté sur le site u-m-p.org le 30 octobre 2007
  89. Discours de Nicolas Sarkozy à Tours, consulté sur le site u-m-p.org le 30 octobre 2007
  90. Discours de Nicolas Sarkozy à Toulouse, consulté sur le site u-m-p.org le 30 octobre 2007
  91. Discours de Nicolas Sarkozy à Rouen, consulté sur le site u-m-p.org le 30 octobre 2007
  92. video sur dailymotion. Ces phrases, prononcées immédiatement après la lecture de la lettre, ne figurent pas dans le texte lu ultérieurement et publié sur le site internet de l'Élysée
  93. Marie-George Buffet, « Lecture de la lettre de Guy Môquet : Un combat pour l’émancipation humaine pleinement d’actualité », 16 mai 2007
  94. Laurent Joffrin, « Oui, il faut lire la lettre de Guy Môquet », Libération, 24 mai 2007
  95. Laurence De Cock-Pierrepont, pour le CVUH, « Des usages étatiques de la lettre de Guy Môquet », mai 2007
  96. Xavier Darcos, Note de service no 2007-138 du 2-8-2007, « 22 octobre : commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés », Bulletin officiel de l'Éducation nationale no 30, 30 août 2007
  97. « Sarkozy rend hommage aux fusillés de Chateaubriant, dont Guy Môquet », AFP, 19 septembre 2007
  98. Alice Cardoso, Valérie Sultan, La lettre de guy môquet : un cas d’école ?, SNES.Actualité, 3 octobre 2007
  99. Laurence Debril, « Maunier : des Choristes à Guy Môquet », L'Express, 6 septembre 2007
  100. Sophie Bourdais, « La lettre sans l'esprit », telerama.fr, 22 octobre 2007
  101. tallandier.com, Site de Taillandier, Guy Krivopissko
  102. Site du musée de la Résistance nationale
  103. Le timbre-poste à l'effigie de Guy Môquet
  104. Document philatélique sur Guy Môquet émis par la Poste
  105. L’arrêté du 21 septembre 2007 sur le site admin.net et sur Legifrance
  106. « La journée Guy Môquet deviendra celle de la Résistance », M.-E. P., Le Figaro, 26 octobre 2007.
  107. note de service no 2008-115 du 3 septembre 2008, sur le site education.gouv.fr.
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